La sécurité en Arabie saoudite : réussir son expatriation sans stress

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Arabie saoudite, c’est entrer de plain-pied dans l’un des États les plus singuliers et les plus stratégiques du Moyen-Orient. Pays très sûr sur certains aspects, très risqué sur d’autres, profondément conservateur mais engagé dans une modernisation rapide, le royaume ne laisse aucun expatrié indifférent. Pour transformer cette destination exigeante en expérience sereine, la clé est de comprendre finement le contexte sécuritaire, les règles du jeu locales et les bons réflexes à adopter au quotidien.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide pratique pour les futurs expatriés et leur famille, basé sur des données récentes et des recommandations officielles. L’objectif est de permettre une préparation concrète, en évitant à la fois la dramatisation et la naïveté.

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Comprendre le contexte : un pays très contrôlé mais exposé aux tensions régionales

L’Arabie saoudite est souvent perçue à travers des clichés : royaume ultra-dangereux pour certains, havre de sécurité pour d’autres. La réalité est plus nuancée. À l’intérieur du pays, la délinquance reste faible, les infrastructures sont surveillées, et la vie quotidienne est très encadrée. Mais le royaume est aussi au cœur de plusieurs lignes de fracture régionales, notamment avec le conflit au Yémen et les tensions avec l’Iran, ce qui nourrit une menace terroriste et balistique bien réelle.

Attention :

Entre 2015 et 2022, plus d’un millier de missiles et drones ont été interceptés, tirés du Yémen vers des villes saoudiennes. Des attaques ont aussi visé des intérêts étrangers à Jeddah. Une vigilance structurée est nécessaire, bien que la vie quotidienne ne soit pas dangereuse partout.

Pour un expatrié, la bonne approche consiste à distinguer trois niveaux de risque : le risque géopolitique (missiles, tensions régionales), le risque terroriste (attaques ciblées), et le risque de sécurité personnelle (accidents de la route, petite délinquance, problèmes judiciaires ou administratifs). Une expatriation sereine suppose de traiter sérieusement les trois.

Zones rouges, oranges, jaunes : où peut-on s’installer sans s’angoisser ?

Les conseils officiels – français, canadiens et autres – sont très convergents. Le pays est divisé en grandes zones de vigilance, qui doivent peser lourd dans le choix de votre ville d’expatriation ou de vos déplacements professionnels.

ZoneRégions concernéesNiveau de risque recommandé
Rouge (à éviter totalement)Bande frontalière d’environ 20 à 30 km avec le Yémen (Najran, Asir, Jizan)Voyage formellement déconseillé
Orange (à éviter sauf raison impérative)Bordure Irak (20 km), gouvernorat d’Al Qatif, localités d’Al Awamiyah/Mouawiya et Qatif, bande d’environ 100 km le long de la frontière yéménite incluant Abha et Khamis Mushait, région d’Al Qassim (Buraidah)Déplacements strictement limités aux raisons essentielles
Jaune (vigilance renforcée)Reste du territoire, dont Riyad, Jeddah, Dammam, les grandes villes de l’ouest et du centreSéjour possible mais vigilance soutenue, especially sur les lieux de rassemblement

Pour la majorité des expatriés, les principaux bassins d’installation – Riyad, Jeddah, Dammam/Khobar – se situent en zone de vigilance renforcée, mais pas en zone formellement déconseillée. Cela signifie que l’expatriation est considérée comme possible, à condition de suivre attentivement les consignes de sécurité, de se tenir à distance des zones frontalières sensibles et d’éviter les infrastructures stratégiques.

Menaces terroristes et missiles : comment vivre avec ce risque sans paniquer

Dire qu’il existe une « menace terroriste » en Arabie saoudite n’est pas une formule abstraite. De réels attentats ont visé des intérêts étrangers et des cérémonies officielles, notamment à Jeddah en 2020 et 2021. Les cibles potentielles sont connues : bâtiments gouvernementaux, installations militaires ou énergétiques, missions diplomatiques, aéroports, hôtels, centres commerciaux, lieux de culte, grands événements sportifs ou religieux.

Parallèlement, le pays a été la cible de multiples tirs de missiles et de drones depuis le Yémen entre 2015 et 2022, en particulier contre des villes stratégiques et des terminaux pétroliers. La plupart de ces engins ont été interceptés, mais les débris peuvent tomber au sol et blesser.

Exemple :

Pour un expatrié, l’enjeu n’est pas de vivre dans la peur, mais d’intégrer quelques réflexes simples, exactement comme on le ferait dans un pays exposé aux séismes ou aux ouragans. Cela signifie adopter des habitudes préventives adaptées au contexte local pour gérer les risques potentiels de manière sereine et efficace.

Que faire en cas d’alerte missile ou de survol de drones ?

Les consignes officielles sont très claires :

se mettre immédiatement à l’abri dans la partie la plus solide du bâtiment, loin des fenêtres ;

ne pas sortir pour observer, filmer ou photographier ;

– après la fin de l’alerte, ne jamais toucher d’éventuels débris de missiles ou de drones, qui peuvent être corrosifs ou encore dangereux, et prévenir les autorités locales.

Dans les faits, les expatriés qui respectent ces consignes réduisent drastiquement leur exposition. Il n’est pas question de vivre en bunker, mais de savoir quoi faire le jour où une sirène retentit.

Terrorisme : vigilance ciblée plutôt que paranoïa

Les attentats récents ont principalement ciblé des symboles (consulat, cérémonie officielle, rallye international) et des intérêts visibles. Pour un expatrié, plusieurs stratégies réduisent le risque :

Astuce :

Pour votre sécurité, évitez de fréquenter sans nécessité les sites sensibles comme les bâtiments officiels, les zones près des ambassades ou les grandes infrastructures énergétiques. Limitez votre présence dans les lieux de grands rassemblements (fêtes nationales, cérémonies, événements sportifs majeurs) durant les périodes sensibles. En cas de renforcement des mesures de sécurité, suivez scrupuleusement les consignes des autorités locales.

Pour les Français, l’inscription sur le portail Ariane du ministère de l’Europe et des affaires étrangères permet de recevoir des notifications en cas de dégradation de la situation sécuritaire et facilite l’assistance consulaire.

Routiers mais pas toujours prudents : la vraie grande menace du quotidien

Pour la plupart des expatriés en Arabie saoudite, le risque le plus concret et le plus fréquent n’est ni le terrorisme ni les missiles, mais la route. Le royaume affiche l’un des taux de mortalité routière les plus élevés au monde. La combinaison de grandes autoroutes, de voitures puissantes, d’une culture de vitesse et d’incivilités routières en fait un danger majeur.

Les chiffres disponibles donnent la mesure du problème : plusieurs milliers de morts par an, un taux de mortalité qui tournait autour de 28,8 décès pour 100 000 habitants il y a quelques années, et encore environ 18,5 pour 100 000 en 2021 malgré les efforts récents. Autrement dit, les routes saoudiennes restent nettement plus dangereuses que celles de la plupart des pays européens.

Pourquoi la route est-elle si dangereuse, et comment s’en protéger ?

La qualité des infrastructures n’est pas en cause : le réseau est vaste, bien entretenu, avec plusieurs autoroutes à six ou huit voies. Le problème vient surtout des comportements :

Attention :

La conduite est caractérisée par des vitesses très élevées et des dépassements agressifs, avec un non-respect fréquent des distances de sécurité et de l’usage des clignotants. Elle est parfois le fait de jeunes conducteurs insuffisamment formés, conduisant des véhicules puissants comme des SUV. À ces risques s’ajoute l’importance du trafic poids lourds sur certains axes, créant un environnement de circulation particulièrement dangereux.

Pour un nouvel arrivant, se jeter seul au volant, sitôt l’Iqama en poche, est une mauvaise idée. Les diplomaties étrangères le disent sans détour : une période d’observation est recommandée, même pour un conducteur expérimenté.

Conduire ou se faire conduire ? Choix stratégique pour les expatriés

La stratégie dépend principalement de votre profil, de votre lieu de résidence et de votre tolérance au risque.

OptionAvantagesInconvénients / limites
Conduire soi-mêmeAutonomie totale, découverte du pays, horaires flexiblesExposition directe au risque, adaptation difficile au début, stress intense dans les grandes villes
Chauffeur (individuel ou via l’entreprise)Forte réduction du risque, gestion des embouteillages par un local, temps de trajet exploitable pour travailler ou se reposerCoût, dépendance à un tiers, nécessité de vérifier sérieusement les références du chauffeur
Taxis / VTC (Uber, Careem…)Souplesse, pas de souci de stationnement, coût raisonnable en villeQualité variable des conducteurs, vigilance nécessaire sur l’itinéraire et le port de la ceinture, dépendance aux applis
Transports publics (bus, métro en développement)Solution économique, utile pour certains trajets urbainsRéseau encore en construction, pas toujours adapté à la vie d’expatrié en famille

Pour une expatriation « sereine », beaucoup de familles optent pour un mix : chauffeur ou VTC pour les longues distances urbaines régulières, conduite personnelle limitée à certains trajets bien maîtrisés, surtout en dehors des heures de pointe.

En cas d’accident : procédures et pièges à connaître

En Arabie saoudite, un accident de la route n’est jamais anodin, surtout s’il y a des blessés. La procédure standard est stricte :

Attention :

En cas d’accident, il est impératif d’appeler la police (993) et le centre d’appel d’assurance NAJIM (920000560). Ne déplacez pas les véhicules avant l’arrivée des autorités, sauf en cas de danger immédiat. Évitez tout engagement financier et ne tentez pas de régler l’affaire à l’amiable sans un constat officiel.

En cas de décès, le conducteur jugé responsable est systématiquement incarcéré pour une période variable, le temps que soit tranchée la question des responsabilités et du « prix du sang » (diya), un dispositif de compensation financière prévu par la loi islamique.

D’où l’importance cruciale :

de souscrire une assurance tous risques solide, et pas seulement une couverture minimale ;

de toujours porter la ceinture, et d’exiger qu’elle soit portée par tous, y compris à l’arrière ;

– de vérifier régulièrement l’état du véhicule (pneus, freins, éclairage), surtout avant un départ longue distance.

Sécurité juridique et policière : un pays très sûr… si l’on respecte strictement les règles

Beaucoup d’expatriés témoignent d’un fort sentiment de sécurité au quotidien : faible taux de criminalité, omniprésence des forces de l’ordre, possibilité de laisser ses affaires sans craindre le vol. Mais cette sécurité apparente s’accompagne d’un cadre légal extrêmement strict, basé sur la charia, avec des sanctions très lourdes pour certains comportements qui, ailleurs, n’auraient pas de conséquences pénales.

Lois, mœurs, religion : la ligne rouge à ne jamais franchir

L’Arabie saoudite reconnaît l’islam comme seule religion autorisée. Toute manifestation publique d’une autre foi (culte, prosélytisme, symboles ostentatoires) est prohibée. De la même façon, le code pénal moral est très rigoureux : relations sexuelles hors mariage, homosexualité, cohabitation non marée, adultère sont des crimes pouvant entraîner prison, châtiments corporels voire peine de mort.

Dans la vie quotidienne, ces règles se traduisent par plusieurs interdits ou obligations pour l’expatrié :

Bon à savoir :

Il est interdit de vivre officiellement en union libre, avec des risques accrus en cas de grossesse. L’alcool et les stupéfiants sont totalement prohibés (importation, possession, consommation). Les signes religieux non musulmans sont interdits dans l’espace public. Il est également interdit de photographier ou filmer des bâtiments officiels, installations militaires, personnels en uniforme et certaines infrastructures stratégiques.

Sur le plan numérique, la liberté d’expression est étroitement encadrée. Critiquer le royaume, la famille royale, les institutions, l’islam ou soutenir en ligne des groupes considérés comme extrémistes par les autorités peut mener à des années de prison. Des personnes ont été condamnées à de très longues peines pour des messages ou des « likes » sur les réseaux sociaux, y compris pour des contenus publiés à l’étranger des années plus tôt.

Pour l’expatrié, cela implique de faire un tri drastique :

nettoyer ses profils avant l’arrivée (anciens posts politiques ou religieux susceptibles de poser problème) ;

éviter, sur place, tout commentaire public sur la politique saoudienne, la religion ou les questions sensibles régionales ;

– renoncer à l’usage des VPN, officiellement interdits et techniquement bloqués dans une large mesure.

Femmes, couples, personnes LGBTQ+ : des enjeux de sécurité spécifiques

Les réformes récentes ont incontestablement amélioré la situation des femmes : droit de conduire, droit de travailler sans l’autorisation formelle d’un tuteur masculin, atténuation du pouvoir de la « police religieuse », fin des entrées séparées obligatoires dans les restaurants. Pourtant, le cadre juridique reste profondément inégalitaire, notamment en matière de statut personnel (mariage, divorce, garde d’enfants).

Pour une femme expatriée, les enjeux de sécurité sont à la fois culturels et juridiques :

adopter une tenue modeste : l’abaya n’est plus légalement obligatoire pour les étrangères, mais des vêtements amples couvrant épaules et jambes sont fortement recommandés dans l’espace public ;

– éviter les démonstrations d’affection en public, mal perçues et potentiellement problématiques ;

– en cas de grossesse, être impérativement mariée du point de vue des autorités : être enceinte hors mariage peut conduire à une détention ou une expulsion.

Pour les personnes LGBTQ+, la situation est nettement plus risquée : les relations entre personnes de même sexe et la transidentité sont criminalisées. Les risques vont de l’amende à la peine capitale, sans compter les violences sociales. Pour ces profils, l’expatriation en Arabie saoudite comporte donc un niveau de risque juridique et humain très élevé.

Système judiciaire, garde d’enfants, litiges : anticiper pour éviter les impasses

La justice saoudienne repose sur la charia, avec une large marge d’interprétation laissée aux juges. Les procédures peuvent être longues et opaques, les détentions préventives étendues, et les interdictions de sortie du territoire fréquentes (en cas de litige, de dettes, de procédure judiciaire).

Bon à savoir :

Les tribunaux saoudiens privilégient généralement la garde par la famille paternelle pour assurer l’éducation de l’enfant dans la foi islamique. Une mère étrangère risque de perdre la garde si elle quitte le pays, se remarie avec un non-musulman ou est jugée non conforme aux standards religieux locaux. Dans certains cas, les affaires peuvent être renvoyées vers les tribunaux du pays d’origine ou entraîner l’expulsion de la famille pour éviter des conflits de juridictions.

Pour un couple mixte (un conjoint saoudien, un conjoint étranger), la sécurité juridique passe par :

un conseil juridique sérieux avant toute installation prolongée ;

une réflexion approfondie sur le lieu de domiciliation des enfants ;

la conscience que l’Arabie saoudite n’est pas signataire de la Convention de La Haye sur l’enlèvement international d’enfants.

Crime, vols et petite délinquance : un risque limité mais réel

Comparée à de nombreuses métropoles mondiales, l’Arabie saoudite affiche un niveau de criminalité de droit commun relativement bas. Les vols à main armée, agressions dans la rue ou cambriolages sont plus rares que dans beaucoup de grandes villes occidentales. De nombreux expatriés soulignent qu’ils se sentent plus en sécurité à Riyad ou Jeddah que dans certaines capitales européennes ou américaines.

Cela ne signifie pas qu’il n’y a aucun risque. La petite délinquance progresse, et les pickpockets, vols de sacs ou de téléphones existent, surtout :

dans les lieux très fréquentés (centres commerciaux, marchés, sites touristiques émergents) ;

sur les sites religieux, notamment lors des pics de pèlerinage à La Mecque et Médine.

Les recommandations de base restent donc valables :

ne pas afficher de signes extérieurs de richesse (montres de luxe, bijoux voyants, liasses de billets) ;

garder ses papiers en lieu sûr, utiliser des copies papier ou numériques pour les contrôles courants ;

– éviter de laisser des objets de valeur visibles dans la voiture ;

– privilégier les parkings surveillés, en particulier la nuit.

Santé et sécurité sanitaire : un système performant, mais cher, à maîtriser

Le système de santé saoudien est dense et d’assez bon niveau, notamment dans les grandes villes. Les hôpitaux privés offrent des soins de haute qualité, avec des équipements modernes et des médecins souvent formés à l’étranger. En revanche, tout cela a un coût, et la facture peut grimper très vite en cas d’hospitalisation ou d’évacuation.

Assurance santé : une condition de survie financière

Pour les résidents étrangers, une assurance santé est obligatoire. En pratique, deux grands modèles coexistent :

une assurance locale, fournie par l’employeur, centrée sur les besoins au sein du royaume ;

une assurance santé internationale, souvent plus chère, mais couvrant aussi les soins lors de retours en Europe et les évacuations médicales.

Attention :

Pour un expatrié, surtout en famille, une couverture d’assurance minimale est très risquée. Les factures d’hospitalisation prolongée peuvent dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros dans les pays à médecine privée coûteuse. L’assurance doit au minimum couvrir ces risques.

hospitalisation et chirurgie ;

soins d’urgence et réanimation ;

maternité (pour les familles concernées, en tenant compte des contraintes légales sur les grossesses hors mariage) ;

évacuation médicale et rapatriement sanitaire.

Les autorités saoudiennes exigent d’ailleurs, pour les visas de court séjour, une preuve de couverture médicale à l’arrivée. Mieux vaut ne pas se contenter du strict minimum.

Climat, maladies, pèlerinages : des risques à ne pas sous-estimer

La principale contrainte sanitaire du quotidien est le climat : chaleur extrême, sécheresse, poussière. Les températures dépassent régulièrement les 40 °C entre mai et octobre, avec un risque réel de déshydratation et de coup de chaleur, notamment pour les nouveaux arrivants.

Quelques réflexes simples font la différence :

boire régulièrement, même sans sensation de soif ;

éviter les activités physiques intenses en plein après-midi ;

surveiller les enfants, particulièrement vulnérables à la chaleur.

Attention :

Certaines maladies infectieuses méritent une attention particulière et nécessitent une vigilance accrue.

le MERS-CoV (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), pour lequel il n’existe pas de vaccin : l’hygiène des mains, l’évitement des animaux (notamment les chameaux) et des foules bondées restent les meilleures protections ;

– le paludisme, présent dans l’ouest et le sud du pays : protection anti-moustiques et traitement prophylactique selon les conseils d’un médecin de voyage ;

– les infections alimentaires : eau en bouteille, prudence avec les crudités, les glaçons et les produits d’origine animale mal cuits.

Les grands pèlerinages (Hajj et Omra) introduisent en outre des exigences spécifiques, notamment la vaccination obligatoire contre la méningite pour les pèlerins, et parfois contre la poliomyélite ou la fièvre jaune en fonction du pays d’origine. Même si vous n’êtes pas pèlerin, il est prudent d’éviter, pendant ces périodes, les zones de très forte densité humaine si vous n’y avez pas nécessité professionnelle ou personnelle.

Expatriation, kafala et travail : sécurité contractuelle et risques d’abus

Aucun guide de sécurité sur l’Arabie saoudite ne serait complet sans évoquer la question du travail et du système de parrainage (kafala). Tous les étrangers qui résident et travaillent dans le royaume dépendent d’un « sponsor » : généralement leur employeur, parfois un membre de la famille. Ce sponsor contrôle l’obtention de l’Iqama (titre de séjour), mais aussi la délivrance des visas de sortie/rentrée, voire du visa de sortie définitive.

Comprendre ce que signifie « dépendre d’un sponsor »

Concrètement, cela veut dire que : cela a des implications directes sur nos actions.

Attention :

Les résidents ne peuvent quitter l’Arabie saoudite sans un visa de sortie/rentrée, demandé par l’employeur via Absher. En cas de conflit grave (salaires impayés, litige), l’employeur peut retarder ou bloquer cette procédure ou la résiliation du contrat. De plus, certaines entreprises retiennent illégalement les passeports, malgré l’interdiction officielle.

La situation s’est améliorée ces dernières années, avec des réformes destinées à desserrer l’étau de la kafala, et l’apparition de résidences premium sans sponsor pour certains profils très solvables. Mais pour la grande majorité des expatriés, l’employeur reste l’acteur central de la sécurité administrative.

Avant de signer : vérifier votre sécurité contractuelle

Pour éviter de se retrouver piégé, l’expatrié doit traiter la sécurité juridique avec autant de sérieux que la sécurité physique :

Astuce :

Avant de signer un contrat de travail en Arabie Saoudite, il est crucial de le faire relire par un juriste spécialisé en droit saoudien du travail. Il faut également clarifier par écrit les conditions de rupture de contrat, de changement de poste, de logement et de scolarisation des enfants. Vérifiez précisément les avantages pris en charge par l’employeur, tels que le logement en compound, la voiture, l’assurance santé, les billets d’avion annuels et les frais de scolarité. Enfin, renseignez-vous sur la politique de l’entreprise concernant la conservation des passeports.

Le dispositif de Résidence Premium (Premium Residency Permit) permet désormais à certains étrangers (investisseurs, grands professionnels, propriétaires immobiliers) de s’affranchir du sponsor traditionnel. Mais les montants exigés (plusieurs millions de riyals pour certains statuts) la réservent à une minorité.

Vie quotidienne : compounds, transports, numérique, enfants

La sécurité ne se joue pas seulement dans les textes de loi ou les check-points, elle se construit dans les choix de vie de tous les jours : quartier de résidence, modes de déplacement, gestion des enfants, hygiène numérique.

Compounds : des bulles protégées mais pas hors-sol

Une grande partie des expatriés vivent dans des « compounds », ces résidences sécurisées avec gardiens 24h/24, souvent clôturées et dotées d’équipements de loisirs (piscine, salle de sport, épicerie, café, parfois école ou crèche). À l’intérieur, les règles vestimentaires sont souvent plus souples, et la mixité hommes-femmes plus naturelle.

Pour la sécurité :

les compounds offrent une barrière physique contre les risques extérieurs (intrusions, manifestations, agressions) ;

les enfants y bénéficient d’espaces de jeu sécurisés ;

– l’entre-soi expatrié permet de partager des informations pratiques rapides en cas d’incident (groupe WhatsApp de résidents, par exemple).

Le revers de la médaille est le risque d’isolement culturel et de lunettes déformantes sur la société saoudienne réelle. La recherche d’un équilibre entre sécurité et ouverture sur le pays d’accueil est donc essentielle.

Enfants et adolescents : les préparer sans les effrayer

La sécurité des plus jeunes ne se limite pas à les protéger de dangers physiques. Il s’agit aussi de les armer pour évoluer dans un environnement culturel radicalement différent.

Points Clés

Quelques éléments essentiels à retenir pour une compréhension rapide et efficace.

Synthèse des Informations

Résumez les faits principaux de manière concise pour dégager l’essentiel.

Structuration des Idées

Organisez les points clés de façon logique et hiérarchisée pour une meilleure clarté.

Engagement de l’Utilisateur

Présentez le contenu de manière visuelle et engageante pour améliorer l’expérience.

leur apprendre, dès l’arrivée, les règles de base : ne pas se séparer du groupe en ville, connaître leur adresse par cœur, savoir identifier un policier ou un agent de sécurité ;

expliquer les différences de mœurs (tenue, comportements en public, ségrégation persistante dans certains lieux) sans juger, pour éviter les maladresses qui pourraient créer des tensions ;

– encadrer leur usage des réseaux sociaux : certains propos anodins dans un pays peuvent être lourds de conséquences en Arabie saoudite.

Les écoles internationales jouent souvent un rôle central dans cette médiation interculturelle, mais la première responsabilité reste celle des parents.

Sécurité numérique : quand la cybersécurité devient aussi un enjeu légal

Comme tous les expatriés, ceux qui vivent en Arabie saoudite sont ultra-connectés : démarches administratives via Absher, paiement en ligne, contact avec la famille, applications de géolocalisation, etc. Or le pays combine :

Bon à savoir :

L’utilisation d’internet se caractérise par un recours massif aux réseaux pour des services comme l’administration numérique avancée ou les services bancaires en ligne. Parallèlement, les contenus en ligne font l’objet d’un contrôle très strict lorsqu’ils sont jugés contraires à l’ordre public, à la religion ou à la morale.

Il ne s’agit pas d’imaginer un espion derrière chaque routeur, mais d’intégrer quelques réflexes :

toujours activer l’authentification à deux facteurs sur les comptes sensibles (mail, banque, messageries) ;

– se méfier des Wi-Fi publics non sécurisés (hôtels, cafés) en évitant les opérations bancaires s’il n’est pas possible d’utiliser une connexion mobile sécurisée ;

ne jamais cliquer sur des liens douteux envoyés par SMS ou messageries instantanées, en particulier s’ils prétendent venir d’une banque ou d’une administration ;

– garder à l’esprit que certains usages considérés comme anodins ailleurs (VPN, téléchargement de contenus illégaux, stockage de documents « sensibles ») peuvent avoir ici des conséquences juridiques.

En cas de perte ou de vol de téléphone ou d’ordinateur, la priorité est de :

déclencher la localisation, voire l’effacement à distance si l’appareil contient des données sensibles ;

changer immédiatement les mots de passe des principaux comptes ;

signaler l’incident à son employeur si des données professionnelles sont en jeu.

Transport maritime et déplacements régionaux : le risque au-delà des frontières

La position de l’Arabie saoudite, bordée par la mer Rouge et le Golfe, en fait une puissance maritime incontournable. Mais ces couloirs maritimes sont aussi des zones de tension : piraterie au large de la Somalie, activités militaires accrues dans la mer Rouge, menaces sur les navires civils dans le détroit de Bab el-Mandeb et le nord du golfe d’Aden.

Bon à savoir :

Les autorités recommandent aux plaisanciers d’annuler tout projet de navigation de loisir dans ces zones pour une durée indéterminée. Pour les expatriés travaillant dans le maritime ou l’offshore, les protocoles de sécurité sont généralement définis et gérés par leur employeur, en coordination avec des cellules spécialisées comme la cellule MICA OI pour la partie française.

En revanche, pour les voyages régionaux, il est fortement conseillé :

de se renseigner, avant tout déplacement, sur la situation du pays voisin (Yémen, Irak, Syrie étant à proscrire) ;

d’éviter les itinéraires aériens ou maritimes survolant ou longeant des zones de conflit actif quand des alternatives existent.

Préparation avant départ : transformer les risques en plan d’action

Une expatriation sécurisée se joue largement avant l’embarquement. Trois volets méritent une préparation minutieuse : administratif, médical et sécurité personnelle.

Volet administratif : ne rien laisser au hasard

Avant le départ, il est fortement recommandé :

– de vérifier la validité du passeport (au moins 6 mois après la date de retour prévue) ;

– d’anticiper les délais de visas, notamment pour les visas de travail nécessitant sponsorship ;

– de faire traduire et apostiller certains documents clés (acte de mariage, actes de naissance des enfants, diplômes, permis de conduire) ;

– de demander un permis de conduire international si vous comptez conduire dans les premiers mois.

Bon à savoir :

Pour les Français résidant ou voyageant à l’étranger, l’inscription au registre consulaire et sur le portail d’alerte Ariane est une démarche simple mais cruciale. Elle permet aux autorités de vous localiser et de vous contacter directement en cas de crise majeure sur place, telle qu’une évacuation, une catastrophe naturelle ou un conflit.

Volet médical : bilan, vaccins, assurance

Un check-up médical complet (cardiologique, sanguin, dentaire, ophtalmologique) avant de partir permet de ne pas découvrir un problème majeur une fois sur place, où les coûts peuvent être élevés.

Sur les vaccins :

vérifier les rappels de base (DTP, ROR, coqueluche, hépatites) ;

– discuter avec un médecin de voyage des vaccins recommandés pour la région (typhoïde, hépatite A/B, éventuellement rage selon les activités) ;

– tenir compte de la situation spécifique si l’on envisage de participer au Hajj ou à la Omra (méningite, exigences éventuelles contre polio et fièvre jaune selon le pays de départ).

Bon à savoir :

Il est essentiel de choisir une assurance santé internationale qui correspond au coût élevé des soins en Arabie Saoudite et qui est adaptée à votre situation familiale. Cette démarche doit être considérée comme un investissement indispensable, et non comme une simple option.

Volet sécurité personnelle : routines et réseaux

De simples habitudes peuvent faire beaucoup :

scanner tous les documents importants (passeports, visas, Iqama, contrats, polices d’assurance) et les stocker dans un coffre-fort numérique ;

– établir une liste de numéros clés : ambassade/consulat, employeur, assurance, hôpitaux de référence, services d’urgence locaux (police, ambulance, pompiers) ;

– convenir avec vos proches d’un protocole en cas de coupure de communications prolongée (contact relais, e-mail de secours).

Sur place, s’inscrire à des groupes d’expatriés (associations, réseaux professionnels, forums) permet de bénéficier d’un effet de veille collective : les incidents de sécurité, les changements de réglementation ou les soucis pratiques y remontent très vite.

Vivre en sécurité sans vivre dans la peur : trouver l’équilibre

L’Arabie saoudite est un pays de contrastes extrêmes : faible petite criminalité mais peine de mort fréquente, hypermodernité urbaine et conservatisme social, grands projets futuristes et zones frontalières sous tension. Pour l’expatrié, la sérénité ne vient ni du déni des risques, ni de leur dramatisation, mais de leur intégration lucide dans un mode de vie adapté.

En respectant strictement les lois locales, en prenant très au sérieux la sécurité routière, en se tenant éloigné des zones à risques et des discussions politiques ou religieuses, la majorité des expatriés vivent des années sans incident grave. Beaucoup témoignent même d’un sentiment de sécurité physique supérieur à celui qu’ils connaissaient dans leur pays d’origine.

Témoignage d’expatriés

L’enjeu, pour chacun, est de transformer un environnement complexe en projet de vie maîtrisé : s’informer sans s’obséder, se protéger sans se couper du pays, anticiper sans renoncer à profiter d’une expérience professionnelle et personnelle hors norme. Avec cette approche, la sécurité en Arabie saoudite cesse d’être une angoisse pour devenir un simple paramètre à gérer – sérieusement, mais sereinement.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien étroit avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Arabie saoudite, Émirats, Oman, Bahreïn), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Arabie saoudite pour son régime fiscal très favorable (absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques), absence d’impôt sur la fortune et fort potentiel économique (Vision 2030, marchés immobiliers et financiers en développement), combinant coût de vie compétitif hors zones ultra-premium et accessibilité aérienne depuis la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence (visa de résidence longue durée / Premium Residency), détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, conseils bilingues pour l’intégration culturelle et religieuse) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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