Poursuivre des études supérieures à l’étranger au Pérou : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Partir étudier au Pérou, c’est accepter un vrai changement de décor. Derrière l’image carte postale de Machu Picchu, de la côte Pacifique et de l’Amazonie, le pays propose un système universitaire dense, des coûts de vie encore abordables, une immersion linguistique en espagnol… mais aussi un contexte sécuritaire et social qu’il faut savoir apprivoiser. Pour un projet d’études supérieures à l’étranger au Pérou, mieux vaut donc arriver bien informé.

Bon à savoir :

Cet article synthétise les informations essentielles pour un séjour d’études au Pérou, en abordant le coût de la vie, les universités, les procédures d’admission, les logements étudiants, les visas, ainsi que les aspects culturels, sécuritaires et du quotidien. Il vise à fournir une vision complète et réaliste pour une préparation sereine.

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Pourquoi choisir le Pérou pour ses études supérieures

Choisir le Pérou comme destination d’études, c’est miser sur un pays d’Amérique du Sud en plein développement, à la fois économique et académique. Le pays est régulièrement présenté comme l’un des plus intéressants du continent pour se former, avec :

Exemple :

Le Pérou offre une diversité géographique extrême, avec sa côte désertique, la cordillère des Andes et la forêt amazonienne, ce qui en fait un terrain d’étude privilégié pour des disciplines comme l’environnement, la biologie, l’anthropologie ou l’archéologie. Son patrimoine culturel est exceptionnel, des civilisations andines et de l’empire inca à la période coloniale espagnole, matérialisé par des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO comme le Machu Picchu ou le centre historique de Cusco. La vie quotidienne y est marquée par une culture vivante (musique, danse, gastronomie, fêtes de quartier) et une offre de loisirs très variée, allant des randonnées andines au surf sur des spots renommés comme Máncora ou Chicama.

Sur le plan économique, le pays a connu une croissance soutenue au début des années 2000, ce qui a contribué à réduire fortement la pauvreté. Même si tous les indicateurs ne sont pas au vert, le Pérou reste aujourd’hui l’une des économies importantes de la région, avec un secteur minier puissant, un tourisme dynamique et un tissu de services en expansion. Cet environnement se traduit par une demande croissante de diplômés dans le management, l’ingénierie, le numérique, l’éducation, la santé ou l’environnement.

Pour un étudiant, c’est aussi une destination financièrement attractive. Le coût de la vie y est globalement plus bas que dans la plupart des pays occidentaux, et le système universitaire reste moins onéreux que dans de nombreux États anglo-saxons.

Le paysage universitaire péruvien : ampleur, qualité, disciplines

Le Pérou dispose d’un système d’enseignement supérieur vaste et assez diversifié. On recense plus d’une centaine d’universités reconnues, publiques et privées confondues, réparties sur l’ensemble du territoire, même si la capitale concentre l’essentiel de l’offre.

Un réseau dense d’universités

Les chiffres varient selon les sources, mais on peut retenir plusieurs ordres de grandeur parlants : on compte plus de 120 établissements d’enseignement supérieur reconnus, dont plus d’une cinquantaine d’universités publiques et plus de 70 privées. L’organe de supervision, SUNEDU, veille à la qualité et à l’accréditation des institutions.

Lima, ville de plusieurs millions d’habitants, est le cœur du système : elle regroupe à elle seule plusieurs dizaines d’universités, de la très réputée Pontificia Universidad Católica del Perú (PUCP) à des écoles spécialisées comme l’UTEC, centrée sur l’ingénierie et la technologie, ou l’Universidad Peruana de Ciencias Aplicadas (UPC). D’autres villes régionales jouent aussi un rôle important : Trujillo, Arequipa, Cusco, Piura ou Chiclayo, entre autres, abritent des universités publiques et privées reconnues.

Les établissements de référence

Plusieurs classements internationaux et régionaux confirment la présence de quelques locomotives académiques au Pérou. La PUCP est régulièrement considérée comme la meilleure université du pays et se place dans les premières positions en Amérique latine. L’Universidad Nacional Mayor de San Marcos (UNMSM), fondée en 1551, est l’une des plus anciennes universités des Amériques et figure aussi dans les grands classements régionaux.

Attention :

D’autres institutions se distinguent dans divers domaines : l’UPCH pour les sciences de la santé, l’Universidad de Lima ou l’Universidad del Pacífico pour le business, l’économie et le management, l’UTEC pour les ingénieries. À Cusco, l’Universidad Andina del Cusco est une référence dans la région andine pour les études liées au patrimoine, au tourisme et aux sciences sociales.

Les classements internationaux (QS, Times Higher Education, Scimago, etc.) placent plusieurs universités péruviennes dans leurs listes régionales et mondiales, avec des points forts en business, droit, médecine, éducation, informatique, ingénierie, archéologie ou sciences de l’environnement. Même si le Pérou ne rivalise pas avec les géants nord-américains ou européens, il occupe une place solide dans l’espace latino-américain.

L’offre de programmes : licences, masters, doctorats

Le système universitaire péruvien propose l’ensemble du cycle supérieur : licences (équivalent bachelor), masters et doctorats. Selon les données compilées, plus de 90 universités offrent des programmes de premier cycle, plus de 70 proposent des masters et près de 40 délivrent des doctorats.

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La durée maximale standard d’un programme de master, qui peut aussi être d’un an.

La langue d’enseignement est très largement l’espagnol. Les programmes entièrement en anglais restent rares, hormis quelques parcours internationaux comme ceux de l’IPSL Institute for Global Learning ou certaines formations en coopération avec des universités étrangères. Pour un francophone, viser un parcours complet au Pérou suppose donc un bon niveau d’espagnol, même si des cours de langue et de culture péruvienne sont souvent proposés aux débutants.

Conditions d’admission et prérequis académiques

Accéder à une université péruvienne n’a rien d’automatique, surtout pour les formations diplômantes complètes. Le système repose largement sur des concours d’entrée, complétés par une série d’autres voies d’admission.

Pour les études de premier cycle

Pour intégrer une licence, la base est un diplôme de fin d’études secondaires reconnu équivalent au baccalauréat : au Pérou, il s’agit du Certificado de Educación Secundaria Común Completa ou d’autres certificats officiels de fin d’études secondaires. En tant qu’étudiant international, vous devrez présenter l’équivalent de ce certificat, avec traduction officielle en espagnol si nécessaire.

De nombreuses universités imposent un examen d’entrée (Examen de Ingreso ou Concurso). Il peut se dérouler en deux temps, avec une épreuve générale puis un test spécifique à la filière (droit, ingénierie, médecine, etc.). Ces concours sont souvent organisés deux fois par an, en lien avec les rentrées de début et de milieu d’année.

Astuce :

Outre la voie classique, l’admission à l’université peut passer par d’autres parcours, comme être parmi les meilleurs élèves de certaines écoles secondaires, être lauréat d’un programme de type baccalauréat international ou être issu d’un programme préparatoire universitaire (pre-universitario). Les critères étant définis par chaque établissement, il est essentiel de vérifier les conditions d’admission propres à l’université que vous ciblez.

Pour les masters et doctorats

L’accès à un master exige un diplôme de premier cycle (licence ou bachelor reconnu équivalent). Pour un doctorat, un master est normalement requis. Les universités demanderont en général :

les diplômes avec relevés de notes détaillés ;

– parfois un niveau minimal équivalent à une moyenne de 12/20 ou “Bon” / “Très bon” pour les études précédentes ;

– des lettres de recommandation, un CV, une lettre de motivation ou un projet de recherche ;

– pour certaines filières, un entretien, un test spécifique ou une expérience professionnelle préalable.

Là encore, les modalités sont variables d’un programme à l’autre. Il est courant que les frais de scolarité soient calculés au crédit plutôt qu’au semestre complet.

Maîtrise de la langue espagnole

La grande majorité des cours se déroulant en espagnol, un niveau opérationnel est fortement exigé. Plusieurs universités demandent un certificat de compétence linguistique en espagnol pour les non-natifs, sur le modèle des certifications type DELE ou équivalentes. Dans les faits, même lorsque ce n’est pas formellement exigé, réussir des études en Espagne latino-américaine sans parler la langue est illusoire, surtout que beaucoup de services (administration, santé, transports, démarches du quotidien) ne sont disponibles qu’en espagnol.

Immersion linguistique en Espagne

Pour les étudiants souhaitant une immersion linguistique complète avant d’intégrer l’université, un parcours en deux étapes est possible.

École de langue accréditée

Inscrivez-vous d’abord dans une école de langue espagnole accréditée pour obtenir un visa d’études temporaire d’un an.

Poursuite à l’université

Envisagez ensuite, après cette année d’immersion, votre inscription dans une université espagnole.

Calendrier d’admission

Les universités péruviennes organisent en général deux grandes campagnes d’admission : une au début de l’année (entre janvier et avril) et une autour de juillet–août. Certains établissements ajoutent une troisième vague. Les instituts technologiques non universitaires fonctionnent aussi sur deux rentrées, en mars et en août.

Le processus lui-même se découpe souvent en plusieurs étapes :

préréinscription (souvent en juin) sur la plateforme de l’université ou via un formulaire à télécharger ;

pré-admission avec étude du dossier ; les résultats sont parfois transmis par e-mail ;

inscription finale après dépôt des pièces originales, paiement des droits et, le cas échéant, réussite au concours d’entrée.

Pour un étudiant étranger, il faut donc anticiper suffisamment tôt pour respecter à la fois les délais universitaires et les démarches de visa.

Coût des études et de la vie : chiffrer son projet

Le Pérou est régulièrement cité comme l’un des pays les moins chers d’Amérique du Sud pour vivre, mais les écarts entre Lima et les villes de province, ou entre les quartiers, sont très significatifs. Pour un projet d’études, il faut distinguer les frais de scolarité, souvent modestes comparés à l’Occident, et les dépenses de vie quotidienne.

Droits d’inscription et frais universitaires

Les frais d’inscription varient fortement d’une université à l’autre, et surtout entre public et privé.

– Dans les universités publiques, les étudiants péruviens paient peu ou pas de frais, mais les étudiants étrangers s’acquittent en général de montants annuels situés, d’après les données compilées, dans une fourchette approximative de 5 000 à 15 000 soles par an.

– Dans les universités privées, les coûts sont plus élevés, avec des fourchettes annuelles qui peuvent aller de 10 000 soles à plus de 30 000 soles selon le programme, soit des montants toujours nettement inférieurs aux frais pratiqués dans de nombreuses institutions nord-américaines, mais qui restent conséquents pour le budget local.

Pour les masters, des estimations moyennes donnent des droits d’inscription globaux de l’ordre de 2 500 à 3 000 dollars pour des domaines comme la gestion, l’éducation, l’ingénierie ou le business, mais ces chiffres peuvent varier selon la durée et le prestige du programme.

Coût de la vie : comparatif Lima / reste du pays

Les données de coût de la vie montrent de fortes différences entre la capitale et les autres villes.

On peut résumer ainsi :

Résumé
Profil / LocalisationBudget mensuel estimatif (hors frais de scolarité)
Étudiant international à Lima2 500 – 3 030 PEN (≈ 600 – 720 €)
Nomade digital à Lima≈ 1 414 USD
Expatrié à Lima≈ 870 USD
Résident local à Lima≈ 682 USD
Style de vie « budget » à Lima3 000 – 3 800 PEN (≈ 800 – 1 000 USD)
Style de vie expatrié confortable à Lima4 600 – 5 700 PEN
Style de vie haut de gamme à LimaÀ partir de 7 600 PEN (≈ 2 000 USD)
Étudiant (toutes villes, estimation globale)425 – 950 USD

Ces chiffres restent indicatifs : ils varient selon le quartier, le type de logement et le mode de vie. En dehors de Lima, les loyers sont généralement 20 à 40 % moins chers, et un budget total entre 1 000 et 1 500 USD permet de vivre confortablement dans de nombreuses villes, voire moins pour un mode de vie très étudiant.

Logement étudiant : options et fourchettes de prix

Le logement sera l’un des postes de dépense principaux. L’offre est variée : colocation, chambre chez l’habitant, résidence universitaire, appartement indépendant, hostels étudiants

Colocation, chambre, famille d’accueil

Les enquêtes de terrain donnent les ordres de grandeur suivants :

Type de logement étudiant (Lima et grandes villes)Prix mensuel indicatif (PEN)Commentaires principaux
Chambre en colocation étudiante650 – 900En général services inclus (eau, électricité, internet)
Chambre dans un appartement partagé250 – 500Coût variable selon le nombre de colocataires et le quartier
Séjour en famille d’accueil (homestay)450 – 700Souvent avec certains repas inclus
Chambre seule chez l’habitant150 – 350Options plus simples, parfois salle de bain partagée
Résidence universitaire / privéeVariable, souvent similaire à une colocationChambres partagées (2-3 personnes), cuisine et salle de bain communes

À Lima, les loyers dépendent énormément du district. Miraflores, Barranco et San Isidro, modernes et relativement sûrs, sont logiquement parmi les plus chers. Des appartements d’une chambre en centre-ville peuvent se louer entre 1 500 et 2 700 soles par mois, voire plus dans les quartiers très prisés. En dehors du centre, un T1 peut descendre autour de 1 100–1 300 soles dans certains secteurs.

Dans des villes comme Arequipa, Cusco ou Trujillo, les loyers sont nettement plus abordables : un appartement d’une chambre peut se trouver entre 300 et 400 USD par mois.

Pour illustrer, un couple vivant à Arequipa avec un bon niveau de confort dépense environ 1 861 USD par mois, logement et charges compris.

Résidences étudiantes et structures spécialisées

Plusieurs structures se sont positionnées spécifiquement sur le marché du logement étudiant :

des maisons étudiantes privées comme Casa Yllika ou Casa Sababa, qui offrent chambres, wifi rapide, services de nettoyage, parfois activités culturelles, dans des quartiers comme Pueblo Libre ou Miraflores ;

– des solutions type « student house » ou « StudentenWohnHeim » à Pueblo Libre, proches de grandes universités (PUCP, San Marcos), avec chambres ou mini-studios, espaces communs, et connexion internet incluse.

De grandes plateformes spécialisées (Nomadroof, Erasmus Play, RocApply, Student Accommodation Lima) référencent des chambres, studios et appartements vérifiés, souvent proches des campus, parfois avec services inclus (internet, eau, électricité, ménage).

Pour les étudiants de l’UTEC, par exemple, les logements proposés se situent fréquemment dans les districts de Barranco et Miraflores, dans des immeubles sécurisés, entièrement meublés et avec charges comprises.

Dépenses quotidiennes : alimentation, transport, loisirs

Au-delà du logement, les autres postes sont généralement modestes comparés à l’Europe.

Bon à savoir :

Un étudiant cuisinant peu peut prévoir 200 à 300 soles par semaine pour les courses en privilégiant les produits locaux. Les menus du jour dans les cantines ou cevicherías coûtent entre 12 et 20 soles, ce qui peut être plus avantageux que de cuisiner. Attention, les produits importés (fromages, vins, laits végétaux) sont beaucoup plus chers.

Pour se déplacer, les transports publics restent très bon marché. À Lima, un trajet en bus ou en combi coûte de l’ordre de 1,50 à 3 soles, un ticket sur le Bus Métropolitain 3,20 soles, et un abonnement mensuel de transport s’établit autour de 80 soles. Les taxis et VTC (Uber, Cabify, InDrive) sont abordables pour les courtes distances, avec des courses fréquentes entre 12 et 25 soles. La plupart des étudiants se contentent de ces options et ne possèdent pas de voiture.

Les services (eau, électricité, gaz, internet) représentent souvent entre 250 et 350 soles par mois pour un appartement standard, parfois inclus dans le loyer des colocations ou résidences. Une connexion internet fixe classique tourne autour de 80–90 soles, et un forfait mobile avec appels et données autour de 40–50 soles pour une consommation modérée. Des offres fibre très haut débit existent dans certains quartiers de Lima, mais elles visent plutôt les usages intensifs (télétravail, streaming massif).

Côté loisirs, le Pérou est généreux : cinéma (20–35 soles la séance), musées (souvent 10–20 soles, parfois gratuits certains jours), clubs de sport (environ 100 soles par mois), sorties nocturnes (120 à 180 soles pour une soirée à deux), festivals de quartier et événements culturels gratuits. En pratique, un budget de 40 à 60 USD par mois suffit pour profiter régulièrement d’activités culturelles et de sorties.

Vivre et étudier au Pérou : immersion, choc culturel et quotidien

Un séjour d’études au Pérou, ce n’est pas seulement des cours et des examens. C’est une immersion totale dans une société où les codes sociaux, les rythmes et les références diffèrent sensiblement de ceux d’Europe ou d’Amérique du Nord.

La langue : l’espagnol comme clé d’intégration

L’espagnol est la langue officielle et largement majoritaire, parlée par plus de 80 % de la population. On trouve aussi le quechua et d’autres langues indigènes, mais elles restent minoritaires dans la vie urbaine. Hors zones très touristiques de Lima ou Cusco, l’anglais est peu répandu, et même dans les quartiers internationaux de la capitale, il est loin d’être systématiquement maîtrisé.

Conséquence directe : pour suivre des études et vivre au quotidien, apprendre l’espagnol est indispensable. Ce n’est pas seulement un outil académique, c’est aussi une marque de respect et une condition pour :

comprendre les annonces et documents officiels, souvent disponibles uniquement en espagnol ;

négocier des prix justes dans les marchés ou avec les taxis ;

saisir les nuances culturelles, l’humour, les sous-entendus ;

créer de vraies relations avec les étudiants locaux.

De nombreuses universités et écoles proposent des cours de langue à Lima et à Cusco, avec des formules intensives ou extensives. Coupler ces cours avec la vie en famille d’accueil ou la colocation avec des Péruviens est le moyen le plus efficace de progresser rapidement.

Choc culturel et adaptation

Arriver au Pérou, c’est souvent traverser un véritable choc culturel. L’expert Steven Rhinesmith a décrit un modèle en plusieurs phases – exaltation initiale, choc culturel, ajustement superficiel, frustrations, acceptation, puis choc inverse au retour – qui s’applique bien à ce type d’expérience.

Dans la vie quotidienne, plusieurs éléments peuvent surprendre :

le rapport à l’espace personnel, plus réduit : on se tient plus près les uns des autres, les contacts physiques (tapes sur l’épaule, accolade, bise) sont fréquents ;

la gestion du temps : la fameuse « heure latine » signifie qu’une légère flexibilité, voire un vrai retard, est souvent toléré, même si dans un cadre académique strict, mieux vaut respecter les horaires ;

les habitudes domestiques : dans beaucoup de bâtiments, on jette le papier toilette dans une poubelle à côté des WC et non dans la cuvette ; l’eau du robinet n’est généralement pas potable, il faut donc boire et se brosser les dents avec de l’eau filtrée ou embouteillée ;

– la vie urbaine : marchés bruyants, trafic dense et parfois chaotique, petites échoppes regroupées par métier (allées entières de réparateurs, de vendeurs de jus, etc.).

Le « chaos organisé » des grandes villes péruviennes peut être déroutant, mais il fait partie du charme du pays. En parallèle, la chaleur humaine, l’importance de la famille, l’accueil dans les foyers ou les groupes d’amis sont des facteurs puissants d’intégration.

Santé, alimentation et altitude

Avant le départ, un passage chez le médecin est conseillé pour vérifier ses vaccinations (hépatites, typhoïde, éventuellement fièvre jaune pour la jungle, etc.) et discuter des risques sanitaires (eau non potable, maladies transmises par les moustiques, altitude).

Bon à savoir :

Dans les villes andines comme Cusco, Puno ou Huaraz, l’altitude dépasse souvent 3 000 mètres, exposant les visiteurs au mal aigu des montagnes (maux de tête, fatigue, nausées, essoufflement). Pour l’éviter, il est conseillé de monter progressivement, de bien s’hydrater et d’éviter l’alcool à l’arrivée. En cas de symptômes graves, la descente immédiate est impérative.

Sur le plan alimentaire, la cuisine péruvienne est l’une des plus riches du continent, avec d’innombrables spécialités régionales. Elle fait aussi une large place aux fritures, aux féculents, à la viande, et peut donc bousculer les habitudes, notamment des végétariens. La vie en famille d’accueil ou en résidence impose aussi d’accepter certains repas sans avoir la main sur les menus. Il est essentiel de communiquer clairement ses allergies ou régimes particuliers et de ne pas hésiter à discuter des portions si elles sont trop petites ou trop importantes.

Logement et vie sociale : homestay, dortoir, appartement

Le type de logement choisi influence beaucoup la manière de vivre sa mobilité.

Bon à savoir :

C’est la formule la plus immersive pour la pratique de la langue. Elle implique de partager les repas, les fêtes et le quotidien de la famille. Il faut noter que la notion de vie privée peut différer : la chambre fait partie de la maison et les membres de la famille peuvent y entrer. Des règles concernant les horaires, les invités ou le téléphone fixe peuvent exister, offrant un cadre à la fois strict et protecteur.

Résidence universitaire : c’est un compromis entre l’indépendance et le cadre structuré. On partage des chambres, des cuisines, des salles de bains et parfois un service de restauration avec d’autres étudiants, souvent majoritairement péruviens. L’ambiance est communautaire, les occasions de rencontres nombreuses, mais les règles (couvre-feu, limitations sur les visites, interdiction de certains comportements) peuvent être contraignantes.

Appartement en colocation : c’est la solution la plus autonome, mais aussi celle qui demande le plus de maturité. Il faut gérer les factures, les courses, le ménage, les relations avec le propriétaire, parfois en espagnol. Vivre avec d’autres étudiants étrangers peut être rassurant, mais attention à ne pas rester dans une « bulle d’expats » où l’on parle uniquement français ou anglais. Partager un appartement avec des Péruviens est un excellent moyen de progresser en espagnol et de tisser un réseau local.

Quel que soit le mode de logement, la patience, la communication et une certaine souplesse sont indispensables. Un changement d’hébergement est parfois nécessaire en cas d’incompatibilité ou de problème de sécurité ; il faut alors alerter sans attendre les responsables de programme ou l’administration universitaire.

Santé et assurance : un volet à ne pas négliger

Les étudiants internationaux au Pérou doivent disposer d’une assurance santé couvrant les soins médicaux, les hospitalisations, les médicaments prescrits et les soins dentaires. Le système de santé péruvien mélange une offre publique, souvent saturée et lente, et un secteur privé de bonne qualité dans les grandes villes, avec des cliniques reconnues et des médecins parlant parfois anglais.

Les données montrent que :

200-400

Le coût mensuel d’une assurance privée locale pour un jeune adulte au Pérou, variant selon la couverture choisie.

Pour un séjour d’études, il est conseillé de combiner une assurance internationale souscrite depuis son pays d’origine (souvent exigée pour le visa étudiant) et, le cas échéant, une couverture locale pour faciliter l’accès aux réseaux de soins. Une évacuation médicale à l’étranger, en cas de problème grave en zone isolée, peut coûter très cher ; l’option d’assistance-rapatriement doit donc être vérifiée.

Visa étudiant et formalités administratives

Étudier au Pérou suppose de respecter les règles migratoires du pays d’accueil. Le visa étudiant est un visa de long séjour qui permet de rester dans le pays pour la durée des études.

Obtenir un visa étudiant

La procédure classique comprend : les étapes nécessaires pour mener à bien le processus.

Bon à savoir :

Pour obtenir un visa étudiant pour le Pérou, vous devez d’abord être admis dans un établissement d’enseignement reconnu par les autorités péruviennes. Ensuite, il faut déposer une demande de visa auprès de l’ambassade ou du consulat du Pérou dans votre pays, en fournissant le formulaire requis, des photos, l’attestation d’inscription, la preuve de ressources financières suffisantes, une assurance santé, un casier judiciaire vierge et parfois une preuve de logement.

Dans certains cas, des étudiants entrent d’abord au Pérou avec un visa touristique, puis effectuent sur place un changement de statut vers un visa étudiant auprès de l’office de l’immigration (Oficina de Migraciones). Cette option est à discuter avec l’université d’accueil.

Le visa est généralement délivré pour une durée liée au programme, avec une validité initiale de quelques mois, renouvelable ensuite sur place. Le délai de traitement peut prendre deux semaines ou davantage ; il faut donc anticiper.

Étudiants en échange et programmes spécifiques

Dans le cadre de programmes d’échanges (Erasmus+ ou conventions bilatérales avec des universités européennes, par exemple à la PUCP ou à l’Universidad del Pacífico), certaines démarches sont simplifiées. Le service de mobilité internationale de l’université péruvienne coordonne parfois directement avec les autorités nationales pour obtenir un visa d’échange sans frais supplémentaires, via une procédure « officielle ».

Bon à savoir :

Le visa étudiant ne permet pas une activité professionnelle libre. Seul un travail à temps partiel, strictement encadré (via un contrat spécifique ou des stages académiques), peut être autorisé. Il ne s’agit pas d’un permis de travail classique.

Sécurité, risques et stratégies de prudence

Un séjour d’études au Pérou implique de prendre en compte un niveau de risque non négligeable, en particulier en milieu urbain. Les données officielles indiquent plusieurs centaines de milliers de plaintes pour infractions pénales en quelques mois au niveau national, avec une concentration à Lima et dans certaines grandes régions.

Criminalité urbaine et zones à éviter

Dans les grandes villes, les formes de criminalité les plus fréquentes sont : les vols, les agressions, le trafic de drogue, et les fraudes.

les vols à la tire et arrachages de sacs dans les transports, les marchés, aux abords des terminaux et des distributeurs ;

– les vols de téléphones, notamment par des personnes en moto ;

– les escroqueries (fausses associations, fausses locations, faux policiers…) ;

– des formes de kidnapping express, où la victime est contrainte de retirer de l’argent à un distributeur.

Attention :

Les autorités occidentales recommandent une vigilance accrue au Pérou, notamment dans certains quartiers périphériques et dans des régions comme la zone du VRAEM, où opèrent des groupes criminels ou terroristes. Il est déconseillé de s’y rendre, en particulier seul.

Dans Lima, des districts comme Miraflores, Barranco, San Isidro, Magdalena, Jésus María ou San Borja sont généralement considérés comme plus sûrs et mieux surveillés, même si le risque zéro n’existe pas. Les universités et les résidences étudiantes se concentrent souvent dans ou à proximité de ces zones.

Pour limiter les risques, les recommandations sont classiques mais doivent être prises au sérieux :

Attention :

Pour votre sécurité, il est conseillé d’éviter d’afficher des objets de valeur en public, de se déplacer en groupe dans des quartiers bien éclairés la nuit, d’utiliser exclusivement des taxis recommandés ou réservés via application, et de conserver les documents importants en lieu sûr avec des copies numériques.

Mouvements sociaux et instabilité ponctuelle

Les manifestations et grèves font partie du paysage politique péruvien. Elles peuvent apparaître rapidement, s’accompagner de blocages de routes, de perturbations des transports, voire de fermetures temporaires d’aéroports ou de gares. Les lignes ferroviaires vers des sites touristiques comme Machu Picchu sont parfois interrompues lors de conflits sociaux.

Les étudiants doivent suivre l’actualité locale, s’inscrire sur les listes consulaires de leur pays, respecter l’interdiction pour les étrangers de participer à des manifestations politiques et ajuster leurs déplacements en conséquence.

Financement et bourses : quelles aides pour étudier au Pérou ?

Un projet d’études à l’étranger nécessite souvent un montage financier complexe. Outre les économies personnelles et le soutien familial, différents dispositifs de bourses existent, tant du côté du pays d’origine que du côté péruvien ou d’organismes internationaux.

Bourses internationales et programmes spécialisés

Plusieurs programmes de bourses visent spécifiquement les séjours à l’étranger dans des pays comme le Pérou :

Types de bourses pour étudier en Amérique latine

Panorama des principales opportunités de financement disponibles pour les étudiants internationaux souhaitant poursuivre leurs études en Amérique latine.

Bourses sociales

Bourses destinées aux étudiants à faibles ressources, souvent couplées à la réception d’aides étudiantes nationales (équivalents de bourses sociales).

Bourses thématiques

Programmes focalisés sur les études de langues et de culture, les relations internationales, la sécurité, le développement durable, ou les sciences sociales appliquées à l’Amérique latine.

Bourses universitaires

Bourses institutionnelles offertes par des universités latino-américaines prestigieuses pour attirer des étudiants étrangers dans leurs masters ou doctorats.

Dans le cadre de programmes d’échanges, de nombreux étudiants bénéficient aussi d’aides de type Erasmus+ ou de bourses internes à leur université d’origine pour couvrir une partie des frais de voyage et de subsistance.

Initiatives locales au Pérou

Le Pérou accueille aussi ses propres dispositifs, souvent tournés vers les étudiants locaux issus de milieux modestes, mais qui participent au dynamisme du système. Un exemple est celui des bourses Laureate Transforma, destinées à des jeunes de communautés à faibles revenus, qui couvrent intégralement les frais de scolarité, des cours d’anglais, les transports, et proposent un accompagnement académique et psychologique. Ce type de programme témoigne d’un effort pour rendre l’enseignement supérieur plus inclusif, y compris dans des universités privées comme l’UPC ou l’UPN.

Bon à savoir :

Pour les étudiants internationaux, l’accès à des bourses péruviennes complètes est rare. Cependant, certaines universités offrent des remises partielles sur les frais de scolarité, particulièrement pour les programmes de niveau master et MBA.

Faire ses choix : université, ville, logement, budget

Face à la profusion d’informations, comment structurer un projet cohérent d’études supérieures au Pérou ?

Une approche pragmatique consiste à avancer par étapes.

D’abord, clarifier ses objectifs académiques : souhaite-t-on un semestre d’échange, un master complet, une spécialisation courte ? Dans quel domaine (ingénierie, business, sciences sociales, environnement, arts, santé, etc.) ? À partir de là, identifier les universités pertinentes – par exemple PUCP, UNMSM, Universidad de Lima, Universidad del Pacífico, UTEC, Universidad Andina del Cusco, etc. – en regardant la langue d’enseignement, la reconnaissance des diplômes et les liens éventuels avec des institutions françaises ou européennes.

Bon à savoir :

Lima offre une forte densité académique et culturelle, mais un coût de la vie plus élevé, un rythme stressant et des problématiques de sécurité. Les villes comme Arequipa, Trujillo, Cusco ou Piura proposent un cadre de vie plus calme, des loyers moins chers et une immersion culturelle régionale plus marquée, mais avec une offre universitaire plus restreinte et spécialisée.

Le choix du logement viendra ensuite, en arbitrant entre immersion maximale (famille d’accueil, colocation avec des Péruviens), confort et indépendance (studio ou appartement), ou vie collective structurée (résidence étudiante).

Sur le plan financier, l’étudiant construira un budget réaliste en additionnant :

les frais de scolarité (droits au crédit ou à l’année) ;

le logement (loyer + charges si non incluses) ;

– l’alimentation (voir si des repas sont compris en homestay ou résidence) ;

– les transports internes (abonnement ou trajets à l’unité, trajets longue distance éventuels) ;

– l’assurance santé (internationale + locale si besoin) ;

– un poste « loisirs / imprévus ».

Les chiffres de référence peuvent se résumer ainsi :

Poste de dépense principalFourchette mensuelle typique pour un étudiant étranger (PEN)
Logement (chambre en colocation)650 – 900
Nourriture (courses + repas extérieurs)800 – 1 200
Transports locaux80 – 150
Services (si non inclus dans le loyer)200 – 300
Loisirs, sorties, culture150 – 250
Santé / assurance (part locale)200 – 400

À cela s’ajouteront les frais universitaires et les dépenses ponctuelles (billets d’avion, déplacements interurbains, matériel universitaire, etc.).

Conclusion : le Pérou, une destination exigeante mais enrichissante

Poursuivre des études supérieures à l’étranger au Pérou n’est ni un séjour balnéaire prolongé ni une simple parenthèse linguistique. C’est une immersion dans un pays contrasté, où coexistent une immense richesse culturelle, une biodiversité exceptionnelle, un système universitaire en montée en puissance, et des réalités sociales et sécuritaires parfois difficiles.

Pour un étudiant prêt à apprendre l’espagnol sérieusement, à s’adapter à des codes sociaux différents, à gérer avec rigueur son budget et sa sécurité, le Pérou offre en retour :

Bon à savoir :

La Bolivie offre une formation de qualité reconnue en Amérique latine dans plusieurs domaines, avec des coûts d’études et de vie bien inférieurs à ceux de nombreux pays occidentaux. Elle constitue un terrain d’étude exceptionnel pour les sciences de l’environnement, l’anthropologie, l’archéologie, le tourisme, la gestion et la santé publique. Cette expérience est également l’occasion d’une immersion profonde au carrefour des cultures andine, amazonienne et métisse.

Préparé avec sérieux – choix de l’université, dossier académique, démarches de visa, assurance, logement, budget, formation linguistique – un projet d’études au Pérou peut devenir un levier puissant de développement académique, professionnel et personnel. Il demande de la prudence, de la curiosité, et une bonne dose de flexibilité. Mais pour ceux qui acceptent ce pari, la récompense est à la hauteur : une compréhension intime d’un pays clé d’Amérique latine, et un parcours qui se distingue sur un CV international.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements à l’international, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Uruguay, Pérou, Costa Rica), la stratégie retenue a consisté à cibler le Pérou pour son régime fiscal favorable aux non-résidents, l’imposition limitée aux revenus de source péruvienne après expatriation, l’absence d’impôt sur la fortune et un coût de vie nettement inférieur aux grandes capitales européennes (Lima ~40% moins cher que Paris). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa de résident investisseur ou rentier, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable hispanophone/francophone) et intégration patrimoniale. Ce dispositif permet de réaliser des économies fiscales significatives tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition FR‑PE, adaptation culturelle et juridique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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