Le Pérou s’est taillé une réputation de géant du voyage : montagnes andines vertigineuses, forêt amazonienne foisonnante, déserts striés de géoglyphes, villes coloniales classées à l’UNESCO et cités incas perdues dans les nuages. Derrière les images de carte postale, le pays propose une densité de sites culturels et naturels exceptionnelle, à tel point qu’un seul voyage suffit rarement pour tout voir.
Pour structurer un premier itinéraire, certains sites s’imposent comme essentiels : le Machu Picchu et la vallée Sacrée, la région amazonienne d’Iquitos, les canyons près d’Arequipa, les monastères et centres coloniaux, le lac Titicaca et les lignes de Nazca.
Cet article propose un tour d’horizon de ces sites majeurs, avec un accent particulier sur l’Amazonie et Iquitos, tout en intégrant les autres grands classiques du pays. L’objectif n’est pas de dresser une liste exhaustive, mais d’expliquer ce qui fait la spécificité de chaque lieu, ce que l’on peut y vivre concrètement, et comment les combiner intelligemment dans un même voyage.
Machu Picchu et la vallée Sacrée, cœur symbolique du Pérou
Difficile de parler des sites incontournables au Pérou sans commencer par Machu Picchu. La citadelle inca, perchée à environ 2 400 mètres d’altitude dans une zone de transition entre Andes et forêt amazonienne, reste le symbole absolu du pays. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO et reconnue comme l’une des « Nouvelles merveilles du monde », elle attire plus de deux millions de visiteurs par an.
Mais Machu Picchu ne se visite plus comme avant. Une série de circuits obligatoires, de créneaux horaires et de quotas journaliers encadrent désormais l’accès, avec une capacité plafonnée à plusieurs milliers de personnes par jour, réparties selon la saison et les parcours choisis. Chaque billet associe une date précise, un créneau horaire, un « circuit » à suivre et parfois un sommet annexe (Huayna Picchu, Montagne Machu Picchu, Huchuy Picchu, Grand Cavern). Pas de vente à l’entrée : tout se planifie à l’avance via la plateforme officielle de l’État péruvien.
Pour un premier voyage, les circuits « classiques » donnent accès aux terrasses supérieures et au noyau urbain (temples, quartier royal, etc.). Un guide, bien que pas toujours obligatoire, est fortement conseillé pour comprendre l’architecture et l’organisation de la cité (llaqta), un chef-d’œuvre d’ingénierie parfaitement intégré au relief et au climat de forêt de nuages.
Le climat autour de Machu Picchu reste globalement doux, avec des journées oscillant souvent entre 15 et 25 °C, mais la distinction saison sèche / saison des pluies change l’ambiance du site. De mai à septembre, le ciel est plus stable, les sentiers plus secs, au prix d’une affluence maximale et de prix en hausse. Pendant la saison humide, surtout entre janvier et mars, la végétation explose, les orchidées se multiplient et les nuages donnent une atmosphère très dramatique, mais les averses peuvent rendre les marches glissantes et certains sentiers dangereux.
Pour équilibrer météo, foule et prix, les mois dits « d’entre‑saison » comme avril‑mai ou septembre‑octobre offrent souvent le meilleur compromis. Au sein d’une journée, les premières heures d’ouverture ou la fin d’après‑midi, après 15 h, sont les plus agréables : moins de groupes, lumière plus douce, ambiance plus calme.
L’Inca Trail et les randonnées alternatives
Autour de Machu Picchu, la montagne devient elle-même un site touristique. Le fameux Inca Trail, tronçon d’un immense réseau de chemins incas classé au patrimoine mondial, demeure l’un des treks les plus célèbres d’Amérique du Sud. Le parcours dit « classique » se déroule en général sur quatre jours et près de 42 kilomètres, depuis le fameux « kilomètre 82 » de la voie ferrée reliant la vallée Sacrée à Aguas Calientes. L’itinéraire cumule d’importants dénivelés, notamment une ascension d’environ 1 200 mètres le deuxième jour, et traverse une trentaine de sites archéologiques, avant d’offrir au lever du jour l’arrivée par la Porte du Soleil (Inti Punku), balcon naturel sur Machu Picchu.
L’accès au sentier classique du Chemin de l’Inca est strictement limité par un système de permis. Les places pour la haute saison (juin à août) sont souvent réservées six mois à l’avance, et le sentier est fermé chaque février pour entretien. Pour préserver ce site, d’autres itinéraires alternatifs vers le Machu Picchu se sont développés, comme les treks de Salkantay, Lares, Huchuy Qosqo, Ancascocha ou l’Inca Jungle. Ces parcours offrent des expériences variées : traversée de hauts cols andins, rencontre avec des communautés quechua, ou combinaison d’activités comme le VTT, le rafting ou les tyroliennes. Ils convergent tous vers la vallée pour rejoindre, en train ou par une marche finale, la ville d’Aguas Calientes, porte d’entrée du Machu Picchu.
Dans tous les cas, la période d’avril à octobre reste la plus propice à la marche, avec des sentiers plus stables et moins de risques de glissements de terrain. En saison humide, la boue, les pluies d’orage et parfois des coulées de boue peuvent perturber les itinéraires voire entraîner des fermetures temporaires.
Cusco, vallée Sacrée et autres sites incas
Machu Picchu n’est que la pointe émergée d’un patrimoine inca immense. Cusco, ancienne capitale de l’empire, se visite à part entière : son centre historique est lui aussi classé à l’UNESCO, son plan urbain garde la mémoire d’un puma stylisé, et de nombreuses églises baroques ont été construites sur les fondations de temples incas, comme à Qorikancha où le couvent de Santo Domingo coiffe l’ancien temple du Soleil.
La Vallée Sacrée regroupe des sites archéologiques majeurs comme Sacsayhuamán, Pisac, Ollantaytambo, Moray et Maras. Elle constitue également une zone d’acclimatation idéale, son altitude étant plus basse que celle de Cusco, ce qui aide à prévenir le mal des montagnes avant des excursions plus exigeantes.
L’Amazonie péruvienne et Iquitos, immersion en forêt primaire
Si les Andes concentrent l’image classique du Pérou, plus de la moitié du territoire appartient en réalité au bassin amazonien. C’est d’ailleurs au Pérou que naît le fleuve Amazone, avec une partie amont définie près de Nauta, au confluent de plusieurs rivières. La région abrite la plus grande forêt tropicale du globe, et le fleuve considéré comme le plus puissant du monde.
Iquitos se présente comme la capitale de cette Amazonie péruvienne. Ville tropicale animée, accessible uniquement par avion ou par bateau – aucune route ne la relie au reste du pays – elle sert de base pour rayonner dans la jungle environnante. C’est aussi une curiosité en soi : la plus grande ville au monde isolée du réseau routier international, un îlot urbain entouré d’une mer verte.
Une biodiversité hors norme
Aux portes d’Iquitos, la forêt se décline en forêts inondées et non inondées, lacs calmes, igarapés d’eaux noires et marécages saisonniers. La diversité biologique y atteint des niveaux vertigineux. Selon les zones, on y recense plus de 2 000 espèces de poissons, plus de 4 000 espèces d’oiseaux à l’échelle de l’Amazonie, dont plus de 600 pour certains secteurs du nord péruvien, et des dizaines d’espèces de reptiles, amphibiens et mammifères.
Parmi les reptiles emblématiques, le caïman et surtout l’anaconda occupent une place à part. L’anaconda est considéré comme le plus grand serpent non venimeux du monde, capable d’atteindre des dimensions impressionnantes dans les zones de forêt inondée. Côté mammifères, l’inventaire ressemble à un bestiaire de conte : tapir, pécari, coati, paresseux, capybara – le plus grand rongeur existant, qu’il n’est pas rare d’apercevoir en familles entières –, singes hurleurs, tamarins, saki, titi, ou encore les minuscules ouistitis pygmées. Plus rares, le singe uakari rouge fait partie des espèces vedettes de certaines réserves.
Nombre d’espèces de colibris répertoriées dans l’ensemble de la région amazonienne.
Cette profusion se double d’une myriade d’insectes parfois spectaculaires, d’araignées comme les mygales, d’innombrables grenouilles – dont certaines, très vénéneuses, font l’objet de projets de conservation spécialisés.
Réserves et lodges : comment se structure l’offre
Autour d’Iquitos, plusieurs zones protégées constituent les grands terrains de jeu écotouristiques. La réserve régionale de Tamshiyacu‑Tahuayo, plus de 420 000 hectares de forêt primaire, est devenue une référence pour l’observation de la faune, notamment des primates. Plus au sud, la réserve nationale de Pacaya Samiria, l’une des plus vastes du pays, déploie marécages, forêts inondées et lacs comme Shansho Cocha ou Moena, réputés pour la diversité de leurs oiseaux et la présence de dauphins de rivière.
Ces espaces sont desservis par un réseau de lodges plus ou moins isolés, accessibles après plusieurs heures de bateau. Certains cumulent 140 à 160 km de distance depuis Iquitos, ce qui garantit une forêt plus intacte, mais impose de longs transferts fluviaux. D’autres jouent la carte du confort proche de la ville.
On peut résumer différents profils de lodges et d’expériences dans un tableau simplifié :
| Zone / Réserve | Exemple de lodge ou opérateur | Distance approximative depuis Iquitos | Particularités principales |
|---|---|---|---|
| Tamshiyacu‑Tahuayo | Grand Amazon Lodge, Muyuna Lodge, Tahuayo Lodge & Amazon Research Center (ARC) | 140–150 km (2–3 h de bateau ou plus) | Forêt très riche en primates, recherches scientifiques, excursions personnalisées |
| Entre Pacaya Samiria et Tahuayo | Treehouse Lodge | Plusieurs heures de bateau | Bungalows perchés entre 11 et 20 m dans la canopée |
| Pacaya Samiria | Pacaya Samiria Lodge, croisières Zafiro, Delfin Amazon Cruises | Variable selon le point d’embarquement | Observation de dauphins, forêts inondées, croisières haut de gamme |
| Réserves privées proches d’Iquitos | Explorama Lodge, Ceiba Tops Lodge, Heliconia, Otorongo | ~80 km pour Explorama, proximité immédiate pour Ceiba Tops | Accès plus rapide, confort hôtelier, bonne introduction à la forêt |
Certains lodges poussent assez loin l’intégration environnementale. Le Grand Amazon Lodge, par exemple, fonctionne avec panneaux solaires et privilégie des bateaux à moteurs plus petits et silencieux pour limiter le dérangement de la faune. Le Tahuayo Lodge, certifié par Rainforest Alliance, associe hébergement touristique et station de recherche scientifique (ARC) dotée d’un vaste quadrillage de forêt pour l’étude des primates.
Du côté de Pacaya Samiria, une partie de l’offre se fait sur des bateaux de croisière haut de gamme, comme le Zafiro ou les navires de Delfin Amazon Cruises, qui combinent confort de type hôtel flottant, gastronomie et programme d’excursions naturalistes.
Iquitos, portes d’embarquement et vie urbaine
Avant d’atteindre ces sanctuaires de biodiversité, la plupart des voyageurs transitent par Iquitos. La ville possède un aéroport permettant de relier Lima et d’autres villes péruviennes. Les embarcadères principaux – Bellavista Nanay, le port d’Iquitos près du quartier de Belén, ou le dock de Puerto Lau – servent de point de départ à la plupart des bateaux rapides ou collectifs.
Sur place, les transferts sont organisés depuis l’aéroport ou l’hôtel par des agences spécialisées. Des opérateurs historiques comme Amazonia Expeditions (présent depuis les années 1980) ou Maniti Expeditions, ainsi que des plateformes comme TourRadar, centralisent les offres. Les circuits sont souvent vendus « tout compris », incluant le transport fluvial, le logement, les repas, les excursions guidées, et parfois le soutien à des projets communautaires ou de réintroduction d’animaux.
La ville elle‑même mérite au moins une journée. Le marché de Belén, avec ses étals débordant de fruits tropicaux, de poissons de rivière et de remèdes traditionnels, plonge les visiteurs dans un univers très différent de celui des Andes. Le quartier flottant de Belén, construit sur pilotis ou maisons flottantes selon le niveau du fleuve, donne une idée concrète de la vie au rythme des crues. Des sanctuaires comme le CREA, dédié aux lamantins amazoniens, ou l’organisation Amazon Forever, engagée dans la réhabilitation d’animaux saisis, complètent le tableau.
Ce que l’on vit concrètement dans la jungle
Les programmes proposés par les lodges et opérateurs sont en général structurés autour de séjours de trois à dix jours, la formule quatre ou cinq jours restant un grand classique. Les journées alternent explorations matinales, sorties en fin d’après‑midi et excursions nocturnes.
Cela peut prendre la forme de balades en pirogue ou en barque motorisée sur des rivières d’eaux noires comme le Yanayacu, de marches guidées en forêt pour chercher traces de mammifères, amphibiens ou insectes, de pêches au piranha, d’observation d’oiseaux au lever du jour ou encore de sorties nocturnes pour chercher les yeux brillants des caïmans le long des berges.
Dans certains secteurs, des passerelles suspendues à plus de trente mètres de haut permettent de se promener au niveau de la cime des arbres. Des tyroliennes géantes, parmi les plus longues d’Amazonie, offrent une autre façon de survoler la forêt, mais sont plus adaptées aux amateurs de sensations fortes qu’à l’observation discrète de la faune.
Les activités incluent aussi des visites de villages riverains, de marchés locaux (comme à Nauta), de petites distilleries de rhum de canne, de « lagunes » paisibles comme la lagune japonaise ou Shansho Cocha, et parfois des rencontres avec des guérisseurs traditionnels. Certains circuits ajoutent des expériences de camping en forêt, voire des modules d’initiation à la survie en milieu tropical pour les plus aventureux.
La plupart des lodges servent une cuisine mariant classiques péruviens et produits locaux de la forêt. Côté confort, l’éventail va de la cabane rustique avec moustiquaire à la suite climatisée avec piscine et Wi-Fi, en passant par des bungalows confortables alimentés en énergie solaire. Les régimes végétariens, véganes ou sans gluten sont de plus en plus souvent pris en charge, à condition de prévenir à l’avance.
Un aspect important concerne l’éthique : nombreuses sont les critiques adressées à certaines excursions qui manipulent des animaux sauvages – paresseux, singes, caïmans – pour proposer des photos aux touristes. Quelques voyageurs rapportent également un manque de transparence sur le coût de l’eau potable dans certains lodges. Choisir des opérateurs clairement engagés dans la protection de la faune, la réduction du plastique et le soutien réel aux communautés locales devient donc un critère de sélection décisif.
Comparer Amazonie d’Iquitos et Amazonie de Tambopata
Le Pérou compte plusieurs portes d’entrée sur la forêt amazonienne. Outre Iquitos au nord‑est, Puerto Maldonado et la région de Tambopata, au sud‑est, forment un autre grand pôle touristique.
On peut schématiser les différences ainsi :
| Zone amazonienne | Accès principal | Type d’expérience dominante |
|---|---|---|
| Iquitos et affluents | Vol depuis Lima, bateau uniquement vers lodges | Ambiance de grand fleuve, forêts inondées, croisières, grande ville isolée |
| Tambopata / Madre de Dios | Vol rapide depuis Cusco ou Lima | Forêt de terre ferme, lodges accessibles par piste + courte navigation, observation de loutres, aras, caïmans |
Dans la réserve de Tambopata, des lodges comme Refugio Amazonas ou Tambopata Research Center, opérés par Rainforest Expeditions, misent sur l’observation de grandes espèces fauniques, les léchages d’argile pour aras, les loutres géantes ou les caïmans. Les séjours se construisent souvent comme un complément logique après un passage à Cusco et Machu Picchu, du fait de la proximité aérienne.
Iquitos, au contraire, exige un choix plus tranché dans un itinéraire, mais offre l’expérience unique d’un grand fleuve à son début officiel, Ucamara, et la sensation d’être au cœur d’un monde à part, totalement coupé du réseau routier classique.
Arequipa, le monastère Santa Catalina et le canyon de Colca
Au sud du pays, Arequipa joue le contre‑point idéal d’un itinéraire andin. Surnommée « la ville blanche » en raison de la pierre volcanique claire – le sillar – utilisée pour la plupart de ses édifices coloniaux, elle est dominée par de grands volcans comme Misti et Chachani, et sert de porte d’accès à l’un des canyons les plus spectaculaires de la planète.
Santa Catalina, un monastère‑cité fascinant
En plein centre historique d’Arequipa, le monastère de Santa Catalina de Siena est considéré comme l’un des ensembles coloniaux les plus impressionnants du pays. Fondé à la fin du XVIᵉ siècle, sur autorisation du vice‑roi Francisco de Toledo, il a longtemps été un monde clos, réservé aux religieuses de la seconde ordonnance dominicaine, majoritairement issues de familles espagnoles fortunées.
Occupant un pâté de maisons d’environ 20 000 m² à Arequipa, au Pérou, le couvent Santa Catalina est conçu comme une véritable cité autonome. Isolé par des murs de près de quatre mètres de haut, il comprend des rues pavées aux noms de villes espagnoles (Séville, Burgos, Málaga), des places, des patios plantés d’orangers, des cloîtres, des cellules monacales organisées en petites maisons, des cuisines voûtées et des lavoirs collectifs utilisant un système ingénieux de jarres et de canaux d’eau.
L’architecture conjugue pierre volcanique blanche et rose, issue des volcans Chachani et Misti, voûtes baroques et touches décoratives andines, formant un style dit « métis ». L’intérieur surprend par ses couleurs vives – bleus profonds, rouges, ocres – qui tranchent avec la sobriété de la vie religieuse qui y était menée. Une pinacothèque rassemble plusieurs centaines d’œuvres coloniales, dont des tableaux de l’école de Cusco.
Resté totalement fermé au public pendant des siècles, le monastère a ouvert une large partie de ses espaces à la visite dans les années 1970, tout en conservant une petite communauté de religieuses cloîtrées dans un secteur réservé. Aujourd’hui, il figure parmi les sites incontournables d’Arequipa, souvent inclus dans les visites guidées du centre historique, lui-même inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pour le voyageur, Santa Catalina se découvre aussi bien en journée – avec ou sans guide, des visites étant proposées en plusieurs langues – que lors de soirées spéciales où les cloîtres sont éclairés, ajoutant une dimension presque théâtrale à l’ensemble.
Le canyon de Colca, royaume du condor andin
À quelques heures de route au nord‑ouest d’Arequipa s’ouvre le canyon de Colca, immensité entaillant profondément le plateau andin. Sur plus de cent kilomètres de long, la vallée plonge par endroits à plus de 4 000 mètres de profondeur, soit environ deux fois la profondeur moyenne du Grand Canyon américain, ce qui a valu à Colca de figurer parmi les canyons les plus profonds au monde.
Les abords du canyon offrent un paysage impressionnant composé de terrasses agricoles préhispaniques, de villages traditionnels et de près de 40 volcans enneigés. Le mirador de la Cruz del Condor, perché au-dessus d’une paroi de 1 200 mètres, est particulièrement renommé pour l’observation du condor des Andes.
Ce vautour géant, emblème de la cosmovision andine, figure parmi les plus grands oiseaux planant sur Terre, avec une envergure qui peut dépasser les 3,30 mètres et un poids pouvant atteindre une quinzaine de kilos. Menacé par la destruction de son habitat et parfois par le braconnage, il subsiste néanmoins une population significative dans le canyon de Colca, où plus d’une centaine d’individus seraient présents. Les meilleures heures pour les voir s’élancer et utiliser les courants thermiques se situent généralement en matinée, entre 8 h et 11 h, quand l’air commence à se réchauffer.
Le canyon de Colca est un terrain de trekking réputé, avec des itinéraires classiques de 2 à 3 jours au départ de Cabanaconde. Ces boucles descendent à plus de 1000 mètres de dénivelé vers des oasis comme Sangalle ou des villages isolés, puis remontent avec le même dénivelé, le tout à des altitudes souvent supérieures à 3000 mètres. Une acclimatation préalable à Arequipa est donc indispensable.
La saison idéale pour profiter du canyon s’étend en général d’avril à novembre, avec une végétation particulièrement verdoyante juste après les pluies, au début de cette période. De décembre à mars, les pluies rendent certains sentiers instables, avec risque de chutes de pierres et de glissements de terrain. Une « taxe touristique » d’accès à la zone, payée en espèces, est demandée à l’entrée du canyon ; elle contribue au financement des villages et de l’entretien des infrastructures.
Villages comme Chivay (porte d’entrée du canyon, bien équipée en services), Yanque, Maca ou Cabanaconde complètent l’expérience, chacun avec sa propre ambiance, ses églises coloniales, ses petites places et, parfois, ses sources d’eaux chaudes. L’ensemble forme l’un des grands sites naturels et culturels à ne pas manquer au Pérou.
Lima, centre historique et balcon sur le Pacifique
Capitale politique et économique du Pérou, Lima est souvent réduite à une étape de transit. Pourtant, son centre historique mérite largement que l’on s’y attarde. Classé à l’UNESCO, il conserve l’empreinte de ce qui fut pendant plusieurs siècles la principale ville espagnole d’Amérique du Sud.
Fondée en 1535 sur les terres du cacique Taulichusco, Lima reçoit alors le nom de « Cité des Rois ». Son plan en damier, typique des villes coloniales espagnoles, structure encore la trame du centre historique, où autour de la Plaza de Armas s’alignent le Palais du Gouvernement, la cathédrale – qui abrite le tombeau de Pizarro –, le palais de l’Archevêque avec ses fameux balcons de bois fermés, et l’Hôtel de Ville.
Fondation de Lima par Francisco Pizarro
De nombreux bâtiments ont été reconstruits après des séismes majeurs – notamment celui de 1746 –, ce qui donne au centre une stratification architecturale intéressante, mêlant baroque hispano‑américain, façades républicaines et touches art nouveau. Les fameux balcons de bois, parfois appelés « balcons en boîte », constituent l’un des signes distinctifs de la ville : plus de 1 600 auraient été édifiés à l’époque coloniale et républicaine, conférant aux rues une silhouette très particulière.
Parmi les visites incontournables figure le couvent de San Francisco, avec son église baroque, sa bibliothèque et surtout ses catacombes, ancien cimetière souterrain réaménagé en parcours muséal. D’autres édifices comme Santo Domingo ou Las Nazarenas retracent la ferveur catholique qui a accompagné la colonisation.
Au‑delà du centre, Lima se découvre aussi dans ses quartiers modernes et côtiers, Miraflores et Barranco en tête, qui ne font pas partie du périmètre UNESCO mais composent un visage plus contemporain de la ville : falaises plongeant vers le Pacifique, parcs dominant l’océan, musées majeurs comme le musée Larco (collection précolombienne de référence) ou le MALI (art péruvien), street‑art et vie nocturne. Pour qui s’intéresse à l’histoire coloniale comme à la scène culturelle actuelle, Lima représente un site touristique majeur en soi, souvent sous‑estimé.
Lac Titicaca, îles flottantes et villages andins
Le lac Titicaca occupe une place singulière dans l’imaginaire andin. Partagé entre le Pérou et la Bolivie, il est décrit comme le plus haut lac navigable au monde, juché à environ 3 812 mètres d’altitude. Ses eaux profondes – jusqu’à 300 mètres par endroits – s’étendent à perte de vue, donnant davantage la sensation d’une mer intérieure que d’un simple lac.
Les origines de la communauté aymara des Uros, qui vit sur des îles flottantes, remontent à plus de 3 000 ans.
Les visites, généralement incluses dans des excursions à la journée ou sur deux jours, permettent d’assister à des démonstrations de construction de ces plateformes de roseaux, d’embarquer éventuellement sur des embarcations traditionnelles également faites de totora, et d’échanger avec les habitants, même si la dimension touristique a profondément transformé la vie locale.
Les îles de Taquile et Amantani offrent une expérience culturelle distincte. À Taquile, une communauté quechua de 2000 habitants perpétue un artisanat textile élaboré où les hommes tissent et tricotent, utilisant des motifs et couleurs sur les bonnets et ceintures pour indiquer le statut marital ou social. L’accès aux points de vue nécessite une bonne forme physique due à l’altitude, mais les panoramas sur le lac en valent l’effort.
Amantani, de son côté, est connue pour ses ruines préhispaniques, notamment le temple de Pachatata, lieu de balade prisé au coucher du soleil. De nombreux circuits proposent une nuit chez l’habitant sur l’île, avec dîner typique et parfois petite fête traditionnelle, occasion de vivre le Titicaca autrement qu’en simple excursion express.
Autour du lac, le site archéologique de Sillustani, dressé sur une presqu’île du lac Umayo, présente d’impressionnantes tours funéraires (chullpas) pré‑incas, qui donnent un aperçu de l’importance rituelle accordée à la mort bien avant l’expansion de l’empire inca.
Nazca, géoglyphes géants et désert côtier
À plusieurs centaines de kilomètres au sud de Lima, le désert de Nazca recèle une autre énigme du patrimoine péruvien : d’immenses géoglyphes, tracés entre environ 200 av. J.-C. et 700 ap. J.-C. par la civilisation Nazca. Ces figures, découvertes véritablement avec l’essor de l’aviation, dessinent sur le sol aride des lignes droites s’étirant sur des kilomètres, des formes géométriques complexes, mais aussi des silhouettes d’animaux – colibri, singe, araignée, condor, baleine, chien – et un personnage surnommé « l’Astronaute ».
Les géoglyphes de Nazca, dont certaines figures s’étendent sur plusieurs centaines de mètres, sont difficilement perceptibles depuis le sol. La visite s’effectue principalement par avion léger (comme un Cessna) au cours d’un survol d’environ 30 minutes au départ de Nazca, Ica ou Pisco. L’avion effectue des virages serrés pour offrir une vue à tous les passagers, ce qui peut provoquer des nausées ; il est donc conseillé de prévoir des médicaments contre le mal de l’air.
Les plus pressés ou les plus réticents à l’idée de voler peuvent se contenter d’un mirador terrestre installé en bord de route, qui permet d’apercevoir quelques formes, notamment « l’Arbre » et « les Mains ». Mais la plupart des voyageurs considèrent qu’un survol reste la meilleure manière de saisir l’ampleur du site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Au-delà des lignes de Nazca, la région offre une diversité de sites archéologiques et naturels pour enrichir votre séjour.
Découvrez ces ingénieux systèmes hydrauliques en spirale, hérités de la civilisation Nazca.
Visitez cette nécropole précolombienne et ses momies préservées par le climat désertique.
Explorez les vestiges bien conservés de ce site inca, un avant-poste administratif et militaire.
Profitez de cette oasis près d’Ica pour des sensations fortes en sandboard ou en buggy sur les dunes.
Autres jalons majeurs d’un itinéraire au Pérou
Au‑delà de ces pôles que sont Machu Picchu, l’Amazonie d’Iquitos, Arequipa–Colca, Lima, Titicaca ou Nazca, le pays foisonne d’autres sites qui, sans être toujours visités lors d’un premier séjour, méritent de figurer sur la carte des incontournables élargis.
Autour de Trujillo, sur la côte nord, la cité de Chan Chan rappelle la puissance du royaume chimú : capitale de terre crue, ville de palais, de places et de temples en adobe, elle offre une plongée dans un monde antérieur aux Incas. Non loin, les pyramides de la culture Moche complètent ce panorama préhispanique.
Plus au nord encore, la forteresse de Kuelap, bâtie par le peuple des Chachapoyas, déploie sur une crête enveloppée de brume ses murailles de pierre et ses centaines de structures circulaires, au point qu’on l’a parfois surnommée « le Machu Picchu du Nord ». Dans la Cordillère Blanche et le parc national de Huascarán, ce sont les sommets enneigés, les glaciers et les lacs turquoise qui composent le décor, faisant de Huaraz un camp de base majeur pour la randonnée et l’andinisme.
Dans les Andes du sud, des montagnes comme Vinicunca, la fameuse « Rainbow Mountain » aux strates multicolores, ou la région d’Ausangate et ses lacs colorés, illustrent la capacité du Pérou à proposer des paysages naturels spectaculaires même en dehors des grands circuits.
En Amazonie, outre Iquitos et Tambopata, le parc national de Manu représente un autre sanctuaire, plus difficile d’accès mais d’une richesse biologique exceptionnelle. Autant de destinations qui, ajoutées au littoral pacifique et à ses spots de surf, illustrent l’extraordinaire diversité des sites touristiques incontournables au Pérou.
Articuler ces sites dans un même voyage
Face à une telle abondance, la question centrale devient souvent : par où commencer, et comment tout combiner sans s’épuiser ?
Une approche raisonnable pour un premier séjour consiste à structurer le voyage autour de trois grands axes :
Découvrez les trois grands circuits qui structurent un voyage au Pérou, combinant culture, nature et aventure.
Explorez le cœur historique autour de Cusco, la vallée Sacrée et le Machu Picchu. Possibilité d’extension vers la Rainbow Mountain ou la région d’Ausangate.
Associez Arequipa, le canyon de Colca et le lac Titicaca. L’itinéraire peut se faire d’Arequipa vers Puno ou l’inverse, avec possibilité de continuer vers la Bolivie.
Choisissez entre l’Amazonie du nord (Iquitos, Tamshiyacu‑Tahuayo / Pacaya Samiria) ou du sud‑est (Tambopata, Manu), selon votre temps et les liaisons aériennes.
Lima et son centre historique s’insèrent naturellement comme porte d’entrée et/ou de sortie internationale, offrant au passage une introduction à l’histoire coloniale du pays. Les lignes de Nazca et la réserve de Paracas se greffent facilement à partir de Lima via la Panaméricaine.
Pour illustrer une répartition possible du temps entre ces pôles, on peut imaginer la proposition synthétique suivante :
| Région / Site principal | Durée indicative minimale utile | Type d’expérience dominante |
|---|---|---|
| Lima (centre historique, musées) | 1–2 jours | Ville coloniale, musées, gastronomie |
| Cusco, vallée Sacrée, Machu Picchu | 5–7 jours (hors grand trek) | Archéologie inca, culture andine, randonnée |
| Arequipa et monastère Santa Catalina | 2 jours | Ville coloniale, architecture en sillar |
| Canyon de Colca | 1–3 jours (selon trekking) | Paysages, condors, villages traditionnels |
| Lac Titicaca (Puno, Uros, Taquile…) | 2–3 jours | Culture aymara/quechua, navigation en altitude |
| Iquitos et Amazonie nord | 4–6 jours | Forêt primaire, faune amazonienne, vie sur le fleuve |
| Nazca / Paracas / Huacachina | 2–3 jours | Géoglyphes, désert côtier, faune marine |
Naturellement, cette matrice doit être ajustée au rythme et aux envies de chacun. Certains privilégieront les grands treks andins au détriment de la côte, d’autres multiplieront les nuits en jungle. Mais quel que soit le choix, un fil directeur se dessine : le Pérou ne se résume pas à une carte postale unique. Ses incontournables vont de la pierre taillée des citadelles incas à la touffeur de la canopée, des balcons baroques de Lima aux îles flottantes du Titicaca, des murs de sillar d’Arequipa aux lignes énigmatiques tracées dans le désert de Nazca.
La richesse du Pérou réside dans la complémentarité de ses régions (Andes, Amazonie, Pacifique). Pour un itinéraire cohérent et marquant, il est essentiel de comprendre les spécificités de chaque site, d’anticiper les contraintes (climat, altitude, quotas de visiteurs) et de privilégier des opérateurs responsables, particulièrement pour la visite de l’Amazonie.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’expatrier au Pérou, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités migratoires, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Pérou, Panama, Costa Rica, Portugal), la stratégie retenue a consisté à cibler le Pérou pour son régime territorial (imposition principalement des revenus de source péruvienne après une certaine durée de résidence), coût de vie nettement inférieur à la France (Lima ~40% moins cher que Paris) et accès facilité à des investissements régionaux Amérique latine. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, risques de double imposition via convention FR‑PE), obtention de la résidence (visa rentier, preuve de revenus), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone (avocat, immigration, agents immobiliers) et intégration patrimoniale globale.
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