Les transports en commun au Pérou : le guide pratique pour s’y retrouver

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Se déplacer en transports en commun au Pérou, c’est un mélange de débrouille, de systèmes très organisés et de zones encore totalement informelles. Dans un pays deux fois plus grand que le Texas, avec des Andes vertigineuses, une côte désertique et l’Amazonie en toile de fond, les bus, minibus, trains, bateaux et métros sont à la fois une nécessité et une aventure.

Bon à savoir :

Ce guide fournit les informations essentielles pour comprendre le fonctionnement des transports, préparer ses trajets, maîtriser les coûts, limiter les risques et tenir compte des enjeux d’accessibilité.

Comprendre le paysage des transports au Pérou

Le réseau de transport péruvien est extrêmement varié. Les bus, sous toutes leurs formes, en constituent l’ossature, complétés par quelques lignes de train touristiques, un réseau aérien dense autour de Lima, des bateaux en Amazonie et à moindre échelle sur le lac Titicaca, et dans la capitale un duo Metro–Bus Rapid Transit qui commence à structurer la mobilité.

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Pourcentage des habitants de Lima utilisant les transports collectifs pour leurs déplacements.

Les chiffres sont parlants : seules 18 % des offres d’emploi de la métropole sont accessibles en moins de 45 minutes en transport public ou à pied, et moins d’un habitant sur dix se dit satisfait de la qualité des transports. Les problèmes de mobilité dans la capitale coûteraient à eux seuls l’équivalent de 1,8 % du PIB national chaque année.

Les grandes catégories de transport

À l’échelle du pays, on peut résumer ainsi l’offre de transport :

Mode de transportUsage principalAtouts majeursLimites principales
Bus interurbainsLiaisons entre villesBon marché, très dense, nombreuses compagniesTemps de trajet long, sécurité variable
Bus urbains / combisDéplacements intra‑urbainsTrès bon marché, omniprésentsInformels, horaires flous, souvent saturés
Métro de Lima (Linea 1)Axe nord‑est / sud métropolitainRapide, régulier, tarif fixeUne seule ligne pleinement opérationnelle
BRT Metropolitano (Lima)Axe nord–sud de LimaVoies dédiées, rapides, accessibles PMRSur‑saturation aux heures de pointe
Trains touristiquesMachu Picchu, Altiplano, HuancayoTrajets panoramiques, confortTarifs élevés, fréquences limitées
Vols intérieursGrandes distances (Lima–Cusco, etc.)Rapidité, maillage nationalCoût supérieur aux bus, bagages limités
Taxis / VTC / mototaxisComplément urbain ou ruralFlexibles, bon marché, faciles à trouverQualité et sécurité hétérogènes
Bateaux (Amazonie, Titicaca)Accès zones fluviales / îlesParfois uniques sur certains trajetsNavigation lente, dépendante de la saison

Pour un voyageur, l’enjeu consiste à jongler entre ces différentes options selon le temps disponible, le budget, le niveau de confort désiré et les contraintes géographiques.

Se déplacer en ville : bus, combis, Metro et Metropolitano

Dans la plupart des villes péruviennes, le transport urbain repose sur un patchwork de petits et moyens bus, souvent privés, appelés micros, combis ou colectivos. Lima fait figure d’exception partielle, avec en plus un métro aérien (Linea 1) et un Bus Rapid Transit (Metropolitano) relativement structurés.

Les bus urbains et combis : la réalité du quotidien

Dans des villes comme Lima, Arequipa, Cusco, Trujillo ou Piura, la majorité des déplacements se fait dans des minibus et vans privés. Leur fonctionnement obéit à quelques règles simples… et beaucoup d’usage.

Les véhicules affichent en gros, sur le pare‑brise ou la carrosserie, les grands axes desservis (Benavides, Arequipa, Javier Prado, etc.) ou les noms de quartiers. Le tarif est ultra‑compétitif : en général entre 1 et 4 soles pour une course en ville, parfois dès 0,50 sol pour un très court trajet à Lima. Dans Cusco, un collectif typique coûte 1 sol, quelle que soit la distance parcourue sur la ligne.

Les lignes démarrent souvent entre 6 h et 6 h30 du matin et s’arrêtent vers 22 h. Il n’existe presque jamais d’horaires officiels : on attend simplement le prochain bus. Dans certains quartiers plus organisés (Miraflores, San Isidro), des arrêts matérialisés par un panneau bleu « paradero » indiquent un point d’embarquement, mais ailleurs la montée et la descente peuvent se faire de manière informelle.

Exemple :

Dans les bus publics au Pérou, les rôles sont strictement définis : un conducteur se charge de la conduite, tandis qu’un cobrador gère les portes, annonce les arrêts et collecte les paiements. Pour signaler sa descente, un passager crie « ¡Baja! » ou « ¡Bajo! », et précise « atrás » s’il se trouve à l’arrière du véhicule. Le paiement s’effectue à la descente en remettant la somme au cobrador ; parfois, un petit ticket de couleur est délivré comme preuve de paiement.

Sur ces lignes, la politesse veut que l’on cède sa place aux personnes âgées, aux femmes enceintes, et aux personnes handicapées. Ces bus n’offrent toutefois quasiment aucune accessibilité réelle : embarquement par marches hautes, bousculades, rampes inexistantes, information visuelle ou sonore limitée.

Le cas particulier de Lima : une jungle de lignes, quelques axes structurés

Lima concentre l’essentiel des défis. L’aire métropolitaine affiche quelque 560 itinéraires urbains pour environ 32 000 bus, minibus et vans. Une enquête récente indique que le partage modal se répartit ainsi : un peu plus de 20 % des déplacements en minibus ou vans, 14 % en bus, 18,4 % à pied, 11,7 % en voiture privée et à peine plus de 6 % à vélo. La part des lignes de masse modernes reste marginale : environ 3,2 % pour le BRT Metropolitano et 2,3 % pour la Línea 1 du métro, soit à peine 9 % des trajets quotidiens.

La circulation y est parmi les plus congestionnées de la planète : en moyenne, parcourir 10 km en ville demanderait plus de 33 minutes, et dans certains couloirs très saturés, un trajet nord–centre dépasse régulièrement une heure. C’est dans ce contexte que deux systèmes structurants ont été mis en place : le Metropolitano et la Línea 1 du métro.

Le Metropolitano : un bus rapide sur voie dédiée

Le Metropolitano est un Bus Rapid Transit (BRT) qui traverse Lima du nord au sud le long d’un corridor dédié, à l’abri des voitures. Il relie grosso modo Chorrillos au sud à Comas et Independencia au nord, en passant par Barranco, Miraflores, San Isidro, La Victoria, San Miguel et le centre historique (Cercado de Lima). Le tracé fait environ 26 à 33 km selon les sources, et dessert plusieurs dizaines de stations.

Bon à savoir :

Le système utilise de grands bus articulés gris (18-19 mètres), fonctionnant au gaz naturel et d’une capacité de 120 passagers. Il est complété par des bus de rabattement (alimentadores) de couleur jaune et orange, de plus petite capacité.

Les éléments clés à retenir pour l’usage pratique :

ÉlémentDétail pratique
Carte de paiementCarte dédiée (type Metropolitano / Lima Pass) à acheter ~5 S/ puis recharger
Tarif d’un trajetForfait autour de 2,50–3,50 S/ selon les périodes d’ajustement tarifaire
Horaires typiquesEnviron 6 h – 22 h sur la ligne principale
FréquenceUn bus toutes les 5–10 minutes hors perturbations
AccessibilitéAccès de plain‑pied, ascenseurs dans beaucoup de stations, espaces PMR
Lignes de serviceServices réguliers (A, B, C, D) + express en heure de pointe
Usage recommandéLigne C très pratique pour les visiteurs (toutes les stations)

Pour un visiteur, certaines stations sont stratégiques. Depuis Estación Jirón de la Unión et Estación Colmena, on accède à la Plaza de Armas et à la Plaza San Martín. Estación Central dessert le musée d’Art de Lima (MALI) et le parc de l’Exposition, Estación Estadio Nacional mène au stade national et au parc aquatique du Circuito Mágico del Agua, tandis que Ricardo Palma, Benavides, 28 de Julio, Bulevar ou Balta servent de portes d’entrée vers Kennedy Park, le malecón de Miraflores, Larcomar et Barranco.

Le point noir du Metropolitano reste la saturation. Aux heures de pointe, entre 6 h et 9 h30 le matin et de 17 h30 à 21 h le soir, les bus sont bondés, au point de devenir très inconfortables, voire impraticables pour les personnes avec poussette, fauteuil roulant ou simplement peu habituées aux foules denses. Autant que possible, mieux vaut décaler ses trajets.

La Línea 1 du métro de Lima : un axe aérien en croissance

Le métro de Lima (Metro de Lima y Callao) repose aujourd’hui essentiellement sur une ligne fonctionnelle : la Línea 1, un viaduc aérien de 34,6 km reliant Villa El Salvador au sud à San Juan de Lurigancho/Bayóvar au nord‑est. Avec 26 stations, la ligne traverse plusieurs districts densément peuplés et accueille plus de 300 000 passagers par jour.

Attention :

Le système de transport nécessite l’achat d’une carte spécifique, incompatible avec celle du Metropolitano. Elle est payante à l’émission puis rechargeable en espèces aux guichets ou machines. Un trajet coûte environ 1,50 sol, avec une fréquence de passage de 3 à 8 minutes en heure de pointe. L’infrastructure est moderne, comprenant escaliers mécaniques, ascenseurs, vidéosurveillance et contrôles d’accès par tourniquets.

Plusieurs autres lignes de métro sont en cours de construction ou de planification, dont une ligne souterraine est–ouest (Línea 2) qui doit relier le port de Callao à la zone d’Ate, avec une connexion future à l’aéroport. Une première section de cette Línea 2 a déjà été mise en service à Santa Anita.

Cartes de transport et paiement sans contact

Face à la multiplicité des opérateurs, Lima tente d’unifier progressivement les moyens de paiement. On trouve notamment :

des cartes sans contact pour le Metropolitano ;

une carte Lima Pass, rechargeable, qui peut être utilisée sur les bus urbains formels et le BRT, mais pas sur la Línea 1 ;

– des cartes à tarif réduit pour les étudiants, qui bénéficient d’environ 50 % de rabais sur certains réseaux après enregistrement dans un centre de service ;

– sur certains réseaux gérés par un syndicat d’opérateurs (AEMUS), l’introduction progressive d’un paiement ouvert par carte bancaire sans contact ou portefeuille numérique, grâce à des modules installés sur les valideurs.

Pour l’instant, cette intégration est encore partielle : dans les faits, un voyageur devra souvent jongler entre plusieurs cartes selon qu’il emprunte le métro, le Metropolitano ou un bus de corridor spécifique. Sur les lignes de bus anciennes, le paiement reste essentiellement en espèces, payés au conducteur ou au cobrador.

Bus interurbains : la colonne vertébrale du pays

Pour parcourir le pays, le bus est le moyen de transport dominant : il est bon marché, relie presque toutes les villes et se décline en une multitude de niveaux de confort, du car local basique au bus‑cama grand luxe.

Un réseau dense, porté par des compagnies privées

Il n’existe pas de compagnie nationale unique, mais un ensemble de grandes entreprises privées (Cruz del Sur, Oltursa, Movil Tours, Tepsa, Civa, Ormeño…) et une myriade d’opérateurs régionaux ou locaux. Sur les grands axes (Lima–Cusco, Lima–Arequipa, Cusco–Puno, etc.), les compagnies de référence offrent plusieurs catégories de service : standard, semi‑cama, cama ou même suites à 180 degrés.

Quelques repères tarifaires issus d’analyses récentes permettent de se faire une idée des prix :

Trajet interurbainDurée approximativeGamme de prix (aller simple)
Lima – Ica4,5 h5–8 USD
Lima – Arequipa16–18 h~15–20 USD (compagnies type Tepsa/Civa)
Lima – Cusco (bus standard)20–22 h16–24 USD selon la compagnie
Lima – Cusco (haut de gamme)20–22 hjusqu’à ~57 USD pour les premiers niveaux
Cusco – Puno6–9 h selon arrêts~50 USD avec bus touristique de jour
Parcours nord – sud completPlusieurs jours< 35 USD au total sur des bus très locaux

En règle générale, le coût horaire tourne autour de 6–7 soles (près de 2 USD) sur la côte ; certaines routes de montagne ou de jungle sont encore moins chères, au prix de concessions sur le confort, la sécurité et la régularité. Pour un budget voyageur moyen, les dépenses de transport tournent autour de 17 USD par jour ; pour un mode de voyage plus frugal, on peut rester en‑dessous de 9 USD quotidiens.

Confort à bord : du rudimentaire au très confortable

De nombreux bus longue distance, en particulier chez les grandes compagnies, sont plus confortables que ceux de certaines entreprises européennes ou nord‑américaines. On y trouve fréquemment :

Astuce :

Les bus longue distance en Amérique du Sud offrent un confort notable avec des sièges inclinables (semi-cama à 150–160°, parfois cama à 180°), une configuration de rangées 2+1 pour plus d’espace et de tranquillité, ainsi que des équipements comme repose-pieds, oreillers et couvertures. Ils sont climatisés (ou chauffés en altitude), disposent de toilettes à bord et proposent parfois des services supplémentaires comme des écrans individuels, des prises USB et des repas légers inclus.

Chez d’autres opérateurs, surtout les compagnies locales à bas coût, les bus peuvent être vétustes, sans climatisation ni toilettes, soumis à de nombreux arrêts, et accueillant marchands ambulants et prêcheurs à bord. Ces services sont économiques mais exposent davantage aux vols et aux retards.

Encadrement et sécurité : le rôle de SUTRAN

Le Pérou a mis en place une autorité de contrôle des transports routiers, SUTRAN, qui surveille en temps réel plusieurs milliers de bus interprovinciaux et touristiques grâce au GPS. La vitesse est officiellement limitée à 90 km/h sur les grands axes, et la rotation des conducteurs est imposée : deux chauffeurs pour les trajets de plus de cinq heures de jour ou quatre heures de nuit, et trois pour les trajets dépassant vingt heures.

Les statistiques récentes font état de dizaines de milliers de contraventions pour excès de vitesse sur le réseau national. L’application « Viaje Seguro » permet aux voyageurs de vérifier les informations d’un opérateur et d’une ligne, ainsi que l’état du réseau routier. Un numéro vert, Aló SUTRAN, offre en parallèle un canal d’alerte.

Recommandations de sécurité routière au Pérou

Malgré des garde-fous, certains risques persistent sur les routes péruviennes. Voici les conseils essentiels pour voyager en toute sécurité.

Risques à connaître

Routes andines étroites, brouillard côtier, éboulements en saison des pluies et blocages liés à des mouvements sociaux.

Choisir sa compagnie

Privilégiez les compagnies de transport réputées pour leur sérieux et leur fiabilité.

Sécurité en véhicule

Attachez toujours votre ceinture de sécurité, quelle que soit la durée du trajet.

Protéger ses affaires

Conservez vos objets de valeur et documents importants sur vous, et non dans les bagages en soute.

Planifier les trajets

Évitez les voyages de nuit sur les itinéraires réputés les plus accidentés ou dangereux.

Comment acheter son billet et gérer les gares routières

Pour les trajets nationaux, le mieux reste d’acheter directement auprès de la compagnie, soit en ligne via son site ou un agrégateur type RedBus, soit au guichet de son terminal. À Lima, il n’y a pas de gare centrale unique : chaque opérateur possède sa propre « terminal terrestre », souvent éloignée du centre, d’où l’intérêt de bien vérifier le lieu de départ avant de réserver.

Les compagnies demandent généralement d’arriver 30 à 45 minutes avant le départ pour enregistrer les bagages et échanger un billet électronique contre un titre papier. Certaines gares facturent un droit d’embarquement séparé (derecho de embarque), de l’ordre de 1,5 à 5 soles pour les liaisons nationales, plus pour les lignes internationales.

Attention :

La franchise pour les bagages en soute est généralement de 20 kg, avec des frais supplémentaires au-delà. Les objets de valeur et documents doivent impérativement être gardés en cabine dans un sac sur soi. Dans les gares et bus, lieux à risque de vol à la tire, il est conseillé de garder son sac en vue, d’utiliser des fermetures sécurisées et, si possible, des sacs anti-incision.

Une alternative “tout‑en‑un” pour voyageurs : les bus touristiques

À côté des lignes classiques, certains opérateurs se sont spécialisés dans un modèle orienté voyageurs : c’est le cas de Peru Hop, un réseau de bus « hop‑on hop‑off » lancé en 2013 entre Lima et Cusco. Le principe : des pass qui combinent différents tronçons du fameux « Gringo Trail » – Lima, Paracas, Huacachina, Nazca, Arequipa, Puno, Cusco – avec des arrêts programmés pour découvrir des sites comme la réserve de Paracas, un mirador sur les lignes de Nazca ou une bodega de pisco.

Les bus assurent la prise en charge et la dépose devant une sélection d’hôtels et d’auberges, évitant ainsi l’étape parfois stressante de la gare routière. À bord, un accompagnateur bilingue informe et coordonne les activités, et l’entreprise met en avant des standards de sécurité élevés : suivi GPS, speed‑monitoring, contrôle strict de l’embarquement, communication proactive en cas de perturbation.

Le prix d’un pass varie selon l’itinéraire, dans une fourchette d’environ 129 à plus de 200 USD. C’est plus cher qu’un assemblage de bus publics, mais l’offre inclut un fort volet logistique et social : nombreux voyageurs rapportent que, une fois comptés les transferts en taxi, les attentes en gare et les imprévus, le temps total porte à porte n’est pas forcément plus long qu’en voyage indépendant.

Trains : expériences panoramiques plutôt que transport de masse

Le rail, au Pérou, ne joue qu’un rôle marginal dans le transport quotidien. Les quelques liaisons actives visent avant tout le marché touristique, avec un positionnement haut de gamme ou panoramique.

Machu Picchu, Altiplano, Sierra centrale

Les deux principaux opérateurs, PeruRail et Inca Rail, appartiennent à la même structure capitalistique, ce qui crée de fait un quasi‑monopole sur la route vers Machu Picchu. Au départ de Cusco, Poroy ou de la Vallée Sacrée (Ollantaytambo, Urubamba), des trains rejoignent en 1h30 à 3h30 la petite ville d’Aguas Calientes (aussi appelée Machu Picchu Pueblo). De là, des bus montent en lacets jusqu’à l’entrée du site, en une dizaine de minutes. Le billet de bus coûte autour de 90 soles aller‑retour.

Bon à savoir :

Les tarifs varient considérablement selon le type de train : Expedition (60–75 USD), Vistadome (100–120 USD) et Hiram Bingham (plus de 400–500 USD). Les trains disposent de places pour fauteuils roulants, mais l’embarquement nécessite souvent l’aide du personnel. Il est conseillé de se présenter 30 minutes avant le départ (plus en haute saison) et de réserver plusieurs semaines, voire mois à l’avance pour les périodes d’affluence.

Entre Cusco et Puno, un train de grand tourisme (Belmond Andean Explorer, par exemple) propose un voyage lent à travers l’Altiplano, avec cabines couchettes, restaurant et observation car. Le tarif se situe bien au‑delà d’un billet de bus classique, pour un temps de trajet comparable ou supérieur, mais l’expérience se veut plus proche d’une croisière ferroviaire que d’un simple déplacement.

5000

La ligne Lima–Huancayo, exploitée par Ferrocarril Central Andino, grimpe jusqu’à près de 5 000 mètres d’altitude.

Utilité pratique pour un voyageur

Dans la plupart des itinéraires, le train sera donc un complément : une façon particulière d’aller à Machu Picchu, de relier Cusco à Puno dans le cadre d’un voyage plus confortable, ou de vivre l’expérience extrême du rail andin entre la côte et la Sierra centrale. Pour le reste, le bus gardera l’avantage en termes de fréquence, de flexibilité et, souvent, de prix.

Vols intérieurs et liaisons aériennes

Le réseau aérien péruvien se structure autour de Lima. Jorge Chávez, principal aéroport international, concentre la quasi‑totalité des correspondances nationales. La plupart des grandes villes (Cusco, Arequipa, Iquitos, Juliaca, Tarapoto, etc.) se trouvent à moins de deux heures de vol de la capitale, ce qui rend l’avion très concurrentiel sur les longues distances, en particulier Lima–Cusco, trajet emblématique.

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Le prix minimum en soles péruviens pour un billet d’avion sur certains marchés domestiques lors de promotions ponctuelles.

Les billets domestiques comportent fréquemment une franchise bagage limitée (entre 10 et 16 kg), voire aucune valise en soute incluse sur les tarifs les plus bas. Les suppléments pour bagage enregistré vont en général de 20 à 40 USD par tronçon. Les compagnies peuvent aussi devancer un horaire de départ pour éviter une fenêtre météorologique défavorable, ou annuler un vol à la dernière minute, ce qui rend prudent de confirmer sa réservation et de prévoir un peu de marge dans son programme.

Pour un voyageur au budget serré, l’avion s’utilisera ponctuellement, sur une liaison où le gain de temps justifie clairement le surcoût par rapport au bus, par exemple pour éviter un trajet extrêmement long Lima–Iquitos ou gagner une journée en fin de séjour.

Taxis, VTC, mototaxis et vélo : les compléments indispensables

Même pour un adepte des transports en commun, taxi et VTC sont souvent incontournables pour joindre un terminal, un terminal terrestre excentré, un quartier périphérique ou rentrer tard le soir.

Taxis officiels et applications

Les taxis sont omniprésents dans les villes péruviennes. La plupart ne disposent pas de compteur : la règle est d’annoncer sa destination, négocier et convenir d’un prix avant de monter. À Lima, une course intra‑urbaine classique se situe en général entre 5 et 20 soles (2–6 USD), un peu plus entre l’aéroport et des quartiers comme Miraflores ou San Isidro (35–65 soles selon le service et les conditions de circulation).

Bon à savoir :

Les autorités recommandent de privilégier les taxis identifiables (plaque jaune, autocollant SETAME) ou de recourir à une centrale ou une application comme Uber, Cabify, Beat, Easy Taxi ou InDriver. Ces services, bien implantés dans la capitale et les grandes villes, offrent un tarif annoncé à l’avance, un suivi GPS et limitent les risques de surfacturation. Le paiement peut s’effectuer en espèces ou par carte selon l’application.

Mototaxis et autres véhicules légers

Dans de nombreuses villes moyennes ou zones rurales, les mototaxis – petites motos avec cabine – dominent. Le tarif pour une traversée de bourg est souvent de 1 à 3 soles. Très pratiques sur de courtes distances, elles restent vulnérables en cas de choc, et leur usage est déconseillé pour de longs trajets ou sur des routes rapides.

Bon à savoir :

En Amazonie, des camionnettes (camionetas) sont utilisées comme transport collectif, avec des passagers voyageant dans la benne. Bien qu’économique, ce moyen de transport est rudimentaire et ne garantit pas la sécurité. Dans certaines zones comme Puno ou des quartiers spécifiques, des tricycles à pédale sont également employés pour de courts trajets.

Marche et vélo : options limitées mais en progression

Dans les quartiers centraux de Lima comme Miraflores, Barranco ou San Isidro, la marche est une option agréable, notamment le long du malecón, promenade côtière. À Cusco, près de 30 % des habitants vont à pied, mais la topographie (pentes, escaliers, pavés) rend la marche plus physique. Le vélo demeure marginal dans la plupart des villes, bien qu’un système de vélos partagés, Citybike Lima, existe à Miraflores, via inscription par application et pass à la journée (trajets de 30 minutes renouvelables).

Pour l’instant, le vélo n’atteint que quelques pourcents du partage modal, avec même des parts inférieures à 1 % dans certaines villes andines.

Accessibilité : entre obligations légales et réalité du terrain

Au niveau national, la loi péruvienne encadre l’accessibilité des personnes en situation de handicap, notamment via la Loi générale sur les personnes handicapées (Loi 29973). Sur le papier, transports publics et infrastructures devraient intégrer rampes, priorités d’embarquement, aménagements sonores et visuels. Dans les faits, l’application est très inégale, faute de contrôles et de sanctions réelles dans les secteurs public comme privé.

Exemple :

Une étude menée à Trujillo a démontré un lien direct entre une gestion inclusive déficiente des transports urbains et une faible accessibilité pour les personnes handicapées. La recherche a établi une corrélation entre la qualité de la gestion (équipements, véhicules adaptés, tarifs préférentiels, respect des normes, état des voies) et les différentes dimensions de l’accessibilité (environnement physique, attitudes, activités sociales, mobilité, confort).

À l’échelle du pays, les statistiques officielles indiquent qu’environ 10,3 % de la population – plus de 3,3 millions de personnes – vivent avec un handicap. Près d’un tiers d’entre elles résident à Lima. Pourtant, dans la capitale, seuls le Metropolitano et la Ligne 1 du métro sont considérés comme réellement accessibles aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant ou aux personnes sourdes et aveugles. La très grande majorité des bus ordinaires restent difficiles, voire impossibles à utiliser pour ces publics.

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Le surcoût estimé d’un voyage adapté pour personnes handicapées au Pérou peut atteindre 50 % par rapport à un voyage standard.

Outils numériques et conseils pratiques

Pour dompter ce système foisonnant, quelques outils numériques font une réelle différence.

L’application TuRuta, développée localement, recense plus de 3 000 bus à Lima et propose des itinéraires combinant différents moyens de transport. L’utilisateur indique son point de départ et son arrivée, l’app affiche plusieurs parcours possibles sur une carte, indique où monter, où descendre, avec la liste des arrêts intermédiaires. Il est possible de paramétrer une distance de marche maximale ou de privilégier certains types de transport (combis, Metropolitano, etc.). Les informations de trafic en temps réel aident à éviter certains axes saturés. En contrepartie, un compte (Google, Facebook…) est nécessaire, et l’application comporte publicités et achats intégrés.

Astuce :

Pour optimiser vos déplacements, complétez l’usage de Citymapper avec d’autres services spécialisés : Google Maps pour la navigation piétonne et une vue d’ensemble (attention, ses données de bus peuvent être approximatives) ; Moovit pour comparer les options de transport et leurs tarifs ; des applications de VTC pour les trajets courts ; et des plateformes comme RedBus ou Busbud pour la réservation de bus interurbains.

Sur le plan financier, les recommandations convergent : privilégier les retraits dans les banques plutôt que les bureaux de change d’aéroport, plus chers ; utiliser une carte sans frais à l’étranger ou multi‑devises de type Wise ; éviter les commissions inutiles en regroupant les achats de billets ; anticiper les hausses de tarifs en périodes de fêtes et de vacances, où les prix des bus peuvent grimper jusqu’à 50 %.

Sécurité, santé et culture du voyage en commun

La plupart des incidents qui touchent les voyageurs dans les transports péruviens relèvent de la petite délinquance : vol à la tire, sac subtilisé pendant l’embarquement, ruse d’un faux employé qui propose « d’aider » à enregistrer des bagages. Les agences de sécurité occidentales rappellent aussi les risques d’accidents de bus, en particulier la nuit et sur les routes de montagne, et recommandent d’exercer une vigilance renforcée, sans pour autant déconseiller globalement l’usage des transports publics.

Bon à savoir :

À bord, l’espace est réduit, surtout aux heures de pointe. Pour descendre, signalez votre arrêt au conducteur. Pour votre sécurité, gardez votre sac devant vous, fermez vos poches et évitez d’exposer vos objets de valeur.

Sur les longues distances, les conseils de bon sens ajoutent quelques précautions : choisir la journée pour les routes les plus sinueuses, garder une petite trousse (eau, collation, veste, papier toilette, chargeur, casque audio) à portée de main, prévoir des médicaments contre le mal des transports et, à haute altitude, contre le mal aigu des montagnes. Le bus, en montant progressivement, permet une acclimatation plus douce que l’avion, mais l’arrivée à Cusco, Puno ou aux abords du lac Titicaca reste un choc pour l’organisme.

Bon à savoir :

Quelques règles de savoir-vivre sont à respecter : la priorité aux personnes âgées et aux familles pour monter, céder sa place aux plus fragiles, éviter le bruit excessif (musique, appels) dans les espaces clos, et faire preuve de patience face aux retards fréquents, souvent dus aux aléas naturels (éboulements, crues, brouillard).

Vers un futur plus fluide et plus propre ?

Les défis de la mobilité au Pérou ne se résument pas à la confusion de certaines lignes de bus ou au prix d’un billet de train pour Machu Picchu. Le secteur des transports est aussi le plus dynamique en matière d’émissions de gaz à effet de serre, avec une croissance d’environ 63 % sur la dernière décennie et de 20 % depuis le milieu des années 2010. Dans le cadre de sa loi sur le changement climatique, le pays s’est fixé un plafond d’émissions à horizon 2030, et le transport figure parmi les secteurs ciblés pour des mesures de réduction.

Bon à savoir :

Un vaste programme sur dix ans, soutenu par des institutions internationales, vise à reconfigurer les carrefours dangereux, coordonner les feux de circulation, créer ou améliorer les couloirs de bus et pistes cyclables, et renforcer la sécurité sur 300 intersections. L’utilisation de données (qualité de l’air, accidents, trafic) permet de prioriser les actions. Les études indiquent que la réduction des embouteillages générerait plus des deux tiers des bénéfices économiques de la phase initiale, rendant la ville plus agréable pour les piétons.

Dans plusieurs villes intermédiaires (Arequipa, Cusco, Trujillo, Piura…), des réflexions similaires émergent : réorganisation des lignes de bus, projets de couloirs de transport en commun, timides expérimentations cyclables. Mais les déséquilibres restent forts entre la capitale et les autres régions, y compris sur le plan des infrastructures. Les coûts de transport pour exporter des produits depuis les villes secondaires vers les marchés internationaux sont, en moyenne, 50 % plus élevés que depuis Lima, et peuvent grimper jusqu’à 90 % de plus depuis l’Amazonie.

Exemple :

Pour le voyageur, la réalité des transports en Amérique latine est contrastée. D’un côté, on trouve des services modernes comme des bus confortables, des applications sophistiquées pour planifier ses trajets, des systèmes de Bus Rapid Transit (BRT) accessibles aux fauteuils roulants, ou des trains panoramiques traversant l’Altiplano ou les Andes centrales. De l’autre côté, persistent des difficultés majeures : des combis (minibus) surchargées, des routes souvent coupées par des crues, un accès limité pour des millions de personnes en situation de handicap, et des trajets quotidiens dépassant une heure pour rejoindre les centres-villes.

Naviguer dans ce système demande un peu de préparation, beaucoup d’observation, et une capacité d’adaptation. Mais avec quelques repères sur les types de transport, les cartes, les tarifs issus des études récentes, et les risques identifiés, les transports en commun au Pérou deviennent moins une source d’angoisse qu’une clé pour comprendre le pays de l’intérieur, au rythme de ceux qui l’habitent au quotidien.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour alléger sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, installation au Pérou et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations (Portugal, Grèce, Maurice, Pérou), la stratégie retenue a ciblé le Pérou pour son niveau d’imposition modéré sur les revenus étrangers déclarés, l’absence d’impôt sur la fortune, le coût de la vie nettement inférieur à celui de Paris (Lima ~40–50 % moins chère) et l’accès à des opportunités immobilières et touristiques en croissance. La mission a inclus : audit pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales FR‑PE), obtention de la résidence via investissement ou visa rentier, organisation de la couverture santé locale/privée, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques déplacé), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, agents immobiliers) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration internationale des placements).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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