Histoire du pays à Oman : des premiers peuplements à la Renaissance contemporaine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Au croisement de la péninsule Arabique, de l’océan Indien et du golfe d’Oman, le Sultanat d’Oman a construit au fil des millénaires une histoire singulière, faite de navigation au long cours, de rivalités impériales, de résistances intérieures et de renaissances politiques. Loin de n’être qu’un « petit État du Golfe », Oman est l’un des plus anciens États indépendants du monde arabe, héritier de l’ancienne région de Magan, d’un imamat électif original et d’un empire maritime qui domina un temps les côtes de l’Afrique orientale.

Bon à savoir :

L’histoire d’Oman traverse la préhistoire, le commerce antique du cuivre et de l’encens, les expériences politiques ibadites, les confrontations avec les empires portugais et britanniques, puis l’édification d’un État moderne sous la dynastie Al Bu Saïd. Aujourd’hui, le pays revendique toujours son indépendance de décision et une diplomatie axée sur la médiation.

Des premiers hommes à la civilisation de Magan

Bien avant l’émergence d’un État organisé, le territoire d’Oman est occupé par l’homme depuis plus de 100 000 ans. Les fouilles menées à Aybut Al Auwal, dans le Dhofar, ont mis au jour des outils lithiques rattachés au « complexe nubien tardif », datés par luminescence autour de 106 000 ans. Ces vestiges viennent conforter l’hypothèse d’un passage de populations humaines quittant l’Afrique par le détroit de Bab-el-Mandeb, profitant d’une péninsule arabique plus chaude et plus humide qu’aujourd’hui.

D’autres découvertes – outils paléolithiques vieux de plus de 100 000 ans dans les grottes du sud et du centre du pays, ou encore sur le site de Jebel Faya dans l’actuel Émirats arabes unis – montrent que la façade orientale de la péninsule a été un couloir de peuplement de longue durée. Vers 6000–3000 av. J.-C., des communautés de pêcheurs installées à Ras al Hamra, à l’ouest de Mascate, laissent des amas coquilliers et des sépultures attestant une occupation continue durant trois millénaires.

À l’âge du Bronze, le territoire correspondant à Oman et aux Émirats est identifié dans les textes cunéiformes mésopotamiens sous le nom de Magan (ou Makan). À partir du IIIe millénaire av. J.-C., ils évoquent cette région comme une grande pourvoyeuse de cuivre et de diorite, pierre noire utilisée notamment pour des statues et des stèles.

Les scribes de Sumer et d’Akkad

L’archéologie confirme ce rôle économique de premier plan. Dès le milieu du IIIe millénaire av. J.-C., l’extraction et la fonte du cuivre atteignent dans la région une véritable échelle proto-industrielle. Des sites comme Maysar, fouillé par le Musée allemand de la mine, ont livré des amas de scories et des indices d’ateliers de métallurgie, tandis que plus de 150 vestiges de fonderies médiévales recensés dans le pays témoignent de la longue durée de cette activité. Le cuivre est exporté sous forme de lingots en « pains de sucre », tandis que Magan fournit aussi le gabbro, du bois, des produits marins et une main-d’œuvre qualifiée de mineurs, de forgerons, de tailleurs de pierre ou de charpentiers de marine.

Exemple :

Les navires de Magan, reconnaissables à leur coque en roseau enduite de bitume noir importé d’Irak, pouvaient transporter une vingtaine de tonnes de cargaison. Ils reliaient les ports de Mésopotamie, la vallée de l’Indus, l’Iran et la Bactriane, transportant du cuivre, des résines aromatiques, des dattes et des produits agricoles à l’aller, et ramenant du bitume, des céréales, des textiles et des matières premières végétales au retour. Cet exemple illustre comment le territoire de l’actuel Oman s’est très tôt inscrit dans une économie de réseaux, irriguée par les routes maritimes.

Les traces de cette phase ancienne demeurent visibles dans des nécropoles comme celles de la période Hafit, près de Jabal Hafit, où plus de 200 cairns funéraires à chambre unique ont été mis au jour, contenant des jarres décorées, des épingles en métal et des perles de pierre ou de faïence proches des types mésopotamiens. Les tombes en « ruches » qui ponctuent encore les montagnes du nord d’Oman sont un autre marqueur spectaculaire de ces sociétés protohistoriques, tout comme les pétroglyphes de Wadi Tanuf où figure un personnage flanqué de bovins d’Inde, rappel des liens anciens avec la civilisation de l’Indus.

Encens, tribus arabes et influences perses

Au sud, dans le Dhofar, se met en place un autre pilier de la future identité omanaise : la production d’encens. Cette résine tirée de boswellia locales est exportée dès le IIe millénaire av. J.-C. vers l’Égypte pharaonique, où elle sert à la parfumerie, au culte et à l’embaumement. Plus tard, la Bible associera l’encens et la myrrhe apportés par les Rois mages à cette « Terre de l’encens » – un territoire du sud d’Oman aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La région de Dhofar fournit ainsi, pendant des siècles, un produit de luxe incontournable aux civilisations méditerranéennes et proche-orientales.

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Période de migration des tribus Azd depuis le Yémen vers Oman suite à l’effondrement du barrage de Marib.

D’autres vagues migratoires, en provenance du Nejd, complètent ce peuplement arabe ancien. Plus tard, les chroniqueurs attribuent à des lignées comme les Yaarub – descendants de Qahtan – la domination de la région au VIIIe siècle av. J.-C., et certains érudits du XIXe siècle avancent l’idée d’une reconnaissance par un chef local de l’autorité de Cyrus le Grand, signe d’un jeu complexe entre pouvoirs iraniens et tribus arabes. Si la documentation archéologique reste limitée sur la mainmise achéménide, les sources suggèrent que le nord du pays fut intégré à la satrapie de Maka.

Attention :

Aux XIIe-XIIIe siècles, la dynastie Nabhani, régnant depuis Bahla, contrôle les axes caravaniers reliant les ports omanais (comme Sohar) aux oasis intérieures, à Bahreïn, Bagdad et Damas, notamment la route de l’encens. Cette période d’échanges intenses est aussi marquée par l’introduction du manguier à Oman, témoignant des liens commerciaux avec le sous-continent indien.

Islam, Ibadisme et invention d’un imamat électif

Le tournant islamique arrive au VIIe siècle. Selon la tradition, le prophète Muhammad dépêche son compagnon Amr ibn al-As auprès des deux frères Jaifer et Abd, fils de Julanda, qui gouvernent alors la région. Ceux-ci se convertissent, entraînant avec eux la population d’Oman. Rapidement, le territoire devient un foyer important de l’école ibadite, branche issue du courant kharidjite mais réputée plus modérée.

Astuce :

L’Ibâdisme, dont les racines doctrinales remontent au débat sur la légitimité des califes après la bataille de Siffin, prône l’élection de l’imam par la communauté de consultation (ahl al-shûrâ) et le devoir de s’opposer aux dirigeants jugés injustes. Le théologien Jâbir ibn Zayd, savant originaire de la tribu omanaise des Azd, joue un rôle déterminant en diffusant ces idées dans son pays natal après un séjour à Bassora. Confrontés à la répression du gouverneur omeyyade al-Hajjaj ibn Yusuf, de nombreux Ibadites se replient vers Oman, où ils trouvent un terrain favorable à l’expérimentation d’un pouvoir fondé sur l’élection et la piété plus que sur l’hérédité.

Vers le milieu du VIIIe siècle, peu après la chute des Omeyyades, est instauré ce que la tradition considère comme le premier imamat électif d’Oman. Les sources divergent sur l’identité exacte du premier imam – certains avançant Julanda bin Masud, d’autres Janah bin ‘Ibada al-Hinnawi –, mais elles s’accordent sur le caractère inédit du système : les chefs religieux ibadites organisent l’élection d’un dirigeant chargé d’appliquer la charia et de défendre la communauté, sans revendiquer la dimension califale des grandes dynasties contemporaines.

Bon à savoir :

Au IXe siècle, l’imamat ibadite d’Oman, fort de sa flotte et de sa position stratégique, établit un empire maritime contrôlant le golfe. Il commerce avec le califat abbasside, l’Inde, l’Extrême-Orient et la côte swahilie. Les ports de Sohar, Mascate et Sour deviennent des hubs majeurs pour les marchands arabes, indiens et persans, alliant ainsi légitimité religieuse et puissance navale.

À partir du XIe siècle, toutefois, ce modèle se heurte aux ambitions impériales. Le pays passe successivement sous la coupe des Bouyides iraniens, puis des Seldjoukides, qui étendent leur influence sur la côte omanaise. L’autorité des imams se fragilise, minée par les rivalités internes et les interventions extérieures. L’arrivée de la dynastie Nabhani à Bahla, à partir du milieu du XIIe siècle, consacre le retour d’un pouvoir dynastique héréditaire, même si la tradition de l’imamat continuera à resurgir périodiquement au fil des siècles.

Oman, carrefour des routes maritimes de l’océan Indien

Parallèlement à ces recompositions politiques, Oman affirme sa vocation maritime. Dès le IIIe millénaire av. J.-C., les navires de Magan ravitaillent la Mésopotamie en cuivre. À l’époque pharaonique, des bateaux venant du Dhofar apportent en Égypte l’encens nécessaire aux cultes. Plus tard, le manuel de navigation gréco-romain connu sous le nom de Périple de la mer Érythrée décrit, au Ier siècle de notre ère, un système de commerce structuré reliant les ports de la mer d’Arabie, de l’Inde, de la mer Rouge et du golfe Persique. Les ports omanais y jouent un rôle d’intermédiaires pour les épices, les étoffes et les pierres précieuses.

Bon à savoir :

Dès le IVe siècle, les navires omanais transportaient des marchandises chinoises (soieries, céramiques) vers la péninsule arabique. Des fouilles à Sohar et Sour ont confirmé ces échanges avec la découverte d’objets chinois et indiens. Grâce à la maîtrise des moussons et d’outils comme le kamal, les marins omanais atteignaient les ports chinois, notamment Quanzhou, dès le IXe siècle.

Les boutres en bois – baghlah de haute mer, jalboot de cabotage – construits sur la côte omanaise, en particulier à Sour, s’imposent comme des vecteurs essentiels de ces échanges. La tradition de construction navale y est transmise oralement, sans plan écrit, s’appuyant sur la mémoire des maîtres charpentiers et sur une connaissance intime des essences de bois importées d’Inde ou de Birmanie (teck) et des ressources locales (acacia, ghaff). Un grand boutre nécessite plusieurs camions de bois, de neuf mois à un an de travail et mobilise encore aujourd’hui un savoir-faire rare, même si les coques en fibre et les moteurs ont relégué ces navires au rang d’objets touristiques ou de prestige.

L’expansion maritime et culturelle d’Oman

Les ports omanais ont historiquement servi de plateformes pour le commerce et la diffusion culturelle, connectant le monde arabe à l’Asie du Sud et du Sud-Est sur la longue durée.

Relais de l’islam vers l’Asie

Les marchands et navigateurs omanais ont participé à l’islamisation progressive des côtes indiennes et de l’archipel malais, diffusant pratiques commerciales, modèles urbains et formes architecturales.

Une vocation commerçante millénaire

Cette expansion s’inscrit dans une continuité historique, depuis les anciens liens avec la civilisation de l’Indus (Magan) jusqu’aux relations modernes avec l’Inde indépendante.

Diffusion culturelle et architecturale

Au-delà de la religion, l’influence omanaise a transmis des modèles urbains et des formes architecturales spécifiques dans les régions côtières d’Asie.

L’irruption portugaise et la résistance omanaise

La fin du XVe siècle voit toutefois apparaître un nouveau concurrent dans ces eaux : le Portugal. Après le voyage de Vasco de Gama, les Portugais entreprennent de contrôler militairement les routes de l’océan Indien. En 1507, les troupes d’Afonso de Albuquerque s’emparent de plusieurs ports d’Oman, dont Mascate, qui devient leur principal siège régional. Ils consolident leur emprise en fortifiant la capitale avec les forts Jalali (São João) et Mirani (Almirante), et en occupant Barka, Qalhat, Khasab et d’autres points stratégiques.

Les Portugais instaurent un système de laissez-passer payants (cartaz) pour les navires marchands, tentant de monopoliser le trafic. Ils répriment durement les révoltes locales, comme celles de Sohar ou Mascate au début du XVIe siècle, et doivent affronter à plusieurs reprises des offensives ottomanes. La prise d’Hormuz par les Safavides, aidés par la Compagnie anglaise des Indes orientales, en 1622, marque un tournant : privés de ce verrou majeur, les Portugais regroupent leurs forces sur la côte omanaise, mais leur position est fragilisée.

C’est dans ce contexte qu’émerge, à partir de 1624, la dynastie Yaruba. Le premier imam ya‘rubi, Nasir bin Murshid, élu à Rustaq, entreprend d’unifier les tribus et de reconstruire un pouvoir omanais capable de rivaliser avec les Européens. Ses successeurs poursuivent le combat. Sohar est reprise en 1643, Julfar en 1633, Mascate assiégée en 1648 puis capturée définitivement en 1650. En moins d’un demi-siècle, les Portugais sont expulsés de l’ensemble des ports d’Oman.

Loin de se contenter de leur libération, les Omanais passent à l’offensive. Sous Saif bin Sultan, la flotte omanaise assiège pendant près de trois ans le Fort Jésus à Mombasa, qui tombe en 1698. Pemba, Kilwa, Pate, Zanzibar et d’autres cités swahilies passent sous influence omanaise, mettant fin à la plupart des positions portugaises au nord du Mozambique. L’empire qui se recompose à partir de Mascate ne sera plus seulement un acteur du Golfe, mais une puissance de premier plan sur toute la façade orientale africaine.

L’essor et les fragilités de l’empire yarouba

Au-delà de la lutte contre le Portugal, les imams Yaruba s’emploient à renforcer l’intérieur du pays. Saif bin Sultan développe l’agriculture en multipliant les plantations de palmiers-dattiers, surtout dans la plaine de la Batinah, et en construisant des aflaj, ces canaux d’irrigation gravitaires qui structurent encore aujourd’hui l’oasis omanaise. Il fait de Rustaq sa résidence principale, y aménage une tour de vent (Burj al Riah) pour rafraîchir le palais, et finance écoles et mosquées.

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Nombre de navires de guerre constituant la fortune personnelle du souverain à sa mort en 1711, illustrant sa puissance.

Cette nouvelle tutelle étrangère, après l’épisode portugais, provoque un sursaut au sein des élites religieuses et tribales. C’est dans ce climat de crise que se profile l’ascension d’Ahmad bin Saïd Al Busaidi, gouverneur de Sohar.

Fondation de la dynastie Al Bu Saïd et recomposition de l’État

Lorsque la flotte persane assiège Sohar, Ahmad bin Saïd tient la ville pendant neuf mois. Sa résistance acharnée force finalement le commandant de Nader Shah à négocier. Dans les années qui suivent, les forces perses se retirent progressivement du pays. En reconnaissance de son rôle dans la libération du territoire, les notables omanais élisent Ahmad bin Saïd imam en novembre 1744. Cet événement – que le pays commémore aujourd’hui comme « Journée de la fondation de la dynastie Al Busaid » – marque l’entrée d’Oman dans une nouvelle ère.

Pour la première fois, un pouvoir central durable est établi, capable de fédérer les tribus belligérantes et de reconstituer des instruments militaires et navals dignes d’un État régional. Il impulse une politique de modernisation des activités économiques. Mascate retrouve et renforce son statut de place commerciale majeure : son port devient, selon un rapport de la Compagnie anglaise des Indes orientales à la fin du XVIIIe siècle, l’une des principales villes asiatiques, fréquentée par les navires européens.

Ahmad bin Saïd, fondateur de la dynastie Al Saïd

La flotte omanaise renait sous son règne, au point d’être considérée comme la plus puissante de l’océan Indien après celle de la Grande-Bretagne. Capable de purger la région des derniers détachements persans, elle escorte même des navires ottomans dans le golfe d’Oman et au large de la côte dite de la « Trêve » (actuels Émirats). En 1775, Ahmad envoie une escadre d’une centaine de navires, dont le grand bâtiment Al-Taradh Al-Rahmani, pour briser le siège persan de Bassora à la demande du gouverneur de Bagdad. Le succès de cette opération reflète le retour en force d’Oman sur la scène régionale.

Bon à savoir :

La dynastie Al Bu Saïd opère un glissement politique : après l’imam Ahmad, élu selon la tradition ibadite, ses successeurs abandonnent progressivement le titre spirituel d’imam pour ceux de sayyid puis de sultan, recentrant ainsi leur légitimité sur le pouvoir temporel. Cependant, la famille maintient un lien étroit avec l’héritage ibadite en continuant de soutenir les savants musulmans et de promouvoir l’enseignement religieux.

De Rustaq à Mascate : un État tourné vers la mer

Après la mort d’Ahmad bin Saïd en 1778, son fils Saïd bin Ahmad lui succède. Très religieux mais peu enclin aux tâches administratives, il se retire à Rustaq, laissant son fils Hamad bin Saïd déplacer de facto le centre de gravité du pouvoir vers Mascate. En 1783, la capitale est officiellement transférée de l’intérieur montagneux à ce port tourné vers l’océan. Hamad prend le titre de sultan, sous-entendant un pouvoir coercitif plus que spirituel, et lance une série de réformes amorçant la transition vers un État maritime moderne. Sa mort prématurée en 1792, lors d’une épidémie de variole, ouvre une succession complexe dont sort vainqueur un autre membre de la famille, Sultan bin Ahmad.

Attention :

Pour renforcer sa flotte et affronter trois défis majeurs – reconquérir Mombasa, contenir l’expansion wahhabite et limiter les incursions des Qawasim –, il noue une alliance stratégique avec la Grande-Bretagne, alors en rivalité mondiale avec la France napoléonienne.

En 1798, un traité de commerce et de navigation est signé avec la Compagnie anglaise des Indes orientales. Sultan bin Ahmad s’engage à soutenir les intérêts britanniques en Inde, à interdire ses ports aux Français, et autorise l’ouverture d’un comptoir britannique à Mascate. Londres obtient ainsi un ancrage stratégique sur la route des Indes, tandis que Mascate gagne une protection contre ses adversaires régionaux. La présence britannique se renforce avec l’installation d’un consul, puis, plus tard, d’un résident politique permanent.

L’« âge d’or » de Saïd bin Sultan et l’empire omanais de l’océan Indien

La mort de Sultan bin Ahmad en 1804, tué d’une balle lors d’une action navale dans le Golfe, plonge le pays dans une période d’incertitude. Son fils aîné, Saïd, n’a que 13 ans. Un cousin, Badr bin Saïf, prend la régence, s’appuyant sur les wahhabites et cherchant à consolider sa propre autorité. Très vite, il se heurte à l’hostilité du reste de la famille. À seize ans, Saïd organise son assassinat dans une scène demeurée célèbre – un duel au poignard à Bait al Nu’man, près de Barka –, puis prend définitivement les rênes du pouvoir.

Son long règne, jusqu’au milieu du XIXe siècle, est souvent considéré comme l’apogée de la puissance omanaise. Ce prince guerrier et marchand consolida la domination de Mascate sur le golfe et projeta son autorité sur un vaste ensemble allant du détroit d’Ormuz aux côtes de l’Iran et du Pakistan (jusqu’à Gwadar), et, surtout, à une large portion de la côte swahilie jusqu’au cap Delgado, dans le Mozambique actuel.

Saïd bin Sultan, surnommé ‘Saïd le Grand’

Convaincu du potentiel de Zanzibar, conquise au tournant du XVIIIe siècle, il y transfère sa résidence principale dans les années 1830, tout en continuant à visiter régulièrement Mascate. Il y façonne la future Stone Town, capitalise sur un climat propice pour introduire la culture intensive du giroflier – le clou de girofle, indispensable à la conservation des viandes en Europe avant la généralisation du froid –, et stimule la production de canne à sucre, de riz, de gomme copale et l’exportation d’ivoire. Pour exploiter au maximum ces plantations, il recourt massivement à l’esclavage, faisant de Zanzibar l’un des plus grands marchés africains de la traite au XIXe siècle.

La puissance commerciale de l’empire omanais s’appuie aussi sur la présence d’importantes communautés marchandes indiennes, notamment originaires de Kutch et du Gujarat. Certaines maisons, comme celles de Jairam Shivji ou de Ladha Damji, deviennent fermiers généraux des douanes et principaux bailleurs de fonds du sultan, illustrant le caractère multiethnique de cet empire composé d’élites arabes, d’administrateurs swahilis, de banquiers indiens et de populations africaines.

Bon à savoir :

Saïd bin Sultan a mené une politique diplomatique active, signant un traité d’amitié et de commerce avec les États-Unis en 1833 (leur deuxième avec un État arabe) et avec la France en 1844, tout en consolidant l’alliance avec la Grande-Bretagne. En 1840, la mission diplomatique du navire Al-Sultanah à New York, menée par Ahmad bin Na‘aman al-Kaabi, fut la première d’un État arabe aux États-Unis, rencontrant les autorités fédérales et des personnalités comme Cornelius Vanderbilt.

Tableau 1 – Quelques jalons de l’ascension impériale omanaise

Période / RègneÉvénement majeurPortée historique
Ahmad bin Saïd (milieu XVIIIe)Brise le siège persan de Bassora, reconstitue la flotteRetour d’Oman comme puissance navale régionale
Nasir & Saif bin Sultan (XVIIe)Expulsion des Portugais, prise de Fort Jésus à MombasaContrôle omanais de la côte swahilie au détriment du Portugal
Saïd bin Sultan (XIXe)Capitale transférée à Zanzibar, empire de clous de girofleApogée de l’empire maritime omanais dans l’océan Indien
1833–1840Traité avec les États-Unis, voyage d’Al-Sultanah à New YorkIntégration d’Oman dans les circuits diplomatiques mondiaux

Cet âge d’or n’est cependant pas exempt de tensions. À l’intérieur même de la péninsule, le pouvoir du sultan, fondé sur la mer, se heurte régulièrement aux tribus de l’intérieur attachées à l’idéal de l’imamat. Saïd bin Sultan parvient, avec l’appui britannique, à contenir les attaques wahhabites et les rébellions, mais le compromis reste fragile. L’abolition de la traite par les Britanniques, qu’ils cherchent à imposer progressivement à leur allié, vient de surcroît menacer les fondements économiques de l’empire, largement bâtis sur l’esclavage et l’ivoire.

Partage de l’empire, protectorat britannique et retour de l’imamat intérieur

La mort de Saïd bin Sultan en 1856, lors d’un voyage en mer entre Mascate et Zanzibar, provoque une crise de succession profonde. Ses fils Thuwaini, gouverneur de Mascate, et Majid, installé à Zanzibar, revendiquent chacun l’ensemble de l’héritage. Majid, prévenu en premier, consolide rapidement sa position à Zanzibar, tandis que Thuwaini refuse de reconnaître la séparation.

Bon à savoir :

Pour éviter une guerre prolongée, le Raj britannique impose en 1861 le partage de l’empire omanais en deux sultanats distincts : Zanzibar (dirigé par Majid) et Mascate et Oman (dirigé par Thuwaini). Une subvention annuelle de Zanzibar à Mascate, rarement honorée, est prévue pour compenser la perte des revenus africains. Ce partage met fin à l’expansion impériale d’Oman, qui se replie sur la péninsule et entre progressivement dans une phase de quasi-protectorat britannique.

Dès 1798, les accords avec Londres avaient ouvert la voie à une présence politique accrue. Au fil du XIXe siècle, une série de traités consolident cette dépendance. En 1891, un accord interdit de facto au sultanat de Mascate et Oman de nouer des relations diplomatiques sans l’aval britannique, en échange d’une protection contre les rivaux. Des fonctionnaires britanniques occupent des postes clés dans les ministères, conseillent le sultan sur la défense, les finances et les affaires étrangères, et obtiennent même la cession des îles Kuria Muria en 1854.

Exemple :

En 1913, l’imam ibadite Salim ibn Rashid al-Kharusi mène une révolte dans l’intérieur montagneux contre le sultanat de Mascate, considéré comme trop proche des Britanniques. Le conflit aboutit en 1920 au traité de Seeb, négocié sous médiation britannique. Cet accord officialise une partition : le sultan garde le contrôle des villes côtières et du littoral, tandis que l’imam obtient une autorité autonome sur les régions montagneuses, avec Nizwa pour capitale. Oman se trouve ainsi divisé en un sultanat maritime et un imamat de l’intérieur.

Tableau 2 – Dualité politique au début du XXe siècle

EntitéCentre politiqueBase de légitimitéAlliés extérieurs principaux
SultanatMascate / SourDynastie Al Bu Saïd, traités UKRoyaume-Uni, compagnies pétrolières
Imamat intérieurNizwa / RustaqÉlection ibadite, autonomie tribaleSympathies arabes, plus tard Égypte, Arabie saoudite

Ce fragile équilibre est toutefois remis en cause par un nouvel enjeu : le pétrole.

Pétrole, guerres du Jabal Akhdar et fin de l’imamat

En 1937, un accord de concession est signé entre le sultan de Mascate et la Iraq Petroleum Company (IPC), consortium dominé par les majors occidentales. L’exploration révèle que les réserves potentielles se situent dans la zone contrôlée par l’imamat. IPC propose alors de financer la création d’une force armée pour sécuriser ces territoires. Londres, soucieux de garantir l’accès à l’or noir dans le contexte de l’après-guerre, apporte son soutien.

Exemple :

À la suite de la mort de l’imam Muhammad al-Khalili en 1954, son successeur Ghalib bin Ali al-Hinai hérite d’une situation politique tendue. Les hostilités éclatent lorsque le sultan Saïd bin Taimur, soutenu par des conseillers militaires britanniques, autorise la prospection pétrolière près de Fahud, en territoire de l’imamat. La Muscat and Oman Field Force, dirigée par des officiers britanniques, occupe successivement Fahud, Tanam, Adam et enfin Nizwa à la fin de l’année 1955, conduisant à l’abolition officielle de l’imamat.

La résistance ne tarde pas à se réorganiser. Talib al-Hinai, frère de l’imam, se réfugie en Arabie saoudite puis au Caire, où il obtient le soutien de pays arabes nationalistes comme l’Égypte de Nasser ou l’Irak. Revenant en Oman avec des combattants, il parvient à reprendre plusieurs villes de l’intérieur en 1957, aidé par des chefs tribaux comme Suleiman bin Himyar. Face à cette contre-offensive, Londres choisit d’employer la manière forte. Des troupes britanniques, dont le régiment des Cameronians, sont déployées ; la Royal Air Force lance, à partir d’août 1957, des campagnes de bombardements sur les villages de montagne, ciblant délibérément cultures, systèmes d’irrigation (aflaj) et points d’eau pour briser les capacités de résistance.

La guerre, connue sous le nom de Jebel Akhdar War, se prolonge jusqu’en 1959. L’intervention des forces spéciales britanniques (SAS), qui escaladent de nuit les falaises du Jabal Akhdar pour surprendre les positions rebelles, scelle la victoire du sultan. Les chefs de l’imamat se réfugient en Arabie saoudite. Le traité de Seeb est unilatéralement annulé, et l’imamat n’a plus d’existence institutionnelle sur le territoire omanais. L’affaire, portée devant les Nations unies par les alliés arabes de l’imam, donnera lieu à des résolutions critiques envers le Royaume-Uni, mais sans effet immédiat sur le terrain.

L’insurrection du Dhofar et le coup d’État de 1970

À peine le conflit du Jabal Akhdar terminé, une autre rébellion éclate, plus au sud. Dans le Dhofar, région montagneuse tournée vers l’océan Indien, marginalisée par le pouvoir central et marquée par des liens anciens avec le Yémen voisin, la contestation prend une coloration radicalement différente. En 1963, un mouvement séparatiste, le Front de libération du Dhofar, se forme. Inspiré d’abord par l’anti-colonialisme arabe, il glisse progressivement vers un marxisme militant, surtout après la création, en 1967, de la République démocratique populaire du Yémen (Sud-Yémen), régime socialiste qui lui apporte un soutien militaire et logistique.

Le Front se transforme en Front populaire pour la libération d’Oman et du Golfe arabe (PFLOAG), menant une guérilla contre les forces du sultan Saïd bin Taimur. Ce dernier, monté sur le trône en 1932, gouverne d’une main de fer un pays largement fermé au monde extérieur. À la veille des années 1970, Oman ne compte qu’une poignée de kilomètres de routes asphaltées, un seul hôpital d’envergure, très peu d’écoles – quasiment aucune secondaire –, et des interdictions frappant des usages aussi élémentaires que le port de lunettes dans certaines régions. La plupart des infrastructures modernes (électricité, télécommunications, réseaux routiers) sont inexistantes en dehors de Mascate. Cette situation nourrit le ressentiment dans des provinces comme le Dhofar.

Dans ce contexte, Londres juge que la rigidité du vieux sultan compromet la stabilité du pays et la lutte contre l’insurrection marxiste, perçue comme un risque dans le cadre de la guerre froide. En juillet 1970, un coup de palais, planifié avec la participation des services britanniques, destitue Saïd bin Taimur au profit de son fils Qaboos, formé à l’Académie militaire de Sandhurst et au sein de l’armée britannique. La prise de pouvoir se déroule à Salalah, au terme d’un bref échange de tirs dans le palais.

Bon à savoir :

À son accession au trône en 1970, le Sultan Qaboos engage une transformation profonde du pays. Il unifie le territoire en le rebaptisant « Sultanat d’Oman », proclame une amnistie générale, abolit la traite et l’esclavage, et lance un vaste programme de développement moderne financé par les revenus pétroliers, exploités commercialement depuis 1967.

Sur le plan militaire, il renforce et modernise les forces armées, tout en poursuivant la guerre dans le Dhofar avec de nouveaux alliés : l’Iran du Shah envoie des troupes et des avions, la Jordanie de Hussein dépêche des instructeurs, un bataillon de forces spéciales et des chasseurs Hawker Hunter, la Grande-Bretagne engage des conseillers et des unités de SAS sous couvert de missions de formation. Une stratégie de « conquête des cœurs et des esprits » est mise en place : intégration d’anciens insurgés dans des milices locales (firqats), construction de routes et de services dans les villages, ouverture d’écoles et de dispensaires. En 1976, la rébellion est officiellement vaincue.

La « Renaissance » de Qaboos : modernisation et ouverture prudente

Au moment du coup d’État de 1970, Oman est l’un des pays les plus pauvres et les plus isolés de la région. En l’espace de quelques décennies, le pays se transforme en profondeur. Les revenus tirés du pétrole – dont la production atteint plus de 300 000 barils par jour au début des années 1980 – permettent de financer routes, ports, aéroports, écoles, universités, hôpitaux, réseaux d’eau potable et d’électricité. Un aéroport international et un grand port conteneurs sont construits, notamment à Salalah, devenu aujourd’hui l’un des ports les plus performants au monde selon les indices de la Banque mondiale.

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Le pays est passé de 10 km de routes asphaltées en 1970 à plus de 3000 km au milieu des années 1980.

L’urbanisme de Mascate est soumis à des règles strictes : architecture traditionnelle, hauteur limitée des bâtiments, intégration paysagère. Le sultan tient à préserver l’esthétique de la capitale et à éviter l’émergence de gratte-ciel désordonnés. Il crée la Royal Opera House, inaugurée au début du XXIe siècle, symbole d’une politique culturelle raffinée qui va jusqu’à la fondation d’un orchestre symphonique national entièrement composé de musiciens omanais.

Bon à savoir :

Oman est une monarchie absolue où le sultan concentrait historiquement les principaux pouvoirs exécutifs et militaires. La législation émane des décrets royaux. Le régime a progressivement introduit des mécanismes de participation encadrée : un Conseil consultatif d’État (1981), puis une Assemblée consultative élue (Majlis al-Shura, 1991). La première constitution écrite (Loi fondamentale de 1996) a clarifié les règles de succession. Les droits politiques se sont élargis avec le droit de vote et d’éligibilité des femmes au Majlis al-Shura en 1997, et la nomination de la première femme ministre en 2004.

Sur la scène extérieure, Oman adopte une politique de neutralité active. Membre fondateur du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en 1981, le pays se distingue cependant de ses voisins par un refus de s’aligner systématiquement sur les positions saoudiennes. Fidèle à l’Iran pour son aide dans la guerre du Dhofar, Mascate maintient de bonnes relations avec Téhéran, refuse de s’engager dans la coalition saoudienne au Yémen et sert à plusieurs reprises de médiateur. Des pourparlers secrets entre États-Unis et Iran, organisés à Oman, débouchent sur l’accord nucléaire de 2015. Le pays accueille également la libération d’otages, finance des rançons et ouvre ponctuellement ses portes à des dirigeants israéliens, tout en réaffirmant son soutien à la cause palestinienne.

Tableau 3 – Indicateurs de transformation sous Qaboos

DomaineVers 1970 (ordre de grandeur)Vers fin des années 2010 (ordre de grandeur)
Longueur de routes asphaltées~10 km> 3 000 km
Espérance de vie~50 ans~77 ans
Accès à l’écoleTrès limité, quasi pas de secondairesScolarité quasi universelle, universités créées
Hôpitaux1 grand hôpital, quelques dispensairesPlus de 100 structures de santé
AlphabétisationMajoritairement analphabète~96 % de taux d’alphabétisation

Cette « Renaissance » (al-nahda), selon le terme employé par le régime, ne se fait pas sans critiques. Les ONG dénoncent le caractère fermé du système politique, l’absence de partis, les restrictions à la liberté d’expression, les arrestations d’activistes, notamment lors des manifestations liées au printemps arabe de 2011. Le pouvoir réagit par un mélange de concessions (remaniement ministériel, promesses de réformes) et de répression ciblée.

Continuité dynastique et défis du XXIe siècle

Lorsque Qaboos décède en janvier 2020, après près de cinq décennies de règne, il n’a pas d’héritier direct. Son testament, ouvert par le Conseil de la famille royale, désigne son cousin Haitham bin Tariq comme successeur, conformément aux règles fixées par la Loi fondamentale de 1996. Ancien ministre du Patrimoine et de la Culture, familier des dossiers de développement et de diplomatie, Haitham incarne la continuité de la dynastie Al Bu Saïd, fondée en 1744.

Bon à savoir :

En 2021, la monarchie omanaise a instauré pour la première fois un prince héritier explicite, Theyazin bin Haitham, officialisant la succession par le fils aîné pour renforcer la prévisibilité et la stabilité. Parallèlement, le sultan maintient la politique étrangère traditionnelle du pays, fondée sur la neutralité, la médiation et le maintien de bonnes relations avec tous ses partenaires, du Royaume-Uni (partenaire historique) à l’Inde, en passant par les États-Unis, l’Iran et les pays européens.

Sur le plan économique, le défi majeur tient à la dépendance aux hydrocarbures. Les réserves de pétrole, réévaluées à la baisse dès 2004, laissent entrevoir un horizon d’exploitation limité à quelques décennies. Si l’augmentation temporaire des prix du brut a permis de réduire le déficit budgétaire après 2020, la nécessité de diversifier l’économie reste pressante. Vision 2040, stratégie nationale de développement, tente d’orienter le pays vers les services, la logistique, le tourisme, la mise en valeur de ports comme Duqm ou Salalah, et l’accueil d’investissements étrangers massifs, y compris via des partenariats avec la Chine ou le Royaume-Uni.

30

Le chômage des jeunes à Oman approche les 30 %, selon certaines estimations.

Une histoire longue, une identité singulière

L’histoire du pays à Oman se distingue par une remarquable continuité : celle d’un espace qui, depuis l’époque de Magan, n’a jamais cessé d’être tourné vers la mer et d’entretenir des échanges avec des régions lointaines. De la fourniture de cuivre et d’encens aux temples mésopotamiens et égyptiens à la conquête de Zanzibar et de la côte swahilie ; de l’imamat ibadite, expérience politique originale fondée sur l’élection du dirigeant, à la longue domination de la dynastie Al Bu Saïd, l’itinéraire omanais conjugue enracinement tribal et ouverture cosmopolite.

Bon à savoir :

L’Oman se distingue par l’Ibâdisme, une voie religieuse médiane majoritaire dans le pays, connue pour son conservatisme doctrinal mais aussi pour son rejet de l’extrémisme. Cette singularité se retrouve dans sa diplomatie contemporaine, souvent comparée à celle de la Suisse dans le Golfe, car elle privilégie systématiquement la médiation plutôt que l’affrontement.

Si l’exploitation pétrolière et gazière a offert à Oman les moyens de bâtir un État moderne en un temps record, elle l’expose aussi à des vulnérabilités économiques qu’il lui faudra surmonter. Mais le pays semble puiser, dans son histoire millénaire de résilience face aux empires perses, portugais, ottomans ou britanniques, la capacité de réinventer ses modèles tout en préservant une forte conscience nationale. Là réside sans doute la clé de sa trajectoire : un équilibre, toujours délicat, entre continuité et adaptation, entre mémoire et projection vers l’avenir.

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Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers Oman pour optimiser sa charge imposable (absence d’impôt sur le revenu, pas d’ISF) et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Émirats), la stratégie retenue a consisté à cibler Oman pour son régime fiscal très favorable aux particuliers, son coût de vie inférieur à celui de Paris, son environnement sûr et stable et sa position stratégique au Moyen-Orient. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention du visa de résidence (investisseur ou rentier), organisation de la rupture des liens fiscaux français (183 jours hors de France, centre d’intérêts économiques déplacé), ouverture de comptes locaux, mise en relation avec un réseau sur place (avocat, immigration, conseil immobilier) et intégration patrimoniale globale (analyse et, si nécessaire, restructuration).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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