S’installer à Oman, c’est entrer dans un pays réputé pour sa sécurité, son climat très ensoleillé et son niveau de vie confortable. Mais avant de profiter des plages de Qurum ou des cafés d’Al Mouj, il faut franchir une étape clé : trouver un logement adapté à son budget, à sa situation familiale et à son projet professionnel.
Le marché locatif à Oman est abordable et réglementé, mais présente des particularités importantes : les loyers sont généralement payés d’avance, les contrats doivent être enregistrés auprès de la municipalité, et l’employeur joue souvent un rôle clé. La demande est saisonnière. Une bonne préparation est nécessaire pour éviter de choisir un mauvais quartier, sous-estimer les frais annexes ou signer un contrat déséquilibré.
Cet article propose un panorama détaillé du logement à Oman, avec un focus sur Muscat, la capitale où résident la majorité des expatriés, ainsi que des conseils pratiques pour chercher, négocier et sécuriser votre location.
Comprendre le contexte : niveau de vie, salaires et budget logement
Oman est souvent décrit comme la « Suisse du Golfe » : pays politiquement stable, infrastructures modernes, criminalité faible, économie portée par le pétrole mais engagée dans une diversification (tourisme, logistique, énergies renouvelables, finance). Le tout avec un avantage majeur pour les expatriés : absence d’impôt sur le revenu, ce qui rend les salaires nets de charges particulièrement attractifs.
Le coût de la vie quotidienne à Oman, loyer compris, est estimé environ 49,5 % moins cher qu’aux États‑Unis.
Les données disponibles permettent de se faire une idée assez précise des budgets moyens.
Budgets mensuels types à Oman (hors école internationale)
| Profil | Budget mensuel global (OMR) | Dont logement approximatif (OMR) |
|---|---|---|
| Célibataire modeste | 300 – 500 | 120 – 250 |
| Étudiant | 250 – 500 | 80 – 200 (dortoir ou colocation) |
| Famille (4 personnes) | 700 – 1 500 | 300 – 800 |
| Famille indienne typique | 800 – 1 500 | 300 – 600 |
Loyer mis à part, un célibataire peut s’en tirer autour de 200 OMR par mois, là où une famille de quatre dépensera plutôt 800 à 900 OMR (alimentation, transports, sorties…). Pour les expatriés, les packages de rémunération incluent souvent une allocation logement, voire directement un logement fourni par l’employeur.
Côté revenus, le salaire net moyen tourne autour de 860 OMR. Un salaire de 500 OMR peut suffire pour une personne seule, mais une famille aura intérêt à viser 800 à 1 000 OMR au minimum, surtout si l’école internationale des enfants est à sa charge (compter 1 000 à 3 000 OMR par an et par enfant, soit 200 à 500 OMR par mois selon l’établissement).
Panorama du marché locatif : un Golfe plus abordable, mais en hausse
Le marché locatif omanais est considéré comme l’un des plus accessibles du Conseil de Coopération du Golfe (GCC). Les loyers restent globalement inférieurs à ceux de Dubaï ou Doha, alors que la qualité des logements est souvent très correcte : grandes superficies, climatisation généralisée, accès facile aux services.
Après une période de faiblesse liée à la pandémie, les loyers sont repartis à la hausse. Depuis 2023, les augmentations annuelles observées se situent généralement entre 5 % et 17 % selon les zones. En 2025‑2026, la progression se modère, autour de 2 % à 4 % en moyenne, avec des pointes de 4 % à 7 % dans les secteurs les plus prisés de Muscat.
Les projections indiquent une hausse annuelle des loyers de 3 % à 7 % dans les prochaines années, suivie d’une stabilisation autour de 3 % à 5 % sur dix ans. Bien qu’Oman reste abordable, une stagnation durable des loyers, particulièrement dans les quartiers très demandés, n’est plus à prévoir.
Taux d’occupation et dynamique de marché
Les chiffres d’occupation confirment un marché globalement sain mais concurrentiel.
| Type de bien / zone | Taux d’occupation approximatif |
|---|---|
| Ensemble du résidentiel (national) | ~ 85 % |
| Villas | ~ 87,5 % |
| Appartements | ~ 80,8 % (en amélioration) |
| Composés haut de gamme à Muscat | Vacance 3 – 6 % |
| Moyenne de vacance à l’échelle de Muscat | 8 – 12 % |
Les appartements bien situés et correctement tarifés se louent vite, en 15 à 30 jours pour les unités meublées à Muscat. Les biens surévalués ou vieillissants peuvent rester plus de 60 jours sur le marché. En moyenne, il faut compter 30 à 45 jours pour qu’une annonce trouve preneur.
La saisonnalité joue également : la demande culmine souvent en début d’année (janvier‑mars) et à la fin de l’été (août‑octobre). Les mois les plus calmes sont en général juin et juillet, lorsque la chaleur est extrême et que beaucoup d’expatriés voyagent.
Où se loger à Oman ? Muscat en tête, villes secondaires plus abordables
La quasi‑totalité des expatriés s’installent à Muscat ou dans sa grande périphérie, mais les autres villes – Salalah, Sohar, Nizwa, Sur, Ibri… – offrent des options très économiques, avec un mode de vie plus calme et parfois plus conservateur.
Muscat : la capitale, ses quartiers et ses écarts de prix
Muscat est une vaste agglomération côtière qui s’étire sur plusieurs dizaines de kilomètres. Les loyers y sont les plus élevés du pays, avec de fortes disparités entre les complexes de luxe du front de mer et les quartiers plus populaires.
Ordres de grandeur des loyers à Muscat
Les chiffres suivants couvrent les loyers mensuels typiques en 2025‑2026.
| Localisation / Type | Studio (OMR) | 1 ch. (OMR) | 2 ch. (OMR) | 3 ch. (OMR) |
|---|---|---|---|---|
| Centre de Muscat | 180 – 335 | 197 – 400+ | 300 – 650 | 359 – 650 |
| Banlieues de Muscat | 120 – 250 | 134 – 300 | 200 – 450 | 250 – 500 |
| 1 ch. hors centre (moy) | — | 120 – 200 | — | — |
En pratique, un appartement une chambre dans un quartier central correct se situe souvent entre 250 et 400 OMR. Pour un deux chambres, la fourchette la plus courante grimpe entre 300 et 560 OMR, parfois plus dans les résidences avec piscine, salle de sport et sécurité 24 h/24.
Les villas familiales à Muscat, très prisées des familles locales et des expatriés aisés, se louent beaucoup plus cher :
| Type de maison | Muscat (OMR/mois) | Banlieues / autres villes (OMR/mois) |
|---|---|---|
| Villa 3–5 chambres | 900 – 2 000 | 500 – 1 200 |
| Maison en rangée | 450 – 800 | 350 – 600 |
| Chambre en colocation | 60 – 120 | 30 – 80 |
Pour un budget plus serré, la colocation reste la solution la plus économique, avec des chambres à partir de 60 OMR par mois à Muscat, couramment choisies par les jeunes actifs ou les étudiants.
Quartiers phares pour expatriés
Plusieurs quartiers de Muscat reviennent systématiquement dans les recommandations adressées aux expatriés :
Présentation des principaux quartiers de la capitale omanaise, de leurs caractéristiques et de leur marché locatif, pour aider à choisir son lieu de vie.
Complexe balnéaire de luxe avec marina, plages, restaurants, hôtels et pistes cyclables. Gated community très internationale (80+ nationalités). Statut ITC permettant l’achat par des étrangers. Loyers jusqu’à 35% au-dessus de la moyenne.
Front de mer central avec parc naturel, Royal Opera House, villas de standing, cafés et restaurants. Très apprécié des expatriés. Loyers élevés : environ 250 à 400 OMR pour une chambre.
Quartier vert et calme surnommé « Little Britain ». Proche des écoles internationales. Demande constante avec des hausses de loyers significatives (10-20% en 18 mois).
Zones prisées des jeunes actifs pour leur équilibre prix/accessibilité/services. Proximité des ambassades et bureaux. Marché locatif dynamique avec loyers en hausse.
Cœur d’affaires historique surnommé « Little India ». Loyers abordables et bonne rentabilité locative (rendement ~7.8%). Pratique pour travailler dans le quartier central.
Bousher, Seeb, Al Hail, Al Amerat, Ghala Heights, Muscat Bay. Zones moins chères en plein développement, attirant les jeunes familles. Nombreux projets liés à Vision 2040.
Muscat vs villes secondaires : économies substantielles
Muscat reste la ville la plus chère du pays. Dans les villes secondaires, les loyers sont généralement 30 % à 40 % plus bas pour des biens comparables.
| Ville / zone | 1 chambre (centre) (OMR/mois) | 1 chambre (hors centre) (OMR/mois) |
|---|---|---|
| Muscat | 197 – 400+ | 120 – 200 |
| Salalah | 150 – 300 | 100 – 180 |
| Sohar | 150 – 250 | 100 – 180 |
| Autres villes | — | 100 – 180 |
– Salalah : ville tropicale du Dhofar, rendue célèbre par la mousson du Khareef (juin‑septembre) qui attire de nombreux touristes. Les loyers y sont plus faibles, mais les propriétaires cherchent souvent à louer à la saison au prix fort, ce qui peut compliquer la négociation d’un bail annuel.
– Sohar : pôle industriel en développement, à environ 3 h de route de Dubaï, doté d’un aéroport, d’un centre commercial récent et d’écoles internationales. Les loyers y sont contenus, avec un cadre de vie familial.
– Nizwa, Sur, Ibri, Rustaq, Masirah : villes et zones plus petites, très abordables (ex : un 3 chambres à Sur peut se louer autour de 150 OMR). En contrepartie, les communautés expatriées y sont plus réduites, et les services internationaux (écoles, soins privés haut de gamme) moins nombreux.
Types de logements et particularités à connaître
À Oman, la plupart des expatriés habitent :
– des appartements (studios à 3 chambres et plus), parfois dans des complexes avec piscine, salle de sport et sécurité,
– des villas (maisons indépendantes, souvent avec jardin),
– des maisons en rangée ou townhouses,
– des chambres en colocation, surtout pour les budgets serrés ou les étudiants.
La surface habitable est généralement généreuse, surtout par rapport à l’Europe. Beaucoup de villas disposent de jardins, ce qui implique parfois des frais d’entretien supplémentaires.
Logements meublés vs non meublés
Le marché est très majoritairement non meublé, mais attention au sens de ce terme. « Unfurnished » peut désigner :
Dans le cadre d’une location, un logement peut être proposé nu, c’est-à-dire avec seulement la plomberie et les branchements électriques de base. À l’inverse, un logement semi-meublé comprend généralement une cuisine équipée, des luminaires, des tringles à rideaux, et peut parfois inclure des appareils électroménagers comme un réfrigérateur, une cuisinière ou une machine à laver.
Les logements entièrement meublés existent, surtout dans les compounds et quartiers expats, mais ils sont plus rares et plus chers. On estime qu’environ 55 % à 60 % des locataires préfèrent du meublé, ce qui crée une prime de prix : un appartement meublé coûte souvent 50 à 100 OMR de plus par mois, soit un surcoût de l’ordre de 15 à 20 %.
Pour limiter les coûts, il est conseillé aux nouveaux arrivants d’acheter des articles d’occasion via des groupes Facebook ou des petites annonces. Une autre solution économique est de se fournir chez IKEA à Muscat, qui propose des solutions standard pour équiper un logement rapidement. Un premier équipement de base peut être constitué pour environ 200 OMR, mais pour un véritable confort, un budget plus conséquent est à prévoir.
Équipements et services qui font monter la facture
Les éléments qui augmentent le plus clairement le loyer sont notamment :
– le parking dédié (en particulier couvert ou numéroté) : +25 à 50 OMR par mois,
– la sécurité 24 h/24 avec portail et gardien,
– la présence de piscine et de salle de sport,
– la vue mer ou l’accès direct à la plage,
– la qualité et la modernité de la climatisation (élément crucial dans un pays où le thermomètre peut approcher les 50 °C).
Côté propriétaires, les rénovations qui offrent le meilleur retour sur investissement sont les mises à niveau de la climatisation, les cuisines et salles de bains rénovées, une peinture fraîche, un meilleur éclairage et des rangements intégrés.
Comment chercher un logement : réseaux, agences, plateformes
La recherche de logement à Oman combine méthodes « à l’ancienne » et outils numériques très développés.
Appui de l’employeur et réseaux informels
Dans de nombreux cas, l’employeur joue un rôle clé :
– logement fourni directement (surtout pour les grandes entreprises internationales),
– allocation logement versée en plus du salaire,
– accompagnement par le service RH ou un prestataire de relocation.
Il est conseillé de négocier le logement au moment du contrat de travail : prise en charge partielle ou totale du loyer, logement temporaire à l’arrivée, aide pour l’inscription des enfants à l’école…
Hors de ce cadre, les canaux suivants sont très utilisés :
Pour dénicher un logement à l’étranger, plusieurs ressources locales sont précieuses. Consultez les conseils de vos collègues, amis ou membres de clubs. Le bouche-à-oreille au sein de la communauté expatriée est également très efficace. Surveillez les panneaux d’affichage dans certains supermarchés comme Al Fair ou Spinney’s, ainsi que dans les résidences. Enfin, les concierges et gardiens d’immeubles sont souvent bien informés des logements qui vont se libérer.
Agences immobilières et sociétés de relocation
Recourir à une agence immobilière est très fréquent, et souvent recommandé pour un premier séjour. Des acteurs comme Savills Oman ou des agences locales spécialisées dans l’accompagnement d’expatriés connaissent le marché, parlent arabe et anglais, et gèrent :
– la sélection de biens correspondant à votre profil,
– la coordination des visites,
– la préparation et la traduction du contrat,
– l’enregistrement du bail auprès de la municipalité et du ministère du Logement.
Les honoraires d’agence tournent souvent autour d’un mois de loyer ou d’un pourcentage (environ 5 % du montant total du contrat). La pratique n’est pas strictement encadrée : selon les cas, les frais peuvent être facturés au propriétaire, au locataire, ou partagés.
Plateformes en ligne et applications mobiles
Le marché numérique est particulièrement dynamique, avec plusieurs portails et applis dédiés à la recherche de logement :
– OLX Oman, OpenSooq, Dubizzle Oman : grands sites de petites annonces, avec nombreux filtres (type de bien, quartier, budget, meublé/non meublé…).
– Applications spécialisées comme Sakan, Oman Real ou des portails immobiliers proposant cartes interactives, alertes, messages intégrés, parfois réalité virtuelle pour visiter à distance.
Les fonctions avancées incluent : systèmes de gestion de bases de données, algorithmes de machine learning, intelligence artificielle, développement d’applications, big data, analytique prédictive.
– cartes avec regroupement géographique des annonces,
– visualisation du prix au mètre carré,
– notifications lors des baisses de prix ou nouvelles annonces,
– outils de traduction arabe/anglais.
L’usage de ces plateformes est devenu quasi indispensable pour suivre l’évolution des prix par zone et repérer rapidement les biens attractifs.
Les règles du jeu : contrats de location, droit des locataires et procédures
Le marché locatif omanais est encadré par un arsenal juridique relativement protecteur, à condition de respecter les formalités essentielles.
Durée, renouvellement et hausse de loyer
Les baux résidentiels sont le plus souvent conclus pour un an, parfois deux. La loi ne fixe pas de durée minimale, mais impose un cadre à certains aspects :
– Les contrats de plus de 7 ans doivent être enregistrés au ministère du Logement.
– En dessous de 7 ans, l’enregistrement se fait auprès de la municipalité (par exemple Muscat Municipality), sur un formulaire type pour les logements.
– Sans enregistrement, le bail est considéré comme nul vis‑à‑vis des autorités : le locataire ne bénéficie d’aucune protection formelle.
La reconduction est souvent tacite : en l’absence de préavis donné dans les délais, le bail se renouvèle généralement pour une durée équivalente à celle d’origine, aux mêmes conditions.
Concernant les augmentations de loyer, plusieurs règles s’appliquent, parfois modulées par les pratiques locales :
Le loyer ne peut être augmenté en cours de bail sans un accord écrit entre le locataire et le propriétaire. Pour les baux d’une durée supérieure à 3 ans, une révision est possible tous les 3 ans, avec une hausse plafonnée à environ 7 % par an par rapport au loyer initial, sous réserve de l’application de la réglementation spécifique. En cas de désaccord sur la révision, c’est la municipalité qui arbitre, en considérant la situation sociale et économique.
Dans la pratique récente, il n’existe pas de contrôle centralisé strict des hausses annuelles, mais les propriétaires restent contraints par le marché : un loyer trop ambitieux entraîne souvent le départ du locataire.
Paiement du loyer et dépôt de garantie
La grande différence avec de nombreux pays occidentaux est la façon de régler le loyer :
– paiement en avance par chèque(s) postdaté(s),
– parfois pour un an entier, souvent pour 6 mois ou à minima en trimestres,
– dépôt de garantie équivalent en général à un mois de loyer.
Les montants sont fréquemment couverts par :
– une série de chèques postdatés remis à la signature,
– ou une lettre de garantie de l’employeur pour les grandes entreprises.
Le dépôt sert à couvrir d’éventuels dégâts au‑delà de l’usure normale ; la loi prévoit que le propriétaire doit le restituer dans un délai court après le départ (par exemple 7 jours dans certains textes), si aucun dommage n’est constaté. D’où l’importance de réaliser un état des lieux détaillé à l’entrée et à la sortie.
Enregistrement du bail et taxe municipale
L’enregistrement du bail auprès de la municipalité et/ou du ministère du Logement est capital. Il conditionne :
Un contrat de location officiel est essentiel pour garantir sa validité juridique. Il permet au locataire de faire valoir ses droits en cas de litige. De plus, il est souvent nécessaire pour l’ouverture de certains services administratifs, comme les demandes de visas familiaux ou la souscription à des abonnements de services publics.
La démarche peut être portée par le propriétaire ou le locataire, ou par l’agence mandatée. Une « taxe de location » d’environ 5 % de la valeur totale du contrat est due à cette occasion, en principe par le propriétaire, même s’il arrive que les parties se mettent d’accord autrement.
Ne pas enregistrer le bail expose le propriétaire à une amende pouvant atteindre trois fois le montant de la taxe due, mais en pratique, il arrive encore que des baux restent informels. Pour un expatrié, c’est risqué : en cas de conflit, l’absence d’enregistrement prive de base légale solide.
Droits et obligations clés des deux parties
Quelques éléments structurants pour les locataires :
Le propriétaire est responsable des gros travaux et réparations majeures, tandis que le locataire doit assurer l’entretien courant et rendre le logement dans un état similaire à l’entrée (hors usure normale). Le propriétaire ne peut accéder au logement pendant le bail sans l’accord du locataire. Sauf clause spécifique, le locataire ne peut ni sous-louer ni céder le bail sans accord écrit du propriétaire. Pour quitter le logement à l’expiration du bail, un préavis de 3 mois est généralement requis, sinon le bail se reconduit automatiquement. Un départ anticipé non prévu peut entraîner le paiement d’une indemnité équivalente à trois mois de loyer, sauf si un nouvel occupant est trouvé et qu’un accord est négocié avec le propriétaire et l’agence.
Du côté du propriétaire, les possibilités de mettre fin au bail en cours de route sont strictement encadrées :
– non‑paiement du loyer dans un délai de 15 jours après l’échéance,
– usage du bien à des fins illicites ou contraires à l’usage prévu,
– sous‑location non autorisée,
– besoin du logement pour sa propre résidence ou celle d’un proche au premier ou deuxième degré, avec un préavis minimum (par ex. 6 mois) et absence d’autre bien disponible.
En cas de litige, les comités municipaux spécialisés peuvent intervenir. Leurs décisions s’apparentent à des jugements exécutoires, avec des procédures accélérées pour les litiges locatifs.
Coûts annexes : agences, charges, utilities et transport
Un logement « abordable » peut rapidement le devenir moins si l’on sous‑estime les charges associées. Pour établir un budget réaliste, il faut intégrer plusieurs postes.
Frais d’agence et frais de service
Les frais d’agence correspondent souvent à un mois de loyer ou à environ 5 % du montant total du contrat. Ils sont généralement dus à la signature du bail.
Dans les résidences fermées et les compounds, il existe fréquemment des charges de service couvrant la sécurité, l’entretien des espaces verts, de la piscine, des équipements communs. Elles varient fortement :
– 40 à 200 OMR par mois dans les résidences haut de gamme,
– 20 à 50 OMR dans les ensembles standards.
Il est essentiel de clarifier si ces charges sont incluses dans le loyer affiché ou facturées séparément.
Le coût mensuel de l’entretien du jardin pour une villa individuelle à Oman, variant selon la taille et le niveau de service.
Électricité, eau, internet et mobile
Les utilities ne sont en général pas comprises dans le loyer. À prévoir :
– Électricité + climatisation + eau + ordures pour un appartement de 85 m² : 30 à 60 OMR mensuels, davantage en été si la clim tourne en continu.
– Internet haut débit (environ 60 Mbps) : 25 à 36 OMR.
– Abonnement mobile (appels + 10 Go de data ou plus) : 8 à 25 OMR.
En moyenne, pour un appartement standard, compter 50 à 100 OMR par mois pour l’ensemble des services (hors TV payante). Les abonnements sont fournis par des opérateurs comme Omantel, Ooredoo, Vodafone ou Awasr, avec des offres triple play (internet + fixe + TV) dans certains cas.
Transports et voiture
À Muscat, la voiture est quasi indispensable : la ville est très étalée, les trottoirs rares et le réseau de bus encore limité. Les coûts de transport restent cependant modérés :
L’essence est très abordable, à environ 0,24 OMR le litre. Pour les transports en commun, un ticket de bus coûte environ 0,50 OMR et un abonnement mensuel entre 20 et 50 OMR. Les taxis sont nombreux, mais la plupart n’ont pas de compteur : il est nécessaire de négocier le prix avant la course. Pour éviter la négociation, privilégiez les taxis Mwasalat (rouge et blanc) qui utilisent un compteur, ou les applications comme OTaxi.
L’achat d’un véhicule d’occasion est courant, le marché étant alimenté par le turnover régulier des expatriés. Il est conseillé de choisir des modèles très répandus localement, pour faciliter l’entretien et l’approvisionnement en pièces.
Adapter sa recherche à son profil : célibataire, famille, étudiant, expat indien
Le profil du locataire influence fortement le type de logement recherché et la répartition du budget.
Un aperçu des types de logements, quartiers privilégiés et budgets mensuels pour différents profils de résidents à Mascate, Oman.
Studios, T1 ou chambres en colocation dans des quartiers comme Al Khuwair, Ghubrah, Ruwi ou Azaiba. Budget global : 300 à 500 OMR/mois. Loyer typique : 120 à 250 OMR.
Dortoirs universitaires (80-150 OMR) ou chambres en colocation (100-200 OMR), notamment près des campus comme Al Khoudh. Budget total : 250 à 500 OMR selon le niveau de vie.
Recherchent des secteurs avec bonnes écoles internationales : Al Mouj, Qurum, MSQ, Al Azaiba, Al Hail, Bousher. Privilégient villas avec jardin ou appartements 2-3 chambres en compound. Budget logement : 300 à 800 OMR/mois.
Sensibles au rapport qualité-prix, elles optent souvent pour Ruwi, Seeb ou les périphéries de Mascate pour des loyers plus bas et la proximité communautaire. Dépenses globales : 800 à 1 500 OMR/mois.
Dans tous les cas, il est recommandé de fixer en amont un plafond de loyer cohérent avec son salaire net : dépasser 30 à 40 % du revenu pour le seul logement devient vite inconfortable, surtout si aucun logement de fonction n’est prévu par l’employeur.
Stratégies pratiques pour bien louer : timing, négociation, vérifications
Au‑delà des chiffres, quelques réflexes concrets permettent d’éviter les principaux écueils.
Choisir le bon moment et la bonne durée
Arriver en pleine haute saison (janvier‑mars, août‑octobre) signifie une concurrence plus forte pour les meilleurs biens, avec moins de marge de négociation. Si possible, prévoir :
– 1 à 2 semaines de logement temporaire (hôtel, appartement de courte durée) dans le centre afin de visiter tranquillement,
– un premier bail d’un an avec option de prolongation, plutôt qu’un engagement trop long.
Les locations de courte durée, très prisées à Salalah pendant le Khareef, peuvent être plus chères mais offrent une flexibilité utile pour « tester » plusieurs quartiers avant de s’engager.
Négocier au‑delà du loyer facial
À Oman, tout ou presque se négocie, dans les limites du raisonnable. Au lieu de chercher uniquement à faire baisser le loyer, il peut être plus efficace de discuter :
Lors de la négociation d’un bail, plusieurs éléments peuvent être ajustés : la fréquence de paiement (passer d’un paiement annuel à semestriel ou trimestriel), l’inclusion de certains services (entretien du jardin, charges de copropriété, place de parking), la réalisation de travaux (rafraîchissement de peinture, changement d’appareils vieillissants), l’ajout de meubles de base pour un semi‑meublé (frigo, cuisinière, machine à laver), ou encore la gratuité de quelques semaines ou mois en début de bail (certains propriétaires acceptent 1 à 3 mois gratuits pour attirer un bon locataire).
La marge de manœuvre dépend évidemment de la situation : un bien en forte demande dans un compound de prestige se négociera moins qu’un appartement plus standard vacant depuis longtemps.
Vérifier le bien et le bail avant de signer
Plusieurs vérifications sont cruciales avant de s’engager :
Avant de s’engager sur un logement, il est crucial de : contrôler l’état de la climatisation (indispensable), de la plomberie et de l’isolation des fenêtres ; visiter aux différents moments de la journée pour évaluer le bruit, l’ensoleillement et le trafic ; clarifier par écrit la répartition des responsabilités (entretien, réparations, charges) ; exiger un **état des lieux détaillé** avec photos, consigné dans un inventaire signé par les deux parties ; et s’assurer que le bail sera enregistré auprès de la municipalité, en demandant une copie du contrat enregistré.
Pour les expatriés, il est souvent judicieux de faire relire le bail par un professionnel ou une personne expérimentée, notamment en raison de la terminologie juridique et des implications en cas de départ anticipé.
Culture, voisinage et vie quotidienne : s’intégrer sans faux pas
Trouver un toit ne suffit pas : vivre agréablement à Oman suppose de comprendre quelques codes culturels, particulièrement importants dans les relations de voisinage et avec le propriétaire.
Oman est un pays musulman conservateur mais réputé pour sa tolérance et son hospitalité. Les Omanis sont généralement chaleureux et respectueux envers les étrangers, à condition que ceux‑ci respectent les usages locaux. Dans les parties communes des immeubles et dans les quartiers résidentiels, il est attendu :
– une tenue décente (épaules et genoux couverts, vêtements non transparents ou excessivement moulants),
– une attitude calme et polie,
– l’évitement de démonstrations d’affection en public.
Les invitations chez les voisins sont courantes. Il est apprécié d’offrir un petit cadeau comme des sucreries ou une spécialité de votre pays. Il convient d’accepter le café (kahwa) et les dattes qui vous sont proposés. Enfin, complimenter l’hospitalité de vos hôtes est toujours bienvenu.
Certaines pratiques religieuses influencent également la vie quotidienne :
– pendant le Ramadan, il est interdit de manger, boire ou fumer en public avant le coucher du soleil,
– le vendredi est jour de prière, de nombreux commerces ouvrent plus tard ou ferment une partie de la journée,
– l’appel à la prière rythme la vie des quartiers, et il est de bon ton de baisser la voix ou la musique à ces moments.
Dans ce contexte, entretenir une bonne relation avec son propriétaire et ses voisins aide énormément à résoudre les petites difficultés du quotidien : fuites, problèmes de stationnement, nuisances sonores…
Conclusion : un marché accessible, mais qui exige préparation et méthode
Trouver un logement à Oman est, dans l’ensemble, plus simple et plus abordable que dans beaucoup d’autres pays du Golfe. Le marché offre un large choix d’appartements et de villas, des quartiers véritablement internationaux comme Al Mouj ou Qurum, des zones familiales en plein essor comme Bousher ou Al Hail, et des villes secondaires très économiques pour ceux qui recherchent un rythme de vie plus tranquille.
En contrepartie, le système locatif présente des spécificités marquées :
Le paiement du loyer se fait souvent en avances importantes. L’enregistrement officiel du bail est une nécessité absolue. L’employeur joue un rôle central dans la recherche et le financement. Le climat extrême exige une attention particulière à la qualité de la climatisation et de l’isolation. Le cadre légal est précis mais peut être déroutant pour les nouveaux arrivants (préavis, renouvellements tacites, hausses de loyer encadrées mais variables en pratique).
En prenant le temps d’analyser son budget, de comparer les quartiers, d’utiliser intelligemment les plateformes en ligne et de s’appuyer sur des agences sérieuses, il est possible de trouver un logement confortable, sécurisé et adapté à sa situation sans exploser son budget.
Pour beaucoup d’expatriés, cette étape franchie, Oman se révèle vite comme un pays où il fait bon vivre : salaires nets d’impôt, coût de la vie maîtrisé, temps de trajet courts, nature spectaculaire et population accueillante. Un cadre qui, pour peu que l’on ait trouvé le bon toit, donne immédiatement envie de prolonger l’expérience.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Oman pour rechercher du rendement locatif et une exposition au rial omanais indexé sur le dollar. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Mascate, Sohar, Duqm), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une villa dans une zone ouverte aux investisseurs étrangers, comme Al Mouj ou Muscat Hills, combinant un rendement locatif brut cible de 8 à 10 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et un potentiel de valorisation lié aux grands projets d’infrastructures, pour un ticket global (acquisition + frais + aménagements légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou véhicule local) et définition d’un plan de diversification à long terme.
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