Les démarches administratives pour vivre à Oman

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Oman attire de plus en plus d’expatriés : salaires nets d’impôts (au moins jusqu’en 2028), coût de la vie plus doux que dans d’autres pays du Golfe, sécurité, infrastructures modernes… Mais derrière cette image de « Suisse du Golfe » se cache un véritable parcours administratif. Visa, résidence, assurance santé, permis de conduire, logement, banque, fiscalité : chaque étape obéit à des règles bien précises, souvent très différentes des pratiques européennes.

Bon à savoir :

Ce guide fournit une vue d’ensemble structurée des procédures administratives nécessaires pour vivre à Oman, basée sur la réglementation en vigueur et les pratiques locales. Il s’adresse aux futurs résidents, qu’ils viennent pour travailler, investir, étudier, prendre leur retraite ou rejoindre un membre de leur famille.

Comprendre le cadre général de l’immigration à Oman

Vivre à Oman suppose toujours une base juridique claire à son séjour. Les autorités ne laissent pas de place à l’improvisation : tout séjour de moyen ou long terme doit reposer sur un motif documenté.

Attention :

L’obtention d’un titre de séjour en France dépend d’abord du motif de présence (travail, études, etc.), qui détermine le type de visa requis. Après l’entrée sur le territoire avec ce visa, il faut impérativement demander un permis de résidence et une carte de résident dans un délai strict suivant l’arrivée.

Les demandes sont gérées principalement par la Royal Oman Police (ROP), qui cumule le rôle de police, service des frontières et administration des visas. Les ministères sectoriels interviennent en complément : Travail pour les permis de travail, Commerce et Investissement pour les visas investisseurs, Santé pour les examens médicaux, Logement pour les titres de propriété ou d’usufruit.

Le pays n’a pas adopté de politique de naturalisation souple. Il n’existe pas de « passeport par investissement » et la double nationalité est en principe exclue. Le message est clair : Oman veut attirer des résidents à long terme, des investisseurs, des cadres, mais pas céder facilement sa citoyenneté.

Entrer à Oman : exemptions de visa et eVisa

Avant même de parler de résidence, il faut vérifier dans quel cadre vous pouvez entrer sur le territoire. Oman s’est doté d’un système relativement ouvert, mais encadré.

100

Plus de cent nationalités peuvent entrer sans visa pour un court séjour touristique, sous conditions strictes.

Cette ouverture n’est toutefois pas un tremplin automatique vers la résidence. Le séjour de 14 jours n’est ni prolongeable ni convertible en visa de résidence. Pour un projet d’installation, il faut donc viser directement un visa long séjour approprié, à commencer par les visas de travail, de famille, d’études ou d’investissement.

Astuce :

Pour de nombreuses nationalités, la demande de visa pour Oman s’effectue entièrement en ligne via le portail eVisa de la Royal Oman Police. La procédure comprend le choix de la nationalité et du type de visa, le remplissage d’un formulaire détaillé, le téléchargement des documents requis (passeport, photos, justificatifs), un paiement sécurisé par carte bancaire ou PayPal, et se conclut par la réception de l’autorisation par e‑mail. Le dossier est ensuite examiné et contrôlé par les services de la ROP.

En parallèle, les résidents des pays du Conseil de Coopération du Golfe (GCC) bénéficient d’une liberté de circulation largement accrue, et n’ont pas besoin de visa pour entrer. Mais même pour eux, le passage à un statut résident suit les mêmes principes de permis de résidence et de carte de résident.

Obtenir un visa de travail : la voie la plus fréquente

Pour la majorité des expatriés, vivre à Oman commence par une offre d’emploi. Le système reste fondé sur le parrainage (sponsorship) par un employeur local. Sans sponsor, pas de visa de travail, et donc pas de résidence.

Exemple :

Avant l’arrivée d’un travailleur étranger, l’employeur omanais doit impérativement obtenir un permis de travail auprès du Ministère du Travail. Cette étape, distincte de la demande de visa, consiste à vérifier la conformité du recrutement avec la politique d’Omanisation (quotas d’Omanais à respecter), ainsi que l’adéquation entre le poste proposé et le profil du candidat. L’analyse porte sur le métier, le niveau de qualification et le salaire proposé. Il existe différentes catégories de permis, dont les frais varient selon la profession.

Une fois ce permis approuvé, l’entreprise soumet la demande de visa de travail à la Royal Oman Police, généralement via le portail eVisa. Le dossier inclut déjà une partie des documents qui seront exigés pour la résidence : copie de passeport, photos, contrat de travail, certificat médical pour certaines nationalités, diplômes dûment légalisés, extrait de casier judiciaire.

Visa de travail standard

Informations essentielles sur les caractéristiques et la procédure du visa de travail standard.

Validité et entrées

Visa plurientrée, généralement valable pour une durée de deux ans.

Lien à l’employeur

Le visa est lié à l’employeur. Changer de société nécessite généralement son annulation et l’obtention d’un nouveau visa, sauf dans des cas spécifiques.

Délais d’instruction

Les délais de traitement varient entre quelques semaines et un mois, parfois plus en fonction des contrôles administratifs.

Cette dépendance à l’employeur ne doit pas être sous‑estimée. Un arrêt prématuré du contrat, un différend ou un changement de stratégie de l’entreprise ont des conséquences directes sur le statut de l’expatrié et de sa famille, qui perdent leur base juridique de résidence.

De visa à résidence : la carte de résident

Entrer à Oman avec un visa de travail ne suffit pas pour être en règle sur le long terme. Dans les 30 jours suivant l’arrivée, il faut impérativement entamer la procédure de carte de résident, l’“Oman ID” qui formalise le droit de séjour.

Bon à savoir :

La demande s’effectue auprès du registre de la Royal Oman Police. Le dossier doit inclure un formulaire, le passeport original avec visa, les documents médicaux validés par le Ministère de la Santé, et une lettre de l’employeur. Des données biométriques sont prélevées sur place. La carte est généralement délivrée en quelques dizaines de minutes une fois le dossier complet.

Les frais sont modestes comparés à d’autres pays : de l’ordre de quelques rials pour une carte d’un an ou deux ans, mais une pénalité financière est appliquée pour chaque mois de retard. Cette carte conditionne de nombreux actes de la vie quotidienne : ouverture d’un compte bancaire, souscription d’un abonnement télécom, enregistrement d’un bail, obtention d’un permis de conduire, sponsoring de la famille, etc.

Sans cette carte, un expatrié n’est en pratique pas pleinement « vivant » dans le système omanais, même s’il dispose d’un visa dans son passeport.

Regrouper sa famille : visas famille et séjour temporaire

Une fois installé et en poste, beaucoup d’expatriés souhaitent faire venir leur conjoint et leurs enfants. Oman a progressivement assoupli ce volet pour renforcer l’attractivité du pays, tout en maintenant un filtre par le revenu et la situation professionnelle du sponsor.

Le principal outil est le visa de regroupement familial, souvent appelé Family Joining Visa. Il permet au salarié expatrié de faire venir son épouse/époux et ses enfants de moins de 21 ans, et dans certains scénarios, ses parents ou des frères et sœurs mineurs. Le visa est délivré par la Royal Oman Police et suit en principe la validité du permis de résidence du sponsor, dans la limite de deux ans renouvelables. C’est un visa à entrées multiples, ce qui facilite les allers‑retours entre Oman et le pays d’origine.

300

Le salaire minimum requis pour parrainer sa famille à Oman, abaissé dans le cadre d’un plan national.

Sur le plan administratif, la demande de visa familial impose une série de documents : formulaires complétés sur le site de la ROP, passeports valables au moins six mois, photos, attestations de lien familial (acte de mariage pour le conjoint, actes de naissance pour les enfants), contrat de location ou preuve de logement, certificat de salaire de l’employeur, copie du titre de séjour du sponsor. Les certificats doivent souvent être traduits en arabe ou en anglais et légalisés par les autorités du pays d’origine, puis par le ministère des Affaires étrangères omanais.

Attention :

Des certificats médicaux sont parfois obligatoires pour les adultes et adolescents de certaines nationalités. Les délais de traitement annoncés sont de cinq à dix jours ouvrés, mais ils peuvent être prolongés en cas de pièces manquantes ou si un contrôle supplémentaire est demandé.

Pour des séjours plus courts, un visa de visite familiale existe également. Il s’adresse aux proches souhaitant rendre visite à un résident pour quelques semaines ou mois. Sa durée initiale tourne autour d’un mois, avec une possibilité de prolongation jusqu’à trois mois, moyennant un parrainage local (citoyen omanais ou expatrié résidant) et la production de justificatifs de lien familial.

Là encore, le non‑respect des durées autorisées est sanctionné par des amendes journalières. L’oubli ou le retard de régularisation peuvent rapidement transformer un simple dépassement en dette importante.

Étudier, investir, prendre sa retraite : autres voies de résidence

Vivre à Oman ne passe pas toujours par un contrat de travail. D’autres profils disposent de voies spécifiques, encadrées par des règles propres.

Les étudiants admis dans une université ou une école supérieure omanaise peuvent obtenir un visa étudiant, sponsorisé par l’établissement. Celui‑ci couvre généralement un à deux ans, renouvelables tant que la scolarité se poursuit. Ce visa peut permettre l’exercice d’une activité rémunérée limitée, à condition de respecter les règles de travail étudiant en vigueur.

Les investisseurs disposent, eux, d’un programme de résidence attractif, structuré autour de deux durées possibles, cinq ou dix ans, selon le montant et la nature de l’investissement. L’esprit du dispositif est d’attirer des capitaux et des compétences vers l’économie non pétrolière. Le ticket d’entrée se situe, en ordre de grandeur, à partir de quelques centaines de milliers d’OMR, sous forme de participation dans une société locale, d’achat de biens immobiliers dans des ensembles résidentiels désignés ou de placements dans des instruments financiers publics. À la clé, une résidence à long terme, souvent détachée du besoin de sponsor employeur, avec la possibilité de parrainer des membres de la famille.

Un dispositif spécifique vise les retraités. Il s’adresse aux personnes ayant travaillé au moins deux ans à Oman, âgées d’au moins 60 ans et disposant d’un revenu mensuel stable d’environ 4 000 OMR. Ce visa retraite s’inscrit dans la logique d’attirer des profils solvables, susceptibles de consommer localement et d’utiliser les services de santé et d’hôtellerie du pays.

Assurance santé : une condition incontournable de la résidence

Un point souvent sous‑estimé par les nouveaux arrivants est le rôle central de l’assurance santé. Le système de santé public omanais offre des services gratuits aux citoyens et aux ressortissants des autres pays du Golfe, mais pas aux expatriés, sauf urgence ou absence de solution privée. Pour les étrangers, l’accès à l’hôpital public est payant, les factures devant être réglées immédiatement.

Bon à savoir :

Pour obtenir ou renouveler un permis de séjour, il est obligatoire de détenir une assurance santé privée conforme aux critères gouvernementaux. Un dispositif a été généralisé pour les salariés du secteur privé, imposant aux employeurs de financer une couverture minimale standard. Cette police obligatoire inclut un panier de soins essentiels : consultations, urgences, hospitalisation et médicaments.

De nombreux expatriés optent cependant pour des contrats plus larges, notamment des assurances internationales, afin de couvrir les soins coûteux, la maternité, les maladies chroniques, la vision, les soins dentaires ou le rapatriement sanitaire. Pour un adulte, le budget mensuel d’une assurance santé privée se situe souvent entre quelques dizaines et une centaine d’OMR, selon l’âge, les garanties, la franchise et l’étendue géographique de la couverture.

Exemple :

Le tableau fourni donne un ordre de grandeur de certains paramètres administratifs et financiers directement liés à la santé et à la résidence, sans préciser les valeurs exactes mais en indiquant leur échelle ou leur fourchette typique.

ÉlémentExigence ou ordre de grandeur
Assurance santé pour expatriésObligatoire pour la résidence
Couverture minimale (schéma de base)Soins courants, hospitalisation, urgences, médicaments
Coût moyen assurance privée expat~ 40 à 100 OMR / mois selon profil et garanties
Consultation médicale privée~ 10 à 25 OMR par visite
Délai de renouvellement résidenceRespect de la validité du contrat d’assurance

Une couverture insuffisante ou inadaptée peut retarder une première demande de résidence ou un renouvellement. Il est donc prudent de vérifier la conformité du contrat envisagé avec les exigences officielles avant de quitter son pays d’origine.

Se loger légalement : baux, enregistrement et droits du locataire

La location d’un logement est une étape déterminante, à la fois dans la vie quotidienne et sur le plan administratif. Un bail en bonne et due forme constitue souvent un justificatif demandé lors de demandes de visas familiaux ou de renouvellement de titre de séjour.

Bon à savoir :

Le marché locatif omanais est stable et diversifié. Les contrats standards, d’une durée d’un an renouvelable, sont fournis par la municipalité. Le paiement du loyer se fait généralement en une, deux ou quatre fois par an via des chèques postdatés, plutôt que mensuellement.

L’enregistrement du bail auprès de la municipalité est crucial. Le propriétaire doit s’en charger, et payer au passage une taxe de 5 % sur le total du loyer prévu pour la durée du contrat. Si le propriétaire ne le fait pas, le locataire peut prendre l’initiative, mais un bail non enregistré ne bénéficie pas de la pleine protection légale, notamment en cas de litige.

Lors de la signature, les documents suivants sont généralement requis pour une location au nom d’une personne physique :

Documents requis pour la location

Liste des pièces justificatives nécessaires pour finaliser la location d’un logement.

Copie du passeport et visa

Fournir une copie du passeport incluant la page du visa en cours de validité.

Attestation de salaire

Joindre une attestation de salaire officielle délivrée par votre employeur.

Lettre de non-objection (NOC)

Présenter une lettre de non-objection de l’employeur autorisant la location.

Chèques de loyer

Fournir des chèques signés couvrant l’intégralité de la durée du bail.

Ces documents ont une portée qui dépasse la simple location : ils attestent de la stabilité de l’emploi et du revenu, deux éléments que d’autres administrations (banques, services de visas familiaux) scrutent attentivement.

Le tableau suivant résume quelques aspects administratifs liés à la location :

Aspect du bailPratique courante ou règle principale
Durée standard12 mois, renouvelable tacitement
Mode de paiementAnnuel, semestriel ou trimestriel par chèques post‑datés
Taxe municipale sur le loyer5 % du montant total du bail enregistré
Documents requis (locataire)Passeport + visa, attestation de salaire, NOC employeur
Enregistrement du bailObligatoire pour protection juridique complète

Un logement dont le bail est dûment enregistré peut aussi faciliter d’autres démarches, comme l’obtention d’un permis de conduire local (adresse officielle) ou l’ouverture d’un compte bancaire (justificatif de domicile).

Permis de conduire : du permis international au titre omanais

La voiture occupe une place centrale dans la vie quotidienne à Oman, surtout à Mascate, où les transports publics restent limités. Pour un expatrié, disposer d’un permis de conduire local n’est pas seulement un confort : il s’agit souvent d’un critère implicite de recrutement pour de nombreux postes, et une condition pour louer ou assurer un véhicule à long terme.

Deux cas de figure se présentent à l’arrivée. Les touristes et visiteurs munis d’un permis de conduire international peuvent conduire jusqu’à trois mois. Au‑delà, la loi impose de détenir un permis omanais.

Bon à savoir :

Les ressortissants de nombreux pays (pays du Golfe, plusieurs pays européens, États‑Unis, Canada, Australie, Nouvelle‑Zélande, Maroc, Tunisie, Turquie, etc.) peuvent convertir leur permis national en permis omanais sans repasser l’examen pratique. Conditions : le permis d’origine doit être toujours valide et avoir été délivré depuis au moins un an. Une traduction officielle peut être requise pour certains permis, comme le permis japonais.

La conversion se fait auprès de la direction des licences de la Royal Oman Police, via un service spécifique. Une taxe est perçue pour l’émission du permis omanais, qui sera en général valable deux ans pour un étranger.

Les candidats qui ne peuvent pas bénéficier de ce régime doivent passer le parcours standard : obtention d’un livret d’apprenti conducteur, formation auprès d’un moniteur ou d’une auto‑école, épreuves théoriques (signalisation) et pratiques (manœuvres, conduite sur route), chaque tentative étant payante. Les autorités sont réputées strictes, et de nombreux candidats échouent plusieurs fois avant d’obtenir leur titre.

Le tableau ci‑dessous récapitule les principales catégories de permis et leur durée de validité selon le statut du titulaire :

Type de permisCoût d’émission*Validité OmanaisValidité étranger
Véhicule léger~ 20 OMR10 ans2 ans
Permis temporaire~ 10 OMR1 an1 an
Poids lourd / véhicules lourds~ 10 OMR5 ans2 ans
Motocycle~ 15 OMR10 ans2 ans

Montants indicatifs, susceptibles d’ajustements réglementaires.

L’obtention ou la conversion du permis exige de fournir la carte de résident, une copie du passeport, des photos d’identité, un test de vision réalisé par un opticien agréé et une attestation de groupe sanguin. Selon les cas, un courrier de non‑objection du sponsor (employeur) peut aussi être réclamé, en particulier pour des profils féminins.

Ouvrir un compte bancaire : pièces justificatives et délais

L’accès au système bancaire est un jalon incontournable de l’installation : perception du salaire, paiement du loyer, abonnement téléphonique, scolarité, assurance, location de voiture… À Oman, les banques exigent presque systématiquement un statut de résident avant d’ouvrir un compte courant classique.

Astuce :

Pour ouvrir un compte courant personnel, les documents généralement requis sont : une carte de résident valide (ou un passeport), un justificatif d’adresse (comme un contrat de location ou une facture de services), et une attestation de salaire ou une lettre de l’employeur confirmant le virement de la paie sur le nouveau compte. Pour les étudiants, un certificat de scolarité délivré par l’université peut souvent servir à la fois de justificatif de statut et de preuve d’adresse.

Les comptes d’entreprise exigent un arsenal documentaire plus lourd : registre du commerce, licence d’activité, enregistrement fiscal, procès‑verbal du conseil autorisant l’ouverture du compte, copies des passeports des associés, parfois des preuves tangibles de l’existence du siège (photos ou vidéos des locaux). Tous les associés doivent en général être résidents et se présenter à la banque lors de la procédure.

Bon à savoir :

Les banques omanaises sont prudentes et les délais d’ouverture peuvent être longs : quelques jours pour un compte personnel, plusieurs semaines pour un compte d’entreprise. Des frais de tenue de compte et des pénalités pour solde minimum (ex. : en dessous de 200 OMR) sont fréquents. Un compte inactif pendant un an peut être déclaré dormant et soumis à des règles de gestion spécifiques.

La carte de résident reste le sésame : sans elle, les options se limitent à des comptes très restreints, voire à des cartes prépayées. Cette place centrale de la résidence dans la relation bancaire renforce l’importance d’un parcours administratif sans faille dès l’arrivée.

Fiscalité personnelle : un avantage clé… encadré

L’un des atouts majeurs d’Oman pour les expatriés est l’absence actuelle d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Salaires, primes, dividendes, loyers, plus‑values ou intérêts ne sont pas imposés à titre personnel, ce qui explique en partie le pouvoir d’achat relativement élevé de nombreux étrangers résidant dans le pays.

Bon à savoir :

Une loi a été adoptée pour instaurer un impôt sur le revenu à compter de 2028. Il appliquera un taux unique de 5 % sur les revenus annuels dépassant un seuil élevé (plusieurs dizaines de milliers d’OMR). Cet impôt concernera les citoyens et les étrangers résidents fiscaux (présents plus de 183 jours par an). Des déductions (éducation, santé, logement, dons) et des exclusions de revenus (comme certaines successions ou ventes de résidence principale) sont prévues pour moduler le montant dû.

Pour l’instant, et jusqu’à l’entrée en vigueur du nouveau dispositif, le paysage fiscal reste très favorable aux personnes physiques, avec seulement une TVA à 5 % sur de nombreuses consommations, et quelques taxes spécifiques (droits de mutation immobilière, taxe touristique hôtelière, excises sur l’alcool, le tabac ou les boissons sucrées).

En revanche, les entreprises sont, elles, pleinement imposées, avec un taux standard de 15 % sur les bénéfices, assorti de régimes allégés pour les très petites structures. Là encore, la résidence de l’entreprise (enregistrement local ou présence d’un établissement stable) est le critère déterminant.

Rôle du parrainage (sponsorship) : un fil rouge administratif

Qu’il s’agisse de visas de travail, de regroupement familial ou parfois de visites temporaires, Oman repose sur une logique de parrainage. Le sponsor – employeur, proche parent, établissement d’enseignement ou société d’investissement – engage sa responsabilité auprès des autorités en garantissant la solidité financière et la bonne foi du demandeur.

Attention :

Le parrainage, matérialisé par des documents comme des lettres de non-objection ou des attestations d’hébergement, peut être assuré par une personne physique (parent, conjoint) ou morale (entreprise, université). Il devient crucial en cas d’historique bancaire limité ou d’autonomie financière faible du demandeur.

Cette structure juridique a des conséquences très concrètes. Perdre son sponsor (rupture de contrat, faillite de l’entreprise, divorce dans certains scénarios) peut nécessiter un nouveau parcours administratif, voire un départ temporaire du territoire le temps de reconstituer un dossier cohérent. À l’inverse, un sponsor solide et expérimenté – grande entreprise, institution bien établie – facilite considérablement les démarches.

Étapes clés du parcours administratif : du projet à l’installation

Pris dans son ensemble, le processus d’installation à Oman suit une logique séquentielle. Un projet réaliste s’appuie sur l’enchaînement de quelques grandes étapes, chacune dépendant de la précédente.

Dans un premier temps, il s’agit d’identifier le fondement juridique de la présence envisagée : contrat de travail signé, admission dans un établissement d’enseignement, plan d’investissement ou de retraite, projet de regroupement familial. Sans cette base, aucune demande de visa de long séjour ne peut être envisagée sérieusement.

Ensuite vient la phase de constitution du dossier à distance : collecte des documents personnels (passeport, diplômes, casier judiciaire, certificats d’état civil), obtention des légalisations nécessaires (notaires, ministères des Affaires étrangères, représentations diplomatiques), traductions assermentées, rassemblement des pièces relatives au sponsor (contrat de travail, certificat de salaire, attestations diverses).

L’étape suivante consiste à soumettre une demande de visa via le portail eVisa de la Royal Oman Police ou via le sponsor, qui se charge de la démarche auprès des autorités locales. Une fois le visa délivré, le voyage peut être organisé, en gardant à l’esprit les délais impartis pour la finalisation de la résidence (30 jours après l’entrée dans le pays pour la carte de résident).

Astuce :

Les premières semaines sur place doivent être consacrées à plusieurs démarches administratives cruciales : effectuer une visite médicale dans un centre agréé, prendre rendez-vous pour la collecte des données biométriques et l’obtention de la carte de résident, trouver ou s’installer dans un logement conforme, souscrire à une assurance santé, et éventuellement ouvrir un compte bancaire ainsi que convertir ou obtenir un permis de conduire local.

Le tableau ci‑dessous synthétise ces grandes séquences et quelques jalons administratifs associés :

Étape du projetAction principaleAutorité impliquée principale
Définition du motifEmploi, études, investissement, regroupement familialEmployeur, université, conseil
Demande de visaSaisie en ligne, dépôt de documentsRoyal Oman Police (eVisa)
Arrivée sur placeContrôle frontière, activation du visaRoyal Oman Police (Immigration)
Carte de résidentDossier, biométrie, paiement des fraisRoyal Oman Police (Registre)
Assurance santéSouscription et vérification de conformitéAssureur, contrôle indirect État
LogementSignature et enregistrement du bailMunicipalité, Ministère du Logement
Permis de conduire (si besoin)Conversion ou examen completRoyal Oman Police (Trafic)
BanqueOuverture de compte personnel et/ou proBanque locale

Chaque bloc requiert des documents, des signatures, parfois des déplacements physiques et le respect de délais légaux. En pratique, un accompagnement par un employeur expérimenté, un cabinet de conseil ou un avocat local fait gagner un temps précieux, surtout lorsqu’il s’agit de cas complexes (familles recomposées, investissements, changements de statut).

Un cadre administratif exigeant mais prévisible

S’installer durablement à Oman implique donc de naviguer dans un environnement administratif dense, qui mobilise des acteurs multiples : Royal Oman Police, ministères du Travail, de la Santé, du Commerce, du Logement, banques, assureurs, propriétaires, écoles. Les règles sont strictes, mais globalement stables et prévisibles. Les délais et coûts restent, dans l’ensemble, raisonnables au regard du niveau de vie offert.

Bon à savoir :

Pour une expatriation réussie, anticipez la légalisation de vos documents, vérifiez les conditions de parrainage familial, étudiez le marché locatif, choisissez une assurance santé adaptée, renseignez-vous sur la conversion de votre permis de conduire et intégrez les démarches bancaires au bon moment.

Pour qui accepte cette discipline administrative, la contrepartie est attractive : un environnement sûr, un coût de la vie inférieur à celui d’autres hubs régionaux, un système fiscal encore très favorable aux particuliers, et des perspectives de carrière ou d’investissement soutenues par une économie en diversification rapide. Les démarches administratives pour vivre à Oman sont exigeantes, mais elles constituent aussi le socle d’un cadre de vie relativement ordonné, sur lequel beaucoup d’expatriés choisissent désormais de miser sur le long terme.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Oman, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Oman pour son absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques, sa fiscalité stable, et un coût de vie inférieur aux grandes capitales européennes (Mascate moins chère que Paris), tout en offrant un environnement sécurisé et des infrastructures modernes. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du titre de séjour omanais via investissement ou ressources stables, couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, services d’immigration, intermédiaires francophones) et intégration patrimoniale globale.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :