Comprendre les pratiques religieuses locales au Koweït : guide complet pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Koweït, c’est entrer dans une société où la religion structure à la fois le droit, le calendrier, les horaires de travail, les repas, les fêtes, l’espace public et une grande partie de la vie sociale. Pour un expatrié, bien comprendre ces codes n’est pas seulement une question de politesse : cela conditionne aussi le respect de la loi, la qualité de ses relations professionnelles, et son intégration au quotidien.

Bon à savoir :

Ce guide détaille les pratiques religieuses les plus courantes, comme la prière du vendredi, le jeûne du Ramadan et les fêtes religieuses, ainsi que les codes vestimentaires. Il fournit des repères juridiques et culturels précis pour aider les visiteurs à éviter les faux-pas.

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Un pays où l’islam structure la vie publique

Le Koweït est un pays musulman conservateur où l’islam, et plus précisément l’islam sunnite, occupe une place officielle et légale. La Constitution stipule qu’il s’agit de la religion d’État et fait de la charia une source majeure de la législation. Dans le même temps, elle garantit la liberté de croyance et le libre exercice du culte, à condition de ne pas porter atteinte à l’ordre public ni aux bonnes mœurs.

Attention :

Concrètement, la très grande majorité de la population est musulmane, même si le pays est démographiquement très ouvert aux autres religions via la main‑d’œuvre expatriée.

Panorama religieux : qui pratique quoi au Koweït ?

Les données de plusieurs rapports permettent de dresser un tableau assez précis de la diversité religieuse, en incluant citoyens et résidents étrangers.

Catégorie religieusePart estimée de la population totaleRemarques principales
Musulmans (total)≈ 74,6 %Islam religion d’État, majorité écrasante chez les citoyens
Chrétiens≈ 17,9 %Expatriés majoritairement ; quelques centaines de citoyens
Autres religions (hindous, bouddhistes, etc.)≈ 7,5 %Majoritairement expatriés d’Asie du Sud et d’Asie de l’Est
Bahá’ís, Ahmadis, Sikhs, etc.Minorités numériquement modestesLiberté de culte surtout en contexte privé

Chez les citoyens koweïtiens eux‑mêmes, la quasi‑totalité est musulmane, avec une majorité sunnite et une minorité chiite importante, dont le poids exact varie selon les sources.

Au sein des citoyens koweïtiensFourchette d’estimationsDétails notables
Sunnites60 à 70 % (voire 80 %)Famille régnante de rite sunnite malékite
Chiites30 à 40 %Communauté ancienne, rôle historique dans le pays
Autres (chrétiens, Bahá’ís…)< 1 %Quelques centaines de chrétiens citoyens recensés

Pour un expatrié, cela signifie deux choses très concrètes : d’une part, l’islam imprègne les règles de vie publiques ; d’autre part, la société quotidienne reste, surtout dans la capitale, familière avec la pluralité religieuse, même si le prosélytisme est strictement interdit et le blasphème réprimé.

Le vendredi, colonne vertébrale de la semaine

Au Koweït comme dans la plupart des pays musulmans, le vendredi n’est pas un simple jour de week‑end : c’est le grand rendez‑vous religieux hebdomadaire. Tout tourne autour de la prière de midi, appelée Ṣalāt al‑Jumuʿah.

Jumuʿah : la grande prière hebdomadaire

Dans la pratique musulmane, la prière du vendredi est un office collectif, à mi‑chemin entre rite spirituel, moment de cohésion communautaire et vecteur d’information sociale.

Quelques repères pour la comprendre :

Élément de la prière du vendrediDescription synthétique
Nom arabeṢalāh al‑Jumuʿah (ou ṣalāt al‑jumuʿa)
Statut religieuxActe hautement valorisé et considéré comme obligatoire pour les hommes musulmans majeurs résidents
Remplacement de la prière quotidiennePrend la place de la prière du midi (Dhuhr) le vendredi
StructureDeux unités de prière (rakʿat) précédées d’un sermon (khutbah)
Durée moyenneEnviron 30 à 45 minutes pour le sermon et la prière

Au Koweït, comme ailleurs, les mosquées se remplissent alors de fidèles, les routes autour de certains lieux se saturent, et une partie des administrations et des commerces adaptent leurs horaires pour faciliter la participation à cette prière.

Qui est tenu d’y assister ?

Dans la tradition islamique, la prière du vendredi est particulièrement obligatoire pour les hommes musulmans adultes résidant sur place, sauf cas de force majeure tels que maladie, handicap ou voyage. Les femmes et les enfants peuvent assister à la prière, mais n’y sont pas soumis par la même obligation religieuse.

Dans la tradition chiite, très présente dans certains quartiers et mosquées du Koweït, l’obligation du vendredi est souvent décrite comme « optionnelle mais préférée » par rapport à la prière de midi classique : l’intéressé peut accomplir soit la prière de Jumuʿah, soit la prière de Dhuhr, avec une préférence marquée pour la première.

Tradition chiite au Koweït

Pour un expatrié non musulman, le point clé est pratique : le vendredi midi est un moment de forte affluence autour des mosquées, et il est opportun d’éviter les déplacements inutiles dans ces zones, ou les réunions de travail à ces heures.

Un jour à statut particulier

Vendredi est considéré comme le jour le plus noble de la semaine islamique. Il ne s’agit pas d’un « sabbat » au sens juif ou chrétien, mais d’une journée de grande valeur spirituelle.

Dans la culture religieuse, on lui attribue par exemple : l’importance des rites et des traditions, qui jouent un rôle central dans la vie spirituelle et communautaire des croyants.

la création d’Adam ;

son entrée et sa sortie du Paradis ;

son décès ;

– et, dans la perspective eschatologique, la survenue du Jugement dernier.

Exemple :

Le vendredi (Al-Jumuʿah) est souvent désigné comme « l’Aïd hebdomadaire » en islam, car il est considéré comme un jour de fête récurrent. Les prières de ce jour sont réputées être plus facilement exaucées. L’importance de ce jour est également soulignée par le fait qu’un chapitre entier du Coran porte son nom : la sourate Al-Jumuʿah (La Congrégation).

En pratique, le vendredi au Koweït s’accompagne d’usages considérés comme recommandés : se laver soigneusement (ghusl), mettre des vêtements propres ou beaux, se parfumer (pour les hommes), se rendre à la mosquée à pied si possible, et multiplier les invocations et lectures coraniques, notamment la sourate Al‑Kahf.

Comment la prière s’organise dans la mosquée

Assister – même en observateur – à une prière de vendredi dans une grande mosquée koweïtienne, comme la Grand Mosque (Al‑Masjid Al‑Kabir), permet de comprendre concrètement le rituel.

Le schéma est généralement le suivant :

ÉtapeCe qui se passe
Avant l’officeLes fidèles effectuent les ablutions (wudû’ ou, plus rarement, un bain rituel complet – ghusl).
Premier appelL’adhan retentit depuis le minaret ou le système de sonorisation pour signaler l’approche de l’office.
InstallationLes fidèles se rangent en lignes, pieds nus sur les tapis, tournés vers la Mecque (qibla).
Sermon (khutbah) – 1re partieL’imam (ou khatîb) prononce un discours, en général en arabe, mêlant louange divine, versets coraniques, rappel moral et commentaires sur l’actualité de la communauté.
Brève assiseL’imam s’assoit un court instant, marquant une pause entre les deux parties du sermon.
Sermon – 2e partieReprise du prêche, souvent centrée sur l’exhortation à la piété et à la rectitude morale.
Second appel (iqâmah)Appel très court indiquant que la prière commence ; les fidèles se rangent en files compactes.
Prière en deux unitésL’imam dirige la prière à haute voix ; dans la tradition chiite, deux invocations particulières (qunût) sont recommandées.

Pendant le sermon, il est attendu du fidèle qu’il écoute en silence, sans bavarder ni manipuler son téléphone. Les traditions rapportent même que les anges « notent » l’ordre d’arrivée à la mosquée, jusqu’au début du sermon.

Pour un expatrié, une règle de base : ne pas tenter de traverser les rangs pendant la prière, ne pas se placer devant quelqu’un déjà en train de prier, et garder une attitude très discrète, surtout si l’on est simplement visiteur.

Ramadan au Koweït : un mois qui transforme le quotidien

Si le vendredi structure la semaine, le mois de Ramadan reconfigure toute la vie quotidienne au Koweït. Il s’agit du neuvième mois du calendrier lunaire islamique, celui pendant lequel les musulmans jeûnent de l’aube au coucher du soleil, en mémoire de la révélation du Coran au Prophète Muhammad.

Le cadre légal : ce que non‑musulmans et expatriés doivent absolument savoir

Au Koweït, le respect extérieur du jeûne ne relève pas seulement de la politesse, mais du droit pénal. Une loi de 1987, complétée en 2006, interdit à toute personne – quelle que soit sa religion – de manger, boire (même de l’eau), fumer ou mâcher du chewing‑gum en public entre le lever et le coucher du soleil.

Le terme « lieu public » est entendu de façon large :

rue, trottoir, parking ;

voiture si l’intérieur est visible ;

centres commerciaux, cinémas, bureaux non clos ;

halls d’immeuble, espaces communs d’entreprise.

100

Montant maximal de l’amende en dinars koweïtiens pour consommation d’alcool dans un lieu public au Koweït.

En filigrane, d’autres comportements sont perçus comme irrespectueux pendant Ramadan : diffuser de la musique très forte, notamment dans la voiture, afficher des démonstrations d’affection en public, ou porter des tenues jugées trop dévoilées.

Impact sur les horaires de travail et la circulation

Ramadan modifie aussi la vie professionnelle. Les administrations et nombre d’entreprises réduisent leurs horaires : la journée de travail typique peut se concentrer entre 9h30 et 14h, et certaines sociétés autorisent le télétravail partiel ou une organisation plus souple.

Dans la circulation, on observe des pointes de trafic tôt le matin (7h‑9h), en début d’après‑midi (1h‑3h), et juste avant l’heure de la rupture du jeûne (Maghreb) où les routes deviennent particulièrement tendues, voire dangereuses, beaucoup de conducteurs se dépêchant de rentrer chez eux pour l’iftar.

Astuce :

Pour un expatrié, il est conseillé d’éviter de prendre la route dans l’heure qui précède le coucher du soleil. Il est également recommandé d’organiser ses rendez-vous importants en dehors de ces créneaux sensibles.

Iftar et Suhoor : le rythme des repas

Le mois est ponctué par deux repas majeurs :

Suhoor : repas pris juste avant l’aube, destiné à soutenir le jeûne de la journée ;

Iftar : repas du soir, dès l’appel à la prière du Maghreb, qui marque la fin du jeûne quotidien.

L’iftar commence en général par des dattes et de l’eau, conformément à la tradition prophétique, puis se prolonge par des plats plus consistants. Au Koweït, on retrouve souvent sur la table des mets comme le machboos (riz épicé à la viande), le thareed (ragout servi sur du pain), le harees (blé concassé et viande), des soupes de lentilles, ainsi que des douceurs comme le gaimat ou le luqmat al‑qaadi (boules de pâte frites dans un sirop), la kunafa ou des samoussas.

Les familles et amis se retrouvent massivement pour ce repas ; les restaurants et hôtels organisent des buffets d’iftar, très prisés, pour lesquels il est conseillé de réserver.

Vie Nocturne après l’Iftar

Découvrez comment la ville se transforme après la rupture du jeûne, avec une animation qui perdure tard dans la nuit.

Animation des Rues

Les rues s’animent et se remplissent de monde jusqu’à tard dans la nuit, créant une atmosphère vivante et festive.

Centres Commerciaux

Les centres commerciaux deviennent des lieux de rendez-vous très fréquentés, bien au-delà de minuit.

Spiritualité, charité et vie communautaire

Ramadan n’est pas seulement un exercice de privation. C’est aussi un temps de prière intensive, de réflexion et de charité. De nombreuses personnes essaient de lire le Coran en entier durant le mois, participent aux prières nocturnes (tarawih) et multiplient les invocations.

La générosité est au cœur de l’atmosphère de ce mois : distribution de repas d’iftar gratuits par des associations, boîtes de nourriture offertes aux travailleurs migrants, enveloppes d’argent remises discrètement à des inconnus dans le besoin. Ces initiatives s’inscrivent dans la logique de la zakat (aumône obligatoire) et des dons volontaires.

Pour un expatrié non musulman, il est courant et bienvenu d’être invité à un iftar. Accepter l’invitation, arriver ponctuellement, et apporter un petit présent – dattes de qualité, pâtisseries arabes – est apprécié. La politesse consiste aussi à éviter de monopoliser la conversation ou de faire humoristiquement référence à la faim ou à la soif des jeûneurs.

Fêtes religieuses et calendrier officiel

Au Koweït, le calendrier est rythmé par des fêtes religieuses islamiques, mais aussi par quelques commémorations civiles. Pour un expatrié, cela se traduit par des jours fériés, des fermetures d’administrations et des changements d’habitudes.

Grandes fêtes islamiques

Parmi les célébrations religieuses les plus marquantes :

Eid al‑Fitr marque la fin du mois de Ramadan. Pendant trois jours, les familles se visitent, s’offrent des vêtements neufs, des cadeaux et de l’« eidiah », ces enveloppes d’argent remises aux enfants. Les boutiques et institutions ferment, et la vie sociale s’intensifie.

Eid al‑Adha, la « grande fête », se tient le 10 du mois de Dhul‑Hijjah, au moment du pèlerinage à La Mecque. Elle commémore l’épreuve d’Abraham et se caractérise par des prières, des visites familiales, et, dans certains milieux, le sacrifice d’un mouton ou d’une chèvre dont la viande est partagée avec les proches et les nécessiteux.

Al‑Mawled Al‑Nabawy, anniversaire du Prophète, donne lieu à des veillées avec récitation du Coran, chants religieux et distribution de nourriture ou de vêtements aux pauvres.

– D’autres dates comme l’Isra’ wa‑l‑Miʿraj (ascension nocturne), l’entrée dans la nouvelle année hégirienne, ou des célébrations propres à la tradition chiite (notamment en Muharram et pour Ashura) jalonnent aussi l’année.

Fêtes nationales et festivals

Le Koweït observe également : le développement de son économie et la diversification de ses ressources.

le 1er janvier (Nouvel An) ;

la Fête nationale, le 25 février, commémorant l’indépendance de 1961 ;

la Fête de la libération, le 26 février, en mémoire de la libération après l’occupation irakienne de 1990.

En février, un long festival culturel appelé Hala February anime le pays : promotions commerciales, spectacles, activités familiales, concerts et événements artistiques.

Pour un expatrié, ces dates se traduisent par des jours chômés, des embouteillages spécifiques, une hausse de fréquentation dans les centres commerciaux et les lieux de loisirs, mais aussi par une ambiance festive particulièrement marquée.

Visiter une mosquée au Koweït : codes, tenues et attitudes

Même si l’on n’est pas musulman, la visite d’une grande mosquée, en particulier la Grand Mosque de Koweït City, est l’une des meilleures portes d’entrée pour comprendre l’importance de la religion dans le pays.

La Grand Mosque : lieu de culte et repère urbain

Située au cœur de la capitale, à l’angle du Gulf Road et de Mubarak Al Kabeer Street, la Grand Mosque est le plus grand lieu de culte du pays. Son vaste dôme, ses calligraphies et lustres monumentaux en font à la fois un site religieux majeur et une attraction touristique.

Bon à savoir :

Des visites guidées gratuites sont organisées en dehors des heures de prière pour présenter l’architecture, les principes de base de l’islam et le fonctionnement du lieu. Il est essentiel de vérifier les horaires à jour et de porter une tenue vestimentaire conforme aux usages de la mosquée.

Tenue vestimentaire exigée

Dans les mosquées du Koweït, et plus largement dans l’espace public, la règle générale est la modestie. Concrètement :

Astuce :

Pour les femmes : couvrir les bras et les jambes, éviter les vêtements moulants ou transparents, et porter un foulard couvrant les cheveux. Une robe longue ample ou un pantalon large avec une tunique longue est approprié. De nombreuses mosquées prêtent des abayas et des voiles à l’entrée. Pour les hommes : éviter les shorts, les débardeurs et les T-shirts aux slogans provocateurs. Un pantalon long avec une chemise ou un polo à manches courtes ou longues est conseillé.

Les chaussures se retirent avant d’entrer dans la salle de prière proprement dite ; il est pratique d’apporter un petit sac pour les garder avec soi.

Comportement à adopter dans un lieu de culte

Les règles de conduite reposent sur le respect et la sobriété :

parler à voix basse, téléphone sur silencieux ;

– éviter de manger, boire, fumer ou mâcher du chewing‑gum dans l’enceinte ;

– ne pas se tenir devant quelqu’un en prière ni passer juste devant lui ;

– éviter de toucher inutilement les éléments architecturaux ou décoratifs.

Pour la photographie, mieux vaut toujours demander l’autorisation et s’abstenir de prendre les fidèles en photo, en particulier les femmes. Les prises de vue avec matériel professionnel nécessitent, sauf indication contraire, une autorisation spécifique.

Dress code et modestie dans la vie quotidienne

Au‑delà des mosquées, la question de la tenue est centrale dans le quotidien d’un expatrié au Koweït. La loi ne fixe pas de code vestimentaire obligatoire pour les non‑musulmans, mais la norme sociale est plus stricte que dans certains autres pays du Golfe.

Principes généraux

Deux principes simples permettent d’éviter l’essentiel des malentendus :

1. Couvrir épaules et genoux en public, pour les hommes comme pour les femmes. 2. Privilégier des vêtements amples et peu transparents.

Attention :

Les vêtements considérés comme trop courts, trop décolletés ou trop moulants, tels que les shorts très courts, les débardeurs, les tops dos nus, les leggings portés seuls, les mini-jupes ou les t-shirts très ajustés, sont mal perçus dans les espaces publics comme la rue, les centres commerciaux ou les administrations.

Il est conseillé d’avoir toujours sur soi un foulard, un châle, un gilet ou un kimono léger pour pouvoir « ajuster » sa tenue selon le lieu (mosquée, ministère, diwaniya, maison de famille koweïtienne).

Contextes spécifiques

Selon les lieux, le degré d’exigence varie :

Lieu / contexteAttentes vestimentaires dominantes
MosquéesFemmes : cheveux, bras et jambes couverts, vêtements longs et amples. Hommes : pantalon long, pas de débardeur.
Malls, restaurants, ruesÉpaules et genoux couverts, vêtements non transparents, pas de décolleté marqué.
Bureaux, banques, ministèresTenue de ville « business » modeste : chemise et pantalon pour les hommes ; robe ou jupe sous le genou et manches pour les femmes.
Plages publiquesBaignade en maillot mal vue ; privilégier short + t‑shirt couvrants.
Piscines d’hôtels / beach clubsMaillots occidentaux tolérés dans une certaine limite (plutôt une‑pièce ou bikinis discrets) ; burkini également présent. Topless interdit.

Les expatriés qui se conforment à ces codes ne s’exposent généralement à aucun problème. En cas de remarque, la meilleure réaction consiste à s’excuser, se couvrir davantage si possible, et clore la discussion sans confrontation.

Ramadan, Muharram, Ashura : quand la sensibilité religieuse s’intensifie

Au‑delà du simple cadre vestimentaire, certains mois du calendrier islamique – en particulier Ramadan et Muharram – sont marqués par une intensité spirituelle et émotionnelle plus forte, à laquelle les expatriés doivent se montrer particulièrement attentifs.

Ramadan : rappel des points clefs pour non‑musulmans

Pour mémoire :

ne pas manger, boire ni fumer en public de l’aube au coucher du soleil ;

éviter la musique forte et les soirées tapageuses durant la journée ;

– adapter la charge de travail et les horaires de réunion avec des collègues jeûneurs ;

– respecter les temps de prière, surtout en soirée (tarawih, prières nocturnes).

Bon à savoir :

Dans certaines entreprises, des espaces fermés sont prévus pour que les non‑musulmans puissent déjeuner discrètement pendant le Ramadan. Si ce n’est pas le cas, il est recommandé d’aborder le sujet avec tact, sans exiger, mais en cherchant une solution respectueuse pour tous.

Muharram et Ashura : un mois de deuil pour la communauté chiite

Le premier mois du calendrier islamique, Muharram, et plus particulièrement son dixième jour, Ashura, revêtent une signification particulière pour les musulmans chiites, présents en nombre au Koweït. Ils y commémorent le martyre de l’imam Hussein, petit‑fils du Prophète, tué lors de la bataille de Karbala au VIIe siècle.

Dans la pratique, cela se traduit par : prendre des mesures concrètes et efficaces pour atteindre les objectifs fixés.

Exemple :

Les commémorations incluent des rassemblements dans des **hussainiyas** (salles de réunion religieuses chiites) pour écouter des sermons, réciter des élégies, prier et se remémorer les événements de Karbala. Elles se caractérisent également par des processions ou rassemblements de deuil, où les participants portent souvent des vêtements noirs et expriment une profonde tristesse par des pleurs et des lamentations. Enfin, ces pratiques s’accompagnent d’actes de charité, de dons aux pauvres et d’une réflexion sur les thèmes de la justice et de l’oppression.

Les autorités encadrent ces manifestations pour des raisons de sécurité et d’ordre public, en fixant par exemple des limites au nombre de personnes dans des domiciles privés, en interdisant les hauts‑parleurs extérieurs ou les tentes non autorisées, et en déployant des forces de sécurité à proximité des hussainiyas.

Pour un expatrié, l’essentiel est de : s’adapter à son nouvel environnement, établir une routine, maintenir des liens avec sa culture d’origine, apprendre la langue locale et s’intégrer dans la communauté.

respecter l’atmosphère de recueillement, surtout dans les quartiers chiites ;

éviter les plaisanteries ou les discussions politiques ou confessionnelles sur ces événements, souvent très sensibles ;

– garder à l’esprit que pour de nombreux chiites, Ashura est une journée de deuil profond, incompatible avec un ton léger ou festif.

Liberté religieuse, limites et bonnes pratiques pour expatriés non musulmans

Le cadre légal koweïtien offre une certaine liberté de culte, mais aussi des lignes rouges que tout expatrié doit connaître.

Ce que la loi autorise et ce qu’elle interdit

Le pays autorise les non‑musulmans à pratiquer leur religion, dans des conditions encadrées :

Bon à savoir :

Les grandes confessions chrétiennes (catholique, orthodoxe, protestante, anglicane) disposent d’églises reconnues, leur permettant d’y organiser des offices, d’afficher des signes religieux et de mener des activités. D’autres groupes chrétiens non officiellement reconnus (comme certaines Églises indiennes ou communautés évangéliques) peuvent se réunir dans des villas ou locaux prêtés, à la condition expresse de ne pas causer de trouble de voisinage.

Mais le cadre est strict sur plusieurs points essentiels :

SujetRègle en vigueur au Koweït
ProsélytismeInterdit pour les non‑musulmans : pas de distribution de tracts ni d’appels publics à la conversion.
BlasphèmeInfraction pénale : toute insulte à l’islam, aux prophètes ou aux religions reconnues peut entraîner poursuites.
Critique politiqueInsulter l’émir, la famille régnante ou les autorités est illégal.
Alcool et porcImportation, vente et consommation d’alcool interdites ; même chose pour les produits porcins.
Pratiques contraires à la chariaPar exemple la sorcellerie, le jeu d’argent, certains contrats financiers à intérêt dans le système islamique.

Un expatrié chrétien, hindou ou bouddhiste peut généralement célébrer ses fêtes, se rendre dans son lieu de culte et pratiquer en privé, mais devra veiller à ne pas franchir les limites en matière de prosélytisme ou de critique religieuse.

Attitudes recommandées au quotidien

Quelques réflexes permettent d’aborder sereinement la dimension religieuse au Koweït :

Astuce :

Pour éviter tout malentendu ou offense, il est conseillé d’éviter les débats théologiques ou politiques sensibles, particulièrement en public ou avec des personnes peu familières. Il faut s’abstenir de distribuer de la littérature religieuse ou des symboles pouvant être interprétés comme une incitation à la conversion. Il est également crucial d’adapter son langage en proscrivant toute plaisanterie concernant la religion, le Prophète, les mosquées ou les pratiques de jeûne. Enfin, il est recommandé de privilégier une pratique discrète et non ostentatoire de sa propre foi dans l’espace public.

La société koweïtienne montre dans la pratique une certaine familiarité avec les fêtes chrétiennes (décorations et chants de Noël dans les malls, par exemple), mais ce climat de tolérance reste encadré par un arsenal juridique protecteur de l’islam et des sensibilités religieuses en général.

Codes de comportement liés à la religion dans la vie sociale

Au‑delà des textes de loi et des heures de prière, la religion façonne de nombreuses interactions sociales. Pour un expatrié, maîtriser quelques codes clés facilite grandement la vie de tous les jours.

Relations hommes‑femmes

Les relations entre les sexes obéissent à des normes plus conservatrices que dans de nombreux pays occidentaux :

Attention :

En public, les contacts physiques entre personnes non apparentées de sexe opposé sont à éviter. Pour saluer une femme musulmane, il est d’usage d’attendre qu’elle tende la main en premier ; sinon, placer la main sur la poitrine et incliner la tête est un geste respectueux. Les démonstrations d’affection en public sont mal vues, surtout pour les couples non mariés, et la cohabitation entre personnes non mariées de sexe opposé est illégale.

Ces usages ne découlent pas seulement du droit, mais aussi d’une conception de la pudeur (haya) fortement ancrée dans la culture religieuse.

Diwaniya : une institution sociale à forte tonalité culturelle

La diwaniya est une pièce ou aile de la maison réservée traditionnellement à l’accueil des invités, souvent des hommes, pour discuter de politique, d’économie, de religion, de sport. Certaines diwaniyas sont très informelles, d’autres sont de véritables salons d’influence.

Y être invité est un signe de confiance et d’intégration. Le cadre y est marqué par quelques repères :

Bon à savoir :

Les réunions se déroulent dans une tenue correcte et sobre. Les échanges, souvent vifs, restent encadrés par la politesse. Il est d’usage de se voir offrir du café arabe (qahwa) ou du thé, accompagnés de rituels de présentation et de dégustation. Des sujets comme la politique intérieure, les tensions régionales ou la religion peuvent être abordés, mais un expatrié a tout intérêt à adopter un ton prudent, surtout dans un premier temps.

Des diwaniyas féminines existent également et jouent un rôle croyant dans la vie sociale et parfois politique.

Funérailles et condoléances

Les rites funéraires suivent rigoureusement le cadre islamique : toilette rituelle du corps, linceul blanc, inhumation rapide (idéalement avant le coucher du soleil), enterrement orienté vers la Mecque. Les condoléances se reçoivent pendant trois jours, souvent dans la maison familiale.

Pour un expatrié, se rendre dans une maison endeuillée, modérément parfumé, habillé sobrement (et en évitant les couleurs très vives), présenter ses condoléances verbales et rester discret est une marque de respect très appréciée.

Prière et horaires : un bruit de fond structurant

Cinq fois par jour, l’appel à la prière (adhan) rythme l’espace sonore de la ville : avant l’aube, à midi, en milieu d’après‑midi, au coucher du soleil puis en début de nuit. Boutiques, cafés et administrations n’interrompent pas systématiquement toute activité, mais des pauses peuvent s’observer, surtout pour la grande prière du vendredi.

Bon à savoir :

Savoir identifier les horaires de prière permet d’éviter de planifier une réunion importante à un moment inopportun et de comprendre les fermetures temporaires de certains commerces.

En particulier :

vendredi midi : cœur de la journée religieuse hebdomadaire ; circulation perturbée autour des grandes mosquées ;

Maghreb (coucher du soleil) pendant Ramadan : l’heure de l’iftar, où la ville s’interrompt presque physiquement pendant quelques minutes.

En résumé : s’intégrer sans se renier

Vivre au Koweït, pour un expatrié, c’est apprendre à se mouvoir dans une société où la religion est partout, sans être pour autant obligatoirement pratiquant soi‑même. La clé réside dans un triple équilibre :

Attention :

Il est essentiel de respecter les règles juridiques (jeûne public, propos, alcool, porc, sécurité) et les codes sociaux (tenue, langage, jours importants) lors d’un séjour. Une ouverture culturelle, comme visiter des lieux de culte et accepter des invitations, permet une immersion respectueuse.

En prenant le temps de saisir la logique interne des pratiques religieuses locales – du sermon du vendredi aux nuits de Ramadan, des processions d’Ashura aux condoléances familiales – l’expatrié ne se contente pas d’éviter les impairs : il gagne aussi un accès privilégié à la profondeur d’une société où le religieux, le social et le politique sont intimement entremêlés.

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Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Koweït), la stratégie retenue a consisté à cibler le Koweït pour son absence totale d’impôt sur le revenu des personnes physiques, l’absence d’impôt sur la fortune et de taxation locale sur les plus-values privées, combinant fiscalité ultra-compétitive et coût de vie inférieur aux grandes capitales européennes (hors logement haut de gamme). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour via investissement ou création de structure locale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, banque islamique) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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