Créer son entreprise à l’étranger à Belize : le guide complet pour expatriés et nomades

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Belize avec un projet entrepreneurial, ce n’est pas seulement changer de décor pour une mer des Caraïbes turquoise et une jungle luxuriante. C’est aussi entrer dans une petite économie très ouverte aux capitaux étrangers, avec un droit des affaires d’inspiration britannique, une fiscalité attractive et un véritable écosystème offshore. Mais derrière l’image de paradis fiscal, la réalité est plus nuancée : lourdeurs administratives, petite taille du marché local, infrastructures parfois fragiles et exigences bancaires élevées.

Bon à savoir :

Ce guide détaille les démarches pour un expatrié souhaitant créer et exploiter une entreprise à Belize, que ce soit pour servir le marché local, lancer une structure offshore ou opérer un business en ligne en profitant du cadre juridique et économique du pays.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le contexte économique et juridique de Belize

Avant d’immatriculer une société ou d’ouvrir un compte bancaire, il est essentiel de situer Belize dans son environnement économique et réglementaire.

Le pays est un petit État d’Amérique centrale, membre du Commonwealth, dont la capitale est Belmopan et la principale ville économique Belize City. Avec une population d’environ 440 000 habitants et la plus petite économie de la région, Belize reste un marché domestique limité. Pourtant, le pays figure dans la catégorie « revenu intermédiaire supérieur » de la Banque mondiale et détient le deuxième revenu par habitant le plus élevé d’Amérique centrale.

10.5

Le PIB a augmenté de 10,5 % au premier semestre 2024, tiré notamment par le tourisme qui représente environ 15 % de l’économie.

Sur le plan institutionnel, l’environnement est stable : démocratie parlementaire, système juridique fondé sur la Common Law anglaise, monnaie locale (le dollar bélizien, BZD) solidement arrimée au dollar américain à un taux fixe de 2 BZD pour 1 USD depuis la fin des années 1970. Ce régime de change fixe apporte une prévisibilité appréciable pour les entrepreneurs qui facturent ou investissent en devises fortes.

Astuce :

En tant que membre de la CARICOM (Communauté caribéenne), Belize offre un accès préférentiel aux marchés des pays caribéens pour les biens et services. Cette adhésion permet également de bénéficier de certains régimes préférentiels avec les États‑Unis, l’Union européenne et le Canada. Pour un expatrié souhaitant utiliser Belize comme plate‑forme d’exportation ou de services régionaux, cet accès constitue un atout commercial majeur.

La contrepartie, c’est une série de défis bien réels : marché intérieur réduit, coût des importations élevé, infrastructures routières parfois sommaires (à peine une part limitée du réseau est goudronnée), lenteurs administratives et niveau de bureaucratie encore important dans certaines procédures.

Pourquoi de plus en plus d’expatriés entreprennent à Belize

Plusieurs éléments expliquent l’attrait de Belize pour les entrepreneurs étrangers, en particulier ceux qui travaillent déjà en ligne ou dans des métiers « exportables ».

D’abord, la langue : l’anglais est la langue officielle, ce qui simplifie immédiatement les échanges avec l’administration, les banques et les prestataires. Le pays est d’ailleurs souvent cité comme la seule juridiction véritablement anglophone d’Amérique centrale, même si l’espagnol et le créole bélizien y sont également largement pratiqués.

Attention :

Le gouvernement encourage les capitaux internationaux pour stimuler la croissance et l’emploi. Les investissements directs étrangers ont fortement augmenté, notamment dans le tourisme, l’hôtellerie, la restauration et la construction. Les étrangers peuvent détenir 100% du capital d’une entreprise dans la plupart des secteurs et posséder des terrains sans restriction de nationalité.

La fiscalité est un autre levier d’attractivité. Belize fonctionne sur un régime territorial : en principe, seule la richesse produite sur le territoire est imposée. Les structures offshore bien configurées peuvent bénéficier d’une absence totale d’impôt sur les revenus de source étrangère, d’absence de taxe sur les dividendes, gains en capital ou droits de succession, tout en restant conformes aux normes de transparence internationales (CRS, FATCA, accords d’échange d’informations).

Secteurs porteurs pour l’investissement

Panorama des principaux créneaux économiques offrant des opportunités d’investissement, basé sur une analyse des tendances actuelles.

Tourisme & Écotourisme

Développement de lodges écoresponsables, organisation de tours spécialisés (plongée, aventure, bien-être), restauration et activités nautiques.

Agriculture & Aquaculture

Production biologique, valorisation du cacao et des fruits tropicaux, développement de cultures de niche et de projets aquacoles.

Énergies Renouvelables

Investissement et innovation dans les secteurs des énergies vertes et durables.

Services Externalisés

Opportunités dans les centres d’appels (BPO), les services informatiques (IT) et les technologies financières (fintech).

Immobilier

Développement de projets immobiliers, notamment liés aux secteurs du tourisme et des services.

Dans le même temps, le coût du travail est sensiblement inférieur à celui de l’Amérique du Nord – jusqu’à 50 % de moins selon certaines estimations – ce qui permet de bâtir des équipes locales compétitives pour des activités orientées export, tout en offrant un niveau de vie confortable dès lors que les revenus sont en devises fortes.

Choisir la bonne structure juridique à Belize

La première décision stratégique pour un expatrié consiste à choisir entre plusieurs formes juridiques. À Belize, quatre familles de structures dominent pour les entrepreneurs étrangers : l’entreprise individuelle, la partnership (société de personnes), la Limited Liability Company (LLC) et la International Business Company (IBC), désormais intégrée dans la catégorie plus large de « Business Company » par la loi de 2022.

Entreprise individuelle et partnership : solutions ultra‑simples, mais risquées

L’entreprise individuelle (Sole Proprietorship) et la société de personnes (Partnership) séduisent par leur simplicité : peu de formalités, coûts de création faibles, gestion comptable basique. Ce sont des véhicules courants pour de petits commerces locaux, des freelances ou des micro‑entreprises.

Mais ces formes présentent un inconvénient majeur : l’absence de cloisonnement entre le patrimoine de l’entreprise et celui du propriétaire. En cas de dettes, de litige ou de poursuite, les biens personnels de l’entrepreneur peuvent être engagés. Pour un expatrié, surtout s’il détient des actifs dans d’autres pays, ce risque patrimonial est rarement acceptable à long terme.

La Limited Liability Company (LLC) : la structure idéale pour l’activité « onshore »

La Limited Liability Company est, dans la pratique, la forme la plus utilisée pour les sociétés opérant sur le marché local. Elle combine la souplesse d’une société de personnes avec la protection patrimoniale d’une société de capitaux. La responsabilité des associés est limitée à leurs apports, sous réserve de respecter les règles de gestion.

Exemple :

Pour un expatrié résidant aux États-Unis, les principaux avantages de créer une Limited Liability Company (LLC) incluent la responsabilité limitée protégeant les actets personnels, une grande flexibilité de gestion, des formalités administratives simplifiées et des options de fiscalité avantageuses (comme le choix d’être imposé comme une société ou une entreprise individuelle).

souplesse dans l’organisation interne : possibilité de structurer les droits des membres comme on le souhaite ;

– absence d’exigence de capital minimum élevé (les frais d’enregistrement sont d’ailleurs fonction du capital déclaré, mais même un capital modeste est admis) ;

reconnaissance claire par les banques et les autorités beliziennes ;

– positionnement naturel pour opérer des activités locales : commerce, restauration, services, artisanat, agrotourisme, etc.

200

Frais d’enregistrement de base pour une LLC au Belize, exprimés en dollars béliziens.

La International Business Company (IBC) : l’outil offshore pour revenus étrangers

L’IBC est la structure emblématique de Belize comme centre financier offshore. Conçue à l’origine pour accueillir les activités internationales des non‑résidents, elle reste aujourd’hui un outil particulièrement puissant pour les entrepreneurs en ligne, les holdings patrimoniales ou les sociétés de services opérant exclusivement à l’international.

Ses caractéristiques principales sont très attractives :

aucune exigence de capital minimum ;

seulement un directeur et un actionnaire requis (qui peuvent être la même personne, physique ou morale), sans condition de résidence ;

– possibilité de constituer la société en 24 à 48 heures ;

– absence d’impôt belizien sur les revenus de source étrangère, les dividendes et les plus‑values ;

– pas de retenue à la source sur les dividendes versés à des non‑résidents ;

– forte confidentialité : les registres de bénéficiaires effectifs sont tenus de manière privée par l’agent agréé et accessibles uniquement aux autorités compétentes, pas au public.

Attention :

Une International Business Company (IBC) au Belize est interdite de commerce avec les résidents locaux et de détention immobilière dans le pays. Elle ne peut pas non plus exercer d’activités bancaires, d’assurance, de fonds d’investissement ou de trust sans une licence spécifique de la Financial Services Commission.

Pour un expatrié qui gère, par exemple, une activité de consulting internationale, un SaaS, une marketplace, un business de dropshipping ou de services numériques avec une clientèle située principalement en Amérique du Nord ou en Europe, l’IBC peut être un véhicule extrêmement optimisé, à condition de rester vigilant sur les règles fiscales de son pays d’origine (régimes CFC, substance économique, etc.).

Autres formes : fondations, trusts et branches

Belize propose aussi des outils de planification patrimoniale comme les trusts et les fondations, ainsi que la possibilité d’implanter une succursale d’une société étrangère. Ces formes conviennent plutôt à des montages sophistiqués (protection d’actifs, succession internationale, gestion de patrimoine familial) qu’aux besoins d’un entrepreneur individuel ou d’une jeune PME.

Comment immatriculer une société à Belize : le parcours étape par étape

Malgré un score encore modeste dans les indicateurs internationaux de facilité de faire des affaires, Belize a engagé ces dernières années un processus de modernisation de son registre des sociétés, avec notamment un système en ligne (Online Business Registry System – OBRS). En pratique, l’expatrié passera presque toujours par un agent agréé ou un cabinet d’avocats pour sécuriser les démarches.

1. Choisir la forme sociale et définir son modèle économique

Avant toute formalité, il est crucial de clarifier :

si l’activité visera le marché local (commerce, restauration, hébergement, services physiques) ou un marché international (services en ligne, trading, consulting) ;

si vous résident à Belize ou non, et si vous comptez y travailler physiquement ;

– votre profil fiscal dans votre pays d’origine.

Pour une activité tournée vers Belize ou la région, la LLC ou une Business Company de droit local sera l’option naturelle. Pour un business 100 % en ligne avec clientèle étrangère, l’IBC reste souvent la plus intéressante, à condition de respecter l’interdiction de commercer localement.

2. Réserver un nom de société

Le nom doit être unique, ne pas prêter à confusion avec une entité existante, ne pas suggérer une affiliation gouvernementale et éviter certains termes réglementés (« bank », « insurance », « royal », etc., qui nécessitent une licence ou une autorisation).

Bon à savoir :

La réservation d’un nom de société via l’OBRS coûte environ 25 BZD et est valable 90 jours. Pour un nom commercial simple (business name), une réservation courte d’environ 10 jours est gratuite.

3. Préparer la documentation de constitution

Les documents de base sont :

le Memorandum of Association et les Articles of Association (ou l’équivalent pour une LLC) ;

– les formulaires de déclaration des administrateurs et actionnaires ;

– les pièces KYC des fondateurs : copie de passeport, justificatif de domicile récent, parfois références bancaires.

Les cabinets d’incorporation structurent généralement ces documents selon des modèles adaptés au droit bélizien. Ce travail est l’un des principaux postes de leurs honoraires.

4. Déposer la demande auprès du Belize Companies and Corporate Affairs Registry (BCCAR)

Le BCCAR enregistre les sociétés et attribue un numéro d’immatriculation à neuf chiffres. L’envoi des dossiers se fait aujourd’hui largement de manière électronique via l’OBRS, même si certaines démarches restent encore partiellement papier.

Les frais d’incorporation varient en fonction du capital nominal. À titre d’ordre de grandeur :

Type de fraisMontant indicatif (BZD)Observations
Réservation de nom de société25Valable 90 jours
Enregistrement société (capital ≤ 50 000)~150Droits gouvernementaux de base
Enregistrement société (capital > 50 000)Jusqu’à 1 000Plafond pour capitaux plus élevés
Enregistrement d’une LLC~200Hors honoraires d’agent
Frais d’agent enregistré (annuels)150 – 300 (minimum)Souvent intégrés dans un forfait plus large
Dépôt d’un annual return (petit capital)~250Pour capital jusqu’à 50 000 BZD
Dépôt d’un annual return (gros capital)Jusqu’à 1 000Selon le seuil de capital

Une fois la demande approuvée, le registre délivre un Certificate of Incorporation qui officialise l’existence juridique de l’entreprise.

5. Obtenir un numéro fiscal (TIN) et, le cas échéant, s’enregistrer à la GST

Tout business opérant à Belize doit demander un Tax Identification Number (TIN) auprès du Belize Tax Service. C’est indispensable pour déclarer l’impôt sur le revenu, la Business Tax et, le cas échéant, la General Sales Tax (GST).

75000

Le seuil en dollars béliziens (BZD) à partir duquel l’enregistrement à la taxe sur les biens et services (GST) devient obligatoire.

6. Enregistrer l’entreprise à la sécurité sociale

Dès qu’un employeur embauche un salarié, il doit s’enregistrer auprès du Belize Social Security Board dans les sept jours suivant la première embauche. Les cotisations sont versées chaque semaine et déclarées chaque mois, avec un partage entre employeur et employé (environ 9 % de la rémunération au total, répartis à peu près à 5–8 % pour l’employeur et 2–4 % pour l’employé selon les tranches).

7. Demander les licences et permis nécessaires

Presque toute activité commerciale implantée dans une ville ou un village doit détenir un Trade License, délivré par le Town Board ou le City Council compétent. La procédure inclut en général :

un dépôt de dossier avec description de l’activité et adresse des locaux ;

une inspection sur site par un agent municipal ;

éventuellement un entretien avec le comité de licence.

Les frais annuels de Trade License sont basés sur la valeur locative annuelle des locaux, à hauteur d’environ 25 % dans de nombreux cas. Des taux spécifiques sont fixés pour certains secteurs (par exemple 3,5 % pour les supermarchés, 5 % pour les stations‑service, jusqu’à 25 % pour les activités de jeux).

À cela peuvent s’ajouter d’autres licences sectorielles :

licence de débit de boissons alcoolisées ;

licence d’hébergement touristique ou d’Airbnb délivrée par le Belize Tourism Board ;

– permis de construction (Central Building Authority) pour les travaux importants ;

– certificats de manipulateur d’aliments délivrés par le ministère de la Santé.

L’ensemble de ces étapes explique pourquoi la Banque mondiale estime à environ 48 jours la durée moyenne pour lancer légalement une entreprise à Belize, avec neuf procédures standard.

Fiscalité des entreprises à Belize : ce qu’un expatrié doit vraiment comprendre

L’un des principaux attraits de Belize pour les expatriés entrepreneurs réside dans son régime fiscal. Mais ce système est spécifique : il combine un impôt sur le revenu des sociétés (corporate income tax) et, surtout, une Business Tax assise sur le chiffre d’affaires.

Un système territorial avec forte place de la Business Tax

En principe, Belize applique un système territorial : seuls les revenus de source bélizienne sont imposables. Pour les sociétés locales, le taux normal d’impôt sur les sociétés avoisine 25 %, avec un taux plus élevé (40 %) pour les activités pétrolières. Toutefois, dans la pratique récente, cet impôt sur les bénéfices ne frappe réellement que quelques secteurs (notamment le pétrole), tandis que la Business Tax – un impôt sur les recettes brutes – constitue la charge centrale pour la plupart des entreprises.

Les taux de Business Tax varient selon l’activité :

19

Le taux d’imposition le plus élevé de l’impôt sur les affaires au Belize peut atteindre 19 % pour des secteurs comme les télécommunications.

Cette taxe s’applique avant déduction des charges, ce qui peut peser fortement sur les marges si les coûts sont élevés. Les entreprises doivent déposer une déclaration mensuelle et payer la Business Tax au plus tard le 15 du mois suivant.

Avantages fiscaux des IBC et LLC « offshore »

Les IBC et certaines LLC qui n’ont pas d’activités à Belize et génèrent des revenus exclusivement de source étrangère peuvent bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur les sociétés, d’absence de taxe sur les dividendes, les intérêts et les plus‑values, ainsi que de l’absence de droits de timbre sur les transferts d’actions.

Dans certains cas, une IBC peut également être exonérée de Business Tax si elle démontre :

qu’elle est résidente fiscale d’un autre pays non listé comme juridiction non coopérative par l’UE ;

qu’elle n’a pas d’établissement stable à Belize ;

– et que ses revenus proviennent d’un établissement stable à l’étranger.

Bon à savoir :

Pour les structures purement internationales utilisées par des non‑résidents, la charge fiscale belizienne peut être nulle. Il est néanmoins indispensable de considérer les règles fiscales du pays de résidence du bénéficiaire, ainsi que les éventuelles exigences de substance économique.

TVA locale (GST) et autres prélèvements

La GST s’élève à 12,5 % pour la plupart des biens et services. Seules les entreprises enregistrées à la GST sont habilitées à facturer cette taxe et à déduire la GST supportée sur leurs achats. En dessous du seuil de 75 000 BZD de revenus annuels, l’enregistrement est facultatif.

Belize ne prélève pas de taxe sur les gains en capital, ni d’impôt sur la fortune, ni de droits de succession. Pour les personnes physiques, le taux d’impôt sur le revenu est de 25 %, mais un seuil d’exonération existe (les revenus inférieurs à environ 26 000 BZD par an ne sont pas imposés).

Pour les paiements transfrontaliers effectués par des sociétés résidentes (non IBC) à des non‑résidents, des retenues à la source de 15 % sur les dividendes et intérêts, et de 25 % sur certaines rémunérations de services, peuvent s’appliquer.

Ouvrir un compte bancaire professionnel à Belize

Pour une entreprise – surtout si elle est étrangère ou offshore – la question bancaire est décisive. Belize dispose d’un secteur financier structuré en deux niveaux : banques domestiques et banques internationales (offshore), supervisées par la Banque centrale de Belize et la Financial Services Commission.

Paysage bancaire et types d’institutions

On recense plusieurs banques commerciales locales (Belize Bank, Atlantic Bank, Heritage Bank, etc.), des banques internationales de classe A (Belize Bank International, Caye International Bank, Heritage International Bank) et un réseau dynamique de coopératives de crédit.

Les banques internationales de classe A doivent respecter des exigences de capital minimum (jusqu’à 25 millions USD pour certaines) et peuvent proposer des services globaux en devises étrangères, avec une forte orientation vers les clients non‑résidents.

24

C’est le ratio de liquidité minimum que les banques doivent maintenir, un niveau supérieur aux normes de nombreuses juridictions nord-américaines.

Conditions d’ouverture de compte pour les expatriés

L’ouverture d’un compte professionnel à Belize est possible sans présence physique dans certains établissements, mais le processus est rarement simple ou rapide. Les banques appliquent rigoureusement les standards KYC/AML, ainsi que les exigences FATCA et CRS.

Pour un compte d’entreprise, les pièces suivantes sont généralement requises :

Exemple :

Pour ouvrir un compte bancaire professionnel, notamment pour une société, les établissements financiers demandent généralement un ensemble de documents spécifiques. Ceux-ci incluent le certificat de constitution de la société, ses statuts et un extrait à jour du registre (contenant la liste des dirigeants et actionnaires). Il faut également fournir les documents d’identité et justificatifs de domicile de tous les bénéficiaires effectifs, administrateurs et personnes autorisées à signer. Un business plan détaillé, une description des activités, des prévisions de flux de trésorerie ainsi qu’une liste des principaux clients et fournisseurs sont exigés pour évaluer la viabilité. Des preuves de l’origine des fonds, comme des relevés bancaires, des contrats ou des preuves de ventes antérieures, sont cruciales pour le contrôle de conformité. Dans certains cas, une lettre d’attestation de l’agent enregistré local peut aussi être nécessaire.

Les montants de dépôt initial varient, mais on observe couramment des minima de 2 000 à 5 000 USD pour un compte courant professionnel standard, et beaucoup plus pour des banques privées ou des comptes à forte valeur.

L’ouverture effective prend souvent entre 2 et 12 semaines, selon le niveau de risque perçu, la qualité du dossier et l’établissement choisi. Certaines banques demandent aux dirigeants de se présenter pour un entretien, surtout pour des opérations complexes ou dans des secteurs sensibles (fintech, crypto, jeux, etc.).

Quelques ordres de grandeur de frais bancaires

Banque (exemple)Dépôt initial min. (USD)Frais mensuels (USD)Particularités
Banque internationale A~2 000~14,50Carte prépayée Visa, multi‑devises
Banque internationale B~4 000~30Comptes USD, CAD, EUR, GBP, pas de carte
Banque internationale C~3 000~25Carte MasterCard, multi‑devises, clients US

Les entrepreneurs américains doivent compter en plus des frais de conformité FATCA annuels chez certaines banques.

Travailler dans sa propre entreprise : permis de travail et résidence

Créer une société à Belize n’autorise pas automatiquement un expatrié à y travailler. Pour exercer une activité, même au sein de sa propre structure locale, il faut en principe obtenir un Permis de travail (Temporary Employment Permit) délivré par le ministère du Travail.

La demande se fait en ligne, puis les autorités examinent le dossier, ce qui peut prendre de trois semaines à trois mois. Les frais varient selon la nationalité et la nature de l’emploi ; pour certaines nationalités occidentales, on parle de l’ordre de 1 500 à 3 000 BZD par an. Le permis est nominatif, lié à un poste donné et valable en général un an, renouvelable.

Pour ceux qui envisagent de s’installer durablement, plusieurs statuts existent :

Bon à savoir :

Le Belize propose plusieurs voies pour obtenir un statut de résident. La résidence temporaire est accessible via un investissement substantiel (à partir d’environ 500 000 BZD). Après un an de résidence légale avec des absences limitées, il est possible de demander la résidence permanente. Pour les personnes de plus de 40-45 ans, le ‘Qualified Retirement Program’ (QRP) offre une exonération fiscale sur les revenus étrangers (sous condition d’un minimum d’environ 2 000 USD/mois) et des avantages douaniers pour l’importation de biens personnels.

Le QRP n’autorise pas en principe à travailler localement, mais n’interdit pas de gérer ou détenir des entreprises qui opèrent à l’étranger. Pour un entrepreneur digital à la retraite partielle, c’est un cadre intéressant, à condition de structurer correctement ses flux de revenus.

Secteurs porteurs pour les expatriés à Belize

Même si la liste détaillée des idées de business possibles à Belize est très longue, certaines thématiques se dégagent clairement de l’analyse des données économiques et des manques identifiés sur le terrain.

Tourisme, écotourisme et activités de loisirs

Le tourisme est la locomotive de l’économie bélizienne et continue de battre des records de fréquentation, avec des hausses à deux chiffres des arrivées de visiteurs certaines années. La présence de la deuxième barrière de corail du monde, de dizaines de cayes, de sites mayas, de réserves naturelles (plus de 40 % du territoire est protégé) nourrit une demande pour :

lodges écologiques ;

tours d’aventure (randonnée, kayak, spéléologie, observation d’oiseaux) ;

plongée et snorkeling ;

séjours bien‑être et retraites de yoga ;

restauration orientée produits locaux et expériences authentiques.

Les autorités encouragent les projets respectueux de l’environnement, en particulier dans la « blue economy » (tourisme côtier durable, pêche responsable, protection de la barrière de corail).

Immobilier et gestion locative

Les investissements étrangers dans l’immobilier touristique – condos, villas, petits hôtels, cabanes de plage – se sont fortement développés, soutenus par la croissance du tourisme et la possibilité pour les étrangers de détenir des terrains sans restriction.

Bon à savoir :

Dans des zones touristiques comme Placencia ou Ambergris Caye, il existe une forte demande non satisfaite pour des services professionnels de gestion locative, maintenance, conciergerie et design d’intérieur. Cette pénurie d’offre structurée représente une opportunité pour les agences capables de proposer une qualité de service de niveau international.

Agriculture et agro‑transformation

L’agriculture génère plusieurs centaines de millions de dollars par an et constitue un pilier traditionnel de Belize. Le pays exporte du sucre, des bananes, des agrumes, mais aussi des produits de niche comme le cacao fin, certains fruits tropicaux ou des produits marins.

Pour un expatrié qui dispose d’un capital suffisant et d’une expertise agronomique, des opportunités existent dans :

les fermes biologiques orientées export ;

les cultures spécialisées à valeur ajoutée (cacao premium, épices, huiles essentielles) ;

la transformation agroalimentaire (chocolat artisanal, confitures, jus, produits fermentés).

Les coûts d’installation restent cependant significatifs (terrain, irrigation, équipement, conformité sanitaire et phytosanitaire) et la logistique d’export requiert une bonne maîtrise des normes internationales.

Services externalisés, IT, fintech, BPO

Grâce à une population parlant majoritairement anglais, à des coûts salariaux modérés et à une zone horaire alignée sur l’Amérique du Nord, Belize attire de plus en plus d’activités de Business Process Outsourcing (centres d’appels, support client), de services IT, de développement logiciel ou de prestations numériques.

Astuce :

Les autorités identifient le secteur numérique comme stratégique et multiplient les initiatives de digitalisation, comme un registre des entreprises en ligne et des projets d’e‑gouvernement. Pour un entrepreneur spécialisé dans les services IT ou la gestion de talents, l’ouverture d’un centre de services ou d’une agence digitale à Belize peut combiner la proximité culturelle avec les clients nord‑américains et un coût du travail compétitif.

Énergies renouvelables et projets « verts »

L’objectif national d’atteindre une part importante d’énergies renouvelables dans le mix électrique (l’ambition annoncée est de l’ordre de 50 % dans certaines stratégies) crée un terrain favorable pour des entreprises spécialisées dans :

l’installation de panneaux solaires ;

les solutions d’efficacité énergétique pour hôtels, restaurants, résidences ;

les systèmes hybrides dans les zones rurales (solaire + générateur, mini‑réseaux autonomes).

Certaines politiques publiques prévoient des crédits d’impôt ou des exemptions de droits de douane pour l’importation d’équipements renouvelables, ce qui peut améliorer la rentabilité des projets.

Incitations, soutiens publics et services d’accompagnement

Belize ne se contente pas d’offrir un cadre fiscal attractif ; le pays a mis en place plusieurs mécanismes d’encouragement à l’investissement et à l’entrepreneuriat.

La Belize Trade and Investment Development Service (BELTRAIDE) joue un rôle central dans l’accueil et le suivi des investisseurs. Elle gère notamment des programmes comme :

Bon à savoir :

Le Cambodge propose deux dispositifs principaux pour les investisseurs étrangers. Le Fiscal Incentive Program accorde des exonérations de droits d’importation sur les machines, équipements et intrants, ainsi que des exemptions de Business Tax pour les projets qualifiés. Par ailleurs, les Export Processing Zones et Commercial Free Zones offrent aux entreprises bénéficiaires un statut avec des exonérations fiscales totales et un environnement administratif simplifié pour le commerce international.

Dans le domaine des petites et moyennes entreprises, BELTRAIDE pilote également un Small Business Development Center (SBDC Belize) qui offre des formations, de l’accompagnement et, via certains projets comme le Belize Enterprise Empowerment Project (BEEP), des subventions ciblées à des micro et petites entreprises. Des programmes de subventions, parfois à hauteur de plusieurs milliers de BZD par projet, ont permis à des dizaines de PME d’investir dans du matériel, des actions marketing, des prototypes ou des améliorations de process.

Pour un expatrié qui s’installe dans un projet local créateur d’emplois, ces programmes peuvent réduire sensiblement les coûts de démarrage, surtout dans les secteurs prioritaires (tourisme durable, agro‑transformation, énergies renouvelables, BPO).

Les réalités moins glamour : bureaucratie, risques et contraintes

L’image de carte postale de Belize ne doit pas faire oublier certains aspects plus rugueux du terrain.

L’administration reste relativement lourde, en particulier pour ce qui concerne les permis de construire, les licences commerciales ou certains aspects fiscaux. Les dossiers peuvent s’enliser, les inspections prendre du retard et les décisions être renvoyées à des réunions trimestrielles de commissions locales.

Le système judiciaire, bien que basé sur la Common Law, souffre de lenteurs importantes ; des litiges civils peuvent rester pendants des années, d’où l’importance d’une bonne rédaction contractuelle, d’assurances et de mécanismes alternatifs de résolution des conflits.

0.45

Le coût de l’électricité, facturé autour de 0.45 BZD par kWh, est élevé et pèse sur les entreprises énergivores.

La petite taille du marché local limite le potentiel de certains modèles purement domestiques. Une boulangerie, un café ou un magasin de détail peuvent prospérer dans une zone touristique, mais difficilement atteindre les volumes nécessaires pour amortir des investissements lourds sans clientèle étrangère ou diversification.

Enfin, Belize est exposé aux risques climatiques : saison des ouragans, pluies diluviennes, inondations ponctuelles. Tout projet immobilier ou touristique doit intégrer dans ses plans la résilience des bâtiments, les assurances adéquates et des stratégies d’évacuation ou de continuité d’activité.

Comment un expatrié peut structurer intelligemment son projet à Belize

Pour tirer parti des opportunités tout en limitant les risques, plusieurs grands principes se dégagent de l’expérience des investisseurs étrangers dans le pays.

Il est d’abord essentiel de distinguer clairement les flux « onshore » et « offshore ». Un entrepreneur peut, par exemple, détenir une IBC pour ses activités de consulting ou de services numériques à l’étranger, tout en possédant via une LLC bélizienne son restaurant, sa guesthouse ou sa société de tours opérés localement. Cette séparation facilite la gestion fiscale, clarifie les responsabilités et simplifie l’ouverture de comptes bancaires adaptés à chaque cas.

Astuce :

Pour réussir son implantation, il est quasiment indispensable de travailler avec des professionnels locaux expérimentés. Cela inclut un avocat spécialisé en droit des sociétés bélizien, un comptable maîtrisant la Business Tax et la GST, un agent d’incorporation reconnu, et éventuellement un cabinet de conseil en investissement. Leur expertise permet de connaître les raccourcis administratifs et les interlocuteurs pertinents, et d’éviter les pièges courants liés aux titres fonciers, aux zonages, aux servitudes ou aux contraintes environnementales.

Sur le plan des ressources humaines, recourir à des services d’Employer of Record (EOR) ou de Professional Employer Organization (PEO) peut permettre de tester le marché du travail bélizien sans créer immédiatement une entité locale, en externalisant la paie, les déclarations sociales et la conformité.

Pour les projets financés en partie depuis l’étranger, il est recommandé de comparer le coût du capital entre banques béliziennes (où les taux d’intérêt peuvent être plus élevés) et institutions de son pays d’origine, puis d’arbitrer en fonction de la flexibilité, des garanties exigées et des délais.

Quelques indicateurs clés utiles aux expatriés

IndicateurValeur approximative
Population totale~441 500 habitants
Taille de la population active~190 000 personnes
Taux de chômage (2023)~3,4 %
PIB (ordre de grandeur récent)Environ 2,6–3,1 milliards USD
Croissance du PIB (2023)~4,5 %
Part estimée du tourisme dans le PIB≈ 15 % (voire davantage selon les sources)
Contribution agriculture, pêche, forêt (2023)≈ 224 M USD, ~8 % du PIB
Taux GST12,5 %
Seuil d’enregistrement GST75 000 BZD de CA annuel
Taux Business Tax (activité générale)1,75 % du chiffre d’affaires
Taux Business Tax (services professionnels)6 %
Taux Business Tax (télécom)Jusqu’à 19 %
Impôt sur bénéfices sociétés (standard)25 % (petit rôle en pratique, hors pétrole)
Taux impôt sur le revenu des personnes25 % au‑delà du seuil
Horaire hebdomadaire légal40 heures
Nombre de jours fériés13
Taux de change BZD / USDFixe : 2 BZD = 1 USD

Conclusion : un paradis… pour les projets bien préparés

Créer son entreprise à Belize peut être extrêmement avantageux pour un expatrié, à condition d’aborder le pays avec une vision claire, des attentes réalistes et une préparation minutieuse. Le couple « IBC + LLC », la territorialité de l’impôt, la stabilité du change, la langue anglaise, la proximité de marchés comme les États‑Unis et le Canada et les multiples niches encore peu exploitées font de Belize un terrain de jeu très intéressant pour l’entrepreneur international.

Bon à savoir :

L’expatriation dans cette région implique de naviguer un environnement administratif lent, des exigences bancaires strictes, des infrastructures inégales, des risques climatiques et une réglementation en constante évolution. Pour réussir, il est essentiel d’adopter une vision à long terme, de bâtir des relations de confiance avec les acteurs locaux, de diversifier ses sources de revenus et de mettre en place une structure juridique et fiscale robuste.

Dans ce contexte, Belize n’est pas un raccourci miraculeux, mais une plateforme stratégique. Bien utilisée, elle permet de concilier qualité de vie caribéenne, optimisation des structures d’affaires et ancrage dans une région du monde en croissance. Pour l’expatrié entrepreneur, c’est moins un refuge fiscal qu’un hub où l’on peut, en connaissance de cause, construire un projet durable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français de 45 ans, expérimenté, avec un patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait diversifier ses activités en créant une société au Belize pour optimiser sa fiscalité internationale et développer une activité de holding ou de services numériques liés au tourisme et à l’outsourcing nearshore.

Budget alloué : 50000 à 100000 €, couvrant capital initial, frais de création et mise en place opérationnelle, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs juridictions offshore (Chypre, Estonie, Belize), la stratégie retenue a consisté à opter pour une IBC (International Business Company), la forme la plus courante et flexible pour les non-résidents, avec imposition nulle sur les revenus étrangers, confidentialité renforcée et accès simple aux services bancaires internationaux. La mission a inclus : choix du secteur (IT, prestations back-office pour le tourisme caribéen, holding d’actifs), vérification du nom et rédaction des statuts en anglais, ouverture de compte bancaire à l’international, enregistrement de l’IBC en quelques jours, obtention de l’Economic Substance Certificate, mise en relation avec un réseau local (avocat, comptable, agent enregistré, domiciliation ~1500–3000 €/an). Cet accompagnement permet de profiter des atouts du Belize tout en maîtrisant les risques de conformité internationale et d’intégrer cette structure dans une stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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