Trouver un logement au Cambodge : conseils et astuces pour s’installer sereinement

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Cambodge attire de plus en plus d’expatriés, de nomades digitaux et de retraités. Coût de la vie bas, population chaleureuse, patrimoine historique impressionnant, plages de carte postale : la destination a de quoi séduire. Mais le marché locatif est particulier, peu encadré légalement et très inégal selon les villes, les quartiers et le type de logement. Sans un minimum de repères, il est facile de surpayer, de signer un contrat bancal ou de se retrouver dans un quartier qui ne vous convient pas.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet pour la recherche de logement au Cambodge. Il couvre la compréhension des prix du marché, le choix de la ville et du quartier adaptés, les techniques de négociation du bail et les pièges les plus courants à éviter.

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Comprendre le cadre général : un marché attractif mais peu régulé

Le Cambodge est considéré comme l’un des pays les plus abordables pour les expatriés en Asie. Le coût de la vie hors loyer est environ 50 % plus bas qu’aux États‑Unis, et une fois le loyer inclus, la différence peut atteindre 60 à 70 %. Les loyers, en moyenne, sont plus de 75 % inférieurs à ceux pratiqués aux États‑Unis.

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Nombre d’expatriés installés au Cambodge, concentrés à Phnom Penh et Siem Reap, alimentant une forte demande locative.

Dans la pratique, cela signifie que presque tout se négocie, mais que la qualité du contrat que vous signez et la fiabilité de votre propriétaire seront déterminantes. Les conflits se règlent le plus souvent à l’amiable, la voie judiciaire étant longue et peu prévisible.

Choisir sa ville : panorama des principaux lieux de vie

Avant même de parler de bail, la première décision clé consiste à choisir sa ville. Le Cambodge propose plusieurs profils très différents, du cœur urbain effervescent aux petites villes tranquilles dans la campagne ou au bord de la mer.

Phnom Penh : capitale dynamique et centre névralgique des expats

Phnom Penh est à la fois capitale politique, économique et principal pôle d’expatriation du pays. On y trouve :

la plus grande concentration d’écoles internationales

les meilleurs hôpitaux privés

la plupart des ambassades et ONG

une offre pléthorique de restaurants, cafés, salles de sport, espaces de coworking.

Le coût de la vie y est plus élevé que dans le reste du pays, mais reste abordable en comparaison d’autres capitales régionales. Un expatrié seul peut y vivre confortablement avec un budget mensuel global autour de 900 à 1 200 dollars, tandis que les dépenses d’un ménage peuvent grimper de 1 900 à 2 600 dollars selon le niveau de confort choisi.

En termes de logement, les loyers sont clairement plus hauts que dans les villes de province, mais l’éventail d’options est très large : studios modestes à 150–300 dollars dans des quartiers locaux, condos modernes avec piscine à 700–1 500 dollars, grandes villas à plusieurs milliers de dollars pour les familles ou les ambassades.

Siem Reap : temples, culture et vie tranquille

Siem Reap attire surtout les amoureux d’histoire et de culture. C’est la porte d’entrée des temples d’Angkor, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, et un haut lieu du tourisme international. La ville est plus petite, plus calme et souvent plus conviviale que Phnom Penh.

Exemple :

Les expatriés qui s’installent à Dubaï sont souvent des professionnels qualifiés travaillant dans des secteurs comme la finance, la technologie, l’énergie ou le tourisme, attirés par des opportunités de carrière, un cadre de vie moderne et un régime fiscal avantageux. Beaucoup viennent avec leur famille, bénéficiant d’un environnement international, d’écoles de qualité et d’une sécurité élevée.

artistes, créatifs, travailleurs du secteur touristique

nomades digitaux à budget modeste

retraités attirés par le calme

enseignants ou employés d’ONG.

Le coût de la vie y est légèrement plus bas que dans la capitale : un budget de 800 à 1 500 dollars par mois permet déjà un mode de vie confortable. Côté logement, on trouve des studios à partir de 150–300 dollars et des appartements une chambre autour de 200–500 dollars, souvent avec piscine dans les résidences destinées aux étrangers.

Sihanoukville : station balnéaire en mutation

Sihanoukville a longtemps été la grande destination balnéaire du pays. Elle combine plages, nourriture bon marché et ambiance décontractée. Toutefois, le visage de la ville a fortement changé avec une vague massive de constructions, de casinos et un boom immobilier, puis un retournement partiel du marché.

Les loyers y restent plutôt accessibles (studios 200–400 dollars, budget de vie total souvent entre 800 et 1 500 dollars) mais plusieurs points doivent être pris en compte :

infrastructures de santé limitées, pour les soins sérieux il faut souvent rejoindre Phnom Penh

chantiers omniprésents dans certaines zones

pollution liée au tourisme de masse.

Astuce :

Sète demeure une destination attractive pour les personnes souhaitant vivre au bord de l’eau dans une atmosphère très animée. Cependant, en raison de son caractère et de son dynamisme, elle n’est pas considérée comme la ville la plus simple pour une installation familiale sur le long terme.

Kampot et Kep : douceur de vivre au bord de l’eau

Kampot, petite ville fluviale, et Kep, ancienne station balnéaire chic aujourd’hui très paisible, forment un duo apprécié des retraités, des freelances et de ceux qui cherchent une vie au ralenti.

On y trouve : le bonheur, la paix, l’amour, l’harmonie, la beauté.

– une atmosphère « petite ville » très détendue

– de belles maisons coloniales, certaines rénovées

– un cadre naturel superbe (montagnes de Bokor, plantations de poivre, parc national de Kep)

– d’excellents fruits de mer.

L’offre de travail salarié y est plus restreinte, et l’accès aux produits importés peut être limité, mais la vie est très bon marché : on peut louer un appartement autour de 150 dollars à Kampot, et vivre globalement avec 500 à 1 000 dollars par mois à Kampot comme à Kep.

Battambang, Kratie, Kampong Cham, Mondulkiri, Takeo : options plus confidentielles

D’autres villes, moins touristiques, attirent un public spécifique :

Villes et régions pour s’expatrier au Cambodge

Découvrez cinq destinations hors des sentiers battus pour vivre une expérience authentique au Cambodge, alliant faible coût de la vie, culture riche et communautés expatriées émergentes.

Battambang

Deuxième plus grande ville, réputée pour son architecture coloniale, sa scène artistique et son ambiance détendue. Coût de la vie parmi les plus bas (600-1200$/mois).

Kratie

Ville fluviale le long du Mékong avec une ambiance villageoise, connue pour ses couchers de soleil et l’observation des dauphins de l’Irrawaddy. Coût de la vie extrêmement faible.

Kampong Cham

Troisième plus grande ville avec une atmosphère provinciale, mélangeant architecture coloniale, pagodes et commodités modernes. Communauté expat en croissance.

Mondulkiri

Province montagneuse à l’est, idéale pour les amoureux de nature avec ses paysages verts, cascades et sanctuaires pour éléphants. Environnement isolé.

Takeo

Province historique au sud de Phnom Penh, riche en temples anciens et rizières. Plonge dans la culture khmère traditionnelle avec des loyers très bas.

Koh Rong : le rêve d’île tropicale… avec quelques contraintes

Koh Rong est une île au large de Sihanoukville, au décor paradisiaque : plages de sable blanc, eau turquoise, ambiance décontractée. Les logements vont des bungalows rudimentaires aux resorts haut de gamme. La vie quotidienne y est bon marché, avec du poisson frais en abondance, mais l’infrastructure reste limitée : soins de santé basiques, internet parfois capricieux, déplacements plus compliqués. Une option séduisante pour un projet de quelques mois, moins pour une famille avec enfants scolarisés.

Entrer dans le détail : les quartiers de Phnom Penh

Pour beaucoup d’expatriés, la question du quartier à Phnom Penh est centrale, car les ambiances et les budgets varient énormément entre quelques kilomètres de distance.

BKK1 : le « village occidental » haut de gamme

Boeung Keng Kang 1, souvent appelé BKK1, est le quartier le plus coté et le plus occidental de la capitale. On y trouve :

une forte concentration d’ambassades, ONG, sociétés internationales

d’innombrables cafés, restaurants, boulangeries artisanales, supermarchés import, salles de sport, espaces de coworking

des condos modernes, souvent avec piscine sur le toit, salle de sport, sécurité 24/24.

C’est confortable, propre, très pratique pour un premier poste au Cambodge, mais on vit clairement dans une « bulle expat », et les prix s’en ressentent. Un appartement d’une chambre en immeuble moderne peut coûter 600–800 dollars, une deux‑chambres 800–1 000 dollars, voire plus dans les résidences de standing avec services.

Riverside (Daun Penh) : cœur historique, touristique… et bruyant

Le long du Tonlé Sap, le secteur Riverside (Daun Penh) concentre :

Attention :

Le centre-ville historique concentre les grandes institutions (Palais royal, Musée national, Wat Phnom, Marché central) et l’architecture la plus ancienne. Il offre également une promenade riveraine aménagée avec espaces verts, ainsi qu’une zone touristique majeure comprenant de nombreux restaurants, bars et hôtels.

Côté logement, l’offre va de petits studios anciens à 300 dollars à des appartements rénovés haut de gamme dépassant les 2 000 dollars. Un appartement « occidental moyen » d’une chambre se loue en général 400–800 dollars, une deux‑chambres 600–800 dollars. L’ambiance est vivante, mais aussi bruyante, très touristique et parfois un peu glauque (présence d’un quartier chaud). Le secteur est également sujet aux inondations pendant la saison des pluies.

Toul Tompoung (Russian Market) : ambiance bohème et budget plus doux

Autour du marché russe (Toul Tompoung), le décor change : ruelles plus modestes, mélange de boutiques locales et de cafés tenus par des expatriés, bars alternatifs, petites galeries et restaurants de cuisines du monde. Le quartier a un côté bohème, créatif, moins lisse que BKK1, mais avec une vraie vie de quartier.

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C’est le coût mensuel en dollars d’un appartement d’une chambre avec services dans cette zone.

Tonle Bassac et Bassac River Area : nouveau hotspot branché

À proximité de BKK1, Tonle Bassac est en plein essor. De nouveaux projets résidentiels et commerciaux y voient le jour, comme The Bridge, The Peak ou Factory Phnom Penh, un hub créatif. On y retrouve :

des condos haut de gamme avec vues sur le fleuve Bassac

une scène de bars à cocktails, rooftops chics, restaurants tendance

un accès facile aux grands centres commerciaux comme AEON Mall.

Les loyers reflètent cette montée en gamme : 800–1 500 dollars pour un appartement moderne d’une chambre, et plus pour des surfaces plus grandes ou des résidences de luxe. L’ambiance est branchée, jeune, attirant créatifs, cadres et nomades digitaux.

Toul Kork, Sen Sok, Chroy Changvar : les alternatives familiales et plus vertes

Pour ceux qui veulent plus d’espace, plus de verdure et des loyers plus raisonnables, plusieurs zones en périphérie se distinguent :

Quartiers de Phnom Penh

Aperçu des principaux quartiers de la capitale cambodgienne, avec leurs caractéristiques et fourchettes de loyers.

Toul Kork

Quartier résidentiel avec villas et grandes maisons, abritant plusieurs écoles internationales et l’Université Royale. Loyers : appartements (400-1 000 $), maisons/villas (600-1 500 $).

Sen Sok

Zone nord en forte expansion, avec de nouveaux centres commerciaux et projets résidentiels. Ambiance locale et calme. Propose des loyers d’appartements parmi les plus abordables en cadre urbain.

Chroy Changvar

Péninsule entre le Mékong et le Tonlé Sap, face au centre-ville. Quartier récent et en développement, apprécié pour son calme, sa propreté et ses vues. Nombreux nouveaux condos : loyers de 300-400 $ (basique) à plus de 1 000 $ (luxe).

Ces secteurs sont plus éloignés du centre, ce qui signifie souvent davantage de temps en tuk‑tuk, mais un meilleur rapport superficie/prix, particulièrement intéressant pour les familles.

Comparaison des principaux types de logements et de coûts

Pour se faire une idée rapide des ordres de grandeur, il est utile de comparer quelques profils types de villes et de logements.

Exemple de budgets mensuels selon la ville (expat seul)

VilleLoyer typique (1 chambre)Budget de vie confortable (hors loyer inclus)
Phnom Penh300–800 $900–1 200 $
Siem Reap200–500 $500–800 $
Sihanoukville200–400 $800–1 500 $
Kampot / Kep150–400 $500–1 000 $
Battambang150–300 $600–1 200 $
Zones rurales100–300 $ (maison)400–600 $

Ces fourchettes reflètent des modes de vie « confortables » pour un expatrié, avec une marge de manœuvre pour sorties, loisirs et quelques voyages intérieurs.

Fourchettes de loyers par type de logement (Cambodge, grandes lignes)

Type de logementFourchette indicative de loyer mensuel
Studio / petit appartement local150–400 $
Appartement 1 chambre standard250–600 $
Condo moderne (1–2 chambres)400–2 000 $
Villa / grande maison en ville800–5 000 $
Maison / villa en zone rurale100–300 $
Shophouse (usage mixte ou business)300–2 000+ $

Les écarts proviennent principalement de la localisation (quartier expat vs zone locale), du niveau de standing (immeuble ancien sans ascenseur vs condo avec piscine) et des services inclus (ménage, sécurité, gym, etc.).

Trouver son logement : outils et méthodes qui fonctionnent

Une fois la ville choisie, la question suivante est : par où commencer ?

Au Cambodge, la recherche de logement repose sur un mélange de solutions « modernes » et de méthodes très informelles.

Plateformes en ligne et réseaux sociaux

Plusieurs sites spécialisés listent des centaines, voire des milliers d’annonces :

Realestate.com.kh

Zillionhome

sites d’agences locales (IPS Cambodia, Rentex, etc.)

petites annonces sur Khmer24.

À cela s’ajoutent des groupes Facebook très actifs, notamment à Phnom Penh et Siem Reap, par exemple :

« Phnom Penh Housing », « Phnom Penh Shared Housing »

« Expats and Locals Living in Phnom Penh »

« Siem Reap Expats ».

Bon à savoir :

Ces groupes permettent de trouver des annonces de colocation, des logements proposés directement par des particuliers, ainsi que des offres de sous‑location de longue durée.

Agences immobilières : un intermédiaire souvent utile

Pour un premier séjour, surtout si vous ne parlez khmer, travailler avec un agent immobilier sérieux peut faire gagner un temps précieux. Les agences expat‑friendly comme IPS Cambodia, Phnom Penh Real Estate ou d’autres acteurs reconnus connaissent bien le marché, parlent anglais et sont habituées à gérer des contrats bilingues.

Dans la pratique, la commission de l’agent est en général payée par le propriétaire (souvent l’équivalent d’un mois de loyer), pas par le locataire. Si une agence vous demande une commission directe en tant que locataire, cela mérite d’être clarifié avant de vous engager.

L’agent peut : agir au nom du client, négocier des contrats, défendre les intérêts du client, représenter le client lors des procédures légales, et assurer la communication entre le client et les tiers.

organiser des visites ciblées selon votre budget et vos critères

vérifier des éléments basiques de droit de propriété

négocier le loyer et les conditions (ajout de meubles, réparations, etc.)

obtenir un contrat en anglais, voire en version bilingue anglais/khmer.

Recherche sur le terrain et bouche‑à‑oreille

La méthode « à l’ancienne » reste très efficace : marcher ou circuler en moto dans le quartier souhaité à la recherche de panneaux « For Rent » ou « Room for Rent », discuter avec les gardiens ou les commerçants voisins. De nombreux propriétaires ne publient jamais d’annonces en ligne.

Le bouche‑à‑oreille dans la communauté expat ou parmi les collègues de travail est également un canal de qualité : on récupère des logements « déjà testés » avec un propriétaire dont on connaît au moins la réputation.

Préparer sa liste de critères : au‑delà du prix

Pour éviter de s’éparpiller, il est utile de clarifier vos priorités avant même de commencer les visites. Plutôt que de multiplier les options, déterminez ce qui est non négociable pour vous.

Par exemple :

distance maximale par rapport au travail ou à l’école

accès aux transports ou aux applications de type PassApp / Grab

– type de logement (condo moderne avec gym vs maison traditionnelle avec jardin)

– niveau de bruit acceptable

– nécessité ou non d’avoir une piscine

– politique concernant les animaux de compagnie

– budget global, en gardant à l’esprit que les charges (électricité, eau, internet) peuvent vite faire monter la facture.

Visiter un logement : ce qu’il faut vérifier en pratique

Au Cambodge, la visite ne doit pas se limiter à un coup d’œil rapide. Les problèmes de plomberie, d’électricité, de nuisibles ou d’inondations sont fréquents, surtout dans les bâtiments anciens.

Quelques points clés à tester sur place :

Attention :

Lors de la visite d’un logement, vérifiez minutieusement plusieurs éléments : la pression de l’eau à différents moments de la journée, le bon fonctionnement des équipements (climatiseurs, chauffe-eau, plaques de cuisson, prises électriques), l’état des serrures et fenêtres ainsi que la présence de moustiquaires, l’absence de traces de moisissure ou d’infiltrations au plafond et le long des murs, et enfin, l’absence de signes d’infestation (cafards, termites, rats).

Il est aussi judicieux de visiter le quartier à différents moments (matin, soir, fin de semaine) pour repérer :

bars karaoké (KTV) ou chantiers bruyants à proximité

zones susceptibles d’être inondées en saison des pluies

circulation et sécurité une fois la nuit tombée.

Lors de la visite, n’hésitez pas à tester la connexion internet sur place via un speed test, et vérifier la qualité du réseau mobile, surtout si vous travaillez en ligne.

Comprendre le contrat de location : les points à ne pas négliger

La signature du bail est un moment crucial. En théorie, rien n’oblige à formaliser la location par écrit, mais dans la pratique, un contrat écrit est indispensable pour éviter les mauvaises surprises, notamment pour :

faire valoir vos droits en cas de litige

obtenir certains documents administratifs (certificat de résidence, extension de visa)

justifier votre adresse auprès des autorités.

Langue et forme du contrat

La majorité des contrats sérieux sont proposés :

in English only

or in bilingual version English/Khmer.

L’idéal reste une version bilingue, avec une clause précisant que les deux versions sont également valables. Cependant, en cas de litige, la version en khmer a toutes les chances de prévaloir devant un tribunal.

Bon à savoir :

La signature du bail requiert généralement l’apposition de l’empreinte digitale du pouce droit et la présence d’un témoin pour chaque partie. Les bailleurs professionnels ajoutent habituellement le tampon officiel de leur société.

Clauses essentielles à vérifier

Plusieurs points doivent figurer clairement dans le contrat :

adresse complète du logement

identité complète du propriétaire et du locataire (nom, numéro de passeport, visa)

montant du loyer, date d’échéance mensuelle, mode de paiement (cash, virement)

– montant du dépôt de garantie, conditions de restitution et motifs de retenue

durée du bail et date de prise d’effet

– responsabilités en matière de réparations (qui paie quoi ?)

– liste détaillée de l’inventaire si le logement est meublé (avec état des lieux)

– règles relatives aux sous‑locations, aux invités de longue durée, aux animaux

– modalités de renouvellement et de résiliation anticipée.

Bon à savoir :

Pour les logements commerciaux (bureaux, restaurants, boutiques), le bail doit inclure des clauses spécifiques. Celles-ci portent sur l’autorisation d’exercer des activités commerciales, la réalisation de travaux d’aménagement, le respect des réglementations locales en vigueur, ainsi que la répartition détaillée des taxes et des charges entre les parties.

Durée du bail et dépôt de garantie

La pratique la plus courante :

bail de 6 ou 12 mois, renouvelable

dépôt de garantie équivalent à 1 mois de loyer pour les contrats courts (6 mois), 2 mois pour un an

– pour les contrats de plusieurs années, un dépôt pouvant monter à 5 ou 6 mois dans certains cas.

Ce dépôt est normalement restitué sans intérêts à la fin du bail, déduction faite des dégâts au‑delà de l’usure normale. Il est fréquent de verser aussi un « holding deposit » de quelques centaines de dollars pour bloquer un logement le temps de finaliser le contrat, somme ensuite imputée sur le dépôt principal.

Toujours exiger un reçu signé pour chaque versement en espèces.

Négocier son loyer : marge de manœuvre et stratégies

Au Cambodge, la négociation est non seulement possible, mais attendue. Afficher un loyer trop élevé pour ensuite accorder une remise est une pratique répandue.

Jusqu’où négocier ?

Selon la situation du marché et du quartier, il est généralement réaliste de viser une réduction de 20 à 25 % par rapport au prix affiché, surtout si :

vous signez pour 12 mois ou plus

vous acceptez de payer plusieurs mois d’avance

le bien est vide depuis quelque temps ou situé dans un immeuble très concurrentiel.

Astuce :

Dans les condos très demandés de BKK1 ou Tonle Bassac, où la marge de négociation sur le loyer peut être limitée, il est possible d’obtenir des avantages complémentaires. Vous pouvez par exemple négocier l’inclusion des frais de maintenance, l’amélioration de l’ameublement existant, ou l’ajout d’équipements comme un micro-ondes ou une machine à laver.

Négocier au‑delà du prix

Outre le montant du loyer, d’autres éléments méritent discussion :

prise en charge d’une partie des factures (eau, internet, télévision câblée)

rénovation légère (peinture fraîche, réparation de fuites, nettoyage complet avant emménagement)

remplacement ou ajout de meubles (matelas de meilleure qualité, bureau, etc.)

clause de résiliation anticipée, particulièrement utile pour les expatriés en contrat de mission.

Il est parfois plus efficace d’obtenir de la valeur additionnelle (services, améliorations) que de grappiller une petite réduction de loyer.

Charges et factures : un budget à ne pas sous‑estimer

Si le loyer attire d’abord l’attention, les charges mensuelles ont un poids significatif dans le budget global. Elles varient selon le type de logement et vos habitudes de consommation.

Coût de l’électricité : principal poste de dépense

L’électricité est souvent l’élément le plus onéreux, surtout si vous utilisez beaucoup la climatisation. Les tarifs :

tarif officiel EDC (compagnie nationale) : environ 0,15 à 0,18 dollar par kWh selon les paliers

– dans de nombreux condos, le propriétaire refacture autour de 0,25 à 0,30 dollar par kWh.

Quelques repères selon l’usage :

Profil d’usage de l’électricitéFacture mensuelle typique
Usage basique, sans climatisation30–50 $
Climatisation ponctuelle50–100 $
Climatisation fréquente, nombreux appareils100–150+ $

Pour un appartement d’une chambre en ville, une grosse utilisation de clim peut facilement faire grimper la note à 75–150 dollars par mois.

Eau, internet et autres services

L’eau du réseau public reste peu chère : souvent 5–10 dollars par mois pour un appartement, parfois incluse dans le loyer. Dans les maisons individuelles, la facture peut monter à 15 dollars selon la consommation.

95

Pourcentage des ménages français ayant accès à internet à leur domicile.

connexion de base haut débit : 15–25 dollars par mois

offres plus rapides : 30–40 dollars

connexions très haut débit : 40–50 dollars.

Beaucoup d’immeubles incluent un wifi basique dans le loyer, mais la qualité peut varier. Les principaux fournisseurs sont Cellcard, Metfone, EZECOM, MekongNet, Online, Digi. La data mobile coûte très peu cher (environ 1 dollar le Go, ou 6–10 dollars pour des forfaits data généreux).

Les autres frais, souvent modestes mais à intégrer, sont :

collecte des ordures : 1–5 dollars par mois, parfois inclus

– télévision câblée : 5–15 dollars si non incluse

service de ménage hebdomadaire : 30–40 dollars par mois

– parking voiture : 10–50 dollars dans les immeubles

– recharge de bouteille de gaz pour la cuisine : environ 20 dollars

– bonbonne d’eau potable de 20 litres : 2 dollars.

Droits et obligations de chacun : savoir où l’on met les pieds

Même si le cadre légal est moins protecteur que dans beaucoup de pays occidentaux, certaines règles existent et méritent d’être connues.

Droits du locataire

En général, vous pouvez exiger :

un logement habitable, avec eau propre, électricité fonctionnelle et sans dangers manifestes

– le respect de votre intimité : le propriétaire ne peut pas entrer chez vous sans vous prévenir, sauf urgence

la restitution de votre dépôt dans un délai raisonnable à la fin du bail, déductions justifiées à l’appui

– l’absence de discrimination fondée sur la race, le genre ou le statut social.

Bon à savoir :

En cas de litige sérieux, comme une tentative d’expulsion abusive ou la rétention injustifiée du dépôt de garantie, il est possible de recourir à la médiation des autorités locales (Sangkat). L’option de saisir les tribunaux existe également, bien qu’elle soit rarement utilisée par les expatriés.

Obligations du locataire

De votre côté, vous êtes tenu de :

payer le loyer et les charges dans les délais convenus

– utiliser le logement de manière raisonnable, sans causer de dégradations volontaires

– respecter les règles de l’immeuble ou du quartier (bruit, stationnement, animaux, etc.)

demander l’autorisation écrite pour des modifications importantes (peinture, perçage, installation d’équipements).

Attention :

Les petites réparations ou dégâts causés par l’occupant, comme des casses ou des trous non autorisés, peuvent entraîner une retenue sur le dépôt de garantie à la fin du bail.

Comment gérer un conflit ?

Le plus souvent, un désaccord se résout par une discussion calme avec le propriétaire ou le gestionnaire. En cas de problème récurrent (fuites, clim en panne, voisin bruyant), il peut être utile de :

documenter par photos et messages les demandes de réparation

proposer une solution pratique (réparer vous‑même et déduire du loyer avec accord préalable, par exemple)

recourir à un médiateur informel (agent immobilier, voisin respecté, chef de quartier).

La menace d’une procédure judiciaire a en général peu d’effet dissuasif, mais la perspective de perdre un locataire fiable dans un marché concurrentiel peut inciter certains propriétaires à coopérer.

Gestion des démarches administratives : visa, enregistrement, santé

Même si ce n’est pas directement lié à la location, certains éléments administratifs conditionnent votre installation.

Visa et enregistrement FPCS

Pour un séjour long, la plupart des expatriés optent pour un visa de type E (Ordinary Visa), obtenu à l’arrivée pour 30 jours, puis extensible de 1, 3, 6 ou 12 mois. Une extension de 12 mois coûte dans les 280–300 dollars, à laquelle peut s’ajouter un permis de travail pour certains types de visas (170–200 dollars par an).

Attention :

Depuis 2020, les propriétaires sont tenus de déclarer la présence de locataires étrangers via l’application FPCS (Foreigners Present in Cambodia System). Cet enregistrement peut être exigé lors des renouvellements de visa. Il est essentiel de vérifier que votre propriétaire connaît et respecte cette obligation.

Assurance santé et accès aux soins

Les soins dans les hôpitaux privés de qualité peuvent être coûteux. Il est donc fortement recommandé de souscrire une assurance santé internationale avant de s’installer. Des courtiers spécialisés comme Pacific Prime proposent des contrats adaptés aux expatriés, avec des primes mensuelles allant, selon les couvertures, d’environ 50 à 200 dollars.

Les grandes villes comme Phnom Penh et Siem Reap disposent de cliniques fiables pour la plupart des soins courants. En revanche, dans les provinces plus reculées (Mondulkiri, Kratie, etc.), l’accès à des soins de qualité nécessite souvent un déplacement vers la capitale.

Sécurité au quotidien : logement, déplacements, prudence élémentaire

Le Cambodge n’est pas un pays particulièrement violent, mais les agressions contre les étrangers existent, tout comme les vols opportunistes. Quelques précautions simples s’imposent :

Attention :

Dans les zones très urbaines et touristiques, il est recommandé de privilégier les immeubles avec sécurité 24h/24 et caméras, d’éviter de rentrer seul à pied tard la nuit dans les quartiers isolés, d’utiliser les applications de transport (Grab, PassApp) plutôt que de héler un tuk-tuk au hasard, et de ne pas exposer téléphone et sac près de la circulation pour prévenir les vols à l’arraché fréquents.

Dans les quartiers populaires de Phnom Penh (Riverside, certaines rues de Bassac), une vigilance accrue est recommandée en soirée.

Meublé ou non meublé : quel type de location choisir ?

La grande majorité des appartements destinés aux étrangers au Cambodge sont proposés meublés, voire semi‑meublés. On trouve toutefois des logements vides ou très peu équipés, notamment dans les maisons traditionnelles.

Un logement meublé inclut en général :

lit, canapé, table, chaises

réfrigérateur, plaques de cuisson, parfois four ou micro‑ondes

climatisation dans au moins une pièce, souvent dans la chambre

machine à laver, plus courante dans les condos modernes.

Bon à savoir :

Pour le locataire, un logement meublé permet d’éviter un investissement initial en mobilier et d’emménager rapidement, en quelques jours. Cependant, le loyer est généralement un peu plus élevé que pour un équivalent non meublé, bien que cette différence de coût reste plus faible qu’en Europe ou aux États‑Unis.

Si vous prévoyez de rester de très nombreuses années, opter pour un logement peu meublé, à loyer plus bas, puis acheter progressivement vos meubles peut devenir intéressant. Mais pour la plupart des expatriés en mission de un à trois ans, la location meublée reste de loin la solution la plus simple.

Check‑list pratique avant de signer

Avant de vous engager, quelques vérifications finales s’imposent :

Astuce :

Avant de signer un bail, il est crucial de confirmer l’identité du propriétaire en demandant le titre de propriété ou le contrat d’achat. Si possible, échangez avec un précédent locataire pour un retour d’expérience. Inspectez minutieusement les installations techniques (eau, électricité, climatisation, serrures). Clarifiez par écrit la répartition des charges (électricité, eau, wifi, maintenance, parking). Assurez-vous que le contrat précise clairement les conditions de résiliation et les délais de préavis. Enfin, prenez des photos détaillées de chaque pièce, incluant les éventuels défauts, avant l’emménagement et partagez-les avec le propriétaire pour constituer un état des lieux incontestable.

Une fois toutes ces étapes franchies, le Cambodge peut offrir un niveau de confort étonnant pour un budget raisonnable : appartement moderne avec piscine, repas au restaurant pour quelques dollars, transports bon marché, et surtout une population globalement accueillante qui facilite l’intégration au quotidien.

Se donner le temps de comprendre le marché, d’explorer plusieurs quartiers et de négocier son contrat permet de profiter de ces avantages sans tomber dans les pièges les plus courants. Avec un minimum de préparation, trouver un logement au Cambodge devient moins un parcours du combattant qu’une étape excitante d’une nouvelle aventure de vie.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale au Cambodge afin d’optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements en Asie du Sud-Est et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs juridictions attractives (Portugal, Thaïlande, Île Maurice, Géorgie), la stratégie retenue consiste à cibler le Cambodge pour son cadre fiscal favorable aux non-résidents, son coût de vie très bas (Phnom Penh pouvant être ~50 % moins cher que Paris), son accès facilité à l’ASEAN et ses perspectives immobilières. La mission comprend : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, conventions fiscales, risques de double imposition), obtention du visa et du statut de résident, organisation de la rupture des liens fiscaux français (durée de séjour, centre des intérêts économiques), transfert bancaire, mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, comptable francophone) et restructuration patrimoniale internationale si nécessaire.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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