S’installer au Fidji avec son animal de compagnie : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Quitter son pays pour démarrer une nouvelle vie au Fidji est déjà une aventure. Y ajouter un chien ou un chat transforme l’expérience en véritable projet logistique. Le pays est officiellement indemne de rage et protège jalousement ce statut. Résultat : l’expatriation avec un animal de compagnie y est possible, mais encadrée par un parcours administratif et vétérinaire long, précis et coûteux. Ce n’est clairement pas un dispositif pensé pour des vacances, mais pour des installations durables.

Bon à savoir :

Cet article détaille les démarches administratives, les exigences sanitaires, les conditions de transport aérien, les règles de quarantaine, les coûts associés et la vie quotidienne avec un animal aux Fidji. Les informations s’appuient sur les données officielles de la Biosecurity Authority of Fiji (BAF), ainsi que sur les pratiques des compagnies aériennes et des vétérinaires locaux.

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Comprendre le cadre : un pays sans rage et ultra‑protecteur

Le point de départ, c’est le statut sanitaire du pays. Les autorités fidjiennes rappellent que le territoire est indemne de rage, et également exempt de fièvre aphteuse. Toute la réglementation d’importation d’animaux repose sur la volonté de conserver cette situation. La Biosecurity Authority of Fiji (BAF), basée à Suva, est l’organisme public qui établit, met à jour et fait appliquer ces règles, sous le Biosecurity Act 2008.

Cela implique plusieurs conséquences directes pour un expatrié avec un animal.

Attention :

Seuls les chiens et les chats bénéficient d’un cadre clair pour l’importation. Les autres animaux (oiseaux, reptiles, rongeurs, lapins, etc.) peuvent parfois être importés via des procédures spécifiques et au cas par cas. Le non-respect des règles, régulièrement révisées, peut entraîner un refus d’entrée, un renvoi de l’animal ou son euthanasie, toujours aux frais du propriétaire.

La BAF insiste aussi sur un point crucial : ce qui fait foi, ce sont les conditions inscrites sur le permis d’importation individuel délivré pour chaque animal. Fiches en ligne, forums, informations de transporteurs ne sont que des compléments ; le permis, lui, fixe les exigences finales.

Quels animaux sont acceptés… et lesquels sont interdits ?

Le cadre général ne concerne donc que les chiens et les chats domestiques. Même pour eux, tout n’est pas autorisé.

Du côté des chiens, certains types sont strictement bannis, qu’il s’agisse d’animaux de compagnie, de chiens de travail ou même de chiens d’assistance :

CatégorieRaces de chiens interdites à l’import au Fidji
Chiens de type molossoïde ou de combatDogo Argentino, Fila Brasileiro, Japanese Tosa, Pit Bull Terriers (y compris American Pit Bull Terriers)
CroisementsTout croisement comportant une de ces races

Pour les chats, le problème se situe essentiellement du côté des hybrides issus de félins sauvages. Sont notamment interdits :

CatégorieChats interdits à l’import au Fidji
Félins sauvagesServal cats (Leptailurus/Felis serval)
Hybrides de servalSavannah cats jusqu’à la 5ᵉ génération (F1 à F5) et tout chat ayant un serval dans sa lignée récente

Dans certains cas, une analyse ADN peut être envisagée pour démontrer l’absence de gènes de serval, mais la voie n’est pas standardisée. Les chiens-loups et certains Bengals proches du léopard d’Asie sont également considérés comme hors cadre si la distance génétique avec l’ancêtre sauvage est insuffisante.

Astuce :

Pour les chiots et chatons, l’âge minimum requis est de 16 semaines et ils doivent être vaccinés. Concernant les femelles, la gestation est réglementée : les textes imposent un seuil maximal, généralement compris entre 21 et 30 jours de gestation. L’objectif est de prévenir les risques associés à une mise bas pendant le transport ou la période de quarantaine.

Pays d’origine : le filtre décisif avant même de parler vaccins

La première question que se pose la BAF n’est pas « l’animal est‑il vacciné ? », mais « d’où vient‑il ? ». Le pays (ou territoire) d’origine doit figurer sur une liste approuvée, classée en deux groupes selon le risque rage.

Les pays du Groupe A sont considérés comme indemnes de rage. On y trouve notamment l’Australie, la Nouvelle‑Zélande, la Nouvelle‑Calédonie, la Polynésie française, Vanuatu, Tonga, les Samoa, Tuvalu ou encore les îles Cook.

Exemple :

Les pays évalués comme présentant un risque faible ou contrôlé (Groupe B) incluent la majorité des pays européens, le Canada, les États‑Unis (y compris Hawaii et Guam), le Royaume‑Uni, le Japon, Singapour, la Corée du Sud, la plupart des pays du Golfe, ainsi que plusieurs États d’Amérique latine et des Caraïbes.

Deux règles structurent la stratégie d’expatriation :

1. L’animal doit avoir vécu au moins six mois sans interruption dans un pays du Groupe A ou B avant l’export vers le Fidji. 2. S’il vient d’un pays non listé, la seule solution consiste à le faire résider d’abord six mois dans un pays approuvé, puis à lancer la procédure vers le Fidji. Il est théoriquement possible de demander à la BAF l’ajout d’un pays sur la liste, mais la procédure est longue et aléatoire.

Ces exigences de résidence expliquent pourquoi certains expatriés choisissent un pays « relais » avant leur installation au Fidji. Elles signifient aussi qu’un séjour prolongé dans un pays à risque plus élevé peut faire repartir certains délais à zéro.

Microchip, vaccins, analyses : bâtir le « passeport » sanitaire de l’animal

Une fois la question du pays réglée, commence la partie la plus technique : la préparation sanitaire. Toutes les étapes doivent être réalisées dans le pays d’origine et sous la supervision de vétérinaires accrédités par l’autorité vétérinaire locale (USDA aux États‑Unis, services vétérinaires officiels en Europe, etc.).

Le microchip : première pierre obligatoire

Le Fidji exige que tous les chiens et chats importés soient identifiés par une puce électronique ISO 11784/11785, 15 chiffres, non chiffrée. Cette implantation doit impérativement avoir lieu avant toute vaccination utilisée dans le dossier import.

Le numéro de puce devient la colonne vertébrale du dossier : il figure sur les certificats de vaccination, les résultats de laboratoire, le certificat de santé et les formulaires officiels. En pratique, mieux vaut vérifier, plusieurs fois, que le numéro scanné par le vétérinaire est bien celui inscrit sur les documents ; une erreur de transcription peut faire échouer l’importation.

Vaccins obligatoires : rage et maladies courantes

Pour un animal venant d’un pays du Groupe B (États‑Unis, Europe, etc.), la vaccination antirabique est incontournable. Elle doit être administrée au moins 30 jours avant le voyage, et rester valable jusqu’à la fin de la quarantaine au Fidji.

À cette base s’ajoutent les vaccins « standards » :

Vaccins de base recommandés

Les vaccins essentiels pour protéger la santé de vos animaux de compagnie contre des maladies graves et contagieuses.

Pour les chiens

Vaccin combiné de type DHPP ou DA2PP. Il protège contre la maladie de Carré, l’hépatite infectieuse (adénovirus), la parvovirose et la parainfluenza.

Pour les chats

Vaccin polyvalent de type FVRCP. Il protège contre la rhinotrachéite virale féline (herpès), le calicivirus et la panleucopénie.

Ces vaccins complémentaires doivent être administrés au moins 30 jours et au plus 12 mois avant le départ. Ils sont mentionnés en détail sur les certificats vétérinaires à produire à l’entrée.

Le test de sérologie rabique : la clé de la durée de quarantaine

La simple vaccination antirabique ne suffit pas. Le Fidji impose un test de titrage des anticorps antirabiques (RNATT ou FAVN). Ce test mesure la capacité du système immunitaire de l’animal à neutraliser le virus après vaccination.

Les règles cumulées sont contraignantes :

– le prélèvement doit être fait au moins 4 semaines après la vaccination antirabique ;

– il doit intervenir entre 180 et 365 jours avant le voyage, dans la version la plus stricte ;

– le résultat doit être ≥ 0,5 IU/ml ;

– l’analyse doit être réalisée dans un laboratoire agréé par les autorités (par exemple Kansas State University ou Auburn University pour les États‑Unis).

La date de ce prélèvement conditionne ensuite la durée de la quarantaine au Fidji. Plus l’intervalle entre le prélèvement et l’arrivée est long, plus la quarantaine est courte. À l’inverse, un titrage réalisé tardivement peut imposer jusqu’à 115 jours en station de quarantaine.

180

Nombre de jours estimés entre le prélèvement et la sortie de quarantaine selon le principe retenu par la BAF.

Analyses complémentaires pour les chiens

Les chiens venant de pays du Groupe B doivent également passer une série d’analyses ciblant des maladies jugées à risque pour l’archipel :

Ehrlichia canis : test par immunofluorescence indirecte dans les 45 jours précédant le voyage, suivi d’un traitement acaricide longue durée dans les 24 heures suivant le prélèvement.

Leptospirose : test de microagglutination dans les 30 jours précédant le voyage. En cas de résultat ambigu (par exemple lié à une vaccination), un deuxième prélèvement 14 jours plus tard est requis, avec un intervalle maximal de 16 jours avant le départ.

Brucella canis : analyse sérologique dans les 30 jours précédant l’export.

Les chats sont, de leur côté, très focalisés sur les risques de parasites internes, en particulier les ténias.

Parasitologie : ténias, vers et parasites externes

Les exigences sur les parasites internes sont parmi les plus strictes du dispositif. Fidji demande, en résumé, deux choses : prouver l’absence de certains parasites via des tests de laboratoire, puis traiter malgré tout en préventif.

Pour les chiens, il s’agit du ténia Echinococcus granulosus. Deux coproscopies ou tests sont nécessaires, espacés d’au moins six semaines, la première dans les 49 jours précédant le départ, la deuxième dans les 4 jours. Chaque test doit être accompagné d’un traitement adapté (souvent à base de praziquantel).

Bon à savoir :

Pour voyager, un chat doit subir deux tests de dépistage du ténia Echinococcus multilocularis. Le premier doit être effectué dans les 35 jours précédant le départ, et le second dans les 4 jours qui le précèdent, avec un intervalle obligatoire de quatre semaines entre les deux tests.

À cela s’ajoutent :

un traitement vermifuge large spectre contre les parasites intestinaux (vers ronds, ankylostomes…) dans les 4 jours précédant le départ ;

un traitement externe (bain, spray, pour‑on ou spot‑on) contre puces, tiques et poux dans les 4 jours précédant le voyage.

Si une tique est découverte à l’arrivée, l’animal peut être isolé et traité en quarantaine prolongée, avec surcoûts à la clé.

Visite vétérinaire finale et certificat de santé

Dans les 48 heures précédant l’embarquement, l’animal doit passer un examen clinique complet par un vétérinaire accrédité. Celui‑ci certifie que le chien ou le chat :

ne présente aucun signe de maladie contagieuse ou parasitaire ;

est apte à supporter un transport en soute pressurisée ;

a bien reçu toutes les vaccinations et traitements requis.

Cette visite débouche sur un certificat de santé international, souvent accompagné de deux volets spécifiques appelés « Veterinary Certificate A » et « Veterinary Certificate B » dans le cas des exportations depuis les États‑Unis, ou d’un certificat d’export spécifique dans le cas du Royaume‑Uni ou de l’Union européenne.

Chaque page des certificats, rapports d’analyses et carnets de vaccination doit être tamponnée et signée par un vétérinaire officiel (USDA, service vétérinaire d’État, etc.). Toute rature doit être corrigée proprement, sans effaceur, et contresignée.

Obtenir le permis d’importation fidjien : le pivot administratif

Sur le plan administratif, le document central est le permis d’importation délivré par la BAF. Sans lui, aucun chien ni chat ne peut entrer légalement.

L’obtention se fait en plusieurs temps.

Le propriétaire ou son mandataire remplit un formulaire détaillé (disponible sur le site de la BAF ou sur demande par mail) décrivant l’animal, son pays de résidence, la date envisagée d’arrivée, la race, le numéro de microchip et les coordonnées de l’importateur. Le dossier est soumis par courrier électronique ou par fax, accompagné du paiement des frais d’instruction, qui avoisinent 280 à 300 FJ$ selon les barèmes cités dans les documents.

La BAF annonce des délais de traitement courants de 3 à 5 jours ouvrables, parfois un peu plus selon la complexité du cas. Le permis délivré est valable six mois. L’animal doit impérativement arriver pendant cette période de validité. L’original du permis doit accompagner physiquement le chien ou le chat et sera exigé à la descente d’avion.

Dans le cas particulier d’animaux venant de Nouvelle‑Zélande ou de certains États australiens, c’est la Direction de la santé animale à Suva qui émet les permis pour les arrivées par avion, mais les conditions restent globalement similaires.

Transport aérien : voyager en soute cargo, pas en cabine

Le Fidji impose l’arrivée des animaux de compagnie par avion et comme fret (air cargo). Pas question de débarquer son chien en yacht pour le promener sur la plage : les animaux arrivant par bateau doivent rester à bord pendant toute la durée du séjour des navires dans les eaux fidjiennes, sauf s’ils repartent en avion sous contrôle des autorités.

Le cas de Fiji Airways

La compagnie nationale, Fiji Airways, illustre bien les contraintes du voyage. Son règlement précise que :

– les animaux ne sont pas acceptés en cabine, sauf les chiens d’assistance dûment formés ;

– les animaux de compagnie, oiseaux, bétail ou espèces zoologiques ne peuvent voyager qu’en cargo ;

– aucune acceptation n’est possible sur certains types d’appareils (DHC‑6, ATR42) ;

– un agent de fret agréé IATA doit obligatoirement se charger de la réservation cargo.

Les chiens et chats doivent respecter des limites de poids et de dimensions en soute :

ParamètreLimite chez Fiji Airways (transport cargo standard)
Poids total animal + caisse30 kg (environ 66 lb)
Somme des dimensions caisse (L+ℓ+h)158 cm (environ 62″)
Âge minimum6 mois
Poids minimum de l’animal3 kg (environ 6 lb)

Les caisses doivent être conformes aux normes de l’Association internationale du transport aérien (IATA) : matériau rigide (plastique dur, métal, bois solide…), sol étanche, système de verrouillage sécurisé, absence de roulettes, assemblage par vis et écrous, bonne ventilation. Les animaux brachycéphales (nez écrasé) doivent voyager dans une caisse une taille au‑dessus de celle normalement requise.

Contraintes de température et de santé

Comme la plupart des compagnies, Fiji Airways applique des restrictions liées aux températures sur les escales : pas d’acceptation de fret animal lorsque les prévisions dépassent 29,4 °C ou descendent sous 7,2 °C dans un aéroport de la chaîne. Ces seuils peuvent être durcis pour les races brachycéphales en période chaude.

Attention :

La compagnie aérienne exige un certificat de bonne santé récent (délivré dans les 10 jours précédant le vol) et une preuve de vaccination antirabique, en plus des documents requis par le pays de destination.

La sédation des animaux est fortement déconseillée ; un animal manifestement drogé peut se voir refuser l’embarquement. Il est recommandé de l’habituer à sa caisse sur plusieurs semaines avant le départ.

Service dogs : règle à part, mais pas de passe‑droit sanitaire

Les chiens d’assistance reconnus (guides d’aveugles, chiens d’assistance médicale ou psychiatrique, etc.) peuvent voyager en cabine gratuitement, à condition d’être formés par une organisation spécialisée et d’être identifiés comme tels (harnais, marqueurs visibles). Ils doivent rester au pied de leur maître sans gêner le personnel ni les autres passagers et ne peuvent pas occuper une issue de secours.

Bon à savoir :

Un chien d’assistance est soumis aux mêmes exigences d’importation qu’un chien ordinaire (puce, vaccins, titrage, tests, permis, etc.). Une exemption de quarantaine peut être accordée au cas par cas par la BAF, sur présentation de justificatifs solides comme des certificats médicaux ou des attestations de formation par une organisation reconnue.

Les animaux de soutien émotionnel, eux, ne bénéficient pas de cet assouplissement et sont juridiquement considérés comme des animaux de compagnie standard.

À l’arrivée : inspection et transfert en quarantaine

Les chiens et chats entrants doivent atterrir à l’aéroport de Nausori ou, dans certains cas, à Nadi. Dès la descente de l’avion, ils sont sous l’autorité des inspecteurs de la BAF. La caisse doit arriver scellée par un sceau officiel posé au départ ; toute rupture de scellé non justifiée peut entraîner des mesures radicales.

Les agents vérifient :

Vérifications Sanitaires à l’Importation

Points de contrôle essentiels pour l’importation d’un animal, garantissant la conformité réglementaire et la santé de l’animal.

Concordance des Documents

Vérifier la concordance entre l’animal et ses documents (race, sexe, âge).

Identification

Contrôler la présence et la lisibilité du numéro de puce électronique (microchip).

Permis d’Importation

S’assurer de la présence et de la validité du permis d’importation requis.

Complétude du Dossier Médical

Vérifier la complétude des certificats de santé, résultats d’analyses et carnets de vaccination.

Examen Clinique

Confirmer l’absence visible de maladie contagieuse ou de parasites externes sur l’animal.

En cas d’irrégularité, la BAF a la main : quarantaine prolongée avec tests supplémentaires, renvoi immédiat vers le pays d’origine ou euthanasie. Là encore, tous les coûts sont à la charge de l’importateur.

Si tout est en ordre, l’animal est transféré immédiatement vers la Post Entry Quarantine Station (PEQ) de Koronivia, à proximité de Nausori, où il passera la durée réglementaire de quarantaine.

Quarantaine à Koronivia : durée, conditions et coûts

La quarantaine post‑entrée est obligatoire pour tous les chiens et chats, même pour ceux venant de pays sans rage. La durée dépend du groupe du pays d’origine et du calendrier du test de titrage.

Pour les animaux venant d’un pays du Groupe A (Australie, Nouvelle‑Zélande, etc.), la durée standard est de 7 jours. Pour ceux provenant du Groupe B, la période minimale est de 30 jours, à condition que le prélèvement de sang pour le titrage ait eu lieu suffisamment tôt.

Les durées communiquées peuvent se résumer ainsi :

Délai entre prélèvement RNATT et arrivéeDurée minimale de quarantaine au Fidji (Groupe B)
≥ 180 jours (ou ≥ 150 jours selon les textes)30 jours
~135 jours avant l’arrivée45 à 60 jours (selon la version appliquée)
~120 jours avant l’arrivée60 à 90 jours
65 à 90 jours avant l’arrivée90 à 115 jours

Dans la pratique, les autorités visent un total d’environ 180 jours entre la date du prélèvement RNATT et la sortie de quarantaine. Plus le seuil de 180 jours est atteint avant l’arrivée, plus la période sur place peut être réduite.

Réserver une place en quarantaine

Les capacités de la station de Koronivia ne sont pas illimitées. Il est donc recommandé de réserver une place 6 à 8 semaines avant l’arrivée en contactant la BAF par téléphone ou par courriel. La réservation n’est finalisée qu’après paiement des frais correspondants.

Astuce :

Les animaux sont logés dans des boxes individuels et reçoivent une alimentation sèche de qualité deux fois par jour. Des régimes spécifiques (vétérinaires ou hypoallergéniques) peuvent être proposés sous réserve de disponibilité locale et de validation par un vétérinaire. Pour des raisons de biosécurité, les objets personnels (jouets, couvertures) accompagnant l’animal sont généralement détruits à l’arrivée ; la literie est fournie par la station.

Les propriétaires peuvent rendre visite à leurs animaux pendant les heures d’ouverture. Les soins vétérinaires au sein de la station sont assurés par les vétérinaires de la BAF ou par des praticiens extérieurs appelés en renfort, avec facturation à l’importateur.

Coûts et prolongations possibles

Les documents disponibles indiquent que les seuls coûts liés au respect des exigences fidjiennes (hors billet d’avion, hors honoraires vétérinaires dans le pays d’origine) atteignent facilement 2 000 USD. À cela s’ajoutent les frais de quarantaine, qui peuvent grimper rapidement si la durée dépasse un mois, et les éventuelles facturations de soins supplémentaires, visites vétérinaires d’urgence, réouverture de dossier en cas de documentation incomplète, etc.

Attention :

Un parasite externe détecté en quarantaine peut rallonger le séjour de plusieurs semaines. De plus, une simple erreur de date sur un certificat sanitaire peut invalider le calendrier et entraîner une période d’observation prolongée avec des tests supplémentaires exigés par la station.

À la fin de la période minimale, l’animal est libéré, à condition que tous les frais aient été réglés. Il doit être récupéré sur place par l’importateur ou un mandataire muni d’une procuration écrite et d’une pièce d’identité.

Surveillance post‑quarantaine

Pour les animaux qui ne proviennent ni d’Australie ni de Nouvelle‑Zélande, la sortie de quarantaine n’est pas la fin totale du suivi. Une période de surveillance épidémiologique est mise en place : visites ou inspections à intervalles de 10 jours pendant cinq mois, puis contrôles à neuf et douze mois après l’entrée dans le pays. L’animal est toutefois libre de circuler sur le territoire ; il ne s’agit pas d’une quarantaine à domicile, mais d’un monitoring sanitaire.

Vie quotidienne au Fidji avec un animal : santé, climat, hébergement

Une fois ces étapes franchies, commence la vraie vie d’expatrié avec son chien ou son chat. Là encore, quelques spécificités fidjiennes méritent d’être intégrées dans la réflexion.

Accès aux soins vétérinaires et structures locales

Les principaux centres urbains – Suva, Nadi, Lautoka, Labasa, Savusavu – disposent de vétérinaires, mais leur nombre reste limité à l’échelle du pays. Plusieurs organisations complètent cette offre :

SPCA Fiji à Suva, qui gère une clinique et un refuge, mène des campagnes de stérilisation et de soins subventionnés et organise des missions dans les villages ;

Animals Fiji, présente à Nadi, Savusavu, Lautoka et Labasa, avec des cliniques, des campagnes d’outreach et des services de stérilisation ;

– des cliniques privées comme Vet Essentials à Lami ou PASH, première structure privée dédiée à la fois à la protection animale et aux soins.

Bon à savoir :

La population de chiens et chats errants est importante, en particulier dans les zones rurales. La stérilisation des animaux de compagnie est fortement conseillée pour éviter d’aggraver cette situation.

En pratique, pour un expatrié, cela signifie qu’un suivi vétérinaire courant (vaccins, traitements antiparasitaires, petite chirurgie) est possible dans les grandes villes, mais qu’un animal souffrant de pathologies lourdes ou nécessitant des soins de pointe reste vulnérable. Certains cas complexes nécessitent des échanges avec des spécialistes en Nouvelle‑Zélande ou ailleurs.

Climat tropical, parasites et risques environnementaux

Le climat tropical humide du Fidji favorise la prolifération des parasites : puces, tiques, vers. Les autorités comme les ONG animalières insistent sur l’importance d’un traitement antiparasitaire régulier, même après la longue série de traitements pré‑import. Des infestations répétées sont fréquentes, de même que les maladies transmises par les tiques.

Attention :

L’hydratation et la protection contre la chaleur sont cruciales, surtout pour les chiens brachycéphales ou à pelage épais. Une vigilance particulière est requête lors des épisodes de chaleur extrême et pendant la saison des cyclones, où un plan d’évacuation ou de mise en sécurité des animaux doit être prévu.

Les produits antiparasitaires et la nourriture pour animaux sont disponibles, mais parfois chers et moins variés que dans les pays occidentaux. Certains aliments courants, comme des croquettes contenant de l’ail, sont inadaptés aux chiens et chats. Il est possible d’importer de la nourriture, à condition de respecter les règles de biosécurité sur les produits d’origine animale.

Coexistence avec la faune locale et les animaux errants

Les chiens et chats errants sont nombreux, en particulier en dehors des villes. Leur état sanitaire est très variable, et les cas de maltraitance, d’empoisonnement ou d’animaux blessés non pris en charge sont régulièrement signalés par les associations. Pour les propriétaires d’animaux domestiques, cela implique de fortes précautions : éviter de laisser un chien divaguer, privilégier les déplacements en voiture plutôt qu’à pied pour se rendre à la plage, surveiller les interactions au parc ou en randonnée.

Bon à savoir :

Les chats domestiques sont utiles pour chasser les rats et les geckos. Cependant, sans stérilisation, ils peuvent rapidement attirer d’autres chats errants.

Logement et hébergements pet‑friendly

Malgré les contraintes d’import, les animaux domestiques sont loin d’être inexistants au Fidji. De nombreux logements à louer – maisons, appartements, bungalows – acceptent les chiens et/ou les chats, et une partie de l’offre hôtelière et de resorts se déclare « pet‑friendly ».

On trouve ainsi des locations de vacances, villas, homestays et même quelques hôtels qui acceptent les animaux de compagnie. Certaines plateformes recensent plusieurs dizaines d’hébergements classés comme « pet friendly ». Côté location longue durée, beaucoup dépendra du propriétaire : il n’est pas rare de négocier au cas par cas l’autorisation d’un chien ou d’un chat, en contrepartie d’un supplément de caution ou de clauses spécifiques.

Pour un expatrié, un point essentiel est de vérifier l’accessibilité du logement aux services vétérinaires et l’environnement immédiat : proximité de routes très fréquentées, densité de chiens errants, présence de clôtures, etc.

Faut‑il passer par un transitaire animalier professionnel ?

Au vu de la densité des règles, des délais imbriqués (microchip, vaccins, titrage, tests, traitements, permis, réservation de quarantaine) et de la sévérité des sanctions en cas d’erreur, de nombreux candidats à l’expatriation choisissent de déléguer tout ou partie du processus à des spécialistes du transport animalier international.

Des sociétés comme Tailwind Global Pet, PetRelocation, ou d’autres membres de l’IPATA (International Pet and Animal Transportation Association) sont citées comme opérant régulièrement vers le Fidji. Elles connaissent les exigences de la BAF, les politiques des compagnies aériennes opérant sur Nadi et Nausori, et les règles de transit dans les pays tiers.

Exemple :

L’exemple illustre le rôle étendu d’un prestataire spécialisé dans le transport d’animaux. Son intervention peut couvrir l’ensemble de la logistique, depuis la vérification des documents jusqu’à la prise en charge totale. Cela inclut l’organisation du calendrier sanitaire, la réservation de vols cargo, la construction de caisses de transport aux normes IATA sur mesure (particulièrement cruciale pour les races considérées « à risque »), la coordination avec les vétérinaires officiels pour le scellement de la caisse le jour du départ, et enfin la liaison avec la station de quarantaine de Koronivia pour assurer la conformité aux réglementations d’importation.

Les témoignages évoquent un coût global de plusieurs milliers de dollars pour une relocalisation complète, parfois autour de 3 500 USD depuis l’Amérique du Nord, sans compter les frais de quarantaine fidjiens. À l’inverse, le coût minimal strictement nécessaire pour satisfaire les exigences de la BAF (vaccins, analyses, permis, etc.) est estimé au moins à 2 000 USD, hors billet d’avion et honoraires vétérinaires. Dans certains cas spécifiques (militaires américains en mutation), une partie de ces dépenses peut être remboursée par l’employeur public.

Une expatriation à ne pas improviser

Expédier un chien ou un chat au Fidji n’a rien à voir avec une simple formalité de « pet passport » européen. Il s’agit d’un projet à part entière, qui se pense sur plusieurs mois, voire une année complète si l’on veut optimiser la durée de quarantaine et sécuriser toutes les étapes.

La structure globale ressemble à ceci :

Astuce :

Pour importer un animal à Fidji, assurez-vous que son pays d’origine figure sur les listes A ou B, ou prévoyez un séjour intermédiaire de six mois dans un pays approuvé. L’animal doit être identifié par une puce ISO et suivre un calendrier de vaccination strict. Un test de titrage rabique doit être programmé suffisamment à l’avance dans un laboratoire agréé pour viser une quarantaine minimale. Tous les tests sérologiques et coprologiques requis, ainsi que les traitements associés, doivent être réalisés. Il est nécessaire d’obtenir un permis d’importation auprès de la Biosecurity Authority of Fiji (BAF) et de valider une place en quarantaine au centre de Koronivia. Réservez un itinéraire aérien conforme (vols directs ou transits dans des pays approuvés, en caisse IATA et par fret cargo) en tenant compte des restrictions de températures. Faites certifier tous les documents par les autorités vétérinaires compétentes du pays de départ. Enfin, préparez la vie sur place en identifiant un vétérinaire de référence, en mettant en place une protection antiparasitaire continue, un plan d’urgence cyclonique et un logement adapté.

Rien n’empêche de mener ce projet seul, mais chaque omission peut coûter cher, en temps comme en argent, voire se solder par le refus d’entrée de l’animal. C’est pourquoi les autorités fidjiennes et de nombreux vétérinaires soulignent que ce parcours n’est absolument pas adapté à un séjour touristique. Il ne prend son sens que pour un projet d’expatriation solide, où l’animal est pleinement intégré à la décision de départ.

Bon à savoir :

L’expatriation avec un animal à Fidji est un processus long et complexe, nécessitant une préparation administrative et sanitaire rigoureuse bien avant le départ. Une fois sur place, le pays offre un cadre de vie tropical unique, un rythme lent et une culture accueillante. Une communauté de propriétaires d’animaux, soutenue par des associations locales, œuvre pour améliorer le bien-être animal sur l’archipel. Il est crucial de traiter ce projet comme un dossier spécifique, avec son propre planning, son budget et sa feuille de route.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Fidji, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler les îles Fidji pour leur fiscalité avantageuse sur les revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie plus faible qu’en France et un cadre de vie insulaire très recherché. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence longue durée via investissement immobilier résidentiel, coordination avec CPAM et régime local, transfert de résidence bancaire internationale, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, comptable anglophone) et restructuration patrimoniale internationale pour limiter la double imposition potentielle via la convention FR–FJ.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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