Gestion financière à l’international : comment organiser ses services bancaires d’expatrié en Finlande

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Finlande, c’est entrer dans un pays presque intégralement sans espèces, à la fois très numérique, très réglementé et globalement sûr. Pour un expatrié, la réussite de cette installation passe en grande partie par une bonne stratégie bancaire : ouverture de compte local, articulation avec ses comptes en France ou ailleurs, transferts internationaux, fiscalité, épargne, investissements… Tout cela dans un environnement où la carte bancaire, le virement SEPA et les applications mobiles remplacent largement le billet de banque.

Bon à savoir :

La gestion financière en Finlande s’appuie sur son système bancaire spécifique et des outils européens comme les banques en ligne, les néobanques et les règles SEPA. Il est essentiel de connaître les mécanismes de protection des dépôts et les conventions fiscales applicables pour optimiser sa situation d’expatrié.

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Comprendre l’écosystème bancaire finlandais

La Finlande est membre de l’Union européenne, de la zone euro et de l’espace SEPA. Sa monnaie est l’euro, ce qui simplifie considérablement les paiements pour les ressortissants de la zone euro. Mais la culture de paiement est très différente de celle de nombreux pays : le cash est marginal, les chèques sont quasiment inexistants, et la quasi-totalité des paiements du quotidien passe par la carte ou le mobile.

Le secteur bancaire finlandais regroupe des banques commerciales, des banques d’épargne, des établissements coopératifs, des branches de banques étrangères et de nouveaux acteurs 100 % digitaux. L’ensemble est supervisé par la Banque de Finlande (Suomen Pankki) et par l’autorité de surveillance financière.

Les grands types d’acteurs

Les principales banques « physiques » que les expatriés rencontrent sont :

Banque / GroupeProfil et positionnement principaux
Nordea FinlandPlus grande banque du pays, forte présence nordique, services en anglais, interface digitale avancée, réseau international
OP Financial Group (OP Pankki)Groupe coopératif majeur, large maillage d’agences, compte courant avec carte et intérêts, services complets
Danske Bank FinlandFiliale finlandaise du groupe danois, services pour particuliers et entreprises, offres packagées payantes
S-Bank (S-Pankki)Banque du groupe de distribution S-Group, compte courant gratuit pour les membres, appli en anglais, carte Visa intégrée
POP PankkiRéseau coopératif régional, forte proximité locale, compte de paiement avec carte et banque en ligne
Savings Banks Group (Säästöpankki)Plus ancien groupe d’épargne finlandais, réseau de banques locales, compte courant pour la gestion quotidienne
Ålandsbanken (Bank of Åland)Banque commerciale basée aux îles Åland, compte « Prime » rémunéré pour le quotidien
Aktia BankBanque indépendante, plutôt orientée épargne, investissement, crédits et assurance
Alisa BankBanque digitale récente, ouverture de compte courant rapide en ligne

À côté de ces acteurs traditionnels, un expatrié peut s’appuyer sur toute une galaxie de néobanques et de prestataires de paiement européens comme N26, Wise, Revolut, Bunq ou encore Sweep Bank. Certains ont une licence bancaire complète (avec garantie des dépôts), d’autres opèrent comme établissements de monnaie électronique.

Une société presque sans espèces

En Finlande, même dans des villages reculés, payer un café, un trajet de bus ou sa place de cinéma avec une carte sans contact ou son smartphone est parfaitement banal. La préférence très nette pour les paiements dématérialisés a plusieurs conséquences concrètes pour un nouvel arrivant :

Astuce :

Pour vivre en France, ouvrir un compte bancaire local avec une carte est quasi indispensable. Les paiements par virement sont la norme pour les gros achats (comme une voiture ou un logement), et non en espèces. Les retraits d’argent liquide restent possibles, mais ils peuvent être limités et soumis à des frais, notamment chez certaines banques et lors d’opérations à l’étranger.

Les réseaux d’ATM les plus connus sont Otto (le plus dense, accessible 24/7, compatible Visa, Mastercard, Amex…) et Nosto. Les distributeurs affichent clairement tout éventuel surcoût avant validation et appliquent des plafonds de retrait.

Ouvrir un compte en Finlande quand on est expatrié

L’ouverture d’un compte finlandais est l’une des premières démarches à réaliser après l’arrivée. La bonne nouvelle, c’est que le droit européen et la réglementation finlandaise encadrent fortement ce processus : un étranger légalement résident a droit à des services bancaires de base.

Un droit d’accès encadré et anti-discrimination

La directive européenne 2014/92/UE impose à chaque État membre de garantir l’accès à un « compte de paiement de base » à toute personne légalement résidente dans l’UE. Concrètement, une banque ne peut pas refuser d’ouvrir un tel compte simplement parce que le client ne vit pas encore dans son pays.

En Finlande, une décision de 2014 du Médiateur pour la Non-Discrimination est venue rappeler aux banques qu’elles n’ont pas le droit de discriminer un demandeur au seul motif qu’il présente des documents étrangers. La loi finlandaise exige d’ailleurs qu’elles fournissent des services bancaires de base à tout étranger disposant d’un permis de séjour finlandais : compte, carte de débit, accès à la banque en ligne.

Documents et conditions habituels

Dans la pratique, les banques finlandaises demandent un ensemble de justificatifs assez similaire, avec quelques nuances selon les établissements :

Document / ConditionRôle dans l’ouverture de compte
Passeport valideJustificatif d’identité principal pour les non-ressortissants EEE
Carte d’identité EEE / Suisse / Saint-MarinAcceptée comme pièce d’identité pour les ressortissants de ces pays
Numéro d’identification finlandais (henkilötunnus)Clé d’entrée dans la plupart des services (banque, santé, opérateurs télécoms…), simplifie fortement les démarches
Preuve d’adresse en FinlandeFacture d’énergie, courrier administratif officiel, bail…
Permis de séjour ou enregistrement de résidencePermis pour non-UE ; enregistrement du droit de séjour pour citoyens UE
Carte KELAAtteste l’affiliation à la sécurité sociale finlandaise, souvent demandée mais pas toujours indispensable dès l’ouverture
Formulaire d’usage du compte et infos fiscalesRaison d’ouverture, adresse fiscale à l’étranger le cas échéant, vérification anti-blanchiment et de solvabilité

Il n’existe pas d’âge minimum légal pour ouvrir un compte, mais pour un mineur l’accord des parents ou tuteurs est requis. Un « titre d’identité pour étranger » délivré par la police finlandaise peut aussi servir de document d’identité local, même s’il ne remplace pas un document de voyage.

Attention :

Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, les banques sont tenues d’interroger le client sur l’usage prévu du compte et peuvent consulter des bases de crédit.

Comptes résidents et comptes non-résidents

À l’arrivée, certains expatriés n’ont pas encore d’adresse stable ou de numéro personnel finlandais. Il est alors possible de se tourner vers un compte non-résident ou « international » :

il peut être ouvert sans adresse locale définitive ;

il donne accès aux services essentiels (virements, retraits) ;

il est souvent limité au départ : pas ou peu de banque en ligne, services restreints.

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Nombre de mois généralement nécessaires pour lever les restrictions après l’obtention du henkilötunnus et l’enregistrement de l’adresse en Finlande.

À noter : il est rarement possible d’ouvrir entièrement un compte finlandais à distance en étant encore à l’étranger. Certaines banques permettent de lancer une demande en ligne, mais la validation se fait en agence.

Identifiants de banque en ligne : le vrai sésame

En Finlande, les identifiants de banque en ligne (codes d’accès, certificat mobile, etc.) sont beaucoup plus qu’un simple moyen de consulter ses comptes. Ils servent d’outil d’identification sécurisé pour une multitude de démarches administratives : déclarations fiscales sur OmaVero, services de KELA, renouvellement de permis, etc.

Les critères pour obtenir ces identifiants sont souvent plus stricts que pour le compte lui-même. Les banques exigent en général :

un domicile enregistré en Finlande ;

un numéro d’identification personnel ;

un titre de séjour valide pour les non-EU.

Pour les étrangers, il est parfois nécessaire de se faire délivrer une carte d’identité finlandaise par la police afin d’activer un identifiant mobile sécurisé.

Choisir sa banque en Finlande… et hors de Finlande

Le choix de la banque locale ne se limite pas aux frais mensuels. Pour un expatrié, la langue de service, la qualité des interfaces numériques, l’accès à l’international et la compatibilité avec ses autres comptes européens comptent tout autant.

Comparer les grandes banques finlandaises

Plusieurs grands groupes sont particulièrement cités comme adaptés aux étrangers.

ÉtablissementAtouts pour un expatriéPoints d’attention
Nordea FinlandInterface et appli en anglais, forte présence nordique, compte courant rémunéré, ouverture en ligne possibleCartes avec cotisations annuelles (29–39 € selon gamme)
OP Financial GroupLarge réseau, compte courant avec intérêts, carte de débit incluse, gamme complète d’épargne et créditNiveau de service en anglais variable selon les agences
Danske BankOffre pour particuliers et entreprises, packages mensuels avec compte, carte, services en ligneFrais de package mensuels, très structuré mais parfois rigide
S-BankCompte courant gratuit pour les membres S-Group, appli en anglais, carte S-Etukortti Visa pour retraits/achatsCiblé sur les membres de la coopérative de distribution
POP / SäästöpankkiBanques coopératives ou d’épargne, proximité locale, services completsRéseau plus régional, anglais pas systématique
ÅlandsbankenCompte du quotidien rémunéré, image haut de gammePositionnement plus étroit, moins de présence sur tout le territoire

Au-delà des tarifs, il est utile de vérifier :

la disponibilité de conseillers anglophones ;

la facilité d’obtention des identifiants en ligne ;

la politique vis-à-vis des clients étrangers (non-résidents, nouveaux arrivants).

Néobanques et banques en ligne utilisables en Finlande

Pour beaucoup d’expatriés, un montage hybride – une banque finlandaise pour les besoins locaux, une ou deux banques en ligne européennes pour les paiements internationaux – offre le plus de flexibilité.

Acteurs clés du secteur

Présentation des principaux acteurs qui se distinguent dans le domaine, avec leurs caractéristiques et contributions majeures.

Les grandes entreprises établies

Les acteurs historiques disposant d’une large part de marché et d’une forte notoriété, souvent moteurs de l’innovation par leur R&D.

Les startups innovantes

Les nouveaux entrants agiles, se distinguant par des modèles disruptifs et des technologies de pointe, challengant le statu quo.

Les organismes publics et institutionnels

Les acteurs régulateurs et financeurs, jouant un rôle clé dans l’orientation stratégique et le soutien aux initiatives.

Les associations et collectifs

Les groupements qui fédèrent les professionnels, défendent des intérêts communs et promeuvent les bonnes pratiques.

N26 : banque allemande 100 % mobile avec licence bancaire européenne. Ouverture de compte en quelques minutes via smartphone, IBAN allemand, garantie des dépôts jusqu’à 100 000 €. Tarification claire, peu de frais cachés, fonctionnalités de suivi des dépenses et sous-comptes (« Spaces »). Intéressante pour les paiements et retraits dans toute la zone euro.

Wise : établissement de paiement, pas une banque, spécialisé dans les comptes multi-devises. Permet de détenir des soldes dans plus de 40 devises, d’obtenir des coordonnées locales (IBAN, numéro de compte) dans plusieurs monnaies et d’envoyer de l’argent au taux de change réel, avec des frais très transparents.

Revolut : application financière multi-usages avec carte, comptes en plusieurs devises, échanges de devises à faible coût, transferts rapides, parfois instantanés entre utilisateurs, et options d’investissement (actions, cryptomonnaies).

Bunq, Sweep Bank, Holvi : autres exemples de banques et néobanques mobiles présentes ou utilisables en Finlande, avec des angles plus spécifiques (écologie, TPE/PME, freelances, etc.).

Exemple :

Pour un expatrié, l’enjeu principal est de distinguer les procédures obligatoires (comme l’inscription au registre des Français établis hors de France ou l’obtention d’un permis de séjour) des démarches simplement recommandées (comme l’adhésion à une association locale). Cette distinction est cruciale pour prioriser ses actions et éviter des complications légales.

– les établissements ayant une licence bancaire (compte de dépôt, garantie des dépôts, services complets) ;

– les établissements de monnaie électronique (limités à la gestion de flux et de soldes, sans la même protection ni les mêmes services de crédit).

Pour gérer un salaire, un loyer et un quotidien en Finlande, un compte finlandais reste indispensable. Les néobanques apportent surtout de la souplesse internationale (voyages, transferts, multi-devises).

Frais bancaires, cartes et pratiques de paiement

L’euro étant la monnaie locale, un Français qui paye avec sa carte française ne subit pas de change à l’intérieur du pays. En pratique, pourtant, les frais bancaires restent un sujet central pour un expatrié amené à voyager ou à faire des opérations transfrontalières fréquentes.

Frais de tenue de compte et cartes

Beaucoup de banques finlandaises facturent des frais de tenue de compte modestes, souvent autour de 2 € par mois. Des offres gratuites existent pour les étudiants et les jeunes.

Les cartes de crédit classiques chez Nordea, par exemple, se situent généralement dans une fourchette de 29 à 39 € par an selon le niveau (Classic, Gold, Platinum). En contrepartie, elles incluent souvent des services d’assurance (voyage, achats, etc.).

À surveiller :

Bon à savoir :

Il est important de connaître les frais potentiels liés à votre carte bancaire : les retraits aux distributeurs d’autres banques, les commissions pour les paiements et retraits hors de la zone euro, ainsi que les intérêts sur les soldes impayés pour les cartes de crédit.

Le paiement sans contact est très répandu, de même que l’usage d’Apple Pay, Google Pay et d’autres portefeuilles mobiles. Les TPE finlandais acceptent massivement Visa et Mastercard ; American Express reste un peu moins diffus.

Retraits d’espèces et conversions de devises

En zone euro, les paiements par carte sont normalement traités comme des opérations domestiques. Les retraits, eux, peuvent donner lieu à :

– un forfait fixe par retrait sur un distributeur externe ;

– un pourcentage sur le montant retiré à l’étranger ;

– ou un mélange des deux pour les retraits hors zone euro (fixe + pourcentage).

Bon à savoir :

Au-delà des frais de votre banque, certains distributeurs appliquent une surtaxe locale, annoncée à l’écran. Méfiez-vous surtout de l’option de ‘conversion dynamique de devise’ : elle propose un taux défavorable. Il est préférable de refuser cette conversion et d’accepter d’être débité en monnaie locale (euros en Finlande), laissant votre banque effectuer la conversion au taux interbancaire.

Pour limiter l’impact des frais :

– privilégier quelques gros retraits plutôt que plusieurs petits lorsque un forfait par retrait s’applique ;

– utiliser les distributeurs du réseau de votre banque quand c’est possible ;

– comparer les offres de cartes « monde » ou de néobanques avec retraits/paiements sans frais à l’étranger.

Transferts internationaux entre la Finlande, la France et le reste du monde

La vie d’expatrié implique souvent des flux de fonds réguliers : virements de salaire, soutien à la famille, transferts d’épargne, versement de loyers, achat d’un bien immobilier dans un autre pays, etc. Entre la Finlande et la France, la présence commune dans la zone euro et l’espace SEPA simplifie beaucoup les choses, mais ne supprime pas tous les coûts.

SWIFT, SEPA, plateformes spécialisées : quelles options ?

Les banques finlandaises effectuent des virements internationaux via le réseau SWIFT. Pour cela, il faut fournir :

nom et adresse du bénéficiaire ;

IBAN de son compte ;

code SWIFT/BIC de sa banque.

Pour un virement intra-SEPA en euros, la plupart des banques appliquent des frais modérés, parfois gratuits. À l’international hors SEPA ou en devise étrangère, il faut compter :

des frais d’émission ;

– parfois des frais de réception du côté du bénéficiaire (dans certains pays, 10–20 € par virement) ;

– une marge de change souvent peu visible.

Exemple :

Pour réduire les coûts liés aux transferts internationaux, les expatriés utilisent fréquemment des services spécialisés. Parmi les exemples les plus courants, on trouve les néobanques et applications comme Wise, Revolut, ou Paysend, ainsi que les réseaux de transfert traditionnels tels que Western Union et MoneyGram. Ces plateformes offrent généralement des taux de change plus avantageux et des frais réduits par rapport aux banques classiques.

Par exemple, Wise se distingue par :

– l’utilisation du taux de change réel (taux moyen de marché) ;

– des frais affichés clairement, parfois très bas pour un virement SEPA en euros ;

– des délais allant de quelques minutes à un ou deux jours selon le mode de paiement.

Paysend et Revolut adoptent des modèles similaires, avec des frais forfaitaires ou très réduits, la possibilité d’envoyer vers des cartes, des comptes bancaires ou même des wallets dans plus d’une centaine de pays.

Le choix d’un canal dépend :

Bon à savoir :

Pour choisir un service de transfert d’argent, évaluez trois aspects clés : la rapidité (de quelques minutes à 1-3 jours), le coût total (incluant les frais et le taux de change appliqué), et la facilité pour le bénéficiaire (comme la nécessité de créer un compte ou la possibilité de recevoir les fonds directement sur son compte habituel).

Articuler comptes français et comptes finlandais

Beaucoup d’expatriés gardent au moins un compte en France, même après avoir transféré leur résidence fiscale ailleurs. Cela permet de :

gérer un bien immobilier locatif ou une résidence secondaire ;

payer des impôts, charges, crédits encore rattachés à la France ;

conserver des produits d’épargne autorisés pour les non-résidents (Livret A, PEL, PEA dans certains cas, assurance-vie…).

En contrepartie, il faut signaler à la banque française le changement de résidence fiscale pour transformer le compte en « compte de non-résident », ce qui entraîne la fermeture de certains livrets réglementés et un traitement fiscal spécifique des intérêts et dividendes.

Pour les flux réguliers entre la France et la Finlande (salaire, pension, loyers), l’usage d’un virement SEPA en euros est souvent le plus simple, éventuellement via une plateforme à faible coût pour optimiser lorsque la banque facture encore ces opérations.

Crédits, prêts à la consommation et immobilier pour étrangers

L’accès au crédit fait partie intégrante de la stratégie patrimoniale d’un expatrié : financement d’un véhicule, trésorerie personnelle, achat d’un logement en Finlande ou en France, etc. La réglementation finlandaise ne ferme pas la porte aux étrangers, mais elle applique des critères plus stricts qu’aux résidents de longue date.

Consommation : des conditions exigeantes

Pour un crédit à la consommation, les conditions courantes sont les suivantes :

âge minimal de 20 ans ;

adresse permanente enregistrée en Finlande ;

numéro d’identification personnel finlandais ;

revenu annuel brut stable d’au moins 12 000 € ;

absence d’incident de crédit enregistré dans les bases finlandaises.

Bon à savoir :

Les banques évaluent principalement la stabilité de l’emploi et le taux d’endettement global du demandeur. Les taux d’intérêt sont généralement plus élevés que pour un prêt immobilier, mais la procédure de demande est plus rapide.

Accéder à un crédit immobilier en Finlande

Les étrangers peuvent acheter un bien immobilier en Finlande et solliciter un prêt local, mais les conditions sont sensiblement plus strictes pour un non-résident ou un nouvel arrivant :

Bon à savoir :

Pour obtenir un prêt immobilier en Finlande en tant qu’étranger, plusieurs critères sont déterminants. Un permis de séjour permanent ou de long terme améliore significativement vos chances. Les banques valorisent des revenus stables, versés sur un compte finlandais. L’apport personnel requis est généralement élevé, entre 25% et 50% du prix du bien. La durée du prêt est souvent limitée à 20 ans maximum pour les non-résidents. Enfin, les taux d’intérêt appliqués sont fréquemment plus élevés que pour les clients locaux, variant généralement entre 4% et 8% annuels.

En plus du prêt lui-même, l’acheteur doit assumer : les frais de notaire, les frais de dossier, les assurances, ainsi que les charges liées à la propriété.

– le droit de mutation (varainsiirtovero), dont le taux varie selon qu’il s’agit d’un bien en direct ou de parts de société immobilière ;

– la taxe foncière annuelle, fixée par les municipalités dans des fourchettes généralement comprises entre 0,41 et 2 % de la valeur imposable ;

– les frais annexes (notaire quand il y en a, registre foncier, éventuels intermédiaires).

Pour un expatrié, l’usage d’un conseiller financier ou d’un courtier connaissant bien les règles finlandaises peut éviter bien des déconvenues, notamment sur l’éligibilité, les garanties (hypothèque, caution personnelle, nantissement d’actifs) et la coordination avec un patrimoine détenu dans d’autres pays.

Placer son épargne et investir depuis la Finlande

Une fois son quotidien bancaire stabilisé, l’expatrié se pose rapidement la question de l’épargne et de l’investissement. Sur ce terrain, la Finlande propose des produits comparables à ceux des autres pays nordiques ou de la zone euro.

Produits d’épargne et de placement locaux

Les grandes familles de produits disponibles sont :

Produits d’épargne et de placement

Panorama des principaux véhicules disponibles pour épargner et investir, avec leurs caractéristiques clés.

Comptes d’épargne ordinaires

Offrent une liquidité élevée, mais les taux d’intérêt sont souvent faibles.

Dépôts à terme

Fonds bloqués pour une durée définie (à partir d’un mois) avec une rémunération plus attractive. Dépôt minimum courant autour de 500 €.

Fonds communs de placement et fonds indiciels

Accès à des portefeuilles diversifiés d’actions, d’obligations ou mixtes, gérés par des établissements financiers.

Compte d’épargne en actions (Equity Savings Account)

Enveloppe fiscale spécifique pour investir en actions avec report d’imposition. Plafonné à 100 000 € de dépôts.

Assurances-vie à lien financier

Combinent une couverture assurantielle et des supports d’investissement.

Les intérêts, dividendes et plus-values sont imposés comme revenus du capital, à un taux de 30 % jusqu’à 30 000 € de revenus et 34 % au-dessus. Les résidents fiscaux finlandais peuvent profiter de diverses déductions sur leurs autres revenus, mais ces abattements s’appliquent peu aux non-résidents.

Articuler patrimoine finlandais et patrimoine d’origine

Du point de vue d’un Français installé en Finlande, la question clé est celle du statut fiscal et de la convention fiscale franco-finlandaise. Cette convention répartit les droits d’imposer entre les deux pays pour les différents types de revenus (salaires, dividendes, intérêts, loyers, pensions, plus-values) et prévoit des mécanismes d’élimination de la double imposition.

En pratique :

Bon à savoir :

Si vous devenez résident fiscal en Finlande (séjour >183 jours, centre d’intérêts vitaux), vous devez déclarer vos revenus mondiaux aux autorités finlandaises. Celles-ci peuvent accorder un crédit d’impôt pour l’impôt déjà payé en France sur certains revenus. La France conserve le droit d’imposer certains revenus de source française (immobilier, dividendes…), mais la convention bilatérale vise à éviter une double imposition complète.

L’expatrié doit donc piloter son épargne en tenant compte :

de la fiscalité de chaque pays ;

de la localisation matérielle des actifs (bien en France vs bien en Finlande, compte-titres français vs finlandais, assurance-vie luxembourgeoise…) ;

– des règles sur les non-résidents (possibilité de conserver certains produits, exonérations partielles, IFI limité aux biens immobiliers français, etc.).

Une coordination avec un conseiller patrimonial connaissant à la fois la fiscalité française et finlandaise est souvent rentable à moyen terme, surtout pour ceux qui investissent dans l’immobilier ou manient des encours significatifs.

Fiscalité et statut de résident : l’autre pièce du puzzle

La gestion de ses comptes et de ses placements ne peut pas être dissociée de la fiscalité. En Finlande, la distinction entre résident et non-résident est relativement simple sur le papier : tout se joue essentiellement sur la durée de présence.

Résident fiscal vs non-résident

Est considéré comme résident fiscal finlandais celui qui :

vit en Finlande de façon permanente (domicile principal) ;

– ou y séjourne plus de 183 jours au cours d’une même année civile.

Le résident est imposable sur ses revenus mondiaux, avec :

un impôt sur le revenu progressif ;

une taxe municipale (variable selon la commune) ;

des cotisations de sécurité sociale.

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Taux de retenue à la source forfaitaire applicable aux salaires des non-résidents en Finlande.

Pour les revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values), les taux de 30/34 % s’appliquent, avec des nuances selon la convention de double imposition avec le pays d’origine. Les résidents bénéficient de nombreuses déductions (frais professionnels, déplacements, cotisations syndicales), les non-résidents beaucoup moins.

Carte d’impôt, pré-déclaration et OmaVero

Tout salarié, y compris étranger, doit obtenir une carte d’impôt (verokortti) auprès de l’administration fiscale, en fournissant :

une pièce d’identité ;

un justificatif d’emploi / promesse d’embauche ;

des informations sur son logement (par exemple quittance de loyer).

Bon à savoir :

Chaque printemps, les contribuables finlandais reçoivent une déclaration pré-remplie qu’ils doivent vérifier et corriger, principalement via le portail en ligne OmaVero. Les modifications doivent être apportées avant la date limite, généralement fixée au mois de mai.

Les non-résidents n’ont à déposer une déclaration que dans certains cas (option pour le barème, demandes de déductions spécifiques, etc.).

Freelance, entrepreneurs individuels et entreprises : un parcours plus complexe

Beaucoup d’expatriés en Finlande ne sont pas salariés mais freelances, consultants ou dirigeants de petites structures. Pour eux, la relation bancaire est encore plus stratégique, et parfois plus difficile à nouer.

S’enregistrer comme indépendant

En Finlande, le statut le plus courant pour un freelance est celui d’entrepreneur individuel (toiminimi). Il est aussi possible de travailler « à la facture » sans immatriculation, mais dans ce cas la personne n’est pas protégée par le droit du travail et doit gérer seule ses obligations fiscales et sociales.

Le freelance doit : gérer son temps efficacement, respecter les délais, communiquer régulièrement avec ses clients, adapter ses compétences aux besoins du marché et investir dans sa formation continue.

Attention :

Pour exercer une activité indépendante en Finlande, il est impératif de : s’enregistrer auprès de l’administration fiscale, demander une carte d’impôt, se soumettre à la TVA si le chiffre d’affaires annuel dépasse 15 000 €, et adhérer au régime de retraite des entrepreneurs (YEL) si le revenu estimé dépasse environ 8 500 €.

L’ouverture d’un compte professionnel est fortement recommandée, voire indispensable si l’on crée une société. Or, plusieurs enquêtes ont montré qu’en pratique, obtenir un compte business en Finlande peut être plus difficile que l’ouverture d’un compte personnel, y compris pour les nationaux.

Les banques demandent souvent :

un extrait d’immatriculation (Y-tunnus) récent ;

les statuts, procès-verbaux d’assemblée, justificatifs d’apport de capital (pour les sociétés) ;

– les pièces d’identité et coordonnées des bénéficiaires effectifs ;

– parfois des documents détaillant l’activité, le business plan, les comptes existants à l’étranger.

Les frais mensuels sont plus élevés que pour les particuliers. Par exemple, certains packs de compte business chez Danske Bank ou OP incluent des frais d’ouverture, de tenue de compte, de services en ligne et de moyens de paiement. Pour les structures très mobiles ou internationales, des néobanques business comme Narvi ou Holvi offrent des solutions entièrement à distance, avec IBAN européen, multi-utilisateurs et gestion centralisée des flux.

Sécurité, garanties et recours en cas de problème

L’une des forces du cadre européen est la sécurité des dépôts et l’existence de mécanismes de médiation. Pour un expatrié, cela constitue une couche de protection précieuse, à condition de bien connaître ses droits.

Garantie des dépôts

Dans l’Union européenne, tout dépôt auprès d’une banque disposant d’une licence bancaire est garanti jusqu’à 100 000 € par déposant et par établissement. Pour un compte joint, chaque cotitulaire bénéficie de sa propre garantie, soit 200 000 € au total.

Cette protection s’applique :

aux comptes courants,

aux comptes d’épargne,

aux dépôts à terme.

Astuce :

Les néobanques opérant uniquement en tant qu’établissements de monnaie électronique peuvent appliquer des mécanismes de protection des fonds différents (séparation des actifs, dépôt de garantie chez une banque partenaire, etc.) de ceux des banques traditionnelles. Il est donc crucial de vérifier le statut réglementaire précis de chaque acteur avant de souscrire à ses services.

Médiation et conseil : le rôle de FINE

En cas de litige avec une banque ou un assureur en Finlande (refus de compte, fermeture, contestation de frais, problème sur une opération), les expatriés peuvent obtenir une aide gratuite via le Service de médiation financière (FINE). Ce service :

conseille les consommateurs en finnois, suédois et anglais ;

peut être contacté par téléphone ;

intervient comme médiateur entre le client et l’établissement.

En parallèle, les consommateurs bénéficient d’une protection robuste via l’Autorité finlandaise de la concurrence et de la consommation, qui peut intervenir en cas de pratiques abusives.

Organiser une stratégie bancaire cohérente en Finlande

La gestion financière d’un expatrié ne se résume ni à un seul compte local, ni à une seule banque en ligne. Il s’agit plutôt de composer un écosystème adapté à son profil, à son projet et à son horizon de temps.

Trois axes structurants

– 1. Compte local finlandais solide Indispensable pour :

– percevoir un salaire ;

– régler le loyer, les abonnements, les factures via les services de banque en ligne finlandais ;

– obtenir un identifiant bancaire utilisable comme moyen d’identification électronique auprès des administrations.

– 2. Un ou deux comptes « globaux » européens Utiles pour :

– limiter les frais de change sur les voyages dans d’autres pays ;

– recevoir ou envoyer des fonds dans d’autres devises ;

– cloisonner l’épargne courte ou moyenne échéance en dehors du compte du quotidien.

Bon à savoir :

Une planification est nécessaire pour coordonner des placements dans plusieurs pays (comme la France et la Finlande), optimiser fiscalement les revenus de l’épargne et du patrimoine immobilier, et préparer une éventuelle mobilité future, que ce soit un retour en France ou un départ vers un troisième pays.

Quelques réflexes pratiques pour expatriés en Finlande

Anticiper les identifiants : dès votre arrivée, faites en sorte d’obtenir rapidement le henkilötunnus et, si besoin, une carte d’identité d’étranger délivrée par la police. Ce sont des sésames pour les banques.

Comparer réellement les offres : ne vous limitez pas aux frais de tenue de compte. Regardez la qualité de l’interface en anglais, les frais à l’étranger, l’accès aux services en ligne, la réactivité du support.

Sécuriser les grands flux : pour un achat immobilier ou l’envoi de sommes importantes à l’étranger, privilégiez les virements bancaires ou les prestataires bien régulés, conservez systématiquement contrats, factures et preuves de provenance des fonds.

Maîtriser votre statut fiscal : au-delà des 183 jours, interrogez-vous sur votre résidence fiscale effective, les conventions de double imposition applicables et l’impact sur vos revenus (salaires, loyers, dividendes).

Recourir aux services spécialisés quand c’est justifié : patrimoine important, montage impliquant plusieurs pays, statut mixte (activité en freelance, société étrangère, revenus fonciers)… Dans ces cas, un spécialiste du conseil aux expatriés peut vous faire gagner du temps et de l’argent.

Bon à savoir :

La Finlande propose un système bancaire moderne et digital, protecteur et ouvert aux étrangers sous certaines conditions. Pour un expatrié, l’optimisation passe par la combinaison d’un compte local, de solutions bancaires internationales et d’une bonne maîtrise de la fiscalité. Cette approche permet de vivre confortablement et de développer son patrimoine dans un environnement stable et bien régulé.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers la Finlande pour optimiser sa charge imposable, sécuriser son patrimoine et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, installation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après comparaison de plusieurs destinations (Finlande, Portugal, Grèce, Chypre), la stratégie retenue a été de cibler la Finlande pour la stabilité juridique et fiscale, la qualité de vie et un environnement financier très sécurisé, au sein de la zone euro. La mission a couvert : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence et installation à Helsinki, coordination avec Kela et CPAM, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue et restructuration patrimoniale internationale afin de limiter la double imposition via la convention fiscale FR‑FI.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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