S’installer à Antigua-et-Barbuda, ce n’est pas seulement découvrir un “pays aux 365 plages”, c’est aussi entrer dans un univers culinaire dense, chaleureux et chargé d’histoire. Pour un expatrié, l’assiette devient rapidement l’un des meilleurs terrains d’intégration : on y lit le passé colonial britannique, les racines arawak, les influences africaines, indiennes, syriennes, libanaises et caribéennes voisines, mais aussi le quotidien d’un petit pays insulaire tourné vers la mer.
Ce guide pratique et journalistique vous aide à comprendre et adopter la gastronomie locale. Il aborde comment manger, faire ses courses, décrypter les plats et les codes de la table, avec pour objectif de vous faire sentir ‘du pays’ lorsque vous venez d’ailleurs.
Comprendre l’ADN culinaire d’Antigua-et-Barbuda
La cuisine locale est le résultat d’une longue histoire de croisements. Les Arawaks, premiers habitants, ont introduit maïs, patate douce, goyave ou piment. La période esclavagiste a apporté techniques, ingrédients et savoir-faire venus d’Afrique de l’Ouest, adaptés aux ressources des plantations de sucre et aux contraintes de la survie. Les colons européens ont ajouté leurs modes de cuisson, leurs goûts pour les puddings, les sauces, les cuissons longues. Plus tard, migrations caraïbes, indiennes, syriennes et libanaises ont enrichi le paysage.
La cuisine dominiquaise actuelle est un mélange d’influences créoles (ragoûts, racines, maïs, sel et fumé), caribéennes (poissons, rhum, fruits tropicaux) et britanniques (certains desserts, importance du thé et du pudding). Elle se caractérise par une saveur globalement peu épicée en comparaison d’autres îles, bien que le piment Scotch bonnet soit omniprésent dans les sauces et les bouillons.
Pour un expatrié, la première clé est d’accepter cette cuisine comme un langage : derrière chaque plat se cachent des réalités sociales (économie de moyens, valorisation des produits locaux, héritages religieux) et des rituels familiaux (déjeuners du dimanche, fêtes de l’Indépendance, Carnaval).
Le plat national : Fungee et Pepperpot, un cours d’histoire dans une assiette
S’il y a un duo que tout expatrié doit connaître, c’est Fungee et Pepperpot, officiellement reconnu comme plat national.
Le fungee est une spécialité d’Antigua-et-Barbuda, semblable à une polenta ferme. Sa particularité locale réside dans l’utilisation de gombos. Pour le préparer, faites bouillir des gombos dans de l’eau salée. Mélangez ensuite de la semoule de maïs avec de l’eau froide, puis incorporez ce mélange progressivement à l’eau de cuisson des gombos. Remuez constamment à feu moyen ou doux jusqu’à l’obtention d’une pâte lisse qui se détache des parois. Façonnez-la enfin en boules ou petits gâteaux, pour une texture dense, douce et légèrement gélatineuse.
Face à lui, le pepperpot est un ragoût généreux, né des traditions amérindiennes puis transformé par les apports africains et européens. Il réunit viande (bœuf, porc salé, poulet, voire queues ou groins de porc) et un assortiment impressionnant de légumes : épinards ou calaloo, aubergine, gombo, potiron, igname, patate douce, carotte, pois (pigeon peas, black-eyed peas), chou-chou, papaye verte… Les arômes viennent de l’ail, de l’oignon, du thym, du clou de girofle, de la cannelle, de l’allspice, des feuilles de laurier et, bien sûr, des piments forts comme le Scotch bonnet. Le bouillon s’enrichit de pâte de tomate, de cassareep (réduction de manioc typique de la région), de bouillon de viande ou de légumes.
Historiquement, le fungee et pepperpot constituait un repas complet et économique pour les travailleurs. Aujourd’hui, il est préparé pour les grandes occasions et fait l’objet d’un concours lors de la Restaurant Week, jugé sur ses saveurs typiques, la technique, la texture et la créativité de la présentation.
Pour un expatrié, goûter plusieurs versions de ce plat permet de saisir la diversité du pays : certains pepperpots sont riches en viande, d’autres quasiment végétariens, certains très relevés, d’autres plus doux. Mais partout, la logique du “one pot” se retrouve : tout dans la marmite, on laisse mijoter, on partage.
Petit-déjeuner à la manière d’Antigua-et-Barbuda
Le matin, le pays ne commence pas avec des croissants mais avec des assiettes solides. La star, c’est le trio saltfish, ducana et chop-up, que l’on retrouve aussi lors de repas rituels comme le Vendredi saint.
Le saltfish est de la morue (ou parfois un autre poisson salé comme le maquereau) séchée et fortement salée. Avant cuisson, on la dessale longuement dans l’eau, parfois avec plusieurs changements d’eau et ébullitions successives. Une fois dessalée, on la fait bouillir, puis on l’émiette soigneusement à la main en retirant les arêtes. Elle est ensuite sautée avec oignons, ail, poivrons, tomates, thym et sauce tomate. Le résultat est un mélange savoureux, salé mais parfumé, que l’on sert chaud.
Le ducana est un dessert traditionnel à base de patate douce râpée, de noix de coco fraîche, de sucre brun, de farine, de lait de coco et d’un mélange d’épices (cannelle, muscade, piment de la Jamaïque, gingembre, vanille). Sa pâte épaisse est enveloppée dans des feuilles de bananier préalablement assouplies à la chaleur, puis bouillie pendant 40 à 60 minutes. Le résultat est un pudding compact, très parfumé à la noix de coco et légèrement épicé. Pour apprendre à le préparer, on peut suivre les tutoriels de créateurs de contenu locaux comme Will Nickeo ou les Benjamin Sisters.
Le chop-up complète l’assiette : une purée de légumes verts, souvent calaloo ou épinards, mélangés à aubergine, potiron, gombo, oignon, parfois courge. Le tout est bouilli puis écrasé et légèrement assaisonné. Cette “purée de jardin” adoucit le sel du poisson et la douceur du ducana.
Le petit-déjeuner local comprend le butter bread (pain très beurré et légèrement sucré), les johnny cakes (petits pains frits croustillants) et le bun and cheese, un duo emblématique à base de pain brioché sucré et de fromage industriel jamaïcain.
Pour s’y retrouver, on peut comparer quelques préparations de base du matin :
| Élément du petit-déjeuner | Composition principale | Goût dominant | Rôle dans le repas |
|---|---|---|---|
| Saltfish | Morue salée dessalée, oignons, tomates, thym | Salé, parfumé | Protéine principale |
| Ducana | Patate douce, coco, sucre, épices | Doux, coco, épicé | Glucide + touche sucrée |
| Chop-up | Calaloo/épinards, aubergine, potiron, gombo | Végétal, doux, herbacé | Légume / équilibre |
| Johnny cake | Farine, levure, lait, friture | Neutre, légèrement salé | Pain / encas |
| Butter bread | Farine, beurre, sucre | Doux, beurré | Pain du quotidien |
La mer dans l’assiette : conque, poisson, crustacés
Antigua-et-Barbuda vit au rythme de la mer. Pour un expatrié habitué à des poissons importés, le passage à une cuisine de proximité, liée aux saisons de pêche et aux fermetures pour préserver les ressources (comme la période de repos biologique pour la langouste), est un changement important.
La conque, un mollusque emblématique des Caraïbes, est utilisée dans divers plats comme les beignets, le chowder, les salades ou les currys. Sa viande ferme nécessite un nettoyage minutieux avec du jus de citron et du vinaigre, puis un attendrissage au maillet. Un curry typique associe la conque à des aromates (oignon, ail, gingembre, poivrons, cébettes, piment Scotch bonnet), des épices (curry caribéen, curcuma, paprika, allspice, thym), du lait de coco et du bouillon. Le plat mijote environ une heure pour attendrir la viande et se sert avec du riz, des plantains frits ou des johnny cakes.
Les poissons comme le red snapper, le mahi-mahi ou le grouper sont grillés, poêlés ou intégrés à des ragoûts. Un filet de red snapper peut arriver à table avec un risotto au parmesan, une salsa de tomates, un pesto de roquette, un pepperpot façon accompagnement ou une surprenante sauce ketchup de banane. La langouste (rock lobster) se présente souvent en gratin, nappée de sauce au fromage, posée sur un lit de riz au lait de coco. À Barbuda, la pêche à la langouste est strictement encadrée, avec des périodes de fermeture fixées pour préserver les populations.
Pour profiter des produits de la mer frais, les marchés locaux sont essentiels, où les pêcheurs vendent leurs prises du jour dès l’aube. Les expatriés peuvent ensuite cuisiner eux-mêmes ou opter pour des grillades de plage, comme à l’Uncle Roddy’s Beach Bar & Grill à Barbuda, où le poisson passe directement de la mer au barbecue.
Racines, maïs et “provisions” : le cœur rassasiant de la cuisine
Dans beaucoup d’assiettes locales, un mot revient : “provisions”. Il s’agit de tout un groupe de féculents et racines qui tiennent au corps et ont longtemps constitué le socle de l’alimentation : igname, patate douce, eddo, manioc, banane verte, plantain, fruit à pain. Bouillis, frits, rôtis, ils accompagnent volontiers poissons, ragoûts de viande ou saltfish.
Le fungee, avec sa base de semoule de maïs, fait partie de cette famille nourrissante. Sa texture peut surprendre un palais européen, mais il devient vite un repère, d’autant qu’on le retrouve avec divers accompagnements : fungee et pepperpot, fungee et poisson, fungee et légumes verts.
Le fungee
Le maïs intervient aussi dans d’autres préparations, comme certaines dumplings vapeur (cha-cha dumplings à base de maïs, manioc et noix de coco cuits dans des feuilles de bananier), ou dans la pâte de certains gâteaux traditionnels.
Le riz, enfin, est omniprésent, mais souvent dans des préparations parfumées plutôt que nature. Le “seasoned rice” antiguan par exemple combine riz, viande (corned beef, poulet, queue de porc salée), légumes (potiron, épinard, tomate, pois), herbes et épices. Pour un expatrié habitué au riz blanc, ces plats représentent un changement : le riz devient quasiment un “plat” en soi, pas un simple accompagnement.
Sucré-salé, épices et héritage africain : le cas emblématique du ducana
Le ducana mérite qu’on s’y attarde, car il incarne l’ingéniosité culinaire héritée de l’Afrique de l’Ouest, adaptée aux ingrédients caribéens. Patate douce râpée, noix de coco fraîche, sucre brun, lait de coco, cannelle, muscade, allspice, gingembre et parfois vanille se combinent en une pâte épaisse, collante, moulée dans des feuilles de bananier.
Pour libérer les arômes, grillez légèrement les épices entières (cannelle, muscade, piment de la Jamaïque) avant de les moudre. Le lait de coco maison s’obtient en mixant la chair avec l’eau de coco, puis en filtrant. Pour les emballages, chauffez les feuilles de bananier pour les assouplir avant d’y enfermer la pâte et de cuire à l’eau.
Le résultat brouille les lignes entre plat principal et dessert : sucré, puissant en noix de coco, légèrement relevé, le ducana accompagne pourtant du saltfish salé. Cette dialectique sucré-salé se retrouve dans d’autres recettes : côtes de porc aux bananes et bacon, beignets salés servis avec une sauce à base de bisque de homard, ou encore la présence fréquente de fruits (banane, ananas) dans des plats de viande.
Pour un expatrié, accepter cette logique sucré-salé, parfois déroutante, est une étape clé pour apprécier la cuisine locale dans sa globalité.
Fruits tropicaux, ananas noir et calendrier des saisons
Si Antigua-et-Barbuda est célèbre pour ses plages, il l’est tout autant pour un fruit unique : l’ananas noir antiguan, fruit national représenté sur les armoiries. Il s’agit d’une variété de Ananas comosus appartenant au groupe des “Queen”, réputée pour être l’une des plus sucrées au monde et aussi l’une des plus rares. Sa peau reste vert foncé, presque noire, même à maturité, ce qui oblige à se fier à l’odeur et au toucher plutôt qu’à la couleur pour la choisir. Sa chair jaune profond, très parfumée, est peu fibreuse, peu acide, et son cœur lui-même est tendre et comestible.
Cet ananas pousse principalement dans le sud-ouest d’Antigua, autour de Cades Bay. Sa maturation prend 18 à 24 mois. Très fragile et supportant mal le transport, il est majoritairement consommé localement, ce qui explique sa rareté à l’international. On le trouve frais dans les hôtels et certains stands, ou transformé en confitures, sirops, desserts, cocktails et même dans des plats salés.
Autour de l’ananas noir gravite une abondance d’autres fruits tropicaux : mangues, papayes, corossols, goyaves, golden apples (pommecythère ou June plum), fruits de la passion, pastèques, melons, mandarines, oranges, pamplemousses, sapotilles, pomme-cannelle (sugar apple), chenet (genip), pomegranate. Selon la saison, l’offre varie. De manière générale, la mangue est à son apogée en été (juillet-août), la papaye produit du printemps à l’automne, le corossol de la fin du printemps au début de l’automne. Les bananes, elles, fructifient quasiment toute l’année, avec un pic de douceur de mai à octobre.
Un guide temporel pour optimiser vos achats en fonction des périodes de l’année et réaliser des économies.
Périodes idéales : soldes d’hiver (janvier) et d’été (juillet), Black Friday (novembre).
Soldes réglementés en France : janvier et juillet. Bonnes affaires aussi en période de déstockage (mai, novembre).
Meilleures périodes : soldes, fin de collections (février/mars, août/septembre) et événements comme les French Days.
Nouvelles plaques : meilleures offres en fin d’année (septembre à décembre). Occasion : négociation possible toute l’année.
Réserver à l’avance pour l’été. Dernière minute pour les départs hors-saison. Comparer les aggrégateurs.
Profiter des promotions saisonnières sur les fruits et légumes. Suivre les catalogues des grandes surfaces.
| Fruit emblématique | Période de disponibilité maximale (approximative) | Particularités pour l’expat |
|---|---|---|
| Ananas noir antiguan | Principalement saison sèche, selon récolte locale | Rarement exporté, à chercher sur place, souvent sur commande |
| Mangue | Juillet – août | Très nombreuses variétés, souvent vendues au marché |
| Papaye | Printemps – automne | Se mange fraîche, en jus, en salade, ou verte en salade |
| Corossol (soursop) | Fin printemps – début automne | À boire en jus ou intégré à des desserts |
| Banane / “fingerrolls” | Toute l’année, pic de mai à octobre | Variétés petites et très sucrées locales |
Au-delà du plaisir gustatif, nombre de ces fruits ont une image de “super-aliments” : vitamine C, fibres, antioxydants, bromélaïne dans l’ananas. Certains, comme le corossol ou le papayer, entrent aussi dans la pharmacopée populaire.
Où faire ses courses : marchés, supermarchés, circuits courts
Découvrir la cuisine locale passe inévitablement par les lieux d’approvisionnement. À Antigua-et-Barbuda, la hiérarchie est assez claire : pour vivre la culture, on va au marché ; pour la praticité et les produits importés, on fréquente les supermarchés ; pour les produits vraiment frais et parfois bio, on ajoute des fermes et marchés paysans à la liste.
Le St. John’s Public Market, situé au sud de la gare routière principale, est un marché très animé dès l’aube, particulièrement le samedi. Les vendeurs y proposent une grande variété de produits : racines, légumes, fruits, épices, mais aussi des plats préparés typiques comme le goat water, le pepperpot, le fungee, le souse ou des poissons frits. Pour un expatrié, c’est un lieu d’observation et de dégustation idéal. Engager la conversation avec des vendeurs comme « Nigel le coconut man » ou un agriculteur permet d’obtenir une lecture vivante et authentique de la culture locale.
Non loin, le Public Market Complex, structure moderne construite au début des années 2000, joue le rôle de “one-stop shopping” : rez-de-chaussée dédié aux légumes, étage abritant boutiques et services. À côté, un craft market vend artisanat, souvenirs, savon local, chapeaux tressés, sacs en fiber végétale.
Sur l’île, notamment au Colesome Farmers Market à All Saints, vous trouverez des produits locaux comme des fruits, légumes, jus frais, pâtisseries et articles santé. L’ambiance y est joyeuse et conviviale, rythmée par des rires, des échanges et de la musique. C’est une adresse de choix pour les expatriés souhaitant consommer local, parfois bio, certains stands valorisant des méthodes agricoles durables.
Les supermarchés (comme Epicurean Fine Foods & Pharmacy) complètent l’offre avec des produits importés, des épices de tout le bassin caribéen, des sauces locales (notamment de nombreuses variantes de pepper sauce), du fromage, de la charcuterie, des produits pour expatriés (céréales, lait végétal, etc.). Ils sont souvent ouverts tard (jusqu’à 21h pour certains).
Un regard comparatif sur les lieux d’approvisionnement
Pour structurer sa routine, un expatrié peut dresser sa propre carte des courses. Un tableau de synthèse aide à visualiser les forces de chaque type de lieu :
| Lieu | Atouts principaux | Limites pour l’expat |
|---|---|---|
| St. John’s Public Market | Produits locaux frais, immersion culturelle, plats prêts à manger | Nécessite de venir tôt, paiement surtout en cash |
| Public Market Complex (PMC) | Large choix de fruits/légumes, central, commerces associés | Moins de produits importés spécialisés |
| Colesome Farmers Market | Produits souvent plus “naturels”, ambiance conviviale | Accès un peu éloigné sans voiture |
| Supermarchés (Epicurean…) | Large gamme importée, horaires longs, paiement carte | Prix plus élevés, ambiance moins “locale” |
Street food, événements et plats de fête
La street food antiguan n’a pas la réputation tapageuse de certaines capitales régionales, mais elle offre une expérience intime et authentique. Dans les rues de St. John’s, sur Market Street ou près des plages touristiques comme Dickenson Bay ou Jolly Beach, on peut s’arrêter pour des conch fritters, des beignets de morue, des fritures de poisson, des dumplings sucrés roulés dans le sucre, des morceaux de canne à sucre à mâcher, des snow cones dans une gamme de parfums allant de la goyave à la betterave.
Lors du Carnaval, des fêtes de quartier ou des matches de cricket, des stands temporaires s’installent, souvent spécialisés : goat water bien poivré, souse, black pudding, riz au pois, macaroni pie, roti, poulet jerk ou shawarma (héritage moyen-oriental). Certains spots comme Boundary Bites deviennent des institutions des jours de match.
Les fêtes nationales (Independence Day, Noël, Pâques) s’accompagnent de menus spécifiques. Le pepperpot revient souvent dans les menus de Noël, tandis que le Vendredi saint, de nombreux foyers privilégient le duo saltfish-ducana-chop-up. Les dimanches, un grand déjeuner familial, parfois en bord de plage, s’articule autour de viande rôtie ou grillée, de rice and peas, de provisions bouillies, de salades de coleslaw, de macaroni pie et de desserts maison.
Desserts, douceurs et liqueurs
Le registre sucré reflète à la fois l’héritage britannique et les ressources tropicales. Le bread pudding, par exemple, est très proche de la version anglaise : pain blanc rassis, lait, œufs, sucre, cannelle, muscade, gingembre, vanille. La touche locale vient souvent de la sauce : un nappage au caramel de rhum, réalisé avec un rhum antiguan comme English Harbour Rum.
Les douceurs populaires incluent les gâteaux au sucre de coco (noix de coco râpée et sucre, parfois colorés ou épicés au gingembre), le peanut brittle, les boules de tamarin (pulpe de tamarin roulée dans le sucre), les fudges au lait de coco et sucre, parfumés au rhum, à l’ananas ou au tamarin, et des préparations plus rares comme le bamboula (deux galettes de manioc fourrées à la noix de coco).
Côté boisson, le rhum est évidemment omniprésent. Des distilleries locales comme Antigua Distillery produisent des marques phares, et l’English Harbour Rum s’invite autant dans les cocktails que dans la pâtisserie. Le rum punch joue le rôle de carte de visite : rhum, sirop de sucre, jus de citron vert, eau, muscade râpée. Wadadli Beer, bière locale légère, accompagne volontiers grillades et matchs. Les boissons traditionnelles comme le sea moss (boisson à base d’algues, lait, vanille, épices, réputée aphrodisiaque), le mauby, le sorrel (hibiscus), le ginger beer ou le peanut punch complètent le tableau.
Les jus de fruits frais – mangue, goyave, corossol, tamarin, citron vert – sont vendus au marché et dans les stands, souvent moins sucrés que les sodas industriels et bien plus ancrés dans le terroir.
Apprendre à cuisiner local : cours, ateliers, immersion
Pour un expatrié qui ne veut pas se contenter de manger au restaurant, les cours de cuisine sont une porte d’entrée privilégiée. Des tables d’hôtes comme Nicole’s Table, à St. John’s, proposent des ateliers en petit comité dans une maison caribéenne ouverte sur la mer, où l’on prépare menus de jerk, de cuisine au rhum, de curry ou de poissons selon les prises du jour. Ces cours, très bien notés par les visiteurs, insistent autant sur les techniques et les recettes que sur les histoires familiales et le contexte culturel.
Plusieurs formules d’expériences culinaires sont proposées aux visiteurs : des ateliers thématiques sur les street foods et les marchés, des cours consacrés aux plats nationaux comme le fungee et les ragoûts traditionnels, des expériences privées avec un chef qui cuisine à domicile avec des produits du marché, et des workshops organisés par des hôtels dans le cadre de programmes « Eat Like A Local ». L’essence commune de ces ateliers est la participation active : pétrir, découper (par exemple du gombo), manipuler des herbes, doser le piment Scotch bonnet, goûter à chaque étape, et écouter les histoires des cuisiniers, qui transmettent souvent un savoir familial hérité de leurs mères ou grands-mères.
Pour un expatrié, ces expériences permettent de gagner en autonomie en cuisine tout en créant du lien social : après quelques cours, on sait acheter un poisson entier au marché, négocier un ananas noir à point, préparer un pepperpot avec les bons gestes, ou monter une soirée “Fungee & Fish” pour des amis.
Codes, étiquette et habitudes à table
La gastronomie locale ne se résume pas à ce qui est sur la table, mais aussi à la manière d’y être. À Antigua-et-Barbuda, la convivialité est de mise. On salue en entrant dans une boutique ou dans un petit restaurant, on prend le temps d’échanger quelques mots. Refuser systématiquement un verre ou un morceau de gâteau offert peut être perçu comme une distance froide. Sans se forcer, il est apprécié d’accepter au moins un peu, ou d’expliquer avec tact une contrainte alimentaire.
Le pourboire suit généralement les usages nord-américains (10 à 15 %), mais il est conseillé de vérifier l’addition car un service de 10 % est parfois ajouté d’office. Une tenue correcte est exigée : pas de tenue de plage en ville, et un dress code (pantalon long, chemise, ou robe longue en contexte religieux) peut être imposé le soir.
La consommation d’alcool est fréquente lors des fêtes et festivals, mais l’ivresse ostentatoire en public est mal vue. Dans la vie de tous les jours, la sobriété, la discrétion et le respect de la culture locale (pas de blasphèmes, pas de critiques grossières du pays) restent les meilleurs alliés d’un expatrié qui souhaite s’intégrer.
S’intégrer par la cuisine : quelques repères pour expatriés
Au fil des mois, on constate que la gastronomie locale devient un véritable fil conducteur d’intégration. Savoir comment s’appelle un légume (par exemple “troba” pour l’aubergine dans le parler local), reconnaître les différentes variétés de mangue, rapporter une bouteille de sauce piment maison achetée à une vendeuse du marché quand on est invité, ou cuisiner un ducana pour des voisins, tout cela crée des passerelles.
Une carte synthétique pour guider les actions et priorités initiales, basée sur les éléments factuels disponibles.
Analyser les éléments factuels disponibles pour établir un diagnostic précis de la situation de départ.
Identifier et classer les objectifs critiques à atteindre durant la période d’initialisation.
Élaborer un séquencement opérationnel des étapes clés pour les premières semaines.
Mettre en place des points de contrôle réguliers pour mesurer les progrès et adapter la feuille de route.
| Objectif d’intégration culinaire | Action concrète | Résultat probable |
|---|---|---|
| Apprendre les bases des plats | Suivre un cours sur Fungee & Pepperpot ou saltfish & ducana | Compréhension des textures/épices locales |
| Connaître les saisons | Tenir un carnet de fruits goûtés au fil des mois | Meilleure sélection au marché, moins de déceptions |
| Créer du lien avec des voisins | Inviter à un repas en cuisinant un plat local simple (seasoned rice, macaroni pie, grillades + provisions) | Opportunité de conversation, corrections amicales |
| Maîtriser les achats | Fréquenter régulièrement le St. John’s Public Market le samedi matin | Meilleur rapport qualité-prix, confiance avec les vendeurs |
| Soutenir l’agriculture locale | Chercher spécifiquement l’ananas noir et produits dérivés | Participation à la préservation d’un symbole national |
À Antigua-et-Barbuda, manger n’est jamais seulement un acte de survie ou de plaisir individuel. C’est un geste social, politique, historique. Pour un expatrié, accepter de “parler cuisine” – avec les mains, le palais, les oreilles – est l’une des façons les plus simples et les plus profondes de s’enraciner doucement dans ce petit pays à la fois insulaire et ouvert sur le monde.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale vers Antigua-et-Barbuda pour alléger sa charge imposable, diversifier ses investissements internationaux et conserver un lien étroit avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence, délocalisation bancaire et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude comparative (Portugal, Île Maurice, Grèce, Antilles anglophones), la stratégie retenue consiste à cibler Antigua-et-Barbuda pour son régime de faible fiscalité directe, l’absence d’impôt sur la fortune et la possibilité d’obtenir une résidence durable via investissement, tout en profitant d’un coût de vie inférieur à la France et d’un environnement dollar/EC$. La mission comprend : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention de la résidence par investissement immobilier, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocats, immigration, notaires) et restructuration patrimoniale internationale afin d’optimiser revenus, transmission et protection contre les risques de double imposition et contrôles français.
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