Le marché du travail à Antigua-et-Barbuda : quelles vraies opportunités pour les expatriés ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Antigua-et-Barbuda fait rêver avec ses plages au sable blanc, sa mer turquoise et son climat tropical. Mais derrière la carte postale, le pays caribéen s’est aussi construit une économie étonnamment dynamique, qui attire investisseurs, cadres étrangers et travailleurs à distance. Pour un expatrié, la question clé reste pourtant la même : y a-t-il réellement un marché du travail accessible, et sous quelles conditions peut-on y travailler légalement et durablement ?

Bon à savoir :

Cet article couvre l’ensemble des démarches et opportunités pour les étrangers : le cadre légal (visas, permis de travail), le fonctionnement du marché de l’emploi, les niveaux de salaires et les secteurs ouverts. Il détaille également les programmes spécifiques comme le visa pour nomades digitaux et la citoyenneté par investissement.

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Un petit État insulaire… à haut niveau de développement

Antigua-et-Barbuda est un petit État du Commonwealth dans les Caraïbes orientales, composé principalement des îles d’Antigua et de Barbuda. Avec moins de 95 000 habitants, une démocratie jugée stable, un taux de criminalité relativement faible et plus de 95 % de taux d’alphabétisation, le pays coche plusieurs cases importantes pour les candidats à l’expatriation.

23000

Le PIB par habitant de ce pays, l’un des plus prospères des Caraïbes, peut dépasser 23 000 dollars US.

L’économie repose largement sur les services, surtout le tourisme, mais aussi la finance, les téléservices, la construction et l’immobilier. Le pays est également promu comme une destination d’outsourcing attractive, avec une main-d’œuvre éduquée, anglophone et des coûts salariaux plus bas que dans les pays développés.

Pour un expatrié, cela signifie deux choses : un environnement globalement stable et une économie de services en croissance, mais aussi un marché relativement petit et très sélectif pour les travailleurs étrangers.

Permis de travail, visas et statut légal : le nerf de la guerre

Avant même de parler offres d’emploi, une réalité s’impose : à Antigua-et-Barbuda, travailler sans permis est tout simplement illégal. Tout étranger qui n’est ni citoyen ni résident permanent doit disposer d’une autorisation de travail pour exercer une activité rémunérée locale.

Permis de travail : un système pensé d’abord pour protéger l’emploi local

Le système de permis de travail est piloté par le ministère du Travail. La logique est claire : les employeurs doivent, autant que possible, recruter des Antiguais et Barbudans. Ce n’est que lorsqu’aucun candidat local adéquat n’est disponible qu’un étranger peut être sponsorisé.

Concrètement, l’employeur doit :

publier l’offre d’emploi sur le marché local (presse, job boards, etc.) ;

démontrer qu’aucun candidat national possédant les compétences requises n’a pu être recruté ;

justifier précisément en quoi le recours à un expatrié est nécessaire.

Attention :

Le permis de travail est attaché à un employeur et un poste spécifiques ; un changement d’emploi nécessite généralement une nouvelle procédure. De plus, seuls les profils hautement qualifiés (ingénieurs, spécialistes IT, managers, médecins, etc.) sont généralement éligibles, les fonctions peu qualifiées étant très rarement acceptées.

Les ressortissants des États membres de l’OECS (Organisation des États de la Caraïbe orientale) sont également soumis à une obligation de permis, même si certaines catégories de citoyens CARICOM peuvent, avec un certificat de compétences, bénéficier de conditions distinctes.

Types de visas et d’autorisations : quel statut pour quel projet ?

Le pays dispose d’un éventail de statuts, qui ne remplissent pas les mêmes fonctions et ne donnent pas tous le droit de travailler pour un employeur local.

Type de visa / statutDurée typiqueDroit de travailler pour un employeur local ?Public visé
Permis de travail temporaire12 moisOui, pour l’employeur sponsorSalariés étrangers en CDD ou mission
Permis de travail « permanent »> 12 moisOui, pour l’employeur sponsorSalariés étrangers en emploi durable
Visa investisseurVariableOui, dans le cadre de l’entreprise investieEntrepreneurs, investisseurs
Nomad Digital Residence Visa (NDR)2 ansNon, uniquement travail à distance pour l’étrangerTélétravailleurs, freelances, entrepreneurs en ligne
Permis de séjour (résident)1 à 3 ans renouvelablesConditionné à un titre (travail, investissement, mariage, etc.)Résidents de long terme
Visa d’affairesCourt séjourNon, activités non assimilées à un emploi localMissions, réunions, prospection
Visa tourisme / eVisaCourt séjourNonSéjour touristique

Pour un expatrié qui souhaite un poste salarié dans une entreprise locale, le passage par le permis de travail est incontournable. Le processus est initié par l’employeur, qui dépose :

Exemple :

Pour obtenir un permis de travail, un étranger doit fournir un dossier complet incluant : un formulaire officiel de demande, une copie de passeport valide (au moins 6 mois après la date de départ prévue), des photos d’identité aux normes, un contrat de travail détaillé (poste, salaire, conditions), des preuves de qualification (diplômes, certificats, CV), un extrait de casier judiciaire des pays de résidence récents, un certificat médical, les documents d’enregistrement de l’entreprise employeur, des preuves de publication locale de l’offre d’emploi, un argumentaire justifiant le recrutement d’un étranger plutôt qu’un résident local, et le justificatif de paiement des frais administratifs.

Le délai de traitement pour un permis temporaire est généralement compris entre 2 et 6 semaines, mais peut monter à 4–12 semaines pour les dossiers plus complexes, notamment les permis de longue durée ou les visas investisseurs.

Nomad Digital Residence : vivre à Antigua-et-Barbuda sans travailler pour une entreprise locale

Pour les travailleurs à distance, Antigua-et-Barbuda a créé une voie spécifique : le Nomad Digital Residence (NDR) Visa. Il s’agit d’un statut de résidence de deux ans, conçu pour les personnes qui continuent à travailler pour des employeurs, entreprises ou clients situés hors du pays.

Les conditions d’éligibilité sont assez strictes :

avoir au moins 18 ans ;

justifier d’un revenu annuel minimum de 50 000 USD pour chacune des années de séjour ;

– être salarié d’une entreprise étrangère, entrepreneur ou freelance travaillant pour l’international ;

– présenter un casier judiciaire vierge ;

– disposer d’une assurance santé couvrant toute la durée du séjour.

Les frais d’application sont non remboursables et relativement élevés : 1 500 USD pour un demandeur seul, 2 000 USD pour un couple, 3 000 USD pour une famille (demandeur + jusqu’à 3 personnes à charge), plus 650 USD par dépendant supplémentaire.

Astuce :

Les titulaires du Nomad Residence Digital (NRD) d’Antigua-et-Barbuda n’ont pas le droit de travailler pour une entreprise locale ni de percevoir un revenu de source antiguanne ou barbudane. En contrepartie, ils bénéficient d’un environnement fiscal très avantageux : absence d’impôt sur le revenu, sur le patrimoine, sur les plus-values et sur les successions, à condition que leurs revenus restent dans le cadre offshore défini.

Chemins vers la résidence et la citoyenneté

Pour les expatriés envisageant un ancrage durable, plusieurs voies existent :

– par le travail : après 4 ans de résidence légale continue sous permis de travail, il est possible de solliciter un permis de résident ;

– par le mariage : après un an de mariage avec un citoyen du pays et résidence effective ;

– par l’investissement ou l’entrepreneuriat : sous certaines conditions après deux années d’activité et de permis de travail ;

– par la résidence fiscale : un programme distinct impose un revenu annuel d’au moins 100 000 USD, un séjour physique minimum de 30 jours par an et le paiement d’un impôt forfaitaire de 20 000 USD.

Enfin, la fameuse citoyenneté par investissement permet d’obtenir un passeport, moyennant un apport significatif (donation au fonds national, achat immobilier agréé, investissement d’affaires ou contribution au fonds universitaire).

VoieCondition principaleDélai indicatif
Résidence par travail4 ans de séjour légal continu avec permis de travailÀ partir de 4 ans
Résidence par mariage1 an de mariage avec un citoyen + résidenceDès 1 an
Résidence par investissement / indépendance financière2 ans de résidence légale et activité ou moyens suffisantsÀ partir de 2 ans
Résidence fiscaleRevenu ≥ 100 000 USD + 30 jours/an de présence + taxe fixe 20 000 USDRapide si conditions remplies
Citoyenneté par investissementContribution ou investissement (NDF, immobilier, business, UWI)3–6 mois en théorie, davantage avec les retards récents

Une économie de services dominée par le tourisme

Antigua-et-Barbuda est un cas typique de petit État insulaire en développement avancé : son économie dépend massivement du tourisme, qui représenterait entre 50 et 80 % du PIB selon les sources et les années. Environ la moitié de la population vit directement ou indirectement de ce secteur.

Les principales sources de visiteurs sont les États-Unis, le Canada et l’Europe. Sur le premier semestre 2024, le pays a enregistré plus de 176 000 arrivées « stay-over », soit une progression de 15 % en un an, pour des dépenses touristiques évaluées à plus de 750 millions de dollars.

Cette manne irrigue une myriade d’activités :

hôtels, resorts tout-inclus, boutiques de luxe, restaurants ;

croisières, excursions nautiques, yachting, plongée, sports nautiques ;

services de transport, guides touristiques, événementiel.

Secteurs à effets d’entraînement

Outre le tourisme, d’autres secteurs économiques majeurs ou en croissance génèrent des retombées positives significatives pour l’ensemble de l’économie.

Technologie et Numérique

Secteur en forte croissance, il stimule l’innovation, crée des emplois qualifiés et améliore la productivité de toutes les industries.

Énergies Renouvelables

Un secteur crucial pour la transition écologique, créateur d’emplois locaux et moteur d’investissements dans les infrastructures.

Logistique et Transport

Secteur vital qui facilite les échanges, soutient le commerce et permet le développement d’autres activités économiques.

Santé et Biotechnologies

Un domaine en expansion constante qui génère de la recherche, des emplois spécialisés et améliore le bien-être de la population.

Agroalimentaire

Secteur traditionnel mais innovant, essentiel pour l’autonomie et la sécurité alimentaire, avec un fort potentiel à l’export.

Construction Durable

Un secteur clé pour la rénovation et le développement des territoires, utilisant des méthodes et matériaux innovants.

les services financiers : le système bancaire du pays est l’un des plus importants de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale, représentant environ 20 % des dépôts et des actifs de la zone ;

– la construction et l’immobilier : notamment avec les projets de resorts haut de gamme, villas et infrastructures publiques ;

– l’aquaculture et la pêche, essentielles à l’alimentation locale et au tourisme ;

– les services d’externalisation (BPO, centres d’appels, support client), grâce au niveau d’anglais, à la main-d’œuvre qualifiée et aux coûts compétitifs ;

– l’agriculture (ananas « Antigua Black », coton, aviculture) et la gestion des déchets, stimulée par la nécessité de concilier croissance touristique et préservation environnementale.

L’Antigua and Barbuda Investment Authority (ABIA) joue un rôle central en accompagnant les investisseurs, avec des incitations comme des réductions d’impôts fonciers, des exonérations d’impôt sur le revenu pour certaines petites entreprises, des droits de douane réduits et une liberté de rapatrier les bénéfices.

Secteurs porteurs et postes accessibles aux expatriés

La conséquence logique de cette structure économique est que les opportunités pour étrangers se concentrent dans quelques secteurs, souvent sur des postes de niveau intermédiaire ou supérieur.

Tourisme et hôtellerie : premier pourvoyeur d’emplois, mais concurrence locale forte

Le tourisme est le principal employeur du pays et continue de créer des postes, en particulier dans l’hôtellerie, la restauration et les activités de loisirs. On retrouve régulièrement des besoins en :

direction et gestion hôtelière ;

chefs cuisiniers, responsables F&B ;

responsable qualité, revenue managers, marketing hôtelier ;

professionnels spécialisés dans le yachting ou la gestion de marinas.

Toutefois, pour les fonctions opérationnelles de base (réceptionniste, serveur, agent de ménage, etc.), les autorités privilégient très nettement les travailleurs locaux. Les permis de travail pour des postes peu qualifiés ont peu de chances d’aboutir, sauf compétences très spécifiques ou rareté avérée de main-d’œuvre.

Pour un expatrié, c’est donc généralement au niveau de l’encadrement, de la direction et des fonctions supports stratégiques (finance, RH, IT, marketing international) que se trouvent les vraies fenêtres de tir.

Finance, comptabilité, services aux entreprises

Le pays abrite un secteur financier développé pour sa taille, avec des banques locales et régionales, des prestataires de services financiers, des cabinets comptables et juridiques. Les postes accessibles aux étrangers sont typiquement :

analystes financiers et contrôleurs ;

managers financiers ;

auditeurs, experts-comptables ;

responsables conformité et risk managers.

Bon à savoir :

Les salaires dans la région sont plus élevés que dans l’agriculture ou les services basiques, mais généralement inférieurs à ceux de l’Amérique du Nord ou de l’Europe occidentale. Cette différence est en partie compensée par l’absence totale d’impôt sur le revenu.

Construction, ingénierie et immobilier : un secteur en tension

La construction est l’un des moteurs de croissance récents, estimée à près de 900 millions de dollars de valeur. Entre les resorts de prestige, les complexes résidentiels, les infrastructures publiques (routes, eau, logement) et les projets hôteliers, la demande en main-d’œuvre a explosé.

Les besoins couvre un spectre large :

ouvriers qualifiés, chefs d’équipe, conducteurs de travaux ;

ingénieurs civils, architectes, urbanistes ;

spécialistes en gestion de projet, économistes de la construction.

Attention :

Les autorités reconnaissent des pénuries de main-d’œuvre, envisageant d’attirer des travailleurs spécialisés hors de la Caraïbe. Ce secteur illustre une forte tension entre la protection de l’emploi local et la nécessité d’importer des compétences.

Santé, éducation, IT et services publics

Dans la santé, le principal hôpital public, le Mount St John’s Medical Centre, ainsi que le réseau de centres de santé, recherchent régulièrement :

infirmiers et infirmières ;

médecins généralistes et spécialistes ;

cadres de santé.

Les autorités ont mis en place des incitations pour améliorer l’attractivité des carrières infirmières : meilleur salaire, bourses de formation, plans de carrière. Pour un expatrié médecin ou infirmier hautement qualifié, les perspectives existent, même si les procédures d’équivalence et de reconnaissance de diplômes doivent être anticipées.

Dans l’éducation, les besoins portent sur des enseignants qualifiés, notamment dans le supérieur ou dans les établissements internationaux. Le développement de campus comme celui de l’Université des West Indies à Five Islands, ou d’institutions comme l’American University of Antigua (médecine), favorise ce type de profils.

Bon à savoir :

L’IT et les services numériques constituent un secteur de niche en croissance au Maroc, incluant le développement logiciel, le support technique, la cybersécurité, ainsi que l’administration systèmes et réseaux. De plus, l’essor des programmes pour nomades digitaux et des services d’outsourcing ouvre des perspectives pour des postes de management, de pilotage de centres de services ou de consultants.

Entrepreneuriat : créer plutôt que chercher un emploi

Pour de nombreux étrangers, monter sa propre activité est plus réaliste que décrocher un poste salarié. Les domaines potentiels sont nombreux :

tourisme de niche (éco-lodges, tours spécialisés, sports nautiques) ;

restauration, cafés, espaces de coworking ;

services aux expatriés et aux entreprises (conseil, comptabilité internationale, IT, formation) ;

agriculture de haute valeur ajoutée, transformation agroalimentaire ;

BPO et centres de services à distance.

L’ABIA accompagne les projets et la législation offre des incitations fiscales substantielles (par exemple une réduction de 75 % sur la taxe foncière et jusqu’à 5 ans d’exonération d’impôt sur le revenu pour certaines petites entreprises). En revanche, l’acquisition de biens immobiliers par des étrangers passe par un Alien Landholding License, et les financements bancaires peuvent se révéler difficiles à obtenir pour les non-citoyens.

Salaires, coût de la vie et pouvoir d’achat : l’équation à décrypter

Entrer sur le marché du travail d’Antigua-et-Barbuda implique de bien calibrer ses attentes financières. Les rémunérations, exprimées en dollar des Caraïbes orientales (XCD), sont globalement plus faibles qu’en Europe ou en Amérique du Nord, mais la fiscalité personnelle quasi inexistante et un coût de la vie inférieur à celui des grandes métropoles modifient l’équation.

Niveaux de salaires : une grande dispersion

Les estimations d’emplois et de salaires montrent une grande amplitude. Les moyennes mensuelles se situent généralement entre 3 000 et 4 800 XCD, soit environ 1 100 à 1 800 USD. Les revenus les plus bas tournent autour de 1 440 XCD (environ 530 USD), tandis que les hauts salaires peuvent atteindre ou dépasser 15 000 XCD (près de 5 600 USD).

Pour donner des ordres de grandeur, plusieurs sources avancent un revenu moyen mensuel autour de 4 500 XCD. Le tableau ci-dessous illustre quelques salaires annuels estimés pour des postes types en XCD :

Poste (annuel)Fourchette indicative (XCD)
Assistant administratif25 000 – 40 000
Comptable45 000 – 70 000
Coordinateur marketing35 000 – 55 000
Spécialiste support IT40 000 – 65 000
Réceptionniste d’hôtel20 000 – 35 000
Ouvrier du bâtiment20 000 – 35 000
Vendeur en magasin18 000 – 30 000
Manager intermédiaire60 000 – 100 000+

Pour les postes de management et de direction, les rémunérations mensuelles observées grimpent nettement :

Fonction (mensuel)Salaire moyen (XCD)Approx. USD
CEO13 158~4 870
Directeur IT12 429~4 600
Directeur centre d’appels11 990~4 440
Architecte IT10 260~3 800
Directeur financier9 360~3 460
Directeur des ventes9 348~3 450
Directeur général8 490~3 140
Business development manager7 280~2 690
Analyste business5 980~2 210
Analyste financier5 750~2 130
Chef de projet5 170~1 910

Dans les métiers de service de base, les rémunérations sont nettement plus modestes. Un employé de centre d’appels gagne couramment 10 à 15 XCD de l’heure, soit 4 à 6 USD environ. Le salaire minimum horaire se situe entre 8,20 XCD et 9,00 XCD selon les sources, soit environ 3,30 USD.

Comparaison régionale et internationale

En termes de moyenne salariale mensuelle en dollars, Antigua-et-Barbuda se situe dans une zone intermédiaire :

1

Le pays se situe au 1er rang mondial pour un indicateur donné, devant la Jamaïque, la République dominicaine, le Kazakhstan, l’Ukraine et le Pakistan, mais derrière Trinidad-et-Tobago, la Barbade et les grands pays développés.

Cette position médiane, combinée à l’absence d’impôt sur le revenu, rend l’île attractive pour certains profils, notamment ceux payés au-dessus de la moyenne locale (cadres, experts, télétravailleurs rémunérés par des entreprises étrangères).

Coût de la vie : élevé pour la Caraïbe, mais inférieur à l’Amérique du Nord et au Royaume-Uni

Le niveau de prix à Antigua-et-Barbuda est supérieur à celui de nombreux voisins caribéens comme la République dominicaine ou Grenade, mais inférieur à des destinations premium comme les îles Caïmans ou les Bahamas. D’après plusieurs indices, le coût de la vie du pays se situe légèrement en dessous de la moyenne mondiale, et environ 20 % plus bas que celui des États-Unis ou du Royaume-Uni.

Pour se faire une idée :

un célibataire peut vivre correctement avec 1 500 à 2 500 USD par mois ;

un couple a besoin de 2 500 à 4 000 USD ;

une famille de quatre personnes se situe plutôt entre 4 000 et 6 000 USD mensuels, hors dépenses exceptionnelles.

Les loyers varient fortement selon la localisation :

Type de logementLocalisationFourchette mensuelle (USD)
1 chambreCentre-ville~740 – 1 000
1 chambreHors centre~370 – 700
3 chambresCentre-ville~1 450 – 2 500
3 chambresHors centre~1 110 – 1 480

Les charges (électricité, eau, déchets) pour un appartement de 85 m² tournent autour de 240–300 USD par mois, et l’internet haut débit autour de 50–70 USD. Les transports publics restent abordables, avec un billet de bus à environ 1–1,40 USD et un abonnement mensuel d’une trentaine de dollars.

Bon à savoir :

Le Qatar n’applique aucun impôt sur le revenu, la fortune, les successions ou les plus-values, ce qui est très favorable pour les travailleurs qualifiés. Cependant, une TVA de 15 à 17 % s’applique sur de nombreux biens et services, et les droits d’importation, notamment sur les voitures, peuvent significativement augmenter le prix des produits importés.

Salaire, charges sociales et avantages

Même en l’absence d’impôt sur le revenu, les employés et leurs employeurs contribuent aux régimes sociaux. Pour un salarié du secteur privé, les cotisations sociales totales représentent environ 15 % des revenus assurables, dont 6,5 % à la charge du salarié et 8,5 % pour l’employeur (des chiffres légèrement différents circulent, avec parfois 16 % au total).

Les employeurs participent également au Medical Benefits Scheme (environ 3,5 % pour l’employeur et 3,5 % pour le salarié), qui finance l’accès à la santé publique. Les autres composantes de la rémunération peuvent inclure :

primes de performance ou de fin d’année (sans obligation légale de 13ᵉ mois) ;

heures supplémentaires, payées au minimum 150 % du taux horaire, voire 200 % dans certains cas ;

indemnités de transport, congés payés, primes de vacances.

Le cycle de paie est le plus souvent mensuel ou bimensuel, avec obligation de fournir un bulletin détaillant salaire brut, retenues et net versé.

Conditions de travail, temps de travail et congés

Le droit du travail d’Antigua-et-Barbuda est structuré autour d’un code du travail, de la loi sur l’indemnisation des travailleurs et des textes encadrant la sécurité au travail. Même si les détails peuvent varier selon les conventions et secteurs, quelques repères généraux s’appliquent à la plupart des salariés.

Horaires, heures supplémentaires et repos

Le temps de travail standard est d’environ 40 heures par semaine, avec un maximum légal de 48 heures. Les heures supplémentaires doivent être rémunérées à un taux au moins égal à 150 % du salaire horaire de base, et peuvent atteindre 200 % pour certaines périodes ou horaires.

Bon à savoir :

La durée quotidienne de travail est limitée, généralement à environ 12 heures. Le travail les week-ends ou jours fériés ouvre droit à une compensation. Tout salarié bénéficie d’un repos hebdomadaire d’au moins 24 heures consécutives.

Congés payés, maladie et maternité

Les droits aux congés annuels varient selon les sources, mais on retrouve globalement :

au moins 12 jours de congés annuels payés au sens strict dans certains textes ;

– dans d’autres synthèses, un total de 28 à 30 jours de congés annuels incluant ou non les jours fériés.

Les salariés bénéficient également d’un droit à congé maladie, avec prise en charge par la sécurité sociale sur des périodes pouvant aller jusqu’à 26 semaines. Le congé maternité légal est de 13 semaines, dont une partie avant l’accouchement. Les prestations maternité sont versées en partie par les régimes sociaux, à un taux d’environ 60 % du salaire.

Les jours fériés rémunérés comprennent notamment :

Jours fériés à Antigua-et-Barbuda

Liste des principaux jours fériés observés dans le pays.

Nouvel An

Célébration du premier jour de l’année civile.

Vendredi saint et Lundi de Pâques

Jours fériés chrétiens marquant la crucifixion et la résurrection de Jésus-Christ.

Fête du Travail

Journée internationale dédiée aux travailleurs.

Lundi de Pentecôte

Jour férié chrétien célébrant la descente du Saint-Esprit.

Carnaval

Deux jours de festivités, de défilés et de célébrations culturelles.

Fête de l’Indépendance

Commémoration de l’indépendance du pays, obtenue le 1er novembre 1981.

Journée V.C. Bird

Hommage à Sir Vere Cornwall Bird, premier Premier ministre et père de l’indépendance.

Noël et Boxing Day

Célébration de la Nativité le 25 décembre, suivie du lendemain de Noël (Boxing Day) le 26.

Licenciement, préavis et indemnités

La période d’essai pour un nouveau contrat est généralement de l’ordre d’un à trois mois selon les textes et les accords individuels. En cas de rupture du contrat, un préavis d’un mois est la norme pour la plupart des emplois.

Lorsque la rupture résulte d’un licenciement pour raisons économiques ou suppression de poste, une indemnité de licenciement peut être due après un an d’ancienneté, calculée à raison d’une journée de salaire par mois travaillé.

Recherche d’emploi : où et comment postuler ?

Trouver un emploi à Antigua-et-Barbuda ne se fait pas du jour au lendemain, surtout pour un étranger soumis à la concurrence des candidats locaux. La taille réduite du marché impose une stratégie ciblée.

Les principales sources d’offres sont :

Où chercher un emploi à Antigua-et-Barbuda

Découvrez les principales ressources en ligne et plateformes pour trouver des offres d’emploi dans l’archipel.

Portail officiel du gouvernement

Consultez les postes publics et les opportunités au sein de l’administration sur le site officiel www.ab.gov.ag.

Plateformes généralistes internationales

Explorez LinkedIn et Glassdoor, qui regroupent une communauté locale de plus de 40 000 utilisateurs.

Sites spécialisés caribéens

Ne négligez pas les job boards régionaux comme CaribbeanJobs pour cibler le marché local.

Autres job boards recommandés

Référez-vous aux plateformes citées dans les analyses sectorielles, telles que TotalJobs et Timesacsent.

Sites des grands employeurs

Visitez directement les sites des hôtels, groupes de construction, banques et institutions comme le Mount St John’s Medical Centre.

Parallèlement, les agences de recrutement présentes localement jouent un rôle non négligeable, notamment pour les postes qualifiés et la mise en relation avec des employeurs en tourisme, finance ou BTP. Les événements de recrutement organisés par l’Association des hôtels et du tourisme d’Antigua & Barbuda, ainsi que les réseaux professionnels liés aux universités (UWI, American University of Antigua) sont des lieux clés pour réseauter.

Pour les entreprises étrangères souhaitant embaucher à Antigua-et-Barbuda sans créer de filiale locale, des prestataires d’Employer of Record (EOR) peuvent prendre en charge la relation d’emploi, la paie, les cotisations et la conformité légale.

Un environnement numérique prêt pour le télétravail

Au-delà des postes salariés, Antigua-et-Barbuda cherche clairement à attirer les travailleurs à distance. Sur ce plan, l’infrastructure numérique est un atout croissant.

500

C’est la vitesse maximale en Mbps proposée par les offres internet fixe résidentielles sur l’île.

Les principaux fournisseurs sont l’opérateur public APUA (Inet), qui concentre environ 64 % du marché, et les acteurs privés Digicel et Flow. Le gouvernement a soutenu la modernisation par des investissements importants, notamment dans un nouveau câble sous-marin régional.

Pour un nomade digital, cela se traduit par un accès correct au haut débit, une offre d’espaces de coworking, des cafés avec Wi-Fi, et un fuseau horaire (Atlantic Standard Time) pratique pour travailler avec l’Europe et l’Amérique du Nord.

Opportunités réelles et limites pour les expatriés : à qui s’adresse le marché ?

Au final, le marché du travail d’Antigua-et-Barbuda offre des opportunités, mais elles restent ciblées et sélectives.

Les profils pour lesquels les perspectives sont les plus sérieuses sont :

les cadres et experts très qualifiés en hôtellerie haut de gamme, finance, construction, IT ou santé ;

les entrepreneurs et investisseurs prêts à monter une structure locale ou à investir dans des projets agréés ;

– les travailleurs à distance disposant déjà d’une activité internationale et utilisant le NDR ou d’autres statuts de résidence.

Bon à savoir :

Pour les personnes arrivant sur place sans contrat préalable pour un emploi peu qualifié, les chances d’obtenir un permis de travail légal sont très faibles. Le système est conçu pour protéger l’emploi local et n’accorde des autorisations qu’aux postes en tension ou aux profils rares.

Les principaux avantages pour un expatrié bien positionné sont :

un environnement politique stable et anglophone ;

une fiscalité extrêmement favorable sur les revenus personnels ;

– une qualité de vie élevée (climat, plages, style de vie détendu) ;

– une infrastructure numérique en progrès rapide, adaptée au télétravail ;

– des perspectives de résidence de long terme, voire de citoyenneté, via le travail, l’investissement ou des programmes dédiés.

Les contraintes et risques à ne pas sous-estimer incluent :

Bon à savoir :

Le marché de l’emploi est restreint en raison de la taille de l’île. Le coût de la vie peut être élevé, notamment pour les produits importés et l’immobilier haut de gamme. L’économie et les infrastructures sont vulnérables aux chocs climatiques comme les cyclones. Enfin, il faut anticiper des procédures administratives parfois longues et une concurrence locale pour les postes.

Pour un expatrié francophone, la barrière linguistique est faible puisque l’anglais est la langue officielle. La vraie barrière est juridique et économique : obtenir un statut de séjour adapté, un permis de travail et une offre d’emploi qui justifie, aux yeux des autorités, le recours à un profil étranger.

En résumé, Antigua-et-Barbuda n’est pas un Eldorado de l’emploi tous azimuts, mais un marché de niche pour expatriés qualifiés, investisseurs et travailleurs à distance. Bien préparé, avec un projet clair, une offre de compétences en phase avec les besoins locaux et une stratégie d’entrée réfléchie (permis de travail, NDR, investissement), il est toutefois possible d’y construire une trajectoire professionnelle viable, dans un cadre de vie que beaucoup ne connaissent qu’en mode vacances.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers Antigua-et-Barbuda pour alléger sa charge imposable, diversifier ses investissements internationaux et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités de résidence, structuration patrimoniale et mobilité), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice…), la stratégie retenue a ciblé Antigua-et-Barbuda pour son régime d’imposition attractif sur les revenus étrangers, l’absence d’IFI local, la possibilité de résidence ou citoyenneté par investissement, et un environnement dollar-caribéen stable. La mission a couvert : audit pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales FR–Antigua), obtention de la résidence via investissement immobilier, organisation de la couverture santé internationale, transfert de la résidence bancaire vers des établissements caribéens, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue et optimisation patrimoniale internationale. L’ensemble permet de profiter de gains fiscaux substantiels tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôles français.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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