Les démarches administratives pour vivre à Antigua-et-Barbuda

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Antigua-et-Barbuda ne se résume pas à attraper un vol pour les Caraïbes et poser ses valises sur une plage de sable blanc. Le pays a mis en place un ensemble très structuré de procédures pour accueillir investisseurs, retraités aisés, travailleurs à distance, familles et étudiants. Entre fiscalité ultra-légère, programmes de résidence et de citoyenneté par investissement, réglementation sur l’emploi, l’immobilier, le système de santé ou l’éducation, il faut savoir exactement dans quel cadre on souhaite vivre pour choisir la bonne voie administrative.

Bon à savoir :

Cet article détaille les démarches nécessaires pour s’installer durablement à Antigua-et-Barbuda. Il explique les différents statuts de résidence possibles et leurs implications pratiques sur la vie quotidienne, en se fondant sur les informations officielles disponibles.

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Comprendre le cadre légal et administratif avant de s’installer

Avant même de parler de formulaires, de visas ou de taxes, il est utile de comprendre comment le pays encadre juridiquement l’immigration et la résidence. Antigua-et-Barbuda est une monarchie constitutionnelle indépendante, membre du Commonwealth, dotée d’un système juridique de common law inspiré du modèle britannique.

Plusieurs textes structurent la question du séjour et de la nationalité :

Cadre juridique de l’immigration et de la citoyenneté

Principales lois régissant l’entrée, le séjour, le travail et l’acquisition de la citoyenneté.

Immigration and Passport Act

Régit l’entrée sur le territoire, la délivrance des permis de séjour et des passeports.

Citizenship Act

Encadre l’acquisition de la citoyenneté par la naissance, la filiation ou la naturalisation.

Citizenship by Investment Act

Régit spécifiquement la citoyenneté par investissement, gérée par la Citizenship by Investment Unit (CIU).

Foreign Nationals and Commonwealth Citizens (Employment) Act

Précise les conditions légales pour travailler sur le territoire.

Protection des données et lutte anti-blanchiment

Lois dédiées encadrant les démarches impliquant des flux financiers ou des investissements.

Plusieurs administrations interviennent dans les démarches d’installation : le Département de l’Immigration, la CIU, le Passport Office, le Labour Department (travail), la Royal Police Force (casier judiciaire, contrôle), et l’Inland Revenue Department (fiscalité). En cas de litige, le High Court of Justice, intégré à la Eastern Caribbean Supreme Court, peut être saisi.

En pratique, toute personne qui envisage de vivre à Antigua-et-Barbuda doit donc s’orienter très vite vers une voie principale de séjour : résidence « classique » (permis de résident), résidence fiscale, visa nomade, études, regroupement familial, ou citoyenneté (par investissement ou par naturalisation).

Choisir son statut de séjour : panorama des options

Les autorités antiguanes ont fait le choix assumé de multiplier les portes d’entrée pour attirer des profils variés, en particulier des investisseurs et des résidents à hauts revenus. Quatre grandes familles de statuts se distinguent : la résidence ordinaire, la résidence fiscale « premium », la résidence temporaire via le visa pour nomades numériques, et la citoyenneté (par investissement ou par naturalisation).

La résidence « classique » : s’installer durablement sans investissement massif

La voie la plus proche des systèmes classiques est le permis de résidence délivré par le Département de l’Immigration. Pour y prétendre, il faut déjà résider légalement dans le pays sur une certaine durée ou avoir un lien fort avec un citoyen antiguan.

Deux scénarios dominent :

une personne qui vit légalement et de façon habituelle à Antigua-et-Barbuda depuis au moins quatre ans peut demander une résidence permanente

un conjoint marié depuis au moins un an à un citoyen antiguan peut solliciter un statut de résident.

Dans la pratique, la demande de résidence permanente se fait au moyen d’un formulaire officiel adressé au ministère de la Justice (Ministry of Legal Affairs), avec toutes les pièces justificatives exigées par le Département de l’Immigration.

Parmi les documents typiquement demandés pour une demande de résidence standard figurent :

Attention :

Pour constituer un dossier complet, les pièces justificatives obligatoires incluent : la preuve de paiement des frais administratifs, un certificat de police d’Antigua-et-Barbuda ainsi que de tout pays de résidence de plus de six mois, un certificat médical, une attestation d’un organisme public confirmant les contributions fiscales, une copie de la page biographique du passeport, les actes de naissance et de mariage le cas échéant, et toute pièce supplémentaire exigée par le Chief Immigration Officer.

Ce statut ne donne pas automatiquement accès à la citoyenneté, mais il pose les bases d’une future naturalisation : la règle usuelle évoquée est une résidence légale d’environ sept ans, dont la dernière année immédiatement avant la demande, pour présenter un dossier de citoyenneté par naturalisation.

Le programme de résidence fiscale : un statut haut de gamme pour hauts revenus

Antigua-et-Barbuda se distingue par un dispositif de résidence fiscale taillé sur mesure pour les personnes disposant de revenus élevés et cherchant un environnement fiscal très avantageux. Mis en place dès les années 1990, ce programme de Tax Residency se situe à mi-chemin entre résidence et optimisation fiscale.

Pour être admis, il faut réunir plusieurs critères stricts :

être en mesure de justifier un revenu annuel d’au moins 100 000 $ US

– maintenir une résidence sur place (propriété ou bail de longue durée)

– passer au minimum 30 jours par an dans le pays

– verser un impôt forfaitaire annuel de 20 000 $ US.

Une fois admis, le bénéficiaire reçoit un certificat de résidence et un numéro d’identification fiscale (TIN). Ce statut est considéré comme permanent tant que les conditions sont remplies : résidence locale effective, seuil de revenu respecté, paiement de la taxe forfaitaire.

La liste de documents demandés pour ce programme inclut généralement : documents d’identité, justificatifs de domicile, relevés bancaires, et attestations de revenus.

Exemple :

Pour illustrer les exigences administratives, une demande de résidence peut nécessiter : un passeport valide, une photo d’identité, un certificat de police pour les personnes de plus de 16 ans, une attestation d’assurance maladie, des preuves du revenu minimum annuel (comme des relevés bancaires, contrats ou attestations), un justificatif de paiement de la taxe de 20 000 $, et des justificatifs du lien avec les personnes à charge déclarées.

Ce dispositif est particulièrement attractif dans un pays où l’impôt sur le revenu des personnes physiques a été supprimé en 2016, où il n’existe ni impôt sur la fortune, ni impôt sur les successions, ni taxe sur les plus-values.

Nomad Digital Residence : un visa de deux ans pour les télétravailleurs

Pour les travailleurs à distance qui ne souhaitent pas s’engager sur le long terme, Antigua-et-Barbuda a lancé un programme spécifique de Nomad Digital Residence (NDR). Il ne mène pas à la résidence permanente ni à la citoyenneté, mais permet de vivre sur place durant deux ans tout en travaillant pour des employeurs situés à l’étranger.

Les conditions sont claires :

avoir au moins 18 ans

être employé ou prestataire pour des entités situées hors d’Antigua-et-Barbuda

justifier de revenus annuels d’au moins 50 000 $ US

disposer d’un casier judiciaire vierge

souscrire une assurance santé couvrant la durée du séjour.

Le visa NDR est valable pour deux ans et n’est pas renouvelable. Il est géré par le Chief Immigration Officer, qui évalue les dossiers. Les pièces à fournir comprennent notamment :

Astuce :

Pour constituer un dossier de demande de visa complet, préparez les documents suivants : un passeport en cours de validité, une photo d’identité récente, et un certificat de police pour les personnes âgées de plus de 16 ans. Il est également nécessaire de fournir un certificat médical et une attestation d’assurance santé, ainsi que des preuves de revenus stables (tels que contrats de travail, lettres d’employeur ou relevés bancaires). Enfin, pour les personnes à charge, des justificatifs du lien familial sont requis.

Des frais de dossier sont prévus, par exemple 1 500 $ US pour le demandeur principal et 3 000 $ pour un couple ou une demande avec deux dépendants.

Un point important : ce statut ne permet pas de travailler pour une entreprise enregistrée localement. Toute activité économique doit rester orientée vers l’international.

Études, regroupement familial et autres voies de séjour

Le pays propose aussi des solutions de séjour temporaire ou de moyen terme liées aux études, à la famille ou au travail.

Un étudiant inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur antiguan (par exemple une université de médecine) peut obtenir un visa d’étudiant et un permis de résidence temporaire après au moins un an de scolarité. Le conjoint et les enfants peuvent, sous certaines conditions, rejoindre l’étudiant au travers de visas familiaux.

Les conjoints et enfants de résidents peuvent demander un permis de séjour familial. En cas de décès ou de divorce, le conjoint survivant ou divorcé doit demander son propre permis dans un délai de trois mois si son droit de résidence dérivait de celui du défunt ou de l’ex-conjoint.

Pour les travailleurs salariés, le Foreign Nationals and Commonwealth Citizens (Employment) Act prévoit un système de permis de travail pour les étrangers souhaitant être employés localement. Le permis de résidence seul ne suffit pas pour travailler : il faut une autorisation spécifique gérée par le Labour Department, sur la base d’une offre concrète d’un employeur antiguan.

La citoyenneté par investissement : un passeport et une résidence en quelques mois

Antigua-et-Barbuda est surtout connu pour son programme de Citizenship by Investment, l’un des plus rapides et les plus structurés des Caraïbes. Créé en 2013, il vise à capter des investissements étrangers substantiels en échange de la citoyenneté et, par ricochet, d’un droit de résidence à vie dans le pays.

Comment fonctionne le programme de citoyenneté par investissement

Le dispositif, encadré par une loi dédiée et ses règlements, est administré par la Citizenship by Investment Unit (CIU), une agence gouvernementale spécialisée. Aucun candidat ne peut déposer son dossier seul : l’intermédiation d’un agent agréé ou d’un cabinet habilité est obligatoire, ce qui permet de filtrer les dossiers et de professionnaliser les démarches.

La logique est simple : en contrepartie d’un investissement qualifié – don ou investissement immobilier ou d’entreprise –, le demandeur et sa famille obtiennent un certificat de citoyenneté et un passeport antiguan, dans un délai généralement compris entre trois et six mois (hors retards de traitement récents).

Le programme autorise la double citoyenneté, sans exigence de test linguistique ou de culture locale. Les candidats doivent cependant prêter un serment d’allégeance, en personne, à l’ambassade, en visioconférence ou sur le territoire.

Les principales options d’investissement et leurs montants

Quatre grandes voies d’investissement sont prévues, avec des montants minimum révisés à la hausse ces dernières années.

On peut résumer les options dans le tableau suivant :

Option d’investissementMontant minimum (USD)Nature de l’investissementDétails clés
Don au National Development Fund (NDF)230 000 env. pour une personne seule ou une famille de 4Don non remboursableOption la plus simple, contribution directe à un fonds public
Immobilier approuvé300 000+ (sources plus anciennes indiquent 200 000 ou 400 000)Acquisition d’un bien dans un projet approuvéDétention minimale de 5 ans, possibilité de revenus locatifs
Investissement d’entreprise1,5 M en solo ou 5 M en pool (min. 400 000 par co-investisseur)Participation dans une entreprise approuvéeSecteurs ciblés : tourisme, industrie, agriculture, technologie…
Don au Fonds UWI (University of the West Indies)260 000 pour une famille de 6+Don non remboursableInclut une bourse d’un an (frais de scolarité) à l’UWI pour un membre de la famille

Au-delà du montant d’investissement, le programme comporte une série de frais additionnels :

107800

Coût total estimé pour une famille de quatre personnes dans le cadre d’un programme d’immigration, incluant les frais gouvernementaux, de diligence raisonnable, d’entretien et de passeport.

Les montants totaux sont conséquents : pour une famille de quatre, une estimation typique dépasse aisément 260 000 $ via l’option NDF et grimpe au-dessus de 320 000 $ pour l’immobilier et 420 000 $ pour la voie business.

Un exemple de coûts globaux indicatifs :

Profil de dossierOptionCoût total estimé (USD)
Candidat seulNDF≈ 248 800 – 250 900
Famille de 4NDF≈ 267 500 – 269 700
Famille de 4Immobilier≈ 327 500 – 339 700
Famille de 4Business (joint)≈ 427 500 – 439 700

Conditions d’éligibilité et procédure étape par étape

Les critères d’admissibilité sont assez classiques pour un programme de ce type :

avoir au moins 18 ans

disposer de ressources suffisantes et d’une source de fonds clairement documentée

– avoir un casier judiciaire vierge et ne pas constituer un risque de sécurité nationale

– être en bonne santé

– accepter un contrôle de due diligence approfondi sur le demandeur principal et les dépendants majeurs.

Certains pays sont restreints (Afghanistan, Iran, Corée du Nord, Somalie, Yémen, Soudan, Russie, Biélorussie notamment). Des exceptions existent pour les personnes ayant quitté leur pays d’origine avant la majorité et résidant ailleurs depuis plus de dix ans, mais avec un examen renforcé et des frais supplémentaires.

Les membres de la famille pouvant être inclus sont nombreux : conjoint, enfants jusqu’à 30 ans s’ils sont dépendants ou étudiants, enfants de tout âge en cas de handicap, parents ou grands-parents de plus de 55 ans dépendants, frères et sœurs célibataires, futur conjoint (avec frais additionnels), conjoints et enfants futurs de dépendants.

La procédure se déroule en plusieurs phases bien balisées :

1. Choix d’un agent agréé : cabinet spécialisé enregistré auprès de la CIU. 2. Sélection de l’option d’investissement en fonction du budget et des objectifs (don simple, immobilier, business, fonds UWI). 3. Préparation du dossier : formulaires (AB1 à AB5, etc.), copies de passeports, actes de naissance, certificats de police de tous les pays de résidence significative depuis 18 ans, certificats médicaux avec tests VIH récents, références bancaires et professionnelles, preuves d’adresse, relevés bancaires, preuves de l’origine des fonds, contrats immobiliers si nécessaire. 4. Soumission via l’agent à la CIU, qui lance la due diligence et programme des interviews virtuelles pour les plus de 16 ans. 5. Décision de principe : lettre d’« approval in principle » en cas d’acceptation. 6. Réalisation effective de l’investissement dans un délai de 30 jours après l’approbation. 7. Serment d’allégeance à Antigua-et-Barbuda, à distance ou sur place. 8. Remise du certificat de citoyenneté (Certificate of Registration) et du passeport.

Bon à savoir :

La citoyenneté obtenue est permanente, mais elle est conditionnée pendant les cinq premières années. Il est obligatoire de respecter une présence minimale de cinq jours sur le territoire durant cette période. Le non-respect de cette exigence peut entraîner la révocation de la citoyenneté, sans aucun remboursement des montants investis.

Droits, avantages et obligations d’un nouveau citoyen

Devenir citoyen d’Antigua-et-Barbuda via l’investissement ouvre un large éventail de droits : vivre, travailler et étudier dans le pays, mais aussi dans d’autres États membres de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECS). La citoyenneté est transmissible aux enfants à naître et à un futur conjoint, sous conditions et moyennant des frais.

Le passeport antiguan figure parmi les plus solides de la région, offrant un accès sans visa ou avec visa à l’arrivée dans plus de 150 pays (chiffres variables selon les sources, de 130 à 164), incluant le Royaume-Uni, l’espace Schengen, Singapour, Hong Kong, la Chine ou la Russie. Les titulaires peuvent par ailleurs demander assez aisément un visa B1/B2 de dix ans pour les États-Unis.

Sur le plan fiscal, le pays ne prélève pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques, ni sur la fortune, ni sur les successions, ni sur les plus-values, ce qui en fait un environnement très attractif pour des familles fortunées qui deviennent résidentes.

En contrepartie, les nouveaux citoyens s’inscrivent dans un système de conformité internationale strict : le pays applique la norme d’échange automatique de renseignements (CRS) de l’OCDE avec plus de 150 juridictions, a signé de multiples accords d’échange de renseignements fiscaux (TIEAs) et plusieurs conventions de non double imposition, tout en respectant les obligations de lutte contre le blanchiment.

Vivre à Antigua-et-Barbuda : fiscalité, banque et coût de la vie administrative

Une fois le statut de résident ou de citoyen sécurisé, la priorité des nouveaux arrivants est souvent de comprendre les implications financières concrètes : fiscalité, ouverture de compte, achat de biens, coût des assurances.

Un régime fiscal taillé pour les résidents fortunés

Antigua-et-Barbuda a supprimé l’impôt sur le revenu des personnes physiques en 2016. Cette suppression est au cœur de l’attractivité du pays : les résidents ne paient pas d’impôt sur leurs revenus mondiaux, ni sur les plus-values, ni sur un éventuel patrimoine global, ni sur les héritages.

Le financement de l’État repose donc principalement sur des taxes indirectes : taxe de vente (ABST), droits de douane, impôts sur les sociétés, taxes sur les transactions immobilières.

Les principaux prélèvements à connaître sont :

Système fiscal d’Antigua-et-Barbuda

Présentation des principaux impôts et taxes applicables à Antigua-et-Barbuda, incluant la TVA locale, l’impôt sur les sociétés et les taxes liées à la propriété.

ABST (Taxe sur les ventes)

Équivalent d’une TVA. Taux standard de 15%, avec des taux réduits (ex: 14% ou 12.5% pour l’hôtellerie) et des exemptions (aliments de base, électricité, exportations…). Immatriculation et déclaration mensuelle obligatoires pour les entreprises dépassant un certain seuil.

Impôt sur les sociétés

Taux général de 25% sur les bénéfices. Taux spécifiques pour certains secteurs (banques, assurances, télécoms). Régimes très favorables pour les International Business Companies (IBC) à activité offshore.

Taxe foncière annuelle

Taxe modérée, entre 0.1% et 0.5% de la valeur estimée du bien. Le taux varie selon l’usage du terrain : agricole, résidentiel ou autre.

Droits d’enregistrement immobilier

Droits de timbre applicables à l’achat et à la vente. Des taxes additionnelles peuvent s’appliquer pour les non-résidents sur la plus-value du bien.

Cotisations sociales

Contributions des salariés et employeurs. Elles financent notamment le Medical Benefits Scheme et le régime de santé national.

Le tableau suivant synthétise les principaux impôts et charges affectant les personnes résidant sur place :

Type de prélèvementApplicabilitéTaux indicatif
Impôt sur le revenu des particuliersAbsent0 %
Impôt sur la fortuneAbsent0 %
Impôt sur les successionsAbsent0 %
Impôt sur les plus-valuesAbsent0 %
ABST (taxe de vente)Biens et services15 % standard, taux réduits pour certains secteurs
Impôt sur les sociétésBénéfices des entreprises résidentes25 % (taux réduits possibles)
Taxe foncièreValeur du bien0,1–0,5 % par an
Droits de timbre achat immobilierÀ la charge de l’acheteur2,5 % de la valeur
Droits de timbre vente immobilierÀ la charge du vendeur7,5 % de la valeur (plus 5 % d’appréciation pour non-résident)

Pour les non-résidents, une retenue à la source peut s’appliquer sur certains revenus d’origine antiguan (dividendes, intérêts, redevances), à des taux cités entre 12,5 % et 25 %.

Ouvrir un compte bancaire et organiser ses finances

Le système bancaire local est supervisé par la Eastern Caribbean Central Bank et considérablement régulé, notamment pour lutter contre le blanchiment. Plusieurs banques commerciales de bonne taille sont présentes (ACB Caribbean, Eastern Caribbean Amalgamated Bank, Caribbean Union Bank, Global Bank of Commerce, CIBC FirstCaribbean, etc.), auxquelles s’ajoutent des établissements de développement ou des banques offshore.

Attention :

Résidents et non-résidents peuvent ouvrir un compte, en personne ou à distance, mais la procédure est rigoureuse en matière de KYC (Know Your Customer).

passeport et second justificatif d’identité

justificatif de domicile récent

– lettres de recommandation bancaire ou professionnelle pour les étrangers

– preuves d’emploi ou de revenus (contrats, attestations, factures, déclarations de revenus)

– pour une société : statuts, registre des actionnaires, certificat de bonne standing, pièces d’identité des bénéficiaires effectifs, organigramme, états financiers récents.

Les comptes peuvent être tenus en dollars des Caraïbes orientales (XCD) – monnaie officielle, indexée à 2,70 XCD pour 1 USD –, mais aussi en dollars américains, et parfois en euros, livres ou dollars canadiens, notamment via les banques ayant une vocation internationale.

Les frais courants restent raisonnables :

une dizaine de dollars américains par mois pour la tenue d’un compte en devises

quelques dollars pour les virements en ligne domestiques

– frais plus élevés (à partir de 50 $) pour les transferts internationaux

– dépôt minimum d’activation souvent à partir de 400 $ pour un compte courant, davantage pour des comptes d’épargne en USD ou des dépôts à terme.

Pour un investisseur ayant obtenu la citoyenneté par investissement, l’ouverture de compte est généralement plus fluide, car il est devenu résident officiel et dispose du passeport national.

Acheter un bien et se loger : licences, taxes et procédures

L’immobilier est un volet central des démarches administratives pour s’installer à Antigua-et-Barbuda, qu’il s’agisse de louer ou d’acheter. Les règles sont assez permissives, mais les étrangers sont soumis à une formalité clé : l’Alien Landholding Licence.

L’Alien Landholding Licence : passage obligé pour les acheteurs étrangers

Tout ressortissant étranger qui n’est pas citoyen antiguan doit obtenir une licence d’acquisition foncière pour devenir propriétaire d’un terrain ou d’un bien immobilier, sauf s’il investit via le programme de citoyenneté par investissement (où la licence est alors dispensée).

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Le coût standard de la licence délivrée par le ministère de la Justice est de 5 % du prix d’achat du bien.

L’obtention prend généralement entre trois et six mois et conditionne la finalisation de la vente : le transfert de propriété ne peut être enregistré qu’une fois la licence accordée.

Étapes administratives pour acquérir un bien

La chronologie d’un achat immobilier par un étranger se déroule typiquement ainsi :

Exemple :

L’acquisition d’un bien immobilier à Saint-Christophe-et-Niévès par un non-résident suit une procédure spécifique. Elle débute par la recherche du bien et la négociation du prix. Un dépôt de réservation (1 à 10% du prix) est ensuite versé pour retirer le bien du marché. L’acheteur doit engager un avocat local pour vérifier le titre de propriété, rédiger le contrat et déposer la demande de licence (Alien Landholding Licence). Cette demande nécessite des documents comme le passeport, des preuves de fonds et le contrat de vente provisoire. Après signature du contrat définitif et versement d’un dépôt plus important (environ 10%), la licence est obtenue. La transaction se finalise (closing) par le paiement du solde et l’enregistrement de l’acte au Land Registry. L’acheteur paie des droits de timbre de 2,5%. Le vendeur non-résident est soumis à une taxe de vente de 7,5% et à une taxe d’appréciation de 5% sur la plus-value.

Au total, pour un acheteur étranger, il faut anticiper des frais additionnels (licence, droits de timbre, honoraires d’avocat) représentant entre 8,5 et 15 % du prix d’achat.

Une fois propriétaire, le résident acquitte une modeste taxe foncière annuelle et, s’il loue son bien, doit tenir compte d’éventuelles retenues fiscales sur les revenus locatifs, surtout s’il reste non-résident sur le plan fiscal.

Santé, éducation, conduire, importer ses biens : la vie pratique encadrée

Vivre durablement à Antigua-et-Barbuda implique aussi de se confronter à d’autres administrations : santé publique et privée, écoles, autorités routières, douanes. Ces dimensions sont souvent sous-estimées mais peuvent conditionner la réussite d’un projet d’installation.

Santé : un système public accessible, une assurance privée quasi indispensable

Le système de santé est majoritairement public, financé par l’État et par un régime de type sécurité sociale, le Medical Benefits Scheme, alimenté par une taxe sur les salaires (3,5 % à la charge de l’employeur et 3,5 % pour le salarié). Ce régime offre une couverture universelle pour les résidents en situation régulière, y compris des soins de santé mentale et des médicaments pour certaines maladies chroniques.

L’hôpital public principal, Sir Lester Bird Medical Centre, dispose de services d’urgences, de maternité, de réanimation, de chirurgie, de pédiatrie, de dialyse, d’oncologie, et joue également un rôle de centre de formation. Des cliniques publiques de proximité (25 centres de santé répartis en six districts) assurent les soins primaires, à moins de trois kilomètres de la plupart des agglomérations.

Bon à savoir :

Le système de santé local comprend un secteur privé dynamique (hôpitaux, centres spécialisés, cabinets) offrant des prestations confortables mais souvent coûteuses. Il est donc recommandé aux résidents étrangers de souscrire une assurance santé privée internationale ou régionale. Cette assurance doit impérativement inclure la couverture des évacuations médicales, certaines spécialités n’étant pas suffisamment développées sur place.

Éducation : un système aligné sur le modèle britannique, des écoles internationales pour les expatriés

Pour les familles, l’inscription des enfants à l’école est une démarche cruciale. L’éducation est gratuite et obligatoire de 5 à 16 ans (voire 18 ans selon certaines sources), dans un système largement calqué sur le modèle britannique.

Les étrangers peuvent inscrire leurs enfants dans des écoles publiques, mais beaucoup de familles expatriées optent pour des établissements privés ou internationaux qui proposent des curriculums reconnus à l’international (International Baccalaureate, programmes britanniques ou nord-américains). Les procédures d’inscription relèvent soit du ministère de l’Éducation, soit directement des écoles, qui exigent généralement :

certificat de naissance

preuve de résidence

dossiers et bulletins scolaires antérieurs

parfois un certificat médical.

L’instruction à domicile est autorisée, mais encadrée : les parents doivent obtenir l’accord du ministère, présenter un plan éducatif pluriannuel et se conformer au programme prescrit.

Conduire : permis local, permis international et règles de circulation

Pour un nouveau résident, la question de la conduite est plus encadrée qu’il n’y paraît. Les visiteurs doivent obtenir un permis de conduire temporaire antiguan (valable trois mois, délivré par les loueurs de voitures ou les postes de police) sur présentation de leur permis national et du permis de conduire international (IDP), lorsqu’il est requis.

Astuce :

Les nouveaux résidents peuvent utiliser leur permis d’origine pendant quelques mois. Passé ce délai, l’obtention d’un permis local est obligatoire. Cette démarche nécessite de passer un examen théorique et un examen pratique, après avoir suivi une formation dans une auto-école agréée. Il faut également fournir les pièces justificatives habituelles : une pièce d’identité, des photos d’identité et un certificat médical. Une fois obtenu, le permis est valable pour plusieurs années, selon la catégorie du véhicule, et peut être renouvelé.

Les règles de circulation sont classiques pour un pays de tradition britannique : conduite à gauche, port de la ceinture obligatoire, interdiction d’utiliser un téléphone au volant, limitation du taux d’alcoolémie, limites de vitesse en mph ou km/h selon les zones. Les contrôles routiers, amendes et éventuelles suspensions de permis sont gérés par les forces de police et l’autorité de délivrance des licences.

Importer ses biens, ses animaux et son véhicule : passer par la case douane

Un projet de vie souvent implique d’acheminer des effets personnels, parfois un véhicule ou des animaux de compagnie. Les formalités douanières sont loin d’être anecdotiques.

Attention :

Pour le déménagement de biens personnels, les douanes exigent un dossier complet (passeport, connaissement, facture, inventaire détaillé en anglais). Des droits et taxes, souvent supérieurs à 60% de la valeur CIF, sont applicables. Les exonérations sont réservées à certains profils comme les diplomates.

Les résidents disposent d’allocations de franchise relativement modestes pour les achats personnels (alcools, tabac, petits montants de marchandises), au-delà desquelles les droits standard s’appliquent.

Pour l’importation d’animaux, la réglementation sanitaire est stricte : licence vétérinaire préalable, certificat de vaccination (rabique notamment), certificat de bonne santé et traitement antiparasitaire récent, micro-puce. Certaines races de chiens (type pitbull) sont interdites, sauf preuve officielle d’une autre race.

Les véhicules sont, eux, très lourdement taxés, avec des droits calculés selon la cylindrée et la valeur CIF, pouvant atteindre plus de 100 % pour les grosses motorisations. Des restrictions dimensionnelles existent, et la documentation requise (certificat de propriété, factures, licences) doit être complète.

Conclusion : choisir sa stratégie de résidence en fonction de son projet de vie

Vivre à Antigua-et-Barbuda exige un vrai travail de préparation administrative, mais l’architecture globale est claire : à chaque profil correspond une voie privilégiée.

Exemple :

Un entrepreneur fortuné privilégiera la citoyenneté par investissement pour la sécurité juridique et la fiscalité légère. Un télétravailleur indépendant optera pour un visa Nomad Digital Residence de deux ans, sans accès à la résidence permanente. Un couple mixte déjà implanté localement choisira la résidence classique en vue d’une future naturalisation. Un étudiant ou salarié expatrié suivra les procédures traditionnelles de visas d’études ou de travail, avec renouvellements périodiques.

Dans tous les cas, certaines étapes sont incontournables : obtention des certificats de police et médicaux, structuration de la preuve de revenus et de l’origine des fonds, compréhension des conséquences fiscales dans le pays d’origine (notamment pour les citoyens américains qui restent tenus de déclarer leurs revenus au fisc des États-Unis), ouverture de comptes bancaires, choix d’une protection santé privée, organisation de la scolarité des enfants et, pour ceux qui achètent, navigation entre licence foncière, taxes et droits d’enregistrement.

Bon à savoir :

Antigua-et-Barbuda mise sur la transparence et la conformité aux standards internationaux (OCDE, FMI) pour rester attractif. Pour l’investisseur, cela implique un niveau de contrôle élevé mais offre une sécurité juridique une fois les démarches terminées. Il est crucial de s’entourer de professionnels compétents (agents, avocats, fiscalistes) et de respecter scrupuleusement les procédures. En contrepartie, le pays offre un cadre de vie avantageux alliant simplicité fiscale, stabilité politique et qualité de vie tropicale.

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Un futur retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier européen de plus d’un million d’euros, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire durablement sa pression fiscale et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités d’immigration, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs options (Portugal, Maurice, Grèce, Chypre), la stratégie retenue a consisté à cibler Antigua‑et‑Barbuda, pour ses programmes de résidence attractifs pour les investisseurs, son environnement fiscal très favorable aux revenus et au patrimoine financier étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune et de droits de succession locaux, ainsi que son cadre de vie caribéen stable. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions France–Antigua‑et‑Barbuda), obtention de la résidence via investissement, détachement ou couverture santé privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français (183 jours, centre d’intérêts économiques), intégration dans un réseau local d’experts bilingues et optimisation de la transmission internationale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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