Vivre et respecter l’islam aux Maldives : guide pratique pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer aux Maldives, ce n’est pas seulement poser ses valises au bord d’un lagon turquoise. C’est aussi entrer dans une société où l’islam structure la loi, le rythme de la journée, le calendrier, l’éducation, les codes sociaux et jusqu’aux menus des restaurants. Pour un expatrié, comprendre ces pratiques religieuses locales n’est pas un simple geste de politesse : c’est une condition pour s’intégrer, éviter des faux pas parfois graves et, surtout, construire des relations de confiance avec les Maldiviens.

Bon à savoir :

Ce guide pratique fournit aux expatriés les repères et conseils concrets pour comprendre et s’adapter au quotidien dans un pays officiellement et entièrement musulman, dans un objectif de sérénité, sans jugement ni théorie.

Un pays où l’islam est au cœur de l’identité nationale

Aux Maldives, l’islam n’est pas une simple majorité religieuse : il est inscrit dans la Constitution comme fondement de l’État et de la citoyenneté. Tous les citoyens doivent être musulmans, et plus précisément sunnites, ce qui place la religion au cœur du contrat social.

Le texte constitutionnel de 2008, parfois appelé « Fehi Gānoon », fixe plusieurs principes essentiels. D’abord, aucune loi ne peut contredire un précepte de l’islam. Ensuite, la citoyenneté est explicitement réservée aux musulmans : un Maldivien qui renoncerait publiquement à l’islam risque non seulement des sanctions pénales, mais aussi la perte de sa nationalité. Les postes de président, de ministre, de parlementaire et de juge sont réservés aux sunnites.

Exemple :

Le système juridique combine la charia, principalement selon l’école sunnite shaféite, et des éléments de common law d’inspiration anglaise. En pratique, le droit de la famille et une grande partie du droit pénal sont directement inspirés de la loi islamique, tandis que d’autres domaines juridiques suivent des modèles plus modernes. Cela illustre l’imbrication entre la religion et l’État.

Pour un expatrié, il en découle une conséquence très concrète : la liberté religieuse est fortement encadrée. Les non-musulmans ont le droit de pratiquer leur foi uniquement en privé. Toute forme de culte public non islamique, de prosélytisme ou d’importation d’objets considérés comme « contraires à l’islam » (statues pour le culte, certains livres religieux, etc.) est interdite. L’apostasie est théoriquement punissable de mort depuis 2014 au-delà d’un très jeune âge. Autrement dit, il est crucial de ne jamais se livrer à des discussions ou actions pouvant être interprétées comme une tentative de conversion.

Héritage historique : d’un archipel bouddhiste à un État sunnite

Pour saisir l’importance actuelle de l’islam, il faut regarder le passé de l’archipel. Pendant plus d’un millénaire, les Maldives ont été majoritairement bouddhistes, avec également des influences hindoues. Des stupas, monastères et temples parsemaient de nombreuses îles. Des fouilles ont identifié près de soixante sites bouddhiques sur l’archipel.

Selon la tradition, il convainquit le roi Dhovemi de se convertir à l’islam vers 1153, après avoir sauvé l’archipel d’un démon marin nommé Rannamaari. Le roi, devenu musulman, prit le nom de Sultan Muhammad al-Adil.

Abu al-Barakat Yusuf al-Barbari, érudit sunnite

Des variantes de cette histoire identifient Abu al-Barakat comme originaire du Maghreb, de Perse (Yusuf Shams al-Din al-Tabrizi) ou de la région de Berbera dans l’actuelle Somalie. Mais quel que soit le détail, la rupture religieuse a été profonde : destruction de statues et monastères, transformation de temples en mosquées, adoption progressive de l’arabe comme langue savante, intégration de la jurisprudence malékite puis, plus tard, shaféite.

Ce tournant est aujourd’hui commémoré chaque année par une fête officielle, « le Jour où les Maldives ont embrassé l’islam », marquée par des conférences, des sermons et des célébrations qui rappellent aux Maldiviens que leur identité nationale est intimement liée à l’islam.

La mosquée, cœur de la vie religieuse et sociale

Sur chaque île habitée, la mosquée est un point névralgique. On en compte plusieurs par île, et plus d’une trentaine rien qu’à Malé. Elles ne servent pas seulement de lieux de prière, mais aussi de centres communautaires, d’espaces d’apprentissage et de socialisation.

Attention :

Une mosquée typique comprend une salle de prière orientée vers la Kaaba, indiquée par un mihrab décoré. Elle dispose également d’un minbar pour le sermon et peut être accompagnée d’un minaret d’où le muezzin lance l’appel à la prière.

Les mosquées maldiviennes traditionnelles, en particulier sur les îles anciennes, se distinguent par l’usage du corail comme matériau de construction, des toits en tôle ondulée ou chaume, et des décors mêlant calligraphie coranique, motifs floraux et géométriques. Le Hukuru Miskiy de Malé, souvent appelé Vieux vendredi mosque, bâti au XVIIᵉ siècle, en est un exemple spectaculaire, avec ses murs de corail gravés de versets.

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La Grand Friday Mosque de Malé est caractérisée par un dôme doré unique et de vastes espaces de prière.

Pour les expatriés, les mosquées sont à la fois un marqueur sonore, avec l’appel à la prière diffusé cinq fois par jour, et un indicateur du tempo social : les horaires de travail, d’ouverture des commerces et même des transports s’ajustent autour des prières, surtout le vendredi.

Comprendre le rythme quotidien : les cinq prières et le vendredi

L’islam structure la journée autour de cinq prières obligatoires (salat ou salah). Chacune correspond à un moment précis déterminé par la position du soleil : Fajr à l’aube, Dhuhr en milieu de journée, Asr dans l’après-midi, Maghrib au coucher du soleil, Isha en début de nuit. Les mosquées annoncent l’adhan, l’appel à la prière, à chaque horaire, suivi de l’iqamah juste avant le début de la prière en congrégation.

Astuce :

Aux Maldives, les cinq prières quotidiennes rythment la vie économique et sociale. De nombreux bureaux, boutiques et services ferment brièvement, généralement pour une quinzaine de minutes, à chaque appel à la prière. Le vendredi, jour le plus sacré, le ralentissement est plus marqué : la grande prière de midi (Jumu’ah) attire des foules importantes, conduisant à la fermeture des administrations et commerces vers 11h00. Ces derniers ne rouvrent qu’en début d’après-midi.

Un expatrié qui travaille sur une île locale ou à Malé doit donc intégrer ce rythme. Planifier une réunion au moment de la prière de vendredi midi, ou insister pour maintenir une activité commerciale à ce créneau, serait perçu comme un manque de respect flagrant. Sur un plan pratique, il est judicieux de garder en tête que le week-end officiel s’étend du vendredi au samedi, et non du samedi au dimanche.

Tableau – Rythme hebdomadaire et prière du vendredi

ÉlémentDétail
Jours ouvrés officielsDimanche à jeudi
Week-endVendredi et samedi
Prière centraleJumu’ah (vendredi, autour de midi)
Effet sur la vie proFermeture des bureaux/commerces pour la prière, réouverture l’après-midi

Au-delà de l’horaire, la prière elle-même consiste en séquences codifiées de postures (unité appelée rakat) : station debout, inclinaison, prosternation, assise. Les fidèles se tiennent épaule contre épaule, hommes et femmes étant séparés, soit dans des espaces distincts, soit via un cloisonnement. Les non-musulmans n’y participent pas, mais peuvent parfois observer discrètement depuis un endroit réservé, selon les règles locales.

Ramadan : le mois qui transforme le pays

Le neuvième mois du calendrier islamique, Ramadan (appelé localement Roadha Mas ou Ramazan), est l’événement religieux majeur de l’année. Dans un pays où pratiquement toute la population citoyenne jeûne, l’impact sur le quotidien est spectaculaire.

Du point de vue religieux, le mois commémore la révélation du Coran. Les musulmans s’abstiennent de manger, boire, fumer et avoir des relations conjugales entre l’aube (Fajr) et le coucher du soleil (Maghrib). La nuit est rythmée par des prières supplémentaires, les tarawih, et parfois une prière tardive appelée Dhamu Namaadhu. L’une des dernières nuits, la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr), est particulièrement recherchée pour ses mérites spirituels.

Bon à savoir :

Pendant le Ramadan, la société maldivienne change de fuseau horaire. Les administrations ont des horaires réduits (ex: 9h-13h30) et de nombreuses entreprises privées ferment l’après-midi. Les services de transport (bus, ferries) et les commerces s’arrêtent à l’approche du coucher du soleil pour l’iftar. Les cafés et restaurants locaux ferment la journée et rouvrent le soir, souvent jusqu’à très tard (parfois 3h du matin).

Tableau – Journée type pendant Ramadan sur une île locale

MomentPratique dominante
Avant l’aubeSuhoor (repas pré-dawn), prière de Fajr
MatinTravail avec horaires réduits, rues calmes
Milieu de journéePrière de Dhuhr, activité ralentie
Après-midiPrière de Asr, préparation de l’iftar
Coucher du soleilIftar (rupture du jeûne), prière de Maghrib
SoiréeTarawih à la mosquée, vie sociale et commerciale animée jusque tard

Pour un expatrié, vivre Ramadan aux Maldives implique plusieurs ajustements. D’abord, sur le plan du respect : manger, boire (même de l’eau) ou fumer ostensiblement en public sur une île locale pendant la journée est considéré comme une provocation. Il est préférable de consommer discrètement dans un espace privé ou réservé aux étrangers, en particulier si l’on travaille ou réside en dehors d’une île-hôtel.

Conseils pratiques pendant le Ramadan

Pour bien vivre le Ramadan dans un pays musulman, voici quelques aspects logistiques et sociaux à connaître.

Anticipez les changements logistiques

Prévoyez les fermetures de restaurants en journée, les horaires spéciaux des transports et la réduction des services administratifs.

Acceptez une invitation à l’iftar

Accepter de partager le repas de rupture du jeûne est un signe fort de respect. Habillez-vous modestement, mangez de la main droite et laissez l’hôte lancer le repas.

Ramadan se clôt par la fête de l’Eid al-Fitr (souvent appelée Kuda Eid), célébrée plusieurs jours. La journée commence par une grande prière collective, parfois dans des espaces ouverts, suivie de visites familiales, de repas festifs, de distribution d’aumônes (Fitr Zakaath) et de jeux traditionnels. Quelques mois plus tard, l’Eid al-Adha (Bodu Eid), lié au pèlerinage à La Mecque, donne lieu à des sacrifices d’animaux, des rassemblements familiaux et des célébrations plus longues encore, souvent l’occasion de voyager d’île en île pour rendre visite aux proches.

Entre îles locales et îles-hôtels : deux réalités religieuses en parallèle

Une spécificité des Maldives tient à la séparation géographique entre les îles habitées par les locaux et la majorité des resorts, installés sur des îles distinctes. Sur ces dernières, destinées surtout aux touristes étrangers, les règles sont nettement plus souples : l’alcool y est servi, la tenue est beaucoup plus décontractée et les horaires ne suivent pas strictement les temps de prière.

Cependant, ce « relâchement » reste circonscrit. L’alcool, par exemple, ne peut pas être apporté dans le pays par les voyageurs : il est confisqué à l’aéroport et rendu au départ. Sa vente et sa consommation restent illégales sur les îles locales, même entre étrangers. Offrir de l’alcool à un Maldivien est non seulement malvenu, mais également illégal.

Bon à savoir :

Sur les îles habitées, le code vestimentaire, les comportements publics et la restauration respectent les normes islamiques. Tous les aliments sont halal (aucun porc), l’alcool est absent, et les horaires commerciaux s’alignent sur les prières. Les manifestations publiques, y compris festives, sont encadrées par des règles religieuses, comme l’interdiction des danses mixtes.

Tableau – Comparaison rapide île locale / île-hôtel

AspectÎle locale (habitée)Île-hôtel (resort)
Tenue vestimentaireModeste, épaules et genoux couvertsMaillots autorisés sur la plage, code plus détendu
AlcoolInterdit, même pour les étrangersAutorisé dans les bars et restaurants du resort
Nourriture100 % halal, aucun porcLargement halal, porc parfois disponible et signalé
Rythme de la journéeAligné sur les prières, fermetures fréquentesActivités touristiques continues
Comportements publicsPDA très mal vus, forte retenuePlus de tolérance, mais nudité toujours interdite

Pour un expatrié vivant sur une île locale ou à Malé, il est essentiel de se comporter comme dans un pays musulman conservateur : vêtements couvrants, retenue dans les gestes d’affection, attention redoublée pendant Ramadan. Pour celui ou celle qui réside dans un resort, il est facile d’oublier ce cadre religieux en restant dans la « bulle » touristique, mais la prise de conscience devient indispensable dès que l’on se rend sur une île habitée, pour des raisons professionnelles ou personnelles.

Se vêtir avec respect : modestie et différences de contexte

Le principe directeur en matière d’habillement sur les îles locales est la modestie. Cela vaut aussi bien pour les hommes que pour les femmes, même si la pression sociale est plus forte sur ces dernières.

Bon à savoir :

Dans les espaces publics des îles habitées, les hommes doivent porter des pantalons ou bermudas couvrant les genoux, ainsi qu’un haut à manches ; le torse nu est inacceptable. Les femmes locales portent généralement des vêtements amples couvrant chevilles et poignets, souvent avec un hijab. Le niqab est porté par certaines, mais n’est pas universel.

Un expatrié ou une expatriée n’est pas juridiquement tenu de se couvrir la tête, mais il ou elle doit veiller à couvrir épaules et genoux au minimum. Un pantalon léger, une jupe longue, une robe large, combinés à un haut non transparent et à manches, sont des choix appropriés. Sur les plages publiques des îles habitées, les bikinis sont proscrits : plusieurs îles ont aménagé des « bikini beaches » cachées des regards, réservées aux touristes, où ces tenues sont tolérées. En revanche, sur une île-hôtel, le maillot de bain classique est parfaitement accepté, à condition d’éviter tout naturisme ou monokini, strictement illégaux.

Attention :

Pour les visites de mosquées par les non-musulmans (rarement autorisées), le code vestimentaire est très strict : jambes couvertes jusqu’aux chevilles, bras entièrement couverts et vêtements amples. Les femmes doivent en plus porter un foulard ou une capuche couvrant les cheveux. Il est également essentiel de se déchausser avant d’entrer dans la zone de prière.

Code de conduite dans et autour des mosquées

Même si les non-musulmans n’ont généralement pas accès à l’intérieur des mosquées, il est courant de passer à proximité, voire de visiter des complexes abritant des mosquées historiques, comme à Malé. Dans tous les cas, quelques règles implicites s’imposent.

D’abord, respecter le silence relatif autour des heures de prière. Lancer un appel téléphonique bruyant ou jouer de la musique à proximité immédiate d’une mosquée, surtout au moment de l’adhan, est très mal perçu. Ensuite, éviter de se tenir juste devant l’entrée au moment où les fidèles entrent ou sortent, afin de ne pas gêner le flux.

Attention :

Lors d’une visite, il est impératif de retirer ses chaussures avant d’entrer dans la zone de prière pour ne pas marcher sur les tapis. Il faut également éviter de passer devant une personne en prière, de toucher ou déplacer le Coran, et de s’asseoir sur un exemplaire posé sur un support.

La question de la photographie est particulièrement sensible. Prendre des clichés de l’architecture ou des espaces vides est parfois toléré, mais photographier des fidèles en prière, ou des femmes dans les espaces réservés, sans autorisation explicite, peut être perçu comme une atteinte à la pudeur et à la dignité. Dans le doute, mieux vaut ranger l’appareil ou demander l’avis d’un guide ou d’un responsable local.

Halal, alimentation et pratiques culinaires

Sur les îles locales, le caractère halal de l’alimentation est garanti par la loi et par l’homogénéité religieuse de la population. Les Maldiviens ne consomment ni porc ni alcool, et la viande provient de fournisseurs halal. Le régime culinaire traditionnel repose sur le thon, la noix de coco, le riz, les épices et divers légumes, avec de nombreux plats typiquement maldiviens : soupes de poisson (garudhiya), currys, beignets et en-cas frits (hedhikaa), mas huni au petit-déjeuner (mélange de thon râpé, noix de coco et piment), pains plats (roshi), etc.

Astuce :

Pour un expatrié, il est important d’adopter certaines habitudes lors des repas. Manger de la main droite est considéré comme plus respectueux, la gauche étant traditionnellement associée aux tâches impures. Les plats sont souvent partagés et posés au centre de la table ; il convient alors de se servir avec modération. Refuser systématiquement les plats proposés peut être perçu comme du mépris. Il est préférable de goûter au moins une petite portion et d’expliquer poliment ses éventuelles restrictions alimentaires si nécessaire.

Dans les resorts, l’offre s’adapte davantage à la clientèle internationale. Presque tous proposent des buffets et cartes à dominante halal, même lorsqu’ils incluent quelques plats à base de porc ou cuisinés au vin, toujours identifiés comme tels. Certains établissements sont intégralement halal, n’utilisant aucun ingrédient interdit et bannissant l’alcool de leurs locaux, ce qui attire une clientèle musulmane internationale. Des indications de la qibla et des tapis de prière sont souvent fournis dans les villas, parfois des exemplaires du Coran.

Comportements en public : pudeur, respect et non-confrontation

Au-delà des aspects alimentaires et vestimentaires, plusieurs codes de conduite découlent directement des valeurs religieuses et culturelles. La pudeur ne concerne pas seulement la tenue, mais aussi les gestes et le langage.

Les démonstrations de tendresse en public entre hommes et femmes (baisers, étreintes prolongées, enlacements) sont très mal vues sur les îles locales et peuvent attirer l’attention de la police. Des cas documentés montrent que même un baiser dans un espace public officiel peut mener à des poursuites. Danser en couple mixte en public est prohibé. À l’inverse, l’amitié entre personnes du même sexe s’exprime parfois par une proximité physique (marcher bras dessus bras dessous, par exemple) qui ne doit pas être interprétée à travers un prisme occidental.

Attention :

Aux Maldives, il est essentiel de maintenir des échanges verbaux mesurés et courtois. Critiquer ouvertement l’islam, ridiculiser des pratiques religieuses ou engager des débats théologiques animés dans des lieux publics (comme un café ou une plage) est fortement déconseillé. De tels actes peuvent être perçus comme une attaque contre l’unité religieuse et sont susceptibles de sanctions en vertu de la loi sur la protection de l’unité islamique. Les Maldiviens apprécient généralement un ton poli, un sourire et évitent les confrontations directes. Crier, s’emporter ou insulter en public est considéré comme grossier et peu civilisé.

Enfin, la question des gestes est à surveiller. Utiliser la main droite pour donner ou recevoir un objet, éviter de pointer les pieds vers des personnes ou des symboles religieux, ne pas toucher la tête des enfants, ne pas traverser par-dessus des personnes assises ou des objets disposés au sol, font partie de cette politesse corporelle largement partagée dans la région.

Religion, calendrier et jours fériés

Le calendrier officiel maldivien mêle le système grégorien et l’agenda islamique basé sur la lune. La plupart des grandes fêtes nationales sont liées à l’histoire politique, mais les dates religieuses majeures, fixées selon les mois lunaires, restent centrales.

Bon à savoir :

Le calendrier des Maldives comprend plusieurs fêtes religieuses islamiques majeures (comme le Ramadan, l’Aïd al-Fitr, le Hajj, l’Aïd al-Adha, le Nouvel An islamique, le Mawlid) ainsi que la Journée de l’islamisation et la Fête nationale. Ces jours fériés, souvent consécutifs, entraînent généralement la fermeture ou une réduction significative des activités des administrations, des écoles et de nombreux commerces.

Pour les expatriés, ces dates ont un double impact. Professionnel d’abord : il faut intégrer dans la planification des projets, des examens, des démarches administratives ou des déplacements ces périodes d’inactivité. Social ensuite : ces fêtes constituent des moments privilégiés pour saisir la dimension communautaire de l’islam maldivien, qu’il s’agisse des prières collectives, des visites aux proches, des repas festifs ou des jeux traditionnels organisés dans les rues et sur les places.

Pratique religieuse discrète des non-musulmans : ce qui est possible, ce qui ne l’est pas

Les résidents étrangers de confession non musulmane sont nombreux, en particulier parmi les travailleurs venus de pays voisins comme l’Inde, le Sri Lanka, le Bangladesh ou le Pakistan, ainsi que parmi les expatriés occidentaux des secteurs du tourisme, de la santé, de l’éducation ou de l’ingénierie.

Bon à savoir :

Sur le plan légal, la pratique d’une religion non-musulmane est autorisée uniquement dans la sphère privée, sans aucune dimension publique. La construction de lieux de culte officiels est interdite. Des rassemblements privés et discrets, sans prosélytisme, peuvent se tenir dans des logements ou des locaux mis à disposition par des ambassades ou des institutions internationales.

L’importation de littérature religieuse non islamique et d’objets de culte individuels est tolérée dans des quantités personnelles et non destinées à la diffusion. En revanche, la distribution de tracts, l’organisation de réunions publiques ou la moindre activité de conversion sont illégales. Pour un expatrié, la prudence s’impose donc : pratiquer sa foi dans l’intimité de son domicile ou via des ressources en ligne est possible ; chercher à convaincre des collègues ou des amis maldiviens de changer de religion peut avoir des conséquences graves, pour eux comme pour soi-même.

Religion, éducation et rôle des institutions islamiques

Dès l’école, la religion est omniprésente. L’instruction islamique fait partie du tronc commun obligatoire, et les enseignants de religion sont rémunérés par l’État. Des écoles arabophones axées sur l’enseignement religieux existent parallèlement aux établissements plus généralistes. De nombreux Maldiviens poursuivent des études islamiques dans des pays comme l’Arabie saoudite ou le Pakistan avant de revenir occuper des postes de prédicateurs, de juges ou de professeurs.

Bon à savoir :

Le ministère des Affaires islamiques, avec l’appui d’instances comme le Conseil suprême de la Fatwa, supervise le contenu des prêches du vendredi, encadre la formation des imams et définit les positions officielles sur les questions religieuses et morales. Des efforts récents visent à harmoniser les interprétations en privilégiant la tradition sunnite majoritaire et à décourager les divisions entre les différentes écoles juridiques.

Pour un expatrié, cela signifie que les discours religieux entendus à la radio, à la télévision ou lors de cérémonies officielles reflètent généralement la ligne du gouvernement et des autorités islamiques. Les débats publics sur la réforme religieuse, la laïcité ou la pluralité confessionnelle y sont quasi inexistants, voire interdits.

Gestion des sensibilités : photo, réseaux sociaux et vie privée

À l’ère des smartphones, la question de la photographie dans un pays conservateur comme les Maldives mérite une attention particulière. Prendre un cliché d’un paysage marin ou d’un récif corallien ne pose aucun problème. En revanche, photographier des habitants, surtout des femmes ou des fidèles en prière, appelle une grande prudence.

Astuce :

Les Maldiviens sont sensibles à l’utilisation de leur image, en raison d’un passé marqué par la domination et l’objectification touristique. Il est donc fondamental de demander systématiquement l’autorisation avant de prendre quelqu’un en photo, même si la loi ne l’exige pas toujours. Cette marque de respect peut se faire par un signe de tête, un sourire accompagné d’un « May I ? » ou de son équivalent en dhivehi, éventuellement en passant par un collègue local pour clarifier les attentes.

Publier ensuite ces images sur les réseaux sociaux avec des commentaires moqueurs, condescendants ou décontextualisés peut contribuer à nourrir des stéréotypes, voire à mettre des personnes en difficulté si leur environnement social est très conservateur. Il est recommandé de privilégier des légendes descriptives plutôt que des jugements de valeur, de respecter les demandes de floutage ou d’anonymat, et de renoncer à diffuser des scènes pouvant porter atteinte à la dignité ou à la pudeur des sujets.

Dans les mosquées, pendant les cérémonies religieuses, ou lors de rites familiaux (mariages, funérailles), l’usage de la caméra doit être limité, voire proscrit sans accord explicite. Là encore, la règle d’or consiste à demander avant d’agir et à accepter sans insister un éventuel refus.

Dialoguer sans prosélytiser : construire des ponts au quotidien

Dans un contexte où les frontières juridiques autour de la religion sont très strictes, cela ne signifie pas pour autant que tout échange sur la foi soit impossible. Au contraire, de nombreux Maldiviens sont fiers de leur histoire islamique, de leurs mosquées de corail, de leurs pratiques de jeûne ou de leurs fêtes, et sont prêts à en parler à condition que la discussion se déroule dans un climat de respect, sans tentative de remise en cause ou de comparaison agressive.

Exemple :

Pour un expatrié, une approche saine consiste à poser des questions ouvertes, à écouter activement et à témoigner un intérêt sincère pour la culture locale. Des gestes simples, comme apprendre des formules de politesse en arabe ou en dhivehi (par exemple ‘As-salaam alaykum’, ‘Eid Mubarak’, ‘Shukuriyaa’), ou montrer une connaissance des pratiques religieuses fondamentales comme le jeûne ou les cinq prières quotidiennes, peuvent créer un climat de confiance et ouvrir la voie à un dialogue authentique, sans chercher à imposer ses propres convictions.

Dans certains cas, des initiatives de type interculturel ou des événements organisés par des institutions internationales peuvent offrir des espaces plus neutres pour échanger sur les différences et les points communs entre traditions. Mais il convient toujours de garder en tête que, juridiquement et socialement, le cadre maldivien reste celui d’un État musulman très homogène, où les discours perçus comme « anti-islamiques » sont pénalement réprimés.

Conseils pratiques pour les expatriés : vivre et travailler dans le respect

Pour terminer, quelques recommandations transversales peuvent aider un expatrié à s’ancrer sereinement dans cette réalité religieuse particulière.

D’abord, adapter ses habitudes dès son arrivée : régler sa montre mentale sur le week-end vendredi–samedi, tenir compte des pauses prière dans l’agenda, éviter de programmer des événements importants pendant les grandes fêtes ou au cœur de Ramadan, se préparer à des services administratifs plus lents durant ces périodes.

Astuce :

Pour s’adapter aux normes sociales, il est conseillé de porter des vêtements décents sur les îles locales, de limiter les contacts physiques en public, de surveiller son langage et d’éviter d’aborder des sujets religieux sensibles dans un contexte professionnel ou avec des personnes peu connues.

Par ailleurs, respecter les interdictions d’importation et de consommation concernant l’alcool, les produits porcins, le matériel religieux non islamique ou les contenus pornographiques. La tentation de contourner ces règles pour « garder ses habitudes » peut avoir des conséquences disproportionnées au regard du confort recherché.

Exemple :

Pour cultiver une curiosité respectueuse, il est recommandé, avec autorisation, de visiter une mosquée historique, de participer à un iftar, de goûter des spécialités locales et d’assister à des danses de Bodu Beru lors de l’Eid. Échanger avec des collègues sur la signification du jour où les Maldives ont embrassé l’islam et apprendre quelques mots de dhivehi transforment le cadre religieux strict en une opportunité de compréhension mutuelle.

Vivre aux Maldives en tant qu’expatrié, c’est accepter que l’islam ne soit pas un élément parmi d’autres, mais le socle autour duquel s’organise la vie collective. En l’ayant bien en tête, et en ajustant ses comportements en conséquence, il est possible non seulement d’éviter les malentendus, mais aussi de s’enrichir au contact d’une culture où la foi demeure, plus que dans bien des pays, un fait social total.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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