S’installer aux Maldives ne se résume pas à un décor de carte postale. Entre les visas à choisir, les règles strictes sur l’emploi des étrangers, l’impossibilité d’acheter un terrain en pleine propriété et un système fiscal très spécifique, le parcours d’installation demande une vraie préparation. En revanche, le pays a massivement digitalisé ses procédures et propose aujourd’hui un cadre relativement lisible pour les expatriés, les investisseurs et leurs familles.
Cet article détaille l’ensemble des procédures administratives nécessaires pour s’installer aux Maldives. Les informations présentées sont basées exclusivement sur les données factuelles issues d’un rapport de recherche officiel, garantissant leur exactitude et leur fiabilité.
Comprendre le cadre d’entrée et de séjour
Avant de parler de travail, d’investissement ou de résidence longue durée, il faut d’abord comprendre comment entrer légalement sur le territoire et sous quel type de visa.
Les Maldives disposent d’un éventail de visas adapté à différents profils : touristes, salariés, conjoints de ressortissants maldiviens, familles à charge, investisseurs ou participants à des réunions professionnelles.
Conditions générales d’entrée
L’autorité compétente pour l’immigration est « Maldives Immigration ». Même lorsque toutes les conditions sont remplies, l’entrée reste soumise à la décision finale de l’agent d’immigration au point d’arrivée, en vertu de la loi de 2007 sur l’immigration.
Pour tout voyageur, certaines règles de base s’appliquent :
Pour entrer aux Maldives, les voyageurs doivent présenter un passeport avec une zone de lecture automatique (MRZ) et une validité suffisante (au moins un an pour certaines catégories). Les passeports à validité manuellement prolongée sont interdits. Il est nécessaire de disposer d’un itinéraire complet avec billet retour, d’une réservation d’hôtel prépayée, de moyens financiers suffisants ou d’un parrainage validé. Une Déclaration du voyageur (Traveller Declaration) doit être déposée en ligne sur IMUGA dans les 96 heures avant le vol. Les voyageurs en provenance de zones à risque doivent présenter un certificat de vaccination contre la fièvre jaune (sauf enfants de moins d’un an). Chaque mineur doit avoir son propre passeport. Les exigences de visa et de validité de passeport pour la destination suivante doivent être respectées en cas de transit.
En outre, les détenteurs de passeports israéliens se voient refuser l’entrée depuis l’entrée en vigueur d’une interdiction spécifique.
Principaux types de visas
Les Maldives ont construit un système de visas différencié, selon la finalité du séjour.
| Type de visa | Objet principal | Durée de base | Prolongation possible | Remarques clés |
|---|---|---|---|---|
| Tourist Visa | Tourisme | 30 jours à l’arrivée | Oui | Gratuit, pas d’emploi autorisé |
| Meeting Visa | Réunions, conférences, conventions | 14 jours à l’arrivée | Non | Pas de conversion en Business Visa sur place |
| Business Visa | Activités d’affaires temporaires | Séjours jusqu’à 180 j/an | Oui (par périodes) | Entrées multiples, demande via Business Portal |
| Work Visa | Emploi salarié | Délai de 15 jours pour l’obtenir après arrivée | Oui (jusqu’à 5 ans) | Basé sur un Work Permit préalable |
| Marriage Visa | Conjoint étranger d’un citoyen maldivien | 1 an, puis prolongations | Oui (jusqu’à 5 ans) | Mariage enregistré aux Maldives |
| Dependent Visa | Conjoint/enfants d’un titulaire de Work Visa | Lié au visa du sponsor | Renouvelable | Pour la famille à charge |
En parallèle, certains ressortissants bénéficient d’exemptions de visa plus longues pour des séjours de visite : par exemple, les citoyens d’Inde, du Pakistan, de Russie et du Sri Lanka peuvent rester jusqu’à 90 jours sans visa, tandis que ceux du Cambodge, de Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Mongolie ou du Guyana disposent de 30 jours sans visa. Cela ne donne toutefois aucun droit au travail.
Tourist Visa : porte d’entrée mais pas de travail
Le Tourist Visa est le plus connu : il est délivré gratuitement à l’arrivée pour 30 jours, sans pré-approbation. Il peut être prolongé, sous conditions, mais n’autorise absolument pas l’exercice d’une activité rémunérée. Toute personne souhaitant vivre aux Maldives ne peut donc pas se contenter d’une succession de visas touristiques, au risque d’enfreindre la loi sur l’immigration.
Meeting Visa et Business Visa : pour missions courtes et affaires
Le Meeting Visa vise des séjours très courts (14 jours, non renouvelables) pour participer à des événements approuvés par le gouvernement (réunions d’entreprise, conférences…).
Le Business Visa pour les Maldives autorise une présence cumulée maximale de 180 jours sur une période de 12 mois.
Work Visa : la voie classique pour travailler et résider
Pour vivre aux Maldives en tant que salarié, le Work Visa est la référence. Il s’appuie sur un dispositif complexe combinant quotas, autorisations de travail et procédures médicales.
Travailler aux Maldives : quotas, Work Permit et Work Visa
L’emploi des travailleurs étrangers est encadré par le « Regulation on Employment of Foreigners in the Maldives » (2021/R‑16), modifié en profondeur en 2023. L’objectif est de protéger l’emploi local tout en répondant aux besoins des secteurs clés comme le tourisme, la construction ou la pêche.
Architecture du système : quota, Work Permit et visa
Pour un étranger, obtenir le droit de travailler suit une séquence précise :
1. L’employeur s’enregistre dans le système en ligne Xpat Online System et au National Job Center. 2. Il déclare son site de travail (worksite). 3. Il demande un quota de main-d’œuvre étrangère, par activité. 4. Il publie l’offre d’emploi sur le Job Center pour vérifier l’absence de candidat local disponible. 5. Une fois le quota accordé, il sollicite un Work Permit Entry Pass pour le salarié étranger. 6. Le Work Permit (autorisation de travail) est validé. 7. À l’arrivée du salarié, l’employeur dispose d’un délai (en pratique 15 jours) pour obtenir le Work Visa auprès de Maldives Immigration.
Ne pas respecter ce calendrier expose l’employeur et le salarié à des sanctions, allant de l’amende à la déportation.
Catégories de travailleurs étrangers
Les autorités distinguent trois grandes catégories de permis de travail :
| Catégorie | Niveau de qualification requis | Durée typique du Work Permit |
|---|---|---|
| Professionnels & cadres | Diplômes équivalents au Certificat niveau 7 ou plus | 1 à 3 ans |
| Non-professionnels | Secondaire à Certificat niveau 6 ou expérience équivalente | 1 an (renouvelable) |
| Domestiques (employés de maison) | Aide ménagère, chauffeur, personnel domestique | 1 à 2 ans |
Pour les ouvriers non qualifiés, la durée totale possible est en général limitée à 5 ans, avec obligation d’observer un « gap » de deux ans avant une nouvelle embauche.
Dépôt de garantie et obligations de l’employeur
Chaque employeur doit constituer un dépôt de garantie auprès du ministère compétent pour chaque salarié étranger, le montant variant selon la nationalité. Ce dépôt permet à l’État de couvrir d’éventuels coûts de rapatriement ou d’inexécution des obligations de l’employeur (par exemple si ce dernier disparaît).
En plus des responsabilités principales, l’employeur doit également veiller au respect d’autres obligations légales et réglementaires spécifiques à son secteur d’activité et à la situation de ses employés.
– Payer tous les frais liés au quota, au Work Permit et au Work Visa.
– Assurer le logement et la pension du salarié.
– Financer le billet retour à la fin du contrat ou à l’expiration du permis.
– Déclarer toute disparition ou abandon de poste (« absconding ») via le registre en ligne Haraheri Portal.
– Enregistrer les changements de lieu de travail ou d’employeur.
Le salarié n’a pas le droit de supporter ces coûts administratifs.
Assurance santé obligatoire et contrôle médical
Avant le dépôt d’une demande de Work Visa, le travailleur étranger doit être couvert par l’assurance santé « Expatriate Medical Insurance » fournie par Allied Insurance Company. Par ailleurs, un examen médical obligatoire doit être réalisé dans un hôpital ou une clinique agréée aux Maldives, incluant un rapport de dépistage.
La couverture santé publique locale (Aasandha) est accessible aux expatriés en situation régulière, mais elle offre un niveau de base. Il est fortement recommandé de souscrire une assurance santé internationale complémentaire, incluant notamment l’évacuation médicale vers l’étranger (Inde, Sri Lanka, Singapour), en raison des limites des infrastructures médicales sur les atolls éloignés.
Procédure pratique du Work Visa
La digitalisation a énormément simplifié le processus. Les grandes lignes sont les suivantes :
– L’employeur ou son représentant (agence de recrutement, intermédiaire agréé) saisit la demande via le Xpat Online System.
– Les demandes en ligne sont, en principe, traitées sous 48 heures.
– Une fois le visa approuvé, un rendez-vous en ligne doit être pris pour déposer le passeport de l’employé.
– Le traitement du visa physique prend environ 3 jours ouvrables.
– Un second rendez-vous est requis pour récupérer le passeport.
– Des guichets existent non seulement à Malé mais aussi à Addu City, Fuvahmulah et Kulhudhuffushi.
À partir de 2025, l’employeur doit impérativement déposer la demande de Work Visa dans un délai maximum de 15 jours après l’arrivée du salarié, sous peine de sanctions renforcées.
Coûts pour l’employeur et le salarié
Les frais sont nombreux, mais généralement à la charge de l’employeur.
| Poste de coût | Montant indicatif | Payeur habituel |
|---|---|---|
| Quota de main-d’œuvre étrangère | 2 000 MVR par quota et par an | Employeur |
| Work Permit (redevance mensuelle) | 350 MVR par mois et par salarié | Employeur |
| Work Visa (carte de visa, min. 3 mois) | 50 MVR (env. 3,25 USD) + redevance durée | Employeur |
| Assurance médicale expatrié (Allied, base) | Environ 100 000 MVR de couverture/an | Employeur |
| Visa d’affaires (Business Visa) | 750 MVR (env. 48,5 USD) | Entreprise / visiteur |
| Carte de visa mariage / dépendant | 50 MVR par carte | Demandeur ou sponsor |
Les ressortissants indiens bénéficient d’une particularité : ils ne paient pas de frais de visa, y compris pour les Work Visa (les coûts étant alors entièrement à la charge de l’employeur).
Sanctions et contrôles
Les autorités peuvent mener des inspections inopinées sur les chantiers et lieux de travail. Les infractions les plus fréquentes portent sur :
– l’emploi de travailleurs sans quota,
– l’absence de Work Permit,
– le dépassement de quota,
– le travail en dehors des conditions autorisées.
Les sanctions possibles incluent des amendes (par exemple plus de 300 USD par travailleur illégal), la suspension ou la révocation de permis, la fermeture du site, voire la publication du nom des employeurs fautifs. Un salarié sans visa valide s’expose pour sa part à une expulsion.
Dans un contexte de lutte contre l’immigration irrégulière, certains secteurs ont été fermés aux étrangers (commerce de détail, restauration de proximité, agences de voyage, services juridiques, etc.) afin de réserver ces niches aux Maldiviens.
Vivre en famille : Marriage Visa et Dependent Visa
Pour un projet de vie durable, les questions de regroupement familial et de statut du conjoint sont cruciales.
Marriage Visa : pour le conjoint d’un Maldivien
Lorsqu’un étranger se marie avec un citoyen maldivien, ou vient faire reconnaître un mariage déjà célébré ailleurs, une procédure spécifique s’applique.
Avant l’arrivée de l’intéressé, le futur conjoint maldivien doit le parrainer via une déclaration de sponsorship sur IMUGA. Après l’entrée sur le territoire, le mariage doit être célébré ou enregistré auprès de la Family Court, qui appose un cachet sur le formulaire officiel.
Après la célébration ou la reconnaissance légale d’un mariage, la personne concernée a un délai de 30 jours pour déposer une demande de Marriage Visa. Ce délai s’applique également si elle était déjà en France sous un autre statut (comme un visa de tourisme ou de travail) et souhaite transférer son titre de séjour vers cette catégorie spécifique.
Les principaux documents exigés sont :
– Formulaire IM23 de demande de prolongation de permis.
– Passeport du demandeur.
– Formulaire portant le tampon de la Family Court.
– Original et copie de l’acte de mariage.
– Copie de la carte d’identité du conjoint maldivien.
– Photo d’identité récente.
– Rapport de dépistage médical et assurance santé (pour une première demande).
– Règlement de la carte de visa (50 MVR).
La demande se fait désormais en ligne via IMUGA, suivie d’un rendez-vous pour déposer et récupérer le passeport. Le premier Marriage Visa est généralement délivré pour 1 an, puis renouvelable par périodes de 5 ans.
Dependent Visa : pour le conjoint et les enfants de l’expatrié
Le Dependent Visa permet au conjoint et aux enfants d’un titulaire de Work Visa de résider légalement aux Maldives, pour une durée liée à celle du sponsor.
Les composants de base les plus couramment utilisés dans nos systèmes
Éléments d’assemblage fondamentaux, disponibles en différentes tailles et matériaux pour une fixation robuste.
Composants essentiels pour réduire la friction dans les pièces en rotation, assurant un mouvement fluide et durable.
Garantissent l’étanchéité des systèmes, protégeant contre les fuites de fluides et la contamination.
Fournissent une force de rappel ou d’amortissement, cruciaux pour les mécanismes de retour et la suspension.
– Formulaire IM23.
– Passeport du dépendant (validité minimale de 6 mois).
– Photo récente.
– Copie de l’autorisation d’emploi ou de la carte de visa du sponsor.
– Certificat de mariage ou de naissance prouvant le lien familial.
– Lettre de l’ambassade si le dépendant est un parent (pour les ascendants).
– Rapport médical et certificat de fièvre jaune si nécessaire.
– Paiement de 50 MVR pour la carte de visa et 750 MVR par période de 3 mois de validité.
Là encore, tout se déroule sur IMUGA, ce qui facilite considérablement la vie des familles expatriées.
Investir et vivre comme résident : programmes de résidence par investissement
Au-delà du statut de salarié, les Maldives développent activement des programmes de résidence par investissement pour attirer les hauts patrimoines et les entrepreneurs.
Panorama des visas et résidences liés à l’investissement
On peut distinguer plusieurs dispositifs, parfois en cours de transition.
| Programme / visa | Montant minimum d’investissement | Durée du titre | Public ciblé |
|---|---|---|---|
| Corporate Resident Visa (en extinction) | 1 M USD (business), ou dépôt 250 000 USD, ou projet 250 000 USD | 5 ans renouvelables | Entreprises et dirigeants |
| Investor Residency Program (2024) | 50 M USD en direct, ou dépôt 1 M USD (2 ans), ou 1 M USD en immobilier approuvé | Conditions variables | Ultra High Net Worth Individuals |
| Investor Visa « classique » | 250 000 USD dans une entreprise enregistrée | 5 ans | Investisseurs et entrepreneurs |
| Special Resident Visa (liée à l’immobilier) | Achat d’au moins 250 000 USD dans un projet approuvé | 5 ans renouvelables | Propriétaires d’unités résidentielles |
| Retirement Visa | Dépôt fixe de 250 000 USD en banque locale | 5 ans renouvelables | Retraités fortunés |
| The Maldives Pearl Residence | Seuil exact à confirmer (sources : 250 000 à plusieurs millions USD) | 5 ans renouvelables | Familles d’investisseurs internationaux |
Les autorités ont signé en 2025 un accord avec Henley & Partners pour concevoir « The Maldives Pearl Residence », première grande offre structurée de résidence par investissement. L’ambition affichée est d’attirer 1,1 milliard USD sur 5 ans, avec un impact économique global espéré de 5 à 7 milliards USD.
Particularité maldivienne : pas de propriété foncière en pleine propriété
La Constitution maldivienne interdit aux étrangers d’acquérir le sol en pleine propriété. La terre est réservée aux citoyens. Les non-Maldiviens peuvent en revanche détenir des droits via des baux à long terme, typiquement sur 50 ou 99 ans, voire plus dans certains cas de zones économiques spéciales.
Concrètement, un investisseur étranger peut acheter :
– des villas de luxe (sur pilotis ou en front de mer),
– des appartements de résidence de resort,
– des unités commerciales dans des zones touristiques,
– des droits de développement sur une île entière (pour un resort).
Tout achat doit être approuvé par le gouvernement, et s’accompagne de loyers annuels, de droits d’enregistrement, de taxes (y compris une GST de 16 % sur les biens liés au tourisme) et souvent de programmes de gestion locative gérés par le resort, qui prélèvent 40 à 60 % des revenus de location.
Résidence fiscale et absence d’impôt sur le revenu local
Du point de vue fiscal, les Maldives fonctionnent sur un système basé sur la résidence. Un individu est résident fiscal s’il a son foyer permanent aux Maldives ou y séjourne au moins 183 jours sur une période de 12 mois chevauchant l’année fiscale. Les résidents sont soumis à l’impôt sur le revenu mondial, mais ce dernier n’est dû qu’au-delà de 720 000 MVR annuels (taux progressif jusqu’à 15 %).
Pour les investisseurs expatriés, les principaux avantages sont l’absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) pour la plupart d’entre eux, ainsi que l’absence totale d’impôt sur la fortune (ISF) et de droits de succession. Seuls les revenus dépassant certains seuils ou provenant d’activités spécifiques peuvent être imposés. Il n’existe pas de taxe foncière classique, mais des loyers sont versés à l’État pour l’occupation de parcelles touristiques.
Coût de la vie, budget et fiscalité quotidienne
Vivre aux Maldives implique d’anticiper un coût de la vie supérieur à la moyenne mondiale. Les données des plateformes de référence (Numbeo, Expatistan, Wise…) convergent pour situer le niveau maldivien environ 19 % au-dessus de la moyenne mondiale.
Budgets types pour expatriés
Les chiffres moyens permettent de se faire une idée du budget mensuel global, logement compris.
| Profil | Coût mensuel total estimé (USD) | Coût mensuel hors loyer (USD) |
|---|---|---|
| Personne seule | 1 354 | 501 |
| Famille de quatre personnes | 2 871 | 1 409 |
En monnaie locale (MVR), certains repères sont donnés pour un niveau de vie « confortable » (hors loyer) :
– Environ 39 400 MVR par mois pour une famille.
– Environ 11 700 MVR pour une personne seule.
En incluant un loyer raisonnable à Malé, les ordres de grandeur indicatifs sont les suivants :
– Personne seule : 22 000 à 25 000 MVR par mois.
– Famille de quatre : 55 000 à 60 000 MVR par mois.
Le logement représente souvent entre 30 et 50 % du budget d’un ménage.
Loyer et charges : Malé, Hulhumalé et au-delà
Les prix immobiliers varient fortement entre la capitale surpeuplée, les îles satellites plus chères mais plus modernes, et les îles locales plus abordables.
| Type de logement (location mensuelle) | Fourchette moyenne (MVR) | Commentaire |
|---|---|---|
| Studio 45 m² meublé, quartier cher | ~20 000 | Malé / Hulhumalé centre |
| Studio 45 m² meublé, quartier normal | ~12 239 | Hors hyper-centre |
| T1 centre-ville | 12 500 – 20 000 (moy. 14–15k) | |
| T1 hors centre | 9 000 – 16 000 (moy. 10–10,7k) | |
| T3 centre-ville | 20 000 – 38 000 (moy. 25–27k) | |
| T3 hors centre | 18 000 – 30 000 (moy. 21–22k) | |
| T1 Hulhumalé centre | ~20 000 | |
| T1 Hulhumalé hors centre | ~12 000 | |
| T3 Hulhumalé centre | ~45 000 | Haut de gamme |
| T3 Hulhumalé hors centre | ~35 000 |
Les charges (eau, électricité, collecte des déchets, climatisation) tournent, pour un appartement de taille moyenne, autour de 1 800 à 3 000 MVR par mois. Une connexion internet illimitée 60 Mbps coûte souvent entre 650 et 2 100 MVR.
Impôts indirects du quotidien : GST et Green Tax
La fiscalité quotidienne se manifeste surtout via : l’impôt sur le revenu, la TVA, les contributions sociales et les taxes locales.
À Maurice, la taxe sur les biens et services (GST) s’applique à 8 % pour la plupart des biens et services, et à un taux spécifique de 16 % (T‑GST) pour le secteur du tourisme, ce dernier étant prévu d’augmenter à 17 %. De plus, une Green Tax est prélevée sur les nuitées des touristes, à hauteur de 12 USD dans les resorts et de 6 USD dans les petites guesthouses. Les résidents de long terme n’y sont généralement pas soumis au quotidien, sauf lors de séjours en resorts.
Pour le consommateur résident, ces taxes sont intégrées dans les prix des hôtels, restaurants et services touristiques.
Salaire moyen et pouvoir d’achat
Le salaire net moyen après impôt se situe autour de 14 700 à 15 000 MVR par mois (environ 900 à 1 000 USD), ce qui ne couvre qu’environ 0,7 mois de coût de la vie moyen. Les expatriés salariés qualifiés perçoivent en général davantage, surtout dans l’IT, le management, la télécommunication ou la finance, où les salaires moyens dépassent souvent 22 000 MVR.
Pour un projet d’installation durable, il est essentiel d’aligner sa perspective de revenu (salaire local, revenus d’investissement, pension importée) avec ces niveaux de coût de la vie.
S’installer concrètement : banque, douane, santé, éducation
Au-delà des visas et des questions fiscales, vivre aux Maldives implique une série d’autres démarches pratiques, souvent sous-estimées.
Ouvrir un compte bancaire local
Un compte en rufiyaa maldivien (MVR) et, éventuellement, en USD, facilite énormément la gestion du quotidien : paiement des loyers, perception de salaires locaux, règlement des factures, etc.
Les principales banques (Bank of Maldives, Maldives Islamic Bank, State Bank of India – Maldives) imposent des règles strictes de connaissance client (KYC) et de lutte anti-blanchiment (AML).
Pour un compte personnel, un expatrié doit en général présenter : un justificatif d’identité, un justificatif de domicile, un numéro d’identification fiscale, et parfois une attestation de revenus.
Pour constituer un dossier de demande de visa de travail complet, veillez à rassembler les documents suivants : un passeport valide, un visa ou Work Visa en cours de validité (avec généralement au moins 6 mois restants avant expiration), un justificatif de domicile local (tel qu’un contrat de location ou une facture de services), un contrat de travail ou une lettre de l’employeur précisant le salaire et l’adresse, une photo d’identité récente, et parfois, une lettre de référence bancaire.
Les comptes peuvent être ouverts en quelques jours ouvrables (3 à 7 jours pour un particulier, 7 à 15 jours pour une entreprise), parfois plus pour les sociétés étrangères, qui doivent fournir certificat d’incorporation, statuts, résolution de conseil d’administration, documents fiscaux, etc.
Importer ses effets personnels et respecter la douane
La Maldives Customs Service applique des règles strictes sur ce qui peut entrer dans le pays. Les déclarations se font via IMUGA (Traveller Declaration). Les effets personnels de valeur inférieure ou égale à 6 000 MVR ne sont généralement pas soumis aux droits de douane.
L’importation de certains objets est totalement interdite aux Maldives. Cela inclut l’alcool et la viande de porc (sauf dans les resorts licenciés), la pornographie, les objets de culte religieux non islamiques, les armes, les drogues, et certains animaux (comme les chiens, les porcs, et les espèces marines protégées telles que les coraux noirs, les tortues, les dauphins et les requins baleines).
D’autres sont restreints : médicaments (avec ordonnance), tabac (limites quantitatives), équipements de communication puissants, produits chimiques, plantes et animaux vivants (avec certificats sanitaires). Les violations peuvent entraîner saisies, amendes voire poursuites pénales.
Santé, éducation et vie de famille
Le système de santé a fait de gros progrès, mais reste très concentré à Malé. L’hôpital public Indira Gandhi Memorial Hospital et des structures privées comme ADK Hospital ou Treetop Hospital offrent la plupart des spécialités. Sur les îles éloignées, l’offre est limitée, ce qui rend l’assurance avec évacuation médicale primordiale.
Pour les familles, les frais de scolarité dans les écoles internationales peuvent être significatifs :
– 2 500 à 2 600 MVR par mois pour une maternelle privée à plein temps.
– 27 500 à 96 000 MVR par an pour une école primaire internationale.
Ces coûts doivent être intégrés au budget global d’installation.
Créer une entreprise et exercer une activité indépendante
De nombreux étrangers envisagent les Maldives non seulement comme lieu de résidence, mais aussi comme plateforme d’affaires, en particulier dans le tourisme, l’immobilier, la logistique ou les services.
Formes juridiques ouvertes aux étrangers
Les étrangers doivent, en principe, se structurer en société ou en partenariat. Les formes les plus courantes sont :
– La société privée à responsabilité limitée (private limited company), pouvant compter 1 à 50 actionnaires.
– Le partenariat (general partnership ou limited liability partnership).
Dans une société privée, au moins un directeur doit résider habituellement aux Maldives, sauf pour les entreprises étrangères réenregistrées, qui doivent cependant désigner un agent local à partir de 2025.
Les partenaires d’un general partnership restent responsables sur leurs biens propres, tandis que les limited liability partnerships limitent la responsabilité au montant des apports.
Autorisation d’investissement étranger et Business Registration
Toute entreprise avec participation étrangère doit obtenir une approbation de l’investissement étranger en vertu de la loi 11/2024 sur l’investissement étranger. Les critères portent, entre autres, sur le secteur, le montant investi et la structure du capital.
Les principales étapes sont :
1. Soumission d’un dossier d’investissement étranger au ministère du Développement économique et du Commerce (via email/Business Portal). 2. Analyse par l’administration, éventuelle consultation de ministères sectoriels, puis émission d’une lettre de non-objection et d’un projet de convention d’investissement. 3. Paiement d’une redevance administrative de 5 000 USD à la MIRA. 4. Enregistrement de la société ou du partenariat via le Business Portal (frais d’incorporation autour de 80 USD, frais annuels environ 130 USD). 5. Délivrance de la licence d’investissement étranger. 6. Signature finale de l’accord d’investissement.
Des seuils minimums d’investissement sont fixés par secteur, allant de 250 000 USD à 5 millions USD. Si aucun seuil n’est prédéfini pour un secteur, les conditions d’investissement sont négociées individuellement, au cas par cas.
Les activités de détaillants et de petits commerces locaux restent en grande partie fermées aux investisseurs étrangers, afin de protéger les entrepreneurs maldiviens.
Cadre juridique, arbitrage et résolution des litiges
Le système juridique maldivien combine des éléments de droit civil, de common law et de droit islamique. Les contrats peuvent choisir un droit étranger, mais aucune disposition ne doit être contraire aux principes de l’islam, érigés en fondement de l’ordre juridique.
Les litiges commerciaux peuvent être portés devant les tribunaux (Civil Court, High Court, Supreme Court) ou être soumis à arbitrage en vertu de la loi 10/2013 sur l’arbitrage. Les sentences arbitrales étrangères peuvent être reconnues et exécutées, même si le pays n’est pas partie à la Convention de New York, sur la base de l’article 72 de la loi sur l’arbitrage.
Conclusion : un cadre exigeant mais lisible pour qui se prépare
Vivre aux Maldives suppose d’abord de choisir la bonne porte d’entrée : Work Visa pour les salariés, Marriage ou Dependent Visa pour les familles, Special Resident ou Investor Visa pour les investisseurs, ou encore programmes comme The Maldives Pearl Residence pour les patrimoines élevés.
Cette installation s’accompagne d’obligations précises :
Pour un séjour ou une installation réussie aux Maldives, plusieurs démarches et précautions sont essentielles. Commencez par effectuer vos formalités d’entrée via la plateforme IMUGA. Respectez scrupuleusement la réglementation sur l’emploi étranger et les quotas en vigueur. Il est crucial de souscrire une assurance santé adaptée, idéalement une couverture internationale incluant une clause d’évacuation médicale. Comprenez les limites légales en matière d’acquisition foncière : seuls les baux à long terme sont accessibles aux étrangers, la pleine propriété n’étant pas autorisée. Anticipez le coût de la vie, particulièrement élevé à Malé et Hulhumalé. Pour les entrepreneurs, l’obtention d’une licence d’investissement étranger et un enregistrement rigoureux de la structure sont des étapes obligatoires.
En contrepartie, le pays offre une fiscalité directe attractive, un système de plus en plus numérisé (IMUGA, Xpat, Business Portal, e‑Visa, applications mobiles) et un cadre institutionnel qui, malgré sa complexité, devient progressivement plus transparent pour les expatriés et les investisseurs décidés à s’y installer durablement.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à 1 M€ bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement global (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Île Maurice, Maldives), la stratégie retenue a consisté à cibler les Maldives, combinant fiscalité très avantageuse (absence d’impôt sur le revenu pour les non‑résidents actifs localement, pas d’impôt sur la fortune, fiscalité limitée aux activités locales), cadre de vie haut de gamme et environnement dollarisé attractif pour un investisseur européen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence longue durée via investissement immobilier ou structuration d’entreprise locale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, conseils en investissements touristiques) et intégration patrimoniale (analyse, restructuration internationale si nécessaire), afin de réduire la pression fiscale de plus de 50 % tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôles français.
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