Géographie du pays en Équateur : reliefs, climats et régions d’un microcontinent

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Situé dans l’angle nord‑ouest de l’Amérique du Sud, l’Equateur porte bien son nom : la ligne équatoriale traverse le pays et passe à une quarantaine de kilomètres au nord de Quito. Malgré une superficie modeste à l’échelle du continent, le territoire rassemble une étonnante diversité de reliefs, de climats et d’écosystèmes, au point d’être souvent décrit comme un « microcontinent ». Comprendre la géographie du pays en Equateur, c’est suivre un voyage qui va des plages du Pacifique aux forêts denses de l’Amazonie, en passant par les volcans enneigés de la Sierra et l’archipel isolé des Galápagos.

Un petit pays à la géographie XXL

L’Equateur couvre environ 283 561 km², dont 276 841 km² de terres émergées et 6 720 km² de plans d’eau. Certains chiffres officiels mentionnent une superficie un peu moindre (256 370 km²), mais dans tous les cas, le pays reste l’un des plus petits d’Amérique du Sud, plus vaste toutefois qu’Uruguay, Guyana, Suriname ou la Guyane française.

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Longueur en kilomètres du littoral équatorien donnant sur l’océan Pacifique.

Les points extrêmes du territoire reflètent cette dispersion spatiale :

– au nord, l’Equateur s’étend jusqu’à l’île Darwin aux Galápagos, et, sur le continent, jusqu’à l’embouchure du río Matajé dans la province d’Esmeraldas ;

– au sud, la frontière avec le Pérou dans le canton de Chinchipe marque la limite ;

– à l’ouest, le point le plus avancé est l’île Fernandina dans les Galápagos, et, sur le continent, la péninsule de Santa Elena près de Salinas ;

– à l’est, la frontière avec le Pérou en province d’Orellana complète ce cadre.

Bon à savoir :

L’Équateur présente une amplitude altitudinale exceptionnelle, allant du niveau de la mer sur la côte Pacifique jusqu’au sommet du volcan Chimborazo à 6 267 m. Ce volcan est non seulement le point culminant du pays, mais son sommet détient un record géographique unique : en raison du renflement équatorial de la Terre, il est le point de la surface terrestre le plus éloigné du centre du globe.

Les grandes régions naturelles

La géographie du pays en Equateur repose sur une division aujourd’hui classique en quatre grandes régions :

La Costa, plaine côtière pacifique à l’ouest ;

La Sierra, région andine centrale ;

L’Amazonie ou Oriente, qui occupe l’est du territoire ;

Les îles Galápagos, région insulaire océanique.

Les trois régions continentales s’étirent du nord au sud et sont séparées par la chaîne des Andes, qui traverse le pays en dessinant une épine dorsale spectaculaire.

Région principalePositionCaractère dominant
La CostaOuest, littoralPlaine côtière, climat tropical
La SierraCentre, AndesHautes montagnes, vallées d’altitude
L’Amazonie (Oriente)EstForêt tropicale humide, piémont andin
Galápagos (Archipel)1 000 km à l’ouestÎles volcaniques océaniques

La Costa : plaines fertiles et forêts côtières menacées

La Costa longe le Pacifique de la frontière colombienne à celle du Pérou. C’est une large plaine qui s’élève progressivement vers les contreforts andins. Les provinces côtières incluent Esmeraldas, Manabí, Los Ríos, Guayas, El Oro, Santo Domingo de los Tsáchilas et Santa Elena. Dans cette bande littorale se concentrent certains des sols les plus fertiles du pays, de vastes zones agricoles, d’importantes villes portuaires et des écosystèmes côtiers très fragilisés.

Les grands fleuves issus de la Sierra irriguent la plaine avant de rejoindre l’océan. Le système du río Guayas est le plus important : son bassin couvre environ 40 000 km². Le Guayas lui‑même naît au nord de Guayaquil de la confluence des ríos Babahoyo et Daule, puis s’élargit vers le sud pour former un vaste estuaire autour de l’île Puná. Plus au nord, le río Esmeraldas, long de 320 km, draine un bassin de 20 000 km² et se jette dans l’océan à proximité de la ville d’Esmeraldas.

Un littoral agricole et industriel

La Costa est souvent décrite comme le « grenier » de l’Equateur. On y trouve de vastes plantations de bananes, cacao, café et riz. Ce potentiel agricole a cependant un coût écologique : environ 98 % des forêts côtières originelles ont disparu, remplacées par des pâturages et des cultures commerciales. Les plantations industrielles de bananes pour de grands groupes exportateurs occupent une place importante dans le paysage, tout comme les rizières et les exploitations d’élevage.

Exemple :

Le littoral équatorien concentre les principaux ports du pays, jouant des rôles économiques et stratégiques distincts. Guayaquil, la plus grande ville, est un port de commerce majeur et un centre industriel. Esmeraldas abrite le terminal pétrolier de Balao, essentiel pour l’exportation du brut. Manta, autre port important, a servi de base aérienne aux États-Unis pour des opérations de lutte antidrogue.

La côte recèle également des zones d’estran étendues : environ 635 km² de vasières intertidales sont recensés, ce qui place le pays dans le peloton de tête mondial pour ce type d’habitat, essentiel pour les oiseaux marins et la protection côtière.

Les derniers fragments de la forêt équatoriale du Pacifique

Malgré une déforestation massive, quelques lambeaux de forêt naturelle survivent dans les chaînes côtières de Mache‑Chindul, Jama‑Coaque et Chongón‑Colonche. Ces massifs abritent un ensemble exceptionnel de forêts : tropicales sèches, humides, sempervirentes, forêts de nuages de piémont et mangroves. L’ensemble est désigné sous le nom de forêt équatoriale du Pacifique et fait partie du hotspot de biodiversité Tumbes‑Chocó‑Magdalena. Les scientifiques la considèrent comme l’une des forêts tropicales les plus menacées au monde.

Attention :

Les mangroves, bien que réduites par l’aquaculture, jouent un rôle majeur dans la protection côtière contre l’érosion, la filtration des eaux et l’hébergement d’une biodiversité importante de poissons et d’oiseaux.

Climat de la Costa : entre courants froids et chaleur tropicale

Le climat côtier est chaud toute l’année, mais varie fortement selon la latitude et surtout l’influence des courants marins. La présence du courant froid de Humboldt, remontant du sud, et du courant chaud de Panama, venant du nord, crée un jeu de contrastes saisonniers. On distingue globalement une saison des pluies, allant de décembre‑janvier à mai‑juin, et une saison plus sèche et plus fraîche, de juin‑juillet à novembre‑décembre.

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Guayaquil reçoit plus de 1 260 mm de pluie par an, un niveau de précipitations bien supérieur à d’autres villes côtières équatoriennes.

Les épisodes El Niño, qui surviennent tous les deux à sept ans, bouleversent cet équilibre : les eaux se réchauffent, les pluies augmentent brutalement sur la côte et les versants occidentaux des Andes, provoquant crues, glissements de terrain et destruction d’infrastructures. Inversement, les phases La Niña entraînent souvent des conditions plus sèches et des risques de sécheresse.

La Sierra : l’avenue des volcans

Au centre du pays, la Sierra forme une bande montagneuse androcentrée autour de la cordillère des Andes. Cette région occupe environ un quart de la superficie nationale et concentre une grande partie des villes et des infrastructures. On y trouve les provinces de Carchi, Imbabura, Pichincha, Cotopaxi, Tungurahua, Chimborazo, Bolívar, Cañar, Azuay et Loja.

Les Andes équatoriennes se composent de deux grandes chaînes parallèles, la Cordillère Occidentale à l’ouest et la Cordillère Orientale (ou Real) à l’est. Au nord, une troisième alignement intermédiaire existe, donnant à l’ensemble une forme en S complexe. Entre ces chaînes, une série de hauts plateaux et de vallées intramontagnardes forme un couloir habité que les géographes appellent la vallée interandine.

Un relief volcanique spectaculaire

La Sierra est l’une des régions du monde où la densité de volcans actifs et éteints est la plus forte. On y recense plus d’une trentaine de sommets volcaniques notables, dont plusieurs dépassent les 5 000 m. Parmi les plus emblématiques :

Volcan / sommetAltitude approximativeStatut et particularités essentielles
Chimborazo6 267 mInactif, point le plus éloigné du centre de la Terre
Cotopaxi5 897 mTrès actif, l’un des plus hauts volcans actifs du monde
Cayambe5 790 mUnique sommet enneigé situé directement sur l’équateur
Antisana5 753 mVolcan glaciaire technique, entouré de lagunes
Illiniza (Sur)5 248 mDouble sommet dans la Cordillère Occidentale
Tungurahua5 023 mVolcan actif dominant la ville thermale de Baños
Pichincha~4 784 mVolcan dominant Quito, éruptions avec chutes de cendres
Sangay>5 000 mL’un des volcans les plus actifs du pays

Le Chimborazo, massif glaciaire de la Cordillère Occidentale, est particulièrement emblématique. Situé à une centaine de kilomètres au sud‑sud‑ouest de Quito, à proximité de la ville de Riobamba, il est inclus dans une réserve de faune destinée à protéger les camélidés andins comme la vigogne et le lama. Son sommet est entièrement couvert de glace, même si les glaciers reculent nettement.

Astuce :

Le Cotopaxi, célèbre volcan de la Cordillère Orientale, est reconnaissable à sa silhouette conique presque parfaite et son large cratère glaciaire. Situé dans un parc national très fréquenté, il est connu pour ses éruptions qui génèrent de puissants lahars. Ces coulées boueuses, mélanges de glace, de cendres et de débris, peuvent parcourir de très longues distances dans les vallées avoisinantes, représentant un risque majeur.

Plus au sud, les volcans Tungurahua et Sangay rappellent la vigueur du volcanisme équatorien. Le premier, surplombant la ville de Baños, connaît une activité intermittente depuis la fin des années 1990. Sangay, dans le parc national éponyme classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est en éruption quasi continue depuis des décennies.

Vallées, páramos et glaciers en recul

Entre les cordillères, la vallée interandine accueille des villes comme Quito, Ambato, Riobamba ou Cuenca. Les fonds de vallée se situent souvent entre 2 500 et 3 000 m, avec des cultures de maïs, pommes de terre, quinoa ou orge. Les versants sont largement déboisés depuis des siècles pour l’agriculture et l’élevage, ainsi que pour les cultures de fleurs destinées à l’exportation.

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En 2008, les páramos, écosystèmes de haute altitude typiques des Andes, couvraient plus de 1,46 million d’hectares en Équateur.

Au‑delà de 4 650 m, les sommets basculent dans le domaine nival, avec un manteau neigeux permanent et des glaciers. On recense sept principaux glaciers sur les volcans Antisana, Cotopaxi, Chimborazo, Cayambe, les Ilinizas, El Altar et Carihuairazo. Mais ces masses de glace reculent rapidement : en moyenne, la surface glaciaire a diminué d’environ 53 à 54 % en quarante ans, et certains glaciers, comme celui du Carihuairazo, ont déjà perdu plus de 90 % de leur superficie. Les projections indiquent une possible disparition complète des glaciers équatoriens d’ici la fin du siècle.

Climat montagnard : l’importance de l’altitude

La Sierra connaît un climat tempéré par l’altitude, avec peu de variations de température selon les mois, mais de très grands écarts entre le jour et la nuit. En moyenne, la température diminue d’environ 1 °C tous les 200 m de dénivelé positif. Les journées sont souvent ensoleillées le matin, avec des averses fréquentes l’après‑midi.

On distingue plusieurs étages climatiques :

Étages climatiques des Andes équatoriennes

Les Andes équatoriennes présentent une succession d’étages climatiques distincts, définis par l’altitude, avec des caractéristiques de température et de précipitations spécifiques.

Tropical andin (400–1 800 m)

Températures de 20 à 25 °C avec des pluies abondantes.

Subtropical (1 800–2 500 m)

Températures de 15 à 20 °C et précipitations modérées.

Tempéré (2 500–3 200 m)

Températures de 10 à 15 °C et environ 1 000 mm de pluie par an. C’est l’étage de Quito (15,6 °C en moyenne, ~1 500 mm de précipitations).

Froid (3 200–4 650 m)

Températures de 3 à 9 °C avec pluies, grésil et brouillard fréquents.

Nival (>4 650 m)

Températures proches de 0 °C ou négatives, domaine de la neige et de la glace permanentes.

La saison humide s’étend généralement d’octobre à mai, la période la plus sèche allant de juin à septembre. Certaines vallées abritées reçoivent à peine 500 mm de pluie par an, tandis que les pentes exposées peuvent cumuler jusqu’à 2 500 mm. Des villes comme Cuenca, située à 2 500 m environ, affichent des températures moyennes proches de 14,7 °C pour moins de 900 mm de pluie annuelle.

Villes andines et peuplement

Quito, capitale et deuxième plus grande agglomération du pays, est installée à 2 850 m dans une vallée étroite dominée par le volcan Pichincha. Sa situation en fait la deuxième capitale la plus haute du monde. La croissance urbaine, contrainte par le relief, s’est déroulée en longueur, créant une ville de plus de 30 km du nord au sud pour seulement quelques kilomètres de large.

Plus au sud, Cuenca se niche dans un bassin andin entouré de montagnes, tandis que des villes comme Riobamba ou Ambato jalonnent la célèbre « avenue des volcans », expression popularisée par Alexander von Humboldt pour désigner ce corridor où les sommets enneigés se succèdent sur près de 320 km.

La population de la Sierra est majoritairement issue des peuples autochtones kichwa (ou quichua), dont les communautés vivent de l’agriculture, de l’élevage et, de plus en plus, du tourisme rural ou communautaire. La diversité culturelle se traduit par la présence de nombreux groupes comme les Otavalo, Salasaca ou Saraguro.

L’Amazonie équatorienne : un fragment de grande forêt

À l’est de la Cordillère Real, le relief bascule brutalement vers les plaines amazoniennes. En moins de 100 km, l’altitude passe de 4 000–6 000 m à environ 500 m, formant une série de collines, de terrasses et de plaines alluviales. Cette région, appelée Amazonie ou Oriente, couvre près de la moitié de la surface nationale, même si elle ne représente que 1 à 2 % de l’ensemble du bassin amazonien.

Les provinces amazonniennes – Sucumbíos, Napo, Orellana, Pastaza, Morona Santiago, Zamora‑Chinchipe – sont couvertes en grande partie de forêts tropicales humides. On y distingue :

– des forêts de piémont sur les versants andins, où les pentes sont fortes et les cours d’eau torrentiels ;

– des forêts de terra firme non inondées, sur des sols latéritiques rouges ou brun‑rouge ;

– des forêts saisonnièrement inondées de type várzea ;

– des forêts inondées de manière quasi permanente, appelées igapó.

Les sols y sont majoritairement pauvres, très lessivés par les pluies, avec des oxisols bien drainés près des Andes et des ultisols plus hydromorphes dans les zones planes éloignées.

Un réseau hydrographique braqué sur l’Amazonie

La plupart des grands fleuves de l’Oriente naissent sur les pentes orientales de la Sierra avant de se diriger vers l’est pour rejoindre le système de l’Amazone. Parmi les plus importants :

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Le bassin équatorien du Napo couvre environ 31 400 km², avec des précipitations annuelles pouvant atteindre 3 800 mm.

Tous ces cours d’eau finissent par alimenter le fleuve Amazone en territoire péruvien ou brésilien. L’importance de cette ressource se lit aussi dans les chiffres nationaux : les ressources en eau renouvelables sont estimées à 424,4 km³, et l’agriculture consomme environ 81 % des prélèvements d’eau douce.

Climat de l’Oriente : « humide et plus humide »

Le climat amazonien est chaud, très humide et pluvieux toute l’année. Dans la partie occidentale, les températures moyennes tournent autour de 25,5 °C, avec des maximales autour de 30 °C et des minimales de 23 °C. Les plaines peuvent connaître des températures supérieures à 28 °C.

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Dans certains secteurs de piémont, les précipitations dépassent 5 000 mm par an.

L’humidité relative reste très élevée, autour de 83 % dans les périodes les moins pluvieuses et proche de 90 % pendant les mois les plus arrosés. Les pluies tombent souvent à heures régulières, surtout l’après‑midi, configurant un climat que les habitants qualifient parfois de « humide » et « encore plus humide ».

Forêts, pétrole et peuples autochtones

Environ 38 % du territoire équatorien restait forestier au milieu des années 2010, une grande partie se situant dans l’Oriente. Toutefois, le pays a perdu 2,1 millions d’hectares de forêts entre 1990 et 2020, soit près de 14,6 % de son couvert. L’Amazonie concentre encore les zones les mieux préservées, même si la déforestation progresse, portée par l’extension de l’agriculture, les routes et l’exploitation pétrolière.

Bon à savoir :

L’industrie pétrolière, centrale pour l’économie nationale, est principalement localisée dans les provinces de Sucumbíos et Orellana, autour de villes comme Lago Agrio et Coca. Son exploitation a entraîné des dégâts environnementaux majeurs (fuites d’hydrocarbures, torchage de gaz) et des conflits avec les communautés locales, notamment liés à la construction d’oléoducs.

L’Oriente est aussi le territoire de nombreuses nations autochtones : Quechua de plaine, Siona, Secoya, Huaorani, Cofán, Shuar, Achuar, Záparo, entre autres. Plusieurs d’entre elles vivent encore partiellement de chasse, de pêche et d’agriculture itinérante, et leurs territoires chevauchent souvent des aires protégées.

Parmi ces dernières, le parc national Yasuní (environ un million d’hectares) et la réserve de faune Cuyabeno (plus de 600 000 hectares) sont souvent cités comme des noyaux de biodiversité d’importance mondiale, avec des records de diversité en amphibiens, oiseaux, insectes et plantes par hectare.

Les Galápagos : un laboratoire naturel isolé

À près de 1 000 km à l’ouest du continent, les îles Galápagos constituent la quatrième grande région géographique du pays. Cet archipel volcanique, posé sur la plaque Nazca, compte 18 grandes îles, plusieurs îlots et une centaine de rochers et récifs. La superficie totale émergée avoisine 7 880 à 8 000 km², disséminée sur environ 45 000 km² d’océan.

Isabela est de loin l’île la plus vaste (4 640 km²) et concentre plusieurs grands volcans boucliers, dont Wolf, point culminant de l’archipel à 1 707 m. Fernandina, également très active, arbore une large caldeira partiellement effondrée. La plupart des îles sont issues d’un seul édifice volcanique, à l’exception notable d’Isabela, formée par la fusion de six volcans.

Un volcanisme toujours actif

Les Galápagos reposent sur un point chaud situé sous la plaque Nazca, qui se déplace vers l’est‑sud‑est de quelques centimètres par an. À mesure que la plaque glisse au‑dessus du panache mantellique, de nouveaux volcans émergent à l’ouest, tandis que les îles les plus anciennes s’érodent à l’est. Des éruptions sont régulièrement observées : plus de 50 ont été recensées au cours des 200 dernières années, impliquant au moins neuf volcans différents.

Les reliefs typiques incluent :

vastes caldeiras effondrées (Fernandina, Sierra Negra) ;

coulées de lave de type ‘a‘a rugueuses ou pahoehoe lisses ;

cônes de scories, cônes de projections, cratères d’explosion ;

tunnels de lave, falaises littorales.

L’archipel se situe à la jonction de trois plaques (Nazca, Cocos, Pacifique) et est en partie bordé au nord par le centre d’accrétion de la ride des Galápagos. Il repose sur un plateau basaltique sous‑marin, relié au continent par la ride Carnegie.

Climat des îles : courants froids et alternance des saisons

Bien que traversées par l’équateur, les Galápagos n’ont pas un climat purement tropical. Le courant de Humboldt, froid, qui remonte le long des côtes sud‑américaines, ainsi que le contre‑courant équatorial sous‑marin (courant de Cromwell) influencent fortement les températures de l’air et de l’eau.

Deux grandes saisons se distinguent :

– la saison fraîche et sèche (garúa), de juin à novembre, marquée par des brumes, des crachins et des nuages bas, avec des températures de 21–22 °C à basse altitude ;

– la saison chaude et plus humide, de décembre à mai, avec davantage d’averses et des températures moyennes autour de 25–26 °C.

Exemple :

Sur l’archipel des Galápagos, les précipitations varient considérablement selon l’altitude et l’exposition. Les zones côtières, comme l’île de Baltra, sont souvent semi-arides. En revanche, les hauteurs peuvent capter beaucoup plus d’humidité. Par exemple, la station de recherche Charles Darwin sur l’île de Santa Cruz enregistre des cumuls de pluie mensuels très supérieurs à ceux de l’île voisine de Baltra, illustrant l’importance des effets de micro-climat dans l’archipel.

Un hotspot de biodiversité océanique

Les Galápagos sont célèbres pour leur faune endémique : tortues géantes, iguanes marins, cormorans aptères, pinsons de Darwin, manchot des Galápagos – seule espèce de manchot vivant au nord de l’équateur –, mais aussi nombreuses plantes, reptiles et invertébrés uniques. On y compte environ 500 espèces de plantes vasculaires indigènes, dont un nombre important endémiques.

Cette richesse est liée à l’isolement de l’archipel, à la variabilité des habitats (zones arides, mangroves côtières, forêts humides de hauteurs) et aux flux marins qui nourrissent des eaux très productives.

Toutefois, les îles sont fragilisées par diverses pressions : espèces introduites (rats, chèvres, plantes invasives), croissance démographique (plus de 30 000 habitants), développement touristique (plus de 150 000 visiteurs annuels), gestion des déchets et risques liés au trafic maritime.

Climats, saisons et aléas naturels

L’un des traits les plus marquants de la géographie du pays en Equateur réside dans la variété de ses climats sur une surface restreinte. À l’échelle nationale, la température moyenne annuelle est d’environ 21,7 °C, avec une pluviométrie moyenne estimée à 2 201 mm. Mais ces valeurs globales masquent des contrastes forts entre les régions.

Une règle simple permet de comprendre la structure thermique : la température décroît d’environ 1 °C par 200 m de montée en altitude. Ainsi, il est possible de passer, en quelques heures de route, d’une chaleur tropicale humide à 30 °C dans la plaine côtière à un climat quasi automnal de 15 °C à Quito, puis à des conditions hivernales proches de 0 °C sur les glaciers andins.

Trois grands ensembles climatiques continentaux

Sur le continent, on peut résumer les grandes tendances ainsi :

Bon à savoir :

La région côtière de l’Équateur bénéficie d’un climat tropical, marqué par une saison des pluies (généralement de décembre à mai-juin) et une saison plus sèche (de juin à novembre). Les températures sont constamment élevées, avoisinant souvent 30 °C en journée. Son climat est fortement influencé par les courants marins (Humboldt froid et Panama chaud) et les phénomènes ENSO (El Niño / La Niña), entraînant une grande variabilité d’une année à l’autre, notamment des épisodes de pluies extrêmes lors des événements El Niño.

La Sierra : climat tempéré d’altitude, fortement modulé par l’élévation. La saison la plus sèche se situe entre juin et septembre, tandis que la période octobre‑mai est plus humide. Les amplitudes journalières sont marquées : des matins ensoleillés relativement doux et des nuits froides. Les grandes villes andines présentent des températures moyennes annuelles inférieures à 16 °C.

L’Amazonie (Oriente) : climat de forêt équatoriale, chaud et très humide, avec des pluies tout au long de l’année. Une période un peu moins pluvieuse se dessine souvent entre août et décembre, mais il n’y a pas de véritable saison sèche. Les températures oscillent entre 24 et 28 °C, la moiteur de l’air étant constamment élevée.

Pour saisir ces contrastes, quelques données de villes représentatives sont éclairantes :

Ville / îlesRégionTempérature moyenne (°C)Pluviométrie annuelle (mm)
QuitoSierra15,6~1 098 à 1 500
CuencaSierra14,7~878
GuayaquilCosta26,5~1 263
MantaCosta25,4~254
MachalaCostaMax. 28,9~489
San Cristóbal (Galápagos)Insulaire24,8~578

Ces chiffres soulignent le caractère plus frais et plus variable de la Sierra, la chaleur côtière atténuée parfois par l’aridité, et la douceur des Galápagos, adoucie par les courants marins.

Les risques naturels : un pays sous tension géologique

La position de l’Equateur sur la ceinture de feu du Pacifique et au carrefour de plusieurs plaques tectoniques rend le pays particulièrement exposé aux aléas naturels. Les principaux risques naturels sont :

Astuce :

L’Équateur est exposé à plusieurs aléas naturels majeurs. Les séismes, fréquents et parfois destructeurs, sont liés à la subduction de la plaque Nazca sous la plaque sud‑américaine. Le volcanisme se manifeste par des éruptions explosives, des coulées de lave, des nuées ardentes et des lahars sur les nombreux volcans actifs des Andes et des Galápagos. Les glissements de terrain, favorisés par la topographie escarpée et les pluies intenses, sont courants dans les Andes et l’Oriente. Enfin, les inondations et sécheresses sont accentuées par les événements El Niño (pluies extrêmes) et La Niña (déficits hydriques), particulièrement sur la côte et les versants occidentaux des Andes.

La variabilité climatique et l’augmentation des températures depuis le milieu du XXe siècle (environ +1,4 °C entre 1960 et 2010 à l’échelle du pays) amplifient ces risques. Les pluies tendent à devenir plus intenses dans la Sierra et l’Amazonie, tandis que certaines zones côtières comme Esmeraldas, Manabí ou Santa Elena pourraient connaître un recul drastique des précipitations d’ici le milieu du siècle selon des scénarios d’émissions élevées.

Ressources naturelles, biodiversité et usage des terres

La géographie du pays en Equateur ne se résume pas à des reliefs et des climats : elle structure aussi l’économie et la distribution des écosystèmes. L’Equateur est considéré comme l’un des 17 pays « mégadivers » de la planète, avec la plus forte biodiversité par km² au monde. Sur un territoire restreint, on recense plus de 16 000 espèces de plantes, environ 1 600 espèces d’oiseaux sur le continent (plus 38 endémiques aux Galápagos), plus de cent reptiles endémiques, près de 140 amphibiens endémiques et quelque 6 000 espèces de papillons.

Répartition des terres et agriculture

Environ 4,6 % du territoire est occupé par des terres arables et 5,6 % par des cultures permanentes ; le reste (près de 90 %) correspond à d’autres usages (forêts, pâturages, zones urbaines, surfaces improductives). Les forêts couvraient encore un peu plus de la moitié du territoire continental au milieu des années 2010, avec environ 12,75 millions d’hectares, dont près de la moitié en forêt primaire. Les mangroves s’étendaient sur près de 157 000 hectares.

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Environ 75 % des terres en France sont des espaces naturels, illustrant leur importance dans la répartition des usages.

Type d’usage du solPart approximative du territoire
Terres arables~4,6 %
Cultures permanentes~5,6 %
Autres (forêts, pâturages, etc.)~89,8 %
Forêt (2014, continent)~51,2 %

L’agriculture varie selon les régions :

– sur la Costa : bananes, cacao, café, riz, canne à sucre, palmiers à huile, cultures maraîchères ;

– dans la Sierra : pommes de terre, maïs, quinoa, blé, orge, cultures florales (roses) ;

– en Amazonie : pâturages, petites cultures vivrières, cultures pérennes, mais aussi clairières liées à l’élevage.

Les principales exportations agricoles – bananes, cacao fin, fleurs, crevettes, thon, bois de balsa – s’inscrivent pour beaucoup dans la géographie côtière et andine.

Un patrimoine naturel sous pression

Malgré cette richesse, l’Equateur présente un grand nombre d’espèces menacées : plus de 2 500 au total, dont près de 170 amphibiens, plus de 100 oiseaux, plusieurs dizaines de mammifères et de reptiles. Environ 19 à 20 % de la superficie nationale est protégée via le Système national des aires protégées (SNAP), qui regroupe des parcs nationaux, des réserves écologiques, des refuges de faune, des réserves de production de faune, etc. Un objectif officiel évoque la nécessité de porter cette protection à 32 % pour assurer la conservation des principaux écosystèmes.

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Nombre d’hectares couverts en 2018 par le programme Socio Bosque, soit un peu plus de 2 % du territoire équatorien.

Malgré ces efforts, la déforestation reste soutenue, notamment sur la Costa (où il ne resterait qu’environ 30 % de la végétation originelle), dans certaines zones andines (40 % environ) et, dans une moindre mesure, en Amazonie (où près de 88 % de la couverture végétale initiale subsistait encore, mais en régression). Les forêts sèches, jadis largement présentes, ne couvrent plus qu’environ 8 200 miles², avec une fraction infime de formations intactes.

Villes, population et organisation du territoire

La géographie du pays en Equateur structure aussi la distribution de la population. Sur environ 17 à 18 millions d’habitants, plus de 60 % vivent en milieu urbain. La plupart des grandes villes se concentrent sur la Costa et dans la Sierra interandine.

Les deux métropoles dominantes sont :

Guayaquil, plus grande ville et principal port, au cœur de la Costa ;

Quito, capitale politique, dans la Sierra.

Elles regroupent à elles seules près de la moitié de la population urbaine. Derrière ce duo, des agglomérations de taille moyenne complètent le réseau : Cuenca, Santo Domingo, Ambato, Manta, Machala, Portoviejo, Loja, Ibarra, Esmeraldas, Quevedo, Latacunga, Milagro, Santa Elena, Babahoyo, entre autres.

Bon à savoir :

Quito et Guayaquil représentent les deux pôles géographiques et économiques du pays. Quito, située dans les hautes vallées andines, est tournée vers l’intérieur et les volcans, tandis que Guayaquil, sur la côte pacifique, s’ouvre sur la mer et les plaines du Guayas. Cette division fondamentale a structuré les réseaux de transport, les flux économiques et a forgé des identités régionales distinctes.

L’Amazonie, en revanche, reste faiblement peuplée. Ses villes principales – Lago Agrio, Coca, Tena, Puyo, Macas, Zamora – sont petites à l’échelle nationale et souvent reliées au reste du pays par quelques routes principales et des liaisons aériennes. Les fleuves y gardent une importance logistique majeure, notamment le Napo.

Les Galápagos, enfin, ne comptent qu’une population d’environ 30 à 40 000 habitants, répartis entre les îles habitées (Santa Cruz, San Cristóbal, Isabela, Floreana, Baltra). L’isolement et la valeur patrimoniale de l’archipel imposent une gestion spécifique, avec un statut provincial particulier et des restrictions sur la résidence et les activités économiques.

Une géographie au cœur des politiques environnementales

La diversité géographique de l’Equateur implique une gestion complexe des ressources naturelles et des risques. Le pays a fait figure de pionnier en inscrivant, dans sa constitution de 2008, des droits de la nature juridiquement opposables, reconnaissant les écosystèmes comme sujets de droit. Cette approche est intimement liée à la réalité d’un territoire où les effets des activités humaines – agriculture intensive, exploitation pétrolière, urbanisation, barrages – se font rapidement sentir sur des milieux très contrastés.

Bon à savoir :

Les politiques climatiques nationales intègrent des projections régionales précises : une hausse des températures plus forte dans la Sierra et l’Amazonie, une incertitude sur les volumes de pluie mais une intensification des pluies extrêmes à l’intérieur des terres, une aridification de certains secteurs côtiers, une réduction programmée des glaciers andins et une élévation du niveau de la mer menaçant les côtes basses et les mangroves.

Ces enjeux résonnent avec la géographie humaine : les zones les plus exposées aux inondations se situent dans les plaines côtières et les vallées fluviales ; les glissements de terrain affectent surtout les versants andins déboisés ; la montée des eaux salines menace les aquifères littoraux ; la diminution des eaux de fonte glaciaire pèse déjà sur l’alimentation en eau potable de certaines villes andines.

Bon à savoir :

La géographie équatorienne, divisée en quatre régions distinctes (Côte, Sierra, Amazonie, Galápagos), nécessite des politiques adaptées à chacune : protection des forêts résiduelles sur la côte, reforestation et gestion des sols en montagne, défense des territoires indigènes et des parcs en Amazonie, et régulation stricte du tourisme aux Galápagos.

La géographie du pays en Equateur illustre ainsi le paradoxe d’un petit État à la fois extrêmement riche en milieux naturels et soumis à des pressions intenses. Des plages du Pacifique aux neiges du Chimborazo, des forêts du Yasuní aux coulées de lave de Fernandina, l’Equateur condense sur quelques centaines de kilomètres une diversité que d’autres nations déploient sur des continents entiers. Comprendre ces reliefs, ces fleuves, ces climats et ces écosystèmes, c’est saisir la clé d’un territoire dont l’avenir dépendra, plus que jamais, de la manière dont il saura concilier développement humain et préservation de ce patrimoine géographique hors du commun.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Équateur pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Panama, Uruguay, Équateur), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Équateur pour son coût de vie nettement inférieur à celui de la France (notamment à Cuenca ou Quito), ses programmes de résidence pour retraités et une fiscalité locale globalement modérée, combinant stabilité monétaire (dollar US) et accès facilité à l’immobilier. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence via visa retraité, affiliation santé locale et maintien des droits français, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, agents immobiliers bilingues) et intégration patrimoniale (analyse, éventuelle restructuration). Ce type d’accompagnement permet au futur retraité de réduire significativement sa fiscalité tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, double imposition via convention FR‑EC, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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