Investir dans l’immobilier en Equateur quand on est expatrié

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à l’étranger et acheter un bien n’a rien d’anodin, surtout dans un pays où le marché fonctionne très différemment de l’Europe ou de l’Amérique du Nord. en Equateur, l’équation est pourtant attirante pour beaucoup d’expatriés : coût de la vie bas, monnaie en dollars US, fiscalité foncière légère, possibilité d’obtenir un visa investisseur, et des prix immobiliers encore largement inférieurs à ceux de nombreux marchés voisins. Mais derrière cette image de « paradis abordable », le terrain est complexe, peu structuré, et demande une bonne préparation.

Bon à savoir :

Ce guide complet fournit des informations pratiques et chiffrées pour les expatriés souhaitant investir en Équateur. Il aborde les questions clés : où acheter, les prix du marché, les rendements locatifs et les risques associés. Il explique également comment articuler cet investissement avec une stratégie de résidence et une vision à long terme.

Pourquoi l’immobilier en Equateur attire les expatriés

Avant de parler actes notariés ou rendement locatif, il faut comprendre ce qui pousse de plus en plus d’étrangers vers l’Equateur. Situé au nord-ouest de l’Amérique du Sud, entre la Colombie et le Pérou, le pays cumule plusieurs atouts très concrets pour un investisseur expatrié.

Astuce :

Depuis 2000, l’Équateur a adopté le dollar américain comme monnaie officielle. Pour un retraité européen ou nord-américain, cela élimine le risque de dévaluation d’une monnaie locale et simplifie la compréhension des coûts : les biens immobiliers, les loyers et les impôts sont tous libellés en USD. Cette caractéristique est décisive pour qui souhaite diversifier son patrimoine hors de la zone euro tout en évitant les devises exotiques.

La deuxième est le coût de la vie. Selon les données comparatives, vivre en Equateur revient entre 37 % et 55 % moins cher qu’en France, avec des logements 54 % à plus de 60 % moins coûteux en moyenne. Un couple peut mener une vie confortable avec moins de 23 000 dollars par an dans des villes comme Cuenca. Pour un célibataire, des budgets entre 800 et 1 500 dollars par mois sont tout à fait réalistes, et pour une famille de quatre personnes, entre 2 300 et 4 600 dollars selon le niveau de confort et la ville.

Exemple :

La diversité géographique de l’Équateur, qui concentre la côte Pacifique, les Andes, l’Amazonie et les îles Galápagos sur une courte distance, crée une mosaïque de micromarchés immobiliers distincts. Cela se traduit par des offres très variées : appartements urbains à Quito, maisons coloniales à Cuenca, condos en front de mer à Manta ou Salinas, fincas rurales dans la Sierra, et projets écotouristiques en Amazonie.

Enfin, le pays vise explicitement les investisseurs étrangers : visas basés sur l’investissement, exemptions fiscales ciblées sur certains projets, développement de zones touristiques et de programmes pour retraités et nomades digitaux. Cela ne veut pas dire que tout est simple, mais l’Equateur fait partie des rares pays où un investissement immobilier modeste peut débloquer un droit de résidence, voire, à terme, un passeport.

Un marché immobilier attractif… mais très peu structuré

Pour un expatrié habitué à un système avec MLS, bases de données centralisées et agences bien réglementées, l’immobilier en Equateur peut sembler déroutant. Le marché est décrit comme « un peu chaotique ». Il n’existe pas de fichier national de type MLS où consulter toutes les annonces. Les agents travaillent de manière très individualiste, et une grande partie des transactions se fait directement entre particuliers, parfois juste par le bouche-à-oreille.

Attention :

De nombreux biens ne sont signalés que par des panneaux « À vendre » et ne sont pas publiés sur les portails en ligne. Aucun intermédiaire n’a donc une vue exhaustive du marché. Pour un expatrié, cela se traduit par un important travail de terrain (visites, appels téléphoniques) et une dépendance cruciale à un réseau local de confiance.

L’autre spécificité, c’est la culture du cash. Le marché est très peu financiarisé : peu de crédits, peu de spéculation à levier, beaucoup d’achats comptant. Cela a deux conséquences importantes. D’un côté, les bulles spéculatives sont limitées, ce qui rend le marché plus sain et moins volatil. De l’autre, l’accès au crédit est difficile pour un étranger, et l’acheteur cash dispose d’un pouvoir de négociation considérable. Il n’est pas rare de négocier une baisse de 5 à 15 % par rapport au prix affiché, parfois davantage pour un paiement rapide et intégral.

Bon à savoir :

L’Équateur offre un marché immobilier sous-évalué par rapport à d’autres régions, avec des prix bas après une phase de hausse (2010-2015). Cet environnement est favorable à l’achat, mais il présente une liquidité moindre : la revente peut être longue. L’immobilier y est donc davantage un générateur de cash-flow et un pivot pour la résidence qu’un investissement de plus-value à court terme.

Droits de propriété : un cadre plutôt favorable aux étrangers

Sur le plan juridique, l’Equateur se distingue positivement. La Constitution garantit explicitement aux étrangers les mêmes droits de propriété qu’aux citoyens. Concrètement, un non-Equatorien peut détenir en pleine propriété un appartement, une maison ou un terrain, sans avoir recours à un prête-nom local ni à des montages de type trust ou bail emphytéotique. Il n’existe pas non plus de plafond officiel sur le nombre ou la valeur des biens détenus.

Bon à savoir :

Une fois l’acte de vente signé chez le notaire et enregistré au Registro de la Propiedad, le registre devient public. Toute personne peut alors demander un certificat indiquant le propriétaire d’un bien immobilier, ce qui signifie qu’un véritable anonymat de propriété n’existe pas.

Certaines zones, toutefois, échappent à cette liberté théorique. Pour des raisons de sécurité nationale ou de protection de l’environnement, plusieurs restrictions s’appliquent. L’achat de biens situés à moins de 50 km d’une frontière internationale nécessite une autorisation spécifique. Les terres militaires, certaines aires protégées ou territoires indigènes obéissent à des régimes particuliers, parfois incompatibles avec l’acquisition par un étranger. Les Galápagos, par exemple, sont soumises à des règles extrêmement strictes, avec des permis spéciaux et, dans de nombreux cas, une interdiction pure et simple d’achat.

Astuce :

Les terres communautaires indigènes sont régies par des règles collectives spécifiques. Les ventes réalisées en dehors des procédures communautaires officielles peuvent être contestées ultérieurement, ce qui représente un risque contentieux très élevé pour l’acheteur. Pour un expatrié, il est donc prudent de se limiter aux segments immobiliers « classiques » : appartements en ville, maisons dans des lotissements sécurisés ou condos dans des stations balnéaires établies. Il est également essentiel de faire vérifier chaque situation par un avocat local spécialisé.

Processus d’achat : rapide sur le papier, risqué si l’on bâcle

Sur le plan administratif, acheter en Equateur est plutôt simple pour un étranger. Un passeport suffit pour signer, aucun visa préalable n’est requis. Le schéma type d’une transaction se déroule en plusieurs phases, avec des particularités importantes.

Au départ, la recherche se fait souvent via les grands portails (Plusvalia, Properati, Green-Acres, Vive1, etc.), les groupes d’expatriés, les agences locales ou en arpentant les quartiers à la recherche de panneaux « Se vende ». Comme les annonces sont fragmentées, il est rare qu’un agent apporte « tout » ; multiplier les sources et les visites est vital.

La négociation est en général informelle au départ. Les offres verbales ou par message sont courantes, avec des marges de discussion significatives. Un rabais de 5 à 15 % sur le prix demandé est souvent obtenu, surtout pour les paiements comptant.

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Le dépôt de réservation peut représenter jusqu’à 5 % du prix d’achat du bien.

Le cœur juridique de l’opération est le contrat de promesse de vente, la Promesa de Compraventa, signé devant notaire. Ce document fixe le prix final, le calendrier des paiements, la date de signature de l’acte définitif et les pénalités en cas de désistement. Un acompte d’au moins 10 % est courant, pouvant monter jusqu’à 30 %. Si l’acheteur se retire sans motif prévu au contrat, il risque de perdre cet acompte.

Bon à savoir :

Avant l’achat, une due diligence menée par un avocat spécialisé est essentielle. Elle comprend la vérification du titre de propriété, l’historique des transactions, un certificat d’hypothèques et de charges, le contrôle des impôts et factures (eau, électricité, copropriété), la validation du plan cadastral et des permis de construire, ainsi que la conformité du zonage. Pour les terrains ruraux, confirmez les droits d’accès et d’eau. Un relevé topographique et une inspection structurelle sont fortement recommandés pour éviter les mauvaises surprises (surface réelle ou bâtis non conformes).

L’acte définitif, l’Escritura Pública, est ensuite rédigé par le notaire. L’acheteur et le vendeur signent en sa présence. Si l’acheteur ne parle pas espagnol, un traducteur assermenté est légalement requis pour s’assurer qu’il comprend bien le contenu. Le solde du prix est alors réglé, le plus souvent par virement international, parfois via un compte séquestre.

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L’inscription de l’acte au Registro de la Propiedad peut prendre au moins dix jours ouvrables.

Coût global d’une acquisition

Pour le budget, il ne suffit pas de regarder le prix du bien. En Equateur, les frais à la charge de l’acheteur tournent en général autour de 3 à 5 % du prix d’achat. Ils comprennent notamment la taxe de transfert municipale (Alcabala, environ 1 % de la valeur déclarée), un petit impôt provincial autour de 0,11 % de la valeur cadastrale, les honoraires du notaire (proches de 0,8 à 1 %), les frais d’enregistrement (entre 0,5 et 0,8 %, avec un plafond souvent fixé à 500 dollars), les honoraires de l’avocat (entre 1 et 3 % du prix ou un forfait entre 1 000 et 3 000 dollars) et quelques frais municipaux additionnels.

Pour visualiser l’ordre de grandeur, on peut synthétiser ces postes dans un tableau indicatif.

Poste de coûtFourchette typique (en % du prix)
Taxe de transfert (Alcabala)~1,0 %
Taxe provinciale~0,1 % (sur valeur cadastrale)
Notaire0,8 % – 1,0 %
Enregistrement foncier0,5 % – 0,8 % (plafonné souvent)
Avocat1,0 % – 3,0 % ou forfait
Frais municipaux divers~0,1 % (ou 50 – 200 $)
Total acheteur (ordre de grandeur)3,0 % – 5,0 %

Les commissions d’agence, en principe, sont payées par le vendeur et s’établissent le plus souvent entre 4 et 6 % du prix. Si l’on additionne les frais à l’achat et à la revente, le coût « aller-retour » d’une opération immobilière se situe globalement entre 6,3 et 10,3 %.

Fiscalité foncière : légère sur la détention, modérée à la sortie

Un des arguments phares en Equateur, pour un expatrié investisseur, reste la fiscalité foncière. L’essentiel repose sur la distinction entre valeur de marché et valeur cadastrale. La première correspond au prix réel de transaction ; la seconde, beaucoup plus basse, sert de base de calcul à la plupart des taxes municipales. Dans de nombreux cas, la valeur cadastrale ne représente que 2 à 2,5 % de la valeur marchande enregistrée.

L’impôt foncier, l’Impuesto Predial, est calculé sur cette base municipale, avec des taux progressifs variant selon les cantons, généralement entre 0,025 % et 0,5 %. En pratique, les montants restent dérisoires. Un exemple cité est celui d’une maison à Cuenca d’environ 170 000 dollars, dont la taxe annuelle tourne autour de 110 dollars. Autre illustration : un petit bien rural à Loja d’environ 34 000 dollars ne supporte que 7,50 dollars par an.

Bon à savoir :

Les propriétaires de plus de 65 ans bénéficient souvent de réductions importantes (jusqu’à 50% ou plus) sur la taxe foncière dans de nombreuses municipalités. Des contributions exceptionnelles peuvent s’ajouter en cas de travaux publics améliorant l’accès au bien, mais la charge fiscale globale reste très modérée pour un investisseur européen ou nord-américain.

En cas de revente, la plus-value est soumise à un impôt municipal spécifique d’environ 10 % du gain calculé… là encore sur la valeur cadastrale. Le calcul tient compte du coût d’acquisition, des améliorations documentées et d’un abattement annuel de dépréciation, souvent autour de 5 % par an. Au-delà d’une vingtaine d’années de détention, la base taxable peut devenir quasiment nulle. En pratique, la facture fiscale sur une plus-value réelle importante peut donc rester limitée, surtout pour un propriétaire âgé, qui profite en plus de rabais liés à son âge.

Bon à savoir :

Le pays applique un impôt de sortie d’environ 3,5 % sur les capitaux transférés à l’étranger. Pour un expatrié qui revend un bien et souhaite rapatrier l’intégralité du produit de la vente, ce prélèvement doit être intégré au calcul du rendement net global.

Sur les revenus locatifs, le traitement dépend du statut fiscal du propriétaire. Un non-résident sera imposé par retenue à la source sur les revenus de source équatorienne, avec un taux forfaitaire dans une fourchette de 22 à 25 %. Un résident fiscal, lui, intègre ses loyers à son revenu global soumis à un barème progressif pouvant atteindre 35 à 37 %, mais il peut déduire un grand nombre de charges (frais de gestion, travaux, intérêts éventuels, etc.).

Financement : un marché taillé pour les acheteurs comptant

Le point faible majeur pour beaucoup d’expatriés reste le crédit immobilier local. Les banques équatoriennes pratiquent des taux annuels élevés, entre 8,5 et 12 % en moyenne, sur des durées plutôt courtes : rarement plus de 10 à 15 ans. Pour un étranger, le ticket d’entrée est encore plus haut : apport personnel d’au moins 30 à 40 %, condition de résidence légale, preuve de revenus locaux et historique de crédit dans le pays.

Pour un nouvel arrivant ou un non-résident, obtenir un prêt bancaire équatorien standard est donc extrêmement compliqué. Quelques programmes existent pour primo-accédants équatoriens ou pour les Equatoriens vivant à l’étranger, mais ils concernent rarement les investisseurs étrangers.

Bon à savoir :

L’achat comptant est la solution alternative la plus courante. C’est une norme culturelle et un puissant levier de négociation, car un vendeur est souvent prêt à accorder une remise importante pour sécuriser une vente rapide et sans risque face à un acheteur en cash.

La seconde est le financement vendeur, relativement fréquent. Le propriétaire accepte de laisser une partie du prix à crédit sur une période de un à cinq ans, avec des intérêts annuels situés entre 6 et 10 %. Cette solution permet d’étaler le paiement sans passer par la banque, tout en restant sur une durée courte.

Bon à savoir :

Pour les projets neufs en pré-construction, les promoteurs proposent souvent des paiements échelonnés. Cela implique généralement un apport initial de 30 à 50 %, suivi de versements réguliers jusqu’à la livraison, fréquemment sans intérêts. Le principal risque n’est pas financier (coût du crédit) mais dépend de la solidité du promoteur et de l’achèvement du chantier.

Enfin, certains expatriés choisissent de se financer à l’étranger : refinancement d’une résidence principale dans le pays d’origine, lignes de crédit sur la valeur nette (HELOC), prêts bancaires en devise étrangère. Cela transforme l’investissement équatorien en placement « equity » non hypothéqué localement, avec un effet de levier géré depuis le pays d’origine.

En résumé, investir en Equateur suppose d’arriver avec du capital propre. Le marché ne s’adresse pas à ceux qui veulent maximiser le levier bancaire, mais à ceux qui cherchent un actif tangible en dollars, générateur de revenu, dans un environnement encore bon marché.

Où investir en Equateur : panorama des principaux marchés

Le pays, par sa géographie et son histoire, offre plusieurs grands types de marchés immobiliers. Pour un expatrié, la question n’est pas seulement « où la rentabilité brute est la plus élevée », mais aussi « où ai-je envie de vivre ou de revenir », « quel type de locataire je vise », et « quelle liquidité je peux espérer à la sortie ».

Quito : capitale andine, marché urbain et mixte

Quito, capitale perchée dans les Andes, combine un centre historique classé à l’UNESCO et des quartiers d’affaires modernes, notamment autour du parc La Carolina. Les prix pour des appartements neufs se situent en moyenne entre 1 200 et 1 500 dollars le mètre carré, avec des pointes à 1 800–2 200 dollars dans les secteurs premium comme La Carolina ou Cumbayá, la vallée chic à l’est de la ville.

Des maisons individuelles récentes en ville peuvent se trouver autour de 135 000 à 150 000 dollars dans des quartiers moins centraux, tandis que des projets en pré-construction dans des zones en développement comme Nayón affichent des fourchettes de 155 000 à 230 000 dollars pour des appartements modernes.

Sur le plan locatif, Quito offre un bon compromis. Les rendements bruts sur des locations longue durée tournent autour de 5 à 6 % dans le centre, et même autour de 7 % dans certaines périphéries bien connectées. Les locations de courte durée de type Airbnb connaissent des taux d’occupation de l’ordre de 34 à 43 %, avec un tarif journalier moyen entre 40 et 44 dollars, ce qui, pour un bien bien géré et bien placé, permet de viser des recettes brutes annuelles équivalentes à 6 à 7 % du prix d’achat.

Cuenca : ville coloniale, capitale des retraités et des nomades

Cuenca est souvent présentée comme la « capitale des expatriés » en Equateur. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette ville de quelque 300 000 habitants attire historiquement des retraités nord-américains, et de plus en plus d’Européens, de jeunes familles et de nomades digitaux. Climat très tempéré, pas besoin de climatisation ni de chauffage, eau abondante et peu chère, centre-ville piéton, taxis abordables, universités, scène culturelle : le cocktail séduit.

275000

Le prix seuil à partir duquel les maisons individuelles sont considérées comme haut de gamme sur ce marché immobilier.

Les rendements locatifs à Cuenca sont souvent meilleurs que dans la capitale. Dans le centre historique, des rendements bruts de 6 à 8 % sont fréquents. Un exemple typique : une maison à 180 000 dollars louée 1 100 dollars par mois, soit environ 7 % brut. Les charges courantes et impôts fonciers étant faibles, la rentabilité nette peut rester attractive, même après gestion.

Pour aider à comparer, on peut résumer quelques ordres de grandeur de prix au mètre carré.

Ville / zoneType de bienPrix moyen indicatif (USD/m²)
Quito (standard)Appartement neuf1 200 – 1 500
Quito (La Carolina / Cumbayá)Appartement premium1 800 – 2 200
Cuenca (centre)Condo récent975 – 1 250
Cuenca (maison de campagne)Maison rurale400 – 900
Côte (Manta, Salinas)Condo vue mer900 – 1 500

Un point intéressant à Cuenca est la très faible charge de détention. Un cas réel détaillé montre un investissement global d’environ 125 000 dollars (achat, frais, rénovation, ameublement) pour un appartement ancien du centre, dont la taxe foncière annuelle, pour un propriétaire de plus de 65 ans, ne dépasse pas 100 dollars. Si le bien reste vacant une année complète, les coûts de portage, impôts et charges confondus, restent inférieurs à 400 dollars. Pour un investisseur à long terme, ce type de profil permet d’être patient sur la location ou la revente sans pression financière.

Guayaquil : métropole économique, rendements contrastés

Guayaquil, plus grande ville du pays et poumon économique, présente un profil plus contrasté pour un expatrié investisseur. D’un côté, des quartiers haut de gamme comme Samborondón ou Puerto Santa Ana affichent des immeubles modernes, des villas luxueuses, des écoles internationales et une clientèle locale aisée. De l’autre, la ville souffre de problèmes de sécurité plus prononcés que Cuenca ou certaines petites cités andines, notamment du fait de la criminalité organisée liée au narcotrafic.

6.3

Le rendement brut moyen des locations longue durée en centre-ville de Puerto Santa Ana.

Côte pacifique : Manta, Salinas et les petites stations

Pour ceux qui rêvent de front de mer, la côte pacifique offre un large éventail de biens pour les résidences secondaires, les locations de vacances et certains investissements à cash-flow. Manta, port et station balnéaire d’environ 250 000 habitants avec aéroport, concentre une bonne partie de cette demande. Un condo deux pièces vue mer y coûte autour de 135 000 dollars, une suite une chambre en première ligne environ 100 000 dollars. L’entrée de gamme pour des maisons dans des lotissements sécurisés se situe entre 64 000 et 115 000 dollars. Les villas de luxe directement sur la plage peuvent atteindre 400 000 à 539 000 dollars, et des maisons familiales mitoyennes se vendent entre 175 000 et 200 000 dollars.

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Rentabilité brute potentielle d’un condo deux chambres acheté 120 000 dollars et loué 900 dollars par mois en haute saison, sous réserve d’une bonne gestion.

Enfin, les petites localités côtières (Montañita, Olón, Santa Marianita, etc.) permettent d’entrer sur le marché avec des tickets parfois inférieurs à 40 000 dollars pour des biens simples ou des terrains, mais avec une liquidité moindre et une dépendance marquée au tourisme.

Villes et campagnes secondaires : stratégie patientielle

Au-delà des grands pôles, l’Equateur regorge de petites villes et bourgs andins ou amazoniens où les prix restent très doux. Ambato, carrefour agricole dans les Andes, propose des maisons de ville en lotissement autour de 90 000 dollars, avec des terrains à partir de 80 000 dollars. Loja, cité universitaire et culturelle, offre des terrains et maisons avec vue pour moins de 200 000 dollars. Cotacachi, village de montagne prisé des expatriés, permet encore de trouver des maisons neuves trois chambres autour de 90 000 dollars. Vilcabamba, réputé pour la longévité supposée de ses habitants, attire un public tourné vers la nature et la santé, avec des fermes et propriétés rurales abordables.

Les prix au mètre carré dans ces zones peuvent tomber entre 400 et 900 dollars pour une maison de campagne, tandis que les terrains bruts sur certaines portions de la côte se négocient entre 10 et 60 dollars le mètre carré. Ces segments relèvent plutôt d’une stratégie opportuniste ou de style de vie : pari sur l’appréciation à long terme, création de projets écotouristiques, fincas productives, retraite ruralo-chic… en acceptant un horizon de détention long (au moins 5 à 10 ans) et une liquidité limitée.

Rendements locatifs : que peut espérer un expatrié investisseur ?

Malgré un marché encore peu structuré, les chiffres disponibles convergent : dans les grandes villes, un investisseur peut viser des rendements locatifs bruts de l’ordre de 5 à 7 % en location longue durée, et de 6 à 9 % en location courte durée sur les meilleurs emplacements touristiques.

Quelques exemples chiffrés permettent de se faire une idée plus précise.

Type d’investissementPrix d’acquisition (USD)Loyer / revenu annuel indicatifRendement brut approx.
Maison à Cuenca180 0001 100 $/mois~7 %
Condo à Salinas120 000900 $/mois (haute saison)~8 % (si bonne occ.)
Local commercial à Quito200 0001 500 $/mois~9 %
Condo vue mer à Manta135 0006–9 % de rendement brut estimé6–9 %
Eco-ferme (projet développé)60 00025 000 $/antrès élevé

Bien entendu, ces rendements bruts ne tiennent pas compte des frais de gestion, de l’entretien, des périodes de vacance, ni de la fiscalité sur les loyers. En location courte durée, il faut intégrer en plus les coûts de ménage, de linge, les commissions de plateformes, et, si l’on ne gère pas soi-même, l’intervention d’un gestionnaire professionnel. Mais même après ces ajustements, des rendements nets de 5 à 7 % restent plausibles sur des biens bien choisis et bien gérés, ce qui est rare dans des marchés en dollars avec une fiscalité foncière aussi légère.

Astuce :

Pour un expatrié recherchant un équilibre entre revenu et sécurité, les biens résidentiels classiques (appartements pour classe moyenne urbaine, maisons dans de bons quartiers, condos en bord de mer dans des zones consolidées) présentent un couple risque/rendement raisonnable. Les projets plus atypiques (fermes écologiques, terrains à développer, pré-construction en zones émergentes) peuvent offrir des rendements élevés, mais s’accompagnent d’un risque et d’un travail de gestion sur place beaucoup plus importants.

Visa investisseur et résidence : articuler achat immobilier et projet de vie

Un aspect souvent sous-estimé par les candidats à l’expatriation est l’articulation entre l’investissement immobilier et le statut migratoire. en Equateur, les deux sont étroitement liés. Le pays propose en effet un visa « investisseur » qui peut être adossé à un achat immobilier.

Attention :

Pour obtenir un visa de résidence temporaire par investissement, il faut investir un montant minimum indexé sur le salaire minimum unifié dans un bien dont la valeur cadastrale atteint un seuil spécifique (environ 45 000 $ récemment). Comme cette valeur est souvent bien inférieure au prix de marché, il est crucial de la vérifier auprès de la municipalité avant tout achat visant ce visa.

Ce visa est en général valable deux ans, renouvelable, et donne le droit de résider et de travailler dans le pays. Après 21 mois de résidence temporaire, il est possible de solliciter la résidence permanente. Pendant toute la durée de la résidence temporaire, le bien servant de base au visa doit être conservé. Une fois la résidence permanente obtenue, l’investisseur est libre de revendre sans perdre son statut, sous réserve de remplir ensuite les conditions de présence physique pour une éventuelle naturalisation.

Bon à savoir :

Outre le visa investisseur, le Panama propose plusieurs alternatives : le visa « pensionado » pour les retraités (revenu mensuel stable d’environ 1 300 à 1 400 $, plus un supplément par personne à charge), le visa de rentier (pour revenus passifs comme des dividendes ou des loyers), le visa professionnel (nécessitant un diplôme universitaire) et le visa pour nomades digitaux.

Pour un expatrié investisseur typique – par exemple un couple proche de la retraite qui souhaite sécuriser une résidence en Equateur tout en plaçant un capital en dollars – la combinaison « achat immobilier + visa investisseur » est souvent la formule la plus cohérente. Elle permet de transformer un simple actif locatif en tremplin migratoire, avec, au bout d’environ cinq ans (deux ans de résidence temporaire, trois ans de résidence permanente), la possibilité de demander la citoyenneté.

Risques, dérives et bonnes pratiques de due diligence

Si le cadre juridique de la propriété est plutôt favorable, l’environnement administratif et judiciaire, lui, est plus fragile. Plusieurs risques typiques reviennent dans les témoignages d’expatriés.

On rencontre d’abord des problèmes de titres irréguliers : héritiers non consultés, ex-conjoints qui n’ont pas signé, hypothèques cachées, ventes de terres communautaires sans respect des règles collectives. Des procédures de régularisation peuvent être longues, aléatoires et coûteuses.

Bon à savoir :

Certains vendeurs proposent de déclarer un prix inférieur au montant réel dans l’acte de vente pour réduire les taxes immédiates. Cependant, cette pratique peut désavantager l’acheteur lors d’une revente, en gonflant artificiellement la plus-value calculée. Elle complique également la justification du véritable investissement, notamment pour des démarches comme un visa investisseur.

Des cas de constructions sans permis ou non conformes aux normes existent également, en particulier dans les agrandissements et surélévations « artisanales ». Les litiges familiaux, les documents falsifiés ou les surévaluations destinées aux étrangers complètent le tableau des pièges potentiels.

Astuce :

Pour limiter les risques, il est déconseillé d’acheter un bien non visité physiquement. Il est impératif de travailler avec un avocat équatorien indépendant, spécialisé en immobilier, et de ne jamais s’en remettre uniquement à l’agent du vendeur. Les vérifications incontournables incluent : la demande d’un certificat de charges récent, la vérification de tous les paiements d’impôts et de services, la confirmation de la surface et des limites par un géomètre, et, si nécessaire, une inspection structurelle par un ingénieur.

Il convient également de refuser toute manipulation douteuse du prix déclaré dans l’acte et d’être particulièrement prudent avec les biens situés en zone frontière, en territoire indigène ou en zone environnementale protégée. Pour les projets en pré-construction, il faut enquêter sur la réputation du promoteur, ses réalisations passées, la solidité des garanties, et s’assurer que le contrat prévoit des clauses protectrices en cas de retard, de défaut ou d’abandon.

Dans un système judiciaire parfois lent et perméable à la corruption, mieux vaut prévenir que se battre après coup. Une documentation rigoureuse et complète, conservée en double (y compris numérisée), est un investissement à part entière.

Stratégies d’investissement adaptées aux expatriés

Une fois le terrain compris, comment se positionner concrètement ? Tout dépend de l’objectif prioritaire de l’expatrié.

Pour ceux qui cherchent avant tout une résidence principale agréable à un coût maîtrisé, l’arbitrage se fait entre la qualité de vie et la valeur de revente. Cuenca, par exemple, offre un compromis remarquable : climat, sécurité relative, communauté d’expatriés, services de santé, coût de la vie bas. Dans ce cas, on privilégie la qualité de construction, le confort, la proximité des services, plus que la rentabilité au pourcentage près.

Bon à savoir :

Pour un bon rendement locatif en Équateur, privilégiez les logements de 2 ou 3 chambres, adaptés à la classe moyenne, dans des quartiers bien desservis et sécurisés, à proximité des pôles d’activité (universités, hôpitaux, centres d’affaires). Les villes comme Quito, Guayaquil, Cuenca, Manta et Salinas offrent ce type de biens. L’accès aux transports et des charges raisonnables sont également des facteurs clés.

Pour la location courte durée (Airbnb et assimilés), la priorité va aux zones touristiques établies (centres historiques, front de mer, quartiers animés) et aux immeubles ou maisons autorisant ce type d’activité. Le droit équatorien est encore souple sur la location de courte durée, mais les règlements de copropriété peuvent restreindre ou interdire la location à la nuitée. Dans le doute, mieux vaut acheter une maison individuelle ou un lot dans un immeuble explicitement « friendly » vis-à-vis d’Airbnb.

Bon à savoir :

Pour les investisseurs opportunistes, les petites villes andines, les zones côtières moins développées ou les projets en pré-construction dans des secteurs émergents (comme les plages de Manabí ou le village de Vilcabamba) offrent un potentiel de plus-value plus élevé. Ces paris nécessitent toutefois une forte tolérance au risque et un horizon de détention à long terme.

Quelle que soit la stratégie, un point revient constamment : la réussite d’un investissement immobilier en Equateur dépend énormément du réseau local – avocat, agent, gestionnaire de biens – et de la capacité de l’expatrié à apprivoiser progressivement le pays, sa langue et ses usages.

Conclusion : un marché en dollars, abordable et exigeant

Investir dans l’immobilier en Equateur quand on est expatrié, c’est accepter un double visage. D’un côté, un rare cocktail d’atouts : entrée de gamme souvent comprise entre 40 000 et 150 000 dollars, possibilité de dégager 6 à 9 % de rendement brut sur les meilleurs biens, impôts fonciers très faibles, potentiels rabais importants pour les acheteurs au comptant, monnaie en dollars, et accès à un statut de résident – voire à la citoyenneté – avec un investissement immobilier supérieur à un seuil relativement modeste.

Attention :

Le marché est caractérisé par l’absence de système MLS et de transparence, une culture du cash favorisant l’informel, des fragilités institutionnelles, une justice lente, ainsi que des risques réels de titres irréguliers, de constructions non conformes ou de projets abandonnés.

Pour un expatrié qui aborde en Equateur avec réalisme, s’entoure de professionnels fiables, prend le temps d’apprendre le terrain, et accepte de considérer cet investissement comme un placement en capital à horizon de 5 à 10 ans, le pays peut constituer une poches très intéressante de diversification patrimoniale : un actif tangible, libellé en dollars, dans un marché encore largement sous-évalué, dans un pays où l’on peut, pour beaucoup moins cher qu’en Europe ou en Amérique du Nord, bâtir un véritable projet de vie.

La clé n’est ni l’enthousiasme naïf ni la méfiance systématique, mais la combinaison d’une bonne information, d’un ancrage local solide et d’une stratégie cohérente entre investissement, fiscalité et projet d’expatriation.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Équateur pour rechercher du rendement locatif et une exposition au dollar américain (USD). Budget alloué : 200 000 à 300 000 USD, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Quito, Guayaquil, Cuenca, côte pacifique), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison dans un quartier en forte demande locative, à proximité de services et d’infrastructures, combinant un rendement locatif brut cible de 7 à 9 % – en gardant en tête que « plus le rendement est élevé, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 250 000 USD.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure de détention la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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