Fiscalité en Equateur pour les expatriés : impôt sur le revenu et taxe foncière décryptés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Equateur attire de plus en plus de retraités, de télétravailleurs et d’investisseurs étrangers. Coût de la vie modéré, dollar américain comme monnaie officielle, paysages spectaculaires… mais derrière cette image de carte postale, il y a un sujet qu’aucun expatrié ne peut ignorer : la fiscalité locale, en particulier l’impôt sur le revenu et la taxe foncière.

Bon à savoir :

La fiscalité équatorienne combine plusieurs spécificités importantes : des règles de résidence fiscale strictes, des barèmes d’imposition progressifs parfois élevés, une forte autonomie des municipalités pour la taxe foncière, et l’absence de convention fiscale avec certains grands pays comme les États-Unis. Comprendre ces aspects est essentiel pour bien gérer vos revenus, vos loyers et vos biens immobiliers, afin d’éviter les mauvaises surprises et d’optimiser votre installation.

Sommaire de l'article masquer

Résidence fiscale : le point de départ de toute stratégie

En Équateur, tout commence par la notion de résidence fiscale. Ce statut détermine si vous serez imposé uniquement sur vos revenus de source équatorienne ou sur l’ensemble de vos revenus mondiaux.

Concrètement, vous êtes considéré comme résident fiscal si vous restez plus de 183 jours dans le pays sur une période de 12 mois. Ces jours n’ont pas besoin d’être consécutifs et peuvent chevaucher deux années civiles. Autre cas de figure : si vous détenez un visa de résident (temporaire ou permanent), l’administration fiscale peut aussi vous traiter comme résident, même si vous voyagez beaucoup à l’étranger.

Attention :

Si vous ne remplissez pas les critères de présence ou de visa de résidence en Équateur, vous êtes considéré comme non-résident. Votre imposition se limite alors aux revenus de source équatorienne, tels que les salaires locaux, les loyers perçus sur un bien dans le pays ou les honoraires facturés à une entreprise équatorienne.

Le fisc peut également tenir compte de la localisation de vos intérêts économiques et familiaux. Si la majeure partie de vos revenus, de votre patrimoine ou de votre vie familiale se trouve en Equateur, l’argument de la non‑résidence devient fragile, même si vous contournez de peu le seuil de 183 jours.

Enfin, un régime temporaire de résidence fiscale a été introduit pour certaines personnes arrivant sans antécédent de résidence fiscale en Equateur : pendant cinq ans, elles peuvent, sous conditions, n’être imposées que sur leurs revenus de source équatorienne. C’est un point à faire analyser par un conseiller local avant de structurer vos revenus (notamment de télétravail ou dividendes étrangers).

Impôt sur le revenu des personnes physiques : barème, taux et fonctionnement

Une fois la question de la résidence fiscale tranchée, il faut comprendre comment l’Equateur calcule l’impôt sur le revenu, appelé Impuesto a la Renta. Le pays applique un barème progressif pour les résidents, et un taux forfaitaire pour les non-résidents.

Le barème progressif pour les résidents

Les résidents fiscaux sont imposés sur leur revenu mondial selon des tranches. Pour l’année fiscale 2024, le barème se présente ainsi :

Tranche de revenu annuel (USD)Taux marginal applicable
0 à 11 9020 %
11 903 à 15 1595 %
15 160 à 19 68210 %
19 683 à 26 03112 %
26 032 à 34 25515 %
34 256 à 45 40720 %
45 408 à 60 45025 %
60 451 à 80 60530 %
80 606 à 107 19935 %
Au‑delà de 107 20037 %

Autrement dit, la première tranche jusqu’à 11 902 dollars est exonérée, puis chaque tranche supplémentaire est imposée au taux correspondant. Le système est marginal : seules les sommes situées dans chaque tranche sont taxées à ce taux, et non l’intégralité du revenu.

Pour 2025, le seuil d’exonération est légèrement relevé à 12 081 dollars, et la dernière tranche à 37 % commence à partir de 108 810 dollars de revenus annuels. Le mécanisme reste identique : plus les revenus montent, plus la part taxée au taux maximal augmente.

Exemple :

En Equateur, le système fiscal progressif fait que les retraités aux pensions modestes peuvent être totalement exonérés d’impôt, tandis que les télétravailleurs ou consultants à hauts revenus sont soumis à des taux d’imposition élevés.

Le régime des non-résidents : 25 % à la source

Les non-résidents sont soumis à une logique beaucoup plus simple, mais qui peut être coûteuse. Sur leurs revenus de source équatorienne, la règle générale prévoit un taux forfaitaire de 25 %, prélevé le plus souvent à la source. Cela concerne les salaires locaux, les loyers, les honoraires de consultants, certains dividendes ou redevances, dès lors que la source du revenu est située en Equateur.

Dans de nombreux cas, la retenue à la source par l’employeur, le locataire ou le client constitue l’impôt définitif. L’obligation de dépôt d’une déclaration existe cependant dès qu’un non-résident encaisse des revenus significatifs dans le pays.

Il existe des cas limites : un intervenant étranger qui vient ponctuellement prester un service, sans facturer une entité locale, peut échapper à la taxation équatorienne. Mais dès qu’une société ou un particulier équatorien supporte la dépense, le fisc considère normalement l’opération comme imposable à hauteur de 25 %.

Seuils de déclaration et formes à utiliser

Le système équatorien prévoit un seuil minimal de revenus au‑delà duquel une déclaration est obligatoire. Pour 2024, un contribuable résident doit déposer une déclaration si ses revenus annuels dépassent 11 902 dollars. En pratique, un salarié dont l’unique revenu provient d’un employeur équatorien, soumis à retenue à la source, n’a généralement pas à déposer de déclaration personnelle : l’employeur se charge du calcul et du versement de l’impôt.

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Il existe trois formulaires principaux de déclaration de revenus en France : le 102 pour les particuliers, le 102A pour certains salariés et le 101 pour les entreprises.

La période de dépôt pour les particuliers se situe en mars de l’année suivant celle des revenus. La date exacte dépend du neuvième chiffre de votre numéro fiscal équatorien (RUC ou cédula). Mieux vaut donc vérifier chaque année le calendrier publié par le Servicio de Rentas Internas (SRI), l’équivalent de l’administration fiscale.

Déductions, abattements et crédits d’impôt

Même si le barème peut paraître lourd, plusieurs dispositifs atténuent la facture fiscale, surtout pour les résidents.

Astuce :

Le calcul de l’impôt sur le revenu en Équateur commence par une part de revenu exonérée (11 902 $ en 2024, 12 081 $ en 2025). Sur le montant imposable restant, vous pouvez déduire vos dépenses personnelles essentielles (logement, santé, éducation, alimentation, habillement) ainsi que vos cotisations à la sécurité sociale (IESS). L’ensemble de ces déductions est soumis à un plafond annuel global, qui avoisine généralement les 15 000 $, variant légèrement selon les années.

Les salariés peuvent déduire leurs cotisations obligatoires à la sécurité sociale. Les indépendants, eux, peuvent déduire leurs charges professionnelles (loyer de bureau, frais de déplacement, fournitures, amortissements, etc.), à condition de les justifier par des factures électroniques homologuées par le SRI.

Enfin, pour les résidents qui perçoivent des revenus à l’étranger, l’Equateur applique une logique de crédit d’impôt international. L’impôt payé à l’étranger sur un revenu donné peut être imputé sur l’impôt équatorien correspondant, dans la limite de ce que l’Equateur aurait perçu sur le même revenu. C’est un instrument clé pour les expatriés multi-pays qui souhaitent éviter la double imposition.

Revenus particuliers : loyers, plus-values, dividendes, intérêts

Pour un expatrié propriétaire ou investisseur, certains types de revenus méritent un éclairage spécifique, car les règles s’écartent du simple barème de l’impôt sur le revenu.

Revenus locatifs : imposables, mais fiscalement attractifs

Les loyers perçus sur une propriété en Equateur sont imposables. Pour un résident, ils s’ajoutent à ses autres revenus et sont taxés au barème progressif, après déduction des frais liés au bien (entretien, réparations, charges de copropriété, etc.).

Pour un non-résident, l’approche est plus directe : les loyers constituent un revenu de source équatorienne taxé forfaitairement à 25 %. Ce taux est généralement prélevé à la source, le locataire étant chargé de la retenue. Même avec ce taux, la charge fiscale reste souvent inférieure à ce que certains pays appliquent sur les revenus fonciers, notamment si l’on compare à des juridictions à forte pression immobilière.

Avantages Fiscaux et Financiers

Découvrez les principaux atouts qui rendent l’investissement locatif compétitif dans cette région.

Taxes Locales Modérées

Les taxes locales, notamment la taxe foncière, restent généralement à un niveau très bas.

Rentabilité Brute Compétitive

Ce cadre fiscal avantageux contribue à rendre l’investissement locatif brut particulièrement attractif.

Plus-values immobilières : le rôle central de la Plusvalía municipale

Lorsque vous vendez un bien immobilier en Equateur, deux niveaux d’imposition entrent en jeu. Sur le plan national, les gains issus de la cession d’un bien peuvent être traités comme des plus-values imposables à l’impôt sur le revenu, mais l’accent est surtout mis sur l’impôt municipal de type Plusvalía.

Cette Plusvalía correspond à un impôt de 10 % appliqué à l’augmentation de valeur du bien selon l’évaluation municipale, entre la date d’achat et la date de vente. Le calcul de l’assiette permet de déduire :

les coûts d’acquisition,

les dépenses d’amélioration,

– et une déduction forfaitaire de 5 % du bénéfice par année de détention.

Plus le bien a été conservé longtemps, plus cette déduction annule une part importante de la plus-value théorique. Dans certains cas, le vendeur bénéficie même d’une exonération, par exemple lorsqu’il s’agit de sa résidence principale occupée pendant une longue période (plus de cinq ans dans certains régimes) ou d’un bien utilisé à titre personnel depuis plus de vingt ans.

Régime fiscal de la plus-value immobilière

Important pour les expatriés occasionnels : la vente ponctuelle d’un bien immobilier peut, sur le plan de l’impôt national sur le revenu, être considérée comme une opération exceptionnelle exonérée, même si la Plusvalía municipale demeure due. Le vendeur reste responsable du règlement de cette taxe au moment de la transaction.

Plus-values mobilières et marchés financiers

Les gains issus de la cession d’actions ou de parts sociales font l’objet d’un traitement à part. De manière générale, ils sont soumis à une taxe spécifique de 10 %. Toutefois, les profits générés sur des titres cotés et détenus plus de 180 jours sur le marché boursier équatorien bénéficient d’une exonération, afin de stimuler l’investissement de long terme.

Les intérêts perçus sur des comptes d’épargne sont quant à eux non imposables pour les particuliers, ce qui simplifie la détention de liquidités en Equateur et limite la paperasse fiscale pour les expatriés qui gardent une part importante de leur patrimoine en numéraire local.

Dividendes, redevances et retenues à la source

Les dividendes distribués par des sociétés équatoriennes à des personnes physiques non-résidentes subissent généralement une retenue à la source de l’ordre de 10 %, sauf application d’une convention fiscale plus favorable. Pour les résidents, ces dividendes sont techniquement imposables, mais ils bénéficient souvent d’abattements ou de mécanismes d’imputation tenant compte de l’impôt déjà payé par la société.

Les redevances, intérêts et honoraires techniques versés à l’étranger sont en principe soumis à des retenues pouvant atteindre 25 %, voire 35 % pour les bénéficiaires situés dans des juridictions considérées comme paradis fiscaux. Les conventions de non‑double imposition signées avec nombre de pays (à l’exception notable des États-Unis) peuvent réduire ces taux à 10 ou 15 %, à condition de fournir un certificat de résidence fiscale étrangère.

Taxe foncière : un impôt local faible mais incontournable

Pour les expatriés propriétaires, la grande bonne surprise en Equateur vient souvent du montant de la taxe foncière, appelée impuesto predial. Il s’agit d’un impôt municipal annuel, applicables aux terrains et bâtiments, qu’ils soient urbains ou ruraux.

Comment les municipalités calculent la taxe foncière

Chaque municipalité fixe ses propres barèmes dans un cadre national. Le principe reste identique partout : on applique un pourcentage sur la valeur cadastrale ou “commerciale” du bien, telle qu’estimée par les services municipaux. Cette valeur tient compte de la localisation, de la superficie, des caractéristiques physiques du bien, des infrastructures (voirie, services publics, transports) et des prix observés sur le marché.

Les taux sont exprimés très souvent en millièmes (‰) de la valeur cadastrale. En règle générale, la fourchette nationale tourne autour de 0,025 % à 0,5 %, soit de 0,25 à 5 pour mille. Dans certaines ordonnances locales, on peut trouver des références à des plafonds un peu plus élevés, mais en pratique la plupart des propriétaires constatent des taux proches de 0,2 % voire moins.

Un exemple de grille municipale typique pour un bien urbain illustre bien cette progressivité :

Valeur cadastrale du bien (USD)Usage résidentiel (‰)Usage commercial / industriel (‰)
0 à 25 0001,0 ‰1,5 ‰
25 001 à 50 0001,5 ‰2,0 ‰
50 001 à 100 0002,0 ‰2,5 ‰
Plus de 100 0002,5 ‰3,0 ‰

Pour les zones rurales, le barème peut mélanger une taxation en pourcentage de la valeur cadastrale et une taxation au hectare selon l’usage productif, avec des montants pouvant aller d’environ 0,15 à 2 dollars par hectare.

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Montant annuel approximatif de l’impôt foncier pour une propriété d’une valeur de 200 000 dollars au Panama.

Calendrier, remises et pénalités

La taxe foncière est due pour l’année entière, la période de paiement courant généralement du 1er janvier au 31 décembre pour les biens urbains, et à partir du 1er mars pour certains biens ruraux. De nombreuses municipalités pratiquent des remises pour paiement anticipé : un règlement dès janvier peut donner droit à une réduction d’environ 10 %, décroissant au fil des mois jusqu’à mi-année.

Attention :

Un paiement tardif de la taxe foncière entraîne des intérêts de retard, calculés sur un taux de référence de la banque centrale majoré localement. Après deux ans de non-paiement, la municipalité peut engager un recouvrement forcé, voire la vente aux enchères du bien. De plus, la vente du bien ou l’obtention de certains certificats municipaux est impossible si la taxe n’est pas à jour.

Exonérations et réductions : seniors, handicap, agriculture

L’Equateur prévoit plusieurs allègements de taxe foncière à dimension sociale. Les personnes âgées de 65 ans et plus bénéficient en général d’une réduction de 50 % sur la taxe foncière relative à leur résidence principale, dans la limite d’une certaine valeur cadastrale. Lorsque seul l’un des conjoints remplit cette condition d’âge, la facture globale du couple peut être réduite de moitié.

Une condition additionnelle rappelle la vocation sociale de cette mesure : l’exonération complète ou partielle ne s’applique que si les revenus du contribuable n’excèdent pas le salaire minimum et si son patrimoine total ne dépasse pas 500 fois ce même salaire. Les personnes en situation de handicap obtiennent aussi des réductions ou exonérations partielles, dont le niveau dépend du degré d’invalidité.

Bon à savoir :

Certaines municipalités appliquent des taux d’imposition préférentiels pour les propriétés agricoles productives, dans le but de soutenir l’activité rurale. Ces régimes fiscaux avantageux doivent être étudiés au cas par cas, car leur application et leurs conditions varient.

Enfin, l’administration permet, sur demande expresse, de déduire de la base imposable une portion du capital restant dû d’un prêt immobilier contracté pour acheter, construire ou améliorer le bien. Cette déduction se situe généralement dans une fourchette de 20 à 40 % du principal du prêt, sans pouvoir dépasser 50 % de la valeur cadastrale.

Ce que la taxe foncière ne couvre pas

Il est crucial de distinguer la taxe foncière annuelle des autres taxes liées à la propriété immobilière. Les charges de services (eau, électricité, gaz) peuvent être mises à la charge du locataire par contrat, mais les impôts comme l’impuesto predial ou les contributions pour travaux d’amélioration urbaine restent de la responsabilité du propriétaire.

Il existe également d’autres prélèvements connexes, comme la taxe de transfert appelée alcabala, environ 1 % du prix de vente ou de la valeur cadastrale (la plus élevée des deux), payée par l’acheteur, ou encore certaines contributions spéciales lorsque des travaux publics valorisent un quartier (voirie, éclairage).

Acheter un bien immobilier en Equateur : fiscalité et coûts annexes

Pour un expatrié, l’achat d’un bien en Equateur ne se limite pas au prix affiché. Une série de coûts et d’impôts doivent être anticipés : clôture notariale, enregistrement, impôts de transfert et, à plus long terme, Plusvalía lors de la revente.

Coûts de transaction à l’achat

Les frais de clôture d’une transaction immobilière se situent le plus souvent entre 2 % et 4 % du prix d’achat. Ils comprennent :

1 à 3

Les honoraires d’avocat lors d’un achat immobilier en Équateur représentent généralement 1 à 3 % du prix du bien.

Une partie de ces coûts est plafonnée – par exemple, les frais d’enregistrement peuvent être limités à 500 dollars plus TVA – mais ils restent suffisants pour nécessiter une planification budgétaire.

Statut des étrangers et visa investisseur

L’un des atouts majeurs de l’Equateur réside dans l’égalité de traitement entre nationaux et étrangers pour la détention de biens. La Constitution garantit aux ressortissants étrangers les mêmes droits de propriété que les Équatoriens, y compris en zones côtières ou frontalières, anciennes restrictions ayant été levées.

45000

Seuil d’investissement immobilier requis pour l’obtention d’un visa investisseur, exprimé en dollars.

Les titres de propriété sont publics : l’acte authentique doit être enregistré au registre de la propriété, ce qui garantit la sécurité juridique du transfert, mais implique aussi une transparence sur l’identité du propriétaire.

Autres impôts à garder en tête : TVA, sécurité sociale, héritage

Même si cet article se concentre sur l’impôt sur le revenu et la taxe foncière, un expatrié qui s’installe sérieusement en Equateur doit connaitre quelques autres pièces du puzzle fiscal.

TVA (IVA) : 15 % standard, 0 % sur l’essentiel

L’Equateur applique une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appelée _IVA_. Le taux standard est actuellement de 15 % après une hausse intervenue en 2024 (il était auparavant de 12 %). Il existe toutefois un taux zéro sur un large panier de biens et services de première nécessité : aliments de base, produits peu transformés, médicaments, certains livres, couches, produits menstruels, loyers résidentiels, électricité et eau, transports publics non aériens, éducation et certains services de santé.

Pour un expatrié consommateur, cela signifie que tous les biens ne sont pas taxés à 15 %. Dans la restauration ou les services touristiques, il faut aussi garder en tête que les prix affichés n’intègrent pas toujours la TVA, qui est alors ajoutée sur l’addition. Les entreprises et indépendants doivent collecter et reverser l’IVA, avec des déclarations mensuelles ou bimestrielles.

100

Plafond mensuel du remboursement de TVA pour les personnes âgées de 65 ans et plus et les personnes handicapées, ajusté selon le taux.

Cotisations sociales (IESS) : un coût souvent sous-estimé

Le système de sécurité sociale équatorien est financé par des contributions obligatoires sur les salaires. Les employés versent 9,45 % de leur rémunération, tandis que les employeurs assument 12,15 % du total des salaires. Les indépendants, s’ils sont affiliés, peuvent contribuer volontairement à des taux de l’ordre de 17,6 %, voire 21,6 % lorsqu’il s’agit de cotisations complètes.

Pour un expatrié salarié d’une entreprise équatorienne, ces prélèvements viennent s’ajouter à l’impôt sur le revenu, tout en donnant accès au système de santé public et à des droits à la retraite. Pour un indépendant étranger, la décision d’adhérer ou non dépendra d’un arbitrage entre coût, prestations attendues et éventuels droits à pension dans le pays d’origine, sachant qu’il n’existe pas d’accord de totalisation avec certains pays majeurs comme les États-Unis.

Droits de succession : taxation limitée aux actifs situés en Equateur

L’Equateur applique un impôt sur les successions, donations et transmissions à titre gratuit. Les taux sont progressifs, souvent alignés sur ceux de l’impôt sur le revenu, avec toutefois des adaptations. Pour les étrangers, le point clé est que seuls les biens situés en Equateur sont pris en compte : un appartement à Quito, un compte bancaire dans une banque équatorienne, ou une entreprise locale, par exemple.

Bon à savoir :

Pour un patrimoine transmis en Équateur par un étranger, les taux d’imposition pour la plupart des héritiers sont modérés, entre 5 % et 10 %, sur les montants totaux inférieurs à environ 300 000 $. Un abattement important s’applique : pour 2023, le seuil d’exonération était fixé à 72 000 $. Au-delà de ce seuil, les taux peuvent augmenter en fonction du lien de parenté et du montant total de la succession.

La déclaration doit être faite dans un délai de six mois suivant l’acceptation de l’héritage ou l’inscription de l’acte au registre. Pour les expatriés propriétaires d’un bien significatif, il est fortement recommandé de rédiger un testament local harmonisé avec la législation équatorienne afin de faciliter la transmission et d’éviter des blocages judiciaires pour leurs héritiers étrangers.

Spécificités pour les Américains : double casquette fiscale sans convention

Les citoyens américains installés en Equateur se trouvent dans une situation particulière. D’un côté, ils relèvent de la loi fiscale équatorienne comme tout expatrié. De l’autre, les États-Unis continuent d’imposer leurs citoyens sur leur revenu mondial, quel que soit leur pays de résidence, et ce en l’absence de convention fiscale bilatérale ou d’accord de sécurité sociale avec l’Equateur.

En pratique, un Américain résidant à Cuenca ou Quito doit donc :

Bon à savoir :

Un citoyen américain résidant en Équateur doit respecter les obligations fiscales locales (impôt sur le revenu, TVA, taxe foncière). Il doit également continuer à déclarer ses revenus au fisc américain (formulaire 1040) si ceux-ci dépassent les seuils de l’IRS. La déclaration de comptes bancaires étrangers (FBAR/FinCEN 114) et du formulaire 8938 (FATCA) peut être requise. En cas d’activité indépendante, il peut être soumis à une double charge de cotisations sociales, en Équateur et aux États-Unis.

Pour limiter la double imposition, l’arsenal américain permet d’utiliser le Foreign Earned Income Exclusion (FEIE), qui autorise l’exclusion de plus de 120 000 dollars de revenus du travail étranger (126 500 dollars pour 2024), à condition de remplir des critères de présence ou de résidence à l’étranger. Il est aussi possible de recourir au Foreign Tax Credit (FTC), qui offre un crédit d’impôt pour les impôts payés en Equateur, reportable dans certains cas sur dix années.

Mais l’absence de convention de non-double imposition signifie que la coordination n’est pas automatique : il faut gérer chaque système en parallèle, souvent avec l’aide de spécialistes en fiscalité internationale.

Stratégies pratiques pour les expatriés : éviter les pièges, profiter des avantages

Regarder la fiscalité de l’Equateur à travers le prisme de l’impôt sur le revenu et de la taxe foncière laisse apparaître un tableau nuancé. Le coût de détention d’un bien est très faible, mais les taux marginaux d’impôt sur le revenu peuvent atteindre 37 %. Pour un expatrié qui prépare son installation, quelques axes de réflexion s’imposent.

Astuce :

Un premier enjeu pour les nomades numériques est de définir précisément leur statut de résidence fiscale. Il peut être stratégique, notamment si leurs revenus proviennent majoritairement de l’étranger et que leur pays d’origine impose déjà une fiscalité élevée, de rester en dessous du seuil de 183 jours dans un pays donné. Cela permet de conserver un visa de non-résident et d’éviter d’être imposé sur le revenu mondial dans ce pays.

Un second enjeu touche à la structuration des investissements immobiliers. Les très faibles taxes foncières, combinées à un impôt de 10 % sur la Plusvalía (avec déductions liées à la durée de détention), font de l’immobilier un vecteur intéressant pour loger une partie de son patrimoine, surtout lorsqu’on vise un visa investisseur ou une résidence permanente.

Bon à savoir :

Pour réduire l’assiette taxable, il est essentiel de consigner ses dépenses de santé, d’éducation et de logement, et de payer correctement la sécurité sociale. Pour les revenus perçus à l’étranger, l’utilisation des crédits d’impôt étrangers prévus par la loi équatorienne permet d’éviter la double imposition.

Enfin, il ne faut pas sous-estimer la complexité croisée des législations nationales et des conventions fiscales internationales. L’Equateur a signé des accords de non‑double imposition avec de nombreux pays européens, asiatiques ou latino-américains, qui réduisent par exemple les retenues à la source sur dividendes, intérêts ou redevances. En revanche, l’absence de convention avec les États-Unis ou d’accord de sécurité sociale oblige les Américains à une vigilance renforcée.

Conclusion : une fiscalité généralement favorable aux propriétaires, neutre à modérément élevée sur les revenus

Pour un expatrié, la fiscalité équatorienne présente un profil contrasté. Du côté de la propriété immobilière, la taxe foncière reste exceptionnellement basse comparée à de nombreux pays développés, et les coûts de transaction, bien que non négligeables, demeurent raisonnables. L’impôt municipal sur la plus-value à 10 %, avec de fortes déductions en fonction de la durée de détention, permet de conserver une pression supportable sur le long terme, surtout pour une résidence principale.

Bon à savoir :

Pour les revenus élevés, l’impôt sur le revenu peut atteindre 37%. Le statut de résident implique une imposition mondiale des revenus, mais permet de bénéficier de déductions et de crédits d’impôt pour les impôts payés à l’étranger. Le statut de non-résident limite l’imposition aux seuls revenus de source équatorienne, mais applique un taux forfaitaire de 25% et offre moins de flexibilité.

Au final, l’Equateur ne se positionne ni comme un paradis fiscal, ni comme un enfer fiscal. Il offre un équilibre original : une imposition modérée, des taxes locales très faibles sur la propriété, le tout dans un pays dollarisé aux coûts de vie réduits. Pour un expatrié prêt à investir un minimum de temps dans la compréhension de ses obligations fiscales – ou à s’entourer de professionnels locaux – le cadre fiscal peut être un allié solide pour réussir une installation durable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Équateur pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Équateur, Uruguay, Panama, Costa Rica), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Équateur pour son régime attractif pour les retraités (visa pensionado, exonérations partielles de TVA, réductions sur services), son coût de vie nettement inférieur à la France (Quito et Cuenca ~40–50 % moins chers que Paris) et l’accès à la dollarisation limitant le risque de change. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du visa retraité et de la cédula, détachement ou adaptation de la couverture santé, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, notaire bilingue) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), en tenant compte de la convention fiscale franco‑équatorienne et des risques de double imposition.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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