Gérer le mal du pays en Équateur : transformer la nostalgie en nouvelle vie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Equateur, que ce soit pour quelques mois, plusieurs années ou pour la retraite, c’est un peu comme changer de planète sans quitter la Terre. Entre la Sierra andine, la côte Pacifique, l’Amazonie et les Galápagos, on passe d’un monde à l’autre en quelques heures de bus. Mais même au milieu des volcans, des plages et des marchés colorés, une réalité rattrape presque tous les expatriés : le mal du pays.

Bon à savoir :

Entre 20% et 90% des expatriés en souffrent la première année, et jusqu’à 75% de la population générale l’a déjà ressenti. Cette nostalgie est normale, diminue généralement avec le temps, et des stratégies existent pour la gérer sans nuire à son expérience en Équateur.

Cet article propose un tour d’horizon très concret : comprendre ce qu’est le mal du pays, comment il se manifeste en Equateur, puis comment agir – via la langue, la culture, la nourriture, la technologie, les réseaux sociaux et professionnels, et, si besoin, un soutien psychologique – pour reprendre la main.

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Comprendre le mal du pays : un deuil à ciel ouvert

Le mal du pays n’est pas une simple “petite baisse de moral”. Les psychologues le décrivent comme une réaction de séparation combinée à une réaction d’adaptation. En quittant son pays, on perd un ensemble de repères : langue, codes sociaux, famille, amis, météo, même l’odeur des rues. Ce n’est pas seulement un manque de personnes, c’est un manque de tout un univers familier.

Exemple :

Les recherches sur la ‘homesickness’ la décrivent comme un processus de deuil, avec deux dimensions principales : la ‘Separation Reaction’ (le manque de ce qui a été laissé) et l’ ‘Adaptation Reaction’ (la difficulté à s’approprier le nouveau cadre). En Équateur, où la culture est très familiale et communautaire, cette tension peut être particulièrement forte pour les expatriés venant de sociétés plus individualistes.

Le mal du pays peut frapper dès les premières semaines ou surgir plus tard, une fois la “lune de miel” passée. Une étude (Ying, 2005) montre une décroissance progressive sur deux ans, mais ce délai varie énormément d’une personne à l’autre. Ce qui varie beaucoup moins, en revanche, ce sont les symptômes.

Ce que le mal du pays peut provoquer au quotidien

Beaucoup d’expatriés se reconnaîtront dans ces manifestations typiques :

Astuce :

Le mal du pays se manifeste à travers plusieurs dimensions. Émotionnellement, il peut s’agir d’une tristesse diffuse, d’anxiété, d’irritabilité, d’envie de pleurer sans raison apparente, d’un sentiment de solitude même entouré, ou de l’impression de ne pas être à sa place dans sa nouvelle ville. Cognitivement, il se traduit par des pensées envahissantes et une idéalisation du pays d’origine, des comparaisons négatives avec le nouveau cadre de vie, et des difficultés de concentration. Physiquement, il peut entraîner de la fatigue, des troubles du sommeil, des changements d’appétit, des maux récurrents et une baisse des défenses immunitaires. Comportementalement, on observe souvent un repli sur soi, l’évitement des sorties, le fait de ne fréquenter que des compatriotes, une consommation excessive des réseaux sociaux du pays d’origine et une perte de motivation.

Lorsque ces symptômes persistent et s’intensifient, ils peuvent conduire à une vraie dégradation de la qualité de vie, voire à de la dépression ou des troubles anxieux. Dans des contextes professionnels, des études ont même montré que le mal du pays non pris en charge entraîne erreurs, baisse de productivité, tensions d’équipe et retours anticipés.

L’objectif en Equateur n’est donc pas de “tenir bon” en serrant les dents, mais de comprendre les ressorts de cette nostalgie pour la traverser activement.

Pourquoi le mal du pays peut être intense en Equateur

L’Equateur cumule deux particularités : une culture chaleureuse mais très codée, et un environnement très différent de ce que connaissent beaucoup d’expatriés nord-américains ou européens. Ce cocktail peut amplifier le choc initial.

Une langue omniprésente : l’espagnol partout, l’anglais très peu

Le premier mur, c’est la langue. L’espagnol est officiel, l’anglais peu parlé, y compris dans des grandes villes comme Quito, Guayaquil ou Cuenca. Les études sur l’acculturation montrent qu’un grand “écart culturel” augmente les risques de mal du pays et de stress d’adaptation. Ici, cet écart passe énormément par la communication.

Attention :

Bien que les Équatoriens soient patients avec les hispanophones débutants, la gestion des démarches quotidiennes (banque, logement, administrations) en espagnol peut s’avérer éprouvante en cas de manque de vocabulaire. Cette difficulté concrète, source d’un sentiment de perte de contrôle, est un facteur reconnu de vulnérabilité au mal du pays.

Codes sociaux et “petits chocs” du quotidien

L’autre source de désorientation vient des normes sociales. Là où certains pays valorisent l’efficacité, la discrétion, une certaine distance, l’Equateur fonctionne beaucoup sur la relation, la présence, le temps long.

Quelques exemples concrets qui surprennent souvent les nouveaux arrivants :

– ici, ne pas saluer chaque personne individuellement dans une pièce est vu comme malpoli ; l’usage de “buenos días / buenas tardes / buenas noches” est constant, même pour une question rapide

– le tutoiement n’est pas automatique : le “usted” reste la norme avec les inconnus, les personnes âgées, certaines professions, surtout dans la Sierra

– la “ponctualité” est plus souple ; “ya mismo” ou “mañana” n’indiquent pas forcément une échéance précise

– les contacts physiques sont plus fréquents, l’espace personnel plus réduit, les files d’attente plus “flexibles”

– le bruit – fêtes, musique, pétards, chiens, cloches – fait partie du paysage et peut être difficile à vivre pour des personnes habituées à un environnement sonore plus régulé

Toutes ces différences, additionnées, peuvent faire naître cette impression d’être “l’étranger permanent”, même après plusieurs mois. Et c’est précisément ce sentiment de ne pas appartenir qui nourrit le mal du pays.

L’étranger permanent

Bureaucratie, lenteurs, insécurité : la couche de stress supplémentaire

Sur le plan pratique, l’Equateur impose aussi une bonne dose de patience : démarches pour les visas, cédula, installation d’internet, location, ouverture de compte, interactions avec l’administration… Le pays a un système à trois niveaux pour la santé mentale publique, des processus clairs sur le papier (MSP, IESS, numéro 171, 911), mais dans les faits il faut composer avec des fermetures à l’heure du déjeuner, des documents à faire légaliser, des fonctionnaires peu habilités à déroger aux règles.

À cela s’ajoutent les conseils de sécurité répétés : faire attention aux pickpockets dans les bus, au centre historique, sur les marchés ; éviter certains quartiers la nuit ; privilégier Uber ou Cabify plutôt que héler un taxi dans la rue. Ce climat de prudence constante est énergivore et peut renforcer le besoin de se raccrocher à la “sécurité” du pays d’origine.

Créer un “chez soi” en Equateur : routines, lieux, objets

Face à cette tempête de nouveautés, un premier levier puissant pour apaiser le mal du pays consiste à recréer de la familiarité. Autrement dit, bâtir progressivement un “home away from home”.

L’importance d’un quotidien structuré

Les études sur le stress montrent que l’augmentation de la prévisibilité réduit la charge mentale. En Equateur, installer une routine n’a rien de ringard : c’est une bouée de sauvetage.

Beaucoup d’expats qui se sentent bien à Cuenca, Quito ou Vilcabamba rapportent qu’ils se sont construit un rythme régulier : horaires à peu près fixes pour le travail, moments dédiés à l’apprentissage de l’espagnol, plages réservées au sport, aux sorties, aux démarches administratives. Cette structure donne l’impression de reprendre la main sur sa vie, alors que le pays, lui, reste imprévisible.

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Le nombre d’heures de changement de décor nécessaires pour réduire significativement le cortisol, l’hormone du stress, selon des chercheurs finlandais.

S’approprier son logement : de la simple chambre au repère personnel

Sur le plan émotionnel, il est crucial de transformer un appartement de location en véritable refuge. La littérature sur la homesickness recommande de s’entourer de quelques objets très significatifs : photos de famille, un plaid, un mug, quelques livres ou œuvres d’art, une bougie au parfum familier. Des expatriés racontent qu’en abandonnant l’idée de tout déménager, ils ont ciblé une dizaine d’objets-clés qui ont suffi à “amener la maison” avec eux.

Ancrer son cocon à Antigua

Pour créer une atmosphère alignée avec soi, les marchés et magasins locaux d’Antigua offrent tout le nécessaire pour personnaliser son intérieur.

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Rester relié sans se coincer dans le passé

Du point de vue psychologique, le lien avec le pays d’origine doit être calibré finement. Une grande étude sur des expatriés à Londres a montré que le contact régulier avec la famille réduisait le mal du pays, mais que la connexion quotidienne, voire multiple fois par jour, pouvait empirer les choses en empêchant l’ancrage dans la nouvelle réalité.

Concrètement, en Equateur, il peut être utile de programmer des rendez-vous fixes en visio (par exemple une fois par semaine le week-end, en tenant compte du décalage horaire) plutôt que de rester en permanence sur WhatsApp. Les outils ne manquent pas : WhatsApp, FaceTime, Zoom, Skype, Google Meet, Facebook Messenger, qui permettent des appels de groupe très larges. L’important est de transformer ces échanges en rendez-vous qui font du bien, et non en fuite systématique dès qu’une difficulté surgit sur place.

La nourriture comme antidote puissant à la nostalgie

L’un des terrains les plus sensibles du mal du pays, c’est l’assiette. On sous-estime souvent à quel point les goûts, les textures, les odeurs sont associés à l’enfance, aux rituels familiaux et à l’identité. En Equateur, la découverte de la gastronomie locale peut devenir un formidable outil de guérison… à condition d’articuler nouveauté et familiarité.

Explorer les saveurs locales sans perdre ses repères

Le pays est un paradis culinaire : ceviche sur la côte, locro de papas dans la Sierra, encocado de pescado à la noix de coco, llapingachos, hornado, menestras, encebollado, humitas, empanadas de viento, helado de paila… Les marchés regorgent de fruits que beaucoup découvrent pour la première fois : maracuyá, naranjilla, tomate de árbol, chirimoya, granadilla, mora et bien d’autres.

Se lancer dans cette exploration nourrit littéralement le sentiment de découverte. Certaines recherches sur les voyages montrent que les expériences culinaires intensives sur quelques jours (cours de cuisine, marchés, dégustations) offrent une compréhension profonde d’une culture. Transposé à une expatriation, prévoir régulièrement des “micro-aventures gastronomiques” aide à créer des souvenirs positifs associés au pays d’accueil, ce qui contrebalance les images idéalisées du pays d’origine.

Bon à savoir :

Pour découvrir la street food de Quito en toute sérénité, des tours spécialisés bien notés, des groupes de marche et des visites guidées combinant patrimoine et dégustations sont disponibles. Ces options encadrées permettent de goûter en étant rassuré, de sortir facilement et de rencontrer d’autres personnes, aussi bien des locaux que des expatriés.

Reconstituer ses classiques : où trouver les produits “de chez soi”

Mais pour apaiser le mal du pays, goûter un bon encocado ne suffit pas toujours. Parfois, c’est un simple sandwich au fromage “comme à la maison”, une tarte, un certain type de pain ou de sauce qui ramène un peu de réconfort. Des expatriés installés depuis plusieurs années racontent qu’avec le temps, leur liste de “produits indispensables à importer” a drastiquement diminué, mais qu’au début, pouvoir recréer quelques recettes de chez eux a été cruciale pour tenir le coup.

En Equateur, il existe plusieurs circuits pour se procurer ingrédients et produits familiers :

Type de produitsOù les trouver principalementRemarques utiles
Produits de base locaux (riz, yuca, haricots, légumes, fruits)Marchés comme Mercado Central, Iñaquito, Santa Clara, Mercado 10 de Agosto, Feria LibrePrix très bas, grande fraîcheur, mais étiquettes en espagnol et parfois hygiène variable
Produits importés “occidentaux” (certaines sauces, céréales, snacks, produits sans gluten)Supermaxi, MegaMaxi, Coral HipermercadoSélection limitée et prix plus élevés que dans le pays d’origine
Produits “gourmets” ou spécifiques (levure nutritionnelle, farines spéciales, compléments, laits végétaux)Superfoods, Bhumi, Yuniq, magasins bio ou diététiques, certaines boutiques spécialiséesSouvent concentrés à Quito / Cumbayá et dans quelques grandes villes
Produits végétariens / végan (substituts de viande, laits végétaux)Superfoods, Ital Deli (Cuenca pour Beyond Meat), certains SupermaxiDisponibilité fluctuante, prévoir des plans B

Ce tableau n’a pas vocation à être un annuaire exhaustif, mais il montre une réalité rassurante : on peut cuisiner très local, très fusion ou très “chez soi” en fonction de ses besoins émotionnels du moment.

Beaucoup d’expatriés combinent marchés traditionnels pour les produits frais, supermarchés pour les basiques et quelques magasins spécialisés pour les produits “réconfort”. Avec le temps, l’équilibre se déplace souvent vers davantage de produits locaux, parce que les goûts évoluent, les habitudes aussi – et que le porte-monnaie dit merci : les produits importés restent chers.

Cuisiner ensemble : recréer les rituels familiaux

Préparer un plat de son pays pour des amis équatoriens ou d’autres expatriés a un double effet : cela remonte le moral, et cela renforce les liens sociaux. La littérature sur l’intégration culturelle insiste beaucoup sur le rôle des rituels partagés (repas, fêtes, traditions) pour réduire le sentiment de décalage.

Une stratégie efficace contre le mal du pays consiste donc à :

continuer à célébrer ses fêtes (Noël, Thanksgiving, Nouvel An, fêtes nationales) en les adaptant au contexte local

– inviter des amis locaux à ces célébrations, ce qui permet d’expliquer sa culture au lieu de la vivre en vase clos

– participer aux fêtes équatoriennes (Fanesca à Pâques, Colada Morada et Guaguas de Pan pour le Jour des Défunts, fêtes d’indépendance, Pase del Niño à Cuenca, etc.)

On ne remplace pas un Noël en famille par un dîner dans un pays étranger ; mais on peut créer de nouveaux souvenirs qui atténuent la nostalgie, tout en honorant ce qui manque.

Rompre l’isolement : trouver sa tribu sur place

L’un des facteurs les plus puissants de mal du pays, c’est la solitude. Les études sur les expatriés montrent que ceux qui restent enfermés dans des cercles uniquement virtuels (famille par WhatsApp, réseaux sociaux du pays d’origine) vivent davantage de détresse émotionnelle que ceux qui investissent le tissu social local, même progressivement.

Rejoindre les communautés d’expatriés… sans s’y enfermer

En Equateur, les villes comme Quito, Cuenca, Manta, Salinas ou Vilcabamba accueillent des communautés expatriées anciennes et très actives. On y trouve de tout : retraités nord-américains, télétravailleurs, familles, étudiants, entrepreneurs.

Plusieurs plateformes facilitent le contact :

Plateforme / organisationRôle principalPoints forts
InterNationsRéseau mondial d’expatriés, présent dans 420 villesRencontres formelles et informelles, soirées, groupes thématiques (cuisine, randonnée, etc.)
Expat.com (section Equateur)Réseau et forum d’expatriésInformations pratiques, petites annonces, questions/réponses
Groupes Facebook (“Ecuador Expats”, “Cuenca Expats”, “Expats and Amigos in Manta and Manabí”, etc.)Échanges au quotidienTrès réactif pour les questions concrètes ; attention toutefois aux débats parfois vifs
Réseaux plus spécialisés (clubs sportifs, églises, co-working comme Shungo ou Quena à Cuenca)Communautés d’intérêtsPermettent des amitiés autour d’une activité plutôt que du seul statut d’expat

De nombreux témoignages illustrent l’impact de ces réseaux : une Portugaise à Quito explique avoir rencontré en quelques jours un groupe d’amies jouant au tennis chaque semaine ; un retraité à Manta a trouvé un cercle d’amis via le golf ; un couple arrivé à Cuenca raconte que leur intégration a démarré grâce à une simple invitation à déjeuner émise par une expatriée déjà installée.

Bon à savoir :

Ces groupes servent de sas de décompression pour poser des questions, partager ses difficultés et obtenir des recommandations de professionnels (médecins, avocats, psychologues) anglophones ou francophones. Bien qu’il ne faille pas se limiter à ce cercle, ils constituent un atout précieux pour lutter contre le mal du pays.

Aller vers les Equatoriens : l’autre moitié de l’équation

Les recherches sur l’ajustement culturel d’étudiants africains aux États-Unis, ou d’expatriés du “Global South” en Europe, montrent un résultat récurrent : passer du temps avec des locaux facilite beaucoup plus l’adaptation que de rester dans son groupe national. En Equateur, c’est particulièrement vrai, car la société est très orientée famille, voisinage, relations de proximité.

Astuce :

Pour réduire le mal du pays, il est crucial de multiplier les contextes de rencontre avec des Equatoriens.

suivre des cours d’espagnol en présentiel (donc pas uniquement en ligne), que ce soit à Quito, Cuenca, Montañita ou Olón

– rejoindre des groupes de danse (salsa, bachata), des clubs de randonnée, des ateliers de photo, des cours de cuisine

– fréquenter des espaces mixtes comme les co-workings, les cafés où se tiennent des “language exchanges”, les activités culturelles (concerts gratuits, expositions, festivals)

– s’impliquer dans une activité de bénévolat local, quand c’est possible (soutien scolaire, projets communautaires, associations environnementales)

La barrière de la langue rend ces pas intimidants, mais c’est précisément là que la magie opère : à mesure que le vocabulaire progresse, les échanges deviennent moins épuisants, plus gratifiants. Et chaque relation significative construite en Equateur vient contrebalancer l’idée que “la vraie vie” est uniquement dans le pays d’origine.

Apprendre l’espagnol : le remède structurel contre le sentiment d’exil

Toutes les études sur les expatriés en Equateur convergent : ceux qui ne parlent jamais vraiment espagnol, même après des années, se retrouvent souvent isolés, dépendants, et plus amers ; ceux qui investissent régulièrement dans la langue gagnent en autonomie, en estime de soi, et voient leur mal du pays s’atténuer plus rapidement.

L’espagnol d’Equateur : un allié inattendu

Bonne nouvelle : l’espagnol parlé dans beaucoup de zones d’Equateur, notamment à Quito et à Cuenca, est réputé clair et relativement lent, ce qui en fait un excellent terrain d’apprentissage. Des écoles bien implantées comme Simon Bolivar à Cuenca ou Don Quijote à Quito proposent des cours à des tarifs nettement inférieurs à ceux pratiqués en Europe ou en Amérique du Nord. Certaines familles rapportent avoir payé environ 180 dollars par semaine pour deux adultes, soit quatre heures de cours par après-midi.

5 à 10

C’est le coût horaire en dollars pour des cours particuliers, permettant une immersion linguistique abordable.

Stratégies d’apprentissage adaptées à la vie sur place

Les méthodes efficaces repérées dans la littérature sur l’apprentissage rapide d’une langue peuvent être adaptées très facilement à la vie quotidienne en Equateur :

Astuce :

Pour progresser efficacement en espagnol, il est recommandé de se fixer un temps quotidien (par exemple 30 à 60 minutes) plutôt qu’une longue session hebdomadaire. Travaillez les compétences de manière équilibrée : écouter (radio équatorienne, séries), parler (tandems, cours), lire (journaux comme El Comercio) et écrire (journal de bord). Priorisez l’apprentissage du vocabulaire utile à votre contexte quotidien : logement, santé, transports, banque, alimentation et école des enfants. Utilisez des applications comme Duolingo, Memrise ou Anki, mais combinez-les toujours avec des interactions réelles. Enfin, ne visez pas la perfection mais la communication : accepter que faire des erreurs est une condition nécessaire au progrès.

L’effet sur le mal du pays est profond. Plus on peut se débrouiller seul pour une visite médicale, une discussion avec son propriétaire, une inscription à un club sportif, moins on ressent ce sentiment d’impuissance qui nourrit la nostalgie.

Les bénéfices cognitifs et émotionnels

Des études plus générales sur les voyages montrent que les expériences nouvelles, notamment l’exposition à une nouvelle langue, augmentent la flexibilité cognitive d’environ 20 % et stimulent la créativité. Sur le plan psychique, cela se traduit par un sentiment d’énergie mentale renouvelée, ce qui aide à mieux gérer les émotions liées à la séparation.

En d’autres termes, l’espagnol n’est pas seulement un outil pratique : c’est un levier de reconstruction de soi dans le nouveau pays.

Technology & lien avec le pays d’origine : trouver le bon dosage

Dans un monde ultra-connecté, gérer le mal du pays sans tenir compte de la technologie serait un non-sens. Le téléphone, la visio, les réseaux sociaux, les plateformes de streaming peuvent être d’immenses ressources… ou des pièges.

Quand la technologie rapproche vraiment

Les recherches menées par l’Ericsson Consumer Lab ou par l’équipe de Padilla-Walker montrent que l’usage modéré des technologies interactives (téléphone, visioconférence, co-viewing de films, jeux vidéo partagés) renforce le sentiment de connexion familiale et le bien-être. Pendant la pandémie, beaucoup de familles ont expérimenté les apéros Zoom, les anniversaires en ligne, les soirées films synchrones.

Appliqué à la vie en Equateur, cela peut donner très concrètement :

Exemple :

Pour maintenir les liens familiaux malgré la distance, plusieurs pratiques numériques se sont développées. Par exemple, des grands-parents lisent des histoires du soir à leurs petits-enfants via WhatsApp ou FaceTime. Des familles organisent des repas « en commun » où chacun cuisine chez soi mais partage le moment du repas via un écran. Des soirées jeux en ligne sont aussi populaires, utilisant des plateformes de quiz ou des jeux multijoueurs simples. Enfin, le partage instantané de photos et vidéos via des groupes familiaux sur WhatsApp ou des albums Google Photos permet de suivre le quotidien de chacun.

Ces rituels numériques créent des “ponts” affectifs qui apaisent la peur d’être oublié ou de manquer les grands moments.

Quand la technologie alimente la nostalgie

À l’inverse, un usage excessif ou mal calibré peut faire l’effet d’une plaie qu’on gratte en permanence. Une grande revue de littérature sur les réseaux sociaux et la famille note qu’une consommation non régulée peut augmenter les comparaisons sociales, les sentiments de manque, et diminuer le temps réellement vécu avec les personnes physiquement présentes.

Attention :

Les expatriés en Équateur qui consacrent plusieurs heures par jour à suivre la vie de leurs amis sur Instagram, à lire les informations de leur pays d’origine et à commenter chaque actualité politique ‘chez eux’ sans s’investir dans leur environnement immédiat risquent de développer une vision très négative de leur nouvelle vie, car leur esprit reste constamment ‘ailleurs’.

Pour éviter cet écueil, des psychologues recommandent de mettre en place un “plan média familial”, même en expatriation : plages horaires sans écran (repas, soirées une ou deux fois par semaine), notifications limitées, regroupement des appels à des moments précis, plutôt que des interruptions constantes.

Reconnaître quand demander de l’aide professionnelle

Dans la plupart des cas, le mal du pays diminue avec le temps, à mesure que les réseaux sociaux locaux se renforcent, que l’espagnol progresse et que les repères se stabilisent. Mais parfois, les symptômes s’installent, s’aggravent ou se transforment en dépression, en troubles anxieux sévères, en idées suicidaires. Là, il ne s’agit plus seulement “d’adaptation difficile”, mais de santé mentale au sens strict.

Signaux d’alerte à ne pas ignorer

Les professionnels recommandent de consulter lorsque :

la tristesse et l’angoisse sont quasi permanentes depuis plusieurs semaines

– on n’a plus envie de rien, y compris des activités qui faisaient plaisir auparavant

on s’isole de plus en plus, on évite contacts et sorties

– le sommeil est très perturbé, l’appétit aussi

– des pensées noires s’imposent (“je ne sers à rien”, “tout le monde serait mieux sans moi”)

– des idées suicidaires apparaissent, même passagères

Pour un expatrié, il s’y ajoute parfois un sentiment de honte (“je devrais être heureux, c’est un beau pays, j’ai de la chance”), qui retarde encore la recherche d’aide.

Expatrié

Le système de santé mentale en Equateur : options et limites

Le pays dispose d’un système de santé public structuré en trois niveaux, sous l’égide du Ministère de la Santé (MSP). L’urgence psychiatrique est accessible via le 911 ou les urgences hospitalières, sans distinction de nationalité. Pour les soins non urgents, le parcours peut passer par :

le numéro 171, option 6, qui offre une écoute psychologique de première ligne (en espagnol)

des centres de santé publics de proximité (prévention, premiers suivis)

– des hôpitaux généraux avec unités de santé mentale (USM)

– des établissements spécialisés comme l’Hospital Julio Endara ou le centre San Lázaro pour les cas complexes

Bon à savoir :

Pour les expatriés, les principaux défis sont la barrière linguistique et un système de soins souvent différent de celui de leur pays d’origine. Il est donc recommandé, lorsque cela est possible, de consulter des professionnels de santé privés habitués à prendre en charge des patients internationaux.

Ressources utiles pour trouver un soutien adapté

Plusieurs pistes existent pour qui cherche un psychologue ou un psychiatre parlant anglais, voire français :

Ressource / organismeCe qu’il proposeParticularités
Plateformes internationales (“It’s Complicated”, TherapyRoute)Répertoire de psychologues dans de nombreux pays, avec filtres par langue, approche, lieuPermettent de repérer des praticiens basés en Equateur ou habitués à travailler avec des expatriés
Université San Francisco de Quito – CSMClinique de santé mentale universitaire, services psychologiques à tarif socialTravail fondé sur des approches validées scientifiquement ; majorité des consultations en espagnol, mais université très ouverte à l’international
Anima EC (Guayaquil)Ligne de soutien psychologique en cas de crise, membre du réseau Befrienders WorldwideAccès par téléphone, WhatsApp, appli ; présence de bénévoles anglophones
Réseaux d’expatriés (InterNations, groupes Facebook)Recommandations informelles de thérapeutes locaux parlant anglais ou d’autres languesUtile pour obtenir des retours d’expérience et vérifier la compatibilité culturelle

Il faut savoir qu’en Equateur, le titre de “psychologue clinicien” n’est pas aussi réglementé que dans certains pays. Il est donc conseillé de vérifier le niveau de formation (au moins Master, idéalement avec références à des universités reconnues) et l’orientation thérapeutique (Cognitive et Comportementale, ACT, EMDR, etc., ont fait leurs preuves pour la dépression, l’anxiété et le mal du pays).

Un élément-clé, quel que soit le cadre choisi : le sentiment de sécurité avec le thérapeute. Les études le montrent, la qualité de la relation thérapeutique pèse fortement sur l’efficacité du traitement. Il ne faut pas hésiter à utiliser les séances initiales gratuites proposées par certaines plateformes pour tester l’adéquation.

Ajuster ses attentes : de la “vie parfaite à l’étranger” à la vraie vie

Une source silencieuse de mal du pays tient souvent dans l’écart entre le fantasme de la vie en Equateur et la réalité concrète. Avant de partir, on a parfois idéalisé les volcans, les plages, le coût de la vie plus bas, la “simplicité” sud-américaine. Une fois sur place, on découvre aussi les coupures d’électricité, le bruit des pétards à 2h du matin, les trajets interminables en bus, l’internet capricieux, la bureaucratie tatillonne, l’insécurité ponctuelle.

Bon à savoir :

Les études sur le ‘relocation effect’ indiquent qu’aborder un déménagement à l’étranger comme une aventure, en acceptant une part d’inconnu, réduit la difficulté d’adaptation. Il est conseillé de remplacer l’exigence de tout réussir immédiatement par une attitude plus flexible, se donnant 6 à 12 mois pour expérimenter ce nouveau mode de vie avec ses hauts et ses bas.

Certains coaches en expatriation recommandent d’ailleurs explicitement de se donner une “période test” (par exemple un an) à l’issue de laquelle on réévalue calmement : reste-t-on, change-t-on de ville ou de région en Equateur, rentre-t-on, tente-t-on un troisième pays ? S’autoriser cette réévaluation, c’est retirer une pression énorme et réduire l’angoisse de s’être “coincé” définitivement.

Tisser une identité hybride : ni d’ici ni de là-bas, mais des deux

À long terme, la meilleure “solution” au mal du pays n’est pas de choisir entre le pays d’origine et l’Equateur, mais de construire une identité qui inclut les deux. Les chercheurs en psychologie interculturelle parlent parfois de “biculturalisme intégré”. Plutôt que de vivre dans la nostalgie permanente ou la coupure radicale, il s’agit d’accepter que l’on ne sera plus jamais exactement comme avant… et que c’est peut-être une bonne chose.

Concrètement, cela se traduit par :

Exemple :

Un migrant francophone en Équateur peut maintenir l’usage de sa langue maternelle à la maison tout en utilisant couramment l’espagnol dans la vie sociale et professionnelle. Il conserve également certaines habitudes de son pays d’origine (cuisine, séries télévisées, fêtes, musique) tout en adoptant des coutumes locales comme le rythme des repas, les salutations ou les fêtes nationales. Cette intégration crée une double identité : il est perçu comme ‘le Français/la Canadienne/le Belge’ par les Équatoriens, et comme ‘l’Équatorien.ne de cœur’ par sa famille restée au pays.

Les études montrent que ce type d’intégration identitaire protège contre la détresse psychologique. On ne vit plus en comparant constamment les deux mondes, mais en se situant à la jonction des deux.

Gérer le mal du pays en Equateur, ce n’est donc ni renier ce qu’on a laissé derrière soi, ni tenter de se dissoudre entièrement dans un nouveau pays. C’est un travail en finesse : aménager un quotidien qui rassure, oser la rencontre – linguistique, culturelle, sociale –, utiliser la technologie pour garder les liens sans s’y enfermer, et, le cas échéant, s’appuyer sur les ressources de santé mentale disponibles.

Bon à savoir :

La nostalgie n’est pas un échec, mais l’indice que quelque chose comptait vraiment. Le pays, par sa diversité, sa culture chaleureuse, ses paysages (volcans) et ses expériences (marchés, ceviches, salutations), offre de nombreux leviers pour intégrer ces souvenirs et construire de nouveaux attachements.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers l’Équateur pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités migratoires, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Panama, Uruguay, Équateur), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Équateur pour sa fiscalité modérée sur les revenus étrangers sous conditions, l’absence d’impôt sur la fortune, l’usage du dollar US, ainsi qu’un coût de vie nettement inférieur à celui de la France (Quito ou Cuenca bien moins chers que Paris). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales), obtention du visa résident retraité, structuration du séjour hors de France (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), transfert de comptes à l’international, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, agents immobiliers), et intégration patrimoniale globale (analyse, sécurisation et éventuelle restructuration des placements).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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