S’installer au Danemark fait rêver pour sa qualité de vie, son État‑providence solide et son atmosphère zen et écolo. Mais derrière l’image de carte postale se cache l’un des pays les plus chers d’Europe. Pour un expatrié, ne pas maîtriser le sujet du coût de la vie, c’est prendre le risque de griller son budget en quelques mois, surtout dans la capitale.
Cet article s’appuie sur des données récentes (Numbeo, organismes publics danois, études immobilières) pour analyser en détail le coût de la vie au Danemark, avec un focus sur Copenhague. Il vise à indiquer le salaire nécessaire pour y vivre sereinement, la répartition des dépenses et les postes budgétaires les plus importants.
Vivre au Danemark : un pays riche, un pays cher
Le Danemark figure parmi les pays européens où la vie est la plus coûteuse. Les indices de prix le situent globalement au 4ᵉ rang des pays les plus chers du continent, avec un indice de coût de la vie autour de 72,3 (base 100 pour une grande ville de référence comme Prague). Copenhague, de son côté, est classée 11ᵉ ville la plus chère d’Europe et arrive dans le top 15 mondial dans plusieurs classements.
Pour un expatrié, il faut retenir quelques grands ordres de grandeur, qui donnent immédiatement le ton.
Budget mensuel global : personne seule, couple, famille
Sur l’ensemble du pays, en intégrant le loyer, les estimations moyennes tournent autour des montants suivants :
| Profil | Coût mensuel estimé (EUR) | Détail charges hors loyer | Loyer moyen intégré |
|---|---|---|---|
| Personne seule | ≈ 2 169 € | ≈ 1 094 € | ≈ 1 075 € |
| Couple | ≈ 3 400–4 600 $ (env.) | ≈ 3 017 $ hors loyer | reste en loyer |
| Famille de 4 | ≈ 5 832 € | ≈ 3 925 € | ≈ 1 907 € |
Autre façon de lire ces chiffres : converties en dollars (toutes villes danoises confondues), les dépenses moyennes (logement compris) sont évaluées à environ 3 400 $ pour une personne seule, 4 600 $ pour un couple et plus de 6 200 $ pour une famille de quatre.
Le coût de la vie au Danemark est supérieur à la moyenne européenne et à celui des États-Unis pour les dépenses courantes hors loyer. Cependant, les loyers, en particulier en dehors des hyper-centres, y sont généralement plus bas qu’aux États-Unis.
Danemark vs pays voisins : où se situe le curseur ?
Les comparaisons internationales sont sans appel, mais elles permettent de relativiser.
| Comparaison | Famille de 4 (mensuel, tout compris) | Personne seule (mensuel, tout compris) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Danemark vs Allemagne | 5 832 € vs 5 048 € | 2 169 € vs 1 880 € | Le Danemark est légèrement plus cher |
| Danemark vs Pays‑Bas | 5 832 € vs 5 589 € | 2 169 € vs 2 352 € | Légèrement moins cher que les Pays‑Bas pour une personne seule |
| Danemark vs Royaume‑Uni (hors Londres) | 5 832 € vs 5 338 € | 2 169 € vs 2 210 € | Vie courante plus chère au Danemark, mais loyers souvent plus bas |
| Danemark vs États‑Unis | 5 832 € vs 5 334 € | 2 169 € vs 1 055 € | Hors loyer, la vie est nettement plus chère au Danemark |
En résumé, partir au Danemark, c’est accepter des dépenses quotidiennes élevées, en particulier pour les sorties, les restaurants, certains produits alimentaires et les services. Mais ce coût s’accompagne de contreparties : santé quasi gratuite pour les résidents, école publique gratuite et université gratuite pour les citoyens UE, garderies fortement subventionnées, transports publics efficaces, sécurité, infrastructures de qualité.
Copenhague, épicentre des dépenses
Copenhague concentre l’essentiel des expatriés et des opportunités d’emploi, mais aussi les prix les plus élevés du pays. On estime qu’une personne seule a besoin de 2 500 à 3 800 € par mois pour vivre correctement dans la capitale, loyer inclus, selon son style de vie. Pour une famille, la note dépasse facilement les 7 000 €.
Combien faut‑il réellement pour « bien vivre » à Copenhague ?
Plusieurs sources convergent vers un ordre de grandeur : un salaire net d’au moins 5 000 € par mois est considéré comme une base confortable pour une personne seule souhaitant vivre dans la capitale sans se serrer constamment la ceinture.
Ils donnent une image plus fine de la situation.
| Profil à Copenhague | Dépenses mensuelles hors loyer | Total avec loyer (EUR) | Fourchette réaliste |
|---|---|---|---|
| Personne seule | ≈ 1 143–1 174 € | ≈ 2 751 € | 2 500–3 800 € selon quartier & style de vie |
| Famille de 4 | ≈ 4 141–4 364 € | ≈ 7 063 € | 6 000–8 000 € possibles |
Autre comparaison instructive : pour une personne seule, Copenhague coûte environ 1 124 € de moins par mois que Londres, mais reste 474 € plus chère que Berlin. On est donc clairement dans la tranche haute des capitales européennes, sans atteindre l’extrême londonien.
Différences entre villes danoises
Tous les expatriés ne s’installent pas à Copenhague, et c’est souvent une bonne nouvelle pour leur budget.
| Ville danoise | Coût mensuel estimé pour 1 personne (EUR) | Rang dans le pays | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Copenhague | ≈ 2 751 € | 1ʳᵉ (la plus chère) | Forte pression sur les loyers |
| Aarhus | ≈ 2 285 € | 2ᵉ | Environ 10–15 % moins chère que Copenhague |
| Odense | ≈ 2 110 € | 3ᵉ | Grande ville plus abordable |
| Sønderborg | ≈ 1 272 € | Parmi les moins chères | Référence pour les petits budgets |
| Holstebro | ≈ 1 295 € | Abordable | |
| Kolding | ≈ 1 297 € (≈ 1 160 € pour une personne seule selon une source) | Très abordable | Bon rapport coût/qualité de vie |
Quitter la capitale pour une ville moyenne peut réduire le budget global de 10 à 20 %, essentiellement via des loyers moins élevés. En revanche, les salaires y sont généralement un peu plus bas et les opportunités professionnelles différentes.
Logement : le poste qui fait (vraiment) mal
Pour un expatrié, la plus grosse ligne de dépenses est sans surprise le logement. Au Danemark, les loyers sont globalement modestes comparés à certaines grandes métropoles mondiales, mais à Copenhague la tension immobilière est telle que les prix explosent.
Loyers moyens : pays entier vs Copenhague
Pour l’ensemble du pays, les moyennes suivantes donnent une bonne base :
| Type de logement | Centre‑ville (Danemark, moyenne) | Périphérie / hors centre |
|---|---|---|
| 1 chambre | ≈ 1 075 € / mois | ≈ 834 € / mois |
| 3 chambres | ≈ 1 907 € / mois | ≈ 1 443 € / mois |
À Copenhague, on passe à un tout autre niveau :
| Type de logement à Copenhague | Centre‑ville (EUR) | Hors centre (EUR) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| 1 chambre | ≈ 1 600–1 810 € | ≈ 1 170–1 225 € | Étudiants & jeunes actifs ciblent la périphérie |
| 3 chambres | ≈ 2 922–2 992 € | ≈ 2 015–2 076 € | Pour une famille, souvent > 2 000 € hors centre |
En couronnes danoises (DKK), les fourchettes sont encore plus parlantes, surtout dans la capitale :
| Type / situation | Loyer mensuel typique (DKK) | Remarques |
|---|---|---|
| Studio / 1 pièce à Copenhague (juin 2025) | 7 000–12 000 DKK | Studios très demandés |
| 1 chambre en zone centrale | 9 000–12 000 DKK | |
| 2 chambres | 12 000–18 000 DKK | |
| 3 chambres | 18 000–22 000 DKK et plus | |
| Penthouse / luxe | 30 000–50 000 DKK | Marché premium |
| Maison en banlieue | 15 000–40 000 DKK | Très variable selon quartier |
| Chambre en colocation | 3 000–6 000 DKK (≈ 400–800 €) | Option la plus abordable |
Dans certains quartiers très prisés de Copenhague, les exemples concrets donnent une idée de la réalité :
– Østerbro : studio autour de 8 000 DKK, deux pièces ≈ 13 000 DKK, trois pièces ≈ 21 500 DKK.
– Vesterbro : 1 pièce ~ 7 200 DKK, 2 pièces ~ 15 600 DKK, 3 pièces ~ 20 000 DKK.
– Frederiksberg : deux chambres fréquemment au‑delà de 16 000 DKK.
– Indre By (hyper‑centre) : une chambre souvent > 12 000 DKK, deux chambres > 15 000 DKK.
Coût au mètre carré : où le mètre devient cher
Le loyer par mètre carré à Copenhague est un bon indicateur de la pression immobilière :
| Quartier de Copenhague | Loyer moyen (DKK / m² / mois) |
|---|---|
| Vesterbro | ≈ 200–220 DKK |
| Indre By (centre) | Souvent > 220 DKK |
| Østerbro | ≈ 180–195 DKK |
| Frederiksberg | ≈ 170–185 DKK |
| Nørrebro | ≈ 160–175 DKK |
| Amager | ≈ 140–155 DKK |
| Brønshøj | ≈ 120–135 DKK |
Les petites surfaces, très demandées, se négocient souvent autour de 200–250 DKK/m², alors que les grands appartements familiaux tournent plutôt autour de 160–190 DKK/m². Les biens de luxe peuvent grimper à 250–350 DKK/m².
Marché locatif : tension, rareté, dépôts élevés
Le marché locatif, surtout à Copenhague, est marqué par une faible vacance (environ 2,3 % de logements locatifs vacants mi‑2025, encore moins dans l’hyper‑centre) et par une offre dominée par les appartements (environ 82 % des locations, contre 18 % de maisons).
Cette tension se traduit par :
– des loyers en hausse régulière (4 à 8 % sur un an dans les zones centrales, croissance annuelle moyenne de 3 à 8 % sur cinq ans, et prévisions de +4 à +6 % par an à court terme) ;
– des recherches de logement parfois longues et stressantes ;
– des dépôts lourds : jusqu’à trois mois de loyer en dépôt plus le premier mois d’avance, certains bailleurs demandant même davantage.
Pour un expatrié, il faut donc prévoir un coût d’installation très conséquent : pour un appartement à 12 000 DKK, avancer quatre mois représente déjà près de 48 000 DKK (plus de 6 000 €), sans compter l’ameublement si le bien est non meublé, ce qui est la norme.
Les contrats de location sont généralement rédigés en danois et de nombreux logements sont proposés non meublés. Pour faciliter votre recherche, utilisez des plateformes spécialisées comme BoligPortal, Lejebolig, Akutbolig ou des services dédiés aux expatriés, tels que Bienvenido a Copenhague.
La colocation et les « andelsboliger » (coopératives) permettent souvent de réduire drastiquement la facture : louer une chambre entre 3 000 et 6 000 DKK reste l’une des solutions les plus abordables dans la capitale.
Propriété : acheter pour s’installer durablement
Acheter un logement au Danemark est possible pour les expatriés, mais sous conditions (domicile permanent ou plusieurs années de résidence, sinon autorisation spéciale). Les prix au mètre carré sont élevés, surtout dans les grandes villes :
| Ville | Prix moyen au m² centre (EUR) | Hors centre (EUR) |
|---|---|---|
| Copenhague | ≈ 7 880 € | ≈ 5 370 € |
| Aarhus | ≈ 6 280 € | ≈ 3 990 € |
| Aalborg | ≈ 3 185 € | ≈ 1 040 € |
La fiscalité immobilière prévoit une taxe foncière autour de 0,92 % de la valeur jusqu’à environ 407 700 €, puis 3 % au‑delà. Le taux d’intérêt moyen sur un prêt immobilier à taux fixe sur 20 ans tourne autour de 4,2–4,3 %.
Pour un investisseur, les rendements locatifs bruts à Copenhague sont évalués entre 3,5 et 4 % en moyenne (jusqu’à 4–5 % dans certains secteurs), ce qui, une fois les charges déduites (remboursement de prêt, taxes, entretien, éventuels frais de gestion), laisse souvent un cash‑flow légèrement négatif pour les bailleurs. Les locations de courte durée peuvent monter à 6–8 % de rendement brut, mais sont strictement encadrées (plafond de 70 à 100 nuits par an pour une résidence principale).
Charges, énergie, télécoms : un budget à ne pas négliger
Au Danemark, les loyers n’incluent généralement pas les charges. Électricité, chauffage, eau et déchets viennent s’ajouter, de même que l’internet et le téléphone mobile.
Énergie et charges de base
Pour un appartement de taille moyenne (85 m²), on peut retenir les ordres de grandeur suivants :
| Poste | Danemark (moyenne) | Copenhague (approx.) |
|---|---|---|
| Électricité, chauffage, eau, ordures (85 m²) | ≈ 201 € / mois | ≈ 175–183 € / mois |
| Mobile (appels + ≥10 Go data) | ≈ 17 € / mois | ≈ 13–15 € / mois |
| Internet haut débit | ≈ 35 € / mois | ≈ 34–36 € / mois |
En couronnes, les chiffres détaillés montrent :
– charges de base autour de 1 400–1 500 DKK par mois pour 85 m²,
– 120–180 DKK pour un forfait mobile,
– 200–360 DKK pour une connexion internet fixe.
Dans la capitale, les factures d’énergie varient fortement selon l’isolation et le type de chauffage : certaines sources indiquent 1 000 à 2 500 DKK par mois pour les seules « utilities », auxquelles s’ajoutent éventuellement les frais de copropriété ou de bâtiment (300 à 800 DKK) et l’assurance habitation (100 à 200 DKK).
Des actions concrètes pour optimiser vos dépenses énergétiques et éviter les factures élevées.
Utilisez des plateformes de comparaison comme Elpris.dk pour identifier l’offre d’électricité la plus avantageuse.
Privilégiez les équipements avec une étiquette énergétique performante (classe A à G) pour réduire la consommation.
Suivez régulièrement votre usage électrique pour détecter les anomalies et ajuster vos habitudes.
Téléphonie et internet : offres et coûts
Le marché mobile danois est très concurrentiel, avec plusieurs gros opérateurs (Telenor, Telia, Oister) et des acteurs low cost (Lebara, Lycamobile). En pratique, un expatrié peut compter sur :
– des forfaits classiques Telenor autour de 15–25 € ;
– des offres Telia à partir d’environ 12 € ;
– des forfaits Oister entre 13 et 24 € ;
– des formules très bon marché chez Lebara (dès 2,5 €) ou Lycamobile (vers 9 €).
Les eSIM sont largement disponibles, moyennant un petit coût d’activation autour de 4,5 €. En revanche, pour un abonnement classique, un CPR (numéro d’identification danois) et un compte bancaire local sont presque toujours nécessaires.
Se déplacer : transports publics, vélo, voiture
Les dépenses de transport dépendent énormément du mode de vie. À Copenhague, beaucoup d’expatriés combinent vélo et transports publics, ce qui permet de limiter la facture. Posséder une voiture, en revanche, coûte très cher.
Transports publics : metro, trains, bus
Dans tout le pays, un billet simple de transport local se situe aux alentours de 3,20 € (24 DKK), et un abonnement mensuel aux alentours de 80 € (600 DKK). À Copenhague, le système zonal couvre métro, trains, S-tog, bus et bateaux-bus.
Quelques repères de prix :
| Titre de transport | Prix indicatif (DKK) | Équivalent EUR (approx.) |
|---|---|---|
| Ticket simple 2–3 zones | 24–30 DKK | ≈ 3,20–4,00 € |
| City Pass 24h (zones 1–4) | 100 DKK | ≈ 10,70 € |
| City Pass 24h (grande région, 1–99) | 200 DKK | ≈ 27 € |
| Abonnement mensuel standard | ≈ 600 DKK | ≈ 80 € |
| Carte mensuelle type pendulaire (Copenhague) | 70–100 € | selon zones |
Pour les touristes et nouveaux arrivants, des cartes combinant transports illimités et accès aux musées (Copenhagen Card) démarrent autour de 54 € pour 24 heures. Les étudiants ou résidents réguliers peuvent utiliser la carte Rejsekort (ou son application mobile) et profiter de remises aux heures creuses (≈ 20 %)
Montant minimum de l’amende pour voyager sans titre de transport valable au Danemark.
Taxis, carburant, voiture personnelle
Le taxi occupe largement le haut de gamme : la prise en charge tourne autour de 6,70 €, le kilomètre autour de 2 €, et une heure d’attente peut dépasser 64–74 €. Un trajet entre l’aéroport de Copenhague et le centre‑ville coûte généralement entre 35 et 47 €.
Le carburant, lui aussi, pèse lourd : l’essence avoisine 1,90 € le litre (≈ 14 DKK), soit plus de 8 $ le gallon. Les taxes sur l’achat de véhicules sont parmi les plus élevées d’Europe, avec une taxe d’immatriculation pouvant atteindre 85 à 150 % de la valeur du véhicule, hors TVA. Résultat : une compacte neuve (type Volkswagen Golf ou Toyota Corolla) dépasse souvent les 330 000–350 000 DKK (près de 50 000 $).
À Copenhague, les expatriés abandonnent souvent la voiture au profit du vélo, de la marche et des transports en commun. En revanche, ceux qui résident en périphérie ou en zone rurale doivent anticiper un budget important s’ils choisissent d’utiliser une voiture.
Le vélo, roi des villes danoises
Le vélo est un pilier de la mobilité danoise, en particulier à Copenhague qui dispose d’environ 350 km de pistes cyclables séparées. Acheter un vélo d’occasion coûte entre 500 et 1 500 DKK ; en revanche, le vol de vélo est très courant, et il faut investir dans un bon antivol et prévoir un budget entretien (200–400 DKK au moins deux fois par an, sauf si le magasin inclut les révisions dans le prix d’achat).
Pour un expatrié, apprendre à maîtriser les codes de la circulation cycliste locale est presque aussi important que de se familiariser avec le système fiscal : c’est souvent la clé pour réduire son budget transport tout en vivant « à la danoise ».
Nourriture et restaurants : bien manger coûte cher
Le Danemark est régulièrement classé parmi les pays les plus chers au monde pour les restaurants. Manger au restaurant, même sans extravagance, pèse rapidement sur le budget mensuel d’un expatrié.
Courses alimentaires : budget mensuel et prix types
Les montants suivants offrent une bonne base de calcul pour l’épicerie :
| Profil | Budget mensuel courses (Danemark) | À Copenhague |
|---|---|---|
| Personne seule | ≈ 260–390 € | ≈ 250–400 € |
| Couple | ≈ 520–650 € | ≈ 550–800 € |
| Famille de 4 | ≈ 800–1 000 € | ≈ 900–1 200 € |
Pour un étudiant ou une personne très économe, certains témoignages évoquent un budget alimentation autour de 1 500–2 000 DKK (≈ 200–270 €) par mois, à condition de cuisiner chez soi, de fréquenter les supermarchés discount et de traquer les promotions.
Quelques prix moyens, pour se repérer :
| Produit | Prix moyen (EUR) | Prix moyen (DKK, approx.) |
|---|---|---|
| Lait (1 L) | ≈ 1,80–1,90 € | ≈ 13–14 DKK |
| Pain blanc (500 g) | ≈ 3,40–3,80 € | ≈ 20–21 DKK |
| Riz (1 kg) | ≈ 2,50 € | ≈ 18–19 DKK |
| Œufs (12) | ≈ 4,50–4,90 € | ≈ 32–43 DKK |
| Filets de poulet (1 kg) | ≈ 10,40–10,60 € | ≈ 75–80 DKK |
| Fromage local (1 kg) | ≈ 13,20 € | ≈ 95–100 DKK |
| Bière locale en supermarché (0,5 L) | ≈ 1,6–1,7 € | ≈ 12–13 DKK |
Les supermarchés discount (Netto, Rema 1000, Lidl, Fakta, Coop365 Discount) dominent le marché et proposent souvent des prix nettement plus bas que les enseignes plus « premium » (Meny, Føtex, Irma avant sa fermeture). Les Danois traquent volontiers les promotions via des applis d’offres (Minetilbud, eTilbudsavis) et n’hésitent pas à traverser la frontière allemande pour faire des stocks à moindre coût, la TVA sur l’alimentaire y étant plus faible.
Des applications comme Too Good To Go ou les magasins de surplus comme Wefood permettent de réduire substantiellement ses dépenses, en particulier dans les grandes villes, en luttant contre le gaspillage alimentaire.
Restaurants, cafés, fast‑food
Manger à l’extérieur représente un des postes les plus inflationnistes. Le Danemark est même cité comme le 3ᵉ pays le plus cher au monde pour les repas au restaurant.
Un repas classique français suit généralement une structure en plusieurs services : l’entrée, le plat principal avec accompagnement, le fromage et le dessert. Par exemple, un repas pourrait commencer par une salade verte, se poursuivre avec un poulet rôti et des légumes de saison, puis proposer une sélection de fromages avant de terminer par une tarte aux fruits. Cette progression permet de varier les saveurs et les textures tout au long du repas.
| Type de repas | Prix moyen (DKK) | Prix moyen (EUR) |
|---|---|---|
| Restaurant bon marché (plat simple) | ≈ 150 DKK | ≈ 20–23 € |
| Restaurant moyen pour 2 (3 plats) | ≈ 700–750 DKK | ≈ 95–105 € |
| Menu McDonald’s / fast‑food | ≈ 93–95 DKK | ≈ 12–15 € |
| Bière pression (0,5 L) au bar | ≈ 55 DKK | ≈ 6,70–8,40 € |
| Cappuccino | ≈ 42 DKK | ≈ 5,40–6,30 € |
| Boisson gazeuse (0,33 L) | ≈ 27–28 DKK | ≈ 3,60–4,00 € |
Dans les grandes villes, les menus du soir dans les restos branchés peuvent facilement dépasser 300–400 DKK par personne, et les menus dégustation grimper vers 700–900 DKK, sans compter les boissons. Le fameux Big Mac danois est d’ailleurs parmi les plus chers au monde, ce qui illustre bien le niveau général des prix.
Pour un expatrié, la stratégie la plus simple pour tenir son budget consiste à cuisiner chez soi autant que possible, à réserver les restaurants pour des occasions ponctuelles et à privilégier les offres déjeuner, souvent plus abordables que les dîners.
Santé : quasi gratuite… une fois résident
Sur le poste santé, le Danemark se distingue nettement de nombreux autres pays occidentaux. Pour les résidents (danois ou expatriés avec CPR et carte de santé), la médecine de ville, l’hôpital et les urgences sont pris en charge par le système public, financé par l’impôt.
Concrètement, une fois inscrit au registre national, vous recevez une carte jaune (Sundhedskort) donnant accès gratuitement :
Le système de santé français offre une couverture pour un large éventail de soins médicaux essentiels.
Consultations chez le médecin généraliste et chez les spécialistes (sur orientation du médecin traitant).
Prise en charge des soins hospitaliers et des interventions en service d’urgence.
Prise en charge d’une grande partie des examens et analyses biologiques courants.
Prise en charge complète des grossesses, des accouchements et des suivis postnataux.
Soins dentaires pour les enfants, assurant une bonne santé bucco-dentaire dès le plus jeune âge.
En revanche, certains postes restent payants ou partiellement remboursés : soins dentaires pour adultes, certains médicaments, lunettes, médecines alternatives, chirurgie esthétique ou certains traitements de fertilité.
Les médicaments sur ordonnance sont soumis à un système de co‑paiement progressif : tout est à la charge du patient jusqu’à un certain seuil annuel, puis le remboursement monte progressivement (25 %, 50 %, 75 %, 85 % au‑delà d’un plafond). En pratique, l’État prend en charge une part importante des dépenses médicamenteuses pour les pathologies chroniques.
Pour les expatriés fraîchement arrivés, les trois premiers mois sont une période à risque : tant que le CPR n’est pas obtenu, l’accès au système public de santé n’est pas garanti (sauf en cas d’urgence vitale). Il est donc fortement recommandé de souscrire une assurance santé internationale couvrant au moins les hospitalisations, la médecine spécialisée et le rapatriement.
Les assurances privées complémentaires danoise (type « Sygeforsikring Danmark ») ou les couvertures d’entreprise permettent par ailleurs :
– de réduire les copaiements (dentaire, lunettes, médicaments),
– d’accéder plus vite à des spécialistes via le privé,
– de bénéficier d’options supplémentaires (chambres individuelles, kiné, psy, etc.).
Les primes restent relativement raisonnables en regard du coût de la vie global (souvent quelques centaines d’euros par an), et beaucoup d’employeurs les intègrent au package de rémunération.
Enfants, crèches, écoles : poste clé mais très subventionné
Pour les expatriés en famille, la bonne nouvelle est que le Danemark investit massivement dans l’accueil de la petite enfance et l’éducation. Le mauvais côté : même subventionnées, les places en crèche et les écoles internationales représentent un budget à anticiper.
Crèches et garderies : un système généreux
Les principaux types de garde sont :
– Vuggestue : crèche collective pour les 6 mois – 3 ans,
– Børnehave : jardin d’enfants pour les 3 – 6 ans,
– Dagpleje : garde familiale (assistante maternelle), souvent pour les tout‑petits.
Les tarifs, largement subventionnés, laissent environ 25–30 % du coût total à la charge des parents, le reste étant payé par la commune. À Copenhague, par exemple :
| Type de garde (Copenhague) | Coût mensuel (DKK) | Approx. EUR |
|---|---|---|
| Vuggestue (crèche, avec repas) | ≈ 3 950 DKK | ≈ 530 € |
| Børnehave (jardin d’enfants, avec repas) | ≈ 2 541 DKK | ≈ 340 € |
| Dagpleje (garde familiale, avec repas) | ≈ 3 368 DKK | ≈ 450 € |
Dans une commune plus abordable comme Sønderborg, les tarifs sont légèrement inférieurs, preuve que la géographie joue aussi sur ce poste.
C’est le montant mensuel, en dollars, que peut coûter la garde d’enfants pour une famille américaine ou britannique, bien plus qu’au Danemark.
Écoles publiques, internationales, études supérieures
L’école publique danoise (Folkeskole) est gratuite, tout comme la plupart des fournitures et une partie des activités de classe. Pour les enfants d’expatriés désireux de suivre un curriculum international ou d’étudier en anglais, il faudra cependant viser des écoles internationales, dont les frais varient fortement :
| Type d’établissement | Coût moyen |
|---|---|
| École primaire internationale (Danemark, moyenne) | ≈ 5 659 € / an |
| École primaire internationale (Copenhague, moyenne) | ≈ 11 750 € / an |
| Exemples de frais annuels | Montessori International ≈ 7 700 €, IS Hellerup ≈ 8 100 €, Copenhagen International School ≈ 19 000–26 400 € |
Pour le préscolaire privé à plein temps, on tourne autour de 467–510 € par mois selon la ville.
C’est le montant mensuel maximum de l’allocation d’étude (SU) pour un étudiant vivant de façon indépendante au Danemark.
Salaires, fiscalité et pouvoir d’achat
Parler de coût de la vie sans évoquer les salaires et les impôts n’aurait pas grand sens au Danemark, pays où la pression fiscale est élevée mais où les revenus le sont aussi.
Niveaux de salaire : que gagne‑t‑on vraiment ?
À Copenhague, le salaire net moyen se situe autour de 25 000 à 32 000 DKK par mois, soit approximativement 3 350 à 4 300 €. Dans l’ensemble du pays, la médiane avoisine 5 320 € par mois, avec des variations fortes selon le secteur.
Quelques exemples de salaires bruts mensuels à Copenhague (environ) :
| Métier | Salaire brut mensuel (EUR) |
|---|---|
| Développeur logiciel | ≈ 5 600 € |
| Chef de projet IT | ≈ 6 300 € |
| UX/UI designer | ≈ 4 600 € |
| Architecte | ≈ 4 300 € |
| Ingénieur mécanique | ≈ 4 800 € |
| Médecin généraliste | ≈ 7 200 € |
| Infirmier(ère) | ≈ 3 900 € |
| Professeur de lycée | ≈ 4 000 € |
| Spécialiste marketing | ≈ 4 600 € |
| Comptable | ≈ 4 400 € |
Ces salaires bruts doivent cependant être confrontés à un système fiscal particulièrement lourd.
Impôts : un coût invisible… qui finance beaucoup
La fiscalité danoise est progressive et cumulée (impôt national, communal, contribution au marché du travail, TVA, etc.). Le taux marginal peut atteindre environ 55–60 % pour les hauts revenus, même si le taux effectif moyen est plus bas après déductions.
À noter quelques points importants pour les expatriés :
L’imposition sur le revenu en Finlande se compose de trois éléments principaux : une contribution obligatoire au marché du travail de 8 % sur les revenus d’activité, un impôt communal d’environ 25 % (auquel peut s’ajouter un impôt d’Église d’environ 0,6 % pour les membres de l’Église luthérienne), et un impôt d’État progressif avec des tranches (impôt de base et impôt supérieur) qui s’appliquent au-delà de certains seuils de revenu.
Pour les cadres et spécialistes étrangers, un régime fiscal spécifique (le « forskerordning ») permet, sous conditions, d’être imposé pendant jusqu’à 7 ans à un taux forfaitaire de 27 % sur le salaire brut (soit environ 32,8 % en incluant la contribution au marché du travail), sans possibilité de déductions mais avec un net souvent avantageux par rapport au régime classique. Ce dispositif suppose un salaire minimum assez élevé et l’absence de résidence fiscale danoise dans les dix années précédentes.
En échange d’une fiscalité élevée, les résidents bénéficient d’un ensemble de services publics qui réduisent significativement les dépenses dans plusieurs domaines clés : la santé, l’éducation, les aides familiales (comme les allocations pour enfants), les subventions pour les crèches, le soutien en cas de chômage et les retraites publiques.
Pouvoir d’achat réel
Les comparaisons internationales montrent que :
– hors loyer, le coût de la vie au Danemark est de 7 à 12 % plus élevé qu’aux États‑Unis ;
– loyers compris, le pays devient légèrement moins cher que les États‑Unis, car les logements danois sont globalement mieux maîtrisés ;
– la puissance d’achat locale des salaires danois reste toutefois un peu inférieure à celle des États‑Unis, signe que tout le monde ne profite pas au même degré du niveau de salaire moyen.
Pour un expatrié, la question centrale devient donc : son salaire est‑il adapté au niveau de prix danois, compte tenu de sa situation familiale, du type de logement visé et de la ville d’installation ?
Enfin, au‑delà des postes « obligatoires » (logement, nourriture, transport, santé, éducation), il faut aussi prévoir un budget pour profiter de ce que le Danemark a à offrir : culture, sport, cafés, bars, voyages intérieurs.
Sport, culture, sorties
Les principaux prix repères :
| Activité | Prix moyen (DKK) | Prix moyen (EUR) |
|---|---|---|
| Abonnement salle de sport (mois) | ≈ 294–300 DKK | ≈ 36–40 € |
| Cinéma (place standard) | ≈ 120–125 DKK | ≈ 16–17 € |
| Entrée musée / exposition | ≈ 100–160 DKK | ≈ 13–22 € |
| Cocktail en centre‑ville | ≈ 100–105 DKK | ≈ 13–14 € |
| Bière pression (pub de quartier) | ≈ 49–55 DKK | ≈ 6,5–7,5 € |
Les abonnements aux grandes chaînes de fitness (SATS, PureGym, Nordic Strong) varient entre 20 et 70 € par mois selon l’offre.
De nombreuses villes offrent des activités gratuites ou peu coûteuses pour profiter de la vie locale sans dépenser excessivement. Par exemple, on peut fréquenter les bibliothèques modernes, participer aux événements municipaux, se détendre dans les parcs ou sur les plages urbaines, emprunter les pistes cyclables, assister aux festivals de quartier, ou visiter certains musées lors de leurs journées d’accès gratuit. Apprendre à repérer ces options permet de réaliser des économies tout en s’immergeant dans la culture locale.
Comment un expatrié peut équilibrer son budget au Danemark
Toutes ces données peuvent donner le vertige, mais elles fournissent surtout une base solide pour bâtir un budget réaliste avant le départ.
En synthèse, pour un expatrié :
– Une personne seule à Copenhague aura du mal à vivre confortablement avec moins de 2 500–2 700 € par mois, loyer compris, et visera plutôt 3 000–3 500 € pour se sentir à l’aise.
– Un couple sans enfant peut tabler sur 4 000–5 000 € mensuels, selon le quartier et le mode de vie.
– Une famille de quatre visera un budget de l’ordre de 6 000–7 000 € dans la capitale, moins dans les villes de province.
La clé pour optimiser son budget consiste à faire des choix stratégiques entre les différents postes de dépenses. Cela implique d’accepter un logement un peu excentré pour réduire significativement le loyer, de privilégier des modes de transport comme le vélo, de cuisiner maison, de privilégier les garderies publiques plutôt que privées, et d’exploiter pleinement les services financés par l’impôt tels que le système de santé, l’école publique et les aides familiales.
Le Danemark reste cher, mais il offre, pour ceux qui s’y préparent, un niveau de sécurité, de services et de qualité de vie rarement égalé. Pour un expatrié, la question n’est pas seulement « combien ça coûte », mais « que reçoit‑on en retour » : des rues sûres, une éducation pour les enfants, des soins de santé accessibles, un environnement urbain fonctionnel… à condition de bâtir son budget en connaissance de cause.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Danemark, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Danemark pour la stabilité de son système fiscal, la forte sécurité juridique, la qualité de son système de santé et son environnement économique très développé, tout en restant au cœur de l’UE et de l’espace Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, conseil en immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
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