Choisir où poser ses valises au Danemark, et plus particulièrement dans la région de Copenhague, n’est pas un simple détail logistique. Pour un expatrié, le quartier conditionne le quotidien : temps de trajet, accès aux écoles internationales, budget logement, possibilités de se faire des amis, sensation de sécurité, vie culturelle ou familiale. Dans une capitale compacte où l’on traverse des univers radicalement différents en dix minutes de vélo, ce choix pèse lourd sur l’expérience d’expatriation.
Copenhague concentre la majorité des expatriés du Danemark. La ville est réputée pour sa haute qualité de vie, sa sécurité, sa culture du vélo omniprésente et une atmosphère à la fois détendue et très organisée. Cependant, le coût de la vie y est élevé, avec un marché locatif très tendu, des dépôts de garantie conséquents et une forte concurrence pour les logements les plus attractifs. Dans ce contexte, certains quartiers se distinguent comme étant les plus recherchés par la communauté étrangère.
Cet article propose un tour d’horizon des quartiers les plus prisés par les expatriés au Danemark, avec un focus sur Copenhague et sa proche couronne (Frederiksberg, Hellerup, Gentofte, etc.). L’objectif n’est pas de dresser un palmarès « absolu », mais de montrer comment chaque zone attire un profil d’expat différent : jeunes actifs, familles avec enfants, cadres en mission, étudiants, digital nomads ou budget serré.
Comprendre le cadre : une capitale compacte, chère et très connectée
Copenhague compte un peu plus de 600 000 habitants dans la commune centrale, environ 1,3 million dans l’agglomération. L’âge moyen tourne autour de 36 ans et près de 18 % des résidents sont nés à l’étranger. Autrement dit, la ville est jeune, internationale, mais demeure de taille humaine : une grande partie des trajets domicile-travail se fait en moins de 30–40 minutes, beaucoup en vélo.
Copenhague dispose de plus de 400 kilomètres de pistes cyclables, favorisant les déplacements des expatriés.
Mais ce confort a un prix. La ville est l’une des plus chères d’Europe, et le marché locatif surprend souvent les nouveaux arrivants : dépôt de garantie équivalent à trois mois de loyer, parfois trois mois de loyer prépayés en plus, frais d’installation pouvant dépasser 50 000 DKK avant même d’avoir posé un carton. Les baux sont en majorité de 1 à 2 ans, souvent pour des logements non meublés, avec des charges (chauffage, électricité) à rajouter, en général entre 800 et 1 500 DKK par mois.
Dans ce contexte, les expatriés s’orientent vers quelques grands types de quartiers :
– hypercentre historique pour les budgets très confortables et une vie ultra urbaine ;
– anciens quartiers populaires gentrifiés, appréciés des jeunes actifs et des créatifs ;
– districts familiaux verdoyants prisés des cadres et des diplomates ;
– nouveaux fronts d’eau éco-conçus (Nordhavn, Sydhavnen, Ørestad) où se concentrent logements neufs et écoles internationales ;
– banlieues résidentielles comme Hellerup ou Gentofte, favorites des familles cherchant de l’espace.
Pour s’y retrouver, il est utile de comparer les grands quartiers cibles des expatriés.
Indre By, parfois désigné comme Copenhagen K, est le noyau historique de la capitale. C’est là que la ville a pris forme il y a plus de 900 ans et où se concentrent encore aujourd’hui la plupart des monuments emblématiques : Tivoli Gardens, Nyhavn et ses façades multicolores, châteaux de Rosenborg et d’Amalienborg, palais de Christiansborg, tours historiques comme la Rundetaarn, grandes églises, musées, théâtres.
Pour un expatrié, vivre à Indre By, c’est choisir le centre névralgique : tout se fait à pied, les stations de métro (Kongens Nytorv, Nørreport, Marmorkirken, Gammel Strand) desservent quasiment toutes les lignes, les bus sillonnent les rues, et la liaison avec l’aéroport prend un quart d’heure en métro M2. Le quartier obtient un score de marchabilité maximal et reste l’un des mieux connectés d’Europe.
Le hypercentre de Copenhague attire principalement une population aisée et mobile : jeunes professionnels à très haut revenu, consultants, cadres supérieurs de multinationales, diplomates, couples sans enfants et expatriés en mission courte. Ces résidents privilégient la centralité et le prestige au détriment de la surface habitable. La zone connaît également une forte densité touristique, surtout estivale, avec une vie nocturne animée centrée sur Nyhavn et des rues piétonnes comme Strøget. L’offre de restauration y est exceptionnelle, comprenant une concentration unique dans le pays de restaurants étoilés.
Côté logement, Indre By est l’un des secteurs les plus chers du Danemark. Les immeubles sont souvent anciens, parfois magnifiques, mais pas toujours modernisés : beaucoup d’appartements sans balcon, ascenseur ou parking, salles de bain encore étroites, isolation acoustique imparfaite. Ceux qui ont été rénovés avec goût sont évidemment les plus recherchés.
On peut résumer les niveaux de loyers moyens ainsi :
| Type de logement | Loyer moyen mensuel à Indre By (DKK) |
|---|---|
| 1 chambre | 12 000 – 16 000 |
| 2 chambres | 18 000 – 25 000 |
| 3 chambres | 25 000 – 30 000 |
Le prix d’achat avoisine 55 000 DKK/m² en moyenne, aligné sur la moyenne de la ville, mais les biens les mieux situés ou entièrement rénovés dépassent souvent cette référence. Le mètre carré en location tourne autour de 22 €/mois, ce qui place Indre By dans la fourchette haute européenne.
Le centre-ville (Indre By) manque de grands parcs et d’écoles internationales, ce qui le rend moins adapté aux familles. Les principales écoles internationales sont situées dans d’autres quartiers (CIS à Nordhavn, Bjørn’s à Østerbro, European School à Carlsberg Byen). Les habitants du centre avec enfants dépendent donc des transports en commun très efficaces pour y accéder.
Indre By reste donc un choix de niche : idéal pour ceux qui veulent tout à portée de main, acceptent des loyers élevés, une certaine agitation touristique et une densité urbaine maximale, en échange d’une immersion totale dans la vie culturelle et gastronomique de la capitale.
Vesterbro : l’ancienne zone chaude devenue quartier créatif et branché
Juste à l’ouest de la gare centrale, Vesterbro incarne l’un des plus spectaculaires retournements d’image de Copenhague. Longtemps district ouvrier marqué par la prostitution et les bars louches, il s’est métamorphosé en un quartier à la mode, salué comme l’un des plus « cool » du monde. La transformation, amorcée il y a 20–30 ans, a drastiquement fait baisser la criminalité, tout en conservant un certain grain de folie.
Vesterbro est aujourd’hui un terrain de jeu privilégié pour jeunes actifs, créatifs, travailleurs de la tech, freelances et digital nomads. L’ambiance est urbaine, dense, vivante, mais plus « posée » que Nørrebro, avec ce mélange de luxe discret et de traces d’un passé un peu rugueux. Istedgade, artère emblématique, aligne bars à bières artisanales, restaurants de tous niveaux, boutiques de design, tout en laissant subsister quelques sex-shops et kebabs de nuit qui rappellent l’ancien quartier rouge.
L’ancien Meatpacking District (Kødbyen) est aujourd’hui un labyrinthe d’entrepôts réhabilités, mêlant restaurants à la mode, galeries, clubs et espaces événementiels. Devenu un épicentre de la vie nocturne de Copenhague, il est particulièrement prisé par la communauté des expatriés.
Vesterbro reste pourtant étonnamment pratique pour les familles urbaines : grands parcs comme Enghaveparken, Skydebanehaven ou la promenade verte de Sønder Boulevard refaite en 2007, jeux pour enfants, café-restaurants « kids friendly », écoles publiques bien notées et à l’ouest, la présence de l’European School Copenhagen dans le nouveau quartier Carlsberg Byen. De plus en plus de jeunes couples avec enfants y restent au lieu de fuir directement vers les banlieues calmes.
Sur le plan des loyers, Vesterbro est légèrement moins cher que l’hypercentre, mais reste dans le haut du panier :
| Type de logement | Loyer moyen mensuel à Vesterbro (DKK) |
|---|---|
| 1 chambre | 10 000 – 15 000 (plage large 5 000–15 000) |
| 2 chambres | 10 000 – 16 000 |
| 3 chambres | 14 250 – 20 000 |
Le mètre carré en location se situe autour de 18–20 €/mois, avec un prix d’achat avoisinant 50 000–55 000 DKK/m² et une nette « prime de gentrification » : la valeur immobilière a fortement progressé ces dernières années.
Ce quartier central de Copenhague offre une localisation pratique à quelques minutes du centre à pied ou à vélo, avec la gare centrale et des stations de métro (Enghave Plads, København H) à proximité. Il présente une densité élevée de cafés, bars et restaurants, une forte présence d’étrangers (environ un quart des résidents), ainsi que des scènes artistiques, musicales et une vie sociale expatriée très dynamiques. Les inconvénients incluent des nuisances sonores le soir, particulièrement autour de Kødbyen, et une concurrence intense pour les logements rénovés de qualité.
Vesterbro s’adresse donc à ceux qui veulent un quotidien très urbain, riche en culture et en sorties, sans abandonner entièrement l’idée de vivre avec des enfants, mais avec une tolérance élevée au bruit et aux prix.
Nørrebro : melting-pot multiculturel et scène alternative
Au nord-ouest de l’hypercentre, de l’autre côté des lacs, Nørrebro projette une image totalement différente de Copenhague. C’est ici que la ville abandonne un peu son vernis parfaitement policé pour laisser apparaître un visage plus brut, coloré, contestataire et terriblement vivant. Ce n’est pas un hasard si des guides internationaux l’ont élu « quartier le plus cool du monde » : on y trouve un mélange unique de cultures, de cuisine, de street art et d’initiatives citoyennes.
Historiquement ouvrier, Nørrebro est aujourd’hui le quartier le plus densément peuplé et le plus diversifié de Copenhague, avec plus d’un quart de ses résidents d’origine étrangère. Son animation se concentre dans des artères comme Nørrebrogade, Jægersborggade, Blågårdsgade et Ravnsborggade, qui regorgent de street food, cafés de quartier, bars intimistes, friperies, ateliers d’artistes et boutiques indépendantes.
Pour les expatriés jeunes, étudiants, créatifs, chercheurs ou travailleurs des start-up, Nørrebro est une évidence. Les loyers y restent, en moyenne, un peu plus abordables que dans Østerbro ou Indre By, même si la popularité croissante et la proximité du centre ont fait monter les prix. Les logements sont majoritairement dans de vieilles bâtisses, souvent sans ascenseur ni balcon. Les appartements rénovés, lumineux, avec cuisine ouverte, sont évidemment ceux qui s’arrachent et se paient au prix fort.
Côté budget, les chiffres donnent la mesure : le budget total est de 1 million d’euros, avec une allocation de 500 000 euros pour les projets prioritaires et 300 000 euros pour les opérations récurrentes. Les 200 000 euros restants sont réservés aux imprévus.
| Type de logement | Loyer moyen mensuel à Nørrebro (DKK) |
|---|---|
| 1 chambre | 9 000 – 13 000 |
| 2 chambres | 13 000 – 17 000 |
| 3 chambres | 17 000 – 21 000 |
| 4 chambres | ≈ 19 500 (110 m²) |
Le mètre carré se loue autour de 16–18 €/mois, pour un prix d’achat entre 45 000 et 55 000 DKK/m², avec une appréciation rapide ces dernières années.
Le quartier de Nørrebro à Copenhague offre une atmosphère distinctive qui va au-delà des considérations économiques. Elle se caractérise par des espaces publics éclectiques et vivants : le parc urbain stylisé de Superkilen, qui expose des objets du monde entier pour célébrer la diversité culturelle ; le cimetière-jardin d’Assistens Kirkegård, où les habitants viennent pique-niquer, notamment près de la tombe de l’écrivain Hans Christian Andersen ; et le pont Dronning Louises Bro, qui devient une scène sociale animée pour les cyclistes lorsque le temps le permet.
Les familles y trouvent aussi leur compte : écoles publiques comme Nørrebro Park Skole, crèches nombreuses, ambiance communautaire, événements au niveau des quartiers. Mais le bruit du week-end, la présence de quelques « hotspots » plus sensibles en soirée autour de Blågårds Plads, et un niveau de petite délinquance un peu plus élevé que la moyenne danoise imposent une vigilance minimale.
Pour beaucoup d’expatriés, surtout ceux venant de grandes métropoles, Nørrebro reste cependant perçu comme très sûr, vivant et authentique. C’est le choix de ceux qui veulent se sentir dans un quartier « réel », vivre au milieu de la diversité, manger pour moins cher, fréquenter bars alternatifs, concerts en sous-sol et cafés où l’on parle autant anglais que danois.
Østerbro : le refuge vert et bourgeois des familles expatriées
À l’est des lacs et au nord du centre, Østerbro offre un contraste marqué avec Vesterbro et Nørrebro. Ici, l’atmosphère est plus calme, les rues plus larges, les façades plus bourgeoises, les poussettes plus nombreuses. C’est l’un des districts les plus prisés des familles danoises et internationales qui recherchent sécurité, confort et verdure sans quitter la ville.
Østerbro est considéré comme le quartier le plus vert de Copenhague. Il abrite Fælledparken, le plus grand parc de la ville, offrant terrains de sport, aires de jeux, espaces pour barbecues et pistes de jogging. Le quartier est également proche du front de mer avec la plage de Svanemølle et ses pontons, ainsi que des promenades le long des lacs de Sortedam.
Pour les expatriés, Østerbro cumule plusieurs atouts décisifs : environnement très sûr, forte présence d’ambassades et d’organisations internationales, bonne offre en écoles (notamment Bjørn’s International School au cœur du quartier, et accès rapide à CIS à Nordhavn), esprit de communauté installé de longue date. Les cafés et restaurants ne manquent pas, mais l’ambiance est plus feutrée que dans le centre : on sort moins tard, on mise davantage sur les brunchs du week-end et les rendez-vous famille au parc.
Les loyers reflètent ce positionnement haut de gamme et familial :
| Type de logement | Loyer moyen mensuel à Østerbro (DKK) |
|---|---|
| 1 chambre | 10 000 – 13 000 |
| 2 chambres | 15 000 – 20 000 |
| 3 chambres | 20 000 – 25 000 |
Le coût au m² en location est proche de Vesterbro (18–20 €/mois), mais la présence d’appartements plus grands et de quelques maisons fait vite monter le budget global. À l’achat, on se situe autour de 50 000–55 000 DKK/m², avec une progression des prix soutenue ces dernières années, en partie à cause de la densité d’emplois qualifiés dans la zone (y compris l’extension vers Nordhavn).
Østerbro offre un cadre de vie calme et familial avec de nombreux parcs, des rues sûres pour les enfants et des commerces de proximité de qualité. Le quartier est bien desservi par des pistes cyclables, le métro et le S-train, permettant un accès rapide au centre-ville en 10 à 15 minutes. Il dispose également d’infrastructures sportives comme le Parken Stadium.
Ceux qui ont un budget plus restreint, ou qui cherchent une vie nocturne intense, s’orienteront plutôt vers Nørrebro ou Amager. Mais pour le couple de cadres internationaux avec deux enfants, Østerbro figure clairement en tête de liste.
Frederiksberg : la « ville dans la ville » chic, verte et familiale
Frederiksberg est un cas à part : officiellement, ce n’est pas un quartier de Copenhague mais une municipalité indépendante totalement enclavée dans la capitale. Dans les faits, la frontière est imperceptible pour le promeneur, mais l’ambiance se distingue nettement. On parle souvent de « village vert » ou de « quartier chic » pour décrire cet îlot de boulevards arborés, d’immeubles cossus, de villas et de grands parcs.
Cette commune offre une proximité immédiate du centre de Copenhague (10-15 minutes en transport), une atmosphère résidentielle paisible avec de nombreux espaces verts, d’excellentes écoles, une forte présence universitaire et culturelle, et un très haut sentiment de sécurité. Elle attire particulièrement les familles étrangères, diplomates et cadres internationaux pour un établissement à long terme.
Le parc de Frederiksberg Have, avec son palais et son lac, est l’un des plus beaux de la métropole. Il jouxte le zoo de Copenhague, autre lieu emblématique. Des rues comme Frederiksberg Allé ou Gammel Kongevej alignent cafés charmants, boutiques indépendantes, restaurants soignés et immeubles de style. Les aires de jeux et équipements pour enfants sont disséminés partout dans la municipalité, qui revendique l’un des taux de verdure les plus élevés de la région.
Le prix d’achat au mètre carré peut dépasser 70 000 DKK à Frederiksberg, ce qui en fait le marché immobilier le plus cher du Danemark.
À titre indicatif :
| Type de logement | Loyer moyen mensuel à Frederiksberg (DKK) |
|---|---|
| 1 chambre | 10 000 – 14 000 |
| 2 chambres | 15 000 – 20 000 |
| 3 chambres | 20 000 – 25 000 |
La ville attire aussi pour son offre éducative : plusieurs établissements réputés, dont le Lycée Français Prins Henrik, ce qui en fait un pôle fort pour les familles francophones, mais aussi de nombreuses écoles publiques bien classées. La population est composée d’une majorité de ménages familiaux, avec une moyenne d’âge un peu plus élevée que dans Nørrebro ou Vesterbro.
Pour un expatrié, Frederiksberg est donc le choix de la stabilité : quartier calme, infrastructures de qualité, communauté internationale déjà bien installée, mais marché très tendu et coûteux. On y vient rarement pour un court séjour ou une mission temporaire ; c’est un territoire de résidence de longue durée.
Nordhavn : vitrine futuriste et hub des familles internationales
Au nord d’Østerbro, sur d’anciens docks en reconversion, Nordhavn incarne la nouvelle vitrine urbaine de Copenhague : quartier flambant neuf, intégralement pensé autour de la durabilité, de l’architecture contemporaine et de la vie en front de mer. C’est aussi l’un des plus forts aimants à expatriés, en particulier les familles, grâce à la présence de la Copenhagen International School (CIS) et du complexe onusien UN City.
Nordhavn se distingue d’emblée du reste de la ville par son urbanisme : rues larges, immeubles récents avec balcons, ascenseurs et parkings souterrains, promenades le long des canaux, bassins de baignade dans le port, espaces verts dessinés avec soin. Le quartier est encore en développement, mais la vision à long terme prévoit d’y loger et d’y faire travailler environ 40 000 personnes.
Nordhavn offre un environnement facile à apprivoiser avec des logements modernes aux surfaces optimisées, une parfaite accessibilité pour les poussettes, de nouvelles pistes cyclables, de nombreuses aires de jeux et une circulation automobile limitée. Ce quartier est conçu comme une « ville des 5 minutes », où tous les services essentiels sont accessibles à pied ou à vélo.
La contrepartie, logique, est un niveau de prix très élevé. Le quartier détient l’un des codes postaux les plus chers du pays, avec un prix d’achat d’environ 58 000 DKK/m² en moyenne, et des loyers qui surpassent même ceux de nombreux secteurs centraux :
| Type de logement | Loyer moyen mensuel à Nordhavn (DKK) |
|---|---|
| 1 chambre | 11 000 – 15 000 |
| 2 chambres | 16 000 – 22 000 |
| 3 chambres | 22 000 – 28 000 |
Le mètre carré en location dépasse souvent 25 €/mois, ce qui en fait l’un des secteurs les plus chers de la capitale. Mais l’offre immobilière récente plaît beaucoup aux expatriés qui ne souhaitent pas se battre avec les défauts des immeubles anciens.
Le quartier, encore en développement, voit sa vie locale s’organiser avec de plus en plus de cafés, restaurants en bord d’eau, supermarchés et commerces. Il est desservi par le métro M4 et l’harbor bus pour les liaisons waterfront. Le vélo est le mode de transport le plus agréable pour rejoindre le centre-ville en 15 à 20 minutes.
Nordhavn attire en priorité :
– familles d’élèves de CIS, qui apprécient de vivre à distance de marche de l’école ;
– employés d’organisations internationales (ONU, entreprises multinationales) ;
– professionnels de la tech et de la durabilité, séduits par l’image éco-responsable du district.
Ceux qui recherchent une vie plus « historique » ou un tissu urbain plus dense iront plutôt vers Østerbro ou Frederiksberg. Mais pour une installation en famille orientée vers le confort moderne et la proximité des écoles internationales, Nordhavn coche pratiquement toutes les cases.
Amager et Ørestad : la grande banlieue urbaine, entre plages, nature et architecture contemporaine
Amager forme une vaste île au sud-est de Copenhague, reliée au centre par ponts et métro. Ce territoire composite regroupe des quartiers très différents : zones populaires plus anciennes, franges universitaires et créatives (Islands Brygge, Amagerbro), grands ensembles modernes d’Ørestad, et longues plages de sable d’Amager Strandpark. Pour les expatriés, c’est une zone de plus en plus attractive par son rapport surface/prix et son accès direct à la nature.
Ce quartier moderne est une vitrine architecturale avec des immeubles audacieux et de grands espaces ouverts. Il bénéficie de la proximité de la réserve naturelle d’Amager Fælled et dispose d’équipements majeurs comme le centre commercial Fields (l’un des plus grands d’Europe du Nord) et la Royal Arena (salle de concerts et de sports). De nombreux logements y sont gérés par des sociétés immobilières, ce qui peut faciliter les démarches administratives pour les résidents étrangers.
Les familles apprécient Amager pour plusieurs raisons : abondance d’aires de jeux modernes, environnement jugé très sûr, proximité de la plage (Amager Strandpark est un gigantesque parc balnéaire), réserve naturelle idéale pour le jogging, la promenade avec les enfants ou les chiens, accès rapide à l’aéroport via les lignes de métro M1 et M2. La communauté internationale est notable dans des zones comme Ørestad et Islands Brygge, avec la présence de nombreux salariés de l’aéroport, de l’université et de grandes entreprises du secteur.
Les loyers restent, en moyenne, un peu plus bas qu’à Østerbro ou Frederiksberg, ce qui en fait un choix fréquent des expatriés au budget intermédiaire, surtout les jeunes familles.
| Type de logement | Loyer moyen mensuel à Amager (Øst/Vest/Ørestad) (DKK) |
|---|---|
| 1 chambre | 9 000 – 12 000 |
| 2 chambres | 13 000 – 18 000 |
| 3 chambres | 18 000 – 22 000 |
Le mètre carré loué se situe autour de 16–18 €/mois, et l’achat autour de 45 000–50 000 DKK/m². Le temps de trajet vers le centre varie entre 10 et 20 minutes selon la localisation précise, mais la connexion par métro est très efficace, tout comme les pistes cyclables (compter 10–15 minutes d’Islands Brygge à l’hypercentre).
Amager attire principalement : les amateurs de nature et les passionnés de culture.
– jeunes familles cherchant plus d’espace pour un budget raisonnable ;
– expatriés travaillant à l’aéroport ou dans les grandes entreprises au sud de la ville ;
– amateurs de plein air qui veulent combiner vie urbaine et plage accessible en vélo.
La critique la plus fréquente concerne le caractère parfois un peu « stérile » de certaines zones d’Ørestad, où la vie de rue met du temps à se construire. En contrepartie, d’autres secteurs d’Amager, plus anciens, affichent une ambiance très locale, avec cafés de quartier, petits commerces et une population mixte danois/étrangers.
Nordvest, Valby et Sydhavnen : les nouveaux terrains de jeu pour budgets serrés et pionniers
À mesure que les prix montent dans les quartiers centraux classiques, les expatriés se tournent vers des zones autrefois peu convoitées mais en pleine mutation. Trois d’entre elles retiennent particulièrement l’attention : Nordvest, Valby (et Carlsberg Byen) et Sydhavnen.
Nordvest, au nord-ouest de Nørrebro, porte encore les traces de son passé industriel, avec des entrepôts, des friches et un bâti parfois hétéroclite. Mais l’ambiance change rapidement : ateliers d’artistes, cafés associatifs, lieux culturels alternatifs, projets de rénovation urbaine. Le quartier abrite une population très diverse et des loyers encore plus bas que dans Nørrebro, ce qui en fait un refuge pour étudiants, artistes et expats au budget plus serré.
Aperçu des prix de location moyens pour différents types de logements, pour vous aider à estimer votre budget.
Entre 400 € et 600 € par mois pour un studio en centre-ville.
Entre 600 € et 850 € par mois pour un deux-pièces en périphérie.
Entre 800 € et 1200 € par mois pour un trois-pièces en centre-ville.
À partir de 1000 € par mois pour une maison avec jardin en banlieue.
| Type de logement | Loyer moyen mensuel à Nordvest (DKK) |
|---|---|
| 1 chambre | 7 000 – 10 000 |
| 2 chambres | 11 000 – 15 000 |
| 3 chambres | 15 000 – 19 000 |
Valby, au sud-ouest, combine un vieux centre à atmosphère de village, des zones résidentielles calmes, et le quartier en plein essor de Carlsberg Byen, construit sur l’ancien site de la brasserie Carlsberg. Ce dernier concentre logements neufs, bureaux, commerces, restaurants et surtout l’European School Copenhagen, ce qui attire un nombre croissant de familles expatriées. Les loyers y sont encore un peu inférieurs à ceux du centre, pour des surfaces souvent plus grandes.
Ancien port industriel en transformation, Sydhavnen offre une atmosphère waterfront similaire à Nordhavn, avec des grands ensembles modernes, des canaux et des espaces verts, mais à des loyers plus accessibles, comparables à ceux d’Amager. Ce quartier attire principalement les jeunes professionnels et les familles recherchant un cadre moderne et paisible près de l’eau.
Ces quartiers « secondaires » partagent plusieurs caractéristiques attractives pour les expatriés :
– accès raisonnable au centre (15–25 minutes) via S-train, bus ou vélo ;
– prix significativement plus bas qu’Indre By, Østerbro ou Frederiksberg ;
– forte marge de progression à long terme, intéressante pour ceux qui envisagent d’acheter ;
– communautés internationales en croissance, même si moins structurées que dans les « grands classiques ».
Ils exigent en revanche une certaine tolérance à l’urbanisme en transition : chantiers, environnements parfois bruyants, manque ponctuel de commerces ou de lieux de convivialité dans les secteurs tout juste sortis de terre.
Hellerup, Gentofte, Lyngby et les banlieues cossues : l’exode choisi des familles expatriées
Au-delà des limites administratives de Copenhague, plusieurs communes de la « ceinture verte » nordique se sont imposées comme bastions des familles internationales. Hellerup, Gentofte, Lyngby ou encore certaines parties de North Zealand offrent un ensemble d’atouts difficile à égaler : maisons avec jardin, environnement très sûr, écoles internationales renommées, parcs et forêts, proximité de la mer, tout en restant à moins de 30–40 minutes du centre.
Hellerup, en particulier, est un nom qui revient constamment dans les discussions entre parents expatriés. Ce suburb élégant rassemble de nombreuses villas de standing, un front de mer agréable, et surtout plusieurs écoles internationales majeures : Rygaards International School, International School of Hellerup, sans compter la proximité de CIS à Nordhavn. Il attire un public aisé, souvent composé de cadres supérieurs, de cadres d’entreprises pharmaceutiques (pharma et biotech sont très présentes au Danemark) ou de dirigeants d’ONG.
Gentofte et Lyngby offrent des profils proches : un mélange d’histoire et de modernité, de grands parcs (Charlottenlund, Deer Park…), de lacs, de quartiers résidentiels calmes, d’écoles publiques réputées et d’institutions comme l’université technique DTU à Lyngby, qui amène avec elle une forte population internationale.
Les loyers dans ces zones périphériques sont généralement comparables, voire supérieurs, à ceux des quartiers d’Østerbro et de Frederiksberg, particulièrement pour les maisons. Cependant, l’avantage réside dans le gain d’espace et l’amélioration de la qualité de vie, ce qui compense souvent pour de nombreuses familles. Cet avantage est encore plus marqué lorsqu’un des parents travaille dans les campus d’entreprises ou d’universités situés dans ces secteurs.
Pour un expatrié qui envisage une installation longue, avec enfants scolarisés en école internationale et un besoin d’espace extérieur, ces banlieues nord demeurent l’une des options les plus attractives du Danemark. Le revers de la médaille est une intégration plus lente à la vie urbaine de Copenhague, et un budget logement souvent très conséquent.
Comment choisir son quartier quand on s’installe au Danemark ?
Face à cette mosaïque de quartiers, chacun avec son identité, sa sociologie et son niveau de prix, la question pour un expatrié n’est pas tant « quel est le meilleur quartier ? » que « quel quartier correspond à ma situation et à mes priorités ? ».
Quelques grands axes de réflexion émergent à la lumière des données disponibles.
Profil de vie et d’emploi
Les jeunes célibataires ou couples sans enfants privilégiant les sorties, la vie nocturne, la culture et un ancrage citadin fort s’orientent massivement vers Vesterbro, Nørrebro, Indre By et certaines parties d’Amager (Islands Brygge, Amagerbro). Ils acceptent des appartements souvent plus petits, un environnement plus bruyant, l’absence de balcon ou d’ascenseur, en échange d’une immersion totale dans la vie urbaine.
Les familles, notamment expatriées, privilégient les quartiers d’Østerbro, Frederiksberg, Nordhavn, Hellerup, Gentofte et Lyngby, ainsi qu’Amager et Valby. Leurs critères principaux sont la présence d’écoles internationales ou publiques de haut niveau (comme CIS, European School, Lycée Français, Rygaards), l’accès aux parcs, la sécurité, la proximité des établissements scolaires et la présence d’une communauté d’autres familles expatriées.
Les expatriés au budget plus serré, qu’il s’agisse de jeunes diplômés, d’artistes ou de freelancers, trouvent encore des opportunités abordables dans Nordvest, certaines parties de Valby, Sydhavnen ou les banlieues plus éloignées comme Brønshøj ou Husum, au prix d’un trajet plus long et d’une ambiance moins « cartes postales ».
Budget global, pas seulement le loyer
Les tableaux de loyers donnent une première idée, mais il faut intégrer d’autres coûts : dépôt de garantie, prépaiement de plusieurs mois de loyer, frais d’agence, charges (1 000–1 500 DKK par mois pour un appartement de taille moyenne), abonnements de transport si l’on réside loin de son lieu de travail. L’écart de coût de vie global entre un quartier hyper central et un district plus excentré peut dépasser 5 000 DKK par mois pour une personne seule, et davantage pour une famille.
Un expatrié qui accepte de s’installer dans des quartiers un peu éloignés du centre (comme Amager, Valby, Nordvest) ou dans des banlieues bien desservies peut réduire ses frais de logement. Cette économie permet de dégager du budget pour d’autres priorités, telles que les voyages, les sorties, ou la scolarité internationale.
Accès aux écoles internationales et publiques de qualité
La cartographie des écoles internationales éclaire fortement la géographie résidentielle des expats. Nordhavn (CIS), Frederiksberg (Lycée Français), Hellerup (Rygaards, ISH), Østerbro (Bjørn’s International), Carlsberg Byen/Valby (European School) deviennent des pôles d’attraction où se concentrent les familles internationales.
De plus, certaines communes (Frederiksberg, Østerbro/Gentofte) sont connues pour la qualité de leurs écoles publiques, ce qui motive des expatriés à long terme à y investir, quitte à accepter un prix au m² plus élevé, afin de bénéficier du système scolaire danois sans frais de scolarité privés.
Mobilité et temps de trajet
Dans une ville aussi compacte et bien équipée que Copenhague, la distance ne se mesure pas en kilomètres mais en minutes de porte à porte. Un expatrié travaillant à Indre By peut sans problème habiter à Østerbro, Amager ou Valby et garder un trajet de 15–25 minutes en métro ou en vélo. Un employé de l’aéroport privilégiera logiquement Amager, Ørestad ou Dragør. Un salarié de l’ONU ou de CIS regardera en priorité Nordhavn, Østerbro, Hellerup.
Avant de s’engager sur un bail, il est crucial de tester ses futurs trajets quotidiens avec un planificateur comme Rejseplanen. Il faut aussi prendre en compte les conditions météorologiques réelles (pluie, vent, obscurité hivernale) qui peuvent affecter la motivation à utiliser un vélo chaque jour.
Sécurité et ambiance
Le Danemark figure parmi les pays les plus sûrs au monde, et Copenhague parmi les capitales les plus tranquilles d’Europe. Néanmoins, les ressentis varient selon les quartiers. Frederiksberg, Østerbro, Nordhavn, certaines parties d’Amager et Valby sont régulièrement cités comme les zones les plus sécurisées et calmes. Nørrebro et Nordvest, tout en restant largement sûrs au regard des standards internationaux, demandent un minimum d’attention dans quelques spots particuliers, notamment tard le soir.
Pour un expatrié ayant grandi dans une grande métropole, ce niveau de risque reste très modéré. Mais pour des familles peu habituées à la vie urbaine, le sentiment de sécurité subjectif peut fortement orienter le choix vers des quartiers comme Østerbro, Frederiksberg ou les banlieues nord.
Conclusion : un choix de quartier au cœur du projet d’expatriation
Les quartiers les plus prisés par les expatriés au Danemark ne se résument pas à une poignée de noms à la mode. Ils reflètent la diversité des profils qui choisissent le pays : étudiants, chercheurs, familles de diplomates, salariés de la pharma, freelances de la tech, artistes, ingénieurs de l’éolien ou de la logistique.
Indre By, Vesterbro, Nørrebro, Østerbro, Frederiksberg, Nordhavn, Amager et ses satellites, Nordvest, Valby, Sydhavnen, mais aussi Hellerup, Gentofte ou Lyngby composent un échiquier urbain où chaque case offre un compromis différent entre prix, espace, verdure, services, ambiance et accès à l’international.
Pour réussir son installation, il est crucial de définir ses critères personnels plutôt que de se fier uniquement à la réputation d’un quartier. Les priorités à considérer incluent : la proximité du lieu de travail, le type de scolarisation souhaité, le budget disponible, la tolérance au bruit, les préférences en matière de patrimoine ou d’architecture moderne, ainsi que le désir de s’intégrer dans un environnement très danois ou de privilégier une communauté internationale.
Les données montrent que, malgré un coût de la vie élevé, la métropole danoise offre une palette étonnamment riche de cadres de vie possibles. Entre les canaux tranquilles de Sydhavnen, le tumulte créatif de Nørrebro, la douceur bourgeoise de Frederiksberg, les parcs d’Østerbro, les docks futuristes de Nordhavn et les plages d’Amager, chaque expatrié peut trouver un quartier où la promesse danoise – sécurité, qualité de vie, équilibre travail-vie privée – prend une forme concrète, au quotidien.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Danemark, Copenhague et sa région pour optimiser sa charge imposable, sécuriser son cadre de vie nordique et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations (Portugal, Pays-Bas, Suède, Danemark), la stratégie retenue a consisté à cibler Copenhague et sa région pour la stabilité politique et juridique, la qualité des services publics et la sécurité, malgré une fiscalité plus élevée. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), choix du statut de résidence au Danemark, détachement CNAS/CPAM ou intégration au système danois, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, relocation bilingue) et intégration patrimoniale (analyse, adaptation à la convention FR-DK et restructuration si nécessaire).
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