S’installer au Danemark avec un chien ou un chat ne se résume pas à acheter une cage de transport et réserver un vol. Le pays combine une culture globalement « pet friendly » avec un cadre juridique très strict, à la fois sur la protection animale et sur la sécurité publique. Entre les règles européennes, les spécificités danoises, les contraintes aériennes et la réalité du logement sur place, une expatriation réussie avec un animal se prépare plusieurs mois à l’avance.
Ce guide pratique s’appuie sur la réglementation officielle et des retours d’expérience pour vous accompagner dans la préparation de votre déménagement et de votre installation au Danemark avec votre animal de compagnie.
Comprendre le cadre légal danois pour les animaux de compagnie
Le Danemark s’appuie sur un arsenal législatif solide. La loi sur le bien‑être animal impose à tout détenteur, particulier ou professionnel, d’assurer une alimentation, un hébergement et des soins adaptés aux besoins physiologiques, comportementaux et sanitaires de l’animal. Maltraitance active comme négligence grave peuvent mener à des amendes voire à des peines de prison.
Pour les chiens, une loi spécifique encadre en plus la responsabilité des propriétaires. Elle s’applique aussi aux touristes et aux expatriés qui arrivent avec leur animal. En cas d’attaque grave contre une personne ou un autre chien, la police peut ordonner l’euthanasie, après expertise et avec possibilité de recours devant la police nationale.
Nombre de chiens euthanasiés depuis l’entrée en vigueur de la loi interdisant certaines races jugées dangereuses.
Dans le même temps, le Danemark affiche une note élevée sur les classements internationaux en matière de protection animale, et s’efforce de considérer les animaux comme des êtres sensibles à respecter. Pour un expatrié, cela signifie un double enjeu : se conformer à des règles très précises pour l’entrée et la détention, mais aussi bénéficier d’un système globalement protecteur et d’un environnement plutôt favorable aux animaux, notamment en termes de services vétérinaires et d’infrastructures.
Voyage ou importation : distinguer mouvement « non commercial » et « commercial »
Une notion est centrale dans la réglementation européenne appliquée par le Danemark : la distinction entre mouvement non commercial et commercial des animaux de compagnie.
Un déplacement est considéré comme non commercial lorsque l’animal accompagne son propriétaire dans le cadre d’un déménagement ou d’un voyage, sans intention de vente ou de transfert de propriété. Concrètement, le chien ou le chat doit voyager avec son propriétaire, ou au plus cinq jours avant ou après celui‑ci. Ce délai de cinq jours est capital : au‑delà, les autorités danoises requalifient le mouvement en importation commerciale. Les exigences changent alors de nature (formalités TRACES, certificats commerciaux, délais plus serrés).
Les douanes et services vétérinaires exigent des justificatifs de voyage (billets, réservations) et vérifient la limite de cinq animaux par personne. Au-delà, une participation à un événement (exposition, compétition) avec preuve d’inscription est obligatoire, et les animaux doivent être âgés de plus de six mois.
Cette architecture peut sembler théorique, mais elle a des conséquences très concrètes : si vous faites partir votre animal trop tôt « pour qu’il vous attende là‑bas », vous risquez sans le vouloir de basculer dans le régime commercial, nettement plus lourd. Il est donc crucial de caler les dates de voyage de manière coordonnée.
Identification et vaccination antirabique : la base incontournable
Avant de penser billet d’avion ou location, tout commence chez le vétérinaire. Le Danemark applique sans dérogation les exigences européennes sur l’identification et la vaccination contre la rage.
L’animal doit d’abord être identifié par puce électronique conforme aux normes ISO 11784/11785, non chiffrée, 15 chiffres, en technologie HDX ou FDX‑B. Certains types de puces AVID (9 et 10) sont également reconnus, mais si le lecteur standard ne les lit pas, c’est à vous de fournir un lecteur compatible. Un tatouage reste accepté seulement s’il est lisible et apposé avant le 3 juillet 2011, et à condition que toutes les vaccinations ultérieures aient été scrupuleusement maintenues.
Pour être valide aux yeux des autorités danoises, l’identification par puce électronique de l’animal doit impérativement être effectuée avant la vaccination contre la rage, ou le même jour au plus tard. Une vaccination antirabique administrée avant la pose de la puce est considérée comme nulle.
L’animal doit être âgé d’au moins 12 semaines au moment de la primo‑vaccination, réalisée par un vétérinaire habilité. Il faut ensuite patienter au minimum 21 jours après cette première injection pour que la protection soit considérée comme effective. C’est seulement à compter de ce 21e jour que le chien ou le chat est autorisé à entrer au Danemark.
Pour maintenir une protection continue, un rappel doit être administré avant la date d’expiration indiquée sur le passeport. Si le vaccin expire, la dose suivante est considérée comme une primo-vaccination, imposant un nouveau délai de carence de 21 jours. Pour les animaux venant des États-Unis, notez que l’Europe ne valide la première injection post-puce que pour un an, même si le vaccin est étiqueté pour trois ans.
Aucune dérogation n’est prévue pour la rage, y compris pour les chiots très jeunes : un chiot ou un chaton non vacciné en dessous de 12 semaines ne peut pas, en principe, entrer au Danemark dans le cadre d’une importation classique.
Pays « listés » ou « non listés » : le cas du titrage rabique
L’Union européenne classe les pays tiers en plusieurs catégories en fonction de leur statut vis‑à‑vis de la rage. Cette classification conditionne les formalités pour rejoindre le Danemark.
Les animaux venant d’un autre État membre de l’UE, ou d’un pays tiers « listé » (Partie 1 ou Partie 2, comme les États‑Unis ou le Canada) n’ont pas besoin de test sérologique, à condition qu’ils n’aient pas séjourné récemment dans un pays « non listé ». Le schéma identification + vaccin + 21 jours suffit.
Pour les animaux arrivant d’un pays non listé ou ayant séjourné dans un tel pays dans les 4 derniers mois, un titrage des anticorps antirabiques est requis. Le prélèvement sanguin doit être effectué au moins 30 jours après la primo-vaccination et analysé par un laboratoire agréé par l’UE. Le résultat doit être ≥ 0,5 UI/ml. Après obtention de ce résultat, une nouvelle période d’attente de 3 mois est imposée avant l’entrée au Danemark.
Une fois ce test réussi, il est valable toute la vie de l’animal, dès lors que les rappels antirabiques ne connaissent aucune interruption. Si vous laissez un rappel expirer, le test doit être recommencé avec les mêmes délais, ce qui peut, en pratique, rendre impossible un déménagement prévu à court terme.
Cette mécanique des 30 jours + 3 mois explique pourquoi les spécialistes recommandent de démarrer la préparation plusieurs mois, parfois jusqu’à huit mois, avant votre date cible d’installation.
Passeport ou certificat sanitaire : quels documents pour entrer au Danemark ?
Les formalités documentaires dépendent du pays d’origine.
Pour un départ depuis un État membre de l’UE (ou certains territoires assimilés comme la Norvège, la Suisse, Andorre, Monaco, le Vatican, Saint‑Marin, Gibraltar, les îles Féroé, l’Islande ou le Liechtenstein), le document pivot est le passeport européen pour animaux de compagnie, délivré par un vétérinaire habilité. On y retrouve l’identification, les vaccinations, les coordonnées du propriétaire. Tant que les vaccins sont à jour, ce passeport suffit pour voyager vers le Danemark sans autre certificat.
Pour importer un chien de compagnie des États-Unis vers l’Union européenne, un certificat de santé conforme au modèle européen est requis. Il doit être établi par un vétérinaire accrédité dans les 10 jours avant l’arrivée dans l’UE, puis validé par l’autorité vétérinaire américaine (USDA APHIS). Ce document bilingue est ensuite valable pour circuler dans l’UE pendant 4 mois ou jusqu’à la date d’expiration du vaccin antirabique, si celle-ci intervient avant.
Pour un mouvement classé comme commercial (vente, transfert de propriété, nombre d’animaux ou délais non conformes), les certificats doivent généralement être émis dans les 48 heures précédant le départ et enregistrés dans la base européenne TRACES. Les contrôles seront plus poussés à l’arrivée.
Procédures spécifiques lorsque le rappel de rage d’un animal a été effectué en dehors de l’Union Européenne, malgré la possession d’un passeport européen.
Présenter le passeport européen de l’animal, qui constitue le document de base pour la circulation au sein de l’UE.
Fournir le certificat officiel attestant du rappel de vaccination contre la rage, délivré par le vétérinaire en dehors de l’UE.
Obtenir un nouveau certificat sanitaire conforme aux normes de l’UE, établi par un vétérinaire autorisé, pour la ré-entrée sur le territoire.
Aéroports et contrôles à l’arrivée au Danemark
Les animaux arrivant d’un pays non membre de l’UE doivent pénétrer sur le territoire danois par un point d’entrée désigné pour les voyageurs, c’est‑à‑dire un poste d’inspection frontalier (Border Inspection Post). En pratique, trois aéroports sont habilités : Billund, Copenhagen Kastrup et Aalborg. Si votre vol atterrit d’abord dans un autre pays de l’UE, les contrôles se feront dans cet État de première entrée.
À la frontière, les douaniers ou un vétérinaire vérifient l’identité de l’animal (puce ou tatouage), la cohérence des dates de vaccination et du titrage si nécessaire, l’exactitude du certificat ou passeport, et s’assurent que l’animal ne présente aucun signe de maladie transmissible.
Si tout est en ordre, aucune quarantaine n’est imposée : le Danemark n’applique pas de mise à l’isolement automatique pour les animaux conformes aux exigences. En revanche, si des non‑conformités sont constatées, plusieurs scénarios sont possibles : renvoi de l’animal vers le pays d’origine, quarantaine en établissement agréé aux frais du propriétaire, voire euthanasie en dernier recours si aucune autre option n’est envisageable. D’où l’importance de vérifier chaque point avant le départ.
Une notification préalable au point d’entrée, 24 heures avant l’arrivée, est recommandée pour faciliter l’organisation des contrôles, surtout si vous arrivez en fin de journée ou le week‑end.
Chiots, chatons et furets jeunes : les cas limites
Les animaux trop jeunes sont à l’origine d’une grande partie des refus à la frontière. La règle de base est simple : en‑dessous de 12 semaines, sans vaccin antirabique, l’importation vers le Danemark n’est en principe pas autorisée.
Il existe une exception très encadrée pour les déplacements intra-UE ou depuis certains pays listés. Des chiots ou chatons âgés d’au moins huit semaines, non vaccinés contre la rage, peuvent voyager s’ils sont identifiés, munis d’un passeport européen, et si leur propriétaire signe une déclaration attestant qu’ils n’ont jamais été en contact avec des animaux susceptibles de transmettre la rage. Dans certains cas, la présence de la mère vaccinée peut également être acceptée, à condition que son passeport indique un vaccin antirabique administré avant la gestation.
Néanmoins, cette flexibilité ne s’applique pas à tous les pays ni à toutes les situations, et les autorités danoises restent très vigilantes. Pour un projet d’expatriation, il est généralement plus prudent de repousser le départ de l’animal jusqu’à ce qu’il ait reçu sa primo‑vaccination et purgé les 21 jours réglementaires.
Races de chiens interdites : une ligne rouge absolue
Le Danemark interdit l’importation de certaines races considérées à haut risque, ainsi que de leurs croisements. La liste comprend notamment le Pit Bull Terrier, le Tosa Inu, l’American Staffordshire Terrier, le Fila Brasileiro, le Dogo Argentino, l’American Bulldog, le Boerboel, le Kangal, plusieurs types de bergers caucasiens, centraux et russes, le Tornjak et le Sarplaninac. Les chiens issus d’espèces sauvages ou de croisements avec celles‑ci sont également proscrits.
L’interdiction des American Staffordshire Terriers et chiens similaires s’applique à tous, résidents comme touristes. Un expatrié ne peut pas importer ce type de chien, même pour un séjour temporaire. Une exception existe uniquement pour les animaux détenus dans le pays avant 2010, sous conditions strictes : port de la muselière et laisse en public, et liberté uniquement dans un espace privé clos.
En cas de doute sur la race d’un chien, la police peut demander des preuves de filiation (pédigrée, attestations sur l’ascendance). Ces documents ne peuvent pas se contenter d’une évaluation morphologique ou comportementale ; ils doivent reposer sur la lignée. Pour un chien « type molosse » ou au physique ambigu, il est vivement conseillé d’avoir une documentation solide, traduite si possible, en cas de contrôle.
Seule tolérance : le transit. Un chien de race interdite peut traverser le Danemark s’il ne quitte pas la zone sécurisée de l’aéroport ou le véhicule dans lequel il voyage, mis à part de très courtes pauses encadrées pour ses besoins.
Transport aérien : cabine, soute ou fret, comment choisir ?
Les compagnies aériennes ont leurs propres règles, qui s’ajoutent au cadre légal danois et européen. Plusieurs grandes tendances se dégagent.
La plupart des transporteurs n’acceptent que les chiens et les chats comme animaux de compagnie. Ils peuvent voyager en cabine ou en soute selon leur taille, leur poids et le type d’appareil. En cabine, on autorise en général un animal par passager en classe économique ou affaires sur les liaisons intra‑européennes, dans un sac ou une caisse souple fermée, qui doit se glisser sous le siège devant vous. Les dimensions tolérées tournent autour de 46 × 28 × 24 cm, et le poids total animal + contenant ne doit pas dépasser 8 kg.
L’animal doit rester dans son contenant pendant tout le vol. Certaines compagnies interdisent les animaux en cabine sur les classes affaires ou premium long‑courriers en raison de la configuration des sièges. Le nombre total d’animaux en cabine sur un même vol est limité (parfois à deux), ce qui impose de réserver rapidement, au moins 48 heures avant le départ, souvent bien plus tôt si vous voyagez sur un axe fréquenté.
Les animaux trop grands voyagent dans un compartiment pressurisé et chauffé de l’avion. Les compagnies autorisent généralement jusqu’à trois animaux par vol. Il est possible de faire voyager deux adultes de taille similaire ou trois jeunes d’une même portée (moins de 6 mois) dans une même caisse, à condition que chaque animal pèse moins de 15 kg et que le poids total (animaux + caisse) ne dépasse pas environ 75 kg. Les dimensions maximales des caisses, qui varient selon l’avion, excèdent rarement 122 × 81 × 89 cm sur les gros porteurs.
Certaines flottes n’acceptent aucun animal en soute, comme quelques modèles de Boeing 787‑9 ou d’Airbus A321neo, pour des raisons techniques. Les escales sont aussi encadrées : dès que la correspondance dépasse un certain seuil (environ trois heures), certaines compagnies refusent de prendre des animaux en soute, sauf itinéraires spécialement prévus.
Pour des espèces autres que le chien et le chat, pour des formats exceptionnels ou pour des destinations complexes, la solution passe souvent par un transport en fret via un agent spécialisé. Beaucoup de déménageurs animaliers proposent des formules porte‑à‑porte ou aéroport‑domicile, avec gestion des démarches douanières et des certificats.
Caisses et sacs de transport : exigences techniques
Les contenants doivent répondre aux normes de l’Association internationale du transport aérien (IATA). En cabine, les sacs souples de type « Sherpa » sont souvent recommandés : ils doivent être étanches, bien ventilés et permettre à l’animal de se tenir debout, de se coucher et de se retourner.
La cage doit être rigide, étanche et sécurisée, avec les roues immobilisées. Une litière absorbante adaptée est obligatoire, et des gamelles d’eau et de nourriture doivent être fixées à l’intérieur tout en restant accessibles de l’extérieur. Un sac de nourriture pour 24h doit être attaché à la cage, et celle-ci doit clairement porter les coordonnées du propriétaire.
Les sociétés aériennes déconseillent fortement, voire interdisent, la sédation des animaux avant un vol, en accord avec la position des associations vétérinaires : les tranquillisants augmentent le risque de complications respiratoires ou cardiaques en altitude.
Les frais de transport d’animaux sont distincts des franchises bagages et varient largement selon les compagnies et les tronçons. En cabine, ils oscillent souvent entre 55 et 95 euros par trajet simple ; en soute ou en fret, ils grimpent volontiers à 150–200 euros, voire jusqu’à 500 euros selon l’itinéraire. Ces frais sont quasi toujours non remboursables.
Races brachycéphales et autres restrictions aériennes
Les chiens et chats brachycéphales (face écrasée) font l’objet de mesures de précaution supplémentaires. Beaucoup de compagnies refusent purement et simplement de transporter en soute des bulldogs, boxers, carlins, shih tzu, pékinois, chow‑chows et autres races au nez court, ainsi que certaines races de chats comme le persan, l’exotic shorthair, l’himalayen ou le birman, en raison du risque accru de détresse respiratoire.
Si vous devez voyager avec un animal exotique, sachez que son transport en avion peut être conditionné à la signature d’une décharge de responsabilité par le propriétaire. Il est donc crucial de consulter votre vétérinaire et de contacter la compagnie aérienne bien à l’avance pour connaître les règles spécifiques. Envisagez également des solutions de transport terrestre pour une partie de votre itinéraire si nécessaire.
Derniers préparatifs médicaux et administratifs avant le départ
Au‑delà de la rage, certains vaccins sont fortement recommandés même s’ils ne constituent pas une obligation formelle d’entrée. Pour les chiens, le schéma polyvalent (distemper, hépatite, leptospirose, parvovirose, parainfluenza) et la protection contre la toux de chenil sont conseillés. Pour les chats, on recommande la trivalence (rhinotrachéite virale féline, calicivirose, panleucopénie). Ces immunisations devraient idéalement être à jour au moins deux semaines avant le voyage pour une efficacité optimale.
Un examen vétérinaire complet doit être effectué dans les 10 jours avant le départ pour établir le certificat sanitaire de voyage. Le vétérinaire atteste de la bonne santé de l’animal, de son aptitude au voyage et de l’absence de maladies contagieuses. Ce document, qui doit inclure le numéro de puce, les vaccins et les traitements antiparasitaires récents, est ensuite validé par l’autorité vétérinaire nationale pour obtenir le certificat européen officiel.
Dans certains cas, un traitement vermifuge précis est demandé pour d’autres destinations européennes (par exemple contre le ténia Echinococcus multilocularis pour l’Irlande, Malte, la Norvège ou la Finlande). Le Danemark ne l’exige pas, mais si votre itinéraire comprend une escale prolongée ou un séjour dans l’un de ces pays, il faudra s’y conformer.
Les vétérinaires et les autorités étrangères insistent sur un point : la responsabilité de la conformité finale des documents repose sur le professionnel qui signe le certificat, mais c’est vous qui subirez les conséquences d’une erreur. Il est donc utile de vérifier méticuleusement dates, numéros de puce, noms et signatures.
Arrivée au Danemark : enregistrement et obligations sur place
Une fois l’animal admis sur le territoire, de nouvelles obligations apparaissent, surtout pour les chiens. Tout chien résidant au Danemark doit être inscrit au registre national des chiens (Dansk Hunderegister) dans les quatre semaines suivant son arrivée, même si le séjour est temporaire mais dépasse un mois. Ce registre central enregistre l’identification, la race, l’âge et les coordonnées du propriétaire. L’inscription donne lieu à un numéro et, généralement, à un médaillon d’identification.
La loi danoise impose une assurance responsabilité civile pour tout chien, couvrant les dommages causés à des tiers. Des couvertures spécifiques sont proposées par les compagnies locales et il est recommandé de souscrire rapidement après votre installation.
Parallèlement, il est judicieux de prendre contact avec une clinique vétérinaire locale pour assurer le suivi des vaccination et disposer d’un point de chute en cas d’urgence. La capitale et les grandes villes disposent de services très structurés, avec des cliniques générales, des hôpitaux universitaires et des services d’urgences 24 h/24.
Se loger au Danemark avec un animal : contraintes et réalités
L’un des points les plus délicats de l’expatriation avec un animal au Danemark n’est pas l’entrée dans le pays, mais l’accès au logement. Le marché locatif y est tendu, avec des loyers élevés, surtout à Copenhague et Aarhus, et les bailleurs ne sont pas spontanément enthousiastes à l’idée d’accepter des chiens ou plusieurs animaux.
Le bail de location est l’élément de référence. Une clause spécifique (souvent §10) indique généralement si les animaux domestiques (« husdyr ») sont autorisés, et une autre clause (souvent §11) détaille les conditions : nombre, taille, et parfois le type de chien. Le terme « animaux » vise principalement chiens et chats ; les petits animaux en cage (poissons, oiseaux, rongeurs) ne sont pas toujours inclus dans cette catégorie, sauf mention contraire dans le bail ou le règlement intérieur.
Les règlements de copropriété ou de résidence (« husorden ») fixent des règles supplémentaires, sur le bruit, l’utilisation de la buanderie, la présence d’animaux, etc. Ils peuvent évoluer dans le temps, mais ils ne peuvent pas, en principe, s’appliquer rétroactivement à un animal déjà présent. Si un nouveau règlement annonce « interdiction des chiens », vous ne serez pas forcé de vous séparer d’un compagnon déjà installé, mais il ne vous sera généralement pas permis d’en acquérir un autre ensuite.
Le propriétaire ne peut pas facturer de supplément de loyer mensuel pour un animal. Il peut cependant exiger un dépôt de garantie conséquent (jusqu’à trois mois de loyer, plus un mois d’avance) et être très strict sur les états des lieux. Les rapports d’emménagement (« indflytningsrapport ») et de départ (« fraflytningsrapport ») doivent lister tous les défauts. Pour éviter les litiges sur d’éventuelles dégradations, conservez des photographies datées et des échanges écrits.
Chercher un logement « pet friendly » réduit fortement le nombre d’options, surtout si vous avez un grand chien ou plusieurs animaux. Certains expatriés optent pour une maison individuelle (« villa ») en périphérie, lorsqu’ils ont plusieurs grands chiens, mais ces biens sont souvent chers, parfois à vendre plutôt qu’à louer, et impliquent souvent la possession d’une voiture et un temps de trajet plus long.
Vie quotidienne avec un animal au Danemark : villes, transports et espaces verts
Dans l’ensemble, le Danemark est réputé pour être accueillant avec les chiens : on estime qu’un peu plus d’un demi‑million de foyers possèdent un chien, et environ 120 000 combinent chiens et chats. Mais la perception varie selon les lieux. Copenhague, en particulier, peut sembler plus restrictive que d’autres capitales européennes.
Dans la capitale, les chiens doivent être tenus en laisse en ville et leurs déjections ramassées, sous peine d’amende. Des parcs clôturés, les ‘hundeskove’, leur permettent de courir librement sous contrôle. De grands espaces naturels comme Amager Fælled ou Fælledparken offrent également de belles promenades.
Dans la nature, la règle générale impose la laisse d’avril à septembre, période où la faune sauvage est la plus vulnérable. Sur les plages, les chiens doivent être tenus en laisse pendant la haute saison, et ne peuvent courir sans laisse que du 1er octobre au 31 mars. Certains rivages n’acceptent pas du tout les chiens ; d’autres distinguent les plages « drapeau bleu », où l’on peut circuler avec un animal sans s’y installer, et les plages « drapeau blanc », plus tolérantes, où l’on peut poser sa serviette avec un chien.
Les petits animaux en sac/caisse (max 100×60×30 cm) voyagent généralement gratuitement. Les chiens plus grands nécessitent un billet à demi-tarif enfant, avec souvent une limite d’un chien par passager. Ils sont interdits en 1ère classe et dans les zones silencieuses. Certains trains ont des voitures pour allergiques (signalées). À Copenhague, les gros chiens peuvent être interdits dans certains bus (ex: A-busser) ou aux heures de pointe.
Les règles exactes varient selon les opérateurs, les régions et les types de lignes. Avant de vous lancer dans de grands déplacements avec votre animal, un passage par le site de la compagnie ou une discussion avec un contrôleur peut éviter de mauvaises surprises.
Restaurants, hébergements, activités : où les animaux sont‑ils bienvenus ?
Il n’existe pas de loi nationale interdisant la présence de chiens dans les salles de restaurant ; la réglementation se concentre sur les zones de préparation des aliments, où les animaux sont évidemment proscrits. Dans la pratique, nombre d’établissements refusent les chiens à l’intérieur et n’acceptent que leur présence en terrasse. Les habitudes évoluent toutefois, surtout dans les quartiers jeunes et internationaux de Copenhague et d’Aarhus.
Il est essentiel de toujours demander l’autorisation avant d’entrer avec un chien. Certains établissements, notamment dans les quartiers de Nørrebro, Vesterbro et Østerbro, sont très accueillants et peuvent même proposer des gamelles d’eau. En revanche, les halles alimentaires comme Torvehallerne interdisent généralement les chiens à l’intérieur pour des raisons d’hygiène et de sécurité, mais permettent souvent d’être servis aux stands extérieurs.
Côté hébergement, un peu plus de la moitié des hôtels référencés à Copenhague sur les grandes plateformes accepterait les chiens, mais les chambres « pet friendly » sont parfois limitées à certains étages ou à quelques unités par établissement, et les tarifs tendent à être plus élevés. Les hôtels économiques acceptent plus rarement les animaux. Les locations de courte durée ou les appartements via plateformes spécialisées offrent souvent plus de flexibilité, surtout en banlieue.
Les musées et sites historiques intérieurs (cathédrales, châteaux) interdisent généralement les animaux, mais les autorisent souvent en laisse dans leurs jardins. Certaines croisières portuaires acceptent les petits chiens, parfois dans un sac. Des événements spéciaux, comme une journée annuelle des chiens dans certains parcs, montrent une volonté d’inclusion ponctuelle.
Dans tous les cas, le comportement du chien – propreté, discrétion, absence d’agressivité – reste le meilleur atout pour favoriser l’acceptation dans les lieux publics. Un chien mal maîtrisé, aboyant continuellement ou menaçant, exposera très vite son propriétaire à des plaintes, voire à l’intervention de la police.
Soins vétérinaires et services spécialisés au Danemark
L’offre vétérinaire danoise est dense et de qualité, en particulier autour de Copenhague, Aarhus, Odense et Aalborg. On y trouve des cliniques de proximité pour les soins courants, des hôpitaux vétérinaires universitaires pour les cas complexes, et de nombreux services d’urgence. Des réseaux européens, comme Vetopia, exploitent plusieurs centaines de cliniques pour animaux de compagnie et chevaux, en misant sur la formation continue et l’équipement moderne.
La capitale danoise propose des cliniques vétérinaires aux approches variées. Par exemple, la clinique de Gentofte prend en charge une grande diversité d’animaux de compagnie : chiens, chats, lapins, petits rongeurs et oiseaux. À l’inverse, des établissements comme la Hundeklinikken à Østerbro se spécialisent exclusivement sur les chiens et adoptent une philosophie « Fear Free », évitant toute contrainte inutile pour minimiser le stress de l’animal. Ces structures sont généralement équipées de laboratoires intégrés pour analyses (sanguines, urinaires, biopsies) et disposent d’équipements d’imagerie avancés, notamment pour les soins dentaires.
Le grand hôpital pour animaux de compagnie de l’université, à Frederiksberg, fonctionne à la fois comme clinique généraliste pour le public et comme centre de référence vers lequel les vétérinaires de tout le pays envoient les cas les plus complexes. Un autre hôpital universitaire près de Taastrup, dans la périphérie de Copenhague, se consacre aux grands animaux, en particulier les chevaux.
Découvrez les services spécialement conçus pour faciliter la vie des propriétaires d’animaux expatriés, comme proposés par des structures telles que My Peterinarian à Copenhague.
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Une assistance intégrale pour les voyages : passeports européens, certificats de santé et coordination administrative.
Un personnel parlant couramment anglais pour une communication facile et une transition apaisée.
Dans d’autres villes, des cliniques de taille moyenne, comme Billund Dyreklinik, sont habituées à gérer les formalités de voyage (vermifugations obligatoires pour certains pays, certificats en anglais) et peuvent recevoir sans rendez‑vous pendant les heures d’ouverture. Un service de garde permet souvent de joindre un vétérinaire de permanence le week‑end et la nuit, à un tarif de garde.
Les cliniques danoises mettent en avant le respect des normes nationales, la détention de licences et d’assurances de responsabilité civile supérieures aux minima, ainsi que la formation de leurs équipes en premiers secours vétérinaires et en gestion de crise. La profession est très encadrée, et le cursus universitaire vétérinaire danois, dispensé dans des hôpitaux d’enseignement modernes, est réputé parmi les plus sérieux d’Europe.
Conseils de planification pour une expatriation réussie avec animal au Danemark
Mettre toutes les chances de votre côté suppose de penser votre projet dans sa globalité.
Sur le plan réglementaire, il est prudent de démarrer la préparation entre quatre et huit mois avant la date souhaitée de départ, surtout si vous venez d’un pays non listé ou si votre historique vaccinal est incomplet. Le calendrier puce + vaccins + titrage, additionné aux délais administratifs pour les certificats et les visas éventuels, ne laisse guère de place à l’improvisation.
Pour un voyage avec un animal, il est crucial de comparer les politiques des compagnies aériennes concernant les animaux en cabine et en soute, leurs restrictions de races, les types d’appareils utilisés sur votre itinéraire, les temps d’escale et les conditions saisonnières (certaines appliquent des embargos en soute lors des fortes chaleurs). Une réservation anticipée pour l’animal est indispensable. Un contact direct avec le service client permet de confirmer tous les détails.
Côté animal, habituer votre compagnon à sa caisse de transport plusieurs semaines avant le vol est l’un des investissements les plus rentables pour son bien‑être. Laisser la cage ouverte à la maison, avec des friandises, des jouets et des couvertures familières, aide à en faire un refuge plutôt qu’un instrument de stress. Il est généralement recommandé de ne pas nourrir un animal dans les deux heures précédant le départ, et de lui offrir une bonne promenade juste avant le check‑in pour limiter sa nervosité.
Pour un séjour au Danemark avec un animal, anticipez les deux points sensibles : le logement et le vétérinaire. Identifiez des annonces ouvertes aux animaux et préparez un dossier pour votre chien ou chat (dossier vétérinaire traduit, assurance responsabilité civile, photos). Contactez aussi une clinique vétérinaire locale avant votre arrivée pour prendre un rendez-vous de contrôle et comprendre le système.
Enfin, il ne faut pas négliger la dimension culturelle : même si le Danemark aime les animaux, il attache une grande importance au respect des règles et à la considération des autres usagers de l’espace public. Un chien bien éduqué, tenu en laisse dans les zones qui l’exigent, rappelé efficacement dans les parcs, et un maître qui ramasse systématiquement, s’intègrent beaucoup plus facilement.
L’expatriation avec un animal au Danemark demande donc une préparation rigoureuse, mais elle ouvre la voie à une vie quotidienne agréable dans un pays où le bien‑être animal est pris au sérieux, où les infrastructures vétérinaires sont de haut niveau, et où les espaces verts et les littoraux offrent d’innombrables terrains de jeu pour votre compagnon.
Un futur retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire durablement sa charge d’impôt et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget : 10 000 € pour un accompagnement global (conseil fiscal, démarches administratives, mobilité et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs pays (Grèce, Chypre, Portugal, Pays-Bas), la stratégie a ciblé le Danemark pour la combinaison de sa stabilité juridique et sociale, de son système fiscal lisible malgré des taux élevés, et de l’accès complet au marché de l’UE et à la Scandinavie. La mission a couvert : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence avec location longue durée ou achat de logement, coordination Sécurité sociale / assurance santé locale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français, et mise en relation avec un réseau local bilingue (avocats, fiscalistes, agents immobiliers) afin d’intégrer cette mobilité dans une stratégie patrimoniale globale et sécurisée.
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