S’installer au Danemark ou y placer une partie de son patrimoine immobilier fait rêver de nombreux expatriés. Qualité de vie très élevée, économie solide, institutions stables, marchés locatifs tendus dans les grandes villes : sur le papier, tout semble réuni pour un investissement « sûr ». Mais derrière cette image séduisante se cache un environnement juridique exigeant, une fiscalité lourde et un marché peu ouvert aux non‑résidents.
Ce guide factuel détaille le marché immobilier danois pour les francophones : son fonctionnement, les conditions d’achat, les coûts réels, la fiscalité, la rentabilité locative et les risques spécifiques. Il vise à fournir toutes les informations nécessaires pour une prise de décision éclairée, sans parti pris.
Comprendre le contexte danois avant d’investir
Avant même de regarder des annonces, il faut intégrer quelques réalités structurelles du pays.
Le coût de la vie y dépasse celui de la France d’environ 11 à 12 %, et le Danemark figure parmi les pays les plus chers d’Europe. La capitale, Copenhague, concentre la flambée des prix, aussi bien pour la consommation quotidienne que pour le logement. Pourtant, le pouvoir d’achat moyen reste supérieur à celui de la France, avec un revenu médian autour de 1 930 euros par mois et un niveau de vie globalement élevé.
Avec un PIB d’environ 351 milliards de dollars, le Danemark possède une économie très ouverte et un puissant secteur exportateur (pharmacie, technologies vertes, maritime, énergies). Cette forte dépendance au commerce extérieur la rend cependant sensible aux chocs internationaux comme les crises sanitaires, les variations des frets maritimes ou les tensions énergétiques.
Côté qualité de vie, tout joue plutôt en faveur du pays : sécurité élevée, infrastructures modernes, services publics efficaces, fort respect de l’environnement, niveau d’éducation et de santé parmi les meilleurs au monde. C’est précisément ce cocktail qui attire étudiants, cadres hautement qualifiés et retraités fortunés… et alimente la pression sur le marché immobilier dans les grandes villes.
Panorama du marché immobilier danois
Le marché immobilier danois a connu un cycle très dynamique ces dernières années. Les prix des logements ont fortement progressé entre 2018 et 2021, avec un pic de presque 10 % de hausse annuelle en 2021. L’augmentation brutale des taux d’intérêt en 2022 (de l’ordre de 1 % à 5–6 %) a ensuite provoqué un léger repli des prix, avant une phase de stabilisation en 2023 et un nouveau redémarrage modéré en 2024–2025.
À l’échelle du pays, le prix moyen du mètre carré résidentiel oscille globalement entre 4 500 et 6 700 euros, avec des écarts très marqués entre la capitale et les villes de province.
Comparatif des prix et loyers dans les principales villes
Le tableau ci‑dessous donne un aperçu des niveaux de prix pour un appartement de 3 pièces et des loyers moyens correspondants.
| Ville | Surface type (3 pièces) | Prix moyen d’achat | Loyer mensuel moyen | Source indicative |
|---|---|---|---|---|
| Copenhague | 85 m² | ~700 000 € | ~3 000 € | Finans Danmark / CBRE / Stats DK |
| Aarhus | 80 m² | ~450 000 € | ~2 000 € | Idem |
| Odense | 75 m² | ~350 000 € | ~1 600 € | Idem |
| Aalborg | 70 m² | ~300 000 € | ~1 400 € | Idem |
Dans les grandes villes, la structure du parc est très urbaine : beaucoup d’immeubles anciens, souvent sans ascenseur, concentrés dans des quartiers centraux chers, et une ceinture pavillonnaire en périphérie. Les maisons individuelles sont rares au cœur de Copenhague et se trouvent plutôt dans les banlieues ou villes moyennes.
De nombreux programmes immobiliers neufs sont lancés, particulièrement dans la région de Copenhague avec des extensions de métro et le développement de quartiers mixtes, ainsi que dans certaines agglomérations régionales. Ces projets intègrent systématiquement une forte dimension environnementale, comprenant des bâtiments basse consommation, l’utilisation de matériaux durables et une conception de quartiers favorisant la mobilité douce.
Rendements locatifs : ce que disent les chiffres
Au niveau national, les rendements locatifs bruts se situent généralement entre 2,9 % et 5,6 %, avec une moyenne autour de 4,2 %. Dans la pratique, on observe :
À Copenhague, certains segments spécifiques bien positionnés peuvent atteindre un rendement brut de 7 à 8 %.
Le marché locatif est très tendu dans la capitale : la demande dépasse largement l’offre, les délais pour trouver une location sont longs, et la concurrence féroce pour les logements de qualité. À l’inverse, certaines zones rurales ou villes moyennes souffrent d’un surplus d’offre, ce qui pèse sur les loyers et sur la liquidité à la revente.
Acheter au Danemark en tant qu’expatrié : qui peut vraiment le faire ?
C’est le point le plus sensible : le Danemark n’a rien d’un paradis de la « résidence secondaire à l’étranger » pour non‑résidents. Au contraire, le marché est réputé fermé aux étrangers qui n’ont pas de lien fort avec le pays.
La règle des cinq ans de résidence
La logique centrale est simple : pour acheter librement un bien résidentiel, il faut en principe avoir résidé de manière continue au Danemark pendant au moins cinq ans. Cette exigence découle d’une loi des années 1950 visant à éviter une spéculation étrangère massive sur le foncier.
Trois grands profils se dégagent :
La réglementation danoise distingue trois cas principaux. Un résident de longue durée (plus de 5 ans), danois ou étranger, peut acheter un bien sans autorisation préalable. Un citoyen de l’UE/EEE ou de Suisse, résidant depuis moins de 5 ans mais travaillant au Danemark, peut acheter sous conditions (emploi, ressources) pour y habiter. Enfin, un non-résident ou un ressortissant hors UE/EEE doit impérativement obtenir une autorisation ministérielle avant toute acquisition.
Cette autorisation est rarement accordée pour les résidences de vacances : il faut démontrer un lien fort avec le pays (famille, séjours prolongés réguliers, projet de s’y établir, etc.). L’administration se montre particulièrement restrictive sur les maisons de vacances en zone littorale.
Résidence, travail et usage du bien
Pour de nombreux expatriés de l’UE qui viennent travailler au Danemark (par exemple des Français sous contrat local), la situation est plus favorable. S’ils disposent d’un contrat de travail, d’un certificat de résidence et d’un numéro CPR, ils peuvent, dans le cadre de la libre circulation européenne, acheter une résidence principale sans passer par la case autorisation ministérielle, même avant 5 ans, à condition d’occuper le logement.
En revanche, l’usage locatif est étroitement encadré :
Pendant les premières années, un bien acheté comme résidence principale ne peut être converti en location permanente. En cas de départ définitif du pays, les autorités fiscales exigent généralement une vente rapide du bien plutôt qu’une mise en location à long terme.
Cette logique rend l’investissement purement spéculatif difficile pour un expatrié qui n’aurait pas d’ancrage durable au Danemark.
Quand l’achat passe par une société
Pour contourner – légalement – certaines limitations, des investisseurs étrangers envisagent parfois de constituer une société danoise (ApS, équivalent d’une SARL) qui, elle, achète le bien. Cette solution, possible en théorie, ne supprime pas le contrôle réglementaire : les acquisitions immobilières par des entités étrangères ou contrôlées par des non‑résidents restent surveillées, surtout dans certains secteurs (zones portuaires, projets énergétiques, etc.).
De plus, l’interposition d’une société implique une fiscalité différente (impôt sur les sociétés, distribution de dividendes, plus‑values, etc.) qui doit être examinée avec un fiscaliste.
Comment se déroule concrètement un achat immobilier au Danemark ?
Pour un expatrié installé au Danemark, muni d’un contrat de travail, d’un numéro CPR et d’un compte bancaire local, le parcours d’achat, une fois la barrière réglementaire franchie, est plutôt fluide et bien balisé.
Un processus plus rapide qu’en France
Contrairement à la France, il n’y a pas de notaire comme pivot unique de la transaction. Le mécanisme repose principalement sur :
– une agence immobilière qui rédige un contrat de vente standardisé ;
– un avocat (pour l’acheteur) chargé d’analyser ce contrat, les diagnostics, l’historique du bien et d’assurer la sécurité juridique de l’opération ;
– une inscription dans le registre foncier électronique (Tinglysning), quasiment instantanée une fois les formalités accomplies.
L’acte de vente au Danemark est un contrat privé accompagné d’une documentation technique détaillée (rapports d’inspection, historique des sinistres et travaux, documents de copropriété, évaluations officielles). Ces documents étant rédigés en danois, il est indispensable de faire appel à un avocat pour les décoder et les analyser.
Étapes typiques d’une acquisition
En pratique, la chronologie ressemble à ceci :
1. Recherche et offre d’achat Après validation du budget avec la banque, l’acheteur sélectionne un bien et formule une offre. Les négociations peuvent aller vite, surtout sur les biens bien placés.
2. Signature du compromis (contrat de vente) L’agence prépare un contrat type, que l’acheteur signe sous conditions suspensives classiques : acceptation de son avocat, obtention du financement, absence de vices majeurs révélés par les diagnostics.
3. Droit de rétractation L’acheteur dispose d’un droit de rétractation de 6 jours ouvrables après la dernière signature. S’il se désiste, il doit généralement verser une indemnité de 1 % du prix au vendeur.
L’avocat examine en détail tous les aspects légaux et techniques du bien immobilier pour sécuriser l’acquisition.
Revue complète de l’ensemble des documents contractuels et légaux relatifs à la transaction.
Analyse de la situation cadastrale et des limites de propriété pour confirmer l’assise foncière.
Vérification de la présence éventuelle de droits de préemption ou de rachat par la municipalité.
Évaluation de la solidité financière et des réserves de la copropriété, le cas échéant.
Examen des servitudes actives ou passives affectant le bien (droits de passage, vues, etc.).
5. Mise en place du financement et garanties La banque danoise ou étrangère délivre une autorisation définitive, met en place l’hypothèque (realkreditlån + prêt bancaire complémentaire) et émet une garantie bancaire au profit du vendeur.
6. Enregistrement au registre foncier L’acte est enregistré en ligne. Les frais de publication correspondent à un pourcentage du prix (0,6 %) plus un forfait (environ 1 700–1 800 DKK).
7. Remise des clés et état des lieux Le jour de la prise de possession, les compteurs sont relevés, les clés remises, et les éventuels ajustements de charges (taxes, copropriété) sont calculés au prorata.
Dans l’ensemble, les délais sont nettement plus courts qu’en France : la vente peut être entièrement finalisée en quelques semaines, avec une inscription foncière quasi immédiate.
Financement : un système hypothécaire très particulier
L’un des grands atouts du Danemark, pour ceux qui y ont accès, est la robustesse de son système de crédit hypothécaire, souvent cité comme l’un des mieux gérés au monde.
Le triptyque apport – realkreditlån – banklån
La structure de financement standard se présente ainsi :
| Composante du financement | Part habituelle du prix | Particularités |
|---|---|---|
| Apport personnel | 5–10 % (≥10–15 % pour étrangers) | Obligatoire, montant plus élevé pour non‑résidents |
| Prêt hypothécaire (realkreditlån) | Jusqu’à 80 % | Indexé sur le marché obligataire danois, durée max. 30 ans, remboursement anticipé possible sans pénalité |
| Prêt bancaire complémentaire (banklån) | 5–15 % | Taux généralement plus élevé, durée plus courte |
La règle générale veut que l’endettement ne dépasse pas environ quatre fois le revenu annuel du ménage. Les banques délivrent souvent une pré‑acceptation de prêt avant même le lancement des recherches, ce qui sécurise les offres d’achat.
Pour un expatrié récemment arrivé au Danemark, les banques exigent souvent un apport personnel de 10 à 15 % minimum du prix du bien, et appliquent des taux d’intérêt plus élevés que pour les résidents danois. Une alternative peut être d’utiliser une garantie sur un bien en France et d’obtenir un financement via une banque française, plutôt qu’un crédit entièrement danois.
Un système flexible… mais plus cher depuis la hausse des taux
Le crédit hypothécaire danois est largement adossé au marché obligataire national. Les taux, très bas jusqu’en 2021, ont dopé les prix immobiliers. Le retournement brutal à partir de 2022 (taux passés autour de 5–6 %) a refroidi le marché mais sans effondrement, grâce à :
– des durées longues (jusqu’à 30 ans) ;
– des possibilités de remboursement anticipé sans pénalité ;
– des options de renégociation si les conditions de marché s’améliorent.
Pour un expatrié investisseur, il faut donc bien intégrer que : l’adaptation au marché local et la compréhension des réglementations financières sont essentielles pour optimiser ses investissements. Un choix judicieux d’axes d’investissement peut également faire la différence sur le long terme.
– le coût du crédit est devenu significatif ;
– les opportunités d’arbitrage (remboursement anticipé, refinancement) existent, mais supposent un suivi fin du marché obligataire.
Fiscalité immobilière : un environnement lourd, à maîtriser avant d’acheter
La fiscalité danoise est l’une des plus élevées au monde. Elle finance un État‑providence très généreux, mais pèse lourdement sur les rendements nets d’un investissement.
Impôts fonciers : valeur du bien et valeur du terrain
Deux prélèvements principaux s’appliquent aux propriétaires :
1. La taxe sur la valeur du bien (ejendomsværdiskat) Elle s’apparente à une taxe d’habitation sur le propriétaire‑occupant. Le calcul repose sur la valeur officielle du bien (bâtiment + terrain), longtemps sous‑évaluée par rapport au marché et en cours de révision. À titre indicatif :
– environ 1 % pour la tranche inférieure de valeur ;
– jusqu’à 3 % pour la partie au‑delà d’un certain seuil.
2. La taxe foncière sur le terrain (grundskyld / ejendomsskat) Prélevée au niveau municipal, elle est calculée sur la valeur du sol nu. Le taux varie selon les communes, autour de 1,6 % à 2,8 % en moyenne.
Depuis 2024, la taxation immobilière a été réformée avec de nouveaux barèmes. En cas de hausse significative, les ménages résidents peuvent bénéficier d’un prêt fiscal spécifique : l’État avance la hausse d’impôt, qui est remboursable lors de la vente du bien. Cette option illustre la pression fiscale croissante sur la propriété.
Fiscalité des revenus et plus‑values
Sur le plan de l’impôt sur le revenu, le Danemark applique des taux très progressifs :
– environ 12 % sur les premiers paliers,
– puis 41 %,
– puis jusqu’à 56 % au‑delà d’un certain seuil de revenus.
Les résidents bénéficient d’un abattement personnel, mais l’imposition globale reste parmi les plus lourdes d’Europe. Parmi les points favorables :
– résidence principale : exonération de plus‑value à la revente, quelle que soit la durée de détention ;
– résidence secondaire / investissement locatif : imposition de la plus‑value, à articuler avec les conventions fiscales internationales.
Pour un Français devenu résident fiscal au Danemark, c’est donc la loi danoise qui s’applique à ses revenus mondiaux, y compris ceux issus de l’immobilier danois. Pour un non‑résident propriétaire d’un bien au Danemark, l’imposition relève en premier lieu du droit danois, puis des traités de non‑double imposition.
TVA et autres prélèvements
La TVA est fixée à 25 % sur la quasi‑totalité des biens et services, sans taux réduit pour l’alimentation ou d’autres catégories courantes. L’impôt sur les sociétés s’établit à 22 %.
Pour les expatriés très qualifiés recrutés par des entreprises danoises, un régime fiscal spécifique peut s’appliquer. Il offre un taux forfaitaire avantageux sur le salaire pendant une durée limitée, pouvant aller jusqu’à 7 ans dans certains dispositifs. Ce régime peut atténuer la charge fiscale globale, mais il ne modifie pas fondamentalement la fiscalité liée à la propriété immobilière.
Convention franco‑danoise : un point clé pour les Français
Après une période sans convention (entre 2009 et l’entrée en vigueur d’un nouveau traité signé en 2022), la France et le Danemark disposent à nouveau d’un accord de non‑double imposition couvrant notamment :
– les revenus fonciers ;
– les plus‑values immobilières ;
– certains flux de dividendes et d’intérêts.
Pour un expatrié français qui détient un appartement loué au Danemark, cela signifie en pratique : la nécessité de comprendre les lois danoises sur la location, gérer les obligations fiscales liées à la propriété à l’étranger, ainsi que s’assurer que le contrat de location respecte les normes locales. De plus, il faudra également tenir compte des fluctuations du marché immobilier danois et se familiariser avec les aspects culturels et pratiques de la gestion immobilière dans le pays.
– l’impôt est d’abord prélevé au Danemark, selon les règles locales ;
– la France tient compte de cet impôt et applique ses propres règles, mais avec crédit d’impôt pour éviter une double imposition intégrale.
L’arbitrage exact dépend du statut fiscal de la personne (résident français, résident danois, double résidence, etc.) et nécessite un conseil spécialisé.
Louer au Danemark : un marché protecteur pour le locataire, complexe pour le bailleur
Avant de se projeter comme propriétaire‑bailleur, il est utile de comprendre le fonctionnement du marché locatif danois, en particulier à Copenhague.
Un marché ultra tendu dans la capitale
Copenhague cumule tous les facteurs de tension :
– forte croissance démographique dans la métropole ;
– afflux permanent d’étudiants, d’expatriés, de jeunes actifs ;
– offre de logements en retard, malgré un important programme de constructions neuves ;
– réglementation protectrice pour les locataires, complexifiant la vie des propriétaires.
Résultat : les files d’attente pour un deux ou trois‑pièces peuvent atteindre plusieurs années dans les systèmes d’attribution, et les annonces intéressantes disparaissent en quelques heures sur les plateformes spécialisées. La compétition est rude, y compris pour des loyers élevés.
Niveaux de loyers et coûts associés
Pour se faire une idée des ordres de grandeur :
| Type de logement / localisation | Loyer mensuel indicatif |
|---|---|
| 2 pièces à Copenhague | ~11 000 DKK |
| 3 pièces à Copenhague | ~16 000 DKK |
| Maison individuelle (Copenhague intra‑muros, rare) | 14 000–23 000 DKK |
| 2 pièces centre‑ville (autres grandes villes) | 7 000–12 000 DKK |
| 2 pièces hors centre (grandes villes / périphérie) | 5 000–8 000 DKK |
À ces loyers s’ajoutent les charges dites « a conto » : avances mensuelles pour l’eau, le chauffage, l’électricité, les déchets, qui sont régularisées une fois par an en fonction de la consommation réelle. Pour un appartement de 85 m², il faut compter en général 1 000 à 1 500 DKK de charges de base, auxquels s’ajoutent environ 200–300 DKK d’internet.
C’est le coût mensuel maximal d’un abonnement aux transports publics au Danemark, une option abordable face au coût élevé de la voiture.
Contrats de location : un formalisme à ne pas sous‑estimer
Le bail doit toujours être écrit et conforme au contrat type danois, disponible en danois et souvent en anglais. Quelques points structurants pour un expatrié bailleur :
Le dépôt de garantie peut atteindre 3 mois de loyer, voire 6 dans des cas extrêmes. Les baux sont à durée déterminée ou indéterminée, avec un préavis locatif souvent de 3 mois et une résiliation difficile pour le propriétaire. Un état des lieux détaillé est obligatoire à l’entrée (avec 14 jours pour signaler des défauts) et à la sortie. Les loyers d’une grande partie du parc sont contrôlés ou plafonnés. Le locataire bénéficie d’une forte protection contre les expulsions et les hausses de loyer, et peut sous-louer temporairement (jusqu’à 2 ans) en cas d’absence justifiée.
Pour un expatrié qui planifierait de louer son propre appartement pendant une mission à l’étranger, ces règles offrent un filet de sécurité… mais rendent aussi beaucoup plus compliqué tout projet de reprise accélérée du logement.
Assurances et responsabilités
Le bailleur reste responsable :
– des grosses réparations (canalisations, structure, chauffage non lié à un défaut d’usage, etc.) ;
– de l’entretien du bâtiment (toiture, façades, parties communes si copropriété).
Le locataire doit, lui, souscrire une assurance habitation couvrant ses biens et est responsable des dégradations au‑delà de l’usure normale. Les meubles du propriétaire dans un logement meublé peuvent être assurés par l’assurance du propriétaire, mais les effets personnels du locataire restent à sa charge.
Copenhague, Aarhus, Aalborg, Odense : où investir en priorité en tant qu’expatrié ?
Pour un expatrié qui dispose des conditions pour acheter, toutes les villes danoises ne présentent pas le même intérêt.
Copenhague : marché phare, mais cher et réglementé
La capitale concentre :
– la demande locative la plus forte (résidents, expatriés, étudiants, tourisme urbain) ;
– les prix d’achat les plus élevés ;
– la pression réglementaire la plus importante (contrôle des loyers, fiscalité immobilière accrue).
Les quartiers se distinguent nettement :
Aperçu des principaux quartiers de la capitale danoise, de leur caractère et de leur dynamique immobilière.
Hypercentre historique avec des prix extrêmement élevés et une tension maximale sur le marché.
Quartier résidentiel chic, prisé des expatriés et proche du front de mer. Très cher.
Ancien quartier populaire devenu branché, avec un fort potentiel déjà bien valorisé.
Quartier dynamique et multiculturel, encore un peu plus abordable tout en restant très demandé.
Municipalité enclavée, très verte et bourgeoise. Chère mais très recherchée.
Zones en mutation avec des prix plus accessibles et un potentiel de croissance sur le moyen terme.
Dans un contexte de rendement brut autour de 3–4,5 % et de fiscalité lourde, Copenhague peut se justifier si l’objectif prioritaire est la sécurité patrimoniale, la liquidité et la valorisation long terme, plus que le cash‑flow immédiat.
Aarhus : deuxième ville et grande métropole universitaire
Aarhus, sur la côte est du Jutland, cumule :
– universités de premier plan ;
– forte population étudiante et jeune active ;
– dynamique culturelle et économique soutenue.
Les prix y sont nettement inférieurs à ceux de la capitale, mais la demande locative reste soutenue, notamment dans des quartiers comme Frederiksbjerg. Le profil de rendement s’avère souvent un peu meilleur qu’à Copenhague, avec des loyers encore élevés pour les surfaces étudiant / jeunes couples.
Aalborg et Odense : arbitrage prix / rendement
Aalborg, au nord, et Odense, sur l’île de Fionie, offrent fréquemment un compromis intéressant :
– accès plus facile à la propriété grâce à des prix d’entrée plus bas ;
– présence universitaire et industrielle alimentant la demande locative ;
– rendements bruts pouvant approcher ou dépasser 5 % dans certains quartiers.
En contrepartie, la liquidité à la revente est moins garantie qu’à Copenhague, et les perspectives de hausse de valeur moins spectaculaires.
Synthèse comparative
| Ville | Prix achat (3p) | Loyer moyen (3p) | Rendement brut approx. | Profil pour expatrié investisseur |
|---|---|---|---|---|
| Copenhague | ~700 000 € | ~3 000 €/mois | 3–4,5 % (cas général) | Sécurisation patrimoniale, forte demande, fiscalité lourde |
| Aarhus | ~450 000 € | ~2 000 €/mois | ~4,3 % | Ville universitaire dynamique, bon compromis |
| Odense | ~350 000 € | ~1 600 €/mois | ~4,5 % | Marché plus souple, attention au risque de vacance |
| Aalborg | ~300 000 € | ~1 400 €/mois | ~5 % et + | Rendements supérieurs, mais moins liquide |
Avantages et limites d’un investissement immobilier au Danemark pour un expatrié
Pour conclure l’analyse, il est utile de mettre en regard ce que le pays offre et ce qu’il exige.
Les atouts réels pour un expatrié
– Stabilité institutionnelle et juridique : système de propriété claire, registre foncier numérique, protection forte des droits des parties.
– Qualité des infrastructures : transports, réseaux numériques, services publics de haut niveau.
– Demande locative structurelle dans les grandes villes, portée par :
– la démographie urbaine,
– les universités,
– l’attractivité pour les expatriés et les entreprises internationales,
– un tourisme urbain solide.
– Système hypothécaire performant pour ceux qui y ont accès : prêts à long terme, remboursables sans pénalités, indexés sur un marché obligataire mature.
– Exonération de plus‑value sur la résidence principale, intéressante pour un expatrié qui s’installe durablement avant de revendre.
Les freins majeurs à ne pas sous‑estimer
– Accès restreint pour les non‑résidents et les nouveaux arrivants : règle des cinq ans, autorisations ministérielles, contrôle du lien réel avec le pays.
– Fiscalité élevée sur les revenus, la propriété et la consommation, qui rognera tout rendement brut alléchant.
– Rendements nets modestes : les estimations autour de 3 % dans les grandes villes, une fois fiscalité et charges intégrées, sont loin des niveaux offerts par certains pays d’Europe centrale ou du sud de l’Europe.
Pour un expatrié déjà installé au Danemark avec un emploi stable et un projet de vie à long terme, l’achat d’une résidence principale ou d’un bien mixte (occupation personnelle puis revente) peut être pertinent. Cette démarche relève davantage d’une stratégie patrimoniale et de la sécurisation de son logement que d’un pur investissement locatif visant le rendement financier.
Pour un investisseur étranger extérieur au pays, cherchant avant tout du cash‑flow locatif et une rentabilité élevée, le Danemark apparaît en revanche comme un marché difficile : barrières réglementaires, fiscalité lourde, rendement net modéré. De nombreux experts recommandent, dans ce cas, de se tourner vers d’autres marchés européens plus accessibles et plus rentables, en faisant éventuellement du Danemark un lieu de vie plutôt qu’un support d’investissement agressif.
Pour un expatrié, un projet immobilier au Danemark nécessite une préparation rigoureuse. Il est essentiel de s’entourer d’un avocat spécialisé, maîtrisant à la fois le droit danois et celui de votre pays d’origine, ainsi que d’un conseiller fiscal. Si l’objectif est la location, le recours à un gestionnaire local expérimenté est également crucial pour naviguer dans un cadre réglementaire très strict. Cette approche permet de faire du marché immobilier danois, réputé stable mais peu spéculatif, un élément solide d’une stratégie patrimoniale internationale.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Danemark pour rechercher du rendement locatif et une exposition à la couronne danoise. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Copenhague, Aarhus, Odense), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison de ville dans un quartier en développement de Copenhague ou Aarhus, combinant un rendement locatif cohérent avec le marché danois (en gardant à l’esprit que « plus le rendement est élevé, plus le risque est important ») et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure d’investissement (propriété directe ou société danoise) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.
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