Apprendre le danois quand on s’expatrie au Danemark : méthodes, pièges et ressources vraiment utiles

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’expatrier au Danemark sans parler danois n’a rien d’exceptionnel. Environ 86 % des Danois parlent très bien anglais et beaucoup d’emplois qualifiés se font en anglais. Pourtant, tous les témoignages et les études convergent : à partir du moment où l’on veut rester, construire une vraie vie sociale, évoluer professionnellement ou obtenir un titre de séjour durable, le danois devient incontournable.

Bon à savoir :

Cet article détaille l’importance stratégique de la langue, explique le fonctionnement des cours officiels subventionnés, recommande des écoles et applications utiles, donne des conseils pour maîtriser la prononciation difficile, et propose des méthodes pour organiser son apprentissage en conciliant vie professionnelle, familiale et un environnement très anglophone.

Pourquoi apprendre le danois quand on vit au Danemark

Arriver au Danemark avec un bon niveau d’anglais peut donner l’illusion que le danois est “optionnel”. En réalité, il structure presque tout ce qui compte dans une installation durable.

Apprendre le danois permet d’abord de comprendre le pays de l’intérieur. La langue ouvre l’accès à l’humour, aux références culturelles, au débat public, à la littérature – de Hans Christian Andersen aux romans contemporains – mais aussi à des notions intraduisibles comme hygge ou Janteloven. Sans la langue, on reste dans une bulle d’expat, souvent confortable mais limitée.

Attention :

Près de la moitié des emplois se situent dans le secteur public, où le danois est quasi obligatoire. Dans le secteur privé, même international, de nombreuses communications internes et avec les clients se font en danois. Les organisations patronales identifient la langue comme un frein majeur à l’embauche de talents étrangers et recommandent d’aborder clairement ce sujet dès le recrutement.

Sur le plan social, les études sur les expatriés au Danemark montrent un constat récurrent : beaucoup trouvent difficile de se faire de vrais amis danois. Dans les groupes, les Danois basculent spontanément vers leur langue entre eux. Ils passent à l’anglais pour inclure un étranger, mais reviennent au danois dès que l’effort devient trop lourd. Savoir aligner quelques phrases cohérentes change totalement la dynamique : plus besoin de “forcer” tout le monde à parler anglais, on devient un membre à part entière du groupe.

Astuce :

Pour obtenir la résidence permanente, la réussite à un examen officiel de danois est obligatoire. La demande de citoyenneté exige un niveau linguistique encore plus élevé, accompagné d’un test de connaissances civiques en danois. Les conjoints en regroupement familial doivent également réussir un examen de base dans un délai imparti, sous peine de compromettre leur titre de séjour. À long terme, la maîtrise du danois est donc une exigence légale incontournable.

Le danois : facile sur le papier, redoutable à l’oral

Les linguistes classent le danois comme une langue nord‑germanique, cousine du suédois et du norvégien, et apparentée à l’anglais. Pour un anglophone, les instituts de diplomatie américains considèrent d’ailleurs le danois comme une langue de “catégorie I”, plus rapide à apprendre que l’allemand et infiniment plus accessible que l’arabe ou le japonais. Sur le papier, donc, rien d’insurmontable.

La grammaire est relativement clémente : pas de cas comme en allemand, des verbes qui ne changent pas selon la personne, une structure sujet–verbe–complément proche de l’anglais. Le danois a bien deux genres grammaticaux (commun et neutre), des adjectifs qui s’accordent et des pluriels parfois irréguliers, mais rien de vraiment exotique pour un Européen.

Exemple :

Le danois est réputé pour sa complexité à l’oral, étant une langue peu phonétique. Elle comporte de nombreuses lettres muettes, des voyelles avalées et des sons qui se rapprochent, se déforment ou disparaissent dans une conversation rapide. Cette difficulté est telle que même les locuteurs des langues scandinaves voisines, comme les Suédois et les Norvégiens, pourtant exposés au danois depuis l’enfance via la télévision, reconnaissent avoir du mal à comprendre un Danois parlant à un rythme normal.

Les principales difficultés tournent autour de trois éléments :

1. Un inventaire vocalique très riche Les linguistes comptent facilement plus de 20 voyelles différentes en danois, parfois plus de 30 si l’on inclut toutes les nuances de longueur et de timbre. Pour comparaison, beaucoup de langues se contentent de cinq voyelles principales. Cette profusion explique en partie pourquoi les enfants danois mettent un peu plus de temps à maîtriser leur langue maternelle : les distinctions sont subtiles, mais déterminantes.

2. Le fameux stød Il s’agit d’un petit coup de glotte, une rupture dans le son, qui change parfois totalement le sens d’un mot. Deux mots qui s’écrivent de façon très proche peuvent se distinguer uniquement par la présence ou non de ce stød. Pour un étranger, c’est un défi à l’oreille comme à la production, mais impossible à ignorer si l’on veut être compris sans ambiguïté.

Bon à savoir :

Contrairement à l’espagnol ou l’italien, le danois présente un écart systématique entre l’orthographe et la prononciation. Des consonnes en fin de mot peuvent s’effacer, d’autres se relâchent, et certaines combinaisons de lettres produisent des sons très éloignés de leur valeur théorique. Cette particularité explique pourquoi les apprenants ont souvent l’impression que les Danois ‘marmonnent’.

Il faut ajouter à cela trois lettres spécifiques (Æ, Ø, Å), un r guttural proche du français, un d mou proprement danois, des g silencieux et des nombres qui, à partir de 50, obéissent à une logique vigésimale déroutante (50, 60, 70… se construisent sur des “multiples de vingt” tronqués). De quoi décourager plus d’un débutant s’il n’est pas prévenu.

Pourtant, il existe un revers positif : la proximité lexicale avec l’anglais et les autres langues germaniques. De nombreux mots sont transparents (arm, kat, mor, far, hus, fisk), la conjugaison est sobre et la syntaxe globalement régulière. Si l’oral semble un mur, l’écrit offre rapidement un terrain rassurant. La stratégie gagnante consiste donc à profiter de cette facilité relative à l’écrit tout en travaillant la prononciation de façon ciblée, dès le départ.

Le système officiel de cours de danois pour expatriés

L’un des atouts majeurs d’une installation au Danemark, c’est l’existence d’un dispositif national de cours de danois, entièrement financé par l’argent public pour les personnes éligibles. Depuis 2020, la formation elle‑même est gratuite pour les nouveaux arrivants remplissant les conditions. En contrepartie, un dépôt de 2000 DKK, totalement remboursable, est demandé avant le début des cours (avec des exemptions pour certains statuts comme les au pairs ou certains regroupements familiaux).

L’accès à ce dispositif passe toujours par la commune : après obtention du numéro CPR, les nouveaux résidents reçoivent un courrier électronique dans leur boîte e‑Boks leur indiquant l’école de langue vers laquelle ils sont orientés et la marche à suivre pour s’inscrire.

Qui a droit aux cours gratuits

Pour bénéficier de cette éducation officielle au danois, plusieurs critères doivent être réunis :

– vivre au Danemark avec une adresse enregistrée,

– être âgé d’au moins 18 ans,

– détenir un titre de séjour valide,

– posséder un numéro CPR.

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Durée en années pendant laquelle le droit aux cours gratuits est valable après l’obtention du CPR et l’arrivée.

Certaines catégories (réfugiés, au pairs, personnes en réunification familiale, selon l’accord avec la commune) peuvent être exemptées de dépôt. Pour les autres, le dépôt est rendu si le module est complété dans les délais via un test de module ou un examen final. De longues périodes d’absence ou un abandon peuvent entraîner sa perte.

Comment sont structurés les parcours (DU1, DU2, DU3)

Le système officiel s’appelle “Danskuddannelse” et se décline en trois programmes adaptés au profil éducatif des apprenants :

Danish Education 1 (DU1) Pensé pour les personnes très peu ou pas scolarisées dans leur pays d’origine, ou n’ayant pas appris à lire et écrire, ou encore ne connaissant pas l’alphabet latin. L’objectif est un danois fonctionnel pour la vie quotidienne : interactions avec l’école, le médecin, les services publics. La progression se fait en six modules et se termine par l’examen d’État PD1.

Bon à savoir :

Le Danish Education 2 (DU2) est conçu pour les personnes ayant effectué environ 8 à 10 années d’école dans leur pays d’origine. Cette formation vise à préparer l’insertion sur le marché du travail et l’accès à des formations professionnelles. Le parcours se compose de six modules et s’achève par l’examen PD2.

Danish Education 3 (DU3) Réservé à un public plus diplômé (études supérieures courtes ou longues, bonne maîtrise d’au moins une langue étrangère). L’accent y est mis sur le danois académique, la grammaire fine, la rédaction de textes complexes, les présentations orales structurées. DU3 compte cinq modules conduisant à l’examen PD3, puis un sixième module, la Studieprøven, examen de niveau C1 exigé pour l’admission dans les formations de l’enseignement supérieur en danois.

Avant d’intégrer un cours, chaque nouvel arrivant passe par une évaluation de niveau et un entretien. L’école (souvent en lien avec le jobcenter de la commune) décide alors de l’orientation dans DU1, DU2 ou DU3. Il ne s’agit pas seulement de tester le danois, mais aussi de prendre en compte la scolarité passée, la familiarité avec l’écrit, la pratique d’autres langues.

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Les examens d’État danois (PD1, PD2, PD3, Studieprøven) ont lieu deux fois par an, en été et en hiver.

Un investissement qui compte pour la résidence et la citoyenneté

La réussite de ces examens n’est pas qu’une ligne sur un CV. Elle conditionne l’accès à des statuts administratifs clés :

Résidence permanente : la réglementation associe l’obtention du permis de séjour à long terme à la réussite d’un examen de danois d’État. Les niveaux exacts requis peuvent évoluer, mais se situent typiquement autour de PD2.

Citoyenneté danoise : pour déposer une demande, il faut avoir réussi PD3 et un test de connaissances civiques, tous deux en danois.

Entrée à l’université en danois : la Studieprøven est le sésame administratif pour candidater à des cursus enseignés uniquement en danois.

Autrement dit, les cours publics de danois ne sont pas seulement un service d’intégration sympathique. Ils constituent l’épine dorsale de tout un système juridique et éducatif. Même si l’on suit d’autres formations en parallèle (private schools, cours en ligne), il est crucial de comprendre ce fonctionnement et d’intégrer les examens d’État dans sa feuille de route si l’on envisage une installation sur plusieurs années.

Public, privé, en ligne : panorama des options pour apprendre le danois

La bonne nouvelle pour un expatrié au Danemark, c’est l’abondance d’options. L’envers de la médaille, c’est la difficulté à s’y retrouver. Entre les centres de langue agréés, les écoles privées, les cours universitaires, les applis et les tuteurs en ligne, il faut arbitrer selon son statut, son temps, son budget et son style d’apprentissage.

Les centres de langue publics : la colonne vertébrale

Les cours publics de danois pour adultes sont délivrés par un réseau de centres répartis dans tout le pays. Beaucoup sont membres de l’association De Danske Sprogcentre, qui regroupe plus de 50 écoles agréées. Ce réseau a deux particularités importantes : ce sont les seules institutions habilitées à offrir les “Danskuddannelser” officielles (DU1, DU2, DU3) et les seules autorisées à faire passer les examens d’État requis pour la résidence permanente et la citoyenneté.

Parmi ces centres, on trouve par exemple :

Centre de langueVille / RégionType d’offre principale
UCplus SprogcenterCopenhague, Skovlunde, Ringkøbing, Silkeborg, Sønderborg, TønderDanskuddannelse officielle, cours sur campus, formations entreprises
Speak – School of DanishHellerup, Frederiksberg, Lyngby, HelsingørDU1–3, FVU, cours spécialisés (médical, étudiants, entreprises)
Sprogcenter MidtHorsens, Herning, SkanderborgDU1–3, collaboration avec universités/jobcenters
StudieskolenCopenhagueDU1–3 gratuits, cours intensifs, préparation examens

L’organisation pratique est assez souple : la plupart des centres proposent des cours en journée, en soirée ou le samedi, parfois en mode hybride (présentiel + en ligne). Les entrées se font généralement au fil de l’eau, sans attendre une nouvelle année scolaire. Beaucoup disposent aussi d’un centre d’étude ou d’un “café devoirs” où l’on peut venir travailler avec un enseignant en dehors des heures de classe.

Les écoles privées : flexibilité maximale, mais sans diplôme d’État

À côté du réseau public, un marché dynamique d’écoles privées s’est développé, surtout à Copenhague et dans les grandes villes. Ces écoles ne sont pas financées par l’État : elles facturent donc leurs cours, mais offrent en échange une grande flexibilité et un accent souvent plus fort sur la prononciation, la conversation ou les besoins professionnels.

Bon à savoir :

Cette section présente les informations clés et les détails importants que le lecteur doit absolument connaître pour bien comprendre le sujet abordé.

Pas de CPR requis : contrairement aux centres publics, beaucoup d’écoles privées acceptent les inscriptions sans numéro CPR, ce qui peut être précieux en début de séjour ou pour les conjoints encore en procédure.

Pas de dépôt : pas de caution de 2000 DKK, on paie directement les frais de scolarité.

Diplômes non officiels : même si certaines préparent très bien aux examens d’État, la participation à un module privé ne donne pas de certificat officiel reconnu pour la résidence ou la citoyenneté.

Parmi les acteurs privés spécialisés :

École privéeSpécificitésPublic cible
Kartoffeldansk (Copenhague)Petits groupes max. 6 personnes, fort accent sur la prononciation réelle, cours privés et semi‑privés, préparation PD3, enseignantes toutes diplômées en didactique du danoisExpats motivés, souvent déjà installés, souhaitant un suivi serré
Danskbureauet (Copenhague et en ligne)Cours individuels ou en petits groupes, forte adaptation aux besoins pro, premier cours privé gratuit, suivi sur mesureCadres, conjoints de chercheurs, profils très occupés
Speak (sections “business” et cours sur mesure)Formations entreprises, cours intensifs métiers (médecins, infirmiers, dentistes)Professionnels de la santé et entreprises internationales

Ces écoles sont particulièrement intéressantes pour les expatriés qui ont déjà un bon anglais, un agenda chargé et un besoin précis (par exemple, réussir PD3 rapidement, ou travailler une prononciation qui bloque dans les échanges avec des collègues).

Les cours universitaires et sur campus

Plusieurs universités danoises ont mis en place des dispositifs spécifiques pour leurs étudiants et salariés internationaux. C’est le cas, par exemple, de l’Université de Copenhague, qui applique une politique de bilinguisme danois/anglais, mais considère la maîtrise du danois comme un atout pour une carrière au long cours.

Cours de danois sur les campus

Plusieurs initiatives permettent aux étudiants internationaux d’apprendre le danois gratuitement ou à faible coût directement sur leur lieu d’études.

Centres partenaires sur campus

Des centres comme Speak ou UCplus proposent des cours gratuits, financés par la commune, en fin d’après-midi sur certains campus.

Partenariats avec les grandes écoles

Les universités techniques, écoles de commerce et grandes institutions (DTU, SDU, KU, KEA, etc.) collaborent avec des prestataires comme UCplus pour offrir des cours sur place ou en ligne hybride.

Pour un expatrié déjà salarié d’une université ou d’un grand établissement, il vaut donc la peine de vérifier ce qui est proposé en interne avant d’explorer les options privées.

Le monde en ligne : applis, cours structurés et tuteurs

Même avec une bonne offre locale, rares sont les expatriés qui se contentent d’un seul canal. Le plus souvent, on combine :

– un cours officiel (pour le cadre, la progression CECR et les examens),

– des ressources en ligne (pour la flexibilité et la pratique quotidienne),

– et, dès que possible, des interactions réelles (café langue, tandem, bénévolat).

Côté ressources numériques, l’offre est pléthorique. On peut les regrouper en grands types.

Applications “tout‑en‑un” et plateformes de cours

Certaines solutions proposent de vraies progressions structurées, avec vocabulaire, grammaire, dialogues, exercices et parfois accompagnement humain :

RessourceAtout principalLimites typiques
DanishClass101Bibliothèque massive d’audios/vidéos, niveau débutant à intermédiaire, explications en anglais, appli et podcastNécessite de trier pour suivre une progression cohérente
PimsleurAudio pur 100 % oral, idéal en voiture ou en marche, focus sur l’expression automatiquePas de lecture ni de grammaire explicite, pas adapté seul pour passer un examen
BabbelParcours structuré avec reconnaissance vocale, bon pour bases et conversation utileContenu limité pour les niveaux très avancés
Mango LanguagesApprentissage par “morceaux de phrases” fréquentes, travail prononciationMoins dense sur la grammaire fine
Speakdanish.dkCiblé sur la prononciation et la grammaire danoise, très spécialiséInterface austère, nécessite motivation
Dansk her og nuCours gratuit financé par les autorités danoises, bon complément au système publicContenus en danois, difficile pour grands débutants sans soutien
IA Sprog / Copenhagen Language Center en ligneCours structurés avec tuteur, corrections régulièresEngagement de temps et de budget plus élevé

Applis ludiques et vocabulaire

D’autres outils se concentrent sur l’acquisition de mots et d’expressions via le jeu, les répétitions espacées et les mini‑défis :

Duolingo, Ling, Mondly, Memrise, Drops, FunEasyLearn Utiles pour constituer un socle lexical, garder un contact quotidien avec la langue et transformer les “temps morts” (trajet, file d’attente) en minutes de révision. Elles ne suffisent pas pour maîtriser la prononciation danoise ou les nuances de grammaire, mais elles sont précieuses pour développer un réflexe de régularité.

Clozemaster, LingQ, Loecsen, Lexin Billedtema Plus adaptés aux apprenants ayant déjà un peu de vocabulaire. Clozemaster et LingQ travaillent surtout la compréhension écrite en contexte ; Lexin Billedtema est pratique pour associer images, sons et mots.

Astuce :

Pour gérer son propre système de révision, des applications comme Anki ou Brainscape permettent de créer des cartes mémoire personnalisées. Ces cartes peuvent intégrer de l’audio, des exemples et des traductions, une méthode très efficace pour ancrer durablement le vocabulaire dans la mémoire à long terme.

Tuteurs et coachs de danois en ligne

Enfin, il existe un vaste écosystème de tuteurs individuels accessibles depuis n’importe où au Danemark. Des plateformes comme Preply, italki, Verbling, AmazingTalker ou TUTOROO regroupent des dizaines d’enseignants, natifs ou très avancés, avec des expériences variées (professeurs de sprogskole, coachs d’entreprise, profs d’université, polyglottes passionnés).

Les tarifs varient généralement entre 25 et 100 USD pour 50 minutes, selon l’expérience et la spécialisation. Certains se concentrent sur la préparation aux examens PD2, PD3 et Studieprøven, d’autres sur la conversation de survie pour la vie quotidienne, d’autres encore sur le langage professionnel pour les médecins, les ingénieurs ou les managers.

L’intérêt pour un expatrié est double :

Prononciation et confiance : l’un des défauts des grands cours publics est de laisser peu de temps à chacun pour être corrigé à l’oral. Un tuteur permet de travailler spécifiquement sur les sons difficiles, le stød, la fluidité, et de briser la peur de parler.

Flexibilité : en travaillant en visioconférence, on peut caser une leçon tôt le matin ou tard le soir, adapter le rythme aux périodes plus ou moins chargées, et axer chaque séance sur des besoins immédiats : mail à envoyer, entretien d’embauche, préparation à un rendez‑vous chez le médecin, etc.

Pour un expatrié qui jongle entre un emploi, une famille et des obligations administratives, cette flexibilité peut faire la différence entre “je laisse tomber” et “je progresse petit à petit”.

Méthodes pour apprivoiser une langue très orale dans un pays très anglophone

Même avec toutes ces ressources, beaucoup d’étrangers installés au Danemark butent sur les mêmes obstacles : difficile de trouver des occasions de parler (les Danois passent vite à l’anglais), démotivant de ne pas comprendre les conversations autour de soi, frustrant d’avoir l’impression de “stagner” malgré des cours assidus. La clé est alors moins dans le choix de l’appli parfaite que dans la façon de travailler au quotidien.

Se fixer un objectif réaliste… et utile

Pour survivre quelques semaines, quelques mots et expressions suffisent : hej, tak, undskyld, hvor er toilettet ?, hvad koster det ?. Mais pour vivre au Danemark plus de quelques mois, il est utile de formaliser un objectif personnel clair.

Exemples d’objectifs typiques :

À 6 mois : être capable de mener une petite conversation simple avec ses collègues à la pause café, comprendre l’essentiel des mails de la crèche ou de l’école, demander de l’aide en pharmacie.

À 12–18 mois : pouvoir suivre la majorité des réunions informelles au travail, participer à un cours du soir, parler avec les autres parents au bord du terrain de foot, passer un premier examen de danois (module test ou PD2/PD3 selon le parcours).

– À 3–4 ans : viser PD3 ou la Studieprøven, être autonome dans les démarches administratives et les interactions professionnelles complexes, envisager un changement de poste ou une formation en danois.

L’idée n’est pas de se mettre la pression, mais de donner du sens aux efforts quotidiens. Un objectif trop flou (“parler couramment”) est démotivant ; un objectif précis (“suivre sans sous‑titres un épisode d’un podcast danois d’ici six mois”) permet de mesurer ses progrès.

Travailler la prononciation dès le début

Étant donné la complexité de la phonétique danoise, repousser la prononciation à plus tard est une erreur fréquente. Il est préférable d’y consacrer du temps dès les tous premiers mois :

Astuce :

Pour perfectionner votre prononciation, plusieurs méthodes sont efficaces : regardez des vidéos explicatives ciblant les sons difficiles (comme le *d* mou, le *r*, les voyelles arrondies ou le *stød*), utilisez des dictionnaires de prononciation en ligne pour écouter des natifs prononcer des mots, et enregistrez-vous régulièrement pour vous réécouter et identifier vos erreurs afin de les corriger.

Certaines ressources proposent des méthodes de “shadowing lent” : on écoute une phrase prononcée clairement, on la répète en même temps que le locuteur autant de fois que nécessaire, en se concentrant uniquement sur la musicalité et les sons, sans se soucier de la perfection grammaticale. Couplées à des ateliers de prononciation dans des écoles comme Speak ou à des cours privés axés sur l’oral, ces techniques permettent de franchir un palier décisif.

S’immerger sans être submergé

On conseille souvent de “regarder des séries danoises avec des sous‑titres” ou de “lire la presse locale”. Très bien, mais encore faut‑il le faire intelligemment.

Une approche efficace consiste à :

Bon à savoir :

Pour progresser efficacement, choisissez des contenus adaptés comme des émissions au débit ralenti, des séries pour adolescents, des podcasts au langage courant ou des journaux en ‘facile à lire’. Limitez la durée à 10-15 minutes d’écoute attentive par jour plutôt qu’une longue exposition passive. Travaillez en plusieurs passes : une première écoute globale pour repérer des mots, une deuxième avec les sous-titres, puis une troisième pour vous concentrer et répéter des phrases clés.

Plutôt que de multiplier les supports, il est souvent plus rentable de revoir ou réécouter le même contenu plusieurs fois. Le cerveau se familiarise progressivement avec les sons et repère de plus en plus de détails. La régularité (tous les jours ou presque) compte davantage que l’intensité ponctuelle.

Trouver des partenaires de conversation et des cadres sociaux

Le principal paradoxe au Danemark, c’est que tout le monde parle anglais mais que les occasions de parler danois sont rares pour les étrangers. Les Danois, par politesse, passent spontanément à l’anglais dès qu’ils repèrent un accent ou une hésitation. Résultat : des expatriés qui comprennent un peu de danois, mais ne le parlent jamais.

Pour casser ce cercle, il vaut la peine de chercher des espaces où le danois est la norme, mais où l’on accepte les apprenants :

Pratiquer le danois de manière informelle

Plusieurs initiatives conviviales et souvent gratuites permettent de pratiquer la langue danoise en dehors des cadres formels, favorisant les échanges et l’immersion culturelle.

Cafés langues

Organisés par des bibliothèques, associations, universités ou le Croissant-Rouge danois. Discussions en petits groupes encadrées par des bénévoles. Généralement gratuits, sans inscription et dans une ambiance bienveillante.

Programmes de tandem linguistique

Certaines universités ou organisations (comme Aarhus University) mettent en relation des Danois et des étrangers pour un échange linguistique. La fréquence, le format (café, balade, visio) et la répartition des langues sont définis ensemble.

Rencontres intergénérationnelles

Des initiatives comme Elderlearn mettent en contact des apprenants de danois et des personnes âgées danoises. Une opportunité d’immersion culturelle et linguistique à travers le partage d’histoires et de conversations.

À côté des dispositifs formels, il est possible de “se fabriquer” des contextes de pratique en rejoignant des clubs de sport, des associations de quartier, des chorales, des collectifs politiques locaux ou des groupes de parents. L’important est d’oser signaler que l’on souhaite parler danois, quitte à demander parfois explicitement : “On peut rester en danois, même si je fais des erreurs ?”.

Composer avec la fatigue et la motivation

La vie d’expat au Danemark n’est pas un long fleuve tranquille : nouvelles règles administratives, climat à apprivoiser, codes sociaux à décoder, parfois recherche d’emploi ou reconversion. Rajouter “apprendre le danois” au milieu de tout cela peut sembler écrasant.

Les approches les plus durables partagent quelques principes simples :

Des séances courtes mais fréquentes : 10–20 minutes par jour valent mieux qu’un “marathon” de 3 heures tous les dimanches.

Des objectifs miniatures : apprendre 3–4 mots par jour, revoir une seule leçon de son appli, écouter un court podcast en préparant le dîner.

L’acceptation des pauses : il peut y avoir des semaines ou des mois où le danois passe en second plan. L’important est de revenir régulièrement, sans culpabilité excessive.

La valorisation des petites victoires : premier coup de téléphone en danois, première prise de rendez‑vous chez le médecin sans passer par l’anglais, première conversation avec un voisin à la sortie des poubelles. Ces moments sont des jalons essentiels.

Avec le temps, ces habitudes modifient la façon dont on se perçoit : on n’est plus “l’expat qui ne parle pas la langue”, mais “quelqu’un qui apprend le danois et progresse”, ce qui change beaucoup de choses dans les interactions quotidiennes.

Stratégie globale pour un parcours d’expatrié au Danemark

Face à la profusion de ressources et à la complexité administrative, il peut être utile de penser son apprentissage du danois comme un projet à long terme, structuré mais adaptable.

Une feuille de route type pourrait ressembler à ceci :

Premiers mois S’inscrire rapidement à un centre de langue officiel, payer le dépôt si nécessaire pour enclencher le droit à 5 ans de cours gratuits, commencer un parcours DU2 ou DU3 selon le profil. En parallèle, installer une ou deux applis de base, apprendre les expressions de survie, écouter de la radio danoise en fond sonore pour se familiariser.

Attention :

Entre 6 et 18 mois d’apprentissage, il est conseillé de stabiliser une routine quotidienne combinant cours et pratique autonome. Il faut commencer à pratiquer dans des contextes sociaux comme un café des langues ou un tandem. L’ajout d’un tuteur en ligne peut être bénéfique pour travailler la prononciation ou préparer un examen. L’objectif est de viser la réussite d’un ou deux examens intermédiaires, voire du PD2 ou PD3 selon l’intensité de l’étude.

2 à 5 ans Selon ses projets, planifier la préparation d’un examen clé (PD3 pour la citoyenneté, Studieprøven pour les études, test requis pour un titre de séjour). Intensifier les usages réels : réunions en danois, lectures de presse, engagement associatif ou politique local. À ce stade, le danois devient non seulement un outil pratique, mais une véritable langue de pensée possible.

Chaque parcours reste individuel : certains atteignent un niveau C1 en un an et demi grâce à une immersion totale et des cours intensifs ; d’autres mettent cinq ans à accéder à un niveau intermédiaire solide en parallèle d’un emploi à temps plein et d’une vie de famille. L’enjeu n’est pas la vitesse, mais la constance.

En conclusion : faire du danois un allié plutôt qu’un obstacle

Apprendre le danois en s’installant au Danemark n’est ni une formalité ni une mission impossible. C’est un chantier de fond, au croisement de la grammaire, de la phonétique, des politiques d’intégration et de la vie quotidienne dans un pays où presque tout le monde vous proposera spontanément l’anglais.

Le système de cours subventionnés, la densité du réseau de centres de langue, la richesse des ressources en ligne et des tuteurs, les nombreux cafés langues et programmes de tandem constituent une infrastructure extrêmement favorable, à condition de savoir l’utiliser et de s’y engager dans la durée.

Bon à savoir :

Maîtriser la langue danoise ouvre de nombreuses perspectives : un accès élargi au marché de l’emploi, une compréhension approfondie de la société, un sentiment d’appartenance et une autonomie dans les démarches administratives. Cela permet également d’accompagner ses enfants dans leur scolarité, d’envisager des études ou une carrière en danois et, pour ceux qui le souhaitent, d’acquérir à terme la citoyenneté danoise.

La barrière de la prononciation, le fameux stød, les voyelles en pagaille et les nombres farfelus ne disparaîtront pas. Mais en approchant la langue avec méthode, en choisissant les bons dispositifs et en multipliant les occasions de parler, on découvre peu à peu que derrière la réputation de difficulté se cache une langue étonnamment logique, riche et, surtout, profondément liée à la vie quotidienne et à la culture du pays dans lequel on a choisi de vivre.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire sa pression fiscale, diversifier ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs options attractives (Portugal, Pays-Bas, Belgique, Danemark), la stratégie retenue a consisté à cibler le Danemark pour sa fiscalité stable, la qualité de ses services publics, sa forte sécurité juridique, ainsi que son environnement économique dynamique au sein de l’UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence et choix d’un logement adapté, coordination sécurité sociale française / danoise, transfert de résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français (183 jours/an, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, agents immobiliers, francophones/anglophones) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration des placements pour tenir compte de la fiscalité danoise et de la convention FR‑DK).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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