Les soins de santé pour les expatriés au Danemark : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Danemark séduit par la qualité de vie, la sécurité et le sens de l’équilibre entre travail et vie privée. Mais pour un expatrié, un point crucial reste souvent flou jusqu’au dernier moment : comment fonctionnent concrètement les soins de santé pour les expatriés au Danemark, qui paie quoi, et comment être vraiment couvert dès le premier jour ?

Bon à savoir :

Le système de santé public danois est généreux et numérique, mais procédural. L’obtention d’un numéro CPR (registre civil) est indispensable pour y accéder. Il est crucial d’en comprendre la logique, les démarches et les limites de la couverture, notamment pendant les premiers mois d’installation ou pour les familles, afin d’éviter les mauvaises surprises.

Cet article propose un panorama complet, pratique et chiffré des soins de santé pour les expatriés au Danemark, en suivant votre parcours réel : avant le départ, à l’arrivée, après l’obtention du CPR, puis sur tous les aspects sensibles (médecin généraliste, urgences, médicaments, maternité, santé mentale, dentaire, assurance privée, etc.).

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Un système universel, financé par l’impôt… mais réservé aux résidents enregistrés

Le Danemark dispose d’un système de santé universel, financé par l’impôt, souvent classé parmi les meilleurs au monde. Tous les résidents enregistrés bénéficient d’une couverture publique très large, gratuite au point d’utilisation pour la plupart des soins.

La logique est simple : vous payez des impôts (taxe sur le revenu, très progressive, avec un niveau global pouvant atteindre la fourchette basse/moyenne des 50 %), et en retour, l’État et les régions financent la grande majorité des dépenses de santé. En 2016, les dépenses publiques représentaient 84 % de la dépense de santé totale, soit 8,7 % du PIB, pour un total de 10,4 % du PIB en incluant le privé.

Mais l’accès à cette générosité repose sur une clé incontournable : l’enregistrement au registre civil danois et l’obtention d’un numéro CPR.

Un système décentralisé, très structuré

Le système est national par son financement, mais décentralisé dans son fonctionnement.

Répartition des compétences dans le système de santé

Le système de santé finlandais est organisé selon une répartition claire des responsabilités entre le gouvernement central, les régions et les communes.

Gouvernement Central

Définit le cadre légal (Loi sur la santé), les grandes priorités nationales, les normes de qualité des soins et la réglementation. Assure la répartition des enveloppes financières globales aux niveaux inférieurs.

Cinq Régions

Gèrent les hôpitaux et la plupart des soins spécialisés. Assurent le financement des médecins généralistes et spécialistes libéraux exerçant dans le système public.

98 Communes

Gèrent les soins de longue durée, les soins à domicile, les maisons de retraite, une partie de la prévention, certains soins dentaires et la rééducation générale.

Cette architecture a une conséquence directe pour un expatrié : selon l’endroit où vous vivez, certains services pratiques (soins à domicile, rééducation, soutien psychologique, services scolaires de santé) peuvent légèrement varier, même si les grands principes de couverture sont nationaux.

Qualité et performance : un pays très bien classé

Le système danois est réputé performant :

90

Environ 90 % des Danois déclarent être satisfaits des soins reçus dans leur système de santé.

Pour un expatrié, cela signifie que, une fois dans le système, la qualité des soins est généralement au rendez-vous, avec des standards élevés de sécurité, de traçabilité et de prise en charge.

CPR et carte jaune : votre passeport pour les soins

Au Danemark, l’accès pratique aux soins publics ne commence pas à l’arrivée à l’aéroport, mais au moment où vous obtenez votre numéro CPR (Central Person Register). Sans lui, vous n’êtes pas couvert par l’assurance maladie publique, sauf urgences vitales facturées ensuite.

Qui peut obtenir le CPR et quand ?

Le critère clé n’est pas la nationalité, mais la résidence légale et durable.

Sont notamment éligibles :

Les expatriés qui viennent travailler au Danemark pour plus de trois mois (six mois pour certains citoyens nordiques ou UE/EEE dans des cas spécifiques).

Les ressortissants de l’UE/EEE/Suisse s’installant au Danemark avec un document de résidence européen.

– Les non-EU/EEE avec un permis de séjour et/ou de travail valide.

– Les enfants d’expatriés, dès leur premier jour de présence.

– Les demandeurs d’asile et immigrés enregistrés, après validation de leur statut.

Les visiteurs de moins de trois mois, les touristes ou les personnes en attente de permis sans CPR ne sont pas couverts par la sécurité sociale danoise (hors urgences, payantes), et doivent donc prévoir une assurance privée ou voyage.

Démarches pour le CPR : un passage obligé

L’obtention du CPR se fait auprès du service citoyen (Borgerservice) de votre commune ou via une des antennes International Citizen Service (ICS) pour les grandes villes. La procédure est assez standardisée.

Les grandes étapes :

1. Adresse fixe au Danemark Il faut un logement (contrat de location ou attestation d’hébergement) et y résider effectivement. La durée minimale exigée sur place avant enregistrement varie généralement entre 1 et 3 mois selon la commune, mais l’inscription doit être faite dans les 5 jours suivant le remplissage des conditions de résidence légale.

– 2. Dossier et rendez-vous en personne Vous devrez vous présenter physiquement avec :

– Passeport ou carte d’identité.

– Preuve d’adresse.

– Pour les non UE/EEE : permis de séjour / travail.

– Pour les citoyens UE/EEE : certificat de résidence UE.

– Le cas échéant, documents d’état civil (mariage, divorce, naissance des enfants, garde, etc.). Les documents doivent être en danois, anglais ou allemand.

3. Attribution du numéro CPR Le CPR comporte 10 chiffres : date de naissance (JJMMAA) + 4 chiffres, le dernier indiquant le sexe (impair pour un homme, pair pour une femme). C’est votre clé unique pour toutes les administrations (santé, impôts, banque, etc.).

4. Inscription automatique à l’assurance santé publique Avec le CPR, vous êtes automatiquement affilié au système de santé public.

Attention :

La carte d’assurance maladie danoise (sundhedskort) est envoyée à votre adresse locale dans un délai de 2 à 4 semaines. Pour que le courrier soit délivré, votre nom doit être indiqué sur votre boîte aux lettres. Dans le cas contraire, la carte sera conservée au Borgerservice et vous devrez la retirer sur place.

En attendant la carte physique, un document temporaire fourni lors de l’enregistrement permet déjà d’accéder aux soins.

Carte jaune : ce qu’elle contient et ce qu’elle permet

La carte jaune est votre sésame dans le système de santé danois. On y trouve :

Nom, adresse.

Numéro CPR.

Nom, adresse et téléphone de votre médecin généraliste (GP, praktiserende læge).

Elle doit être présentée à chaque consultation chez le médecin, à l’hôpital, chez le spécialiste conventionné, à la pharmacie. Elle sert aussi souvent de pièce d’identité locale. Une version numérique existe via une application mobile « Sundhedskortet ».

Avec la carte jaune, vous avez notamment droit à : des réductions sur certains services et activités.

Des consultations gratuites chez le médecin généraliste.

Des soins hospitaliers gratuits (publics) sur prescription ou en urgence.

– Un accès aux spécialistes conventionnés, sur orientation du généraliste.

– Des soins de maternité, pédiatriques et de santé mentale selon les règles publiques.

– La carte européenne d’assurance maladie (CEAM/EHIC) pour les voyages dans l’UE/EEE.

Choisir son médecin généraliste : la porte d’entrée du système

Au Danemark, le généraliste joue un rôle très central : dans environ 90 % des cas médicaux, c’est lui qui diagnostique, traite ou oriente. Pour un expatrié, bien choisir son GP est donc stratégique.

Groupes 1 et 2 : deux régimes d’assurance maladie publique

Lorsque vous recevez la carte jaune, vous êtes inscrit dans l’un des deux groupes d’assurance publique :

CaractéristiqueGroupe 1 (≈ 98 % des résidents)Groupe 2 (≈ 2 % des résidents)
Médecin traitantOui, un GP attitréNon, libre choix direct
Rôle de « gatekeeper »Oui, indispensable pour la plupart des spécialistesPas de passage obligatoire par un GP
Accès aux spécialistesSur orientation du GP (sauf dentiste, ophtalmo, ORL)Direct, sans orientation
Paiement des consultationsGratuit (pas de dépassement possible)Copaiement : l’assurance rembourse un forfait, le reste est à votre charge
Souplesse de choixMoindre, mais parcours très encadréPlus grande liberté, coût potentiel plus élevé

La quasi-totalité des Danois choisit le Groupe 1, qui garantit la gratuité des consultations généralistes et l’accès au système public dans son mode standard. Pour un expatrié, c’est généralement le choix le plus rationnel, sauf besoin très particulier de voir des spécialistes directement et souvent.

Bon à savoir :

Il est possible de changer de médecin traitant ou de groupe médical. Cette démarche peut parfois entraîner des frais administratifs, généralement compris entre 165 et 200 DKK pour l’émission d’une nouvelle carte dans certains cas. Le choix ou le changement s’effectue soit en vous rendant au Borgerservice, soit en ligne via la plateforme « sundhed.dk ».

Accès pratique au généraliste

Dans la plupart des cabinets :

Astuce :

Les horaires de consultation standard sont du lundi au vendredi, de 8h à 16h. Pour prendre rendez-vous, il faut souvent appeler le cabinet le matin, généralement entre 8h et 9h. De nombreux cabinets proposent également une prise de rendez-vous en ligne via des plateformes sécurisées comme « sundhed.dk » ou « Lægevejen.dk », qui nécessitent une connexion avec MitID ou NemID et permettent aussi un échange d’e-mails sécurisé. Le délai d’attente habituel pour un rendez-vous est de 1 à 2 semaines, mais il peut être réduit pour les cas considérés comme urgents. Dans les grandes villes, de nombreux médecins parlent anglais. En zone rurale, la maîtrise de l’anglais est plus variable, mais il est possible de demander l’intervention d’un interprète si nécessaire.

En cas de problème en dehors des horaires de consultation, vous contactez la garde médicale (lægevagten), gérée régionalement. Dans la Région Capitale, une ligne spécifique (1813) permet d’évaluer par téléphone la situation et de vous orienter (conseil, prise de rendez-vous en service d’urgence, envoi d’ambulance…).

Ce que couvre (vraiment) le système public – et ce qui reste à votre charge

Une fois inscrit avec un CPR et une carte jaune, vous jouissez d’une couverture publique très large, mais pas totale. Voici comment cela se répartit.

Soins entièrement pris en charge

Sont gratuits au point de service pour les résidents enregistrés :

Soins de premier recours Consultations chez le généraliste, prévention, bilans, suivi des maladies chroniques.

Soins spécialisés sur orientation Consultations chez les spécialistes conventionnés après orientation du GP, y compris psychiatrie, gynécologie, cardiologie, etc. (sauf schémas spécifiques pour certains actes ou groupes 2).

Soins hospitaliers Hospitalisation, chirurgie, médicaments administrés à l’hôpital, urgences hospitalières, soins de jour.

Soins de maternité publics Suivi de grossesse standard, accouchement en hôpital public ou à domicile avec sage-femme, visites postnatales, deux échographies gratuites (vers 11–14 semaines, puis 18–20 semaines).

Santé des enfants Soins dentaires pour les moins de 18 ans, vaccinations infantiles, suivi en PMI (visites à domicile, santé scolaire), dépistages (cancer, etc.), prise en charge des maladies graves.

Soins de longue durée et à domicile (partiellement) Soins infirmiers à domicile lorsque prescrits, une grande partie des soins palliatifs, hospices, certaines aides permanentes pour personnes âgées.

Bon à savoir :

Pour les résidents couverts, ni les hospitalisations, même pour des opérations lourdes, ni les longs séjours en psychiatrie ne génèrent de facture directe. Cette absence de ticket modérateur est généralisée et constitue un avantage financier majeur.

Soins partiellement remboursés ou non couverts

En revanche, certains domaines restent à la charge du patient, parfois avec des subventions, parfois non. Pour un expatrié, c’est souvent là que l’assurance privée entre en scène.

Type de serviceNiveau de prise en charge publique (ordre de grandeur)
Médicaments en ambulatoireSubventions progressives selon la dépense annuelle, avec plafond de reste à charge ≈ 4 030 DKK/an
Soins dentaires adultesGénéralement 35–60 % à charge du patient pour les soins de base ; certaines aides ciblées
Physiothérapie, chiropraxie, psychologiePartiellement remboursées si orientation GP ; reste significatif
Optique (lunettes, lentilles)Pas de couverture standard (hors cas médicaux particuliers)
Vaccins de voyageÀ la charge du patient
Soins esthétiques, certains traitements de fertilité, médecines alternativesNon couverts

Les paiements directs des ménages représentaient 13,7 % de la dépense totale de santé en 2016, concentrés sur les médicaments, le dentaire et les spécialistes privés.

Médicaments et pharmacies : comment ça marche

Les pharmacies (Apotek) ont le monopole de la dispensation des médicaments sur ordonnance, et d’une large part des médicaments en vente libre. Le secteur pharmaceutique est très encadré :

Exemple :

Au Danemark, les pharmacies opèrent sous licence de l’Agence danoise des médicaments. Leur modèle se caractérise par un contrôle strict des marges pour garantir des prix uniformes sur le territoire. Leur force réside dans un rôle de conseil très développé : les équipes, composées de pharmaciens et de pharmaconomists (techniciens spécialisés), fournissent systématiquement des informations aux patients sur la posologie, les interactions médicamenteuses et les conditions de remboursement.

Le mécanisme de remboursement des médicaments est basé sur la dépense annuelle individuelle :

Cumul annuel de dépenses remboursables (ordre indicatif)Taux de remboursement approximatif (adultes)
0 – ≈ 1 045 DKK (≈ 130 €)0 % (sauf enfants < 18 ans : min. 60 %)
Au-delà de ce seuilRemboursement croissant (paliers à 50 %, 75 %, 85 %)
Plafond annuel de reste à charge médicaments≈ 4 030 DKK (≈ 548 USD)

Concrètement, plus vous dépensez en médicaments remboursables au cours de l’année, plus la part prise en charge augmente, jusqu’à un plafond où votre reste à charge additionnel devient très faible.

Pour un expatrié atteint de maladie chronique nécessitant des traitements coûteux, il est crucial de vérifier :

si la molécule ou le médicament de marque est remboursable au Danemark,

si des génériques sont proposés,

et comment la dépense annuelle va se répartir entre vous, la sécurité sociale et une éventuelle assurance complémentaire.

Urgences et soins hors heures ouvrables : qui appeler, où aller ?

En situation d’urgence, le Danemark dispose d’un système préhospitalier très structuré, coordonné et gratuit pour les résidents.

Numéros essentiels

112 : numéro d’urgence unique (ambulance, police, pompiers). L’appel est pris par un opérateur qui transfère vers un centre de coordination médicale d’urgence (EMCC) lorsque c’est médical. Des infirmiers, ambulanciers expérimentés et parfois médecins évaluent la situation selon un index national et déclenchent le bon niveau de réponse (ambulance simple, unité mobile médicalisée, hélicoptère, etc.). Le transport urgent est gratuit.

Bon à savoir :

En cas de besoin médical non vital mais urgent, composez le 1813 dans la Région Capitale pour obtenir un avis ou être orienté vers les urgences. Dans les autres régions du pays, ce service est assuré par les coopératives de médecins de garde (lægevagten).

En pratique :

– Pour un accident grave, un malaise suspect (AVC, infarctus, détresse respiratoire) : 112.

– Pour une douleur aiguë, une suspicion de fracture, une forte fièvre hors heures du GP : 1813 (Région Capitale) ou numéro de la lægevagt dans votre région.

– Pour un problème récent (moins de 24h) mais non vital : orientation vers les urgences (akutmodtagelse / skadestue) ou une consultation de garde.

Les dossiers de soins préhospitaliers sont saisis dans un dossier électronique national depuis 2015, ce qui favorise la continuité des soins entre ambulance, urgences et hospitalisation.

Hôpitaux : liberté de choix et système « délai d’attente maximum »

Environ 97 % des lits hospitaliers appartiennent au secteur public. Vous avez, en principe, la liberté de choisir votre hôpital public, même dans une autre région : l’argent « suit » le patient.

Astuce :

Une politique d’« extended hospital choice » existe : si le délai d’attente pour un traitement programmé dépasse 30 jours dans le secteur public, vous pouvez être orienté vers une clinique ou un hôpital privé conventionné, que ce soit au Danemark ou à l’étranger, aux frais du système public de santé.

Les temps d’attente pour un spécialiste restent toutefois relativement longs : en moyenne autour de 60 jours, avec près de 20 % des patients qui attendent plus de trois mois. C’est l’un des principaux moteurs du recours à l’assurance privée pour les Danois comme pour les expatriés.

Dentiste, lunettes, kiné : les angles morts de la couverture publique

Pour beaucoup d’expatriés, c’est souvent en allant chez le dentiste ou en achetant des lunettes que la réalité de la couverture danoise apparaît : l’essentiel est à votre charge.

Soins dentaires : très bon pour les enfants, très cher pour les adultes

Le système dentaire danois distingue clairement enfants et adultes.

Pour les moins de 18 ans :

Soins dentaires gratuits dans le système public : contrôles, soins conservateurs, orthodontie si cliniquement nécessaire.

– Possibilité de choisir un cabinet privé conventionné dans certaines limites.

Pour les adultes :

Bon à savoir :

Les soins dentaires ne sont pas intégralement pris en charge par les fonds publics. Des subventions existent pour les actes de base (diagnostic, détartrage, caries, gingivite), l’État couvrant généralement environ 40% des coûts, le reste étant à la charge du patient. Les soins plus complexes comme les prothèses, implants et couronnes bénéficient de très peu ou pas de soutien public, sauf dans des situations médicales ou sociales spécifiques (handicap, cancer de la tête et du cou, syndrome de Sjögren). Les tarifs des actes de base sont uniformisés par un accord entre les régions et l’Association dentaire, mais les actes complexes restent coûteux.

Quelques repères de prix moyens pour un adulte :

Type de soin dentaireFourchette de prix typique (DKK)
Contrôle de routine200 – 300
Détartrage250 – 400
Petite obturation (plomb)600 – 1 000
Traitement de racine2 000 – 5 000
Couronne5 000 – 7 000
Implant12 000 – 20 000

Les prix sont souvent plus élevés à Copenhague qu’en province. Pour absorber ces coûts, environ 1,9 million de Danois disposent d’une assurance dentaire ou d’une complémentaire santé qui inclut le dentaire.

Astuce :

Pour un expatrié, souscrire une assurance complémentaire couvrant les soins dentaires (locale ou internationale) est généralement recommandé. Une exception notable est si vous prévoyez de retourner dans votre pays d’origine pour effectuer des traitements dentaires importants ou coûteux.

Optique, kiné, psy : attention aux restes à charge

Lunettes et lentilles : pas de remboursement standard, sauf cas médicaux particuliers. Les frais sont en pratique entièrement à votre charge, d’où l’intérêt d’un contrat privé incluant l’optique.

Physiothérapie / kiné : partielle prise en charge si prescription du GP, mais avec un copaiement significatif à chaque séance.

Psychologie : des séances peuvent être subventionnées après orientation du GP dans certains cas (dépression légère à modérée, trouble anxieux, traumatismes spécifiques, etc.), mais avec des quotas de séances et des listes d’attente parfois longues. Beaucoup d’expatriés préfèrent recourir à des psychologues privés anglophones, remboursés ou non par une assurance santé.

Santé mentale : public saturé, privé plus accessible

La santé mentale est intégrée dans le système public danois, mais souffre de contraintes de capacité.

Accès public via le GP, qui peut orienter vers un psychologue conventionné ou un psychiatre.

Traitement gratuit ou fortement subventionné pour certaines indications, notamment pour les 18–24 ans dans le cadre d’un programme national pérennisé pour anxiété et dépression.

– Liste d’attente pouvant atteindre plusieurs semaines ou mois pour un psychologue, et jusqu’à un an pour un psychiatre dans le public.

– Langue : la majorité des prises en charge publiques sont en danois, avec des possibilités limitées en anglais selon les services.

En parallèle existe un vaste secteur privé :

Trouver un soutien psychologique au Danemark

Pour les expatriés et anglophones, plusieurs options de thérapie et de coaching sont disponibles, avec des tarifs et des modalités d’accès spécifiques.

Professionnels anglophones

Dans les grandes villes, il est possible de consulter des psychologues, psychothérapeutes et coaches pratiquant en anglais.

Tarifs des consultations

Les séances individuelles coûtent typiquement entre 700 et 1 500 DKK.

Plateformes en ligne internationales

Des services comme BetterHelp offrent une thérapie en ligne accessible aux expatriés.

Structures spécialisées

Certains cabinets, notamment à Copenhague, sont spécialement dédiés à l’accueil des internationaux.

De nombreuses assurances privées danoises et internationales remboursent une partie des séances de psychologue ou de psychothérapeute, à condition de consulter un professionnel autorisé. La mutuelle non lucrative Sygeforsikring “danmark” rembourse par exemple une partie des séances chez des psychologues agréés, parfois avec ou sans orientation du GP.

Pour un expatrié, surtout en phase d’adaptation, c’est un point critique à anticiper : isolement, barrière de la langue et choc culturel augmentent mécaniquement le risque d’anxiété ou de dépression. Une couverture santé privée avec volet psychologique apporte de la souplesse (choix du praticien, consultations en anglais, séances vidéo, délais plus courts).

Maternité et enfance : très bon niveau de prise en charge publique

Pour les expatriés qui envisagent une grossesse au Danemark, le système public offre une couverture solide, à condition d’être résident enregistré (CPR + carte jaune).

Suivi de grossesse et accouchement

La prise en charge classique inclut : la consultation médicale, les examens diagnostiques, le suivi des traitements et le soutien psychologique.

Consultations de suivi de grossesse chez le GP et la sage-femme.

– Deux échographies gratuites (une au premier trimestre, une au second).

Examens de dépistage (trisomie 21, anomalies fœtales) disponibles.

– Accès à un large réseau de maternités publiques, souvent de très bon niveau.

– Choix de l’hôpital dans la plus part des cas.

– Possibilité d’accouchement à domicile avec sage-femme.

– Présence principalement d’une sage-femme lors de l’accouchement, avec intervention médicale si besoin.

Bon à savoir :

Les soins standards liés à la grossesse et à l’accouchement sont pris en charge sans frais pour la mère. Seuls les actes supplémentaires non couverts, comme les échographies de confort ou certains tests particuliers, peuvent donner lieu à un paiement.

Beaucoup d’hôpitaux proposent des cours de préparation à la naissance, parfois en anglais (par exemple Rigshospitalet, Herlev, Hvidovre dans la région de Copenhague). L’allaitement est fortement encouragé, avec soutien de personnel spécialisé ; l’alimentation artificielle n’est généralement pas fournie d’emblée.

Sur le plan des revenus, des indemnités de maternité existent, avec un plafond maximal brut de l’ordre de 4 355 DKK par semaine selon le statut professionnel. Il faut toutefois vérifier son cas auprès de son employeur et de la commune.

Enfants : couverture large et continue

Les enfants bénéficient :

Protection Maternelle et Infantile (PMI)

La Protection Maternelle et Infantile (PMI) propose un ensemble de services essentiels pour assurer la santé et le bien-être des enfants dès leur plus jeune âge.

Soins dentaires gratuits

Prise en charge des soins dentaires pour tous les enfants jusqu’à l’âge de 18 ans.

Vaccinations et suivi pédiatrique

Programme systématique de vaccinations et de consultations de suivi pour surveiller la croissance et le développement de l’enfant.

Visites à domicile post-natales

Intervention à domicile de professionnels de santé après la naissance pour accompagner et conseiller les nouveaux parents.

Accès aux soins spécialisés

Orientation et accès privilégié à des consultations pédiatriques spécialisées en cas de besoin médical spécifique.

Un enfant né au Danemark peut obtenir un permis de séjour si l’un des parents possède un permis de séjour valide, en plus d’une éventuelle nationalité danoise si l’un des parents est danois.

Pour un couple expatrié, le Danemark est donc plutôt un environnement rassurant pour un projet de naissance, à condition de bien vérifier la période de carence éventuelle de votre assurance privée internationale et la compatibilité de vos besoins avec ce que propose le secteur public.

Assurance privée : complément indispensable ou option de confort ?

La générosité du système public pourrait laisser penser qu’une assurance privée est superflue. En pratique, pour un expatrié, elle peut s’avérer soit indispensable (avant d’obtenir le CPR, pour un court séjour, pour couvrir l’international), soit très utile (dentaire, lunettes, délais).

Trois situations typiques où une assurance privée est cruciale

1. Avant d’avoir le CPR Les premiers mois (ou semaines) suivant votre arrivée, vous ne bénéficiez pas encore de la couverture publique. Une urgence sera prise en charge, mais facturée. Une assurance santé internationale ou voyage solide est donc fortement recommandée.

2. Séjour de courte durée (< 3 mois) Touristes, consultants, séjours temporaires : pas de couverture publique, même si vous venez d’un pays à système universel. Les ressortissants UE/EEE/UK peuvent utiliser la CEAM/GHIC pour les soins médicalement nécessaires, mais cela ne remplace pas une assurance voyage complète (rapatriement, frais non couverts, secteur privé).

Astuce :

La couverture santé publique danoise est limitée à l’étranger. Bien qu’elle soit portable dans l’UE/EEE via la CEAM, elle ne prend pas en charge les soins privés hors du Danemark ni le rapatriement sanitaire sur de longues distances. Pour les expatriés effectuant des voyages fréquents ou ayant une mobilité internationale, il est souvent avantageux de souscrire une assurance santé internationale offrant une couverture dans plusieurs pays.

Types d’assurances complémentaires au Danemark

On distingue principalement :

Assurance complémentaire volontaire (locale) Principalement proposée par la mutuelle non lucrative Sygeforsikring “danmark”, qui couvre notamment :

Une partie des copaiements sur les médicaments en ambulatoire.

Des remboursements complémentaires sur le dentaire.

– Des contributions à certains soins (physiothérapie, etc.). Environ 42 % des Danois en disposent. Les cotisations de base tournent autour de 130 DKK par mois pour un adulte, augmentant avec l’âge.

Assurance supplémentaire privée (locale) Souvent fournie par l’employeur, vendue par des assureurs comme Tryg, Topdanmark, Gjensidige, Danica Pension, etc. Elle offre :

– Accès plus rapide à des cliniques et hôpitaux privés.

– Remboursement de séances de physiothérapie, psychologie, etc.

– Parfois un volet dentaire et optique.

Bon à savoir :

Proposée par des assureurs spécialisés, cette couverture est conçue pour offrir des soins dans plusieurs pays, avec des standards de confort élevés et souvent le choix d’établissements privés. Elle inclut des prestations étendues comme l’évacuation sanitaire, la maternité, la pédiatrie, les soins dentaires et optiques, ainsi que les soins préventifs.

Les coûts varient fortement selon l’âge, le pays de couverture, le niveau de garanties et la présence ou non des États‑Unis dans la zone assurée. Les ordres de grandeur évoqués dans les études évoquent souvent, pour une couverture privée :

Type d’assuranceOrdre de coût indicatif (adulte en bonne santé)
Complémentaire locale simple (“danmark”)≈ 130 DKK / mois (≈ 1 560 DKK / an)
Assurance privée locale plus large≈ 1 500 – 3 000 DKK / mois selon garanties
Assurance santé internationale (IPMI)≈ 100 – 300 USD / mois, plus si couverture incluant les USA

Pour un expatrié au Danemark, le bon compromis est souvent un hybride : profiter au maximum de la qualité du public danois, et compléter avec une assurance privée (locale ou internationale) ciblée sur les angles morts : dentaire, optique, délais, santé mentale, mobilité internationale.

Comment choisir une assurance adaptée à votre situation

Pour sélectionner un bon contrat, plusieurs questions clés à se poser :

Bon à savoir :

Le choix de votre assurance santé au Danemark dépend de votre situation. Pour un séjour de plusieurs années sans déplacements fréquents hors de l’UE, une complémentaire locale et la carte européenne d’assurance maladie peuvent être suffisantes. En revanche, si vous êtes souvent en déplacement, notamment en dehors de l’Union Européenne, une assurance santé internationale privée (IPMI) est généralement plus adaptée.

Zones non couvertes par le public Avez-vous des besoins importants en dentaire, physiothérapie, vision, psychothérapie ? C’est là que la différence entre polices locales et internationales va se jouer.

Préexistants et maternité Vous avez une pathologie chronique ou un projet de grossesse ? Beaucoup d’assurances internationales imposent des délais de carence (souvent 12 mois, voire plus) pour la maternité, et des exclusions ou surprimes pour les conditions préexistantes. Il est crucial d’anticiper.

Langue et accompagnement Avez-vous besoin d’un support en français ou en anglais 24/7, d’une application mobile pour les remboursements, d’un deuxième avis médical international ? Certains assureurs mettent en avant ces services comme éléments différenciants.

En pratique, comparer plusieurs offres (locales et internationales), lire en détail les exclusions (sports à risque, maternité hors délai, zones géographiques exclues) et, si possible, se faire accompagner par un courtier spécialisé expatriés est souvent payant.

Cas particuliers : touristes, étudiants, travailleurs frontaliers, sans‑papiers

Tous les étrangers au Danemark n’entrent pas dans la catégorie « expatrié résident avec CPR ». Il est important de bien distinguer ces cas si vous conseillez des proches ou si votre situation évolue.

Touristes, visiteurs de courte durée

– Pas de validité de la carte jaune, car pas de CPR.

– Les citoyens de l’UE/EEE/ Suisse / Royaume‑Uni peuvent utiliser leur CEAM / GHIC pour les soins « médicalement nécessaires » durant leur séjour (pas des soins programmés ni du privé).

– Les visiteurs hors UE/EEE doivent impérativement avoir une assurance voyage solide : les soins au Danemark sont d’excellente qualité… mais chers sans couverture.

Étudiants internationaux

Les étudiants internationaux avec CPR (c’est souvent le cas pour les programmes de plus de 6 mois) bénéficient de la couverture publique, y compris l’accès gratuit ou subventionné aux soins de santé de base.

Bon à savoir :

Les personnes séjournant moins longtemps ou n’ayant pas encore obtenu de titre de séjour doivent souscrire une assurance santé privée. Les ressortissants européens peuvent rester couverts par le système de leur pays d’origine.

Travailleurs frontaliers et cas transfrontaliers

Des accords particuliers existent, notamment pour les personnes vivant en Suède et travaillant au Danemark, ou pour les autres pays nordiques. Ces personnes peuvent, sous conditions, utiliser les services de santé danois (y compris dentaires) au moyen de cartes spécifiques et certificats particuliers (du type FK 5435 en Suède).

Personnes sans papiers

Les personnes sans titre de séjour ne sont pas incluses dans le système public classique. Elles peuvent cependant accéder à des soins aigus via une initiative volontaire et financée par des organisations comme l’Association médicale danoise, la Croix‑Rouge danoise et le Conseil danois pour les réfugiés. Il s’agit toutefois d’un filet de sécurité minimal, pas d’une couverture au sens habituel.

Un système très numérique : portails, dossiers électroniques, données

Pour un expatrié habitué à des systèmes fragmentés, la dimension numérique danoise est souvent une bonne surprise.

Bon à savoir :

Le portail national sundhed.dk centralise l’accès aux services médicaux (trouver un médecin, voir ordonnances, résultats, rendez-vous). Les dossiers médicaux électroniques (EHR) sont généralisés et interopérables via le réseau Medcom. Les ordonnances sont électroniques, facilitant renouvellements et suivi. La consommation de médicaments est enregistrée dans un registre national, permettant un suivi précis des traitements et de la santé publique.

Cela implique aussi une forte importance du CPR et de l’identité numérique (MitID) pour accéder à vos données et services en ligne.

Points à retenir pour un expatrié au Danemark

En résumé, pour naviguer intelligemment dans les soins de santé pour les expatriés au Danemark, quelques principes clés se dégagent :

1. Le CPR est la porte d’entrée de tout Sans numéro CPR et carte jaune, vous n’êtes pas couvert par la sécurité sociale danoise, sauf pour des urgences payantes. Anticipez vos démarches administratives dès votre arrivée (adresse, rendez‑vous au Borgerservice ou ICS).

2. Le généraliste est votre meilleur allié Il gère 90 % des problèmes, coordonne les soins, prescrit et oriente. Choisissez‑le en tenant compte de la langue, de la localisation et des disponibilités. Le système standard (Groupe 1) est adapté à l’immense majorité des expatriés.

Astuce :

Le système public de santé est très généreux pour les soins hospitaliers, les généralistes, la maternité, les soins pédiatriques et la santé mentale de base. Cependant, les adultes doivent prévoir un budget ou une assurance complémentaire pour les soins dentaires, l’optique, la kinésithérapie, les consultations psychologiques dans le privé et une partie des médicaments.

4. Les urgences sont efficaces et gratuites pour les résidents 112 pour les urgences vitales, 1813 ou la garde médicale pour les urgences non vitales, hôpitaux publics de haut niveau, possibilité d’hélicoptères de secours. La prise en charge aiguë est solide, même si vous êtes de passage, mais facturée en l’absence de couverture.

Astuce :

Avant d’obtenir le numéro CPR, pour des séjours courts, des voyages fréquents, ou pour combler les lacunes du système public (soins dentaires, optique, délais d’attente, santé mentale, maternité à l’étranger), souscrire une assurance locale ou internationale bien choisie constitue un investissement prudent, voire indispensable.

6. La barrière de la langue est réelle mais surmontable Beaucoup de médecins parlent anglais dans les grandes villes, des interprètes peuvent être demandés, et un nombre croissant de services et contenus sont disponibles en anglais. Pour des soins très spécialisés ou psychologiques, il est souvent pertinent de viser des praticiens anglophones ou francophones, éventuellement via le privé.

En comprenant ces mécanismes et en ajustant votre stratégie d’assurance en conséquence, le Danemark offre un environnement de santé particulièrement protecteur, à la fois pour les expatriés seuls et pour les familles. L’important est d’anticiper : administrativement (CPR), financièrement (complémentaire privée) et médicalement (dossier, médicaments, projets de grossesse), afin de profiter pleinement de la qualité d’un des meilleurs systèmes de santé au monde.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire durablement sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Portugal, Pays-Bas), la stratégie retenue a consisté à cibler le Danemark, combinant haut niveau de protection sociale, environnement économique stable et accès UE/Schengen. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat d’un logement principal, affiliation au système de santé danois, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, conseiller fiscal, spécialistes immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration internationale si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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