S’installer au Cameroun en tant qu’expatrié : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Cameroun tant qu’expatrié, c’est accepter un grand écart permanent : entre paysages spectaculaires et infrastructures parfois défaillantes, salaires locaux très bas et loyers d’expatriés élevés, chaleur humaine et climat sécuritaire complexe. Ce guide rassemble les principaux repères pratiques pour préparer une installation durable, avec un focus particulier sur Douala et Yaoundé, les deux grandes portes d’entrée du pays.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le pays dans lequel on arrive

Avant de réserver un vol et un logement, il vaut la peine de situar le Cameroun dans son contexte réel, loin des brochures touristiques.

Le pays, souvent surnommé « Afrique en miniature » pour la diversité de ses paysages et de ses cultures, se trouve au cœur de l’Afrique centrale et partage ses frontières avec le Nigeria, le Tchad, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Gabon et le Congo. Il s’ouvre sur l’Atlantique au niveau du golfe de Guinée. La population dépasse les 22 millions d’habitants selon certaines sources de fond, et les grandes agglomérations concentrent un poids démographique et économique majeur : Douala, capitale économique, et Yaoundé, capitale politique, dominent le paysage urbain.

124

Le salaire net mensuel moyen au Cameroun, qui ne couvre qu’une fraction des dépenses mensuelles dans les grandes villes.

Pour un expatrié qui arrive avec un salaire international, l’équation est inverse : la vie quotidienne peut sembler relativement abordable, tant qu’on garde en tête que l’on évolue dans une bulle économique très différente de celle des locaux.

Un pays officiellement bilingue, réellement multilingue

Le Cameroun a deux langues officielles : le français et l’anglais. Dans les faits, le français domine très largement (environ 80 % de francophones), tandis que l’anglais est surtout présent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. À côté de cela, on compte plus de 200 langues nationales, dont certaines très présentes en milieu urbain (Duala, Ewondo, etc.).

Bon à savoir :

Pour un expatrié francophone, l’intégration à Douala et Yaoundé est simple. Pour un anglophone, il est fortement recommandé d’apprendre au minimum un français fonctionnel, notamment pour les démarches administratives et le système de santé.

Un climat qui change radicalement du nord au sud

Le Cameroun juxtapose climat tropical humide au sud et semi-aride au nord. Les zones côtières et forestières (Douala, Kribi, Limbé, Yaoundé dans une moindre mesure) sont chaudes et très humides, avec des saisons des pluies parmi les plus intenses au monde près du mont Cameroun. Le nord du pays, plus sec, connaît des températures élevées mais des précipitations limitées.

À Yaoundé, l’altitude rend la chaleur un peu plus supportable qu’à Douala, où l’humidité peut être éprouvante pour ceux qui ne la connaissent pas. L’impact concret pour un expatrié est simple : prévoir un budget climatisation conséquent à Douala et, globalement, accepter que l’électricité (et donc la clim) ne soit pas toujours disponible.

Coût de la vie : Douala vs Yaoundé, deux réalités

Les grandes enquêtes internationales soulignent un paradoxe : dans un pays pauvre, certaines villes peuvent être extrêmement coûteuses pour les expatriés. Les enquêtes Mercer ont ainsi classé Douala et Yaoundé parmi les villes africaines les plus chères pour les étrangers, essentiellement en raison du coût de l’immobilier de standing et des produits importés.

Douala, capitale économique chère et tendue

Douala concentre une bonne partie de l’activité industrielle et portuaire du pays. C’est aussi, de loin, la ville la plus chère du Cameroun pour un expatrié, en particulier si l’on souhaite se loger dans les quartiers « classiques » de l’expatriation (Bonapriso, Bonanjo, Denver, Bonamoussadi, Kotto…).

Un comparatif chiffré Douala / Yaoundé permet de prendre la mesure des écarts.

Budget mensuel comparatif (estimation pour un style de vie d’expat)

Poste de dépenseDouala (USD)Yaoundé (USD)
Coût mensuel 1 personne (hors loyer)1 363671
Coût mensuel famille de 4 (hors loyer)3 1811 691
Loyer 1 personne (moyenne)748212
Loyer famille (moyenne)1 264325
Nourriture430317
Transport67,965,3
Salaire net moyen local132119

À Douala, le loyer d’un appartement confortable pour expatrié peut ainsi absorber à lui seul un salaire local annuel. Dans les secteurs prisés des Français (Bonapriso, Bonanjo), les loyers indiqués tournent entre 300 000 et 650 000 FCFA pour un T3 de haut standing, avec des studios confortables autour de 200 000 FCFA. Les bailleurs exigent très fréquemment 6 à 12 mois de loyer d’avance la première année. Les locations meublées de courte durée type « appart-hôtel » peuvent monter à 20 000 FCFA la nuit, ce qui devient vite prohibitif sur plusieurs mois.

Attention :

À Douala, la climatisation continue pour une famille nombreuse entraîne des factures d’électricité mensuelles pouvant atteindre 60 000 à 150 000 FCFA. L’eau, bien que généralement abordable pour un foyer, représente un coût significatif pour le remplissage d’une piscine, pouvant s’élever à plusieurs centaines d’euros.

Yaoundé, plus abordable mais pas « bon marché »

La capitale politique apparaît nettement moins chère que Douala, surtout pour le logement. Plusieurs comparaisons montrent que le coût de la vie y est environ deux fois plus bas.

Indicateurs relatifs Douala / Yaoundé

IndicateurDifférence Yaoundé vs Douala
Coût de la vie (hors loyer)-31,9 %
Coût de la vie (avec loyer)-44,1 %
Prix des restaurants-45 %
Prix des courses alimentaires-19,8 %
Prix des loyers-77,5 %
Pouvoir d’achat local+138,8 % (plus élevé à Yaoundé)

Concrètement, on trouve à Yaoundé des appartements 2 chambres corrects autour de 150 000 à 250 000 FCFA dans des quartiers intermédiaires, et des studios encore en dessous. Les loyers explosent néanmoins dans les secteurs très demandés comme Bastos (forte présence d’ambassades, d’ONG et d’expatriés).

Astuce :

Bien que Douala et Yaoundé offrent une qualité de vie similaire selon les classements internationaux, avec un léger avantage pour Douala au niveau national, Yaoundé est souvent considérée comme plus intéressante pour les nomades digitaux ou expatriés financièrement autonomes. Ce choix s’explique par un meilleur rapport coût/cadre de vie, malgré une qualité de l’air parfois inférieure à celle de Douala.

Salaire d’expatrié : quels ordres de grandeur viser ?

Les témoignages d’expatriés à Douala convergent : pour vivre confortablement en solo en conservant un mode de vie « expatrié » (logement sécurisé, voiture, loisirs, voyages ponctuels), il est difficile de descendre sous 500 000 FCFA nets par mois. Pour une famille, l’ordre de grandeur fréquemment cité se rapproche plutôt du million de FCFA mensuels, sans compter les éventuels frais de scolarité en école internationale.

À l’échelle du pays, les estimations globales donnent ceci :

Type de villeBudget mensuel confortable (USD)Équivalent FCFA approximatif
Grande ville (Douala, Yaoundé)1 000 à 2 000600 000 à 1 200 000
Ville moyenne / petite ville500 à 1 000300 000 à 600 000

Ces fourchettes incluent logement, alimentation, transports, communications et loisirs raisonnables, mais sans extravagances (villa de luxe avec piscine et scolarité internationale pour plusieurs enfants, par exemple).

Se loger : quartiers, niveaux de standing et astuces

Le logement est quasiment toujours le premier poste de dépense pour un expatrié au Cameroun. Le marché est dual : une offre massive de logements modestes pour la classe moyenne locale, et une niche très chère pour les étrangers et les élites locales.

Douala : où vivent les expatriés ?

Les quartiers « classiques » pour les expatriés à Douala sont Bonapriso et Bonanjo, proches du centre, de l’aéroport et des grandes entreprises. On y retrouve de nombreux restaurants, bars, clubs et supermarchés haut de gamme, ainsi que des établissements scolaires internationaux et français (Dominique Savio, American School of Douala, etc.). Logpom, Denver et Bonamoussadi accueillent aussi de plus en plus de familles expatriées dans des villas ou des appartements de standing.

Les loyers dans ces zones intègrent souvent : les charges locatives, l’entretien des parties communes, et parfois des services supplémentaires.

gardiennage 24h/24,

générateur électrique (indispensable pour pallier les coupures),

parking sécurisé,

parfois piscine ou petit jardin.

36

Le prix minimum identifié pour une nuit de location d’appartement, villa ou studio via des plateformes comme Airbnb ou Koutchoumi.com.

Yaoundé : Bastos et les autres

À Yaoundé, Bastos est l’équivalent de Bonapriso/Bonanjo : quartier « diplomatique » avec ambassades, ONG, écoles internationales (American School of Yaounde, écoles françaises, établissements britanniques) et logements hautement sécurisés. Autour, on trouve de nombreux quartiers résidentiels – Odza, Simbock, Mendong, Nkolbisson, Ngousso, Mfandena… – où les loyers restent plus abordables.

Des résidences meublées pour étudiants et jeunes actifs (comme certaines offres près de Soa, à proximité de l’université) peuvent constituer une bonne base de départ pour un expatrié seul ou en télétravail, avant de chercher un logement plus définitif.

Colocation, meublés et négociation

Le marché urbain camerounais s’est progressivement adapté aux nomades digitaux et expatriés de passage : la colocation et les meublés de courte ou moyenne durée se développent, surtout à Douala et Yaoundé. Il n’est pas rare de trouver des appartements entièrement équipés (Wi-Fi haut débit, TV satellite, climatisation, électroménager complet) proposés au mois, voire à la semaine.

Bon à savoir :

Pour les loyers des baux annuels classiques, plusieurs aspects doivent être anticipés par le propriétaire et le locataire.

le paiement en avance sur plusieurs mois (parfois un an) est la norme, mais c’est aussi un levier de négociation ;

la plupart des bailleurs n’établissent pas de bail très détaillé : mieux vaut, autant que possible, formaliser l’état des lieux et les responsabilités (entretien, réparations) ;

– les standards de finition peuvent être très variables, même pour un loyer élevé. Visiter plusieurs biens est indispensable.

Sécurité : un paramètre à prendre au sérieux

Le Cameroun cumule un niveau de criminalité élevé et des tensions sécuritaires régionales. De nombreuses chancelleries (Royaume-Uni, États-Unis, Canada, etc.) recommandent une vigilance accrue, voire déconseillent purement et simplement certains déplacements.

Risques principaux

Les menaces identifiées couvrent plusieurs registres :

Attention :

Le pays présente plusieurs risques sécuritaires selon les régions : criminalité urbaine (vols, agressions, car-jacking) dans les grandes villes comme Yaoundé et Douala ; banditisme et enlèvements contre rançon dans le Nord, l’Extrême-Nord, l’Adamaoua, l’Est et les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ; activités de groupes armés (Boko Haram, séparatistes) utilisant des engins explosifs dans le Nord et les régions anglophones ; piraterie dans le golfe de Guinée ; et risques ponctuels de manifestations et violences politiques sur l’ensemble du territoire.

Dans plusieurs régions, des enlèvements d’étrangers ont été signalés. Les axes routiers autour des frontières avec le Nigeria, le Tchad et la République centrafricaine sont particulièrement sensibles.

Pratiques de sécurité au quotidien

En pratique, un expatrié qui s’installe à Douala ou Yaoundé adopte souvent un ensemble de règles de base :

Exemple :

Pour illustrer les mesures de prudence à adopter, on peut citer les conseils suivants : éviter de circuler à pied la nuit, surtout dans les quartiers populaires ou mal éclairés ; limiter les trajets nocturnes interurbains ; garder les vitres de voiture fermées et les portes verrouillées, même de jour ; ne pas arborer de signes extérieurs de richesse dans la rue ; privilégier les taxis de confiance et éviter les motos-taxis ; équiper son logement de grilles, alarmes ou gardiennage selon le quartier ; et ne conserver sur soi que des copies certifiées de ses documents, les originaux étant en lieu sûr.

Les contrôles routiers sont fréquents ; les forces de l’ordre demandent souvent pièce d’identité, permis, carte grise. Le fait de ne pas porter ses papiers peut conduire à des détentions provisoires. Les demandes de « soda » (petit bakchich) ne sont pas rares ; chacun arbitre alors sa réponse en fonction du contexte, dans la limite de la légalité du pays.

Système de santé : bien assuré ou très vulnérable

Le système de santé camerounais illustre parfaitement le fossé entre moyennes statistiques et expérience réelle. Le pays compte moins de deux médecins pour 10 000 habitants, les hôpitaux publics souffrent cruellement de sous-équipement, et beaucoup de prestations sont payantes au comptant, malgré l’instauration d’un embryon de couverture universelle.

Public vs privé

L’offre est structurée autour :

d’un secteur public éclaté en trois niveaux (centres de santé de base, hôpitaux de district, structures régionales et universitaires) ;

d’un secteur privé (cliniques, polycliniques, hôpitaux confessionnels) offrant en général un niveau de service supérieur, mais inégal selon les établissements.

Bon à savoir :

Les grandes villes camerounaises disposent d’hôpitaux publics de référence (comme l’Hôpital Général de Douala, Laquintinie, l’Hôpital Central de Yaoundé ou le CHU de Yaoundé) et de cliniques privées reconnues. Cependant, même dans ces établissements, des problèmes tels que des ruptures de stock de médicaments, du matériel insuffisant et des coupures d’eau ou d’électricité peuvent survenir.

Pour un expatrié, la règle est claire : se tourner autant que possible vers le privé et souscrire une assurance internationale couvrant au minimum :

consultations et hospitalisations en clinique privée ;

évacuation sanitaire vers un pays disposant d’une médecine de pointe (Afrique du Sud, Europe, Maroc, etc.).

Une consultation dans une bonne clinique privée coûte typiquement entre 10 000 et 30 000 FCFA. Les établissements exigent très souvent un paiement comptant ou une garantie avant de prodiguer les soins, même avec une assurance : il faut donc être prêt à avancer les frais.

Vaccins, paludisme et risques sanitaires

La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour entrer dans le pays (certificat international exigé à la frontière). En outre, les organismes de santé recommandent pour la plupart des expatriés :

Astuce :

Avant un voyage au Cambodge, il est essentiel de mettre à jour les vaccins de base (diphtérie, tétanos, polio, rougeole, etc.). Il est également recommandé de se vacciner contre l’hépatite A et B, la typhoïde, et éventuellement contre la rage en cas d’exposition prévue aux chiens errants ou à la faune sauvage. Enfin, une prophylaxie antipaludique doit être prévue, car le paludisme est endémique sur tout le territoire.

L’eau du robinet est rarement potable sans traitement : la règle est de boire de l’eau minérale ou bouillie, et d’être prudent avec la nourriture de rue. Un kit de premiers secours et une réserve de médicaments habituels (avec copie d’ordonnance) sont vivement conseillés, surtout si l’on doit se rendre hors des grands centres urbains.

Visas, titres de séjour et formalités d’entrée

Le Cameroun a modernisé son système de visas avec la mise en place d’une plateforme de demande en ligne (eVisa). Pour la quasi-totalité des nationalités, un visa est indispensable avant de voyager.

Les grandes catégories de visas

On distingue principalement :

le visa de transit (quelques jours) ;

le visa de court séjour (jusqu’à 3 à 6 mois selon les cas) pour tourisme, visites, missions professionnelles de courte durée ;

le visa de long séjour (jusqu’à 12 mois) pour emploi salarié, études longues, regroupement familial, etc.

180 à 270

C’est la fourchette de frais, en dollars, pour un visa standard pour la France, variant selon qu’il s’agit d’un court ou d’un long séjour.

Les demandes se font via les sites officiels (evisacam.cm / evisacam.com) : il faut créer un compte, remplir un formulaire, téléverser les pièces justificatives (passeport, réservation de vol, certificat de vaccination fièvre jaune, preuves de ressources, attestation d’hébergement ou réservation d’hôtel, lettre d’employeur ou d’invitation, etc.) et payer en ligne.

Une fois le dossier approuvé, le demandeur reçoit une autorisation avec QR code qui permet d’embarquer. Le visa définitif est ensuite apposé soit dans une représentation diplomatique, soit à l’arrivée, selon le cas.

Séjour de longue durée : résidence et permis de travail

Pour s’installer durablement, le visa de long séjour ne suffit pas : il faut, une fois sur place, demander un titre de séjour (carte de résident) et, si l’on est salarié, un permis de travail.

Le dossier de résidence comprend en général : les documents administratifs nécessaires, la preuve de ressources financières, un justificatif de domicile, un état civil ainsi que le formulaire de demande de titre de séjour.

justificatif de ressources ou contrat de travail ;

casier judiciaire vierge ;

certificat médical selon les exigences locales ;

justificatif de logement ;

quittance de paiement des frais (au moins 250 000 FCFA selon les informations disponibles, avec variations possibles).

Les démarches prennent plusieurs semaines. Pendant ce temps, un récépissé peut servir de titre provisoire. Les expatriés employés voient souvent leur permis de travail et leur titre de séjour liés contractuellement à leur employeur : bien clarifier ces points en amont du départ est essentiel.

Culture, rapports sociaux et faux pas à éviter

Une installation réussie au Cameroun ne se joue pas seulement sur les chiffres de budget ou les contrats d’assurance. La compréhension des codes sociaux pèse lourd dans le quotidien.

L’importance du respect et des salutations

La société camerounaise valorise fortement le respect des aînés, des autorités et, plus largement, la courtoisie dans toutes les interactions. Entrer dans un bureau ou une boutique sans saluer, ou passer directement à une demande sans préambule est très mal vu.

Bon à savoir :

Les salutations comme « Bonjour » sont souvent suivies de questions sur la santé ou la famille. Cette petite conversation, loin d’être superficielle, sert de lubrifiant social essentiel pour faciliter ensuite les échanges sur les affaires ou la résolution de problèmes.

Le tutoiement avec des inconnus ou des personnes plus âgées est à manier avec prudence. Un expatrié a tout intérêt à garder un vouvoiement respectueux dans un premier temps.

Gérer le conflit sans frontalité

Les échanges sont souvent indirects : un « non » frontal peut être perçu comme agressif. Pour refuser, il est courant d’utiliser des formules détournées (« on va voir », « ce n’est pas facile », « peut-être plus tard ») qui, pour un Européen, peuvent être source de malentendus. À l’inverse, un style de communication très direct, voire brutal, peut être pris pour de l’arrogance.

Bon à savoir :

Dans certains environnements professionnels latins, l’harmonie et la flexibilité peuvent primer sur la ponctualité stricte. Il est fréquent de rencontrer des délais non tenus sans communication formelle, des réunions qui démarrent en retard ou des compromis informels. Développer sa patience et sa capacité d’ajustement est donc essentiel pour travailler efficacement dans ce contexte.

Religion, politique, sujets sensibles

Le Cameroun est très religieux (christianisme, islam, croyances traditionnelles) et ces dimensions structurent en partie la vie sociale. Aborder la politique nationale, les tensions régionales (notamment dans les régions anglophones), la religion ou les sujets identitaires de façon frontale, surtout en public, est déconseillé à un nouvel arrivant.

Autre sujet sensible : l’homosexualité. Les relations entre personnes du même sexe sont criminalisées et les personnes LGBT+ s’exposent à des risques de stigmatisation, de violences ou de poursuites. Les démonstrations d’affection en public, même hétérosexuelles, restent culturalement mal acceptées en dehors de quelques milieux urbains très spécifiques.

Travailler, entreprendre, télétravailler

Le Cameroun attire surtout des expatriés dans les secteurs du pétrole, du gaz, de l’agro-industrie, des mines, des télécoms, de l’éducation (écoles internationales) et des ONG. Le secteur public, lui, reste largement réservé aux nationaux.

Trouver un emploi

La meilleure porte d’entrée reste un contrat obtenu avant le départ, via :

des multinationales déjà implantées ;

des organisations internationales ou ONG ;

des établissements scolaires internationaux (American School, lycées français, écoles britanniques, etc.).

Bon à savoir :

La maîtrise du français et/ou de l’anglais est indispensable, le bilinguisme étant un atout majeur. Les employeurs sérieux accompagnent généralement leurs expatriés pour l’obtention du permis de travail et du titre de séjour, et peuvent prendre en charge le logement ainsi que la scolarité des enfants.

Créer son activité

Pour ceux qui souhaitent entreprendre, le Cameroun a mis en place des guichets uniques (CFCE) permettant de créer une entreprise en quelques jours. Des incitations fiscales existent pour les zones franches industrielles ou les grands projets d’infrastructures.

Mais l’environnement des affaires reste marqué par une forte bureaucratie, des procédures parfois opaques et des contraintes de change au niveau de la zone CEMAC. Bien s’entourer (avocats, experts-comptables) et comprendre le cadre réglementaire bancaire, fiscal et douanier est essentiel avant de se lancer.

Télétravail et nomadisme digital

Douala et Yaoundé commencent à se positionner comme base possible pour certains nomades digitaux, grâce à la disponibilité de connexions 4G et de quelques offres fibre dans les quartiers centraux. Des forfaits mobiles permettent par exemple de disposer de 1 Go par jour pour l’équivalent de quelques dizaines d’euros par mois.

Cependant, les coupures d’électricité fréquentes et la variabilité de la qualité de connexion imposent souvent d’investir dans :

un logement équipé de générateur et/ou d’onduleur ;

une double connexion (fibre + routeur 4G, ou deux opérateurs mobiles).

Les classements de plateformes dédiées aux nomades donnent à Yaoundé un léger avantage sur Douala en termes de coût de la vie et de qualité de l’air, Douala se rattrapant par une vie nocturne plus développée.

Banque, argent, transferts

Le Cameroun fait partie de la zone franc CFA d’Afrique centrale, placée sous l’autorité de la BEAC. C’est une économie très largement basée sur le cash.

Ouvrir un compte bancaire

Pour un expatrié résident, ouvrir un compte est possible, mais suppose en général :

Ouvrir un compte bancaire en France

Les principales conditions et documents requis pour ouvrir un compte bancaire en France.

Titre de séjour ou preuve de résidence

Il est nécessaire de disposer d’un titre de séjour valide ou, au minimum, d’une preuve de résidence sur le territoire français.

Documents d’identité et justificatifs

Fournir un passeport, un justificatif de domicile, parfois une lettre de l’employeur, des photos d’identité et un plan de localisation du domicile.

Dépôt initial

Déposer un montant initial pour l’ouverture du compte, dont le montant varie selon l’établissement bancaire choisi.

Le système bancaire reste plus simple que dans les pays occidentaux, mais aussi moins digitalisé. Les règles de change et de transferts internationaux sont strictes à l’échelle de la CEMAC, avec parfois des délais et de la paperasserie pour envoyer des fonds à l’étranger.

Côté pratique, la carte bancaire internationale fonctionne dans certains distributeurs des grandes banques, mais les frais peuvent être élevés, et les terminaux de paiement électronique sont rares en dehors des grandes chaînes, hôtels et supermarchés.

Se déplacer : voiture quasi indispensable en ville

Les transports publics urbains restent peu structurés. À Douala comme à Yaoundé, la circulation repose sur un mélange de taxis collectifs, bus surchargés et motos-taxis, avec un réseau routier fortement encombré aux heures de pointe.

Pour un expatrié, deux options principales :

posséder ou louer une voiture, idéalement robuste (SUV, pick-up) pour affronter nids-de-poule et routes dégradées ;

– s’appuyer sur un chauffeur de confiance.

40

Les droits de douane et l’assurance peuvent représenter jusqu’à 40 % ou plus du prix d’une voiture d’occasion, qui démarre autour de 10 000 euros.

Les taxis jaunes traditionnels constituent un appoint, mais leur usage comporte des risques (accidents, vols, agressions). De nombreuses ambassades déconseillent à leur personnel de les emprunter.

Sur les trajets interurbains, les routes principales sont asphaltées mais parfois en mauvais état, avec une densité importante de camions, de bus et de motos. Les accidents sont fréquents ; voyager de jour, avec un chauffeur expérimenté, reste la norme de prudence.

Éducation : écoles publiques, missionnaires et internationales

Le système éducatif camerounais est bilingue dans son architecture (héritage français et britannique), mais, dans la pratique, la majorité des établissements publics fonctionnent en français ou en anglais selon leur zone. L’école primaire est gratuite depuis 2000, mais les frais « annexes » (uniformes, manuels, contributions diverses) restent un obstacle pour de nombreuses familles, surtout en zone rurale.

plusieurs dizaines de milliers

Les frais de scolarité annuels dans les écoles internationales au Cameroun peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars.

En zone secondaire (Bamenda, Garoua, etc.), quelques structures internationales ou bilingues existent, mais l’offre reste plus réduite.

Vie sociale, loisirs et réseaux d’expatriés

Malgré les contraintes, la vie sociale peut être très riche pour un expatrié au Cameroun. Le pays compte une importante diaspora à l’étranger, très impliquée dans le développement local, et une communauté étrangère significative dans les grandes villes (Nigérians, Européens, Chinois, etc.).

Bon à savoir :

Pour faciliter l’intégration, des plateformes comme InterNations ou Expat.com permettent aux expatriés de se rencontrer, d’échanger des conseils pratiques (école, quartier) et d’organiser des activités. Les loisirs sont variés, allant des clubs sportifs et associations culturelles aux randonnées, en passant par les sorties vers les plages de Kribi ou Limbé.

Côté gastronomie, la cuisine camerounaise – ndolé, poulet DG, poissons braisés, beignets, etc. – s’impose vite au menu hebdomadaire, tandis que les restaurants internationaux (français, libanais, asiatiques, indiens) sont particulièrement présents dans les quartiers d’expatriés.

En résumé : à qui convient une installation au Cameroun ?

S’installer au Cameroun tant qu’expatrié n’est pas un projet anodin. Le pays offre : les opportunités professionnelles, une culture riche, des paysages diversifiés et une population accueillante.

un coût de la vie globalement inférieur à celui de nombreux pays occidentaux, mais avec un segment « expatrié » très coûteux, surtout pour le logement et l’école ;

une population accueillante, une culture riche, des paysages variés, une scène urbaine animée à Douala et Yaoundé ;

– un environnement sanitaire et sécuritaire objectivement difficile, qui exige d’être bien assuré, informé et prudent.

Le profil d’expatrié qui s’y épanouit le mieux :

dispose d’un contrat solide (salaire, avantages, couverture santé, aide au logement, scolarité) ;

accepte les lenteurs administratives, les coupures d’eau ou d’électricité, les aléas du trafic ;

– est prêt à se former aux codes sociaux locaux, à apprendre au moins une des langues officielles, et à adopter des routines de sécurité raisonnables.

Pour qui se reconnaît dans ce portrait, Douala et Yaoundé peuvent devenir, malgré leurs contradictions, des lieux de vie intenses, où l’on construit des réseaux, des projets et des souvenirs durables.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale au Cameroun pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements en Afrique centrale et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Cameroun, Sénégal, Maurice, Portugal), la stratégie retenue est le Cameroun, combinant coût de vie nettement inférieur à la France, fiscalité sur les pensions négociable via la convention fiscale FR-CM, accès à une économie émergente et possibilités d’investissement locatif à Douala ou Yaoundé. La mission inclut : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention du titre de séjour et domiciliation fiscale au Cameroun, organisation de la couverture santé (CNAS/CPAM + assurances privées), transfert bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, partenaires francophones) et restructuration patrimoniale adaptée au contexte camerounais (immobilier, devises, succession internationale).

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :
Découvrez les autres destinations pour vous expatrier à l'étranger :