S’installer au Botswana attire de plus en plus d’expatriés en quête de stabilité politique, de coût de la vie abordable et de nature spectaculaire. Entre la croissance de Gaborone, les opportunités dans les mines de diamants ou l’écotourisme dans le delta de l’Okavango, le pays s’est imposé comme l’une des destinations les plus intéressantes d’Afrique australe pour vivre et travailler.
Ce guide couvre tous les aspects essentiels pour préparer votre projet : démarches administratives (visas, permis), aspects pratiques (logement, coût de la vie, emploi, transports, banque), ainsi que la vie sur place (santé, éducation, fiscalité, intégration culturelle et sécurité). Il vise à fournir des informations factuelles pour une expatriation réaliste et éviter les imprévus.
Comprendre le Botswana avant de partir
Le Botswana est un pays enclavé d’Afrique australe, voisin de l’Afrique du Sud, de la Namibie, du Zimbabwe et de la Zambie. Sa population dépasse à peine les deux millions d’habitants, sur un territoire vaste (environ 582 000 km²) dont plus d’un tiers est constitué de parcs nationaux et de réserves naturelles. Ces espaces protégés abritent certains des paysages les plus remarquables du continent, comme le delta de l’Okavango, le parc de Chobe ou les pans salés de Makgadikgadi.
Année de l’indépendance du Botswana, marquant le début d’une démocratie stable et d’un État de droit.
L’anglais est la langue officielle de l’administration, du monde des affaires et de l’enseignement supérieur. Le setswana, langue nationale parlée par environ 80 % de la population, domine la vie quotidienne, surtout hors des grandes villes. La religion majoritaire est le christianisme, même si le paysage religieux est varié, avec notamment une présence catholique, hindoue et musulmane à Gaborone. La culture traditionnelle reste très vivace, célébrée chaque année lors de la Botswana Culture Day (Letsatsi la Ngwao).
Pour les expatriés, le pays offre un environnement politique et économique relativement prévisible, une société globalement accueillante bien que conservatrice, et un cadre naturel d’exception. En contrepartie, il faut composer avec un climat chaud et sec, des infrastructures inégales entre les zones urbaines et rurales, et une économie encore très dépendante des fluctuations mondiales, notamment dans les secteurs du diamant et du tourisme.
Visas, entrée sur le territoire et premiers mois
Avant de réfléchir au logement ou à l’école des enfants, la première étape est de clarifier votre statut d’entrée et de séjour. Le Botswana a mis en place un système assez structuré, avec une grande variété de visas de court séjour et de titres de long séjour.
Entrée sans visa et conditions générales
Les ressortissants de nombreux pays — notamment la plupart des États du Commonwealth et plusieurs membres de la SADC — peuvent entrer au Botswana sans visa pour un court séjour touristique ou d’affaires, généralement jusqu’à 90 jours sur une période de 12 mois. Les citoyens des États‑Unis, par exemple, bénéficient de cette exemption. En revanche, les titulaires de passeports ordinaires originaires de pays comme l’Inde, la Chine ou le Nigeria doivent demander un visa avant le voyage.
Dans tous les cas, les conditions de base sont similaires : passeport valable au moins six mois après la date d’arrivée avec au moins trois pages vierges, preuve de fonds suffisants pour subvenir à ses besoins, justificatif de billet retour ou de continuation de voyage, assurance santé fortement recommandée, et certificat de vaccination contre la fièvre jaune si vous arrivez depuis une zone à risque. Les exigences liées à la COVID‑19 ont été levées, et il n’est actuellement pas demandé de test ni de preuve de vaccination pour entrer.
Les mineurs doivent présenter une copie certifiée conforme de leur acte de naissance intégral. Si l’un ou les deux parents ne voyagent pas avec l’enfant, une autorisation parentale légalisée est également requise. Ces documents font l’objet de contrôles stricts aux frontières.
Les principaux types de visas de court séjour
Pour un repérage, une mission temporaire ou un voyage d’affaires, plusieurs catégories existent. Le Botswana a déployé un portail d’e‑visa (evisa.gov.bw) qui permet à de nombreux ressortissants de déposer leur dossier en ligne.
Les grandes catégories sont notamment le visa touristique, le visa de visite (pour visites familiales, traitements médicaux ou cours de courte durée), et le visa d’affaires pour les investisseurs et professionnels en déplacement. Ces visas permettent en général des séjours allant d’un mois à quelques mois, sans droit au travail salarié local.
Un résumé des principaux visas de court séjour et de leurs fourchettes de frais est présenté ci‑dessous.
| Type de visa | Usage principal | Durée typique maximale | Frais indicatifs (BWP) |
|---|---|---|---|
| Touristique | Loisirs, visites sans travail | 1 mois (prolongeable) | ~300 (entrée simple) |
| Visite (Visitor) | Visite sociale, soins, activités non rémunérées | Jusqu’à 3 mois, voire 2 ans pour certains ayants droit | 300 à 1 500 selon durée |
| Affaires (Business) | Prospection, réunions, négociations | Jusqu’à 12 mois | 500 à 2 500 selon entrées |
| Transit | Transit avec sortie de l’aéroport | Court séjour | variable |
Ces montants sont non remboursables et peuvent varier légèrement selon le taux de change et les mises à jour réglementaires. Les délais moyens annoncés oscillent entre une semaine et trois semaines, selon la catégorie et la charge de travail des services d’immigration.
Permis de résidence et long séjour
Dès que votre projet dépasse quelques mois, il vous faudra un permis de résidence (Residence Permit) et, si vous travaillez, un permis de travail distinct. Le permis de résidence s’obtient auprès des services d’immigration (Ministry of Nationality, Immigration and Gender Affairs). Les grandes lignes sont les suivantes : dépôt d’un formulaire dédié, paiement d’un droit d’environ 1 500 Pula, production de plusieurs pièces (photos d’identité, copies certifiées du passeport, acte de naissance, acte de mariage le cas échéant, certificat médical, justificatifs de ressources).
Pour les expatriés ne travaillant pas localement (retraités, rentiers, télétravailleurs pour un employeur étranger), les autorités exigent des preuves financières crédibles telles que des relevés bancaires, des justificatifs de pension de retraite ou une épargne suffisante. Pour ceux travaillant sur place, la situation dépend du permis de travail et du contrat.
Après cinq années de séjour légal continu sous permis de résidence, il est possible de demander le statut de résident permanent. Ce statut, accordé au cas par cas, ouvre davantage de liberté sur le marché du travail et dans l’accès aux services publics, sans cependant donner le droit de vote.
Permis de travail : un passage obligé pour les actifs
Tout étranger qui exerce une activité rémunérée ou même bénévole au Botswana doit disposer d’un permis de travail valide. Cette obligation vaut aussi bien pour les salariés que pour les volontaires, stagiaires ou chercheurs.
Le recrutement d’un expatrié au Botswana est conditionné par la preuve de l’absence de candidat local qualifié. L’employeur doit publier l’offre pendant au moins deux semaines en priorisant les nationaux, puis constituer un dossier justifiant le manque de profil botswanais adéquat.
Le permis de travail est lié à un poste précis et à un employeur donné. Changer d’entreprise revient donc à recommencer une demande complète. D’une manière générale, le schéma est le suivant : signature d’une offre de travail, dépôt du dossier par l’employeur (formulaire, contrat, CV, diplômes traduits en anglais et, si besoin, évalués par la Botswana Qualifications Authority, certificats de police récents, certificat médical, preuves de recrutement local), paiement d’un droit d’environ 1 500 Pula, instruction du dossier par les services compétents (National ou Regional Immigrants Selection Board), décision sous quelques semaines.
Les permis sont souvent délivrés pour une durée d’un à deux ans, parfois jusqu’à cinq ans en lien avec la durée du contrat. Ils sont renouvelables, à condition de déposer la demande plusieurs mois avant l’échéance. Des permis de travail temporaires ou d’urgence existent pour des missions courtes ou imprévues.
Ne pas respecter ces règles (travailler sans permis, dépasser la durée autorisée) expose à des sanctions sévères : amendes, perte de l’emploi, expulsion, interdiction de territoire et difficultés majeures pour toute démarche future.
Où vivre : Gaborone, Francistown, Maun et les quartiers prisés
Le Botswana compte plusieurs pôles urbains, mais trois ressortent clairement pour les expatriés : Gaborone, Francistown et Maun.
Gaborone, capitale économique et politique
Gaborone est la plus grande ville et le centre névralgique du pays. Située au sud‑est, à une quinzaine de kilomètres de la frontière sud‑africaine, elle concentre les institutions politiques (Parlement, ministères), la bourse botswanaise et la plupart des sièges de grandes entreprises. Sa population est estimée à environ 230 000 habitants, mais son aire urbaine élargie dépasse ce chiffre.
Pour un expatrié, Gaborone offre plusieurs atouts : coût de la vie modéré à l’échelle internationale, mais avec une offre de services relativement riche pour la région (hôtels de bon niveau, restauration internationale, banques fiables, écoles privées, cafés, centres commerciaux). Les classements Mercer la situent parmi les villes les moins chères du monde pour les étrangers, loin derrière la plupart des métropoles occidentales et beaucoup d’autres capitales africaines.
Les expatriés à Gaborone se concentrent souvent dans des quartiers spécifiques. Phakalane, une banlieue aisée organisée autour d’un golf, est très appréciée pour ses maisons modernes avec jardin et piscine. Broadhurst offre un cadre plus central et varié. D’autres secteurs populaires incluent The Village, Naledi, Gaborone West et les différents « Blocks » numérotés qui structurent la ville (comme les Blocks 3, 5, 6, 7, 8, 9, 10). Enfin, le village voisin de Mokolodi attire ceux qui recherchent un environnement plus rural, avec des habitations d’inspiration locale.
Francistown, deuxième ville et alternative plus abordable
Francistown, au nord‑est, constitue le deuxième pôle urbain. Moins cosmopolite que Gaborone, elle reste un centre économique important, notamment pour le commerce régional et l’accès aux zones minières. Les comparaisons de coût de la vie suggèrent qu’y vivre revient en général moins cher que dans la capitale : certains indices estiment l’écart entre 10 et 20 % selon le mode de vie et le type de logement. Pour des nomades digitaux ou des expatriés disposant d’un revenu fixe en devise étrangère, Francistown peut donc constituer un bon compromis entre budget et confort.
Maun, porte d’entrée du delta de l’Okavango
Maun est surtout connue comme la capitale du tourisme de safari et l’accès privilégié au delta de l’Okavango. La ville attire surtout des professionnels du tourisme, des chercheurs ou des expatriés impliqués dans la conservation et l’écotourisme. Le coût de la vie y est influencé par le tourisme international, notamment pour l’hébergement. En échange, le cadre de vie est exceptionnel pour ceux qui aiment la nature et la faune sauvage.
Logement : loyers, types de biens et spécificités
Le marché locatif botswanais est assez ouvert pour les étrangers, avec une large gamme allant du petit appartement en ville à la villa en résidence sécurisée avec piscine et salle de sport. Les expatriés s’orientent souvent vers les quartiers sécurisés et les complexes fermés.
Aperçu des fourchettes typiques de loyers mensuels dans la ville de Pula, basé sur les données disponibles.
Loyer mensuel typique pour un studio.
Loyer mensuel typique pour un appartement de deux pièces.
Loyer mensuel typique pour un appartement de trois pièces.
| Type de logement | Gaborone centre (BWP/mois) | Gaborone périphérie (BWP/mois) | Francistown centre (≈ BWP) | Francistown périphérie (≈ BWP) |
|---|---|---|---|---|
| Studio / 1 chambre | 2 500 – 4 500 | 1 500 – 3 000 | ~2 450 | ~1 960 |
| Appartement 3 chambres | 5 000 – 10 000 | 3 000 – 7 500 | ~5 850 | ~3 940 |
Dans les quartiers haut de gamme de Gaborone (Phakalane, Kgale View, certaines extensions centrales), des maisons familiales spacieuses, en résidence surveillée, avec piscine, climatisation, connexion internet, télévision satellite et parfois salle de sport ou courts de tennis, sont fréquentes. Une partie du parc est proposée meublée, ce qui facilite une installation rapide.
Pour trouver un logement, les expatriés peuvent passer par des agences immobilières (comme Knight Frank) ou des plateformes en ligne (Property24, Private Property, Botswana Property Guide, Gumtree, OLX). Il est courant de devoir régler jusqu’à trois mois de loyer d’avance (caution et premier mois). Il est également fortement conseillé de se renseigner sur les assurances habitation avant de signer le bail.
Sur le plan juridique, les étrangers peuvent louer partout sans restriction, mais l’achat immobilier est plus encadré. Les non‑citoyens ne peuvent pas acquérir de terrains non bâtis sauf en pleine propriété, et certains territoires tribaux comme Tlokweng, Mogoditshane ou Molepolole sont fermés à l’achat étranger. En revanche, l’acquisition d’un bien fini en ville (Gaborone, Francistown, Lobatse, Phakalane, etc.) est possible, moyennant des droits de mutation élevés pour les non‑citoyens (jusqu’à 30 % du prix d’achat, même si des réformes sont évoquées pour réduire ce taux).
Coût de la vie et budget au quotidien
L’un des principaux attraits du Botswana, et de Gaborone en particulier, est un coût de la vie globalement plus bas que dans de nombreuses capitales africaines, sans parler des grandes villes occidentales. Des comparateurs comme Mercer ou Numbeo classent régulièrement Gaborone parmi les villes les moins chères du monde pour les expatriés.
Il est utile de distinguer deux réalités : vivre “comme un local” en consommant surtout des produits locaux, ou adopter un mode de vie international avec beaucoup de produits importés. Les seconds restent nettement plus onéreux.
Quelques repères de prix (en Pula) permettent de structurer un budget :
| Poste de dépense | Fourchette indicative (BWP) |
|---|---|
| Repas simple au restaurant local | 50 – 250 |
| Repas pour deux (restaurant moyen) | 250 – 800 |
| Menu fast‑food | 75 – 120 |
| Bière locale (bar, 0,5 L) | 15 – 45 |
| Cappuccino | 13 – 50 |
| Litre de lait au supermarché | ≈ 14 |
| Bouteille de bière locale (magasin) | ≈ 21 |
| Ticket de bus local | 7 – 9 |
| Abonnement transport mensuel | 200 – 700 |
| Forfait mobile avec data | 250 – 600 (selon volume) |
| Internet fixe (connexion rapide) | 450 – 2 000 par mois |
| Abonnement salle de sport | 250 – 600 par mois |
| Cinéma | 65 – 150 |
Les estimations globales de budget mensuel varient selon le profil. Un expatrié seul vivant à Gaborone avec un niveau de confort correct mais sans excès peut viser un budget aux alentours de 1 100 à 1 200 dollars par mois, hors scolarité internationale. Une famille doit prévoir davantage, surtout si elle opte pour une école privée étrangère, avec des frais annuels pouvant aller de 30 000 à 100 000 Pula par enfant pour les établissements les plus réputés, et nettement plus pour certaines écoles IB très haut de gamme facturées en dollars.
Montant de retrait fréquent par transaction en Pula, la monnaie du Botswana.
Emploi, secteurs porteurs et travail à distance
L’économie botswanaise reste marquée par le poids du secteur minier, en particulier les diamants, mais se diversifie progressivement vers les services, le tourisme, la finance, l’industrie légère et les technologies de l’information.
Les expatriés se concentrent surtout dans quelques secteurs : exploitation minière et ingénierie associée, finance et comptabilité, TIC (développeurs, ingénieurs logiciels, data engineers), tourisme et écotourisme (gestion de lodges, conservation), éducation (enseignants dans les écoles internationales ou l’enseignement supérieur) et santé.
Les salaires mensuels varient considérablement, avec un médian d’environ 11 700 Pula. La fourchette s’étend de 3 000 Pula pour les emplois peu qualifiés à plus de 50 000 Pula pour les cadres supérieurs ou spécialistes. Les contrats pour expatriés incluent souvent des avantages en nature : logement ou allocation, couverture santé privée, participation aux frais de scolarité, et véhicule ou indemnité de transport.
Pour ceux qui travaillent à distance pour un employeur étranger, il faut garder à l’esprit qu’il n’existe pas à ce jour de “visa nomade digital” dédié. Les télétravailleurs doivent donc s’inscrire dans les catégories de visas existantes (touristique ou d’affaires pour un court séjour, permis de résidence sans emploi local pour un plus long séjour), tout en s’assurant de respecter les règles fiscales et de ne pas exercer de travail local rémunéré sans autorisation. Le réseau internet, bien qu’en progrès, reste globalement lent (souvent 1 à 2 Mbps en pratique) et inégal selon les quartiers ; travailler à distance sur des activités très consommatrices de bande passante peut donc nécessiter des solutions techniques (fournisseur premium, agrégation de connexions, etc.).
Pour faciliter les procédures administratives et de paie au Botswana, il est conseillé aux étrangers de se faire accompagner soit par un employeur expérimenté dans les démarches locales, soit par un prestataire spécialisé en conformité et paie internationale, tel qu’un service de type ‘Employer of Record’.
Santé : système, assurance et risques à connaître
Le système de santé botswanais est largement dominé par le secteur public, qui fournit environ 98 % des structures. Pour la population, l’accès géographique est bon : la quasi‑totalité des habitants dispose d’un établissement de santé à moins de 8 km, un peu moins dans les zones rurales. Le service public est axé sur la prévention (vaccinations, prise en charge du VIH, maternité), mais souffre de sous‑financement, de pénurie de personnel qualifié et de délais d’attente parfois longs.
En parallèle, un secteur privé en croissance s’est développé dans les grandes villes, avec des hôpitaux modernes à Gaborone et Francistown. Des établissements privés comme Life Gaborone Private Hospital, Lenmed Bokamoso Private Hospital ou Sidilega Private Hospital, tous situés dans la capitale, proposent des soins de qualité supérieure, avec des spécialistes souvent formés à l’étranger. C’est vers ces structures que se tournent la plupart des expatriés, ainsi que les classes moyennes supérieures locales.
Résumé des grandes caractéristiques du système de santé selon le secteur d’activité.
Géré par l’État, financé par l’impôt. Offre une couverture universelle, avec des services souvent gratuits ou à faible coût pour l’usager. Peut présenter des délais d’attente plus longs.
Géré par des entreprises, financé par les assurances privées et les paiements directs. Offre un accès plus rapide aux soins et un plus grand choix de praticiens, mais à un coût généralement plus élevé.
Géré par des associations ou des fondations, financé par des dons, des subventions et des paiements modérés. Combine souvent une mission sociale avec une offre de soins complémentaires au secteur public.
Modèle hybride où public et privé collaborent (ex : hôpitaux publics gérés par des privés). Cherche à allier l’efficacité du privé avec les objectifs de couverture universelle du public.
| Caractéristique | Public | Privé (Gaborone / grandes villes) |
|---|---|---|
| Accessibilité géographique | Très bonne (réseau dense) | Concentré dans les grandes villes |
| Coût pour un expatrié | Redevances modérées (≈ 70 USD par service) | Coûts élevés, facturation à l’acte |
| Qualité des infrastructures | Variable, souvent limitée | Bonne à très bonne, matériel récent |
| Délais d’attente | Longs, parfois très longs | Plus courts |
| Couverture d’assurance locale | Universelle pour les citoyens, pas pour étrangers | Basée sur assurance privée ou paiement direct |
| Langue | Setswana dominant, anglais pas systématique | Anglais largement maîtrisé |
Les étrangers ne bénéficient pas du régime de santé universel gratuit. Ils doivent payer leurs soins, soit de leur poche, soit via une assurance. Il est donc fortement recommandé de souscrire une couverture maladie privée internationale avec, si possible, une option évacuation sanitaire vers l’Afrique du Sud en cas de pathologie grave ou complexe. Plusieurs assureurs spécialisés pour expatriés opèrent sur le marché, parmi lesquels des groupes comme Cigna, AXA, Allianz ou William Russell, qui proposent des formules modulables incluant hospitalisation, consultations externes, évacuation et parfois soins dentaires ou optiques.
Le pays est sévèrement touché par le VIH/SIDA, bien que les politiques de prévention soient avancées. La malaria est présente dans les régions du nord (Chobe, districts du Nord-Ouest et du Centre), mais Gaborone et Francistown sont à faible risque. La prévention contre les moustiques (moustiquaires, répulsifs) et une chimioprophylaxie sont recommandées en zone à risque.
D’autres pathologies existent, comme la tuberculose, la rage (cas sporadiques), ou des maladies transmises par l’eau et les aliments. Il est prudent de ne pas boire l’eau du robinet, malgré un traitement théorique, et de privilégier l’eau minérale embouteillée ou filtrée. Les vaccinations recommandées pour un long séjour incluent, selon les cas, hépatites A et B, typhoïde, rappel DTP, éventuellement rage et fièvre jaune si exposition.
En cas d’urgence, plusieurs numéros sont à connaître : la police est joignable via le 999, les pompiers via le 998, et l’ambulance via le 992 (MRI Botswana est l’opérateur majeur des ambulances terrestres et aériennes). Les hôpitaux privés disposent de services d’urgence, mais il est toujours utile d’avoir un plan d’évacuation vers l’Afrique du Sud en arrière‑plan.
Éducation : écoles publiques, privées et internationales
Pour les familles expatriées, la question de la scolarité pèse lourd dans le choix de la ville et du budget. Le système éducatif botswanais est structuré, avec un enseignement public gratuit pendant les dix premières années (primaire et collège), mais les ressources restent limitées et les standards pédagogiques inégaux, surtout hors des grandes villes. La qualité moyenne de l’éducation publique est jugée faible par plusieurs observateurs.
Pour les expatriés, les principales options éducatives sont les écoles privées anglophones ou internationales, situées surtout à Gaborone, et dans une moindre mesure à Maun et Palapye. Elles proposent des programmes reconnus (curriculum britannique avec IGCSE/A-Levels, Baccalauréat International, ou filières américaines/françaises), facilitant ainsi les transitions scolaires vers d’autres pays.
Les établissements les plus connus de la capitale incluent par exemple Westwood International School (école IB de la maternelle au lycée), Maru a Pula (secondaire indépendant, Cambridge), Gaborone International School, Thornhill Primary School, Northside School, ou encore diverses écoles privées comme Legae, Botlhale, The Learning Centre School, Rainbow School, etc. A Maun, Delta Waters International School propose un secondaire de type Cambridge avec internat. Ces établissements pratiquent des frais de scolarité élevés, parfois en devises étrangères, et la demande est forte. Mieux vaut s’y prendre très tôt, voire intégrer les frais de scolarité dans la négociation de votre package d’expatriation si vous êtes salarié.
Les familles au Botswana peuvent opter pour l’instruction à domicile ou des programmes en ligne accrédités d’un autre pays, à condition de respecter le cadre national du ministère de l’Éducation et d’enregistrer officiellement leur démarche.
Pour les jeunes enfants, l’offre de crèches et maternelles privées est abondante dans les grandes villes, avec divers courants pédagogiques (Montessori, confessionnel, structures anglophones classiques). Dans tous les cas, l’anglais domine comme langue d’enseignement, alors que le setswana demeure très présent dans la vie quotidienne. Beaucoup d’écoles privées et internationales proposent des cours de setswana, ce qui peut être un bon levier d’intégration pour les enfants.
Fiscalité : qui paie quoi, où et comment
S’installer au Botswana implique aussi de comprendre le système fiscal local, d’autant plus que l’impôt y est prélevé sur une base territoriale. Les résidents fiscaux sont imposés sur leurs revenus de source botswanaise (salaires, bénéfices, loyers, etc.), alors que les non‑résidents ne sont taxés que sur les revenus botswanais, mais à un barème légèrement moins favorable (absence de tranche exonérée).
Résidence fiscale et imposition des particuliers
Une personne est considérée comme résidente à des fins fiscales si elle a son foyer permanent au Botswana ou si elle y séjourne au moins 183 jours au cours de l’année fiscale (qui s’étend du 1er juillet au 30 juin). Un séjour prolongé sur deux années consécutives peut aussi conduire à la résidence.
Les résidents sont soumis à un barème progressif sur leurs revenus de source botswanaise. Les tranches commencent par une zone exonérée (jusqu’à environ 48 000 Pula de revenus annuels), puis montent progressivement jusqu’à un taux marginal de 25 % pour les revenus les plus élevés. Les non‑résidents sont imposés au même barème, mais sans la tranche exonérée.
Pour les expatriés sous contrat, les salaires, primes et avantages en nature (logement, véhicule, etc.) sont imposables. Cependant, certains éléments bénéficient d’un traitement particulier : une partie de l’indemnité de fin de contrat (gratuity) peut être exonérée (jusqu’à un tiers, sous conditions de plafonds). De plus, les frais de voyage ou de santé pris en charge contractuellement par l’employeur peuvent aussi être non imposables.
Les revenus de placement (intérêts, dividendes étrangers, redevances), les bénéfices des indépendants et les gains immobiliers sont également taxés, avec des règles spécifiques, notamment sur les retenues à la source. Les intérêts perçus auprès des banques botswanaises bénéficient d’une exonération partielle, jusqu’à un plafond annuel.
Impôts sur les sociétés, TVA et conventions fiscales
Les sociétés résidentes (immatriculées au Botswana ou dirigées depuis le pays) sont imposées en principe à 22 % sur leurs bénéfices de source botswanaise, tandis que les sociétés non résidentes paient 30 % sur leurs profits de source botswanaise. Des régimes préférentiels existent pour certains secteurs jugés stratégiques (services financiers internationaux, zones économiques spéciales, industries de transformation, etc.), avec des taux pouvant descendre à 5 ou 10 % pendant plusieurs années.
Le taux standard de TVA est de 12 % pour la majorité des biens et services. Les loyers des logements résidentiels en sont généralement exclus. Il est important de noter que des droits de mutation importants s’appliquent aux transactions immobilières, surtout pour les acheteurs non monégasques, et qu’un impôt existe sur les transferts à titre gratuit comme les héritages et les donations.
Le Botswana a conclu de nombreuses conventions de non‑double imposition avec des pays comme le Royaume‑Uni, la France, l’Inde, l’Irlande, l’île Maurice, l’Afrique du Sud, la Suède, les Émirats arabes unis, la Belgique, le Luxembourg, la Namibie, la Zambie, le Zimbabwe, etc. Ces accords plafonnent les taux de retenue à la source sur dividendes, intérêts, redevances et certains services, et prévoient des mécanismes de crédit d’impôt pour éviter une double imposition effective des mêmes revenus dans deux États.
Les expatriés ressortissants d’États à fiscalité mondiale (comme les États‑Unis) doivent en outre gérer leurs obligations dans leur pays d’origine : dépôt de déclarations, recours aux dispositifs d’exonération de revenus étrangers, déclarations de comptes bancaires à l’étranger, etc. Les autorités américaines, par exemple, échangent des données avec le Botswana dans le cadre de la coopération fiscale internationale.
Compte tenu de cette complexité, il est vivement recommandé de consulter un fiscaliste habitué aux situations d’expatriation Botswana–pays d’origine, surtout si vous avez des revenus multiples (salaires, loyers, dividendes, activité indépendante) ou si vous envisagez d’acheter un bien immobilier.
Banques, comptes et transferts d’argent
Les services bancaires botswanais sont relativement développés, surtout dans les grandes villes. Plusieurs banques commerciales opèrent dans le pays, notamment des filiales de groupes régionaux ou internationaux : First National Bank Botswana, Standard Chartered, Bank Gaborone, Absa (ex‑Barclays), Stanbic, mais aussi Bank of Baroda ou BancABC, entre autres.
Pour ouvrir un compte, un expatrié doit présenter un titre de séjour et de travail valide. Les banques demandent généralement une copie certifiée du passeport, un permis de résidence ou de travail, une preuve de domicile récente (facture ou bail de moins de 3 mois), et parfois un relevé bancaire étranger, des bulletins de salaire ou une attestation employeur. Des documents supplémentaires sont nécessaires pour les mineurs (acte de naissance) ou les comptes d’entreprise (statuts, certificat d’incorporation, documents fiscaux, etc.).
Les banques proposent différents types de comptes : comptes courants pour les opérations quotidiennes, comptes d’épargne (souvent avec des plafonds et des exigences de solde minimum), dépôts à terme et comptes en devises (USD, GBP, ZAR, EUR) pour ceux qui souhaitent conserver une partie de leurs fonds dans une monnaie forte. Les services de banque en ligne et d’applications mobiles sont largement disponibles, avec des options de notifications par SMS, virement domestique et international, voire intégration avec des solutions de paiement en ligne.
De nombreux expatriés maintiennent deux comptes : un compte local pour les dépenses courantes et le salaire, et un compte offshore ou dans leur pays d’origine pour l’épargne et les investissements. Les transferts de fonds hors du Botswana sont libres, le pays n’ayant plus de contrôle strict des changes. Les coûts et les délais de ces transferts varient selon les banques et les circuits utilisés.
Sécurité, vie quotidienne et codes sociaux
Comparé à beaucoup de pays voisins, le Botswana jouit d’une réputation de pays relativement sûr. Le taux de criminalité est plus bas que dans plusieurs autres capitales africaines, et il n’y a pas d’historique récent d’actes de terrorisme. Néanmoins, comme partout, la prudence s’impose, surtout en milieu urbain.
Les vols, cambriolages et agressions opportunistes existent, en particulier à Gaborone, Francistown et Maun. Les incidents typiques mentionnés par les autorités et par les résidents comprennent les effractions de domicile, le vol dans les voitures stationnées, les arrachages de sacs à la sortie de commerces ou aux feux tricolores, voire des agressions nocturnes. Des manifestations peuvent parfois dégénérer, et il est conseillé de les éviter.
Malgré la décriminalisation de l’homosexualité, le pays n’est pas toujours perçu comme accueillant pour les familles, les femmes seules ou les personnes LGBTQ+. Les attitudes sociales, notamment en milieu rural et conservateur, restent souvent hostiles, montrant un décalage avec l’évolution juridique.
Quelques règles de base facilitent l’intégration. Les salutations sont fondamentales : on ne commence pas une interaction sans dire bonjour. “Dumela” (à une personne) ou “Dumelang” (à plusieurs personnes ou par respect) sont des formules clés. La poignée de main traditionnelle se fait avec la main droite, la main gauche soutenant l’avant‑bras droit en signe de respect. Dans les lieux traditionnels comme le kgotla (espace de rassemblement communautaire), un code vestimentaire s’applique : les femmes portent des jupes sous le genou et couvrent leurs épaules, les hommes des pantalons formels et une chemise, voire une veste.
La politesse est valorisée, notamment l’usage de “tswee‑tswee” pour dire “s’il vous plaît” et “ke a leboga” pour “merci”. Le respect envers les personnes âgées et les autorités locales est essentiel. Il est recommandé d’adopter une attitude mesurée sur les sujets sensibles comme la politique, la religion ou les pratiques traditionnelles. Évitez de pointer une personne du doigt, geste considéré comme impoli ; privilégiez plutôt une désignation avec la main ouverte.
Apprendre quelques phrases de setswana est un atout considérable pour nouer des liens, même si l’anglais suffit dans la plupart des interactions professionnelles à Gaborone. De nombreuses ressources existent : chaînes YouTube, cours en ligne, applications mobiles, ouvrages pour enfants, modules universitaires. Ce petit effort de langue est souvent perçu comme une marque de respect et d’intérêt sincère pour le pays.
Au quotidien, la vie à Gaborone est relativement calme, sans la densité et le tumulte des mégalopoles africaines. La ville n’est pas surpeuplée, les embouteillages restent limités à certains axes aux heures de pointe, et les espaces verts ou réserves proches (Gaborone Game Reserve, Mokolodi Nature Reserve, Gaborone Dam) offrent des échappées naturelles rapides. En revanche, les activités culturelles et de loisirs restent relativement restreintes : quelques centres commerciaux, salles de sport, restaurants, cafés, concerts occasionnels, mais moins de diversité que dans une grande capitale. La vie nocturne existe mais se concentre dans quelques bars et clubs, avec une offre jugée limitée par certains expatriés.
Transports, climat et check‑list pratique
Le Botswana est principalement un pays de la voiture. Le réseau routier est plutôt bon sur les axes principaux, mais la qualité se dégrade à l’intérieur, avec des routes parfois mal entretenues. La conduite se fait à gauche, comme en Afrique du Sud. Un permis de conduire international est valable 90 jours ; pour une installation durable, il est conseillé de demander un permis botswanais.
Les transports publics se résument pour l’essentiel à des minibus (“kombis”) et taxis, y compris des taxis collectifs sur certains trajets urbains. Le centre de Gaborone (Main Mall) est piéton et invite à la marche, mais dans la plupart des quartiers, les distances et la chaleur rendent la voiture pratique, voire quasi indispensable pour une famille.
Gaborone est desservie par l’aéroport international Sir Seretse Khama, qui propose des liaisons régulières avec les principales villes d’Afrique australe. Le rail existe, mais le trafic voyageur est restreint, la majorité des liaisons étant orientée vers le fret. La route reste donc le vecteur principal des déplacements longue distance.
Le climat est chaud et sec, avec des étés très chauds (jusqu’à 40 °C et plus). La saison des pluies va de novembre à avril, mais les précipitations sont irrégulières et le pays est sujet aux sécheresses. Les mois de septembre à novembre sont souvent venteux. Il est conseillé de prévoir une climatisation ou une ventilation efficace, des vêtements légers, de la crème solaire, un répulsif anti‑moustiques efficace et une trousse de premiers soins.
Avant le départ, il est judicieux de rassembler tous les documents essentiels : actes de naissance et de mariage (certifiés, voire apostillés), diplômes traduits en anglais et, si possible, déjà évalués ou prêts à l’être par les autorités botswanaises, certificats de police récents, carnets de vaccination, dossier médical et ordonnances, références bancaires, attestations d’assurance. Pour ceux qui viennent avec des enfants, il faut ajouter les bulletins scolaires, lettres de recommandation des enseignants et dossiers de candidature aux écoles visées.
Il est recommandé de prévoir trois mois de budget complet en réserve pour un couple ou une famille lors d’une installation à l’étranger.
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S’installer au Botswana, c’est faire le pari d’un pays stable, accueillant et encore à taille humaine, avec de réelles opportunités économiques dans certains secteurs et une qualité de vie marquée par la nature. C’est aussi accepter un environnement parfois rude (climat, infrastructures de santé inégales, lenteurs administratives) et un cadre social conservateur. Une préparation minutieuse, un choix éclairé de la ville et du quartier, une bonne couverture santé et une compréhension claire des contraintes de visa et de fiscalité sont les clés pour transformer ce pari en installation réussie.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Botswana, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Botswana pour sa fiscalité compétitive sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, un régime favorable aux revenus de source étrangère et un coût de vie nettement inférieur aux grandes capitales européennes (Gaborone ~40 % moins chère que Paris), tout en offrant une économie stable et un secteur financier en développement. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence avec achat de résidence principale, couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, immobilier) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
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