S’installer en Tanzanie tant qu’expatrié, ce n’est pas seulement changer de pays : c’est basculer dans un autre rythme de vie, une autre langue, un autre rapport au temps et aux relations humaines. Entre les ruelles animées de Dar es Salaam, les plages de Zanzibar et l’air frais d’Arusha, le pays attire autant les professionnels en mission longue durée que les familles ou les digital nomads.
Ce guide synthétise les informations essentielles pour préparer votre installation, basées sur des données récentes. Il couvre les aspects pratiques : visas, permis de résidence, logement, coût de la vie, santé, éducation, fiscalité, banque, sécurité et codes culturels. L’objectif est de vous permettre d’aborder votre projet de façon réaliste, sans idéalisation ni dramatisation.
Comprendre la Tanzanie avant de partir
La Tanzanie est un grand pays d’Afrique de l’Est bordé par l’océan Indien, né en 1964 de l’union de Tanganyika et de Zanzibar. Le territoire couvre plus de 947 000 km², avec une population légèrement supérieure à 63 millions d’habitants. La capitale politique est Dodoma, mais le cœur économique reste Dar es Salaam.
La Tanzanie compte près de 130 groupes ethniques différents, formant une mosaïque culturelle impressionnante.
Les principales religions sont l’islam et le christianisme, avec une forte majorité musulmane à Zanzibar (plus de 99 %). La société est globalement conservatrice, mais la vie sociale reste chaleureuse, portée par des valeurs de communauté et de respect.
Le climat varie du littoral chaud et humide (Dar es Salaam, Zanzibar) aux hauteurs plus fraîches (Arusha, Moshi, Iringa). En général, les températures oscillent entre 20 °C en saison plus fraîche et 35 °C en période chaude. Deux grandes saisons des pluies structurent l’année : mars–mai et octobre–décembre.
Visas, permis de séjour et statut d’expatrié
S’installer en Tanzanie ne se résume pas à un simple visa touristique. Pour travailler, investir, faire de la recherche ou rester sur le long terme, il faut anticiper les démarches de résidence et de travail.
Les principaux types de visas
Les visas se demandent en ligne via le portail officiel. Depuis début 2025, la délivrance de visas à l’arrivée est suspendue : il faut donc obtenir un e‑visa avant d’embarquer. Les délais annoncés tournent autour de dix jours pour la plupart des dossiers, hors cas particuliers nécessitant une « Referral Visa ».
Parmi les options les plus courantes :
| Type de visa | Usage principal | Validité indicative | Frais officiels (USD) |
|---|---|---|---|
| Ordinary Visa (entrée simple) | Tourisme, voyages d’affaires courts, visites | Jusqu’à 3 mois | 50 |
| Visa multiple entrée | Séjours répétés (tourisme, affaires) | Jusqu’à 12 mois, entrées multiples | 100 |
| Visa d’affaires | Missions professionnelles temporaires (≤ 90 jours) | Maximum 90 jours, non prolongeable | 250 |
| Visa de transit | Transit pour rejoindre un autre pays | 7 à 14 jours selon les sources | 30 |
| Visa étudiant | Études, stages, recherche académique | Selon la durée du programme | 50 à 550 |
| Visa gratuit (diplomatique) | Détenteurs de passeports officiels/diplomatiques | Selon mission | 0 |
Certaines nationalités sont exemptées de visa pour les séjours courts, en particulier de nombreux pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), de la SADC et certains États du Commonwealth. D’autres, au contraire, figurent sur une liste dite « Referral » (Afghanistan, Bangladesh, Liban, etc.) et doivent obtenir une autorisation spéciale avant toute délivrance de visa. Dans ces cas, il est fortement déconseillé de réserver billets et hébergements avant réception de l’accord.
Visas, bénévolat et travail : attention aux confusions
Un point crucial pour les expatriés : il est interdit de travailler ou de faire du volontariat avec un simple visa touristique. Les bénévoles, chercheurs, stagiaires et employés doivent être couverts par un permis de résidence de classe appropriée (souvent Class C pour les volontaires et étudiants, Class B pour les salariés).
Les activités professionnelles ponctuelles (réunions, conférences, audits) peuvent être couvertes par un visa d’affaires, mais celui-ci ne permet pas d’exercer un emploi continu ni de réaliser un volontariat structurel.
Les permis de résidence : classes A, B et C
Au-delà de quelques mois, vivre en Tanzanie suppose d’obtenir un permis de résidence. Il existe trois grandes catégories, avec des sous‑classes détaillées dans une matrice officielle.
Class A : investisseurs et indépendants
Ce permis concerne les personnes qui viennent investir ou se mettre à leur compte dans des secteurs variés : tourisme, industrie, agriculture, immobilier, technologies, mines, etc. Il s’adresse aux investisseurs disposant de moyens financiers substantiels ou aux dirigeants/actionnaires qui gèrent directement leur entreprise.
Quelques éléments structurants :
– Demande portée par une société enregistrée en Tanzanie (locale ou filiale étrangère).
– Nécessité d’un dossier solide : business plan, projections financières, preuves de capital investi, licence d’activité, enregistrement auprès du Tanzania Investment Centre (TIC) le cas échéant.
– L’État ne vend pas la terre, mais accorde des « droits d’occupation » (de 5 à 99 ans) via le TIC pour les projets d’investissement.
Les montants d’investissement requis varient selon les secteurs, avec un plancher de référence de 100 000 USD. Ce seuil peut être réduit pour les citoyens de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Les frais de permis, quant à eux, oscillent généralement entre 1 000 et 3 000 USD en fonction de la sous-classe, et des tarifs préférentiels peuvent également s’appliquer aux ressortissants de l’EAC.
Class B : salariés étrangers
Le permis Class B vise les employés étrangers possédant des compétences rares sur le marché local : spécialistes techniques, cadres, experts dans des projets stratégiques, enseignants, médecins, ingénieurs…
Les points clés :
– Le permis est demandé par l’employeur tanzanien, pas par le salarié.
– Un work permit du ministère du Travail doit être obtenu avant la demande de permis de résidence.
– Le principe officiel est que le poste ne doit pas pouvoir être pourvu par un Tanzanien.
– Validité habituelle de deux ans, renouvelable, mais liée à un employeur précis. Changer de société implique une nouvelle procédure ou un « Re‑Grant ».
Le coût d’un Class B se situe généralement autour de 2 000 USD pour un expatrié classique, avec des tarifs réduits pour les ressortissants de l’EAC et des frais annexes pour les personnes à charge.
Class C : chercheurs, retraités, volontaires, étudiants
Cette classe couvre un large public : bénévoles, missionnaires, chercheurs, retraités, stagiaires, étudiants, personnes en traitement médical, témoins devant les tribunaux, salariés d’ONG, acheteurs de biens immobiliers dans des projets agréés.
Les frais de permis sont généralement compris entre 200 et 500 USD, ce qui est plus modéré que pour les permis d’investisseur ou de salarié. De plus, les étudiants mineurs peuvent bénéficier d’une exonération totale de la taxe de permis dans certaines situations.
Spécial Pass, dépendants et résidence permanente
Durant la transition entre deux statuts ou en attente de la décision finale, un « Special Pass » (600 USD) peut permettre de rester légalement sur le territoire. Ce document est utilisé, par exemple, lorsqu’un salarié change d’employeur sans sortir du pays.
Les époux et enfants mineurs peuvent être rattachés au permis principal via des « Dependant Pass » payants. Les garçons de plus de 18 ans ne sont généralement plus éligibles en tant que simples dépendants et doivent disposer de leur propre statut (étudiant, salarié, etc.).
Sur le long terme, la résidence permanente devient envisageable après avoir vécu et travaillé dix ans dans le pays, ou après cinq ans de mariage avec un citoyen tanzanien. Il est aussi demandé d’avoir vécu au moins 12 mois dans le pays, de maîtriser le swahili et l’anglais et d’exercer un métier jugé utile au développement technologique national.
Choisir sa ville : Dar es Salaam, Arusha, Zanzibar ou ailleurs ?
Le choix de la ville structure la qualité de vie, le budget et les perspectives professionnelles. Plusieurs pôles se démarquent.
Dar es Salaam : la grande métropole côtière
Ancienne capitale et toujours principal centre économique, Dar es Salaam regroupe entre 4,5 et plus de 6 millions d’habitants selon les estimations. La ville concentre les sièges des grandes entreprises, des ONG, les meilleures cliniques et la plupart des écoles internationales de haut niveau.
L’atmosphère est humide et chaude, le trafic souvent congestionné, mais la vie urbaine est foisonnante : marchés, malls, plages urbaines, restaurants, clubs et une importante communauté expatriée.
Pour les expatriés, certains quartiers ressortent particulièrement :
| Quartier | Profil général | Présence expatriée estimée | Points forts |
|---|---|---|---|
| Masaki | Très haut de gamme, « quartier diplomatique » | ≈ 15 % | Sécurité, villas et appartements luxe, proximité mer |
| Oyster Bay | Résidentiel chic en bord de mer | 10–15 % | Promenade côtière, restaurants, sécurité élevée |
| Msasani Peninsula | Mix de résidences, commerces, vie nocturne | 8–12 % | Bon compromis entre vie urbaine et plage |
| Upanga | Central, institutions médicales et écoles | 5–8 % | Bonne desserte, hôpitaux de référence |
| Mikocheni | Résidentiel en développement, bon rapport qualité/prix | 3–5 % | Accès correct au centre, loyers plus abordables |
| Kigamboni | Zone en devenir, reliée par un pont moderne | 2–3 % | Plages moins urbanisées, potentiel de développement |
| Bahari Beach / Tegeta / Mbezi | Périphérie moyenne à aisée | variable | Maisons avec jardin, plus calme |
Plus centralement, Kinondoni, Sinza, Kijitonyama ou Kariakoo offrent une immersion plus locale à des loyers moindres, mais avec davantage de nuisances (trafic, bruit, petites délinquances).
Arusha, Moshi et le nord du pays
Arusha est la porte d’entrée des safaris du nord (Serengeti, Ngorongoro) et un centre important pour les ONG et les agences de tourisme. Le climat y est plus tempéré que sur la côte. Pour un digital nomad ou un expatrié dans l’humanitaire, c’est une alternative intéressante à Dar es Salaam, avec des loyers plus doux.
La ville de Moshi, située au pied du Kilimandjaro en Tanzanie, offre un environnement paisible au cœur d’une région caféière. Elle est particulièrement appréciée des retraités actifs et des télétravailleurs en quête d’un cadre naturel et calme pour vivre et travailler.
Zanzibar : lagons, tourisme et conservatisme religieux
Zanzibar séduit avec ses plages et la vieille ville de Stone Town, inscrite au patrimoine mondial. Les loyers à Stone Town ou dans les villages côtiers (Nungwi, Kendwa, Paje, Jambiani) restent relativement contenus au regard de l’attrait touristique, même si, pour des séjours courts, les locations meublées via plateformes sont chères.
La société est très majoritairement musulmane. Il est conseillé d’adopter une discrétion vestimentaire en dehors des complexes hôteliers. Les usages concernant les couples et la consommation d’alcool sont plus stricts que dans d’autres régions comme Dar es Salaam.
Autres villes : Mwanza, Mbeya, Iringa, Morogoro…
Mwanza, sur le lac Victoria, devient un pôle économique en croissance, notamment dans la pêche et les services. Mbeya, Iringa ou Morogoro offrent un cadre de vie plus rural ou provincial, avec un coût de la vie bas, au prix d’un accès plus limité aux services de santé de haut niveau et aux écoles internationales.
Se loger : marché locatif, loyers et réalités
Le marché immobilier tanzanien est en pleine expansion dans les grandes villes. Pour un expatrié, la principale variable de coût reste le loyer, très dépendant du quartier, du standing et du type de logement.
Niveaux de loyers à Dar es Salaam
Les données disponibles montrent une grande amplitude de tarifs, mais donnent des repères fiables :
| Type de logement | Zone | Fourchette indicative mensuelle |
|---|---|---|
| Studio / 1 chambre meublé | Dar centre (Masaki, Oyster Bay, Msasani) | 500 à 800 USD |
| 1 chambre non meublé | Centre élargi | 300 à 650 USD |
| 1 chambre hors centre | Quartiers plus populaires | 150 à 400 USD |
| 3 chambres appartement centre | Quartiers prisés | 737 à 1 290 USD |
| 3 chambres hors centre | Périphérie | 422 à 782 USD |
| 3 chambres meublé luxe (Masaki/Oyster Bay) | Haut de gamme | 1 200 à 2 800 USD |
| Villa familiale sécurisée (Masaki) | Haut de gamme | À partir de 1 800 USD |
| 2 chambres Mikocheni | Résidentiel intermédiaire | 900 000–1 500 000 TZS (~350–600 USD) |
| Maison 3 chambres Mbezi Beach | Périphérie aisée | 1 200 000–2 000 000 TZS |
Les bailleurs demandent souvent plusieurs mois de loyer d’avance (jusqu’à trois mois, parfois plus). Il est donc prudent de disposer d’une épargne de départ suffisante pour couvrir dépôt de garantie, avance de loyers et aménagement initial.
Achat immobilier et droits fonciers
La terre appartient à l’État : ni les citoyens tanzaniens ni les étrangers ne peuvent en être propriétaires en pleine propriété. Le régime repose sur des droits d’occupation (« rights of occupancy ») attribués pour des périodes allant de 5 à 99 ans, renouvelables.
Pour les étrangers, l’acquisition de terrains en Tanzanie est généralement possible via le Tanzania Investment Centre dans le cadre d’un projet d’investissement. Des restrictions existent près des zones militaires et dans certains territoires ruraux sensibles. En pratique, la plupart des expatriés optent pour la location à long terme.
Les prix moyens d’acquisition dans Dar es Salaam avoisinent 1 200 à 1 360 USD/m² en centre‑ville et un peu moins en périphérie, avec des hausses annuelles estimées autour de 7 % ces dernières années dans certains quartiers.
Charges, électricité, internet
Les charges (eau, électricité, collecte des déchets) ne sont généralement pas incluses dans le loyer pour un contrat de longue durée. Les estimations donnent pour un appartement standard :
Aperçu des dépenses mensuelles moyennes pour les services numériques essentiels, en USD.
Coût mensuel estimé entre 55 et 102 USD.
Coût mensuel estimé entre 36 et 59 USD.
Coût mensuel estimé entre 10 et 30 USD pour plus de 10 Go de data.
Les coupures de courant restent fréquentes, surtout en périphérie (jusqu’à une douzaine d’heures cumulées par mois). Dans les immeubles et villas de standing, des générateurs et réservoirs d’eau compensent ces aléas.
Coût de la vie : quel budget prévoir ?
La Tanzanie reste globalement moins chère que la plupart des pays occidentaux, mais Dar es Salaam est la ville la plus onéreuse du pays et les standards de vie expatriés créent facilement un décalage avec les salaires locaux.
Les estimations convergent autour de ces ordres de grandeur :
| Profil | Budget mensuel estimé (logement inclus) |
|---|---|
| Célibataire modeste | 800 à 1 000 USD |
| Célibataire confortable | 1 000 à 1 500 USD |
| Famille de quatre | ≈ 2 500 USD |
| Expat « prudent » | ≈ 12 000 USD par an (soit 1 000 USD/mois) |
Le salaire net médian local tourne autour de 1 060 000 TZS par mois (environ 288 USD), ce qui montre la différence de pouvoir d’achat entre expatriés salariés en devise et population locale.
Alimentation et restaurants
Les marchés locaux et produits tanzaniens sont très abordables. En revanche, les produits importés, les supermarchés occidentalisés et la restauration internationale font rapidement grimper la note.
Quelques repères de prix :
| Produit / service | Prix indicatif |
|---|---|
| Repas simple dans un petit restaurant | 3,25 à 3,70 USD |
| Menu pour deux dans un restaurant moyen | 19,30 à 47,50 USD |
| Menu fast‑food type combo | ≈ 10,30 USD |
| Bière locale (0,5 l) au bar | 1,00 à 1,10 USD |
| Cappuccino | ≈ 2,10 USD |
| Bouteille d’eau (0,33 l) | ≈ 0,28 USD |
| Lait (1 l) | ≈ 1,13 USD |
| Pain (500 g) | ≈ 0,82 USD |
| Douzaine d’œufs | ≈ 2,15 USD |
Pour un célibataire, un budget courses réaliste se situe entre 180 et 300 USD par mois, selon que l’on cuisine local ou que l’on consomme beaucoup d’importations.
Transports et déplacements
Le transport public urbain repose sur les fameux minibus « dala‑dala », les bus rapides (BRT) à Dar es Salaam, les tuk‑tuk (« bajaj ») et les motos‑taxis (« bodaboda »). C’est bon marché, mais souvent bondé et peu confortable.
Le coût mensuel estimé des transports en commun à Dar es Salaam, en shillings tanzaniens (TZS), basé sur un forfait de 20 USD.
Dans Dar es Salaam, beaucoup de familles expatriées jugent indispensable d’avoir une voiture, surtout en banlieue. Les heures de pointe (7–9 h et 17–19 h) rendent les temps de trajet très aléatoires : 15 à 45 minutes pour parcourir 5 à 15 km entre quartiers résidentiels et centre d’affaires.
Santé : système médical, risques et assurances
Le système de santé tanzanien est encore en phase de développement, avec des inégalités marquées entre grandes villes et zones rurales.
Public vs privé
Les hôpitaux publics assurent la majorité des soins de base et une partie des urgences, gratuitement pour la population locale. Pour les expatriés, les soins sont payants, la qualité fluctue fortement, et les délais d’attente peuvent être longs.
Les établissements privés, souvent adossés à des groupes internationaux ou à des missions religieuses, constituent la référence pour la plupart des expatriés : équipements plus modernes, personnel mieux dimensionné, environnement plus confortable, délais réduits, services spécialisés.
À Dar es Salaam, plusieurs structures se distinguent :
– Muhimbili National Hospital (référence nationale, centre public majeur),
– Aga Khan Hospital (grand privé à Msasani),
– Regency Medical Centre (Upanga),
– Muhimbili Orthopaedic Institute (orthopédie).
À Arusha et Moshi, le Kilimanjaro Christian Medical Centre (KCMC) et le Mount Meru Regional Hospital jouent un rôle similaire pour le nord.
Hors grandes villes, l’offre est limitée ; pour des cas graves, l’évacuation vers Nairobi (Kenya) ou l’Afrique du Sud est fréquente.
Assurance santé : un impératif
La grande majorité des expatriés s’appuie sur une assurance santé privée internationale. Elle est souvent exigée pour l’obtention d’un permis de travail, et fortement conseillée même pour les séjours longs hors emploi formel.
Les contrats internationaux (Bupa, Allianz, Cigna, AXA, etc.) couvrent généralement :
– hospitalisation et chirurgie,
– soins courants et spécialistes,
– maternité (souvent avec délai de carence),
– traitements lourds (cancers, dialyse),
– évacuation médicale et rapatriement.
Vu les coûts potentiels d’un transfert médical international, c’est ce dernier point qui fait toute la différence. Les primes varient de l’ordre de 50 à plus de 300 USD par mois pour un adulte, selon l’âge, la couverture (in/out patient, dentaire, maternité…) et la zone géographique incluse.
Maladies et vaccinations
Le pays est en zone tropicale, avec plusieurs risques sanitaires :
Le paludisme est endémique en dessous de 1 800 m, particulièrement dans les zones rurales et côtières. D’autres maladies comme la dengue, la typhoïde, le choléra, la méningite, ainsi que les hépatites A et B et la rage dans certains contextes, sont également présentes.
Il est conseillé de consulter un centre de vaccination avant le départ. Les immunisations généralement recommandées incluent :
– rappels de base (DTP, rougeole–oreillons–rubéole),
– hépatites A et B,
– typhoïde,
– rage (pour séjours prolongés en brousse ou contacts animaux probables),
– méningite,
– vaccin contre la fièvre jaune si l’on vient d’un pays à risque ou après un transit prolongé.
La présentation d’un certificat de vaccination fièvre jaune est obligatoire dans plusieurs configurations (transit ≥ 12 h par un pays concerné).
L’eau du robinet n’est pas potable : on boit de l’eau minérale ou filtrée. L’usage de moustiquaires, répulsifs et vêtements longs le soir est vivement recommandé.
Écoles et éducation : familles expatriées
Le système éducatif public souffre de sous‑financement, de grandes classes et de difficultés d’accessibilité. Beaucoup de familles tanzaniennes aisées comme d’expatriés préfèrent donc des écoles privées ou internationales.
Les écoles internationales
Dans les grandes villes (Dar es Salaam, Arusha, Moshi, Zanzibar, Mwanza, Iringa, Morogoro), l’offre internationale s’est nettement étoffée. La plupart des établissements sont anglophones, certains francophones ou bilingues, et proposent des programmes internationaux comme le Baccalauréat International (IB) ou le curriculum britannique (Cambridge, A‑Levels).
À Dar es Salaam, on trouve notamment : les plages magnifiques, les marchés animés, la cuisine locale variée et les sites historiques fascinants.
Un aperçu des principales écoles internationales de Dar es-Salaam, présentant leurs programmes et fourchettes de frais de scolarité annuels.
Programme IB de la maternelle au lycée. Tarifs annuels pouvant dépasser 37 000 USD pour les dernières années.
Programme IB continuum. Frais de scolarité de 14 262 à 18 795 USD par an selon les niveaux.
Combine le programme national (NECTA) et les programmes internationaux (IGCSE, IB).
École basée sur le curriculum Cambridge.
École homologuée par l’AEFE. Frais de scolarité entre un peu plus de 9 800 et 17 400 euros par an.
Plusieurs écoles suivent le programme Cambridge avec un mix de matières nationales (Kiswahili, histoire, civisme).
D’autres villes disposent aussi d’écoles reconnues (Braeburn à Arusha, UWC East Africa à Arusha et Moshi, International School of Zanzibar, Iringa International School, Isamilo International School Mwanza, etc.).
Les frais de scolarité varient énormément selon les établissements et les formations.
| Type d’établissement international | Fourchette de frais annuels (USD) |
|---|---|
| Écoles moyennes / régionales | 4 900 à 9 900 |
| Grandes écoles internationales de prestige | Jusqu’à 30 800 |
| Moyenne observée | ≈ 8 200 (≈ 900 USD / mois) |
À cela s’ajoutent frais d’inscription, uniformes, transport scolaire, activités extra‑scolaires et voyages pédagogiques.
Garderies et préscolaire
Les garderies et maternelles privées peuvent coûter entre 435 et plus de 1 050 USD par mois et par enfant à Dar es Salaam. Là encore, les écarts de prix reflètent le standing, l’encadrement et les infrastructures.
Pour une famille, ces coûts éducation + habitation représentent souvent l’essentiel du budget.
Travailler et entreprendre : secteurs porteurs et contraintes
La Tanzanie est classée pays à revenu intermédiaire inférieur et présente une croissance soutenue. Plusieurs secteurs attirent les expatriés :
– ONG et développement international,
– tourisme et hôtellerie,
– mines, énergie, construction, infrastructures,
– agriculture et agro‑industrie,
– économie numérique naissante.
Les politiques publiques cherchent cependant à protéger la main‑d’œuvre locale. Cela se traduit par :
Pour réguler l’emploi des expatriés, la Tanzanie a mis en place plusieurs mesures : un filtrage rigoureux des permis de travail (Class B), une exigence de transfert de compétences visant le remplacement progressif par des travailleurs tanzaniens, et l’établissement de listes de métiers réservés aux nationaux dans certains secteurs.
Ouvrir une entreprise est possible, mais implique : une réflexion approfondie sur l’idée, le marché cible, et le plan d’affaires, ainsi que la compréhension des obligations légales et fiscales, le choix de la structure juridique, et la gestion des ressources financières.
– enregistrement auprès de BRELA pour la société,
– obtention de numéros fiscaux (TIN) auprès de l’Autorité fiscale,
– licences sectorielles spécifiques (banque centrale, autorités de télécommunication, etc.),
– parfois des exigences de capital minimum ou de partenariats locaux.
Les expatriés entrepreneurs importants peuvent obtenir un Class A, mais doivent documenter précisément leur projet, leur financement et leur impact.
Fiscalité : résident ou non‑résident ?
Le régime fiscal tanzanien distingue résidents et non‑résidents. Pour l’impôt sur le revenu, on est considéré comme résident si l’on remplit un des critères suivants :
– présence d’au moins 183 jours sur une année fiscale,
– moyenne de 122 jours par an sur l’année en cours et les deux précédentes,
– « foyer permanent » dans le pays (avec nuances),
– fonctionnaire tanzanien en poste à l’étranger.
Les résidents sont imposables sur leurs revenus mondiaux, les non‑résidents uniquement sur leurs revenus de source tanzanienne.
Pour les personnes physiques résidentes, les tranches mensuelles se présentent ainsi :
| Revenu mensuel (TZS) | Taux effectif |
|---|---|
| 0 à 270 000 | 0 % |
| 270 001 à 520 000 | 8 % sur la part au‑delà de 270 000 |
| 520 001 à 760 000 | 20 000 TZS + 20 % sur la part > 520 000 |
| 760 001 à 1 000 000 | 68 000 TZS + 25 % sur la part > 760 000 |
| Au‑delà de 1 000 000 | 128 000 TZS + 30 % sur la part > 1 000 000 |
Le taux marginal maximum est donc de 30 %. Un non‑résident se voit appliquer :
– 15 % de retenue à la source sur le salaire tanzanien (qui constitue l’impôt définitif),
– 30 % sur ses autres revenus de source tanzanienne.
Le taux d’imposition de la plus-value pour un non-résident cédant des actifs en Tanzanie.
L’employeur applique le système PAYE (précompte mensuel) et reverse l’impôt à l’administration fiscale. Les travailleurs indépendants ou entrepreneurs individuels doivent, eux, déposer des déclarations estimatives et régler l’impôt en quatre acomptes annuels.
Pour les sociétés, le taux courant est de 30 % sur le bénéfice, avec certains régimes allégés (25 % pour les sociétés abondamment cotées à la bourse de Dar es Salaam, incitations pour l’assemblage automobile ou la pharmacie, etc.).
Banque et argent : gérer ses finances sur place
Ouvrir un compte bancaire local est recommandé pour être payé en shillings tanzaniens, régler un loyer, recevoir des remboursements ou tout simplement éviter les frais de conversion répétés.
Ouvrir un compte
La plupart des grandes banques (CRDB, NMB, National Bank of Commerce, Standard Chartered, Stanbic, Exim, Diamond Trust, Barclays/Absa, etc.) acceptent les clients étrangers, sous réserve de fournir :
– passeport valide,
– visa ou permis de résidence en cours de validité,
– preuve d’adresse locale (facture, contrat de location, attestation de propriétaire voire document officiel),
– preuve de source de revenus (contrat de travail, revenus de pension, etc.),
– parfois une lettre de référence ou le parrainage d’un client existant,
– photos d’identité aux spécifications de la banque.
L’ouverture d’un compte bancaire en Tanzanie peut prendre de quelques jours à deux semaines. Il est possible d’ouvrir des comptes en devises étrangères (USD, EUR, GBP) en plus du compte local en shillings tanzaniens, une option particulièrement utile pour les expatriés payés dans une monnaie forte.
Les horaires d’ouverture sont en général de type bureau (8 h – 16 h 30 en semaine, parfois samedi matin). L’usage de la carte bancaire se développe dans les commerces formels, mais le pays reste largement centré sur le cash et les paiements mobiles.
Mobile money et alternatives
Les opérateurs de téléphonie (Vodacom, Airtel, Tigo…) offrent des services de porte‑monnaie électronique massivement utilisés pour payer factures, envoyer de l’argent, régler des achats au marché. C’est un complément précieux à un compte bancaire, surtout pour les petites dépenses quotidiennes.
Des solutions en ligne (type Grey pour comptes multi‑devises) existent aussi, mais leur articulation avec les obligations fiscales locales doit être envisagée avec un conseil spécialisé si les montants sont importants.
Sécurité, crime et précautions
La Tanzanie est considérée comme présentant un risque global de sécurité « moyen ». La plupart des séjours se déroulent sans incident majeur, mais plusieurs risques existent :
– petite délinquance fréquente (pickpockets, vol à l’arraché, cambriolages),
– augmentation récente de certains types de vols, notamment en zone urbaine,
– perception des étrangers comme « riches », alimentant parfois des agressions ciblées ou des enlèvements dans les zones touristiques,
– routes dangereuses, surtout de nuit, et forte accidentalité routière,
– épisodes ponctuels de tensions sécuritaires (risque terroriste isolé, banditisme dans certaines zones frontalières).
En 2023, Dar es Salaam a enregistré une hausse de 7,6 % des infractions liées au vol, la cambriole étant la plus courante. Pour y faire face, les quartiers les mieux sécurisés comme Masaki, Oyster Bay et Upanga combinent plusieurs mesures : une forte présence policière, des services de gardiennage privé et le développement de logements dans des compounds fermés et sécurisés.
Des précautions simples réduisent significativement le risque :
Pour assurer votre sécurité lors de vos déplacements, il est conseillé d’éviter de marcher seul à pied la nuit, de limiter l’exposition d’objets de valeur comme les bijoux, téléphones ou ordinateurs portables, et de privilégier les taxis officiels ou les applications reconnues (comme Bolt ou Uber) plutôt que des véhicules non identifiés. Renseignez-vous également sur les zones à éviter à la tombée du jour et, lorsque c’est possible, choisissez un logement équipé de gardiens, de clôtures et de systèmes d’alarme.
Pour les femmes, le risque général est jugé plus faible que dans certains autres pays de la région, à condition de respecter les codes de modestie vestimentaire et les usages (éviter alcool excessif en public, déplacements nocturnes isolés, etc.).
L’environnement légal est en revanche particulièrement hostile aux personnes LGBTQ+ : les relations homosexuelles sont criminalisées avec des peines très lourdes et les arrestations arbitraires sont documentées. Les personnes concernées doivent être pleinement conscientes de ce contexte avant une installation.
Culture, codes sociaux et vie quotidienne
Réussir son installation en Tanzanie demande autant d’adaptabilité culturelle que de rigueur administrative. Quelques repères facilitent l’intégration.
Langue, salutations et communication
Apprendre les bases du swahili change tout dans les interactions : un simple « habari ? » (comment ça va ?), « asante sana » (merci beaucoup) ou « karibuni » (bienvenue à plusieurs) ouvre la porte à des échanges plus chaleureux. Les Tanzaniens apprécient l’effort, même modeste.
Les salutations sont un moment clé : on prend son temps pour demander des nouvelles de la famille, du travail, de la santé avant de parler affaires. Le ton est doux, le sourire fréquent, la confrontation directe évitée. Dire « non » frontalement est peu courant ; on entendra plutôt « nitafikiri » (je vais y penser) ou « si rahisi » (ce n’est pas facile).
Les relations sont hiérarchisées : titres et noms de famille sont utilisés en contexte professionnel avec les supérieurs et les aînés. La politesse implique de saluer chaque personne présente dans une pièce ou un bureau.
La main droite doit être utilisée pour manger, donner ou recevoir des objets, de l’argent ou des cartes de visite, car la main gauche est considérée comme impure. Il est également mal vu de pointer quelqu’un du doigt ; privilégiez plutôt un geste discret ou un léger mouvement de tête.
Vêtements et pudeur
La règle de base est la modestie, surtout hors grandes zones touristiques et à Zanzibar :
– épaules et genoux couverts pour hommes et femmes dans la rue,
– pantalons ou jupes longues pour les femmes, tenues non moulantes,
– t‑shirts couvrant le buste, éviter les débardeurs très échancrés,
– sur les plages, le maillot est admis, mais on remet un vêtement couvrant dès que l’on quitte le sable.
Les tenues camouflage sont interdites par la loi pour les civils. En milieu professionnel urbain, le code vestimentaire reste plutôt formel : costume-cravate pour beaucoup d’hommes de bureau, tenue sobre et couvrante pour les femmes.
À table et chez l’habitant
Les repas sont souvent partagés autour d’un grand plat commun (ugali, riz, viande grillée –nyama choma–, légumes en sauce). On mange très fréquemment avec la main droite, même si les couverts sont courants en ville. Il est mal poli de refuser catégoriquement la nourriture proposée ; mieux vaut accepter une petite portion.
Renifler volontairement un plat avant d’y goûter est considéré comme un signe de suspicion envers le cuisinier. Pour montrer votre respect, il est apprécié de complimenter le repas et de terminer entièrement ce qui est dans votre assiette.
Lorsqu’on est invité, apporter un petit présent (thé, sucre, fruits, cahiers ou crayons pour les enfants) est apprécié. L’argent en tant que cadeau direct est à éviter dans un cadre privé.
Dans les grandes villes, la vie sociale est dynamique : bars, clubs, restaurants de toutes cuisines, cinémas, salles de sport, clubs de voile ou de plongée à Dar es Salaam et Zanzibar. Un abonnement à une salle de sport coûte en général entre 44 et 88 USD par mois, une place de cinéma avoisine 5,5 USD.
Les expatriés se retrouvent via des réseaux formels (clubs d’affaires, associations internationales de femmes, yacht club, clubs sportifs) ou informels (groupes WhatsApp, événements communautaires, coworking spaces). Ces réseaux sont utiles pour :
– trouver un logement fiable,
– obtenir des recommandations de médecins ou de nounous,
– partager des informations pratiques (visas, fiscalité, scolarité),
– construire une vie sociale locale plus rapidement.
Préparer concrètement son installation
Au‑delà des aspects structurels, quelques points méritent une attention particulière dans la check‑list de départ :
Pour une installation réussie, anticipez les démarches administratives cruciales : obtenez le visa et initiez le permis de résidence avant l’arrivée. Inscrivez vos enfants dans les écoles internationales plusieurs mois à l’avance. Prévoyez un budget logement d’au moins trois mois de loyer (dépôt de garantie + avance). Souscrivez une assurance santé internationale couvrant l’évacuation sanitaire. Préparez les documents nécessaires à l’ouverture d’un compte bancaire local. Évaluez ce que vous apportez (meubles, voiture) en considérant les coûts de transport et les droits de douane. Dans vos bagages, incluez des vêtements légers mais couvrants, de la crème solaire, un répulsif anti‑moustiques, une pharmacie de base et des copies de vos ordonnances. Enfin, numérisez tous vos documents importants (passeport, actes d’état civil, diplômes, contrats) et sauvegardez-les dans le cloud.
S’installer en Tanzanie tant qu’expatrié, c’est accepter un certain degré d’imprévu – qu’il s’agisse de coupures de courant, d’embouteillages interminables, de procédures administratives plus lentes que prévu – mais c’est aussi bénéficier d’un environnement humainement riche, d’une nature exceptionnelle et d’un coût de la vie encore accessible, à condition de bien comprendre les contraintes locales.
En prenant le temps de préparer visas, santé, finances, logement et scolarité, et en se familiarisant avec les codes sociaux et la langue, il devient possible de transformer cette installation en véritable projet de vie et pas seulement en parenthèse professionnelle.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale en Tanzanie pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et garder un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, installation sur place et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, Tanzanie), la stratégie retenue consiste à cibler la Tanzanie pour sa fiscalité attractive pour les non-résidents, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à la France (Dar es Salaam, Arusha, Zanzibar) et l’accès à un marché en forte croissance en Afrique de l’Est. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, conventions fiscales FR‑TZ), obtention du titre de séjour et adresse fiscale en Tanzanie, détachement ou adaptation couverture santé, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, comptable bilingue) et adaptation patrimoniale (immobilier locatif, devises, diversification régionale).
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.