S’installer en Bosnie-Herzégovine en tant qu’expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Poser ses valises en Bosnie-Herzégovine, c’est choisir un pays européen encore méconnu, où le coût de la vie reste très bas, la culture est riche et la nature omniprésente. Entre Sarajevo la cosmopolite, Mostar la photogénique et les petites villes paisibles, le pays attire de plus en plus de télétravailleurs, d’entrepreneurs et de salariés en mission. Mais s’installer durablement suppose de comprendre le système de visas, les démarches de résidence, le marché locatif, la fiscalité, la santé et le quotidien sur place.

Bon à savoir :

Ce guide synthétise les informations essentielles pour préparer votre installation, en s’appuyant sur des rapports spécialisés, des analyses fiscales, des données sur le coût de la vie et les retours d’expérience d’expatriés.

Comprendre le pays avant de partir

La Bosnie-Herzégovine se situe en Europe du Sud-Est. Elle est souvent décrite comme un « joyau caché » pour les nomades digitaux : paysages de montagne, vallées, rivières turquoise, villes historiques et prix très bas par rapport au reste du continent. Le pays n’a pas le niveau d’infrastructures ni de salaires de l’Europe de l’Ouest, mais il compense par une qualité de vie faite de lenteur, de cafés à rallonge et de relations humaines très présentes.

16

Seulement 16 % de la population bosnienne parle anglais, une langue pourtant répandue chez les jeunes urbains et les professionnels.

Le pays garde les cicatrices de la guerre des années 1990 : bâtiments criblés d’impacts à côté d’immeubles neufs, mémoriaux, atmosphère parfois lourde. Pourtant, la sécurité est bonne pour les expatriés, à condition de respecter les précautions de base. La vie quotidienne est faite de réseaux familiaux et amicaux très soudés, de sociabilité intense et d’un rapport au temps résolument moins stressant que dans les grandes capitales occidentales.

Visas, entrée et permis de séjour

Avant de chercher un appartement ou un emploi, il faut clarifier le cadre légal de son séjour. La Bosnie-Herzégovine applique une politique de visas largement calquée sur celle de l’espace Schengen, avec de nombreuses exemptions.

Séjour touristique de courte durée

Les ressortissants de nombreux pays (dont les pays Schengen, la plupart des pays européens, les États-Unis et d’autres comme la Turquie, le Qatar, la Russie ou la Chine) peuvent entrer sans visa pour un court séjour, généralement jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours. Le passeport doit être valide plusieurs mois au-delà de la date de départ prévue (les sources diplomatiques évoquent au moins trois à six mois de validité).

Attention :

La demande de visa pour la Bosnie-Herzégovine doit être déposée en personne à une ambassade ou un consulat, et ne peut se faire par courrier. Le traitement prend généralement entre 5 et 15 jours ouvrables, pouvant aller jusqu’à un mois. Les documents requis incluent notamment le passeport, un formulaire, une preuve d’hébergement, une assurance, des justificatifs financiers et, selon le cas, une invitation ou un contrat.

Les visiteurs logés chez l’habitant doivent être enregistrés auprès de la police ou du Service des étrangers dans les 48 heures à partir de trois nuits consécutives. Les hôtels et pensions se chargent généralement de cette formalité.

Il n’existe pas de visa spécifique pour nomades digitaux

À ce jour, il n’y a pas de visa dédié aux télétravailleurs étrangers. Ceux qui souhaitent tester le pays quelques semaines utilisent le régime touristique (avec ou sans visa selon leur nationalité), mais pour rester plus longtemps, il faut entrer dans le cadre d’un permis de séjour temporaire.

Permis de séjour temporaire

Tout étranger qui souhaite rester plus de 90 jours doit demander un permis de séjour temporaire auprès du Service pour les étrangers (Ministère de la Sécurité), via son bureau local. L’application doit être déposée au moins 15 jours avant la fin du séjour initial de 90 jours. La procédure est réputée bureaucratique et parfois longue : plusieurs mois peuvent s’écouler entre le dépôt du dossier et la délivrance du permis, même si la base légale prévoit des délais d’environ un mois.

Astuce :

Un permis de séjour temporaire peut être accordé pour une durée allant jusqu’à 12 mois et est renouvelable. Cela permet de séjourner légalement pendant un an, avec la possibilité de demander des prolongations. Ce statut constitue une première étape essentielle pour une installation à long terme, ouvrant la voie vers une résidence permanente et, éventuellement, la citoyenneté.

Les autorités exigent des documents comme un casier judiciaire propre, des preuves de ressources, une assurance santé et un justificatif d’hébergement. Pour certains ressortissants, un extrait de casier judiciaire émis par le pays d’origine avec apostille est requis. Le passeport doit dépasser la durée demandée du permis d’au moins trois mois.

Créer une entreprise pour obtenir la résidence

Il n’y a pas de « visa investisseur » au sens des golden visas, mais un montage courant pour les freelances et entrepreneurs consiste à enregistrer une petite entreprise ou un bureau de représentation en Bosnie-Herzégovine. Une fois enregistré comme dirigeant d’une entité locale, l’étranger peut solliciter un permis de séjour temporaire en tant que fondateur ou employé de sa propre structure.

Bon à savoir :

Dans le district autonome de Brčko, des organismes comme Invest in Brčko peuvent accompagner les démarches d’installation. Cette option offre un cadre légal relativement clair pour vivre et travailler, mais nécessite de comprendre la fiscalité locale et les obligations comptables.

Travail et autorisations d’emploi

Pour les citoyens de l’UE/EEE, l’obligation de visa de travail est levée, mais des formalités administratives restent nécessaires. Pour les non-Européens, un visa de travail est en principe à obtenir avant l’entrée dans le pays, en lien avec un employeur local. Ces procédures passent par les services de l’emploi des entités (Fédération de Bosnie-Herzégovine ou Republika Srpska) et sont étroitement liées à la demande de permis de séjour.

Coût de la vie : un des plus bas d’Europe

Les chiffres sont éloquents : la Bosnie-Herzégovine se classe parmi les pays les moins chers du continent. Le coût de la vie y est environ 1,45 fois inférieur à la moyenne mondiale. Cela se ressent fortement sur le logement, la nourriture et les loisirs.

Au niveau national, les données moyennes donnent : les informations clés et les tendances générales sur les indicateurs statistiques.

ProfilCoût mensuel avec loyerCoût mensuel sans loyer
1 personne788 $437 $
Famille de 41 847 $1 293 $

Les loyers représentent environ 351 $ par mois pour une personne (logement et charges) et 554 $ pour une famille. La nourriture pèse en moyenne 312 $ pour une personne et 828 $ pour quatre.

Exemple :

Le salaire net moyen en Tunisie est d’environ 696 $ par mois, ce qui suffit à peine pour couvrir les dépenses mensuelles standard d’un résident local. En revanche, cette situation crée un différentiel très favorable pour un expatrié disposant de revenus étrangers, comme un télétravail pour une entreprise occidentale, une pension ou des revenus d’investissement, lui assurant un pouvoir d’achat significativement plus élevé.

Panorama de quelques prix

Pour se faire une idée plus concrète du quotidien, voici quelques repères moyens :

Poste de dépensePrix moyen (USD)
Déjeuner « menu du jour »7,61 $
Dîner pour deux au restaurant32,50 $
Repas fast-food type McDonald’s6,70 $
Cappuccino1,68 $
Bière 0,5 L au bar2,17 $
Ticket de cinéma5,42 $
Abonnement mensuel salle de sport30,20 $
Coupe de cheveux simple4,05 $
Consultation chez un médecin24,90 $

Côté logement, les loyers moyens nationaux sont :

Type de logementLoyer moyen mensuel
1 chambre centre-ville287 $
1 chambre hors centre214 $
3 chambres centre-ville517 $
3 chambres hors centre366 $

Les charges (électricité, eau, chauffage, ordures, etc.) représentent en moyenne 97 $ pour une personne et 149 $ pour une famille. Un abonnement internet fixe 50 Mbps+ coûte autour de 25 $ par mois.

Pour les courses alimentaires, les produits de base restent très abordables (pain, lait, fruits, légumes). Par exemple, 12 œufs tournent autour de 2,83 $, un kilo de pommes environ 1,41 $, une bouteille de vin milieu de gamme 7,20 $.

Pour les transports urbains, un ticket simple coûte en moyenne 1,53 $, un abonnement mensuel 34,40 $, et une course de taxi de 8 km autour de 8,48 $.

Sarajevo, Mostar et les autres villes : où s’installer ?

Le choix de la ville est central dans un projet d’expatriation. En Bosnie-Herzégovine, plusieurs destinations se prêtent bien à une installation, chacune avec ses forces et faiblesses.

Sarajevo, capitale cosmopolite

Sarajevo concentre le pouvoir politique, économique et culturel du pays. La ville, entourée par les Alpes dinariques et traversée par la Miljacka, compte environ 400 000 à 530 000 habitants selon les périmètres retenus. C’est la plus chère du pays, mais ses prix restent bas comparés aux capitales voisines.

Les comparateurs de coût de la vie estiment qu’un expatrié a besoin d’environ 1 400 $ par mois, un digital nomad jusqu’à 2 900 $ selon son niveau de confort, tandis qu’un local vit en moyenne avec 800 $. Une famille de quatre personnes dépensera environ 5 500 BAM par mois (loyer inclus), soit autour de 3 000 $.

Sarajevo est nettement plus onéreuse que la moyenne nationale, mais offre :

une vraie scène culturelle (théâtres, festivals, Sarajevo Film Festival),

beaucoup plus de restaurants, cafés et bars,

des universités et plusieurs écoles internationales,

la meilleure offre de coworking du pays (NEST71, HUB387, Networks, etc.),

un aéroport international principal.

600-700

Le prix d’un studio ou d’une petite chambre en centre-ville dans cette zone, en dollars, pour les offres les plus recherchées.

Comparée aux villes voisines (Belgrade, Zagreb, Ljubljana, Split…), Sarajevo reste moins chère, parfois de plus de 20 %, surtout sur les loyers et la restauration. En revanche, son pouvoir d’achat local est plus faible, ce qui pèse sur les habitants mais avantage les expatriés payés depuis l’étranger.

Mostar, carte postale à prix doux

Mostar, au sud, est célèbre pour son pont ottoman (Stari Most) classé par l’UNESCO. La ville est plus petite, plus ensoleillée et nettement moins chère que la capitale. Les comparateurs indiquent qu’une famille de quatre peut économiser jusqu’à 1 200 BAM par mois par rapport à Sarajevo, et que la vie y coûte globalement 10 à 20 % de moins, même si les chiffres exacts varient selon les sources.

Bon à savoir :

Mostar est une ville sensiblement plus abordable que de nombreuses autres pour l’alimentation, le logement, les vêtements et les loisirs. Elle offre également une meilleure qualité de l’air et un score de sécurité supérieur. En contrepartie, la scène culturelle et la vie nocturne y sont plus limitées, et les opportunités professionnelles locales sont plus restreintes.

Pour un télétravailleur ou un retraité qui n’a pas besoin d’un grand réseau professionnel, Mostar offre un excellent compromis : paysages magnifiques, centre historique très vivant, climat plus doux et budget réduit.

Autres villes attractives

Plusieurs autres villes figurent dans les radars des expatriés et nomades digitaux :

Banja Luka : deuxième ville du pays, centre administratif de la Republika Srpska, avec une scène culturelle et étudiante dynamique. Le coût de la vie y est légèrement inférieur à Sarajevo.

Tuzla : ville industrielle mais en plein repositionnement, avec des loyers très bas (jusqu’à 50 % moins chers qu’à Sarajevo).

Trebinje : au sud, proche de la mer Adriatique, climat méditerranéen, ville tranquille avec une bonne réputation de sécurité.

Doboj, Bihać, Jajce/Jajince : petites villes attractives pour leur cadre naturel et leur coût de vie minimal, mais avec moins d’opportunités d’emploi et d’infrastructures privées.

Dans vingt et une villes du pays, on trouve désormais des hôtels ou appartements de vacances équipés d’un vrai bureau et d’une chaise ergonomique, signe que le marché du télétravail commence à s’organiser.

Logement : où et comment se loger en arrivant ?

Pour un séjour de quelques semaines, les hôtels bon marché et les locations de courte durée restent les options les plus simples. Une chambre double dans un hôtel de base peut revenir à seulement 20 € la nuit. Les plateformes comme Airbnb ou Booking.com offrent un large choix d’appartements, surtout à Sarajevo et Mostar.

Pour un séjour de plusieurs mois, la location d’appartement est généralement la formule la plus intéressante financièrement et la plus confortable.

Types de logement et plateformes

On trouve un large éventail de biens : studios, appartements 1–2 chambres, maisons, villas, chambres chez l’habitant, guesthouses, etc. Plusieurs plateformes sont utiles :

Plateformes de location en Bosnie-Herzégovine

Principaux services et canaux pour trouver un logement, adaptés aux besoins des expatriés, étudiants et travailleurs à distance.

Flatio

Spécialisé dans les locations meublées de moyenne durée (deux semaines à un an). Contrat en ligne, charges et Wi-Fi souvent inclus, sans dépôt de garantie. Cible : expatriés, étudiants, nomades digitaux.

OLX.ba

Équivalent local de Craigslist, très populaire pour les annonces immobilières entre particuliers.

Réseaux sociaux

Facebook et ses nombreux groupes dédiés aux expatriés ou à la location en Bosnie-Herzégovine.

Agences immobilières locales

Commission habituellement prise en charge par le propriétaire, et non par le locataire.

Les loyers varient fortement selon la ville et le quartier. À Sarajevo, les quartiers de Baščaršija (vieille ville), Marijin Dvor, Bistrik ou certaines zones de Novo Sarajevo sont prisés des expatriés. À Mostar, la vieille ville est privilégiée pour l’ambiance, même si un peu plus chère que les quartiers périphériques. Dans les petites villes, le centre est souvent recommandé pour l’accès aux commerces et aux transports.

À quoi faire attention

Deux critères sont particulièrement importants pour un expatrié ou un télétravailleur :

Astuce :

Avant de signer un bail, il est crucial de vérifier la qualité de la connexion internet, car la fibre n’est pas disponible partout. Dans les grandes villes, les débits de 30 à 40 Mbps sont fréquents et la 4G est souvent performante. Parallèlement, renseignez-vous sur le système de chauffage, car dans certaines villes, les hivers sont rigoureux. Le coût varie significativement selon qu’il s’agit de chauffage urbain, au gaz, électrique ou d’un poêle à bois, ce qui impacte directement les factures.

Les colocations sont assez courantes chez les jeunes adultes et permettent de diviser les coûts, tout en accélérant l’intégration sociale.

Transports et connectivité

Le pays compte quatre aéroports internationaux : Sarajevo, Tuzla, Banja Luka et Mostar. Sarajevo joue le rôle de principal hub, avec des liaisons vers plusieurs grandes villes européennes, même si l’offre reste limitée et soumise aux conditions météo (brouillard hivernal). Tuzla est appréciée pour ses liaisons low cost vers l’Europe de l’Ouest.

À l’intérieur du pays, bus et trains assurent la liaison entre les grandes villes. Les bus sont généralement plus fiables que le rail. En ville, les réseaux de tram, bus et trolleybus restent très abordables. À Sarajevo, un abonnement mensuel tourne autour de 25–35 €, et un ticket simple à moins d’un euro.

Bon à savoir :

Les taxis sont une option économique, avec une course de 3 km coûtant environ 3 $ à Tbilissi. Des applications comme Bolt ou MojTaxi facilitent la réservation. Pour visiter les régions montagneuses ou rurales, la location d’une voiture est souvent recommandée et il est préférable de la réserver à l’avance.

Côté numérique, la couverture 4G est bonne dans les principales villes, avec des débits autour de 30 Mbps. Les fournisseurs dominants sont BH Telecom, m:tel et HT Eronet. Des cartes SIM prépayées avec quelques gigas de data coûtent une dizaine d’euros, et des forfaits illimités autour de 30 € existent. Le Wi-Fi gratuit est très répandu dans les cafés.

Pour ceux qui circulent beaucoup dans les Balkans, une eSIM multi-pays comme Voye Global peut servir de solution de secours en cas de panne locale.

Travailler et entreprendre : fiscalité et business

Pour les expatriés qui s’installent durablement, la question de la fiscalité et de la création d’entreprise est centrale. La Bosnie-Herzégovine présente un système décentralisé et relativement compétitif.

Structure administrative et fiscale

Le pays est divisé en trois grandes entités :

la Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH),

la Republika Srpska (RS),

le district autonome de Brčko.

Chacune dispose de ses propres règles pour la plupart des impôts directs, tandis que la TVA est gérée au niveau de l’État central.

L’impôt sur les sociétés est fixé à 10 % dans les trois juridictions. Les personnes physiques sont en général imposées à 10 % sur leurs revenus (8 % sur les salaires dans la Republika Srpska), avec des différences selon le type de revenu et la région.

La TVA est de 17 % sur la plupart des biens et services, avec un taux à 0 % pour les exportations.

S’installer comme entrepreneur ou freelance

Les formes sociales classiques (société à responsabilité limitée, société par actions) sont ouvertes aux étrangers, sans règle de capital extrêmement élevée. Les bénéfices des sociétés résidentes sont taxés à 10 %, et les revenus de source étrangère peuvent, dans certains cas, bénéficier de crédits d’impôt pour éviter la double imposition, en fonction des conventions fiscales signées (environ 40 accords à ce jour).

Bon à savoir :

Créer une entreprise locale pour facturer ses services peut faciliter l’obtention d’un permis de séjour et optimiser sa situation fiscale. Certaines régions offrent des incitations pour les investissements productifs ou la création d’emplois.

Pour les particuliers, devenir résident fiscal suppose de passer plus de 183 jours par an dans le pays ou d’y avoir son centre d’intérêt vital (foyer, famille, activité principale). Un résident est en principe imposable sur ses revenus mondiaux, alors qu’un non-résident ne l’est que sur ses revenus de source bosnienne.

Cotisations sociales

Les charges sociales sont relativement élevées en proportion du salaire brut, surtout dans la Fédération, où elles peuvent représenter autour de 41,5 % quand on additionne les parts employeur et employé. En Republika Srpska, la cotisation principale (environ 31 %) est à la charge du salarié. Cela impacte le coût d’un recrutement local et doit être intégré dans le montage financier d’une installation.

Banque et argent

L’ouverture d’un compte bancaire local est faisable pour un expatrié, même non résident, sous réserve de fournir passeport, preuve d’adresse, éventuellement permis de séjour ou contrat d’emploi, et justificatif de provenance des fonds. Les grandes banques présentes incluent Raiffeisen Bank, UniCredit, Sparkasse, ASA Bank, Bosna Bank International ou encore NLB.

1,95583

Taux de change fixe entre l’euro et le mark convertible de Bosnie-Herzégovine (BAM).

Pour les expatriés qui conservent des comptes à l’étranger, des solutions comme Wise ou Revolut facilitent les virements internationaux à moindre coût et la gestion multi-devises.

Santé : un système public limité, le privé en complément

Le système de santé bosnien est décrit comme fragmenté, sous-financé et très variable d’une région à l’autre. Il est scindé entre les deux entités et le district de Brčko, avec pas moins de 13 caisses d’assurance et 14 autorités de santé. Les infrastructures publiques existent (centres de santé, hôpitaux généraux, cliniques universitaires), mais souffrent souvent d’un manque de moyens, d’équipements datés et de pénuries de personnel, surtout hors des grandes villes.

78

L’espérance de vie en France progresse et atteint environ 78 ans, bien que les indicateurs de santé restent inférieurs à la moyenne européenne.

Pour les expatriés salariés, l’affiliation au système de sécurité sociale se fait via les cotisations obligatoires. Mais même les assurés doivent souvent faire des avances de frais, subir de longues files d’attente pour les spécialistes et constater l’absence de certains médicaments ou équipements.

Bon à savoir :

De nombreux étrangers et une partie de la classe moyenne locale utilisent le secteur privé pour la médecine générale, les spécialistes et les soins dentaires. Les cliniques privées, notamment à Sarajevo, disposent d’équipements plus modernes, de délais d’attente plus courts et de médecins parlant souvent anglais. Les tarifs, bien qu’inférieurs à ceux de l’Europe de l’Ouest, peuvent devenir élevés en cas de maladie grave.

C’est pourquoi une assurance santé internationale avec couverture du secteur privé et, idéalement, évacuation vers un pays voisin (Croatie, Serbie, voire plus loin) est fortement recommandée pour une installation de long terme. Les grandes compagnies internationales comme Allianz, Cigna Global ou April International sont citées, aux côtés de compagnies locales.

Les cartes européennes d’assurance maladie ne sont pas valables en Bosnie-Herzégovine, à l’exception de quelques arrangements particuliers pour certains pays limitrophes dans des zones spécifiques.

Culture, mode de vie et intégration

La Bosnie-Herzégovine attire aussi par son style de vie. La devise implicite semble être « travailler pour vivre, et non vivre pour travailler ». Les journées sont ponctuées de pauses café, les soirées passent souvent en famille ou entre amis, et les liens de voisinage restent importants.

Gastronomie et sorties

La cuisine locale est copieuse, à mi-chemin entre influences ottomanes et balkaniques. Parmi les plats phares :

Ćevapi : petits rouleaux de viande grillée, servis avec pain plat (somun) et oignons.

Burek : pâte filo farcie (traditionnellement à la viande), mais aussi déclinaisons au fromage, épinards, pommes de terre.

Sarma : feuilles de chou farcies.

Café bosnien : servi dans une petite cafetière en cuivre avec un rituel précis.

Exemple :

Dans les guides d’expatriés, des adresses recommandées à Sarajevo, Mostar ou Banja Luka illustrent la diversité de la restauration, allant des ćevabdžinica économiques aux bistrots gastronomiques sophistiqués, témoignant d’une offre internationale croissante.

Rythme de vie et sociabilité

Les Bosniens sont décrits comme chaleureux, directs dans les échanges pratiques mais plus subtils sur les sujets sensibles. Les relations personnelles jouent un rôle central, tant dans la vie quotidienne que dans les affaires. Investir du temps dans le café, les repas, les sorties et les petites attentions est crucial pour construire un réseau solide.

Les soirées se passent volontiers dans les cafés, sur les promenades piétonnes comme Vilsonovo à Sarajevo, ou lors des promenades du soir (korzo) dans les centres-villes. Les activités de plein air (randonnée, VTT, ski, rafting) sont très accessibles grâce à la géographie du pays.

Langue : faut-il apprendre le bosnien ?

Même si beaucoup de jeunes urbains parlent anglais, une bonne partie de la population ne le maîtrise pas. Pour s’intégrer réellement, gérer les démarches administratives, discuter avec ses voisins et éviter les malentendus, apprendre le bosnien (ou plus exactement l’une des normes B/C/S) est un atout majeur.

Bon à savoir :

La langue bosnienne utilise principalement l’alphabet latin et a une prononciation assez phonétique, mais sa grammaire à sept cas peut être complexe pour les francophones. Pour débuter, des applications comme Duolingo, Ling, Drops ou Memrise, ainsi que des plateformes d’échange linguistique (Tandem, HelloTalk) sont recommandées. De nombreuses ressources gratuites sont disponibles en ligne, et il est possible de suivre des cours dans des écoles de langue sur place, notamment à Sarajevo.

Maîtriser quelques expressions de base (bonjour, merci, excusez-moi, l’addition, etc.) ouvre déjà beaucoup de portes. Un effort visible dans ce sens est souvent perçu comme un signe de respect et d’implication.

Santé, sécurité et environnement

Sur le plan sécuritaire, la Bosnie-Herzégovine est globalement sûre pour les expatriés. Les principaux risques se situent plutôt sur le terrain des petites délinquances urbaines (pickpockets dans les zones touristiques) et de la conduite routière parfois dangereuse (excès de vitesse, dépassements risqués, alcool au volant). Des zones rurales restent contaminées par des mines héritées de la guerre : il est impératif de rester sur les chemins balisés et de ne pas s’aventurer hors sentiers sans guide expérimenté.

Attention :

En hiver, la topographie encaissée et le chauffage au bois ou charbon provoquent une forte pollution de l’air, un risque pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires. Au printemps, les précipitations abondantes peuvent entraîner des inondations, notamment dans certaines vallées.

Tap water est généralement potable en ville mais peut varier selon les zones ; beaucoup d’expatriés préfèrent l’eau en bouteille hors des grandes agglomérations. Les risques sanitaires restent modérés, mais les autorités recommandent d’être à jour sur les vaccins classiques (tétanos, diphtérie, coqueluche, rougeole, hépatites, etc.) et de prendre des précautions basiques d’hygiène alimentaire, notamment dans les zones rurales.

Communautés d’expatriés et réseaux

Même si la communauté internationale est modeste, elle est bien connectée. Sarajevo concentre la majorité des expatriés, en particulier ceux travaillant pour des ONG, des organisations internationales ou des ambassades, mais aussi des entrepreneurs et des nomades digitaux.

Plusieurs plateformes jouent un rôle de carrefour :

Ressources pour expatriés en Bosnie-Herzégovine

Découvrez les principales plateformes et communautés pour faciliter votre intégration et votre vie quotidienne en tant qu’expatrié.

InterNations

Organise des évènements mensuels (afterworks, dîners, sorties culturelles) et propose des groupes thématiques pour rencontrer d’autres expatriés.

Expat.com

Forum dédié à la Bosnie-Herzégovine pour échanger des conseils pratiques sur les visas, les quartiers, les écoles et bien d’autres sujets.

Groupes Facebook

Comme « Expats in Sarajevo » ou « Sarajevo Young Expats », utiles pour trouver un logement, un médecin anglophone ou des partenaires sportifs.

Wooh App

Application de rencontre amicale qui favorise une rencontre par semaine autour d’intérêts communs plutôt que sur les photos.

Ces réseaux facilitent les premiers mois, le partage d’expériences sur la bureaucratie locale, la recherche de garde d’enfants anglophones, la découverte de bonnes adresses, et constituent une bouée si le choc culturel se fait sentir.

Éducation et famille

Pour les familles, la question scolaire est centrale. Le système public est gratuit pour les enfants de 6 à 15 ans, mais l’enseignement se fait en bosnien, croate ou serbe, et reflète parfois les divisions communautaires. Plusieurs écoles internationales existent à Sarajevo, avec enseignement en anglais et programmes plus compatibles avec un retour ultérieur dans d’autres pays. Les frais de scolarité peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars par an (on trouve par exemple environ 3 200 $ par an pour une école primaire internationale).

200

C’est le coût mensuel moyen, en dollars, d’un jardin d’enfant privé, une dépense importante au regard des salaires locaux.

Pour quel profil la Bosnie-Herzégovine est-elle adaptée ?

À la lumière des données disponibles, la Bosnie-Herzégovine se prête particulièrement bien à certains profils d’expatriés :

Profils d’expatriés en Albanie

L’Albanie attire différents profils d’expatriés, chacun trouvant des avantages spécifiques tout en devant composer avec certains défis administratifs ou logistiques.

Nomades digitaux et télétravailleurs

Bénéficient d’un coût de la vie bas, d’une bonne connexion internet et d’un environnement agréable. Doivent gérer l’absence de visa dédié et des démarches de résidence lourdes au-delà de 90 jours.

Retraités ou rentiers

Cherchent un pays européen abordable, culturellement riche et sûr, avec la possibilité d’acheter un bien immobilier (autorisé pour les étrangers).

Entrepreneurs et freelances

Attirés par un taux d’imposition des sociétés à 10% et des coûts locaux modérés. Doivent accepter une administration parfois lente et une sécurité juridique moins robuste.

Professionnels en mission

Pour des ONG, institutions ou entreprises. Bénéficient d’un cadre de vie agréable et d’une communauté expatriée. Doivent s’adapter à une administration complexe et un système de santé public imparfait.

À l’inverse, le pays est plus difficile pour :

les familles recherchant un système éducatif public de haut niveau en anglais,

les personnes ayant des besoins médicaux complexes ou chroniques lourds,

– les personnes LGBTI+, qui peuvent rencontrer une hostilité sociale dans certains milieux malgré l’absence d’interdictions légales explicites,

– ceux qui souhaitent des perspectives de carrière à très haut salaire sur le marché local.

Préparer son installation : quelques points clés à anticiper

Avant de faire le grand saut, plusieurs chantiers méritent d’être préparés méthodiquement :

Astuce :

Pour une installation réussie, vérifiez d’abord votre régime de visas selon votre nationalité et anticipez la procédure de permis de séjour si nécessaire. Clarifiez votre statut fiscal, notamment les risques de double imposition et les obligations spécifiques (ex: pour les Américains). Choisissez votre ville et quartier en fonction de votre mode de vie, des écoles ou de l’accès à la culture. Établissez un budget réaliste incluant les surcoûts à Sarajevo, la santé privée, la scolarité et les voyages. Sécurisez une couverture santé internationale avec option d’évacuation. Prévoyez d’ouvrir un compte bancaire local pour simplifier la vie quotidienne et les projets professionnels. Initiez-vous au bosnien avant le départ et identifiez les ressources linguistiques sur place. Enfin, contactez les réseaux d’expatriés à l’avance pour créer des liens dès votre arrivée.

S’installer en Bosnie-Herzégovine ne ressemble pas à un emménagement dans une grande capitale de l’Union européenne. Le pays demande davantage de souplesse, d’acceptation de la bureaucratie, de tolérance pour les infrastructures parfois datées. Mais en contrepartie, il offre ce que beaucoup de métropoles ont perdu : du temps, de l’espace, des relations humaines denses et la possibilité de vivre confortablement avec un budget que peu de pays européens peuvent égaler. Pour ceux qui recherchent une Europe différente, plus lente et plus accessible, la Bosnie-Herzégovine mérite d’être considérée avec sérieux.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Bosnie-Herzégovine, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Bosnie-Herzégovine pour sa fiscalité personnelle modérée (taux proportionnels compétitifs selon entité et entité territoriale), absence d’impôt sur la fortune, coût de vie bas (Sarajevo ~40% moins cher que Paris) et position géographique stratégique aux portes de l’UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat d’une résidence principale, couverture santé locale et maintien des droits français, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, notaire, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale. L’accompagnement permet des économies fiscales significatives tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux français, double imposition via convention FR–BA, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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