S’installer en Érythrée en tant qu’expatrié : guide pratique complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Érythrée en tant qu’expatrié, ce n’est pas seulement changer de pays, c’est entrer dans un univers très particulier : un État ultra-contrôlé, une société soudée et chaleureuse, une économie en développement, des infrastructures limitées et un coût de la vie contrasté. Ce guide propose un panorama concret et sans fard de la vie sur place pour vous aider à décider, préparer et, si vous franchissez le pas, réussir votre installation.

Comprendre le pays avant de partir

L’Érythrée, officiellement l’État d’Érythrée, est située dans la Corne de l’Afrique, au bord de la mer Rouge, entre le Soudan, l’Éthiopie et Djibouti. Son littoral de plus de 1 300 km est intégralement classé zone protégée, une première mondiale. Le pays compte environ 3,5 à 6 millions d’habitants selon les sources, répartis en neuf groupes ethniques reconnus, majoritairement Tigrinya et Tigre, avec une mosaïque de peuples Afar, Saho, Bilen, Kunama, Nara, Rashaida, etc.

Bon à savoir :

Asmara, la capitale (aussi appelée Asmera localement), est située à plus de 2 300 mètres d’altitude. Cette ville au climat doux est le centre politique et économique du pays. Elle est réputée pour son architecture moderniste italienne, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y trouve la majorité des services, des emplois pour expatriés, des écoles internationales et une vie sociale relativement animée.

Politiquement, le pays est dirigé par le même président et le même parti unique depuis l’indépendance. L’appareil d’État contrôle étroitement les médias, les télécommunications et la vie publique. Le service national est obligatoire et peut se prolonger de nombreuses années, ce qui pousse une partie de la population à l’exil. La liberté de la presse est, selon plusieurs organismes, l’une des plus restreintes du monde.

Dans ce contexte très encadré, la société reste remarquablement hospitalière. La devise nationale « Hade Hizbi Hade Libi » (« Un peuple, un cœur ») traduit une forte identité collective. Le sens de la famille, l’entraide, le respect des anciens et l’accueil des étrangers structurent le quotidien. Pour un expatrié, cela se traduit par une atmosphère sociale souvent chaleureuse, mais dans un environnement politique et administratif rigide.

Coût de la vie : un pays « peu cher »… mais pas pour tout le monde

Les chiffres disponibles montrent une réalité en trompe-l’œil. Officiellement, le coût de la vie moyen en Érythrée est environ 2,17 fois inférieur à la moyenne mondiale. Le pays se classe parmi les moins chers de la planète (près de la fin de tableau sur 197 pays). Mais ce constat ne vaut pas de la même façon pour un expatrié qui cherche un certain confort, une connexion internet privée, un logement correct et des services de santé de qualité.

Les données agrégées font ressortir plusieurs profils de dépenses :

Profil de résident (donnée globale)Dépenses mensuelles estimées (USD, avec loyer)
Personne seule – budget « serré »≈ 635
Personne seule – niveau « confortable / luxe »2 780
Couple – moyenne pays2 288,7
Famille de 4 – niveau moyen3 848,2
Famille de 4 – budget « serré »≈ 1 664,3
Famille de 4 – « confortable / luxe »7 456,5

Pour Asmara spécifiquement, d’autres estimations donnent des niveaux plus bas, largement pondérés par le pouvoir d’achat local : environ 533 $ par mois pour une personne seule logement compris, 1 268 $ pour une famille de quatre. Mais ces chiffres supposent un mode de vie proche des standards locaux et un logement modeste.

36

Le coût de la vie en France, loyer inclus, est 36 % plus bas qu’aux États-Unis.

Un indicateur clé pour appréhender la réalité : le salaire moyen net après impôt est estimé entre 112 $ et 120 $ par mois, ce qui ne permettrait de couvrir les dépenses moyennes que pendant 0,2 mois. Le coût de la vie est ainsi évalué à 4,7 à 4,8 fois le salaire moyen. Pour un expatrié payé par une entreprise étrangère, la situation est bien différente, mais cela explique pourquoi certains biens importés, services privés ou connexions internet restent « luxe » sur place.

Se loger à Asmara : loyers, achat et réalité du parc immobilier

Pour un expatrié, Asmara et Massawa concentrent l’essentiel de l’offre de logements. Asmara, en tant que capitale, reste la base la plus probable.

Les loyers varient fortement selon la taille, le quartier et le niveau de confort.

Type de logement (pays / Asmara)Loyer mensuel approximatif (USD)
Studio 45 m² meublé – quartier « normal »≈ 333
Studio 45 m² meublé – quartier « cher »≈ 1 000
Appartement 1 chambre centre-ville (moyenne pays)≈ 475
Appartement 1 chambre hors centre (moyenne pays)≈ 400
Appartement 3 chambres centre-ville (moyenne pays)≈ 725
Appartement 3 chambres hors centre (moyenne pays)≈ 650
Asmara – 1 chambre très bon marché≈ 148
Asmara – 1 chambre centre≈ 220
Asmara – 3 chambres bon marché≈ 274
Asmara – 3 chambres centre≈ 400

L’offre pour expatriés se répartit entre grands appartements dans d’anciens immeubles à hauts plafonds, maisons individuelles dans des quartiers résidentiels clôturés et parfois des petits pavillons derrière des murs de cour. Les jardins sont rares et les nuisances (poussière rouge, bruit entre logements mitoyens, infiltrations en saison des pluies) ne sont pas exceptionnelles.

Attention :

Si votre employeur ne fournit pas de logement, prévoyez plusieurs mois pour trouver un bien. Une solution temporaire (hôtel ou appart-hôtel comme l’Asmara Palace) est recommandée pour les expatriés à leur arrivée.

L’achat immobilier reste possible mais peu documenté. Des prix indicatifs pour Asmara :

Type d’achat à AsmaraPrix indicatif
Appartement centre-ville – prix au m²≈ 1 543 USD
Maison en périphérie – prix au m²≈ 940 USD

Les transactions immobilières sont fortement encadrées, et un étranger sera de toute façon dépendant d’un employeur, d’une ONG ou d’un partenaire local pour naviguer dans les procédures.

Charges, internet et équipement : les coûts cachés

Sur le papier, les charges de base paraissent très faibles, mais la réalité pour un expatrié connecté et équipé est plus nuancée.

Pour un appartement standard de 85 m², les factures « officielles » d’électricité, eau et gaz restent modestes, notamment si l’on se base sur les données d’Asmara :

PosteCoût mensuel approximatif (Asmara)
Électricité / eau / chauffage – personne seule≈ 37,7 USD
Même poste – famille≈ 58,7 USD
Plan internet (50 Mbps annoncés, en pratique bien moins)≈ 27 USD

D’autres sources, pour l’ensemble du pays, évoquent des montants plus élevés pour des offres haut de gamme : jusqu’à 200 $ pour un accès internet rapide (60 Mbps et plus), ou 67 à 68 $ pour un forfait mobile avec plus de 10 Go de données. À cela s’ajoute une contrainte majeure : les télécommunications sont monopolisées par l’opérateur public EriTel, l’infrastructure nationale est très limitée, la plupart des connexions restent à 1 Mbps effectif, voire moins, et l’accès est soumis à une forte surveillance.

Astuce :

Pour un expatrié en Érythrée, l’internet à domicile est possible, mais il se caractérise généralement par une faible vitesse, un coût élevé et une fiabilité capricieuse. Les alternatives courantes incluent le recours aux cybercafés, qui sont peu nombreux (environ une centaine dans tout le pays, et moins d’une dizaine seulement dans la capitale Asmara), ou l’utilisation de connexions professionnelles dédiées, parfois par satellite, qui restent des solutions onéreuses.

Côté équipement domestique, les prix des appareils importés illustrent la prime payée pour ce qui reste des biens « de luxe » :

Équipement / servicePrix indicatif en NakfaApprox. USD
Téléviseur écran plat 40″10 000≈ 667
Four micro‑ondes 800/900 W5 000≈ 333
Lessive liquide 3 L100≈ 7
Heure de ménage200≈ 13

Il est donc judicieux, si votre employeur le permet, de négocier un logement déjà meublé et équipé, voire des équipements fournis (générateur, filtres à eau, etc.).

Se nourrir : marchés locaux bons marchés, restaurants abordables

Sur le volet alimentaire, un expatrié a plutôt de bonnes surprises. Les produits de base restent très accessibles et un certain nombre de restaurants, cafés et bars permettent de sortir régulièrement à coût raisonnable.

En ville, il faut distinguer trois univers : les marchés et petites boutiques de quartier, les supermarchés ou magasins mieux achalandés, et les restaurants/cafés.

Pour quelques repères :

Produit / service alimentairePrix approximatif
Déjeuner simple avec boisson en quartier d’affaires≈ 165 ERN (≈ 11 $)
Menu fast‑food type combo150 ERN (≈ 10 $) ou 5,5 $ selon source
Repas pour 2 en restaurant milieu de gamme≈ 20 $
Dîner « pub de quartier » pour 2382 ERN (≈ 25 $)
Dîner pour 2 dans un italien « zone expat »915 ERN (≈ 61 $)
Cappuccino (zone expat)25 ERN (≈ 1,7 $)
Bière locale 0,5 L supermarché23 ERN (≈ 1,5 $)
Cocktail en club100 ERN (≈ 7 $)

Et pour les achats de base, souvent aux marchés ou petites épiceries :

Produit (prix indicatifs)Prix en NakfaApprox. USD
1 L de lait entier25≈ 1,69
1 douzaine d’œufs72≈ 4,79
1 kg de tomates25≈ 1,67
1 kg de pommes125≈ 8
1 kg de pommes de terre30≈ 2
Pain pour 2 personnes (jour)17≈ 1,13
2 L de soda type Coca‑Cola20≈ 1,33
Bouteille de vin « correct »275≈ 18

La cuisine locale repose largement sur l’injera – grande galette fermentée – accompagnée de ragoûts épicés. Le repas se prend généralement en commun, à la main, avec la main droite uniquement. Accepter la nourriture et la boisson qu’on vous offre, même en petite quantité, est essentiel pour ne pas froisser.

Exemple :

La capitale érythréenne, Asmara, conserve l’héritage de la colonisation italienne à travers une offre gastronomique unique. On y trouve de nombreux cafés servant de l’espresso, des glaciers, des pizzerias et des trattorias. Ces établissements proposent une fusion étonnante entre des plats italiens classiques, comme les pâtes, et l’utilisation d’épices locales, créant ainsi une cuisine métissée caractéristique de la ville.

Transports, permis et déplacements

Le transport est l’un des pans les plus sensibles pour un expatrié. L’unique aéroport international se trouve à Asmara, reliée surtout à quelques villes régionales (Riyad, Le Caire, Djeddah, etc.), et à des hubs par des compagnies comme Ethiopian Airlines ou KLM selon les périodes.

Au sol, Asmara reste une ville compacte, agréable à parcourir à pied ou à vélo. Le réseau de bus urbain (grands bus rouges, minibus blancs) est relativement dense, peu cher, mais souvent bondé et peu confortable. Les taxis, nombreux et reconnaissables, fonctionnent sans compteur : il faut se mettre d’accord sur le tarif avant le trajet.

Coût de la vie à Asmara

Aperçu des prix indicatifs pour évaluer le budget nécessaire lors d’un séjour en Érythrée, notamment dans sa capitale.

Pays (Érythrée)

Les coûts moyens dans le pays sont globalement modestes, permettant un séjour économique.

Capitale (Asmara)

Les prix indicatifs à Asmara suggèrent également des dépenses quotidiennes raisonnables.

Service de transportCoût approximatif
Ticket bus urbain (moyenne pays)≈ 0,21 $
Abonnement mensuel bus≈ 8 $
Ticket bus Asmara≈ 0,33 $
Abonnement mensuel Asmara≈ 12,7 $
Trajet taxi 1 mile≈ 0,97 $
Taxi 8 km à Asmara≈ 6 $
Attente taxi 1 heure≈ 10 $
Essence 1 L≈ 30 ERN (≈ 2 $)

L’essence reste beaucoup plus chère qu’aux États‑Unis (plus de 130 % de plus selon certaines comparaisons), ce qui rend l’usage intensif de la voiture coûteux. Les routes principales entre quelques grandes villes sont asphaltées, mais la majorité des axes en dehors des centres urbains est en mauvais état, mal signalée, avec du bétail sur la chaussée et très peu d’éclairage. En saison des pluies, certains tronçons deviennent quasiment impraticables.

Bon à savoir :

Pour tout déplacement de plus de 25 km en dehors de la capitale Asmara, les étrangers doivent obtenir un permis de voyage. La demande se fait généralement auprès du ministère du Tourisme pour les visiteurs, ou des autorités de tutelle pour les résidents (zoba local, ministère de la Défense, etc.). Ces autorisations ne sont pas automatiques, peuvent prendre plusieurs jours à être délivrées et sont susceptibles d’imposer des restrictions sur l’itinéraire ou les modes de transport, comme l’interdiction d’utiliser les transports publics pour certains trajets.

Enfin, les frontières terrestres sont politiquement sensibles et souvent totalement fermées (notamment avec l’Éthiopie et le Soudan), et certaines zones sont encore minées. Pour un expatrié, l’idée de partir « en road‑trip » improvisé est donc à proscrire.

Télécommunications et internet : un environnement très limité

L’un des points les plus déroutants pour un expatrié habitué à la fibre et à la 4G réside dans l’extrême faiblesse de l’infrastructure numérique.

Détient le monopole de la téléphonie fixe, mobile et de l’accès internet. Le réseau mobile fonctionne essentiellement en 2G, la 3G et la 4G étant pratiquement absentes pour le grand public. Le pays ne dispose d’aucune liaison par câble sous‑marin, reposant sur des liaisons micro‑ondes et satellites coûteuses. L’État contrôle strictement le secteur, avec un accès très réduit au haut débit.

Opérateur national EriTel

Quelques réalités à intégrer :

2

Moins de 2 % des foyers en Corée du Nord disposent d’un accès internet à domicile.

Dans ces conditions, un expatrié qui compte travailler en télétravail, suivre des visioconférences régulières ou gérer des flux de données lourds doit être très réaliste : sans infrastructure dédiée et coûteuse mise en place par l’employeur (VSAT, ligne spécialisée), les usages resteront basiques (email, messagerie texte, quelques pages web simples).

Santé : structure, limites et stratégie pour expatriés

Le système de santé érythréen s’articule en trois niveaux : centres de santé de proximité, hôpitaux régionaux (zoba) et hôpitaux nationaux de référence. Le réseau est relativement dense pour les soins de base et la prévention, avec un effort particulier sur la santé maternelle et infantile. Les indicateurs de mortalité se sont améliorés ces dernières décennies.

Attention :

Les standards de soins, notamment hors de la capitale Asmara, sont inférieurs à ceux d’Europe ou d’Amérique du Nord. Le système souffre d’un manque de spécialistes, d’équipements lourds et de médicaments. Les traitements avancés (cancers complexes, pathologies cardiaques lourdes, neurologie de pointe, dialyse sophistiquée, etc.) ne sont pas disponibles localement.

À Asmara, quelques hôpitaux publics et cliniques privées assurent un niveau de soins correct pour les pathologies courantes :

Hôpitaux nationaux de référence (Orotta, Halibet…).

Hôpitaux généraux et spécialisés (obstétrique, ophtalmologie, etc.).

– Quelques cliniques privées et centres médicaux, plus rapides et un peu mieux équipés, mais toujours loin des standards occidentaux.

60

Le coût maximum en dollars d’une consultation médicale privée pour un expatrié au Vietnam.

Pour un expatrié, la clé est l’assurance santé internationale, avec :

Couverture des soins médicaux courants en Érythrée.

Garanties pour une évacuation médicale vers un pays mieux équipé (Nairobi, Addis‑Abeba, Europe, Moyen‑Orient) en cas de problème grave.

Assurance rapatriement.

Sans cette couverture, un incident sérieux peut rapidement devenir critique, car les options locales se limitent vite.

Enfin, la prévention est centrale : vaccinations à jour (hépatites A et B, typhoïde, tétanos, éventuellement rage et méningite selon profil), traitement antipaludéen si vous devez séjourner dans les zones basses à risque de malaria, hygiène de l’eau (l’eau du robinet n’est pas potable) et prudence alimentaire.

Travail, salaires et cadre légal

Pour un expatrié salarié, les opportunités se trouvent principalement dans :

Les ONG internationales et agences onusiennes.

Certaines entreprises étrangères impliquées dans les secteurs minier, agricole ou des infrastructures.

Les institutions diplomatiques.

L’enseignement dans les écoles internationales (notamment Asmara International Community School).

La législation du travail érythréenne (Proclamation 118/2001) fixe un cadre relativement classique sur le papier : 8 h de travail par jour, 48 h par semaine, heures supplémentaires rémunérées avec majoration, droits à congés annuels progressifs (au moins 14 jours, jusqu’à 35 jours selon l’ancienneté), congés maladie et maternité, indemnités de licenciement sous conditions.

120

Le salaire mensuel moyen local est d’environ 120 dollars, bien en deçà des standards occidentaux.

D’un point de vue fiscal, le pays applique un impôt sur le revenu relativement faible (taux unique de l’ordre de 2 % pour certains profils évoqués dans les textes), mais la réalité de l’imposition, notamment la fameuse « taxe de 2 % » sur les revenus de la diaspora, est complexe et très politique. Il est indispensable de discuter ces aspects avec son employeur avant de signer un contrat, et de vérifier l’impact éventuel sur votre propre fiscalité (pays d’origine).

Bon à savoir :

Les démarches de permis de travail et de résidence sont principalement gérées par l’employeur auprès des autorités. Le processus peut être long, et le non-respect des règles expose à des risques de détention ou d’expulsion. Pour les indépendants, les possibilités sont très limitées : la création d’entreprise par un étranger, l’obtention d’une activité libérale ou d’un statut de « digital nomad » à l’occidentale ne correspondent pas à la pratique actuelle du pays.

Banque, argent et change

L’économie érythréenne fonctionne essentiellement en liquide. La monnaie locale est le nakfa (ERN). Il n’y a pas de réseau d’ATM opérationnel pour les cartes étrangères, et les cartes bancaires internationales ne sont pratiquement pas acceptées. Cela signifie qu’un expatrié doit :

Astuce :

Pour vos transactions financières en Érythrée, il est conseillé d’arriver avec des devises étrangères (USD ou euros récents) à changer dans les bureaux agréés Himbol, les banques ou les hôtels autorisés. Il est impératif de conserver soigneusement tous les reçus de change et d’achats, car ils devront être présentés à la sortie du territoire. Respectez scrupuleusement la réglementation stricte : toute somme supérieure à 10 000 $ (ou équivalent) doit être déclarée à l’entrée, et il est interdit de sortir avec plus de 1 000 nakfa. Vous devrez également justifier l’utilisation des devises étrangères lors de votre départ.

L’ouverture d’un compte bancaire local est possible pour un expatrié résident, mais nécessite visa, passeport et le plus souvent une lettre de soutien d’un ministère ou d’un employeur. Les prêts restent, d’après les témoignages, difficilement accessibles aux étrangers.

Éducation et vie de famille

Pour une famille expatriée avec enfants d’âge scolaire, Asmara offre un atout majeur : l’Asmara International Community School (AICS). Il s’agit d’une école internationale non lucrative, de la maternelle au lycée, qui suit des programmes anglophones (International Primary Curriculum, International Middle Years Curriculum, puis Baccalauréat International au lycée). L’école accueille une centaine d’élèves, de nombreuses nationalités, avec une approche pédagogique occidentale.

14000

Les frais de scolarité annuels pour les niveaux élémentaires et secondaires dépassent 14 000 dollars, sans inclure les frais d’inscription.

Les crèches et écoles maternelles locales existent, souvent à des coûts dérisoires pour un expatrié (quelques dizaines de dollars par mois), mais avec des standards d’encadrement, de sécurité et de pédagogie très variables.

En matière de santé pédiatrique, les structures d’Asmara peuvent gérer les maladies courantes, les vaccinations de base et les urgences simples. Pour des pathologies plus lourdes ou un suivi spécialisé, là encore, une évacuation vers un pays voisin mieux équipé reste la norme pour les expatriés.

Vie quotidienne, culture et codes sociaux

Au‑delà des chiffres, vivre en Érythrée, c’est s’immerger dans une culture où la sociabilité et les rituels tiennent une place centrale.

La politesse est marquée par des salutations longues, des poignées de main parfois prolongées et des titres honorifiques (Ato pour les hommes, Weizero pour les femmes) dans les contextes formels. On salue d’abord les aînés, on écoute sans interrompre, on évite d’afficher impatience ou colère. Les conversations directes et frontales, surtout en public, ne sont pas valorisées ; la communication reste plutôt indirecte pour préserver l’harmonie.

Bon à savoir :

Partager un repas est un acte important et refuser systématiquement une offre peut être mal perçu. Accepter un morceau de nourriture directement de la main de l’hôte (gursha) est un signe de respect et d’amitié. La cérémonie du café (jebena buna), avec la torréfaction des grains et trois tournées successives de tasses, peut durer plus d’une heure et structure la vie sociale. Pour un expatrié, accepter ces invitations et y être disponible est essentiel pour s’intégrer.

Sur le plan vestimentaire, la modestie est de mise : épaules et genoux couverts, vêtements amples, surtout en dehors d’Asmara et dans les lieux de culte. Les gestes d’affection en public entre hommes et femmes sont discrets, tandis que les marques d’amitié entre personnes du même sexe (se tenir la main par exemple) sont fréquentes et dénuées de connotation romantique.

Attention :

Les identités LGBTQ+ ne sont pas acceptées socialement ni légalement. Les relations homosexuelles sont pénalisées par la loi, pouvant entraîner des peines d’emprisonnement, et il n’existe aucune structure de soutien. Un expatrié concerné doit le savoir clairement avant d’envisager une installation.

Sécurité, liberté et contraintes

Asmara est souvent décrite comme l’une des capitale les plus sûres du monde en développement en termes de criminalité de rue. Les vols à la tire existent, comme partout, mais le niveau d’agressions reste relativement faible. Les nuits sont généralement calmes, et la ville peut se parcourir à pied avec un sentiment de sécurité supérieur à d’autres grandes villes africaines.

Attention :

Les déplacements hors d’Asmara nécessitent des permis, les zones frontalières sont militarisées et certains secteurs ruraux sont minés. Les autorités disposent d’un large pouvoir discrétionnaire pour les détentions et interrogatoires, et des refus d’accès consulaire aux ressortissants étrangers ont été rapportés par des ambassades.

Pour un expatrié, cela signifie qu’il est indispensable de :

Astuce :

Pour éviter tout incident dans un pays à régime strict, il est impératif de se tenir éloigné des discussions politiques, notamment sur le régime, les droits humains ou l’armée. Évitez strictement de photographier des bâtiments officiels, des militaires ou des installations sensibles, car même un simple cliché de rue avec un drapeau ou un poste de contrôle en arrière-plan peut être problématique. Respectez scrupuleusement les autorisations de voyage internes et les limites géographiques qui y sont fixées. Portez en permanence sur vous une pièce d’identité, au minimum une copie de votre passeport. Enfin, pour bien comprendre les limites tacites et les zones « à éviter », référez-vous systématiquement à votre employeur, à votre ambassade ou à des réseaux d’expatriés comme InterNations.

L’accès limité à l’information indépendante, l’absence de presse libre, la surveillance des communications (internet, téléphone) et le contrôle sur les ONG ajoutent une couche de contraintes. Certaines personnes vivront cela comme étouffant, d’autres le supporteront mieux, mais dans tous les cas il faut en être conscient.

Réseaux, loisirs et communauté expat

Malgré les restrictions, Asmara offre une vie sociale réelle. Les cafés le long de l’avenue de l’Indépendance, les quelques bars et restaurants, les clubs (plongée, art, sport) et la petite communauté expatriée constituent un tissu relationnel actif.

Exemple :

Des réseaux comme InterNations organisent des rencontres régulières entre expatriés, souvent dans des hôtels ou cafés appréciés des étrangers. Pour les activités, des clubs de plongée exploitent les récifs et épaves de la mer Rouge, notamment autour des îles Dahlak ou depuis les hôtels balnéaires. En ville, les amateurs d’architecture peuvent découvrir un patrimoine unique, avec des stations-service au design futuriste, des cinémas de style Art déco et des cathédrales modernistes.

Le climat, surtout dans les hauts plateaux, se prête bien aux promenades urbaines, au vélo et à quelques randonnées encadrées. Il faut simplement rester dans les zones reconnues comme sûres, en particulier à cause des mines et de l’instabilité frontalière.

Faut‑il s’installer en Érythrée en tant qu’expatrié ?

Pour un coopérant, un cadre d’ONG, un diplomate ou un spécialiste détaché dans un projet bien structuré, l’Érythrée peut offrir une combinaison unique : une société accueillante et solidaire, une capitale agréable et sûre, un coût de la vie modéré, une culture riche et singulière. À ces atouts s’ajoute une expérience professionnelle forte, au sein d’un pays qui reste largement méconnu du grand public.

En contrepartie, il faut accepter plusieurs réalités non‑négociables :

Attention :

Le pays se caractérise par une liberté d’expression très restreinte et une surveillance omniprésente. L’accès à internet est rare, lent et cher, ce qui le rend peu adapté au mode de vie des digital nomads. Les déplacements à l’intérieur du pays sont soumis à d’importantes contraintes. Les services de santé sont limités, nécessitant une capacité d’évacuation en cas de problème sérieux. Enfin, le pays est relativement isolé dans sa région, avec peu de liaisons aériennes et des frontières terrestres verrouillées.

Pour ceux qui envisagent l’Érythrée, la clé est d’arriver avec un projet solide, un employeur fiable, un package adapté (salaire en devise, logement, assurance complète, scolarité des enfants) et une bonne préparation mentale à vivre dans un environnement très différent des démocraties libérales.

Ceux qui acceptent ces conditions découvrent souvent un pays où l’hospitalité n’est pas un mot creux, où les liens sociaux sont forts, où partager un café ou un plat d’injera devient rapidement un rituel quotidien, et où l’on apprend autant sur soi‑même que sur la réalité d’un État singulier au bord de la mer Rouge.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier européen supérieur à un million d’euros, souhaite transférer sa résidence fiscale en Érythrée afin d’optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien structuré avec la France. Budget d’accompagnement global : 10 000 € (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée de ses actifs actuels.

Après étude de plusieurs options (Érythrée, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue consiste à cibler l’Érythrée pour son niveau général de pression fiscale relativement modéré pour les non‑résidents actifs sur place, le coût de la vie très bas (Asmara significativement moins chère que Paris) et la possibilité de développer une stratégie immobilière et entrepreneuriale locale. L’accompagnement comprend : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales applicables), obtention d’un titre de séjour via achat ou location longue durée, structuration de la résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français (durée de séjour, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocats, conseil immigration, partenaires francophones) et restructuration patrimoniale internationale pour réduire la double imposition et sécuriser la transmission.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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