Guide complet pour acheter une propriété en bord de mer au Guatemala

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter une maison les pieds dans le sable sur la côte Pacifique, investir dans une villa avec piscine à Monterrico ou sécuriser un lot dans un grand projet en front de mer à Chulamar : le rêve est accessible au Guatemala, mais il obéit à des règles très spécifiques. Entre restrictions pour les étrangers près du littoral, baux d’État via l’OCRET et achats via société guatémaltèque, mieux vaut comprendre le terrain avant de signer quoi que ce soit.

Bon à savoir :

Ce guide détaille le processus d’achat d’une propriété au bord de la mer au Guatemala, incluant les chiffres du marché, des exemples de biens, le cadre légal, les coûts réels, les risques potentiels et des stratégies pour naviguer efficacement dans ce secteur immobilier spécifique.

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Comprendre le contexte : un marché côtier encore émergent

Le littoral pacifique du Guatemala s’étire sur environ 155 miles, de la frontière mexicaine à l’ouest jusqu’au Salvador à l’est. C’est une côte de sable noir volcanique, de mangroves et de plantations de canne à sucre, café et bananes, reliée par la route panaméricaine et des axes secondaires vers ports et villages de pêcheurs.

Astuce :

Contrairement à d’autres pays d’Amérique centrale plus médiatisés comme le Costa Rica ou le Panama, la côte Pacifique du Guatemala reste peu développée. Cette situation présente une opportunité intéressante pour les investisseurs, avec de nombreuses plages encore tranquilles, des prix nettement plus bas que chez les voisins et un réel potentiel de croissance touristique autour de spots tels que Monterrico, Puerto de San José / Chulamar, Likin, Iztapa ou Tecojate.

Le pays dans son ensemble affiche un coût de la vie inférieur de 18 % à la moyenne mondiale et des prix immobiliers encore largement en dessous de ceux de nombreux marchés latino‑américains concurrents. Côté macro, le Guatemala est la plus grande économie d’Amérique centrale, avec un PIB diversifié (agriculture, tourisme, services, industrie textile) et une monnaie, le quetzal (GTQ), relativement stable autour de 7,7 GTQ pour 1 USD.

Dans ce contexte, la côte pacifique est vue comme une zone « émergente » : tourisme en hausse, nouveaux projets résidentiels et de villégiature, et rendements locatifs potentiellement élevés sur les maisons de plage destinées aux week‑ends des Guatémaltèques, aux voyageurs et aux retraités étrangers.

Les grandes zones de bord de mer à connaître

Même si tout le littoral est pacifique, toutes les zones n’offrent pas le même profil d’investissement ni le même type de biens.

Monterrico et la côte de Santa Rosa

Monterrico est probablement le nom qui revient le plus souvent quand on parle de mer au Guatemala. Ce village décontracté est situé à environ deux heures et demie de Guatemala City, en bord d’une large plage de sable volcanique. Les week‑ends, la ville se remplit de citadins venus pour le surf, les couchers de soleil et les fruits de mer ; en semaine, l’ambiance redevient détendue.

Attention :

Le site est à proximité de la Réserve naturelle Monterrico-Hawaii, qui abrite des mangroves, des plages, et des espèces protégées comme les tortues marines (luth et olivâtres), des oiseaux et des caïmans. Cette richesse naturelle renforce l’attrait éco-touristique, mais impose également des contraintes environnementales strictes pour tout projet de développement.

L’offre de propriétés est variée, de la simple maison de vacances à la villa de luxe en front de mer :

Exemple de bien (Monterrico & environs)Prix demandéSurface terrain / constructionCaractéristiques clés
Maison de plage à El Garitón (route de Monterrico)130 000 USD600 m² de terrain / 350 m² construitsPiscine, maison de vacances, proche plage
Chalet sur 2 niveaux à El Garitón350 000 USD3 000 m² de terrain / 292 m² construits5 chambres, parking pour ~20 voitures
Penthouse à Villa Los Cabos, Monterrico169 000 USDDuplex, 3e étage4 chambres, 2 salles de bain, meublé
Bungalows meublés (Los Alacranes, Monterrico)415 000 USD~4 267 m²Ensemble de bungalows, destiné à la location
Villa « Blanc Monterrico »800 000 USDNon précisé (grand lot)Grande cuisine, 2 salons avec bar, ranch, piscine avec lagune et jacuzzi
Maison de luxe en front de mer, Aldea Candelaria800 000 USD4 096 m² de terrainPiscine à débordement, jacuzzi, sur la plage

On trouve également des terrains en première ligne, par exemple un lot d’angle de 810 m² à Playa de Monterrico (Aldea La Candelaria), dans une zone résidentielle déjà consolidée.

Puerto de San José, Chulamar et Likin

Plus à l’ouest, autour de Puerto de San José et du port de Puerto Quetzal, l’ambiance est davantage « resort et condominium ». Plusieurs ensembles résidentiels fermés (condominios) dominent le marché, souvent avec accès privé à la plage, piscines communes, sécurité 24/7 et gestion locative favorisant l’usage Airbnb.

Dans la zone de San José / Chulamar / Likin, l’offre illustrée dans les listings récents est assez parlante :

Localisation / ProjetPrix demandéSurface approximativeDétails notables
Maison Altamar II, San José1 350 000 GTQ (~295 000 USD)260 m² construitsÀ quelques pas de la mer, proche commerces & restaurants
Maison meublée, Villas del Pacífico295 000 USD420 m²4 chambres, 3,5 salles de bain, climatisation
Maison avec piscine, Condominio Alta Mar325 000 USD350 m² sur 2 niveauxPiscine, environnement résidentiel
Maison équipée à Likin, face à une mangrove950 000 USD660 m² sur un lot d’env. 1 746 yards²Vue réserve naturelle, haut de gamme
Etnika Beach House, Las Olas (Chulamar)650 000 USD700 m²2 niveaux + 2 bungalows, 7 chambres
Maison à Chulamar (5 min de la plage)330 000 USD356,4 m² sur 606 yards²4 chambres avec salle de bain, piscine, pergola, jardin, « Airbnb friendly », accès plage privé en résidence gardée
Maison de plage à Chulamar295 000 USD423 m² sur 606 yards²4 chambres, maison familiale / locative
Projet neuf appartement en front de mer, Chulamar1 407 624 GTQ83 m²Appartements en construction, front de mer

Cette zone attire particulièrement les acheteurs qui veulent combiner usage personnel (week‑ends, vacances) et mise en location courte durée pour un public local et étranger.

Escuintla, Iztapa, Tecojate et autres points de la côte pacifique

Toujours autour de Puerto Quetzal et dans le département d’Escuintla, plusieurs condominiums de plage montent en gamme, comme San Marino, Marina del Sur ou certains ensembles à Likin.

Quelques indications tirées des annonces :

Maison meublée à San Marino, Puerto Quetzal : 325 000 USD pour 577 m².

Maison neuve à Marina del Sur, Juan Gaviota : 2,4 millions USD pour 1 314 m², 5 chambres (niveau très haut de gamme).

Maison en front de mer à Tecojate : 225 000 USD pour un terrain de 1 520 m², dans une zone touristique en plein développement.

Plusieurs villas à Iztapa et Taxisco, souvent sur de grands lots (1 800 à plus de 3 000 m²), complètent cette mosaïque, avec des maisons à 260 000345 000 USD, parfois à quelques dizaines de mètres de la plage.

Un cadre légal très particulier près du littoral

Avant même de regarder les piscines ou la vue sur l’océan, un investisseur étranger doit comprendre un point crucial : au Guatemala, la loi distingue fortement les zones « normales » et les zones proches des frontières et des côtes.

Ce que les étrangers peuvent (et ne peuvent pas) acheter

En règle générale, un étranger peut acheter de l’immobilier au Guatemala avec quasiment les mêmes droits qu’un citoyen : maisons, appartements, terrains agricoles ou commerciaux, en nom propre, sans obligation de résidence ni visa spécifique, et sans montant minimum d’investissement imposé.

Mais il existe deux grandes catégories de restrictions :

Bon à savoir :

Dans une zone de 50 km à partir des côtes et de 3 km le long des frontières terrestres, les étrangers ne peuvent pas détenir de terrain directement en leur nom. Pour acquérir une propriété dans ces zones, la solution habituelle est de créer une société guatémaltèque de type Sociedad Anónima (S.A.), qui devient propriétaire du bien. L’étranger détient alors les actions de cette société.

– 2. Zone de réserve d’État au contact direct de l’eau (OCRET) C’est un deuxième niveau de contraintes, qui concerne cette fois tous les propriétaires, Guatémaltèques ou étrangers. La Constitution et la loi de réserve territoriale prévoient que :

– Dans un rayon de 3 kilomètres depuis la côte océanique,

– Dans une bande de 200 mètres le long des rives de lacs,

– Et de 100 mètres de chaque côté des rivières navigables,

la terre appartient à l’État et ne peut pas être possédée en pleine propriété. Ces bandes de bord d’eau sont gérées par l’OCRET (Oficina de Control de Áreas de Reserva del Estado). On n’achète donc pas le terrain, mais un droit de jouissance via un bail (arrendamiento) OCRET, renouvelable, moyennant un loyer annuel généralement inférieur à 100 USD.

Concrètement, une « maison en front de mer » combine souvent :

Exemple :

Pour un terrain situé en partie hors de la zone de réserve naturelle et en partie à l’intérieur de la bande côtière, la réglementation peut exiger deux régimes distincts : un titre de propriété classique pour la partie hors de la zone de réserve, et un bail OCRET (Occupation Constitutive de Droit Réel) pour la partie située dans la bande côtière elle-même. Ce bail, spécifique au domaine public maritime, permet une occupation privative tout en reconnaissant la propriété de l’État.

Pour un étranger, si le bien se trouve dans la bande des 50 km, il faudra en plus que ce combo titre + bail soit porté par une société S.A. guatémaltèque.

OCRET : un détail administratif… qui peut faire tout perdre

Le système OCRET est souvent mal compris par les étrangers. Pourtant, c’est un point vital en bord de mer. Le bail OCRET est assorti d’une redevance annuelle modeste, mais si le paiement n’est pas effectué, l’État est en droit de confisquer le terrain de réserve et les constructions qui s’y trouvent.

Lors d’un achat, il est donc essentiel de : s’assurer de la qualité du produit, vérifier les prix et les avis des consommateurs, et choisir un mode de paiement sécurisé.

Vérifier que la propriété est bien inscrite, et identifier clairement la partie en régime de pleine propriété et la partie sous bail OCRET.

– Obtenir les copies des contrats OCRET en vigueur.

– Confirmer, via l’avocat et auprès de l’OCRET, que toutes les redevances ont été réglées à jour.

C’est un des points de due diligence les plus critiques pour un projet en bord de mer.

La structure juridique : acheter en direct ou via une société S.A. ?

Pour un appartement au centre d’Antigua, acheter en nom propre ne pose généralement pas de problème. Pour une villa les pieds dans le sable, la situation est différente.

Société Anónima (S.A.) : l’outil quasi incontournable sur la côte

Du fait de l’interdiction de propriété étrangère dans la bande des 50 km autour des côtes, recourir à une S.A. est la solution usuelle. En pratique :

200 à 500

Frais annuels typiques de maintenance comptable et juridique pour une société anonyme guatémaltèque.

Cet outil a aussi un intérêt en termes de structuration patrimoniale (succession, cession des actions plutôt que de l’actif immobilier, etc.), mais introduit une couche de complexité supplémentaire : statuts, registres, obligations de reporting, et bien sûr honoraires d’avocat pour la création et la gestion.

Bail OCRET : ce que vous possédez vraiment

Même avec une S.A., il faut garder à l’esprit que dans la bande OCRET (premiers mètres depuis la mer), vous ne possédez pas la terre en dur. Vous bénéficiez d’un droit réel d’usage, en échange du paiement d’une redevance annuelle.

Bon à savoir :

Un élément ne disqualifie pas nécessairement un investissement, mais il en modifie la nature fondamentale. Par conséquent, l’analyse de valeur doit prendre en compte des critères étendus, au-delà des seuls aspects financiers traditionnels.

Le prix payé au vendeur,

Les coûts annexes (taxes de transfert, notaire, avocat, enregistrement),

Les charges annuelles (IUSI, OCRET, maintenance de la S.A.),

mais aussi le fait que vous êtes sur un régime de bail administratif renouvelable, non sur un freehold classique.

Le processus d’achat : étapes, documents, délais

Même pour un bien en bord de mer, le processus de base reste celui de tout achat immobilier au Guatemala, avec quelques étapes supplémentaires liées à la S.A. et à l’OCRET.

1. Due diligence approfondie

Les registres fonciers guatémaltèques se sont modernisés, mais les erreurs ou zones d’ombre sont fréquentes, notamment en zones rurales et littorales. Un avocat local spécialisé en immobilier est quasiment indispensable. Ses missions typiques :

Recherche de titre au Registro General de la Propiedad (RGP), sur au moins 30 ans d’historique.

Vérification de l’absence de charges, hypothèques, litiges, revendications communautaires ou indigènes.

– Confirmation du zonage (résidentiel, touristique, protégé…) et des autorisations éventuelles en zone côtière.

– Vérification des contrats et paiements OCRET pour la partie en bord d’eau.

– Contrôle des accès réels au terrain, des servitudes de passage, de la situation des réseaux (eau, électricité, route).

Les honoraires d’avocat pour cette phase et l’accompagnement de la transaction vont généralement de 1 000 à 3 000 USD.

2. NIT, passeport et, le cas échéant, création de la S.A.

Pour un étranger, les pièces de base sont :

Documents requis pour un achat immobilier au Guatemala

Pour finaliser l’acquisition d’un bien immobilier au Guatemala, il est nécessaire de préparer les documents suivants.

Passeport valide

Un document de voyage en cours de validité est obligatoire pour identifier l’acheteur étranger.

Numéro d’Identification Fiscale (NIT)

Délivré par l’administration fiscale (SAT), ce numéro est indispensable pour les transactions.

Preuves de fonds

Relevés bancaires ou attestations à présenter aux vendeurs, banques ou notaire pour justifier de la capacité financière.

Si le bien est dans la bande des 50 km de la côte, il faut en parallèle constituer une S.A. guatémaltèque. L’avocat prépare les statuts, enregistre la société et obtient son propre NIT. Cette phase peut prendre plusieurs semaines.

3. Contrat de promesse de vente et Escritura Pública

Une fois les vérifications préliminaires satisfaisantes, l’étape suivante est la signature d’un contrat de promesse de vente (Contrato de Compraventa), rédigé par un notaire (qui, au Guatemala, est également avocat). Ce contrat fixe :

Le prix,

Le calendrier de paiement (acompte, solde),

Les conditions suspensives (résultat de la due diligence, obtention d’un financement, etc.),

Le détail des éléments inclus (meubles, équipements, droits OCRET, actions de la S.A. si c’est la société qui est vendue).

Au moment du closing, le notaire dresse l’Escritura Pública, l’acte authentique de transfert. C’est ce document qui sera enregistré au Registre de la Propriété.

4. Enregistrement au Registre et délais

L’Escritura est déposée au Registro General de la Propiedad. Le processus prend généralement 15 à 30 jours, parfois davantage selon la région et la charge de travail. Une fois l’enregistrement finalisé, le nouvel acquéreur (ou la S.A.) devient officiellement titulaire du bien.

De bout en bout, un achat au comptant se boucle typiquement en 30 à 60 jours, à condition que les titres soient clairs et que la structure juridique (S.A., OCRET) soit bien gérée dès le départ.

Expert en transactions immobilières

Achat à distance et procuration

Il est tout à fait possible d’acheter une propriété en bord de mer sans se rendre sur place, via une procuration (Power of Attorney) donnée à un avocat ou un représentant local. Cette procuration doit être notariée, souvent légalisée par un consulat guatémaltèque dans le pays de résidence de l’acheteur.

Sur le papier, tout peut donc se faire à distance. Dans les faits, s’abstenir de visiter le site au moins une fois fait courir un risque réel : mauvaise surprise sur l’état des bâtiments, accès difficile, problèmes de servitudes ou de limites physiques qui ne correspondent pas au plan cadastral.

Coûts d’acquisition : taxes, frais et « vrais » prix

Au prix d’achat affiché s’ajoute une série de coûts administratifs et fiscaux. Sur la côte comme ailleurs, il faut les intégrer dès le début pour éviter les mauvaises surprises.

Taxes de transfert et enregistrement

On distingue deux grandes situations :

Bien de revente (propriété existante) Dans ce cas, l’acheteur paie principalement :

3 % de taxe de timbre (Impuesto de Timbres Fiscales) sur la valeur déclarée,

– Environ 0,15 % de droits d’enregistrement au Registre.

Construction neuve Si vous achetez une maison neuve directement au promoteur, la vente est soumise non pas au timbre de 3 %, mais à la TVA de 12 % sur la valeur de la construction.

À cela s’ajoutent :

1

Les frais de notaire représentent généralement 1 % de la valeur déclarée du bien.

Dans la pratique, pour un bien de revente en bord de mer de 300 000 USD, une estimation réaliste des coûts de transaction côté acheteur se situe généralement entre 4 % et 7 % du prix, selon la complexité (S.A., OCRET, etc.).

Exemple de structure de coûts pour un bien de revente à 300 000 USD

PosteMontant estimatifCommentaire
Prix de vente300 000 USDPrix négocié
Taxe de timbre (3 %)9 000 USDSur la valeur déclarée (à déclarer au plus juste pour éviter des problèmes ultérieurs)
Enregistrement (0,15 %)450 USDDroits de registre
Notaire (1 %)3 000 USDPeut varier
Avocat / Due diligence1 500 – 3 000 USDRecherche de titre, OCRET, S.A., etc.
Frais divers / Registre500 – 1 000 USDDossiers, timbres, certifications
Total coûts annexesEnviron 14 450 – 16 450 USDSoit 4,8 – 5,5 % du prix

Pour une construction neuve à 300 000 USD (part construction déclarée à ce niveau), la TVA à 12 % fait monter les coûts globaux bien plus haut, autour de 13 % de plus pour cette partie. Il faut donc regarder de très près la structuration du prix entre valeur du terrain et valeur de la construction.

Coûts annuels : taxes, OCRET, S.A.

Une fois la villa achetée, il reste les charges récurrentes :

Fiscalité et coûts annuels au Guatemala

Aperçu des principaux impôts et frais récurrents pour les propriétaires fonciers et les sociétés au Guatemala.

Impôt foncier (IUSI)

Impôt progressif, entre 0,2 % et 0,9 % de la valeur cadastrale (souvent inférieure à la valeur de marché).

Redevance OCRET

Généralement moins de 100 USD par an pour les terrains en zone de réserve (à vérifier au cas par cas).

Frais de maintenance de la S.A.

Entre 200 et 500 USD par an pour la comptabilité, les déclarations et les honoraires juridiques de base.

Services municipaux

Ordures et autres services : quelques dizaines de quetzales par an (environ GTQ 50 à 300).

Pour une maison de plage de valeur marchande autour de 300 000 USD, le paquet IUSI + OCRET + S.A. est raisonnable à l’échelle de l’investissement, mais doit entrer dans les calculs de rentabilité.

Financement : un marché très orienté « cash »

Le système bancaire guatémaltèque reste conservateur, surtout vis‑à‑vis des étrangers. Historiquement, la plupart des achats immobiliers par des non‑résidents se font comptant, sans recours au crédit local.

Emprunter au Guatemala : possible mais compliqué

Quelques grandes banques (Banco Industrial, G&T Continental, Banco de los Trabajadores, entre autres) peuvent financer un étranger, mais sous des conditions exigeantes :

Apport de 35 à 40 % minimum,

Revenus stables prouvés, idéalement en lien avec le pays (revenus locaux, remesas gérées via des comptes guatémaltèques, etc.),

Intérêts annuels généralement entre 8 et 12 %, parfois plus selon le profil,

Durées rarement supérieures à 15 ans.

Un obstacle majeur tient au fait que les banques demandent souvent des justificatifs propres au système local (DPI, NIT avec historique, déclarations fiscales guatémaltèques, etc.), que la majorité des étrangers n’ont pas.

85

Environ 85 % des acquisitions de terrains et propriétés par des étrangers se font en cash.

– D’un crédit immobilier ou d’un prêt hypothécaire dans le pays d’origine (mise en gage de la résidence principale, par exemple),

– Ou de financement vendeur (le propriétaire accepte d’échelonner le paiement, avec un intérêt et une hypothèque sur le bien).

Impact sur la stratégie d’achat

Ce contexte favorise les acheteurs au comptant, qui peuvent :

Négocier plus facilement une réduction de prix (5 à 10 % parfois),

Accélérer la transaction (30 – 45 jours possibles),

Éviter les aléas de dossiers de crédit souvent longs et incertains.

Pour un projet d’investissement locatif, il faut donc souvent raisonner en termes de rendement sur fonds propres, plutôt qu’en levier de crédit local.

Investir pour louer en bord de mer : potentiel et chiffres

Le littoral pacifique guatémaltèque est déjà une destination prisée des habitants de Guatemala City pour les week‑ends, et attire de plus en plus de voyageurs étrangers en quête d’une côte encore authentique. Cela ouvre la porte à des stratégies locatives, notamment via Airbnb et plateformes similaires.

Un marché porté par le tourisme national et régional

Les principales clientèles actuelles :

Familles et groupes d’amis de la capitale cherchant une maison avec piscine pour le week‑end,

Touristes étrangers de passage à Antigua ou au lac Atitlán qui prolongent leur séjour par quelques jours à la mer,

Petits groupes pour retraites bien‑être ou séjours surf.

Bon à savoir :

Les propriétés les plus demandées sont celles offrant plusieurs chambres, une piscine privée, une pergola, un grand jardin clos et un accès direct ou proche à la plage. Il est également avantageux de vérifier si l’annonce mentionne un positionnement « Airbnb friendly », ce qui indique que la copropriété accepte et facilite explicitement ce type de location.

Rendements potentiels : indications et ordres de grandeur

Les rendements locatifs moyens au Guatemala, tous marchés confondus, se situent entre :

5,7 % et 8,4 % bruts dans les zones résidentielles classiques,

– Plus dans les zones touristiques à forte rotation, comme le lac Atitlán (jusqu’à 8,4 – 12 % bruts).

Sur la côte pacifique, il n’existe pas encore autant de statistiques qu’à Antigua ou Guatemala City pour les Airbnb, mais les paramètres sont comparable à un marché touristique naissant :

Bon à savoir :

Les tarifs journaliers pour une maison de 4 chambres avec piscine sont comparables à ceux du marché local, ajustés selon la saison, l’équipement et la proximité de la mer. La demande est très forte pendant les vacances scolaires, les ponts, la Semaine Sainte, Noël et le Nouvel An, tandis qu’elle est plus aléatoire hors saison. Un bien bien situé et bien géré peut atteindre un taux d’occupation confortable en haute saison, mais connaît des creux pendant la saison des pluies et en dehors des week-ends.

Pour une propriété autour de 300 000 USD, occupée majoritairement les week‑ends et vacances, il est raisonnable de viser un objectif de rendement brut à moyen terme dans la fourchette 6 – 10 %, à condition :

De bien maîtriser la gestion (ménage, check‑in/check‑out, maintenance),

De fixer des prix adaptés au marché local et non calqués sur le Costa Rica,

De veiller à la qualité (climatisation, eau fiable, wifi, sécurité, piscine entretenue).

Les charges d’exploitation (ménage, services publics, entretien, commissions plateformes, gestion) consomment facilement 35 à 50 % du revenu brut, comme dans les autres marchés du pays. La rentabilité nette se concentre donc souvent autour de 4 – 7 % sur le long terme pour un bien bien géré.

Qualité de vie et coûts au quotidien sur la côte

Au‑delà de l’investissement, beaucoup d’acheteurs sont tentés par une utilisation personnelle significative : vivre plusieurs mois par an en bord de mer, télétravailler ou passer sa retraite sur place.

Coût de la vie : repères

Le Guatemala affiche un coût de la vie global 18 % plus bas que la moyenne mondiale. Quelques chiffres illustratifs :

Un déjeuner simple dans un quartier d’affaires : ~82 GTQ.

– Un repas dans un restaurant bon marché : ~40 GTQ.

Un dîner pour deux dans un restaurant de gamme moyenne : ~392 GTQ.

– Un litre d’essence : environ 1,02 USD en sans‑plomb normal.

Les dépenses mensuelles moyennes (toute ville confondue) donnent un ordre d’idée :

ProfilBudget mensuel moyen (USD) hors achat immobilier
Personne seule (incl. loyer)~1 376 USD
Personne seule (hors loyer)~856 USD
Couple (incl. loyer)~1 934 USD
Famille de 4 (incl. loyer)~2 692 USD

En bord de mer, le loyer disparaît si vous êtes propriétaire, mais il faut intégrer les coûts :

18-65

Le coût mensuel de l’électricité pour un usage standard à Singapour, pouvant augmenter en cas de climatisation intensive.

La vie peut être très abordable si l’on consomme local (produits agricoles, poisson), tout en gardant à l’esprit que certains biens importés ou services haut de gamme restent au prix international.

Eau, électricité et infrastructures : points de vigilance

L’eau potable et le traitement des eaux usées restent des défis majeurs au Guatemala. Environ 90 % des bassins versants sont pollués, et seulement 5 % des eaux usées reçoivent un traitement. À la campagne et en bord de mer, on s’appuie souvent sur :

Des puits, citernes ou réseaux locaux gérés par la municipalité,

Des fosses septiques,

Des initiatives privées de traitement de l’eau.

Avant d’acheter, il est vital de :

Astuce :

Avant un achat immobilier, il est crucial de : comprendre précisément l’origine de l’eau (puits privé, réseau communal, camion‑citerne) et sa fiabilité en saison sèche ; vérifier la présence d’une fosse septique ou d’un système d’égout conforme ; et se renseigner sur les projets municipaux ou associatifs d’amélioration de l’eau et de l’assainissement.

Côté électricité, le pays a réalisé un effort important d’électrification rurale, avec des milliers de villages raccordés ces dernières décennies. Sur la côte, la plupart des zones touristiques sont alimentées, mais il existe :

Des risques de coupures ponctuelles,

Des tensions de réseau lors des pics de chaleur.

De nombreuses propriétés de standing prévoient :

Des générateurs de secours,

Ou des installations solaires en complément.

Encore une fois, il faut vérifier ces équipements lors de l’inspection du bien.

Fiscalité, résidence et usage à long terme

Acheter une propriété en bord de mer n’ouvre pas automatiquement la porte à la résidence, mais peut s’intégrer à une stratégie plus large.

Fiscalité de la location et de la revente

Pour les revenus locatifs générés par une villa de plage :

– Les non‑résidents sont imposés à 15 % de retenue à la source sur les loyers bruts, en pratique.

– Certains schémas permettent de déclarer en net avec déduction des charges, mais cela requiert une planification fiscale avec un comptable local.

En cas de revente, un impôt sur la plus‑value de 10 % s’applique sur le gain net (prix de vente moins prix d’acquisition et coûts d’amélioration documentés).

Bon à savoir :

La TVA au taux de 12 % s’applique aux loyers commerciaux ainsi qu’à certaines prestations annexes. Ce taux concerne notamment les opérations plus structurées telles que les hôtels, les resorts, etc.

Résidence par investissement

Un investissement immobilier d’au moins 100 000 USD, utilisé de manière productive (développement, location, création d’emplois…), peut servir de base pour un visa d’investisseur. Celui‑ci :

Donne généralement une résidence temporaire pour deux ans,

Permet, après renouvellement, d’envisager la résidence permanente,

– Ouvre ensuite la possibilité de demander la nationalité après environ cinq ans de résidence, sous réserve de parler l’espagnol et de réussir un examen de civisme.

Beaucoup de retraités ou semi‑résidents choisissent toutefois un simple visa de séjour ou un visa « pensionado » basé sur un revenu mensuel régulier, sans forcément pousser jusqu’à la citoyenneté.

Principaux risques et erreurs à éviter

La côte guatémaltèque est prometteuse, mais ce n’est pas un environnement « plug‑and‑play » comme un programme clé en main dans un resort nord‑américain. Quelques dangers récurrents :

Astuce :

En zone rurale et littorale, assurez-vous d’avoir un titre de propriété clair et enregistré au RGP, car les titres incomplets, chevauchants ou contestés sont fréquents. Vérifiez également que les paiements OCRET sont à jour pour éviter tout risque de confiscation de la bande côtière. Pour les achats dans la bande de 50 km autour de la côte, privilégiez une structure en Société Anonyme (S.A.) plutôt qu’un achat en nom propre pour rester conforme à la loi.

Comment aborder concrètement un projet en bord de mer

Pour conclure, quelques lignes directrices pratiques pour maximiser vos chances de réussite :

1. Commencez par plusieurs séjours exploratoires Louez d’abord, à Monterrico, Chulamar, Likin ou Tecojate, à différentes périodes de l’année. Vivez le climat, la fréquentation, les nuits de week‑end, les moustiques, les coupures de courant et la réalité des trajets depuis Guatemala City.

2. Clarifiez votre objectif principal Maison de vacances familiale, investissement locatif, future résidence partielle ou totale, développement hôtelier ? La localisation, le type de bien, la taille du terrain et le budget optimal ne seront pas les mêmes.

Astuce :

Le marché immobilier turc est fragmenté, sans MLS centralisé, et compte de nombreuses agences peu régulées. Il est donc crucial de bien choisir vos partenaires. Prenez le temps de vérifier la réputation des professionnels, de demander des références et de discuter avec d’autres étrangers déjà installés sur place pour vous assurer de leur sérieux.

4. Exigez transparence et documents complets Titre de propriété complet, plan cadastral, historique des paiements OCRET, factures de services, statuts de la S.A. si vous achetez via une société existante, etc. Refusez les « on verra plus tard » ou les promesses verbales.

5. Simulez conservativement la rentabilité Sur l’hypothèse de revenus locatifs, prenez des scénarios prudents de taux d’occupation et de saisonnalité, et incluez 35–50 % de charges d’exploitation. Votre projet doit rester viable même en‑dessous de l’occupation idéale.

Attention :

La côte pacifique est dans une phase de développement où les situations peuvent changer rapidement (nouvelles routes, projets immobiliers, changements environnementaux). Une propriété isolée aujourd’hui pourrait devenir plus urbanisée à l’avenir, et vice-versa.

Acheter une propriété en bord de mer au Guatemala n’est pas un geste anodin, mais ce n’est pas non plus une aventure insurmontable. Avec une bonne compréhension du cadre OCRET et des restrictions côtières, un travail juridique sérieux et une approche réaliste des coûts et rendements, il est possible de sécuriser une villa de plage ou un terrain côtier avec un excellent rapport qualité‑prix, difficile à trouver ailleurs en Amérique centrale.

Le pays combine une côte pacifique encore préservée, un coût de la vie accessible, un marché immobilier en phase de croissance et un environnement culturel riche. Pour l’investisseur patient et méthodique, la mer au Guatemala peut devenir bien plus qu’une simple carte postale : un véritable actif, à la fois patrimonial et de plaisir.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Guatemala pour chercher du rendement locatif et une exposition au quetzal (et au dollar via certaines transactions). Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Guatemala Ciudad, Antigua, Quetzaltenango), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel de petite taille ou une grande maison divisible en plusieurs unités dans un quartier en croissance de la capitale ou d’Antigua, combinant un rendement locatif brut cible de 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure d’acquisition la plus adaptée et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin de maîtriser les risques juridiques, fiscaux et locatifs propres au Guatemala.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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