S’installer en Egypte, ce n’est pas seulement changer de climat ou de rythme de vie. C’est surtout entrer dans un pays où la nourriture est au cœur de la culture, de la sociabilité et même de la religion. Pour un expatrié, comprendre ce qui se passe dans l’assiette, dans la rue et sur les marchés est l’une des clés pour vraiment s’intégrer.
La cuisine égyptienne est une expérience sensorielle variée, allant des plats familiaux aux spécialités de rue comme le koshari, en passant par les fruits de mer d’Alexandrie et les épices des souks. Ce guide pratique est conçu pour les expatriés, afin de les aider à savoir quoi manger, où, comment et quels codes culturels respecter.
Comprendre la cuisine égyptienne : une introduction pour expatriés
La cuisine égyptienne est l’une des plus anciennes du monde. Elle plonge ses racines dans l’Egypte pharaonique, puis s’est enrichie au fil des influences grecques, romaines, arabes, ottomanes, levantines et européennes. Malgré cette histoire complexe, elle repose toujours sur quelques piliers simples : le pain, les légumineuses, les légumes de la vallée du Nil et un usage généreux d’épices aromatiques.
Le *eish baladi*, un pain plat brun, est l’élément central du repas, servant à la fois de couvert et de support pour les accompagnements comme les ragoûts ou les purées de fèves. L’alimentation traditionnelle repose largement sur les légumineuses (fèves, lentilles), les céréales (riz, pâtes) et des aromates (oignon, ail, coriandre), une orientation végétarienne héritée de la rareté des terres cultivables en Égypte, bien que la viande conserve une forte valeur sociale.
Le climat et la géographie jouent aussi leur rôle. L’intérieur du pays vit au rythme des plats mijotés et des ragoûts, tandis que les côtes méditerranéennes et de la mer Rouge s’illustrent avec des montagnes de poissons et fruits de mer. Les communautés nubiennes autour d’Aswan ou les Bédouins du Sinaï ajoutent encore leurs propres techniques et recettes, de la viande cuite sous le sable aux pains rustiques cuits à la braise.
Pour un expatrié, la richesse de la cuisine locale offre deux avantages principaux. D’une part, il est très facile de bien manger avec un budget raisonnable, notamment en privilégiant la cuisine populaire. D’autre part, la grande diversité des plats permet de s’adapter à presque tous les régimes alimentaires (carné, végétarien, voire vegan), à condition d’apprendre à décrypter les cartes des restaurants et de savoir poser les bonnes questions.
Les moments-clés de la journée autour de la table
Dans la vie quotidienne, les repas structurent la journée égyptienne. La logique n’est pas forcément la même que dans la plupart des pays occidentaux.
Le petit-déjeuner, d’abord, est souvent bien plus copieux que ce que connaissent beaucoup d’Européens. Il s’articule autour de plats chauds : purée de fèves (ful medames), falafels de fèves (ta’ameya), œufs, fromage salé, olives, légumes crus et pain baladi. Ces mets restent disponibles toute la journée dans les échoppes spécialisées, d’où l’habitude de “prendre un ful” à n’importe quelle heure.
Servi entre 14h et 16h, c’est le principal repas de la journée, souvent familial. Il se compose d’un plat complet (riz, légumes, ragoûts) et c’est le moment où la viande ou la volaille est le plus fréquemment consommée.
Le dîner, lui, peut être plus léger… ou n’être qu’une succession de snacks, surtout dans les grandes villes où il est courant de manger très tard. En été, il n’est pas rare de voir les restaurants se remplir après 22h. Cette temporalité décalée surprend souvent les nouveaux arrivants, mais elle s’explique par le climat et par une culture des soirées animées.
Au-delà des horaires, les repas sont des moments sociaux où les plats sont souvent partagés dans des assiettes communes. On se sert avec du pain, on goûte de tout et on se ressert. Pour un expatrié, adopter cette logique, notamment en commandant plusieurs plats à partager au restaurant, est essentiel pour s’intégrer à la culture locale, plus que de suivre un schéma strict de plats individuels.
Etiquette à table : les codes à connaître quand on vit en Egypte
Manger, en Egypte, n’est jamais seulement un acte alimentaire. C’est aussi un langage social. Quelques réflexes permettent d’éviter les faux pas lorsqu’on est invité chez des amis égyptiens ou lorsqu’on dîne à l’extérieur.
L’arrivée chez l’habitant commence par des salutations chaleureuses. On salue le ou les hôtes, puis l’ensemble des personnes présentes. Les aînés et les invités d’honneur sont servis et installés en premier. Il vaut mieux attendre qu’on vous indique votre place que de s’asseoir spontanément.
Autour de la table, il est d’usage d’utiliser sa main droite pour porter les aliments à la bouche ou manipuler le pain, la main gauche étant traditionnellement considérée comme impure. Le pain, symbole de subsistance et de bénédiction, mérite un respect particulier : il ne faut pas le jeter, le renverser, ni le poser à l’envers.
Il est courant de se servir dans des plats communs posés au centre. La règle tacite consiste à se servir modestement au début, afin que chacun puisse goûter. Le ou la maîtresse de maison aura tendance à proposer régulièrement de vous resservir. Refuser catégoriquement peut être interprété comme un léger refus de la générosité de l’hôte ; accepter une petite portion supplémentaire est souvent la solution la plus diplomatique.
Complimenter la cuisine est une attente courante. Exprimer sa satiété est bien vu. La signification de finir ou non son assiette varie : dans certaines familles, laisser une infime quantité symbolise l’abondance, tandis que dans d’autres, finir son assiette est un compliment. Il est conseillé d’observer les usages des hôtes et de s’y ajuster.
Quand l’alcool entre en scène, la prudence s’impose. Dans un pays majoritairement musulman, la plupart des repas n’en comportent pas. Il est déconseillé d’en proposer soi-même, à moins d’être certain que vos hôtes boivent. Le porc, lui, est exclu des tables musulmanes, et il serait très malvenu d’en offrir. Avant et après le repas, se laver les mains est un réflexe attendu, surtout si on mange avec les doigts.
Enfin, dans les restaurants, le “baksheesh” – le pourboire – fait partie intégrante de l’expérience. Dans les établissements classiques, laisser 10 à 15 % de l’addition est la norme. Dans les cafés ou pour de menus services, quelques livres égyptiennes suffisent. Avoir de petites coupures locales facilite la vie au quotidien.
Les incontournables de la cuisine égyptienne à goûter en priorité
Pour un expatrié, il est tentant de se jeter sur les grandes spécialités dont tout le monde parle. C’est une bonne idée, parce qu’elles incarnent vraiment l’identité culinaire du pays.
Le koshari s’impose comme le symbole national. Ce plat populaire, 100 % végétarien, entasse dans un même bol du riz, des lentilles, des pâtes, parfois des vermicelles, des pois chiches et une montagne d’oignons frits croustillants. On nappe le tout d’une sauce tomate relevée, puis d’un vinaigre à l’ail et d’une sauce piquante selon son goût. Pour un budget dérisoire, on obtient un repas extrêmement rassasiant, servi à la chaîne dans des cantines bruyantes.
Le ful medames est l’un des deux plats considérés comme ‘nationaux’ en Égypte, avec le koshari.
La ta’ameya est la cousine égyptienne du falafel, mais réalisée avec des fèves plutôt qu’avec des pois chiches. L’intérieur, vert vif à cause des herbes, reste moelleux, tandis que l’extérieur est doré et croustillant. En sandwich avec tahina, salade et pickles, c’est le classique du petit-déjeuner de rue.
La molokheya surprend souvent les expatriés. Cette soupe verte épaisse, à base de feuilles de corète finement hachées, est cuisinée avec beaucoup d’ail et de coriandre dans un bouillon de viande ou de volaille, puis servie avec du riz ou du pain. Sa texture légèrement filante peut déconcerter, mais son goût est profondément ancré dans l’imaginaire culinaire égyptien.
Les mahshi – légumes farcis – offrent une autre entrée en matière. Courgettes, aubergines, poivrons, feuilles de vigne ou de chou sont farcis d’un mélange de riz et d’herbes, parfois de viande, ensuite cuits dans une sauce tomate. On peut aisément demander une version sans viande.
Les amateurs de grillades ne seront pas en reste avec les kabab (morceaux de viande marinés et grillés), les kofta (brochettes de viande hachée aux épices), le shish tawook (brochettes de poulet marinées au yaourt et au citron) ou encore le shawarma, viande rôtie à la verticale puis servie – particularité locale – souvent dans un petit pain type burger plutôt qu’en wrap, accompagnée de sauces à base de sésame ou d’ail.
Côté mer, les villes comme Alexandrie, Port Saïd ou Suez proposent des plats comme la sayadiya – poisson et riz aux oignons caramélisés –, des grillades de poisson (samak mashwi) ou des casseroles de fruits de mer, tandis que la fameuse kebda eskandarani, sandwich de foie revenu avec ail et piment, incarne l’esprit de la street-food alexandrine.
Enfin, pour les grandes occasions, on vous proposera peut-être du hamam mahshi (pigeon farci au riz ou au blé concassé) ou une fatta : couches de pain grillé, de riz et de viande nappées d’une sauce à l’ail et au vinaigre ou à la tomate, particulièrement associées à l’Eid al-Adha.
Desserts, boissons et douceurs du quotidien
Si vous avez la dent sucrée, l’Egypte peut être dangereuse pour vos résolutions. Les pâtisseries traditionnelles misent sur le sucre, le sirop et le beurre clarifié. La basbousa, gâteau de semoule imbibé de sirop, s’achète par portions dans les halawani (pâtisseries). La konafa juxtapose des cheveux d’ange croustillants et une garniture de fromage ou de crème, le tout noyé de sirop. La baklava locale suit la même logique : couches de pâte filo, noix ou pistaches, sirop aromatisé.
Pendant le Ramadan, les pâtisseries traditionnelles comme la konafa et les qatayef (petites crêpes farcies de noix ou de crème, puis frites ou cuites au four) sont omniprésentes. Pour l’Eid al-Fitr et d’autres célébrations, les kahk, des biscuits sablés souvent fourrés à la pâte de dattes ou de noix, sont présentés en piles sur les plateaux.
Deux desserts chauds méritent aussi l’attention. L’om ali – variante locale du pudding de pain – mélange morceaux de pâte ou de pain avec lait, sucre, fruits secs et noix avant de passer au four. Le roz bel laban est un riz au lait crémeux, parfois parfumé à la cannelle ou à la fleur d’oranger.
Le thé est la boisson nationale, servi clair (koshari) ou corsé (sa’idi) et très sucré. Le karkadeh, infusion d’hibiscus rouge, se consomme chaud ou froid et est réputé pour ses bienfaits sur la tension et le cœur. Pour se rafraîchir, on trouve du jus de canne à sucre (‘asir asab) pressé dans la rue et du tamr hindi, une boisson acidulée au tamarin.
Les cafés traditionnels, appelés ahwa, servent également un café à l’orientale fort et serré, souvent parfumé à la cardamome. Pour les soirées fraîches, le sahlab – boisson chaude épaisse à base de lait et de poudre d’orchidée, parfois saupoudrée de cannelle – fait figure de classique d’hiver.
Pour ceux qui consomment de l’alcool, la bière locale – notamment la Stella égyptienne, sans lien avec la marque européenne – reste la boisson la plus répandue. Des vins sont produits, notamment près d’Alexandrie, et quelques spiritueux locaux circulent. Vous les trouverez dans certains hôtels internationaux, bars de quartiers aisés comme Zamalek ou Maadi, et quelques restaurants haut de gamme, mais ils restent absents de la grande majorité des repas familiaux.
Vivre la cuisine de rue : plaisir, prix et hygiène
La street-food est au cœur de la vie égyptienne. Pour un expatrié, c’est un terrain de jeu culinaire… à condition de garder en tête quelques règles de bon sens, car les standards d’hygiène ne sont pas les mêmes qu’en Europe ou en Amérique du Nord.
Dans les grandes villes, littéralement des milliers d’échoppes servent koshari, ful, ta’ameya, shawarma, liver sandwiches, frites en sandwich, maïs grillé ou patates douces cuites dans de petits fours ambulants. Ces stands nourrissent chaque jour des millions de personnes et, bien choisis, ils sont à la fois savoureux et très économiques.
C’est le montant maximum en dollars pour manger à sa faim dans un stand local au Caire, selon le texte.
Pour limiter les risques sanitaires tout en profitant pleinement de cette cuisine populaire, quelques réflexes s’imposent. Mieux vaut choisir les échoppes où l’on voit la nourriture être préparée à la minute, avec une forte rotation des ingrédients – une file de clients locaux est souvent un excellent indicateur. Les plats servis brûlants – grills, brochettes, koshari tout juste dressé, falafels sortis de l’huile – sont plus sûrs que les aliments tièdes ou restés longtemps à l’air libre.
Il est recommandé d’éviter l’eau du robinet (même pour le brossage des dents) et de privilégier l’eau en bouteille ou filtrée. Soyez prudent quant à l’origine des glaçons dans les boissons. Pour les crudités, préférez les fruits que vous pouvez peler vous-même ou dont la source de l’eau de rinçage est connue. Adoptez le réflexe d’un lavage régulier des mains ou de l’utilisation de gel hydroalcoolique avant de manger.
Les problèmes digestifs rencontrés par certains voyageurs tiennent parfois plus au changement de flore bactérienne qu’à une véritable intoxication. Sur la durée, de nombreux expatriés apprennent à identifier leurs stands préférés et à naviguer sans souci dans ce paysage culinaire de rue.
Manger au restaurant : du troquet de quartier aux tables gastronomiques
En tant qu’expatrié, vous passerez probablement une bonne partie de votre temps entre restaurants de quartier et quelques adresses plus soignées, soit pour le travail, soit pour les sorties sociales.
Dans les restaurants traditionnels, la logique du partage domine : on commande plusieurs assiettes à poser au centre de la table – mezze (houmous, baba ghanoush, tahina, salades baladi), grillades, ragoûts, légumes farcis – et chacun se sert à sa guise. Les cartes mélangent souvent des plats strictement égyptiens et des influences levantines (sambousek, taboulé, fattoush), voire méditerranéennes.
Les horaires de pointe dans les restaurants surprennent souvent les nouveaux arrivants. La salle peut être presque vide vers 19h, puis se remplir à partir de 21h et rester pleine jusqu’à tard dans la nuit, particulièrement en été. Les vendredis et samedis, qui sont des jours de repos pour la majorité, voient une affluence continue dans les restaurants.
Le baksheesh est à intégrer à votre budget. Dans un restaurant assis, laisser 10 à 15 % du montant de la note en pourboire est attendu, sauf si des frais de service clairs et suffisants sont déjà inclus. Dans les cafés, quelques livres suffisent pour remercier le serveur. Les petites coupures en livres égyptiennes sont particulièrement utiles ; payez votre addition avec de gros billets, mais gardez toujours de la monnaie pour les pourboires.
Les codes vestimentaires en Indonésie sont relativement souples. Dans les gargotes populaires, une tenue décontractée mais correcte est suffisante. Pour les lieux plus chic, privilégiez une tenue au moins « smart casual ». Il est conseillé d’éviter les débardeurs, les shorts très courts ou les vêtements trop moulants, surtout si vous prévoyez de vous rendre ensuite dans des quartiers plus conservateurs.
Enfin, gardez à l’esprit que certains restaurants adaptent leurs horaires pendant le Ramadan, voire ferment en journée. En soirée, en revanche, juste après la rupture du jeûne (iftar), les tables se remplissent pour des buffets gargantuesques où l’on mange, discute et prolonge la nuit.
Evénements religieux et fêtes : ce que l’on mange à ces occasions
Pour comprendre la gastronomie égyptienne en profondeur, il faut aussi la regarder à travers le prisme des grandes fêtes religieuses. Ces moments structurent l’année sociale, et chaque célébration a ses plats.
Pendant le Ramadan, la rupture du jeûne (iftar) suit des traditions alimentaires spécifiques. Elle commence généralement par la consommation de dattes et d’eau, suivies de soupes comme la soupe de lentilles ou de poulet. Le repas se poursuit avec des entrées et des plats principaux copieux à base de viande, de riz et de pain. Les desserts, tels que la konafa, les qatayef ou l’om ali, y occupent une place centrale. Parallèlement, des marchés nocturnes spéciaux s’animent, proposant des lanternes traditionnelles, des friandises et des décorations pour l’occasion.
L’Eid al-Fitr, qui marque la fin du Ramadan, est associé à la confection de kahk et de biscuits, ainsi qu’à la préparation de plats carnés comme la fatta. L’Eid al-Adha, quant à lui, repose sur le sacrifice rituel d’un animal, souvent un mouton, dont la viande est partagée entre famille, proches et personnes dans le besoin, et transformée en kebabs, ragoûts ou plats de riz.
La fête de printemps Sham El-Nessim perpétue d’anciennes coutumes égyptiennes, marquée par la consommation de plats traditionnels comme le feseekh (mulet fermenté salé), des œufs colorés et de la laitue. Une extrême prudence est requise pour le feseekh, dont la préparation nécessite un savoir-faire spécifique pour éviter tout risque ; il est impératif de ne le consommer que dans des établissements réputés et sérieux.
Les coptes, qui suivent le calendrier orthodoxe, observent plusieurs longues périodes de jeûne au cours de l’année, totalisant presque trois mois. Pendant ces périodes, ils adoptent un régime entièrement végétalien, sans viande, poisson, œufs ni produits laitiers. De nombreux restaurants proposent alors des menus seyami (de jeûne), remplis de plats à base de légumes, de légumineuses et de céréales. Pour un expatrié végétarien ou vegan, c’est une excellente opportunité de découvrir l’étendue de la cuisine végétale égyptienne.
Spécial expatriés végétariens et vegans : un pays plus facile qu’il n’y paraît
De l’extérieur, un pays très attaché aux codes halal et aux plats de viande pourrait sembler peu adapté aux régimes végétariens ou vegans. En réalité, l’Egypte est souvent citée comme l’un des pays les plus faciles à vivre pour un végétarien hors d’Inde, à condition d’apprendre quelques clés.
De nombreux plats traditionnels égyptiens sont naturellement sans viande, comme le koshari, le ful medames, la ta’ameya ou la moussaka végétale. Les périodes de jeûne copte offrent également une riche variété de recettes végétales. La principale vigilance concerne les bouillons à base de viande, le beurre clarifié ou les ajouts mineurs de viande hachée, qu’il est important de signaler lors de la commande.
Les traductions directes “je suis végétarien” ou “je suis vegan” ne sont pas toujours bien comprises dans les quartiers populaires. En revanche, la phrase “ana seyami” (je suis en jeûne/seyam) est immédiatement interprétée comme une contrainte alimentaire stricte sans produits animaux. Elle est donc particulièrement efficace pour obtenir des options vraiment végétales. On peut la compléter par “bidoon lahma, dajaj, samak, bayd, laban” (sans viande, poulet, poisson, œuf, lait).
Les grandes villes comme Le Caire et Alexandrie proposent désormais des restaurants et chaînes modernes offrant des plats véganes adaptés, souvent inspirés de la street-food locale. De plus, certaines agences de visites culinaires et de cours de cuisine, notamment pour les étrangers, peuvent préparer des menus végétariens, véganes, sans gluten ou sans lactose sur demande, à condition de le signaler lors de la réservation.
Pour les expatriés, l’astuce consiste à combiner trois approches : les coins de rue typiques (koshari, ful/falafel), les menus de jeûne chrétien dans les restaurants fréquentés par les coptes, et les adresses modernes tournées vers une clientèle internationale. Avec cela, il devient très simple de manger varié et savoureux sans viande sur la durée.
Epices et ingrédients : comprendre le garde-manger égyptien
Pour un expatrié qui aime cuisiner chez soi, vivre en Egypte est une occasion en or de se plonger dans l’univers des épices. Les souks et marchés spécialisés regorgent de poudres colorées, de graines, de feuilles séchées et de mélanges aux parfums complexes.
Parmi les stars du placard, le cumin domine largement. Il parfume les fèves, le koshari, les soupes, les mezzés et entre dans de nombreux mélanges, dont la fameuse dukkah. La coriandre, sous forme de feuilles fraîches ou de graines moulues, accompagne presque systématiquement les plats à base de molokheya, de lentilles ou de légumes. Le poivre noir est omniprésent, tandis que le piment est souvent ajouté séparément, sous forme de poudre ou de condiments, pour laisser à chacun la liberté de relever son assiette.
La cardamome, très parfumée, est utilisée pour aromatiser le café et rehausser des plats comme la *fatta*. D’autres épices comme le gingembre, la cannelle, les clous de girofle, l’anis, le laurier et le fenugrec sont également fondamentales, notamment dans les ragoûts, les bouillons et les desserts.
Certains ingrédients sont très typés localement. Les graines de nigelle – souvent appelées cumin noir – ont une longue histoire en Egypte, au point d’être surnommées autrefois “l’or des pharaons”. On en trouve dans les pains, certains fromages ou mélanges d’épices, et leur huile est utilisée à la fois en cuisine et en cosmétique traditionnelle. L’hibiscus séché pour le karkadeh, la menthe utilisée dans les thés bédouins ou la salatet el zabadi (salade de yaourt), le sésame sous forme de graines ou de tahini, ou encore les citrons séchés utilisés pour acidifier certains plats, sont d’autres marqueurs forts.
La dukkah est un mélange emblématique composé de graines (sésame, cumin, coriandre, fenouil), de noix (noisettes, amandes, pistaches ou arachides) et d’épices, légèrement grillés puis concassés. Traditionnellement, on trempe un morceau de pain dans de l’huile d’olive puis dans ce condiment. Elle sert aussi de croûte pour les viandes et poissons, ou de finition sur des légumes rôtis, des salades ou des soupes.
Pour les expatriés qui souhaitent constituer une “boîte à épices égyptienne”, il est tentant de faire ses provisions dans les souks. Les marchés de Khan el-Khalili au Caire, ou les échoppes d’Aswan et de Luxor, exposent des sacs entiers de cumin, de coriandre, de curcuma, de paprika, d’hibiscus ou de menthe. On y trouve aussi des mélanges déjà prêts, comme la bohar (un “curry” égyptien) ou des assortiments pour le koshari et la fatta.
Voici un aperçu synthétique de quelques épices phares et de leurs principaux usages culinaires :
| Épice / ingrédient | Saveur dominante | Principales utilisations locales |
|---|---|---|
| Cumin | Terreux, chaud | Ful, koshari, lentilles, dukkah, ragoûts, salades baladi |
| Coriandre (graine) | Citrusy, chaude | Molokheya, tajines, marinades de viande, mélanges d’épices |
| Coriandre fraîche | Herbacée, citronnée | Garniture de soupes, salades, falafels, sauces à l’ail |
| Cardamome | Floral, camphré | Café, plats de riz, fatta, desserts, certains ragoûts |
| Cannelle | Douce, chaude | Desserts (sahlab, basbousa, om ali), certains plats de viande |
| Nigelle (cumin noir) | Poivrée, légèrement amère | Pains, fromages, pickles, usage médicinal |
| Hibiscus | Acidulé, fruité | Infusion karkadeh chaude ou froide |
| Sésame / tahini | Noisetté | Tahina, houmous, sauces, desserts, halawa |
| Menthe | Fraîche, mentholée | Thés, infusions bédouines, salades, boissons citron-menthe |
Faire ses courses : marchés, souks et centres commerciaux
L’un des plaisirs majeurs pour un expatrié amateur de cuisine est d’explorer les marchés locaux. En Egypte, les souks et marchés de quartier sont à la fois des paniers d’ingrédients et des cours de culture à ciel ouvert.
Au Caire, le vieux marché de Bab El-Louk, en plein centre-ville, concentre fruits, légumes, herbes, épices et quelques stands de snacks. Dans les quartiers plus populaires, d’autres marchés alimentaires se déploient sur plusieurs rues, avec boucheries, poissonneries, vendeurs de fromage, stands de pain et étals de fruits sec. Les souks spécialisés d’Islamic Cairo, comme ceux autour de Khan el-Khalili, mettent davantage l’accent sur les épices, les souvenirs et l’artisanat, mais permettent aussi d’acheter du thé, de l’hibiscus, des graines et des mélanges maison.
Pour un expatrié, il est conseillé de visiter les marchés le matin, lorsque les produits sont les plus frais et que la chaleur est encore supportable, ou en fin d’après-midi et début de soirée pour profiter de l’ambiance sans subir les fortes chaleurs. Il est préférable d’éviter la plage horaire entre midi et 15h, où la combinaison de la foule et des températures élevées peut être particulièrement éprouvante, surtout en début de séjour.
La négociation – le bargaining – fait partie du jeu, surtout pour les épices, les souvenirs, les textiles. Il est d’usage de proposer un prix inférieur à celui annoncé et de se rapprocher progressivement d’un compromis, toujours avec le sourire. Pour les produits de première nécessité (fruits, légumes, pain), la marge de négociation est souvent plus réduite, mais les prix restent très accessibles.
Dans les principales destinations, les marchés offrent un mélange d’articles du quotidien pour les habitants et de souvenirs pour les visiteurs, créant une atmosphère vivante et authentique.
Boutiques spécialisées proposant de l’albâtre, du bois sculpté, des textiles et des poteries, typiques de l’artisanat local.
Étals le long du Nil ou dans les marchés, offrant des plats comme le shawarma et des mezzés, pour une expérience culinaire rapide et savoureuse.
Les expatriés qui préfèrent un environnement plus occidental se tourneront vers les grands centres commerciaux modernes, en particulier au Caire et dans les grandes villes : Citystars, Cairo Festival City Mall, Mall of Egypt, Mall of Arabia, et d’autres. On y trouve des supermarchés bien fournis, des enseignes internationales de prêt-à-porter et de restauration, mais aussi des restaurants égyptiens “hybrides” qui réinterprètent la cuisine locale dans un cadre plus standardisé. Certains complexes, comme ceux de New Cairo, disposent de marchés couverts de produits frais qui permettent de faire ses courses “à l’européenne” tout en cuisinant égyptien.
Sécurité, santé et intégration : ce que la nourriture dit de la société
Vivre la gastronomie égyptienne, ce n’est pas seulement manger différemment, c’est aussi apprendre à naviguer dans un autre rapport à la sécurité, à la santé et à la sociabilité.
Sur le plan strictement sécuritaire, l’Egypte est considérée comme globalement sûre pour les visiteurs et résidents dans les grands centres touristiques ou urbains comme Le Caire, Gizeh, Luxor, Aswan ou la plupart des stations balnéaires. Les conseils standard restent valables : prudence avec les pickpockets dans les zones très fréquentées, éviter les ruelles désertes la nuit, garder un œil sur ses affaires dans les marchés bondés.
La gastronomie sert en quelque sorte de passerelle culturelle. Partager un plat de koshari dans une cantine populaire, accepter une invitation à un iftar pendant le Ramadan, discuter épices avec un vendeur de souk, ou simplement se laisser expliquer par un collègue les subtilités entre une bonne et une mauvaise molokheya, sont autant de moments qui accélèrent l’intégration. L’hospitalité culinaire égyptienne est difficile à surestimer : nombreux sont les expatriés qui racontent s’être sentis ‘adoptés’ autour d’un plat.
L’expérience des expatriés en Égypte
Pour la santé, l’essentiel tient à quelques réflexes simples déjà évoqués : eau en bouteille, préférence pour les aliments bien cuits et servis chauds, prudence avec les crudités et les glaçons, hygiène des mains. A plus long terme, l’abondance de féculents (riz, pâtes, pain) et de fritures peut être un défi si l’on ne veille pas à l’équilibre global de son alimentation. Heureusement, les marchés débordent de fruits et de légumes frais, et la tradition des salades baladi et des plats de légumes mijotés offre des contrepoids appréciables.
Pour faciliter la communication, l’utilisation de quelques mots d’arabe, notamment ceux liés à la nourriture et à la politesse, est très appréciée. Dire « as-salamu alaykum » à l’arrivée, « shukran » au départ, ou « tayyeb giddan » (très bon) après un repas crée des liens immédiats. Pour indiquer un régime vegan, on peut utiliser « ana seyami ». La politesse indirecte est également valorisée : il est préférable d’éviter les refus brusques et d’opter pour des formulations nuancées, y compris à table.
Au fil des mois, la gastronomie devient souvent l’un des souvenirs les plus marquants de la vie d’expatrié en Egypte. Non pas parce qu’elle rivaliserait dans l’imaginaire global avec des destinations comme l’Italie ou la France, mais parce qu’elle combine quelque chose de profondément rassasiant, convivial et généreux. La cuisine de rue, les grandes tablées familiales, les sucreries des fêtes religieuses, les épices des souks et même les discussions infinies sur “où manger le meilleur koshari de la ville” finissent par tisser une toile de fond quotidienne qui ancre durablement.
Pour un expatrié prêt à goûter, questionner, observer et s’adapter, la gastronomie locale devient alors bien plus qu’un plaisir gustatif : un langage d’intégration à part entière, dans lequel chaque plat raconte une histoire de fleuve, de désert, de foi, de famille et de partage.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Égypte, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Égypte pour sa fiscalité avantageuse sur les revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie très inférieur à la France (Le Caire ~50% moins cher que Paris) et un accès facilité aux marchés émergents. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence de longue durée avec achat ou location de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), en maîtrisant les risques de double imposition via la convention FR‑EG et de contrôles fiscaux.
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