L’idée de partir étudier à l’étranger attire de plus en plus d’étudiants francophones. Parmi les destinations classiques – États‑Unis, Canada, Royaume‑Uni – une autre option, souvent sous‑estimée, mérite qu’on s’y attarde sérieusement : étudier en Egypte. Le pays combine universités reconnues, coûts très abordables, offre de programmes en anglais et en français, et un environnement culturel sans équivalent.
Cet article détaille les aspects essentiels des études supérieures en Égypte, incluant le système universitaire, l’accréditation, les procédures d’admission, les coûts, l’obtention du visa, la vie quotidienne, le logement, les possibilités de bourses et les débouchés professionnels.
Un système d’enseignement supérieur structuré et encadré
Le système d’enseignement supérieur égyptien est piloté par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. C’est lui qui supervise les universités, les instituts et la politique d’accueil des étudiants internationaux dans le cadre de l’initiative « Study in Egypt ».
Pour garantir la qualité des formations, une autorité indépendante joue un rôle central : la National Authority for Quality Assurance and Accreditation of Education (NAQAAE). Cette agence nationale est chargée d’évaluer les établissements et leurs programmes, de délivrer l’accréditation et de promouvoir une amélioration continue. Sa mission s’inscrit dans la stratégie Egypt Vision 2030, qui vise un système éducatif performant, équitable et tourné vers le marché du travail.
Un manuel de référence pour l’assurance qualité dans l’enseignement supérieur a été publié en 2004. Il a été élaboré avec l’aide d’un comité national et de consultants britanniques. Cette base permet de structurer des procédures d’évaluation alignées sur les pratiques européennes.
Enfin, le Conseil Suprême des Universités joue un rôle clé pour la reconnaissance des diplômes. C’est la seule autorité compétente pour établir l’équivalence des diplômes étrangers (licence, master, doctorat) et un comité spécialisé examine les demandes au cas par cas.
Un paysage d’établissements très diversifié
L’offre de formation en Egypte ne se limite pas à quelques grandes universités du Caire. On trouve :
L’Égypte dispose d’un système d’enseignement supérieur diversifié, comprenant des établissements publics, privés, internationaux et spécialisés.
27 universités gouvernementales réparties dans tout le pays, telles que l’Université du Caire, d’Alexandrie, d’Ain Shams, de Mansoura, d’Assiut, de Helwan, du Canal de Suez, etc.
Un grand nombre d’établissements comme l’Université Américaine du Caire, l’Université Allemande du Caire, l’Université Britannique en Égypte, l’Université du Futur, l’Université Internationale de Misr, l’Université d’Octobre, l’Université du Nil, Galala, et les nouvelles universités de King Salman et New Mansoura.
Universités créées par lois spéciales ou accords internationaux : Université des Sciences et Technologies de Zewail City, Université Égypto-Japonaise des Sciences et Technologies, ESLSCA, German International University, et l’Université Senghor (francophone).
Implantées en Égypte sous le régime de la loi 162 de 2018. Exemples : Université de Londres, Université de Hertfordshire, Université de l’Île-du-Prince-Édouard, Coventry University, Nova University.
Créées par la loi 72 de 2019 pour former des profils techniques intermédiaires. Exemples : New Cairo Technological University, Delta Technological University, Borg El Arab Technological University.
Plus de 200 instituts dans des domaines variés (ingénierie, commerce, informatique, langues, tourisme, santé appliquée, etc.), ainsi que des facultés technologiques et des instituts techniques de santé.
Cette variété permet de trouver des programmes adaptés à des profils très différents : formation académique classique, cursus professionnalisant court, études technologiques, spécialisation médicale ou ingénierie de pointe.
Qualité académique et reconnaissance internationale
La question qui revient toujours quand on évoque un pays hors du « circuit classique » est celle de la valeur du diplôme. Dans le cas de l’Egypte, les indicateurs sont plutôt rassurants.
Plus de 35 universités égyptiennes sont considérées comme internationalement reconnues, et de nombreuses institutions figurent dans les grands classements mondiaux (QS, Times Higher Education, Shanghai/ARWU).
Un aperçu de quelques grandes universités égyptiennes dans les classements globaux permet de situer le niveau.
Classements internationaux de quelques universités phares
| Université | Classement QS* | Classement THE* | Classement Shanghai* |
|---|---|---|---|
| Cairo University | 371 | 801–1000 | 401–500 |
| Ain Shams University | 801–1000 | 1001+ | 801–900 |
| Alexandria University | 901–1000 | 1001+ | 701–800 |
| Mansoura University | 1201+ | 1001+ | 501–600 |
| Al‑Azhar University | – | 1001+ | – |
– D’après les données 2025 communiquées dans le rapport.
Taux d’insertion professionnelle des diplômés de l’American University in Cairo dans l’année suivant l’obtention du diplôme
Des établissements privés comme la British University in Egypt ou la German University in Cairo s’appuient sur des partenariats solides avec des universités britanniques ou allemandes, parfois avec double diplomation. La BUE, par exemple, est accréditée à la fois par le Supreme Council of Universities égyptien et par la Quality Assurance Agency (QAA) au Royaume‑Uni, ce qui renforce la reconnaissance internationale des diplômes.
Pour les domaines médical et paramédical, les textes soulignent que de nombreux programmes sont alignés sur les standards européens et américains, que les médecins formés en Egypte peuvent se présenter à des examens internationaux (USMLE, PLAB, etc.) et que les diplômes sont reconnus par des instances comme l’ECFMG ou l’OMS.
Une offre de formations très large, du bachelor au doctorat
L’Egypte accueille chaque année des dizaines de milliers d’étudiants internationaux. Dans certaines sources, on évoque plus de 26 000 étudiants étrangers actuellement inscrits, dans d’autres, entre 50 000 et 60 000 arrivées par an si l’on inclut toutes les filières, ce qui donne une idée de l’ampleur du phénomène.
Domaines d’études disponibles
Les étudiants étrangers ont accès à une palette très large de disciplines, tant au niveau licence qu’aux niveaux master et doctorat :
L’Égypte propose un large éventail de formations supérieures dans des secteurs variés, allant des sciences de la santé aux technologies de pointe, en passant par les sciences humaines et les arts.
Médecine, dentisterie, pharmacie, soins infirmiers, santé publique et sciences de la santé appliquées.
Ingénierie (civile, mécanique, électrique…), informatique, IA, cybersécurité, data science, robotique, IoT et cloud computing.
Commerce, économie, gestion, finance, logistique, management de l’innovation et transformation digitale.
Histoire, archéologie, égyptologie, langues, sciences politiques, relations internationales, sociologie et psychologie.
Droit, études islamiques (Al‑Azhar), études de genre, communication, journalisme et médias numériques.
Tourisme et hôtellerie, gestion de l’accueil et guidage touristique.
Sciences de la mer, biotechnologies marines, agronomie et sciences vétérinaires.
Beaux‑arts, arts appliqués, design graphique, cinéma et animation.
Certaines universités ont développé des niches très spécifiques : Zewail City of Science and Technology se positionne sur les nanosciences, la biomedecine et l’ingénierie de l’énergie ; Nile University mise sur la data science et le management technologique ; Ain Shams University propose des programmes en énergies renouvelables ou en égyptologie ; Badr University offre des masters en nutrition clinique ou en sécurité régionale.
Langues d’enseignement
Les cours peuvent être dispensés : les écoles, les universités, les centres de formation, en ligne, en présentiel.
En Égypte, l’enseignement supérieur se déroule principalement en **arabe**, la langue majoritaire. L’**anglais** est de plus en plus courant, notamment dans les filières de médecine, d’ingénierie, de business et d’informatique. Le **français** est parfois utilisé, par exemple à la Senghor University, à l’Université Française d’Égypte, ou dans certains programmes de sciences politiques ou de gestion.
Les exigences linguistiques varient selon l’établissement. Beaucoup d’universités demandent un test d’anglais (IELTS, TOEFL, parfois Duolingo) pour les cursus anglophones. D’autres organisent leurs propres tests de placement (AUC, par exemple). Pour les formations en arabe, une maîtrise suffisante de la langue est nécessaire ; des centres spécialisés comme l’Arabic Language Institute (AUC), Al‑Diwan, Kalimah Center ou d’autres proposent des parcours intensifs.
Conditions d’admission pour les étudiants internationaux
Les procédures d’admission diffèrent selon qu’il s’agit d’une université publique, privée ou nationale, mais l’ossature reste similaire.
Diplômes et moyennes minimales
Pour l’accès en premier cycle (licence/bachelor), il faut :
– Un diplôme d’enseignement secondaire reconnu (baccalauréat, IGCSE/GCSE/A‑Levels, International Baccalaureate, American High School Diploma, Baccalauréat français, Abitur, diplôme canadien, certificat du système Nile, etc.).
– Ne pas détenir la nationalité égyptienne pour candidater en tant qu’étudiant international.
– Atteindre les seuils de moyenne exigés par la filière. Les chiffres ci‑dessous, issus des textes, donnent un ordre de grandeur souvent utilisé par les universités pour les étudiants étrangers :
| Filière (exemples) | Taux minimal indicatif* |
|---|---|
| Médecine, dentisterie, pharmacie | 70–75 % |
| Médecine vétérinaire, ingénierie, kinésithérapie | 65 % |
| Informatique & intelligence artificielle | 65 % |
| Sciences économiques et sciences politiques | 70 % |
| Mass media / communication | 70 % |
| Sciences (général) | 55 % |
| Lettres, commerce, droit, archéologie, etc. | 50 % |
Ces pourcentages varient d’une université à l’autre et selon le degré de concurrence.
Pour les masters, il faut détenir un diplôme de licence ou de bachelor dans un domaine pertinent, généralement avec une mention minimale (« Good » ou « Very Good » dans la terminologie égyptienne). Pour les doctorats, un master est requis.
Certaines filières très demandées (médecine, ingénierie, pharmacie) peuvent imposer des tests d’aptitude ou des examens d’entrée spécifiques.
Dossier de candidature
La liste exacte dépend de l’université, mais les documents suivants reviennent systématiquement :
Pour s’inscrire dans une université égyptienne, il est impératif de préparer un dossier complet comprenant : le passeport original et une copie, des photos d’identité récentes sur fond blanc, l’acte de naissance, ainsi que les diplômes et relevés de notes du secondaire (ou universitaires pour un master/doctorat). Certains systèmes exigent un justificatif de 12 années de scolarité. Une attestation d’équivalence du Conseil Suprême des Universités peut être requise. Il faut également fournir un certificat médical (parfois avec test VIH/SIDA), un casier judiciaire, une preuve d’assurance santé, des justificatifs financiers (relevés bancaires ou attestation de prise en charge), et pour les cycles supérieurs, une lettre de motivation, un CV et des lettres de recommandation.
Tous les documents académiques étrangers doivent être légalisés (apostille ou circuit consulat/Ministère des Affaires étrangères) et parfois traduits en arabe par un traducteur assermenté. Cette étape peut prendre 4 à 6 semaines.
Procédure : portails en ligne et « Study in Egypt »
Pour les universités publiques, l’admission se fait en grande partie via des systèmes centralisés :
Différents systèmes en ligne pour gérer les candidatures et inscriptions dans l’enseignement supérieur en Égypte.
Portail principal pour les admissions dans la majorité des universités publiques égyptiennes.
Système de coordination central pour les candidats égyptiens et certains candidats étrangers.
Portail dédié aux universités nationales comme King Salman, Galala et New Mansoura.
Les universités privées, elles, disposent quasi toutes de portails d’admission en ligne. Le processus se déroule souvent en deux phases :
1. Acceptation conditionnelle : envoi des scans des diplômes, paiement de frais de dossier (50 à 200 USD en général), choix de la filière ; l’université émet une lettre d’acceptation préliminaire. 2. Acceptation finale : envoi des originaux légalisés, vérification des conditions, règlement des frais initiaux ; l’université délivre alors la lettre officielle indispensable pour le visa étudiant.
Les délais typiques de décision vont de 4 à 8 semaines après la clôture des candidatures, les universités privées étant souvent plus rapides.
Calendrier type
On retrouve un schéma récurrent pour les rentrées d’automne :
– Octobre – février : ouverture des candidatures pour l’année suivante dans beaucoup d’universités (publiques et nationales).
– Mars – mai : recherche approfondie des programmes, préparation du dossier.
– Mai – juillet : dépôt des candidatures et des dossiers d’équivalence si nécessaire.
– Août : réception des lettres d’acceptation, préparation et dépôt des demandes de visa.
– Septembre/octobre : rentrée principale ; certaines universités offrent une rentrée de printemps (février/mars).
Combien coûtent les études en Egypte ?
Le facteur financier est l’un des principaux arguments en faveur de l’Egypte. Le pays figure parmi les destinations où l’on peut obtenir un diplôme reconnu pour une fraction du coût pratiqué en Amérique du Nord ou en Europe occidentale.
Frais de scolarité : publics vs privés
Les données du rapport permettent d’établir des fourchettes assez précises pour les étudiants internationaux.
Universités publiques
– Frais d’inscription initiaux pour étudiants étrangers : autour de 1 500 USD.
– Frais annuels de scolarité : en général 1 500 à 6 000 USD selon le domaine.
Une synthèse des coûts annuels indicatifs par domaine dans les universités publiques ressort ainsi :
| Domaine / Filière | Frais annuels approximatifs (USD) |
|---|---|
| Médecine, dentisterie | ≈ 6 000 |
| Pharmacie, ingénierie, informatique, kinésithérapie | 5 000 – 5 500 |
| Vétérinaire, agriculture, sciences, soins infirmiers | 4 000 – 5 000 |
| Commerce, éducation, langues, sciences politiques, médias… | 3 000 – 5 500 |
| Sciences de la santé (autres) | ≈ 4 000 |
Ces chiffres restent des ordres de grandeur, chaque université annonçant ses grilles détaillées.
Universités privées et internationales
Les frais y sont plus élevés, mais l’infrastructure et l’encadrement sont souvent comparables à des standards occidentaux :
Le coût annuel des études dans une université privée classique en Égypte, en dollars US, varie selon la filière.
Coût de la vie : un argument décisif
L’autre bonne nouvelle tient au coût de la vie, très inférieur à celui de la plupart des pays occidentaux. D’après plusieurs sources agrégées :
– L’Egypte est classée 177e sur 197 pour le coût de la vie (très bas).
– Le coût de la vie est :
– environ 65 % plus bas qu’aux États‑Unis,
– environ 86 % plus bas qu’au Royaume‑Uni,
– clairement inférieur à celui de pays comme l’Afrique du Sud, le Canada, le Nigeria, l’Arabie saoudite ou les Philippines.
– Le Caire est souvent cité comme l’une des villes les moins chères du monde (parfois 2e sur une liste d’environ 127 métropoles).
Les estimations pour un étudiant étranger oscillent autour de 400 à 600 USD par mois pour vivre correctement (hors frais universitaires), et 170 à 320 USD par mois pour un budget plus serré, hors loyer dans certains calculs.
Logement : l’essentiel des dépenses
Le poste logement dépend beaucoup du quartier et du type de logement.
Les résidences universitaires publiques sont les plus économiques (50-150 USD/mois pour un lit partagé). Pour un studio ou une colocation, prévoir un budget de 100 à plus de 300 USD/mois, selon le quartier (Zamalek, New Cairo, etc.).
Quelques repères donnés dans le rapport :
| Type de logement (mensuel) | Coût moyen (EGP) | Coût moyen (USD, approx.) |
|---|---|---|
| 1 chambre centre‑ville | 7 500 – 10 500 | 160 – 210 |
| 1 chambre hors centre | 4 700 – 7 400 | 100 – 150 |
| 3 chambres centre‑ville | 13 000 – 22 000+ | 270 – 450 |
| 3 chambres hors centre | 9 500 – 14 000 | 200 – 300 |
Un étudiant en colocation peut donc envisager un budget logement autour de 100–200 USD mensuels dans de nombreuses configurations.
Autres dépenses courantes
– Nourriture : en cuisinant chez soi et en fréquentant les restaurants locaux, un budget de 100 à 200 USD par mois est réaliste. Un repas simple peut coûter l’équivalent de 2 à 5 USD.
– Transports : le métro au Caire et les bus restent très abordables ; un pass mensuel tourne autour de 11 EUR / 300–500 EGP. Un trajet Uber d’une vingtaine de minutes coûte environ 150 EGP (3 USD).
– Services : électricité, eau, gaz, internet, téléphone mobile : en moyenne 50 à 80 USD par mois au total, selon la consommation.
Une estimation souvent citée pour un budget étudiant sobre mais raisonnable est la suivante :
| Poste | Budget mensuel indicatif (USD) |
|---|---|
| Loyer (colocation) | 150 – 250 |
| Nourriture | 100 – 200 |
| Transports | 20 – 40 |
| Internet & téléphone | 10 – 30 |
| Divers (santé, loisirs, livres) | 50 – 100 |
Soit un total d’environ 330 à 600 USD par mois, à ajuster selon le style de vie.
Visa étudiant et titre de séjour : comment procéder ?
Le régime des visas en Egypte a une particularité importante : dans la plupart des cas, le visa étudiant n’est pas délivré directement depuis l’étranger.
Entrée dans le pays
La voie habituelle consiste à : participer activement aux processus établis, suivre les procédures et respecter les normes en vigueur.
1. Entrer en Egypte avec un visa touristique (e‑visa, visa à l’arrivée pour les nationalités éligibles, ou visa obtenu au consulat). 2. Une fois sur place, convertir ce statut en permis de séjour étudiant auprès des services d’immigration, avec l’aide de l’université.
Les documents généralement exigés pour ce titre de séjour étudiant incluent :
Pour constituer votre dossier, vous devez fournir : un passeport valable au moins 6 à 7 mois, la lettre d’acceptation officielle de l’université, une preuve de paiement des frais de scolarité (au minimum un acompte), un certificat médical (incluant souvent un test VIH), des justificatifs financiers comme des relevés bancaires, le formulaire de demande de résidence étudiante dûment rempli et des photos d’identité.
Les frais pour la délivrance ou le renouvellement du permis étudiant tournent autour de 2 090 EGP (tarif cité pour plusieurs titres).
C’est la durée en semaines du traitement d’une demande de permis de séjour étudiant, période pendant laquelle le passeport peut être retenu.
Points de vigilance
– Les délais pour les nationalités soumises à « pré‑approbation » (plusieurs pays africains et asiatiques) sont plus longs ; ils impliquent un examen en amont par l’ambassade ou le consulat.
– Certaines nationalités arabes (Émirats, Bahreïn, Koweït, Oman, Jordanie, Arabie saoudite) bénéficient de régimes de séjour sans visa de 3 mois pour les courtes durées.
– Il est fortement conseillé de ne pas réserver définitivement un billet non échangeable tant que l’acceptation et le cadre du visa ne sont pas clarifiés.
Se loger en Egypte : dortoir, famille d’accueil ou appartement ?
Le logement façonne énormément l’expérience d’études à l’étranger. En Egypte, on retrouve principalement trois options.
1. Résidences universitaires et dortoirs
La plupart des grandes universités publiques et plusieurs institutions privées disposent de résidences étudiantes ou de partenariats avec des résidences proches du campus.
– Chambres souvent partagées (deux étudiants par chambre).
– Espaces communs : cuisines, salles d’étude, salles de loisirs, buanderies.
– En général, utilities (eau, électricité, internet) incluses.
– Règles précises concernant les visites, le bruit, parfois des couvre‑feux, et souvent non‑mixité des bâtiments (bâtiments séparés pour hommes et femmes).
– Proximité immédiate des cours et de la vie du campus ; sentiment de communauté très fort.
L’Office of Residential Life de l’American University in Cairo illustre un niveau élevé de confort pour les étudiants. Les résidences offrent des chambres ou appartements meublés avec climatisation, un accès Wi‑Fi haut débit et des services de nettoyage. Les espaces communs sont modernes, et la proximité avec des supermarchés et restaurants complète ces aménagements.
2. Famille d’accueil (homestay)
Certaines écoles de langue et quelques programmes universitaires proposent des séjours en famille égyptienne. C’est une formule très intéressante pour :
– pratiquer l’arabe au quotidien,
– découvrir de l’intérieur les habitudes locales (repas, fêtes, codes sociaux),
– bénéficier d’un réseau social local (voisins, cousins, amis de la famille).
En contrepartie, il faut accepter :
– un niveau d’intimité plus limité (on vit chez quelqu’un, avec ses règles),
– des horaires de repas ou de sortie éventuellement plus stricts,
– d’éventuelles barrières de langue au début.
De nombreux témoignages insistent sur la nécessité d’une bonne communication sur les attentes des deux côtés (allergies alimentaires, pratiques religieuses, horaires, visites d’amis, etc.) pour que l’expérience soit positive.
3. Appartement ou colocation
La solution la plus indépendante reste la location d’un appartement, seul ou en colocation, en particulier dans des quartiers appréciés des étudiants et expatriés comme Nasr City, Maadi, Dokki, Zamalek, Mohandessin, New Cairo ou 6th of October.
Des agences locales et certains centres, comme le Qortoba Institute, International House Cairo, ou des structures telles qu’AuthenticallyAb, accompagnent les étudiants dans leurs démarches de recherche.
– Appartements généralement meublés, avec cuisine équipée.
– Contrats souvent d’un an, avec dépôt de garantie (souvent l’équivalent d’un à deux mois de loyer) et parfois commission d’agence (parfois un demi‑mois ou un mois de loyer).
– Possibilité de colocation entre étudiants internationaux, ou de partager avec des étudiants égyptiens pour une immersion plus forte.
Un appartement correct de 2 ou 3 chambres proche d’un grand centre universitaire peut coûter entre 400 et 650 USD par mois, à partager à plusieurs. En colocation, un étudiant peut parfois se limiter à 150–250 USD pour le loyer.
Bourses d’études et financements disponibles
Étudier en Egypte est déjà relativement abordable, mais il existe de nombreuses opportunités de bourses, notamment pour les étudiants étrangers issus de pays en développement ou de régions stratégiques (Afrique, Moyen‑Orient, etc.).
Bourses gouvernementales égyptiennes et africaines
Le Ministère égyptien de l’Enseignement supérieur et le secteur des Affaires culturelles et Missions offrent des bourses entièrement financées pour des étudiants étrangers, avec un accent particulier sur les pays africains. Ces bourses peuvent couvrir :
– les frais de scolarité,
– le logement,
– une allocation de subsistance,
– parfois l’assurance santé et les billets d’avion.
Certains programmes de bourses, comme la Nasser Scholarship pour les étudiants en ingénierie et les Government of Egypt Scholarships, sont spécifiquement conçus pour les étudiants originaires de pays en développement.
Bourses des universités
Plusieurs universités égyptiennes proposent leurs propres dispositifs :
Aperçu des principales opportunités de financement pour les études de master et de doctorat offertes par les universités égyptiennes.
Propose de nombreuses bourses (graduate fellowships), financées par des donateurs. Programmes spécifiques comme la Tomorrow’s Leaders Graduate Fellowship et des bourses en égyptologie.
Offre des schémas de bourses de master pour ses employés, leurs familles et ses diplômés, sous condition de performance académique (ex. : maintien d’une moyenne d’au moins 75 %).
Cairo University, Ain Shams, Alexandria University, Mansoura University et autres proposent divers programmes de bourses via des partenariats internationaux ou des conventions bilatérales.
Bourses internationales et programmes d’échange
En parallèle, un étudiant peut bénéficier de bourses d’organismes étrangers pour financer une mobilité en Egypte (ou l’inverse) :
– Islamic Development Bank (IsDB), Sawiris Foundation, Rotary Foundation Global Scholarships, Aga Khan Foundation.
– Programmes européens Erasmus+ pour des échanges de un ou deux semestres.
– Bourses ciblées pour les études de langue arabe, d’archéologie ou d’islamologie via des institutions de recherche (American Research Center in Egypt, par exemple).
Les plateformes comme Studyportals recensent des dizaines de bourses applicables à l’Egypte pour des niveaux bachelor et master.
Vie étudiante et quotidien en Egypte
Au‑delà des chiffres, l’attractivité de l’Egypte tient aussi à la qualité de vie étudiante et au cadre culturel.
Un environnement culturel unique
Étudier en Egypte, c’est évoluer au milieu de :
– sites archéologiques mondialement connus (pyramides de Gizeh, Vallée des Rois, Karnak, Louxor, Abou Simbel),
– musées majeurs (Musée égyptien du Caire, musées d’Alexandrie…),
– une vie urbaine foisonnante au Caire, avec ses cafés, galeries, concerts, cinémas, bazars (Khan el‑Khalili),
– un mélange d’influences africaines, arabes et méditerranéennes.
Pour les étudiants en langue arabe, islamologie, égyptologie ou histoire, le pays constitue un terrain d’étude exceptionnel. Pour tous les autres, il offre un environnement stimulant, propice à un choc culturel positif et à une rare ouverture d’esprit.
Sécurité, santé et cadre de vie
Les informations de sécurité doivent être lues avec nuance. Sur le plan statistique, certaines institutions américaines recommandent de « reconsidérer » les voyages pour des raisons de risque terroriste ou de criminalité, en particulier dans certaines zones (Nord‑Sinaï, désert occidental, zones frontalières). Toutefois, les grandes villes universitaires comme Le Caire, Alexandrie, Mansoura, Assiout sont généralement décrites comme sûres pour les étudiants étrangers, avec des services hospitaliers de niveau correct, surtout dans les hôpitaux universitaires et privés.
Quelques points de bon sens :
Pour un voyage sécurisé, il est essentiel d’éviter les zones déconseillées par les ambassades, de privilégier les transports officiels (comme Uber, Careem ou des compagnies de taxis reconnues), de respecter les codes vestimentaires et sociaux locaux (particulièrement important pour les femmes) et de souscrire une assurance santé internationale couvrant les urgences.
Le climat est globalement chaud et sec, avec des étés très chauds (souvent au‑delà de 38 °C au Caire en juillet/août), peu de pluie, et un ensoleillement quasi permanent.
Activités et réseaux étudiants
Les universités égyptiennes offrent de nombreux services aux étudiants internationaux :
– bureaux d’accueil dédiés (International Student Office, Central Department for Foreign Student Affairs),
– activités d’intégration, clubs, associations étudiantes,
– accès à des bibliothèques modernes, laboratoires, équipements sportifs,
– accompagnement pour le logement, le visa, parfois l’emploi étudiant ou les stages.
Des organisations externes (consultants éducatifs, agences spécialisées) proposent aussi assistance pour l’inscription, le visa, la recherche de logement et l’intégration.
Débouchés et perspectives après un diplôme égyptien
Se poser la question de l’après est essentiel avant de s’engager dans un parcours à l’étranger.
Reconnaissance et poursuite d’études
Les diplômes des universités égyptiennes reconnues sont acceptés pour l’admission en master ou doctorat dans de nombreuses institutions étrangères, notamment en Europe, Amérique du Nord, pays du Golfe et Afrique. Les textes indiquent explicitement que ces diplômes sont reçus pour :
– des emplois dans les pays du Golfe,
– des poursuites d’études en Europe et en Amérique du Nord,
– des postes académiques ou de recherche en Afrique.
Pour les disciplines médicales, beaucoup de diplômés passent des équivalences (USMLE, PLAB, etc.) et rejoignent des systèmes de santé en Amérique du Nord, en Europe ou au Moyen‑Orient.
Marché du travail local et régional
L’Egypte dispose d’une économie en développement avec d’importants besoins en :
– ingénieurs (construction, énergie, environnement, robotique, etc.),
– spécialistes IT, cybersécurité, data science, cloud,
– professionnels de la santé,
– experts en tourisme, hôtellerie, logistique.
Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) est particulièrement dynamique :
– croissance annuelle à deux chiffres,
– contribution en hausse au PIB,
– projection de forte augmentation du nombre de spécialistes TIC d’ici 2026,
– développement des services d’externalisation (BPO, centres de services partagés, développement logiciel), avec l’Egypte classée très bien dans les indices de confiance en l’outsourcing.
Les salaires restent modestes selon les standards occidentaux, mais la compétitivité du coût de la vie compense en partie pour ceux qui travaillent sur place, et les diplômés les plus qualifiés peuvent viser des positions bien rémunérées dans les filières technologiques ou à l’étranger.
Comment préparer concrètement un projet d’études en Egypte ?
Pour un étudiant francophone qui envisage de partir étudier en Egypte, une démarche progressive et structurée est recommandée.
Pour réussir son projet d’études en Égypte, il est essentiel de suivre un processus structuré. Il faut d’abord clarifier son objectif académique (formation initiale, spécialisation, séjour linguistique). Ensuite, identifier les établissements pertinents (universités publiques, privées, internationales ou francophones) et vérifier leur reconnaissance par le Ministère égyptien et les possibilités d’équivalence. Une analyse détaillée des coûts et des bourses disponibles est nécessaire, suivie de la préparation minutieuse du dossier (diplômes légalisés, tests de langue, lettres). La candidature doit être effectuée dans les délais via les portails dédiés, et il faut anticiper les aspects pratiques comme le logement, l’assurance santé et la procédure de visa.
En suivant ces étapes méthodiquement, l’Egypte devient une option réelle et solide pour un projet d’études supérieures à l’étranger, que l’on vise un cursus en médecine, en ingénierie, en sciences politiques, en égyptologie ou en informatique.
—
Poursuivre des études supérieures en Egypte, c’est donc combiner :
– un diplôme reconnu, soutenu par une structure d’accréditation nationale,
– des frais d’études et un coût de vie très inférieurs à ceux des pays occidentaux,
– une expérience culturelle et linguistique d’une richesse inégalée,
– des perspectives de poursuite d’études et de carrière dans plusieurs régions du monde.
Pour les étudiants francophones prêts à sortir des sentiers battus, à s’immerger dans un autre univers et à gérer quelques complexités administratives supplémentaires, l’Egypte peut devenir bien plus qu’un simple pays d’accueil : un véritable tremplin académique et professionnel.
Un retraité de 62 ans, avec plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Égypte, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Égypte pour sa fiscalité modérée, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie très bas (Le Caire ~50 % moins cher que Paris) et une bonne connectivité aérienne avec la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour longue durée via l’achat d’un bien résidentiel, coordination CNAS/CPAM et conventions bilatérales, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, immobilier) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), en tenant compte du risque de double imposition via la convention FR‑EG et du contexte local (change, blocage de capitaux, adaptation culturelle).
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