La sécurité en Égypte : réussir son expatriation en toute sérénité

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Egypte peut être à la fois excitant et déroutant. Entre le tumulte du Caire, les plages de la mer Rouge, un coût de la vie attractif et un contexte politique parfois tendu, la question de la sécurité revient systématiquement chez les futurs expatriés. Le pays accueille chaque année plus de 11 millions de visiteurs et une communauté étrangère croissante, mais il fait aussi l’objet d’avertissements de la part de plusieurs gouvernements occidentaux.

Bon à savoir :

Pour une expatriation réussie, il ne s’agit pas de trouver un pays sans risque, mais de bien comprendre les risques spécifiques. Cela inclut de se renseigner sur les quartiers où vivre, les moyens de transport, l’accès aux soins, les arnaques courantes et les codes sociaux et culturels pour mieux s’intégrer.

Comprendre le niveau de sécurité en Egypte

L’image de l’Egypte oscille souvent entre cartes postales de croisières sur le Nil et gros titres sur le terrorisme. La réalité se situe entre les deux. Sur le plan statistique, le pays est loin d’être un « Etat failli », mais il n’est pas non plus un modèle de stabilité.

Les grands indicateurs internationaux montrent un pays « moyen » en matière de sûreté et de paix, plutôt comparable à de nombreuses destinations touristiques déjà bien connues.

Voici une synthèse de quelques classements récents :

Indicateur / SourceRang / Score (Egypte)Lecture rapide
Numbeo – classement sécurité (146 pays)69ᵉDevant la Suède, l’Australie et les Etats‑Unis
Global Peace Index (163 pays)107ᵉPays de « milieu de tableau », ni en guerre ni pacifique
Global Finance – pays les plus sûrs (134)65ᵉDevant la Pologne, l’Italie et les Etats‑Unis
GeoSure (Le Caire – vol)67/100 (risque de vol)Risque modéré pour les petits délits
GeoSure (Le Caire – libertés de base)16/100Libertés publiques limitées

Les crimes violents visant les étrangers restent rares, et les principales menaces qui pèsent au quotidien sur les expatriés sont plutôt les petits vols, les arnaques, les risques routiers et, pour les femmes, le harcèlement sexuel. Les zones touristiques majeures comme Le Caire, Louxor, Assouan ou les stations balnéaires de la mer Rouge sont fortement sécurisées, avec une présence visible de police et d’armée, ainsi qu’une police du tourisme dédiée.

Attention :

Plusieurs gouvernements occidentaux (États‑Unis, Canada, Royaume‑Uni, Australie) recommandent une grande prudence pour les voyages en Égypte. Ils déconseillent ou interdisent formellement de se rendre dans certaines régions jugées à risque : le Nord‑Sinaï, le désert occidental près de la Libye et les zones frontalières sensibles.

Pour un expatrié, cela signifie que la sécurité est très variable selon les régions et même d’un quartier à l’autre. Une expatriation sereine suppose donc des choix géographiques réfléchis.

Où vivre en toute sécurité : cartographie des quartiers et régions

Le choix du quartier conditionne largement le sentiment de sécurité, le confort du quotidien et la capacité à s’intégrer. Le Caire concentre la plupart des opportunités professionnelles et la plus grande communauté expatriée, mais d’autres villes comme Alexandrie ou Hurghada accueillent également un nombre croissant d’étrangers.

Les grands équilibres géographiques

Plusieurs zones sont unanimement considérées comme à éviter pour une installation, sauf pour des missions très spécifiques et encadrées : Nord et centre‑Sinaï, bande de 20 à 50 km le long de la frontière libyenne, désert occidental à l’ouest de l’axe Gizeh–Louqsor–Assouan–Abou Simbel. Ces régions sont marquées par la présence de groupes armés, de trafics et parfois de mines non explosées datant de la Seconde Guerre mondiale.

Astuce :

Les grandes villes touristiques et les stations balnéaires en Égypte sont considérées comme globalement sûres, bénéficiant d’un dispositif de sécurité renforcé. Cette priorité nationale à la protection des visiteurs s’applique particulièrement aux destinations telles que Le Caire, Louxor, Assouan, Hurghada et Sharm El Sheikh.

Le Caire : panorama des quartiers pour expatriés

Le Caire est une mégalopole de plus de 9,5 millions d’habitants intra‑muros et plus de 23 millions dans le Grand Caire. La ville est décrite comme surpeuplée, bruyante, polluée, avec des embouteillages chroniques. La moitié de la population vit dans des quartiers informels à l’infrastructure limitée (voirie, ramassage des déchets, transports). Dans ce contexte, certains quartiers se détachent clairement pour leur niveau de sécurité et de confort.

Voici une grille de lecture utile pour un futur expatrié :

Quartier / ZoneProfil et ambianceSécurité et public expatriéLimites principales
ZamalekIle dans le Nil, quartier huppé, artistique, nombreux cafés, ambassadesTrès sécurisé, idéal pour solos et familles, populaire auprès des diplomatesBruit et embouteillages, loyers élevés
MaadiBanlieue sud, « oasis verte », rues arborées, ambiance villageConsidéré comme très sûr, grand classique des familles expatriéesEloigné du centre, trajets longs vers les sites touristiques
New Cairo (Tagamoa el Khames)Ville nouvelle à l’est, compounds fermés, centres commerciaux, écoles privéesEnclaves sécurisées, style de vie très « occidental », calmeNécessité de voiture, peu de vie de rue, peu de culture locale
6ᵉ d’Octobre / Sheikh ZayedVille nouvelle à l’ouest, zones résidentielles et technologiquesQuartiers propres, moins pollués et perçus comme sûrsTrès éloigné, dépendance totale à la voiture
Garden CityQuartier chic en bord de Nil, proche du centreTrès calme, nombreux hôtels et ambassades, sécurité renforcéePeu de commerces de proximité et de vie nocturne
HéliopolisQuartier historique à l’est, proche de l’aéroportRelativement moins dense, plus vert que le centreA connu par le passé des épisodes de tensions et manifestations
Centre‑ville (Downtown)Coeur historique, animé, boutiques, rues poussiéreusesVivant mais plus de harcèlement, pas idéal pour femmes seulesBruit, pollution, petites arnaques fréquentes
Mohandiseen / Dokki / AgouzaGros pôles résidentiels et commerciaux de GizehAuthentique, très local, mais congestionné et peu vertCirculation infernale, peu d’espaces verts
Gizeh – zone des PyramidesQuartiers populaires autour du plateau de GizehSéjour possible uniquement dans des hôtels très haut de gammeInsécurité relative, nombreuses arnaques, très loin du centre

Zamalek offre une atmosphère quasi européenne, avec une présence policière renforcée liée aux ambassades et une grande marche à pied possible. Les expatriées solo y signalent un sentiment de sécurité nettement supérieur à celui du centre‑ville. Maadi, plus résidentiel et verdoyant, est souvent décrit comme un village dans la ville, idéal pour les familles et celles et ceux qui privilégient la tranquillité à la proximité immédiate des musées.

Exemple :

Les villes nouvelles comme le Nouveau Caire et la 6ᵉ d’Octobre illustrent le concept de sécurité par l’enfermement via les « gated communities ». Des compounds tels que Madinaty, Rehab, Mivida, Katameya Heights ou Dream Land fonctionnent comme des bulles autonomes et ultra-sécurisées, dotées de gardiennage, d’équipements privés (clubs sportifs, écoles internationales, centres commerciaux, parcs, cliniques). Cette forme d’urbanisme offre un cadre de vie protégé mais crée également une disconnection sociale et spatiale avec le Caire historique et traditionnel.

Autres villes et stations balnéaires

Pour les expatriés qui travaillent dans le tourisme, la plongée ou l’hôtellerie, des villes comme Hurghada, Sharm El Sheikh ou Dahab sont des bases populaires. Elles combinent une forte sécurité (checkpoints, périmètres contrôlés autour des resorts) et un mode de vie plus détendu, où le code vestimentaire est moins strict à l’intérieur des complexes hôteliers.

Dans une autre logique, Alexandrie attire des expatriés qui recherchent une grande ville plus « relax » que le Caire, en bord de Méditerranée. Si la ville reste conservatrice par endroits, les témoignages de femmes voyageant seules y décrivent un environnement plutôt sûr et gérable, avec les mêmes précautions de base qu’ailleurs.

Sécurité au quotidien : criminalité, arnaques et harcèlement

La plupart des expatriés en Egypte ne sont pas confrontés à des crimes violents, mais doivent s’habituer à trois réalités : la petite délinquance opportuniste, l’omniprésence des arnaques dans les zones touristiques, et, pour les femmes, un niveau de harcèlement élevé.

Criminalité et risques courants

Les données disponibles décrivent un niveau de criminalité globalement modéré, avec une probabilité faible d’agressions violentes. Les vols à la tire, sacs arrachés et pickpockets se concentrent dans les lieux habituels : bazars, transports en commun bondés, grands sites touristiques, quartiers très fréquentés comme le centre‑ville du Caire ou les marchés de Louxor.

Les arnaques sont en revanche omniprésentes dans tout ce qui concerne les transports, le shopping et certains services. Elles ne relèvent pas de la criminalité organisée, mais exploitent l’écart de richesse entre locaux et étrangers, et la méconnaissance du contexte par les nouveaux arrivants.

Panorama des arnaques les plus fréquentes

Les expatriés et voyageurs réguliers décrivent une série de scénarios récurrents, que l’on retrouve aussi bien au Caire qu’à Gizeh, Louxor, Assouan ou sur la côte de la mer Rouge.

Attention :

À la sortie des aéroports ou gares, certains chauffeurs proposent des tarifs exorbitants (jusqu’à 4 fois le prix normal), demandent d’annuler la course dans l’application pour un paiement en liquide plus élevé, ou prétendent à tort que les transports publics ne fonctionnent pas pour imposer leurs services.

Autour des sites touristiques, des individus se font passer pour des guides officiels, des contrôleurs de billets ou des « gardiens de monument » arborant des badges plus ou moins crédibles. Ils expliquent que le ticket n’est pas le bon, que l’accès à tel point de vue nécessite un supplément, ou se glissent dans les photos pour réclamer un pourboire ensuite.

Les balades à cheval ou à dos de chameau posent un vrai problème de transparence tarifaire. Il n’est pas rare qu’un prix très bas soit annoncé au départ, puis qu’une fois en selle le propriétaire explique que le montant convenu était « par personne » ou « par photo », et demande une somme bien plus élevée en menaçant implicitement de ne pas laisser descendre tant que le paiement n’est pas fait.

Bon à savoir :

Dans les commerces locaux, la négociation est courante, mais soyez vigilant face à certaines pratiques trompeuses. Certains vendeurs annoncent un prix sans préciser la devise (ex. « 10 ») pour ensuite affirmer qu’il s’agissait de dollars ou d’euros, et non de livres égyptiennes. D’autres peuvent substituer un billet de 200 livres par un billet de 20 et accuser le client de sous-paiement. Vérifiez toujours la devise mentionnée et les billets que vous rendez.

Dans les restaurants et hôtels, les additions peuvent gonfler discrètement, avec des articles non commandés ajoutés, ou des « cadeaux » soudain facturés à la fin. Dans les laveries d’hôtel ou pour des services « maison », l’absence de tarification préalable donne parfois lieu à des montants disproportionnés.

Les grandes lignes pour réduire ces risques tiennent en quelques principes simples : toujours demander le prix avant, clarifier si c’est un prix global ou par personne, vérifier systématiquement la monnaie rendue, refuser les services présentés comme « gratuits », et acheter billets et prestations directement auprès des guichets ou plateformes officiels.

Harcèlement sexuel et sécurité des femmes

L’un des aspects les plus sensibles de la sécurité en Egypte concerne la situation des femmes, locales comme étrangères. Plusieurs études menées avant et après 2010 indiquent un niveau de harcèlement extrêmement élevé. Une enquête citée, menée par un organisme lié à l’ONU, faisait état de plus de 99 % des Egyptiennes ayant subi une forme de harcèlement au cours de leur vie. Une autre, de l’Egyptian Center for Women’s Rights, évoquait 98 % des étrangères et 83 % des femmes égyptiennes concernées.

Bon à savoir :

Le harcèlement, fréquent en Égypte, se manifeste par des regards insistants, des sifflements, des commentaires sexuels, des filatures et parfois des attouchements dans les lieux publics. Lors des manifestations politiques, le risque d’agressions graves augmente significativement. C’est pourquoi de nombreux gouvernements mentionnent explicitement cette problématique dans leurs conseils de sécurité concernant le pays.

Depuis 2014, le harcèlement sexuel est pénalisé par la loi, et les sanctions ont été durcies à plusieurs reprises. Des campagnes publiques encouragent les femmes à porter plainte. Des cliniques spécialisées ont été créées pour accompagner les victimes d’agressions sexuelles. Mais dans les faits, beaucoup préfèrent ignorer les incidents légers et éviter la confrontation directe avec les harceleurs, le rapport de force et les normes sociales jouant rarement en faveur des femmes.

Pour les expatriées, plusieurs stratégies augmentent la sérénité au quotidien : adopter une tenue modeste (épaules, poitrine et genoux couverts), éviter les déplacements à pied seules la nuit dans les zones mal éclairées, privilégier les voitures Uber ou Careem plutôt que les taxis de rue, s’installer dans les wagons réservés aux femmes dans le métro du Caire, rester au milieu des foules et proches des familles dans les lieux très fréquentés, et ne pas hésiter à se réfugier dans un commerce ou à demander de l’aide en cas de situation menaçante.

Se déplacer en sécurité : routes, transports publics et taxis

La sécurité routière est probablement l’un des points les plus délicats pour un expatrié. L’Egypte fait partie des pays où le taux d’accidents de la route est particulièrement élevé. Les règles sont souvent ignorées, la signalisation aléatoire, et il est courant de croiser des véhicules à contre‑sens, des piétons ou des animaux sur les axes rapides.

Circulation et conduite

Conduire soi‑même en Egypte nécessite un solide sang‑froid et une excellente maîtrise de la conduite en environnement chaotique. Les locations de voiture existent, mais ne sont généralement recommandées qu’aux conducteurs très expérimentés dans ce type de contexte. En ville, les embouteillages limitent parfois le danger par une vitesse réduite, mais rendent la conduite fatigante et stressante. Sur les routes interurbaines, la vitesse excessive, notamment des bus longue distance, est un réel problème.

Bon à savoir :

Pour plus de sécurité et de confort, il est recommandé aux nouveaux arrivants de privilégier les transports en commun, les services avec chauffeur ou les voitures via application plutôt que de conduire soi-même. Pour un séjour de longue durée, les familles peuvent envisager l’achat d’un véhicule et l’embauche d’un chauffeur à temps plein, une option souvent plus abordable localement qu’en Europe en raison des différences de salaire.

Taxis, Uber & Careem

Les taxis restent la solution la plus courante pour les déplacements urbains. Au Caire, on distingue les taxis blancs équipés de compteurs, les anciens taxis noir‑et‑blanc et les taxis privés jaunes. En théorie, les taxis à compteur offrent une meilleure transparence, mais de nombreux conducteurs refusent d’allumer l’appareil ou prétendent qu’il est en panne.

Les applications Uber, Careem, Bolt ou InDriver se sont imposées comme un outil précieux pour les expatriés, en particulier au Caire et à Alexandrie. Elles permettent d’obtenir un tarif fixe connu à l’avance, de payer en carte ou en espèces, et de disposer d’une trace du trajet en cas de problème. Les prix restent très bas pour un occidental : une vingtaine de minutes de trajet au Caire peuvent coûter l’équivalent de quelques dizaines de livres égyptiennes.

Astuce :

Face à un conducteur qui tente de contourner le système de paiement de l’application (en demandant un supplément en liquide ou en incitant à annuler la course), le réflexe adapté est de refuser calmement. Proposez alors soit de suivre strictement le tarif indiqué dans l’application, soit de mettre fin à la course.

Pour les femmes seules, s’asseoir à l’arrière, limiter les conversations trop personnelles, partager sa position en temps réel avec un proche et vérifier la plaque du véhicule avant de monter sont des gestes simples mais rassurants.

Métro, bus et transports interurbains

Le métro du Caire est un outil formidable pour échapper aux embouteillages. Il est bon marché, globalement fiable et dispose de voitures réservées aux femmes, en milieu de rame. La densité aux heures de pointe peut être impressionnante, mais les expatriés y voient souvent un moyen sûr et efficace de traverser la ville, pour peu que l’on accepte la promiscuité et l’absence fréquente de climatisation.

Attention :

Les bus urbains et minibus, bien que très économiques, présentent des défis majeurs pour les nouveaux arrivants : manque de lisibilité des trajets, informations principalement en arabe, horaires imprécis, et risques accrus de vol à la tire et de harcèlement. Ils ne sont pas recommandés pour un début d’expatriation sans une bonne maîtrise de la langue et une recherche d’immersion totale.

Pour les trajets entre villes, les bus longue distance (Go Bus, Blue Bus, East Delta, West Delta…) couvrent bien le territoire, avec des bus climatisés et parfois haut de gamme. Le vrai risque vient ici de la conduite rapide, notamment de nuit. Choisir les compagnies réputées, éviter les horaires nocturnes quand c’est possible et privilégier le train ou l’avion sur les très longues distances reste souvent plus prudent.

Les trains relient Le Caire à Alexandrie, Louxor, Assouan et d’autres grandes villes. Les liaisons express et les trains‑couchettes sont appréciés des expatriés et jugés plus sûrs que la route. Les vols domestiques, eux, offrent une alternative rapide et bien encadrée, surtout entre Le Caire, la mer Rouge et le sud égyptien.

Santé, système médical et assurance : un pilier de la sécurité

La sécurité d’une expatriation ne se joue pas seulement dans la rue, mais aussi à l’hôpital. Or le contraste entre le système public et le secteur privé est très marqué en Egypte.

Un système public sous tension

Le système de santé public, géré par le ministère de la Santé et plusieurs organismes (Health Insurance Organization, Curative Care Organization), propose une prise en charge à faible coût pour les citoyens, mais souffre d’un manque chronique de moyens. On parle d’équipements vieillissants, de pénurie de lits, de sous‑effectifs, d’hygiène imparfaite et de temps d’attente très longs.

Avec environ 0,75 médecin pour 1 000 habitants, et un exode des praticiens vers des pays mieux rémunérateurs, il est illusoire, pour un expatrié, de compter uniquement sur le secteur public s’il souhaite bénéficier d’un niveau de soins comparable à ce qu’il connait en Europe ou en Amérique du Nord. D’autant que de faux médicaments circulent sur le marché, parfois emballés dans des conditionnements imitant les grandes marques.

Bon à savoir :

L’Égypte a lancé une réforme (Universal Health Insurance System) visant une couverture santé universelle d’ici la seconde moitié de la décennie. Cependant, ce système est principalement destiné aux citoyens égyptiens et aux résidents officiellement employés localement. La plupart des expatriés n’y ont pas directement accès, ou uniquement dans des conditions limitées.

Le rôle crucial du privé et de l’assurance internationale

Le secteur privé compense en partie ces faiblesses. Plus de 60 % des quelque 1 800 hôpitaux du pays sont privés, avec des établissements modernes, un meilleur niveau d’hygiène, des équipements récents et un personnel souvent anglophone. Certains hôpitaux sont accrédités internationalement et habitués à traiter une clientèle étrangère, qu’il s’agisse d’expatriés ou de touristes médicaux.

Quelques noms reviennent régulièrement dans les retours d’expérience : Cleopatra Hospital, As‑Salam International, Dar Al Fouad, des polycliniques privées du Caire et d’Alexandrie, ou encore des structures bien équipées à Hurghada ou Sharm El Sheikh pour la prise en charge des accidents de plongée.

Attention :

En l’absence de tiers payant, la plupart des cliniques et hôpitaux privés exigent un paiement ou un dépôt immédiat, même en urgence. Les patients supportent directement ces dépenses dans plus de la moitié des cas, et les coûts peuvent augmenter rapidement pour une hospitalisation, une chirurgie ou un rapatriement sanitaire.

Pour un expatrié, souscrire une assurance santé internationale n’est donc pas un luxe, mais une condition de sécurité élémentaire. Les grandes compagnies (Cigna Global, AXA, Allianz, Bupa Global, William Russell, MetLife, GeoBlue, etc.) proposent des contrats couvrant consultations, hospitalisation, imagerie médicale, traitements lourds, parfois maternité et santé mentale, mais surtout : évacuation médicale et rapatriement, essentiels si un problème grave survient dans une région mal équipée.

L’important n’est pas tant de choisir la marque la plus connue que de vérifier précisément :

Garanties et Services de l’Assurance Santé

Découvrez les principaux éléments à connaître concernant la couverture santé en Égypte, des modalités de prise en charge aux services annexes.

Prise en charge en clinique privée

Les formules incluent généralement la prise en charge dans les cliniques privées via des accords directs ou un système de remboursement sur factures.

Plafonds de garantie

Vérifiez le niveau du plafond annuel de remboursement ainsi que le plafond par sinistre (par événement médical).

Exclusions courantes

Les exclusions usuelles comprennent les maladies préexistantes, les soins dentaires courants et les frais liés à la maternité (sauf si option).

Délais de remboursement

Certains assureurs promettent un remboursement sous 48 heures pour les dossiers complets. Les délais varient selon la compagnie.

Services complémentaires

Des services comme la téléconsultation, le soutien psychologique ou l’obtention d’un deuxième avis médical peuvent être inclus.

Santé quotidienne et prévention

Au‑delà de l’hospitalisation, la vie quotidienne en Egypte impose aussi de s’adapter à un environnement sanitaire différent. La pollution de l’air, notamment au Caire, favorise les problèmes respiratoires, tandis que l’eau du robinet n’est pas recommandée à la consommation. Les maladies digestives (tourista, salmonelloses) sont fréquentes chez les nouveaux arrivants, de même que les coups de chaleur et déshydratations en été.

La prévention passe par quelques habitudes : boire uniquement de l’eau en bouteille ou filtrée, éviter les glaçons douteux, privilégier les aliments bien cuits, se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique, se protéger du soleil (chapeau, écran solaire, hydratation), et constituer une petite trousse de pharmacie avec les traitements de base.

Sur le plan des vaccins, les recommandations habituelles (DTP, rougeole‑oreillons‑rubéole, hépatites A et B, typhoïde, éventuellement rage) doivent être discutées avec son médecin avant le départ. Les autorités sanitaires rappellent également l’importance de maintenir la vaccination antipoliomyélitique à jour, la poliomyélite circulant encore dans le pays.

Sécurité financière, inflation et arnaques numériques

L’Egypte traverse une période économique difficile, avec une forte dévaluation de la livre égyptienne et une inflation qui a atteint des pics supérieurs à 30 % avant de refluer récemment. Cette situation crée un environnement propice aux tensions sociales, mais aussi au développement de nouveaux types d’arnaques, notamment en ligne.

Inflation et coût de la vie

Pour un expatrié rémunéré en devise forte (euro, dollar, livre sterling), le coût de la vie en Egypte reste attractif. Les estimations évoquent, pour les loyers, des montants moyens de l’ordre de 350 dollars par mois pour une personne seule et 560 dollars pour une famille, avec de fortes variations selon la ville et le quartier. Au Caire, ces moyennes montent à environ 367 dollars pour un célibataire et 567 pour une famille ; à Alexandrie, elles sont moindres pour les personnes seules, mais proches pour les familles. A Hurghada, elles se situent entre ces deux villes.

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Près d’un tiers des Égyptiens vivraient sous le seuil de pauvreté, selon certaines estimations.

Cybercriminalité et fraudes en ligne

L’Egypte connaît également une forte hausse de la cybercriminalité. Avec plus de 80 millions d’internautes et un recours massif aux portefeuilles mobiles, les pertes liées aux fraudes en ligne sont estimées à plusieurs milliards de dollars. Le pays représente une part significative des cyberattaques enregistrées sur le continent africain, et les détections de ransomwares y sont parmi les plus élevées.

Attention :

Les expatriés doivent se montrer particulièrement vigilants vis‑à‑vis de leur sécurité, de leur statut administratif et de leur intégration dans leur nouveau pays de résidence.

fausses annonces immobilières sur des plateformes comme Facebook Marketplace, promettant des appartements à des prix imbattables,

– faux sites de réservation d’hôtels ou de voyages, encaissant des paiements pour des prestations inexistantes,

– escroqueries sentimentales ciblant des femmes étrangères via les réseaux sociaux,

arnaques à l’investissement en cryptomonnaies ou pseudo‑placements en devise,

– fausses collectes de dons au nom de causes religieuses ou caritatives.

La meilleure défense reste la prudence : ne jamais verser d’acompte substantiel sans visite et contrat, vérifier systématiquement l’existence légale des agences, passer par des plateformes reconnues, se méfier des interlocuteurs trop insistants ou offrant des rendements financiers irréalistes, protéger ses mots de passe et activer l’authentification à deux facteurs.

S’intégrer pour gagner en sécurité : communautés, réseaux et codes culturels

La sécurité ne dépend pas seulement de la police ou des infrastructures, mais aussi de la capacité à s’inscrire dans un tissu social. L’Egypte, pays très relationnel, ne fait pas exception : être entouré, connaître quelques repères culturels et pouvoir s’appuyer sur un réseau change radicalement l’expérience de l’expatriation.

Communautés d’expatriés et soutien mutuel

Plusieurs organisations jouent un rôle clé dans l’accompagnement des nouveaux arrivants. La plateforme InterNations, présente dans 420 villes, dispose d’une communauté active en Egypte, notamment au Caire, Alexandrie, Hurghada et Sharm El Sheikh. Les membres — américains, britanniques, allemands, français, mais aussi issus de nombreux autres pays — y échangent conseils pratiques, bonnes adresses de médecins, d’écoles, d’avocats, et organisent des rencontres régulières, des sorties culturelles, des ateliers thématiques.

Exemple :

Certains réseaux fournissent un soutien concret avant même l’expatriation, comme pour trouver un logement ou comprendre les démarches administratives. Des associations, telles que la Community Services Association (CSA) au Caire, organisent des séminaires d’orientation (ex. « Fundamentals of Living in Egypt »). Ces programmes combinent ateliers, discussions et réseautage, permettant d’anticiper les difficultés, de partager des expériences et de constituer un premier cercle de contacts.

De nombreux groupes informels existent aussi sur Facebook, Meetup ou d’autres réseaux, qu’il s’agisse de parents d’élèves, de sportifs, de femmes expatriées, de communautés linguistiques ou religieuses. Participer à ces rencontres, mais aussi à la vie locale (clubs sportifs égyptiens, cours d’arabe, festivals, marchés) permet non seulement de se sentir moins isolé, mais aussi de mieux comprendre comment fonctionne la société, ce qui renforce la capacité à repérer les situations problématiques.

Codes sociaux, religion et respect des normes

L’Egypte reste une société largement patriarcale et religieuse, où les normes sociales diffèrent sensiblement de celles des grandes métropoles occidentales. Adopter une posture respectueuse de ces codes contribue aussi à la sécurité au quotidien, en évitant les malentendus.

Bon à savoir :

Les démonstrations d’affection en public sont mal vues, et les discussions sur la sexualité ou certains sujets politiques restent sensibles. La tenue vestimentaire est généralement conservatrice, surtout hors des hôtels et zones balnéaires. Pour hommes et femmes, couvrir épaules, poitrine et genoux dans les espaces publics permet d’éviter les regards insistants et les remarques.

Apprendre quelques mots d’arabe (« as‑salam alaykum », « la shukran », « min fadlak/min fadlik ») est perçu comme un signe de respect et peut désamorcer bien des tensions. De même, comprendre que beaucoup de personnes qui offrent spontanément leur aide attendent en réalité un pourboire évite les malentendus. Il est tout à fait acceptable de décliner ces offres poliment mais fermement.

Enfin, rester à l’écart des manifestations politiques, des rassemblements houleux et des débats publics sur des sujets sensibles est un principe de base. La loi encadre très strictement les protestations, et les autorités n’hésitent pas à interpeller des étrangers soupçonnés d’activisme.

Se préparer concrètement : logement, déplacements, numéros utiles

Une expatriation sereine en Egypte passe par une bonne préparation logistique. Quelques points méritent une attention particulière.

Sur le logement, travailler avec un agent immobilier local (semsarr) est courant, mais implique de s’entourer d’un égyptien de confiance ou parlant arabe pour éviter les malentendus contractuels. Les bailleurs demandent souvent plusieurs mois de loyers d’avance, un dépôt de garantie et une copie de passeport. Vérifier la qualité du quartier (éclairage, bruit, distance par rapport au travail ou aux écoles, proximité des services médicaux) est au moins aussi important que le confort intérieur de l’appartement.

Astuce :

Pour vos trajets, planifiez à l’avance les itinéraires entre domicile, travail et école. Testez différentes options de transport (métro, Uber, taxi) et évitez les longs trajets en voiture aux heures de pointe. Privilégiez la proximité avec votre lieu de travail : un logement plus proche, même plus petit, améliore significativement la sécurité et la qualité de vie par rapport à un logement plus grand mais éloigné.

Connaître les numéros d’urgence locaux est aussi un réflexe essentiel. Le 122 pour la police, le 123 pour l’ambulance, le 180 pour les pompiers et le 126 pour la police touristique doivent être enregistrés dans le téléphone dès l’arrivée, tout comme les coordonnées de son ambassade ou consulat.

Une expatriation sereine, mais pas naïve

La sécurité en Egypte n’est ni noire ni blanche. Les grandes villes et les stations balnéaires peuvent offrir un environnement plus sûr, au quotidien, que bien des métropoles occidentales en matière de criminalité violente. Mais le pays reste confronté à des défis majeurs : menaces terroristes localisées, risques routiers élevés, harcèlement de rue répandu, système de santé public fragilisé, tensions économiques qui nourrissent les petits trafics et les arnaques.

Bon à savoir :

Pour une expatriation sereine, il est essentiel de choisir son quartier avec soin, de souscrire une assurance santé internationale fiable, d’apprendre les codes sociaux locaux, de se constituer un réseau solide et de connaître les réflexes pour éviter les arnaques et les risques quotidiens. Ces préparations transforment un pays intimidant en un lieu de vie accueillant et agréable pour de nombreuses années.

La clé n’est pas de chercher à éliminer tout risque, mais de les comprendre finement pour les réduire autant que possible. En Egypte, cette lucidité est votre meilleur allié pour une expatriation vraiment sereine.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire durablement sa pression fiscale et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations attractives (Égypte, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Égypte pour son niveau d’imposition globalement modéré, son coût de vie nettement inférieur à la France (Le Caire ou Alexandrie bien moins chers que Paris), la possibilité d’y organiser une résidence fiscale stable et de bénéficier d’une convention fiscale franco-égyptienne limitant les doubles impositions. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence de longue durée avec achat ou location de résidence principale, organisation de la couverture santé, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques…), mise en relation avec un écosystème local francophone (avocat, immigration, comptable) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration des placements si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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