Poursuivre des études supérieures à l’étranger au Cap-Vert : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Cap-Vert pour faire des études supérieures, ce n’est pas seulement changer de campus. C’est basculer dans un archipel africain lusophone, politiquement stable, à la culture vibrante et à la vie quotidienne rythmée par la mer, la musique et un climat doux toute l’année. Derrière les cartes postales de plages et de volcans, le pays a construit en quelques décennies un système d’enseignement supérieur sérieux, encadré et de plus en plus tourné vers la recherche et l’innovation.

Bon à savoir :

Ce guide couvre tous les aspects clés pour étudier au Cap-Vert : le fonctionnement du système universitaire, les principales institutions, les domaines de formation disponibles, le coût des études, la procédure d’obtention du visa étudiant, les solutions de logement et les perspectives professionnelles dans cette économie dynamique.

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Un archipel africain lusophone, stable et ouvert

Le Cap-Vert est un archipel de dix îles au cœur de l’Atlantique, à quelques centaines de kilomètres au large du Sénégal et de la Mauritanie. Neuf îles sont habitées. La plus grande, Santiago, abrite la capitale Praia. D’autres villes structurent le pays : Mindelo sur São Vicente, Espargos sur Sal, ou encore Assomada à l’intérieur de Santiago.

Ancienne colonie portugaise, le pays a conservé le portugais comme langue officielle et développé un créole local (kriolu) omniprésent dans la vie quotidienne. La société mélange références africaines et européennes, dans la musique (morna, funaná, coladeira, batuque), la cuisine (cachupa, poissons, maïs, riz) et les pratiques religieuses, majoritairement chrétiennes.

Attention :

Le Cap-Vert est reconnu comme l’un des États les plus stables et démocratiques d’Afrique de l’Ouest. Il bénéficie d’indicateurs de sécurité positifs, avec une criminalité faible et un climat social apaisé. Le pays se distingue régulièrement dans sa région par une qualité de vie élevée, grâce à un environnement sûr, un rythme de vie détendu et un revenu par habitant intermédiaire.

Cette stabilité a un impact direct sur les études : le calendrier universitaire est peu perturbé par des crises majeures, l’environnement est propice au travail de fond, et les étudiants étrangers s’intègrent dans un contexte globalement accueillant, résumé par une notion locale omniprésente : la « morabeza », mélange de gentillesse, d’hospitalité et de douceur de vivre.

Un système d’enseignement supérieur jeune mais structuré

L’enseignement supérieur capverdien est relativement récent. Ses premières bases remontent à la fin des années 1970, mais l’architecture actuelle – avec un véritable système universitaire – ne s’est consolidée que dans les années 2000.

Le système s’inspire largement du modèle européen en trois cycles, articulé avec un cadre national de qualifications (NQF) et un système de crédits proche des ECTS.

Les trois grands niveaux de diplôme

Les études supérieures se déclinent en trois cycles principaux, assortis d’une « voie courte » professionnelle :

– Un cycle court professionnel (Diplôme d’études supérieures professionnelles – DESP) correspond à un cursus de 120 crédits et prépare à des métiers techniques ou opérationnels. C’est l’équivalent d’un bac+2 très professionnalisant.

– Le 1er cycle (licenciatura / bachelor) se déroule en 6 à 8 semestres, pour un total de 180 à 240 crédits. Il mène à un diplôme de licence, équivalent d’un bachelor.

– Le 2e cycle (mestrado / master) comprend 90 à 120 crédits, sur 3 à 4 semestres. Il s’adresse aux titulaires d’un bachelor et peut être orienté vers la recherche ou l’exercice professionnel avancé.

– Le 3e cycle (doutoramento / doctorat) repose sur la réalisation et la défense d’une thèse originale. L’accès se fait normalement après un master.

13

Note indicative sur 20 pour l’accès aux études supérieures, équivalant à un ‘B’ ou un GPA de 3.0.

Universités et instituts : une offre concentrée dans deux villes

Le pays compte dix établissements d’enseignement supérieur, dont deux publics et huit privés. La grande majorité est concentrée dans les deux principaux pôles urbains :

Praia, sur l’île de Santiago, accueille quatre institutions ;

Mindelo, sur São Vicente, en accueille également quatre.

En pratique, environ 9 établissements sur 10 sont donc localisés dans ces deux villes, ce qui structure fortement la géographie des études supérieures. Des antennes existent aussi sur Fogo ou dans d’autres localités, notamment pour des écoles spécialisées (sciences agronomiques, mer, tourisme).

Parmi les institutions les plus importantes, on peut citer : les gouvernements, les universités, les tribunaux, les organisations internationales, les banques centrales.

Enseignement supérieur au Cap-Vert

Le paysage universitaire cap-verdien est composé d’établissements publics et privés, répartis sur plusieurs îles de l’archipel.

Université de Cabo Verde (Uni-CV)

Unique université publique du pays, disposant de campus à Praia, Mindelo, Assomada et São Jorge dos Órgãos.

Université Technique de l’Atlantique (UTA)

Établissement public spécialisé dans les métiers de la mer et les technologies.

Universités privées

Ensemble d’établissements privés incluant l’Université Jean Piaget, l’Université de Mindelo, l’Université de Santiago, l’Université Lusófona, l’Intercontinental University, l’ISCEE, l’Institut Supérieur de Droit et l’école d’art internationale de Mindelo.

L’Uni-CV, qui regroupe plus de 5 000 étudiants pour environ 400 à 500 enseignants, est un acteur central pour les étudiants étrangers. Elle dispose de facultés de sciences et technologie, sciences sociales, arts et humanités, ingénierie et sciences maritimes, agronomie et environnement, business et gouvernance, éducation et sport. Elle propose une offre complète allant du certificat au doctorat.

Un encadrement qualité en montée en puissance

Pour un système aussi jeune, la question de la qualité et de l’accréditation est cruciale. Le Cap-Vert s’est doté en 2018 d’une agence indépendante, l’Agência Reguladora do Ensino Superior (ARES), chargée de l’évaluation, de l’accréditation et de l’inspection des établissements.

Exemple :

Tous les cinq ans, chaque institution doit se soumettre à une évaluation globale. En 2022, l’ARES (Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur) a mené sa première campagne systémique d’évaluation, marquant ainsi la mise en œuvre de ce processus obligatoire.

une autoévaluation pilotée par chaque établissement selon un cahier des charges commun ;

– la mise en place de comités d’évaluation externe, mêlant experts capverdiens et spécialistes lusophones étrangers, pour limiter les conflits d’intérêts dans un petit pays ;

– des visites sur site et la publication de rapports classant les institutions en trois niveaux : satisfaisant, partiellement satisfaisant, non satisfaisant.

L’agence s’appuie sur les standards africains de l’assurance qualité (African Standards and Guidelines for Quality Assurance in Higher Education), développés avec l’Union africaine. L’objectif affiché n’est pas de fermer brutalement des établissements, mais de guider des réformes, renforcer la qualité et éviter la prolifération incontrôlée d’offres fragiles.

Pour un étudiant étranger, cette structuration offre un cadre relativement lisible : les diplômes issus des établissements accrédités bénéficient d’une reconnaissance régionale, notamment dans l’espace lusophone, et s’inscrivent dans des référentiels proches des systèmes européens.

Des formations de plus en plus variées, dans un pays de recherche émergent

Même s’il n’existe pas encore d’université capverdienne dans le top 1 000 mondial, l’offre de formation s’est fortement diversifiée. Un recensement récent évoque :

9 universités proposant au total 110 programmes de licence ;

6 universités offrant 52 masters ;

1 établissement proposant 28 programmes de doctorat.

Des masters dans les grands champs disciplinaires

La palette de masters disponibles couvre aussi bien les sciences sociales que l’ingénierie, la santé ou les arts. Parmi les disciplines les plus représentées et leurs frais moyens approximatifs :

Domaine de masterNombre d’universitésFrais annuels moyens (USD)
Business, management, commerce3~934
Éducation et enseignement3~3 927
Architecture3~3 950
Design, arts2~3 285
Science politique2~980
Économie, gestion, technologie2~980
Psychologie2~3 250
Droit, jurisprudence2~3 250
Études environnementales2~980
Santé1~959
Tourisme, hôtellerie, comptabilité…1~1 000

Les domaines les mieux alignés avec l’économie capverdienne – tourisme, environnement marin, énergies renouvelables, business, TIC – sont particulièrement stratégiques si l’objectif est de travailler dans le pays après les études.

L’Uni-CV par exemple propose des masters en :

administration publique, droit, éducation, services sociaux ;

commerce, finance, tourisme, sciences sociales ;

ingénierie informatique, ingénierie de l’énergie, ingénierie maritime ;

agronomie, mathématiques, ressources naturelles, topographie ;

santé publique.

Des masters plus spécialisés existent dans les universités privées, par exemple en relations internationales et diplomatie, droit maritime, psychologie, pédagogie, business international, ingénierie informatique.

Une université publique tournée vers la recherche et l’international

L’Uni-CV revendique une vocation de centre de recherche actif, notamment dans les domaines au cœur des défis du pays : mer, climat, biodiversité, énergies, développement durable. Plusieurs instruments renforcent cet ancrage :

Astuce :

Le Cap-Vert héberge plusieurs infrastructures de recherche océanographique majeures, dont l’Institut de la Mer (IMAR) qui travaille sur l’océanographie, la pêche, l’aquaculture et l’impact du climat sur les écosystèmes côtiers. Le pays dispose également de l’Observatoire océanique du Cap-Vert (CVOO), établi en 2006, et du Centre océanographique de Mindelo (OSCM), ouvert en 2017 grâce à une coopération avec le centre de recherche allemand GEOMAR.

Par ailleurs, un ambitieux projet « Campus de Mar » fédère trois entités – l’Université Technique de l’Atlantique, l’IMAR et l’École de la Mer (EMAR) – pour faire de l’archipel un pôle de référence en éducation, recherche et formation technique autour des océans et de « l’écologie bleue ».

Sur le plan de la mobilité internationale, l’Uni-CV affiche :

173 accords avec des institutions de 26 pays ;

– la participation à 22 réseaux académiques ;

18 appels à mobilité impliquant 127 étudiants, 38 partenaires et 10 pays.

Des chaires et lectorats viennent compléter l’offre, comme la Chaire Eugénio Tavares pour la langue portugaise, en partenariat avec l’Institut Camões, et un lectorat de langue et culture portugaises à Praia et Mindelo.

Bon à savoir :

Pour un étudiant étranger, cette ouverture internationale offre des possibilités de séjours d’études, de co-tutelles de doctorat, de stages de recherche et de participation à des projets conjoints, en particulier avec le monde lusophone.

Une place centrale de la langue portugaise

La quasi-totalité des enseignements supérieurs est dispensée en portugais. C’est un point clé à intégrer dans tout projet d’études au Cap-Vert :

la langue officielle de l’enseignement est le portugais ;

le créole capverdien est largement utilisé dans la vie sociale, mais rarement comme langue d’enseignement académique ;

– quelques modules ou ressources peuvent exister en anglais, dans certains domaines techniques ou de coopération, mais ce n’est pas la norme.

Maîtriser le portugais, au moins à un niveau intermédiaire (B1/B2), est donc un levier décisif de réussite, aussi bien pour suivre les cours que pour trouver un stage, un job étudiant ou un premier emploi. Des dispositifs existent pour renforcer son niveau avant ou pendant la mobilité :

lectorats de portugais au sein de l’Uni-CV ;

cours intensifs au Portugal (Université de l’Algarve, Institut Polytechnique de Bragança, etc.) alignés sur le CECRL (A1 à C2) ;

formations en ligne, notamment autour du portugais brésilien.

Certaines formations exigent d’ailleurs des attestations spécifiques dans d’autres langues. Par exemple, un master « Enseigner le français langue étrangère » requiert un certificat DELF/DALF pour les non francophones.

Combien coûtent les études au Cap-Vert ?

L’un des atouts majeurs du Cap-Vert pour un étudiant étranger tient au coût relativement accessible des études et de la vie courante, surtout comparé à l’Europe occidentale ou à l’Amérique du Nord.

Frais de scolarité : un ordre de grandeur raisonnable

Les frais universitaires varient selon l’établissement et le niveau, mais restent globalement dans une fourchette modérée :

1000

De nombreux programmes de licence et de master à l’Uni-CV coûtent environ 1 000 dollars US par an pour tous les étudiants.

Les frais administratifs d’inscription restent, eux, très modiques à l’Uni-CV :

Profil de candidat à l’Uni-CVFrais de candidature (CVE)Équivalent approximatif (USD)
Titulaire du 12e année (bachelier local ou équivalent)1 500~15
Titulaire d’un diplôme de cycle court (DESP)3 000~30
Candidat de plus de 25 ans ou autres profils10 000~100
Master spécifique « FLE » (frais de formation indiqués)15 000~150

Dans tous les cas, ces montants sont à comparer avec les frais de scolarité pratiqués dans de nombreuses destinations anglophones ou francophones, où un simple master peut facilement dépasser 10 000 à 15 000 dollars par an.

Coût de la vie : Praia versus le reste du pays

Côté budget quotidien, les données disponibles montrent que la vie reste relativement abordable à l’échelle internationale, même si les écarts avec les salaires locaux sont forts.

Pour Praia, la capitale, on trouve les estimations suivantes (en dollars US, moyennes mensuelles) :

Poste de dépenseÉtudiant seul (approx.)Famille de 4 personnes (approx.)
Coût de la vie total960 – 1 0002 150 – 2 500
Hors loyer~500~1 400
Loyer + charges460 – 500750 – 800
Nourriture~380~975
Transports~40~120

Des fourchettes plus détaillées pour Praia indiquent par exemple :

Coût de la vie à Maurice

Aperçu des dépenses courantes pour un expatrié ou un visiteur à l’île Maurice, incluant la restauration et le logement.

Repas simple

Un repas dans un établissement local coûte environ 5 à 6 dollars.

Dîner pour deux

Un dîner dans un restaurant de gamme moyenne est aux alentours de 30 dollars.

Studio en centre-ville

Un studio de 40 m² en centre-ville se loue entre 430 et 480 dollars.

Studio hors centre

Un studio de 40 m² hors du centre-ville coûte environ 260 à 270 dollars.

Appartement 3 pièces

Un appartement de trois chambres en centre-ville coûte autour de 800 dollars.

À l’échelle du pays, la vie peut être légèrement moins chère sur certaines îles ou dans les zones moins touristiques, mais les produits importés et certains services (santé privée, déplacements inter-îles) restent coûteux en proportion des revenus locaux.

Pour un étudiant international, on peut raisonnablement estimer un budget mensuel de 600 à 800 euros, incluant :

un loyer modeste ;

les charges et internet ;

la nourriture de base ;

les transports locaux ;

quelques loisirs.

Cela place le Cap-Vert très en dessous des grandes capitales universitaires européennes ou nord-américaines, tout en offrant un cadre de vie agréable.

Où et comment se loger en tant qu’étudiant étranger ?

L’hébergement constitue souvent la première préoccupation concrète lorsqu’on envisage des études à l’étranger. Au Cap-Vert, l’offre est variée, allant de la chambre chez l’habitant aux appartements en colocation, en passant par les hostels et les résidences étudiantes.

Résidences, colocation et hostels

Plusieurs acteurs privés facilitent la recherche de logement étudiant, à commencer par des plateformes comme RocApply qui proposent :

des chambres privées dans des maisons partagées entre étudiants ;

des maisons situées à proximité des campus ;

des logements meublés avec cuisine et salon communs, accès internet et parfois services de blanchisserie.

De nombreux étudiants choisissent aussi de vivre dans des hostels en ville, qui offrent :

des chambres individuelles ou partagées ;

des espaces communs (cuisine, salon, TV) ;

la connexion Wi-Fi ;

une atmosphère conviviale, avec d’autres voyageurs, stagiaires, digital nomads.

Des plateformes telles que Dorms.com recensent des hostels à partir d’environ 14 dollars la nuit, souvent situés dans les quartiers centraux ou proches des universités, notamment à Mindelo et Praia.

Pour des séjours de plusieurs mois, les locations meublées type appartements ou studios sont fréquentes. Des sites spécialisés (par exemple Flatio ou des agences locales) proposent :

des studios et T1 en ville, parfois sans dépôt de garantie ;

des appartements en colocation, une option très appréciée pour réduire les coûts et accélérer l’intégration ;

– des maisons ou villas pour des groupes, plus adaptées à des séjours de recherche ou à des familles.

L’avantage de ces options réside dans la flexibilité des baux, l’absence de dépôt sur certaines plateformes, et la possibilité de disposer d’un espace de travail dédié, crucial pour les étudiants et chercheurs.

Vivre en homestay : immersion culturelle et portugais accéléré

Autre solution, particulièrement intéressante pour les étudiants désireux de progresser rapidement en portugais : la famille d’accueil (homestay). Plusieurs sites spécialisé listent des familles capverdiennes prêtes à héberger des étudiants :

Bon à savoir :

La plupart des chambres sont doubles. Les espaces comme la salle de bain, la cuisine et le salon sont partagés avec la famille. Le petit-déjeuner est souvent inclus. Il faut respecter un certain cadre de vie, ce qui implique moins d’indépendance qu’en colocation étudiante.

Des exemples de tarifs montrent des chambres en homestay à Mindelo à partir d’environ 1 000 CVE la nuit, et autour de 25 dollars la nuit dans la région de Praia. Pour un séjour long, il est bien sûr indispensable de négocier un tarif mensuel.

Les universités elles-mêmes, comme l’Uni-CV, peuvent aider à organiser ce type d’hébergement pour les échanges universitaires, soit en famille d’accueil, soit en appartement individuel. Il est donc fortement conseillé de contacter le service des relations internationales ou le bureau des échanges avant l’arrivée.

Formalités : visas, séjour et droit au travail

Partir étudier au Cap-Vert suppose de respecter un cadre migratoire bien précis. Le pays distingue plusieurs types de visas selon la durée et l’objet du séjour.

Entrée sur le territoire : pré-enregistrement obligatoire

De manière générale, les ressortissants étrangers doivent :

disposer d’un passeport valable au moins six mois après la date d’entrée ;

se préenregistrer en ligne via la plateforme EASE (www.ease.gov.cv) au moins cinq jours avant le voyage ;

– s’acquitter d’une taxe de sécurité aéroportuaire (TSA), sauf exceptions (nationaux capverdiens, enfants de moins de deux ans, passagers en mission officielle ou en simple transit).

Depuis 2019, les citoyens européens sont exemptés de visa de court séjour pour des séjours de moins de 30 jours, mais doivent tout de même respecter le pré-enregistrement et la TSA. Pour des études, on entre dans un tout autre régime.

Le visa de résidence pour études

Pour suivre un cycle d’études supérieur à un an, l’étudiant doit obtenir un visa de résidence à finalité d’étude. Ce visa est généralement demandé en deux temps :

1. Une première démarche auprès de l’ambassade ou du consulat du Cap-Vert (lorsqu’il en existe un) pour préparer le dossier et obtenir un accord de principe ;

2. La demande formelle de visa de résidence, qui ne peut être déposée que sur le territoire capverdien auprès des autorités compétentes, après l’arrivée, sur la base de l’acceptation universitaire.

Les conditions habituelles d’obtention comprennent :

une lettre d’acceptation officielle pour un programme à temps plein, délivrée par une université reconnue ;

la preuve de moyens financiers suffisants pour subvenir à ses besoins (relevés bancaires, garanties de prise en charge, bourse…) ;

– le paiement intégral ou un plan de paiement des frais de scolarité ;

– une assurance maladie privée valide pour toute la durée du séjour ;

– un engagement crédible à retourner dans son pays d’origine à l’issue des études.

Les pièces demandées incluent généralement : les documents justificatifs, les attestations, les formulaires de demande, et les pièces d’identité.

le passeport en cours de validité ;

deux photos d’identité en couleur ;

l’attestation d’acceptation universitaire ;

la preuve de paiement des frais de visa ;

– un certificat médical, un carnet de vaccination international, un casier judiciaire traduit en portugais, si exigés.

Attention :

Le visa de résidence pour études au Cap-Vert permet un séjour légal durant le cursus, mais il doit être renouvelé périodiquement avant sa date d’expiration. Un non-respect de cette procédure place l’étudiant en situation irrégulière.

Travailler pendant ses études : un régime encadré

Le droit au travail des étudiants étrangers existe, mais dans un cadre strict :

tout emploi ou stage rémunéré nécessite un permis de travail approprié, comme une « autorisation de travail pour formation » ou une participation à un programme type « Work Holiday » ;

– travailler sans permis constitue une infraction passible de sanctions ;

– la logique dominante reste celle de l’expérience professionnelle liée aux études (stages, projets en entreprise), plutôt que celle du salariat à temps plein.

Pour les étudiants souhaitant financer une partie de leurs frais de vie, il est possible de chercher :

des jobs à temps partiel sur le campus (cafétéria, bibliothèque, aide administrative) ;

des postes de serveur, commis de cuisine, opérateur de saisie, vendeur, ou même traducteur/interprète si l’on maîtrise plusieurs langues (anglais, français, espagnol, allemand, russe…) ;

des missions ponctuelles dans des centres d’appel ou des structures touristiques, notamment si l’on parle plusieurs langues.

Dans tous les cas, il est essentiel de vérifier les règles actualisées auprès des services d’immigration et, si besoin, de recourir à l’accompagnement d’organismes spécialisés comme RocApply pour clarifier les obligations.

Comment candidater dans une université capverdienne ?

Même si chaque établissement a ses procédures, les grandes lignes se ressemblent. Prenons l’exemple de l’Uni-CV, qui illustre bien le fonctionnement général.

Étapes typiques de candidature

Pour un premier cycle (licence) ou un master, le parcours suit souvent les étapes suivantes :

1. Choisir le programme : en fonction de son projet professionnel, de sa langue de travail (le portugais restant quasi incontournable) et de l’ancrage sectoriel (mer, tourisme, énergie, TIC, etc.).

2. Créer un compte sur la plateforme de candidature : l’Uni-CV dispose d’un portail en ligne dédié où l’on ouvre un profil et téléverse les pièces justificatives.

3. Remplir le formulaire en ligne : informations personnelles, parcours académique, choix de filière.

Bon à savoir :

Pour compléter votre candidature, vous devez joindre plusieurs documents obligatoires. Il s’agit généralement de vos diplômes, relevés de notes, une pièce d’identité, une lettre de motivation et parfois un CV ainsi que des attestations de langue. Pour certains cursus spécifiques, un certificat médical ou un extrait de casier judiciaire peut également être requis.

5. Payer les frais de candidature : montants modestes, comme vu plus haut.

6. Passer les examens d’entrée si nécessaire : l’admission étant sélective, un concours ou un test peut être organisé.

7. Recevoir la lettre d’acceptation : document indispensable pour la demande de visa étudiant.

Les campagnes de candidature se font sur plusieurs vagues, par exemple avec des phases de juin-juillet, puis de juillet-septembre, permettant de combler les places restantes. Des procédures distinctes existent pour les plus de 25 ans, les étudiants déjà diplômés d’un cycle court, ou les candidatures internationales avec diplômes étrangers nécessitant une équivalence.

Documents généralement demandés

Selon le niveau et le type d’établissement, on retrouve souvent : les écoles maternelles, les écoles élémentaires, les collèges, les lycées et les universités.

Attention :

Le dossier doit inclure : une pièce d’identité (passeport) et un numéro fiscal local si existant ; des diplômes et relevés de notes certifiés, traduits en portugais ou en anglais ; une lettre de motivation ; des lettres de recommandation pour les masters/doctorats ; un CV (notamment pour les candidats en reprise d’études) ; une preuve de maîtrise linguistique (IELTS ou équivalent) ; et pour certaines filières (médecine, sports, etc.), des certificats médicaux, un casier judiciaire ou des formulaires d’aptitude.

Des universités privées comme l’Université de Mindelo ou Jean Piaget fonctionnent elles aussi avec des formulaires en ligne, parfois plus simples, mais la logique reste identique : dossier académique, capacité linguistique, motivation, et, pour les étrangers, cohérence du projet de séjour.

Vie étudiante et intégration : entre « morabeza » et exigences académiques

Étudier au Cap-Vert, c’est aussi apprendre à naviguer dans une culture où les rapports humains priment et où le temps se vit différemment. Les témoignages d’expatriés soulignent souvent :

Bon à savoir :

L’accueil est chaleureux et il est facile de se faire des amis, surtout si l’on fait l’effort d’apprendre quelques mots de créole. Le rapport au temps est plus souple qu’en Occident, avec moins de rigidité sur la ponctualité, bien que la rigueur professionnelle reste valorisée. L’intégration passe par une forte sociabilité communautaire : les réseaux locaux, les groupes Facebook d’expatriés et les événements culturels y jouent un rôle clé.

Pour les étudiants, la vie quotidienne mêle cours, travaux dirigés, stages, activités associatives et vie sociale. Les campus proposent :

bibliothèques et laboratoires, notamment dans les sciences, l’ingénierie, l’agronomie, les études marines ;

– services de soutien social ou financier (bourses, aides) pour limiter les inégalités d’accès ;

projets de terrain, en particulier dans les disciplines liées à l’environnement, au climat, à la mer, ou à la biodiversité.

Des programmes comme Sandwatch, coordonné par la Commission nationale pour l’UNESCO, impliquent des écoles et, indirectement, les universités dans le suivi scientifique des plages, l’éducation au climat et la sensibilisation communautaire.

Quelles perspectives professionnelles après un diplôme capverdien ?

La question de l’après-études est centrale pour tout projet d’expatriation académique. Le Cap-Vert est un petit marché du travail, avec des contraintes structurelles (ressources naturelles limitées, chômage relativement élevé, saisonnalité du tourisme), mais aussi des poches d’opportunités, notamment pour des profils qualifiés et multilingues.

Un tissu économique dominé par les services

L’économie capverdienne repose principalement sur : le tourisme, la pêche, et l’agriculture.

le tourisme et l’hôtellerie, pilier du PIB, alimenté par les plages de Sal et Boa Vista, mais aussi par la culture de Mindelo ou les randonnées de Santo Antão ;

– les services (finance, administration, commerce, TIC) ;

– la pêche et l’agriculture (maïs, haricots, café, bananes), malgré la rareté de l’eau ;

– la construction, dopée par les infrastructures et le développement immobilier ;

les énergies renouvelables, domaine dans lequel le pays se fixe des objectifs ambitieux (50 % de renouvelables à l’horizon 2030, 100 % en 2050).

300 à 500

Le salaire mensuel moyen en Algérie, avec un SMIC situé entre 70 et 100 euros.

Secteur / posteSalaire mensuel approximatif (EUR)
Employé tourisme/hôtellerie300 – 600
Spécialiste IT500 – 800
Travailleur médical400 – 700
Salaire moyen tous secteurs300 – 500

Les profils maîtrisant à la fois le portugais et l’anglais – voire d’autres langues comme le français ou l’espagnol – sont particulièrement convoités dans :

le tourisme haut de gamme (hôtels internationaux, agences réceptives, activités d’aventure) ;

– les TIC et les centres de services délocalisés (BPO, call centers) ;

– les ONG et organismes multilatéraux présents sur place, notamment dans les domaines du climat, du développement, de la recherche marine.

Stage, premier emploi et entrepreneuriat

Pour les étudiants, le pays offre des possibilités de :

Exemple :

Les étudiants internationaux à Singapour peuvent suivre un parcours en trois étapes : d’abord des stages en entreprise ou en administration, souvent de 2 à 3 mois, qui peuvent être prolongés en emploi à plein temps pour les plus performants. Ensuite, ils peuvent occuper des emplois à temps partiel pendant leurs études, dans des secteurs comme la restauration, le commerce, les services universitaires ou les loisirs. Enfin, après l’obtention de leur diplôme, une embauche à plein temps est possible sous réserve d’obtenir le permis de travail adéquat, tel que l’« Employment Pass ».

Le marché du travail reste compétitif, avec des écarts de compétences dans certains secteurs (TIC, ingénierie, gestion de projets, énergies renouvelables). Travailler son réseau – via LinkedIn, les associations professionnelles, les événements locaux – est crucial, de même que l’adaptation culturelle et linguistique.

Parallèlement, le Cap-Vert encourage l’entrepreneuriat, surtout dans :

le tourisme durable et les expériences alternatives (écotourisme, tourisme communautaire, bien-être) ;

– les services numériques (développement web, services IT, plateformes locales) ;

– les énergies propres (installation et maintenance de panneaux solaires, éoliennes, solutions d’efficacité énergétique).

Des incitations publiques, des zones économiques spéciales et des parcs technologiques émergent pour attirer les projets innovants. Pour un diplômé souhaitant créer une activité sur place, il reste indispensable de se faire accompagner (chambres de commerce, incubateurs, programmes de coopération).

Bourses, financements et complémentarités internationales

En tant qu’étudiant étranger, il est rare d’obtenir un financement complet pour un cursus au Cap-Vert uniquement depuis les institutions locales, mais plusieurs leviers existent :

Bon à savoir :

Plusieurs types de bourses sont disponibles pour étudier au Cap-Vert. Les résidents peuvent bénéficier de bourses nationales qui couvrent la majeure partie des frais de scolarité. Pour des mobilités ou des doubles-diplômes, des bourses externes (comme Chevening, DAAD ou Erasmus+) peuvent être sollicitées. Enfin, des programmes spécifiques ciblent les étudiants des pays lusophones ou en développement pour financer une partie de leur cursus dans l’archipel.

Pour financer l’ensemble des coûts (frais d’inscription, logement, vie courante, assurance, billets d’avion), il est souvent nécessaire de combiner :

économies personnelles ou familiales ;

bourses partielles ;

– éventuels revenus de stages ou de jobs autorisés ;

– aides ponctuelles liées à des projets (recherche, ONG, coopérations).

Construire un budget réaliste sur toute la durée du programme – en tenant compte des renouvèlements de visa, des transports inter-îles, des éventuels allers-retours au pays d’origine – est indispensable.

Pourquoi (et quand) choisir le Cap-Vert comme destination d’études ?

Pour conclure, il est utile de cerner les profils pour lesquels le Cap-Vert peut être un choix particulièrement pertinent.

Une destination à privilégier si…

– Vous souhaitez étudier en portugais dans un pays africain stable, tout en restant à quelques heures de vol de l’Europe et de l’Amérique.

– Vos intérêts académiques ou professionnels touchent aux océans, au climat, aux énergies renouvelables, au tourisme durable, aux TIC dans un contexte insulaire.

– Vous cherchez une destination plus abordable financièrement que la plupart des grandes capitales universitaires, avec des frais de scolarité raisonnables et un coût de vie modéré.

– Vous appréciez les environnements à taille humaine : universités de 5 000 étudiants, villes moyennes plutôt que mégalopoles.

– Vous voulez combiner études et immersion culturelle profonde, dans un pays métissé où la musique, la danse et la mer sont omniprésentes.

Et à éviter si…

– Vous recherchez une université classée dans le top 500 mondial ou une offre massive de formations en anglais.

– Vous espérez des salaires post-diplôme au niveau nord-américain ou ouest-européen, sans envisager un retour ou une mobilité vers d’autres pays.

– Vous n’êtes pas prêt à investir du temps dans l’apprentissage du portugais, clé absolue d’intégration académique et professionnelle.

– Vous attendez des infrastructures hospitalières ou de recherche de niveau « pays très développé » dans tous les domaines.

En somme, poursuivre des études supérieures au Cap-Vert n’est pas un choix « standardisé ». C’est une option de niche, adaptée à des étudiants prêts à miser sur la lusophonie, à se confronter aux réalités d’un petit État insulaire en première ligne du changement climatique, et à s’inscrire dans des trajectoires souvent plus hybrides (mobilité, retours, co-diplômes) que purement linéaires.

Études supérieures au Cap-Vert

Pour ceux qui s’y reconnaissent, l’archipel offre un terrain d’étude et de vie singulier : politiquement stable, culturellement foisonnant, scientifiquement en montée en puissance dans ses domaines clés, et financièrement plus accessible que bien des destinations « classiques » d’études à l’étranger. Avec, en toile de fond, cette « morabeza » qui fait que, pour beaucoup d’étudiants et d’expatriés, quelques semestres d’étude au Cap-Vert se transforment volontiers en plusieurs années de vie.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale en Cap-Vert pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cap-Vert, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Cap-Vert pour sa fiscalité modérée sur les revenus, son absence d’impôt sur la fortune, son coût de vie nettement inférieur à la France et son statut de pays stable, lusophone et tourné vers l’Europe. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, affiliation locale à la sécurité sociale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, immobilier) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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