Pratiques religieuses et vie quotidienne : guide pour expatriés à Cuba

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer à Cuba, c’est entrer dans un univers où la musique, la politique et la foi se côtoient en permanence. La religion n’y est ni totalement privée ni totalement publique : elle s’entrelace avec l’histoire révolutionnaire, l’héritage africain, la culture espagnole et les réalités d’un État communiste toujours très présent. Pour un expatrié, comprendre cet écosystème religieux est essentiel pour éviter les faux pas, créer de vraies relations et lire correctement ce qui se joue dans l’espace public.

Bon à savoir :

Ce guide aborde le paysage religieux cubain et fournit des repères pratiques essentiels : comment se comporter dans une église ou lors d’un rituel de Santería, les sujets de conversation à éviter, le code vestimentaire approprié, les principales fêtes religieuses du calendrier, ainsi que les limites fixées par les autorités locales.

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Un paysage religieux multiple, entre catholicisme, afro‑cubanité et non‑religion

La première surprise pour beaucoup d’expatriés est le décalage entre les chiffres « officiels » et les pratiques réelles. Sur le papier, le pays reste majoritairement chrétien, mais le vécu quotidien mélange croyances, scepticisme, rites africains et catholicisme culturel.

On peut résumer grossièrement la situation ainsi (données issues de différentes enquêtes et estimations récentes) :

Catégorie / courant religieuxPart approximative de la population
Chrétiens au sens large~60 %
— dont catholiques (culturellement)~54–60 %
— dont protestants / évangéliques~3–5 %
Sans religion déclarée / non‑religieux~40–45 %
Agnostiques~17–18 %
Athées~4–5 %
Pratiques afro‑cubaines (Santería, Palo, Vodú…)70 % pratiquent au moins un rite
Consultations régulières d’un santero/palerosjusqu’à 80 % selon certaines sources
Témoins de Jéhovah~0,8–0,9 %
Musulmans~0,1 %
Hindous~0,2 %
Juifsmoins de 0,1 % (≈ 1 500 personnes en 2007)

Deux constats utiles pour un expatrié :

Exemple :

À Cuba, se déclarer catholique ne signifie pas nécessairement pratiquer assidûment ; seule une minorité (environ 1,5 à 5 % de la population) assiste régulièrement à la messe. La pratique religieuse est souvent caractérisée par un syncrétisme où les individus combinent différents registres : participation à la messe de Noël, consultation d’un prêtre de la Santería pour un problème de santé, et participation à une veillée spirite, tout en maintenant un discours critique envers les institutions religieuses.

En pratique, vous pouvez rencontrer dans la même famille :

une grand‑mère très attachée à La Virgen de la Caridad del Cobre ;

– un oncle « santero » officiant dans la Santería ;

– une cousine évangélique ;

– un jeune adulte se disant athée mais portant des colliers de protection afro‑cubains.

Comprendre cette superposition de registres est clé pour éviter les jugements trop rapides et les questions maladroites.

Un État officiellement laïc… mais politiquement très présent

Depuis 1992, la Constitution définit Cuba comme un État laïc et prohibe la discrimination fondée sur les croyances religieuses. Les croyants peuvent, sur le papier, adhérer au Parti communiste, ce qui était impossible durant les décennies d’athéisme officiel.

La réalité reste néanmoins encadrée :

Attention :

Tous les groupes religieux doivent légalement s’enregistrer auprès du Bureau des Affaires religieuses (ORA), sous peine de délit. L’État opère une distinction entre les grandes Églises « tolérées » et les groupes minoritaires plus surveillés. Des rapports indépendants font état de pratiques persistantes de surveillance, de pression, d’intimidation, de refus de permis de construire, d’amendes pour activités « non autorisées » et de limitations sur les processions publiques ou les visites aux prisonniers.

Pour un expatrié, cela signifie plusieurs choses concrètes :

– La pratique religieuse courante (assister à la messe, participer à une célébration afro‑cubaine, visiter une synagogue ou une mosquée) est possible et répandue.

– Les activités religieuses qui se « politisent » ou portent une contestation du système peuvent être ciblées par le pouvoir. Il est prudent, comme étranger, de ne jamais se trouver en première ligne de ces tensions.

– Les grandes célébrations catholiques ou populaires (processions mariales, pèlerinages, fêtes de saints) coexistent avec des jours fériés purement politiques (Triomphe de la Révolution, Journée de la Rébellion nationale), souvent mis beaucoup plus en avant dans l’espace public.

Catholicisme à Cuba : présence massive, pratique minoritaire

Historiquement implantée dès la colonisation espagnole, l’Église catholique demeure la référence religieuse la plus visible : cathédrales monumentales, processions mariales, fêtes de Noël redevenues fériées à la fin des années 1990, visites papales très médiatisées.

Une Église encore très structurée

On estime à plus de six millions le nombre de catholiques, pour environ 60 % de la population, même si les pratiquants réguliers sont beaucoup moins nombreux. L’Église est organisée en 11 diocèses (dont 3 archidiocèses : La Havane, Camagüey, Santiago de Cuba), avec :

Infrastructures et personnels catholiquesChiffres approximatifs
Paroisses304
Autres centres pastoraux2 210
Évêques17
Prêtres361
Religieux(ses)656
Séminaristes majeurs78
Séminaristes mineurs13
Catéchistes4 133

L’Église gère également des œuvres sociales (cliniques, foyers pour personnes âgées, orphelinats…) et quelques centres éducatifs spécialisés, même si les écoles confessionnelles ont été nationalisées dans les années 1960 et ne fonctionnent plus comme avant la Révolution.

Ce que cela change pour un expatrié

Dans la vie quotidienne, vous croiserez : les amis, la famille, les collègues, les voisins, des inconnus. Chacun apporte son lot d’interactions et d’expériences.

des cathédrales ouvertes chaque jour, gratuites d’accès, avec messe dominicale assez suivie ;

– de petites chapelles de quartier, souvent pleines le dimanche matin ;

des images de la Vierge de la Caridad del Cobre dans les bus, les taxis, les salons de coiffure, les salons de particulier.

Points d’attention pratiques :

Astuce :

Pour une visite respectueuse dans les églises de l’île, une tenue modeste est attendue : couvrez épaules et genoux. Les hommes éviteront casquettes et shorts pour la messe, privilégiant une chemise légère et un pantalon en lin. Les femmes opteront pour une robe, une jupe ou un pantalon léger avec une blouse sobre. Comportez-vous discrètement : maintenez le silence, évitez de circuler pendant la communion et ne photographiez pas les fidèles sans autorisation. Lors de la messe en espagnol, suivez les mouvements de l’assemblée pour vous asseoir et vous lever ; restez simplement assis si vous ne communiez pas.

Pour les expatriés croyants, les paroisses sont un bon lieu de socialisation : catéchèses, groupes de jeunes adultes, œuvres caritatives, chorales. Mais il est conseillé d’observer d’abord, de comprendre les sensibilités politiques locales, et d’éviter de se retrouver au cœur de sujets très polarisants (embargo, situation des prisonniers politiques, débats internes à l’Église).

Santería et religions afro‑cubaines : un univers que tout le monde côtoie

Impossible de comprendre la vie religieuse à Cuba sans se pencher sur la Santería et les autres courants afro‑cubains (Palo Monte, Abakuá, Vodú cubain). Même si vous ne cherchez pas à y participer, vous en verrez les manifestations partout : colliers colorés, autels domestiques, rituels publics, musique de tambours.

D’où vient la Santería ?

La Santería, souvent appelée Regla de Ocha ou religión lucumí, est née de la rencontre forcée entre :

les traditions yoruba d’Afrique de l’Ouest (principalement du Nigeria et du Bénin actuels), importées avec la traite esclavagiste entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle ;

le catholicisme imposé par les colons espagnols ;

– des éléments de spiritisme et de croyances indigènes.

Les esclaves yoruba ont recouvert leurs divinités (orichas ou orishas) des images de saints catholiques pour pouvoir continuer à pratiquer sous couvert de catholicisme. C’est de là que vient le nom « Santería », littéralement « religion des saints ».

Aujourd’hui, même si la Santería est mieux acceptée, elle garde une part de discrétion : absence de hiérarchie centrale, culte organisé autour de maisons‑temples (ilé ou casa de santo), transmission principalement orale.

Quelques repères pour décoder ce que vous verrez

Les Cubains parlent volontiers de: la musique, la danse, la culture et la vie quotidienne. Ils partagent souvent leurs expériences concernant l’hospitalité et la cuisine, ainsi que des sujets comme la politique et l’histoire de leur pays.

Orichas : divinités intermédiaires, liées à des forces de la nature et à des traits de caractère. Quelques correspondances courantes :

Oricha (Santería)Domaine / symbole principalCouleurs fréquentesSaint catholique associé
EleguáCarrefours, débuts, chance, messagerNoir et rougeNiño de Atocha
ChangóFoudre, feu, virilité, guerreRouge et blancSainte Barbe
YemayáMer, maternité, fertilitéBleu et blancVierge de Regla
OchúnRivières, amour, sensualité, richesseJauneVierge de la Caridad del Cobre
ObataláCréation, justice, paixBlancVierge de la Merced
Babalú AyéMaladie, épidémies, guérisonMarron, violetSaint Lazare
OyáVents, cimetières, transformationMulticoloreDiverses figures, parfois Sainte Thérèse

Aché : force spirituelle qui circule dans le monde, dans les objets sacrés, le sang des sacrifices, les offrandes.

Misas espirituales : séances de spiritisme, souvent à la maison, où l’on communique avec les morts (egun).

Toque de santo : cérémonie de tambours sacrés (batá), chants et danses, pouvant donner lieu à des états de transe et de possession.

Comment cela se manifeste dans la vie quotidienne

Pour un expatrié, plusieurs éléments reviennent souvent :

Exemple :

Dans les espaces privés et publics, plusieurs éléments témoignent de la pratique de la Santería. On peut observer des autels domestiques où se mêlent images de saints, bougies, fleurs, verres d’eau et statues colorées d’orichas. Les initiés sont reconnaissables à leurs colliers de perles aux couleurs précises ou, pour les nouveaux initiés (iyawó), au port de vêtements entièrement blancs pendant une année. Enfin, des offrandes (ebbó) comme des petits paquets, des bouteilles de rhum, des fruits ou des cigares sont souvent déposées au pied d’un arbre, à un carrefour ou sur le rivage pour les divinités ou les esprits.

Même si vous restez en dehors de ces pratiques, vous serez régulièrement invité à « respecter les saints » : éviter de vous asseoir sur un autel, ne pas toucher les objets rituels, ne pas rire pendant une transe, ne pas photographier une cérémonie sans consentement explicite.

Participer ou pas : comment faire les bons gestes

En tant qu’expatrié, vous pouvez être invité :

Exemple :

Dans la Santería, les pratiques spirituelles incluent la participation à une misa espiritual (séance spirituelle) chez des amis, l’expérience d’un toque de santo (possession rituelle par une divinité), et la consultation d’un babalawo (grand devin d’Ifá) ou d’un santero pour résoudre des problèmes de santé, d’amour ou de travail.

Quelques principes de base :

– Demandez clairement si vous êtes invité comme observateur ou comme participant à part entière.

– Adoptez une tenue sobre, évitez tout ce qui est trop moulant ou trop court ; le blanc est généralement bien vu, le noir peut être connoté négativement selon le rite.

– N’entrez pas dans l’espace rituel central sans y être convié, et laissez les officiants vous guider (où vous asseoir, quand vous lever, ce que vous pouvez ou non faire).

– Ne photographiez jamais sans autorisation explicite ; certains rituels sont considérés comme strictement privés, d’autres acceptent des photos à des moments précis.

Même si l’on vous propose de participer à un sacrifice animal (matanza), vous pouvez décliner poliment en expliquant que vous préférez observer de l’extérieur. Les Cubains sont généralement habitués à la sensibilité des étrangers sur ce point.

Les Églises protestantes et autres minorités : discrétion et vitalité

Au‑delà du catholicisme et des religions afro‑cubaines, Cuba abrite une mosaïque de communautés plus petites : Églises baptistes, pentecôtistes, adventistes, presbytériennes, méthodistes, anglicanes, Témoins de Jéhovah, juifs, musulmans, hindous, pratiquants du spiritisme, etc.

Protestantismes : croissance sous surveillance

Les Églises protestantes représentent environ 3 à 5 % de la population selon les estimations, mais elles sont souvent dynamiques, notamment les courants évangéliques et pentecôtistes. On trouve :

– des temples officiels dans les villes ;

– un grand réseau de « maisons de prière » (églises de maison) où les fidèles se réunissent en petit nombre.

Ces communautés peuvent être d’excellents lieux d’intégration pour un expatrié chrétien : accueil chaleureux, forte cohésion, entraide matérielle.

Côté pratique :

Bon à savoir :

Les tenues pour les cultes sont généralement plus conservatrices que dans le catholicisme ; évitez tongs, débardeurs et vêtements très courts. Les cultes sont participatifs, incluant chants et prières spontanées. Certains groupes interdisent strictement l’alcool, le tabac et parfois la danse ; observez les pratiques avant d’inviter un membre à une sortie festive.

Témoins de Jéhovah, adventistes, orthodoxes, LDS…

D’autres groupes chrétiens sont présents :

Témoins de Jéhovah : environ 96 000 « proclamateurs » actifs selon des données récentes ; ils ont été interdits dans les années 1970 puis tolérés à nouveau à partir des années 1990. Ils pratiquent discrètement et peuvent faire l’objet de discriminations.

Adventistes du septième jour : plusieurs dizaines de milliers de membres, un séminaire en activité, une présence significative dans certaines provinces.

Églises orthodoxes grecque et russe : visibles surtout à La Havane, avec de belles églises inaugurées au début des années 2000.

Église de Jésus‑Christ des Saints des Derniers Jours (mormons) : petite présence, non officiellement reconnue comme dénomination autonome.

Bon à savoir :

Pour les expatriés membres de traditions religieuses minoritaires, il est généralement possible de trouver une communauté, notamment dans la capitale. Cependant, cela implique souvent de s’adapter à un cadre plus régulé par l’État et parfois à une visibilité réduite.

Judaïsme, islam, hindouisme : petites communautés, accueil souvent ouvert

Cuba comptait plus de 24 000 juifs dans les années 1920 ; la majorité a émigré après la Révolution. Il resterait autour de 1 500 juifs, surtout à La Havane, avec des synagogues comme Beth Shalom. La communauté juive est connue pour son sens de l’accueil : certaines synagogues ouvrent leurs portes aux visiteurs, à condition de respecter les règles de base (tenue correcte, pas de photos pendant l’office sans accord, respect du Shabbat).

L’islam est représenté par quelques milliers de personnes, souvent des convertis, et par des étudiants étrangers. Une salle de prière musulmane a été ouverte à La Havane en 2015, et une première mosquée est en construction avec l’appui de la Turquie. Là aussi, une tenue modeste, le retrait des chaussures dans la salle de prière et le respect de la séparation hommes/femmes sont impératifs.

L’hindouisme et le bouddhisme restent très minoritaires numériquement mais illustrent l’ouverture progressive de l’île à une plus grande diversité religieuse.

Codes vestimentaires et attitudes : ce qu’on attend d’un expatrié

La chaleur et l’humidité poussent naturellement vers le short et les tongs ; pourtant, la culture cubaine garde un fond de conservatisme, surtout dans les contextes religieux.

Pour les églises et cérémonies chrétiennes

En général :

Hommes : pantalon long (khaki, lin, « safari »), chemise à col (polo, guayabera traditionnelle). T‑shirts, shorts et casquettes sont à éviter pendant un office. Les chaussures fermées sont recommandées.

Femmes : robe ou jupe au‑dessus des genoux déconseillée, mieux vaut une longueur au niveau des genoux ou en dessous ; haut couvrant les épaules, pas de décolleté plongeant. Sandales propres acceptées, mais on évite tongs de plage.

Bon à savoir :

Les Cubains attachent une grande importance à une tenue correcte pour se rendre à l’église, même avec des moyens modestes. Il est donc perçu comme un manque de respect d’y arriver en tenue de plage.

Pour les rituels afro‑cubains

Les codes varient selon le rite, mais quelques usages sont fréquents :

Astuce :

Pour participer à un rituel, il est conseillé d’éviter les vêtements noirs, sauf si leur port est explicitement demandé pour l’occasion. Privilégiez des tenues unies et simples, le blanc étant souvent apprécié pour sa symbolique de pureté et de protection. À l’intérieur des espaces rituels, retirez chapeau, casquette et lunettes de soleil, sauf indication contraire. Enfin, abstenez-vous de toucher les colliers, bracelets ou objets personnels des autres participants sans y être invité.

Visites chez des familles croyantes

Quand vous êtes invité chez des membres d’une Église ou d’une maison de Santería :

apportez un petit cadeau (chocolats, café, quelque chose de simple de votre pays) ;

acceptez avec gratitude les boissons ou collations offertes, même si ce n’est qu’un café très sucré ou un morceau de pain — refuser sèchement peut être perçu comme une offense ;

– dans de nombreuses familles, la télé reste allumée, des enfants passent, des voisins entrent : ne vous formalisez pas, c’est le mode de sociabilité local.

Parler (ou pas) de religion : une conversation sensible

Autre point essentiel pour les expatriés : la religion est à la fois très présente et souvent sensible. Les consignes de nombreux guides interculturels pour Cuba sont claires : mieux vaut éviter d’aborder spontanément des sujets religieux ou politiques dans une conversation superficielle.

Pourquoi ?

Attention :

L’histoire récente cubaine montre un lien étroit entre foi et contestation politique, avec des prêtres engagés contre Batista puis dans le dialogue post-révolutionnaire. Aujourd’hui, les Églises évangéliques sont au centre de débats sociétaux sensibles (famille, droits LGBT+, avortement). Parallèlement, les religions afro-cubaines, longtemps criminalisées et stigmatisées comme de la « sorcellerie », font que de nombreux pratiquants restent méfiants.

Pour naviguer sans heurter :

– commencez par des questions culturelles : « Cette procession, elle signifie quoi pour vous ? », « Comment se fête le 8 septembre ici ? » plutôt que « Croyez‑vous vraiment aux orichas ? » ;

– évitez toute tonalité de jugement ou de comparaison avec « chez vous » ;

– acceptez que certains ne souhaitent pas parler de leur pratique religieuse, même si par ailleurs ils vous emmènent volontiers voir une procession.

Si le lien de confiance se noue, vous aurez souvent droit à des récits très personnels : guérisons attribuées à Babalú Ayé, rêves interprétés par un santero, conversions évangéliques, désillusions vis‑à‑vis du Parti ou de l’Église.

Les grandes dates religieuses et ce qu’elles changent pour vous

Le calendrier officiel cubain met en avant surtout les commémorations révolutionnaires, mais plusieurs fêtes religieuses structurent la vie sociale et peuvent intéresser les expatriés.

Voici quelques repères utiles :

Fête / périodeTypeCe que vous verrez / impact pour un expatrié
Noël (25 décembre)ChrétienJour férié depuis 1998, offices à l’église, ambiance assez sobre.
Semaine sainte et Vendredi saintChrétienProcessions locales, célébrations dans les paroisses ; certains défilés sont parfois limités par les autorités.
8 septembre – Vierge de la CaridadCatholique & SanteríaGrande fête nationale pour la patronne de Cuba / Ochún ; messes, offrandes, pèlerinages.
17 décembre – San Lázaro / Babalú AyéPopulaire & SanteríaPèlerinage massif au sanctuaire d’El Rincón, promesses, pénitences.
Carnavals de juillet (Santiago…)Traditionnel, afro‑cubainDéfilés, musique, danse, fortes références afro‑cubaines.

Certaines dates ont une forte dimension syncrétique : le 8 septembre, par exemple, est à la fois la fête de la Vierge de la Caridad del Cobre (catholique) et celle de la déesse Ochún (Santería). Vous verrez des femmes en jaune, des processions avec statues de la Vierge, des offrandes de miel, de fleurs, de colliers.

Exemple :

Pour un expatrié, les fêtes locales ou nationales sont de bons moments pour découvrir la culture du pays d’accueil, rencontrer des habitants et d’autres expatriés, et ainsi faciliter son intégration. Par exemple, participer à des célébrations comme Noël, le Nouvel An ou des fêtes traditionnelles spécifiques permet de créer des liens et de mieux comprendre les coutumes.

observer la diversité religieuse : catholiques, santeros, curieux, touristes se côtoient ;

pratiquer la prudence : certains défilés peuvent être annulés ou réduits par les autorités, notamment s’ils prennent une tournure jugée trop revendicative ;

éviter les maladresses : ne pas se moquer des pénitences (pèlerins marchant à genoux, portant de lourdes croix, etc.), ne pas interrompre les prières.

Liberté religieuse et lignes rouges : ce qu’un expatrié doit garder en tête

Les rapports internationaux récents décrivent une situation ambivalente : par rapport aux années 1960‑1980, la liberté religieuse s’est nettement améliorée, mais de nombreuses restrictions demeurent.

Quelques réalités utiles à connaître :

– Des responsables religieux de toutes confessions signalent encore des pressions régulières : convocations par la police, menaces, surveillance rapprochée, campagnes de diffamation sur les réseaux sociaux officiels, blocages de projets sociaux ou caritatifs.

– Des groupes qui refusent de se plier au système d’enregistrement, comme l’Association des Yorubas Libres de Cuba, racontent des arrestations arbitraires et des intimidations.

– La création d’associations religieuses totalement indépendantes de l’État est quasiment impossible juridiquement ; la loi actuelle sur les associations exclut de fait les organisations religieuses autonomes.

En tant qu’étranger :

Attention :

Vous n’évoluez pas dans un environnement neutre : la religion peut y être instrumentalisée à des fins politiques. Il est donc crucial de maintenir une distance vis-à-vis des initiatives militantes au nom de la foi et d’éviter tout rôle d’intermédiaire (financier ou logistique) pour des activités religieuses susceptibles d’être perçues comme une ingérence politique.

Cela ne vous empêche pas de :

participer aux célébrations;

rejoindre une paroisse ou une communauté pour prier;

travailler bénévolement dans des œuvres sociales liées à une Église, avec l’accord clair des responsables locaux et dans le respect des règles cubaines.

Conseils pratiques pour s’intégrer sans faux pas

Tout ce qui précède peut se condenser en quelques réflexes concrets pour un expatrié soucieux de respecter les pratiques religieuses locales.

Observer avant de parler

Que ce soit dans une cathédrale, un temple évangélique, un ilé de Santería ou une synagogue :

– prenez le temps de regarder ce que font les fidèles ;

– imitez les gestes « neutres » (se lever, se rassoir, se découvrir) et abstenez‑vous de gestes rituels spécifiques que vous ne comprenez pas ;

– gardez votre téléphone silencieux et rangez‑le ; un simple clic d’appareil photo au mauvais moment peut être perçu comme très intrusif.

Poser des questions… mais au bon moment

Après la cérémonie, beaucoup de Cubains seront ravis d’expliquer ce que vous avez vu. Le bon ton :

Bon à savoir :

Privilégiez les questions ouvertes (ex: ‘Comment avez-vous appris ces chants ?’). Évitez les questions jugementales (‘Pourquoi faites-vous ceci ? C’est irrationnel…’). Acceptez que certaines réponses se réfèrent à des ‘mystères’ ou des ‘traditions familiales’ sans justification théologique détaillée.

Gérer votre propre identité religieuse

Si vous êtes vous‑même croyant :

Astuce :

Avant votre départ, renseignez-vous sur la présence de votre communauté religieuse à Cuba (paroisses, synagogues, mosquées, Églises spécifiques). Élaborez un plan réaliste pour maintenir vos pratiques, comme la prière personnelle, la lecture, ou une participation en ligne à des célébrations dans votre pays d’origine. Enfin, soyez prêt à expliquer brièvement vos convictions sans prosélytisme agressif et à accepter qu’elles puissent être méconnues ou mal comprises.

Si vous êtes non‑croyant :

– vous n’avez aucun besoin de « faire semblant », mais gardez le respect des lieux et des personnes : ne plaisantez pas sur les saints, les orichas, les rites, même s’ils vous semblent exotiques ou folkloriques ;

– si l’on vous propose une bénédiction, un signe de croix, une protection d’un santero, vous pouvez l’accepter comme un geste de bienveillance, ou décliner avec tact (« merci, mais je préfère ne pas faire de rituel, je respecte beaucoup votre foi »).

Religion, vie sociale et identité cubaine : ce que vous finirez par voir

Avec le temps, vous constaterez que la religion à Cuba ne se résume ni au dogme ni aux institutions. Elle imprègne :

les paroles de chansons évoquant les saints, les orichas, les miracles ;

les couleurs de vêtements choisies tel ou tel jour « pour se protéger » ;

les expressions du quotidien : « Si Dios quiere », « Con la bendición de la Virgen », « Eso fue Changó ».

Dans les quartiers populaires, il n’est pas rare que la même personne :

aille à la messe pour une fête mariale ;

consulte un santero quand un enfant tombe malade de manière inexpliquée ;

écoute attentivement un pasteur évangélique prêcher sur la place.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, il est conseillé d’accepter la fluidité des pratiques et croyances locales sans chercher à les classer selon des catégories occidentales strictes (comme catholique/pratiquant ou croyant/non-croyant). Cette approche est souvent la clé pour une compréhension plus fine du pays.

En fin de compte, respecter les pratiques religieuses locales à Cuba n’exige ni une érudition théologique ni une adhésion à un système de croyance. Cela suppose plutôt :

un sens de l’observation attentif ;

une tenue adaptée aux contextes sacrés ;

– une curiosité humble, sans jugement ;

– et la conscience que, dans cette île où la Révolution reste une référence majeure, la foi peut être à la fois refuge intime, héritage culturel, outil de résistance et vecteur de fierté identitaire.

Ce regard nuancé vous aidera non seulement à éviter les faux pas, mais surtout à entrer, avec délicatesse, dans la complexité d’une société où le « sacré » se joue autant sur les autels que dans les conversations de rue.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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