Les sites touristiques incontournables à Cuba

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Voyager à Cuba, c’est entrer dans un décor de cartes postales où se superposent plages turquoise, villes coloniales figées dans le temps, vallées de tabac classées à l’UNESCO et une scène culturelle d’une vitalité rare. Derrière les clichés de vieilles américaines rutilantes et de mojitos bien frais se cache un pays complexe, où l’histoire, la nature et le quotidien des Cubains se lisent dans chaque place, chaque façade écaillée et chaque paladar.

Cet article propose un véritable tour d’horizon des sites touristiques incontournables à Cuba, en reliant les lieux majeurs – La Havane, Viñales, Trinidad, les plages de Varadero et des cayos, la Baie des Cochons, Cienfuegos, Santiago de Cuba… – à ce qui fait aujourd’hui le cœur de l’expérience cubaine : ses restaurants privés (paladares), ses casas particulares et ses grands rendez-vous culturels.

Comprendre Cuba avant de partir

Découvrir les sites emblématiques de Cuba, c’est aussi s’adapter à un pays où l’infrastructure touristique reste limitée, où les pénuries sont fréquentes et où l’on voyage encore largement avec du cash en poche. La saison sèche, de novembre à avril, correspond à la meilleure période pour explorer l’île, avec des températures généralement comprises entre 20°C et 27°C, un air plus supportable et une mer toujours chaude, entre 24°C et 29°C.

Bon à savoir :

La saison humide, de mai à novembre, est caractérisée par une chaleur lourde, des averses fréquentes et un risque accru de tempêtes, particulièrement en septembre et octobre lors du pic de la saison des ouragans. Pour un bon équilibre entre météo et affluence, les mois d’avril et d’octobre sont souvent recommandés. Pour les budgets serrés, les mois de mai, juin et septembre sont généralement les plus avantageux.

Le tableau suivant résume le climat à La Havane sur une année, utile pour caler ses visites de villes et de sites naturels.

MoisTempérature moyenne (°C)Min (°C)Max (°C)Pluie moyenne (mm)Remarque principale
Janvier21172651Sec, plus frais
Février25172550Agréable, peu de pluie
Mars~24192840Idéal pour explorer
Avril24–29202960Début de la chaleur
Mai~25–302130110Entrée en saison des pluies
Juin272231200Très chaud et humide
Juillet322332140Canicule fréquente
Août322332150Mer très chaude
Septembre262331190Ouragans possibles
Octobre252230180Mois le plus pluvieux
Novembre23203360Retour du temps plus sec
Décembre22183250Hiver doux

Au-delà de la météo, Cuba impose quelques réalités pratiques. Les coupures de courant sont fréquentes, l’accès Wi-Fi reste lent et payant, l’eau du robinet n’est pas potable et les pharmacies manquent souvent de médicaments de base. Le pays fonctionne majoritairement en espèces, avec le peso cubain (CUP) comme monnaie officielle, mais les cartes étrangères, surtout américaines, ne sont pas fiables et les distributeurs rarement accommodants. Mieux vaut arriver avec suffisamment de cash, conservé en sécurité, et accepter de voyager dans un environnement où la débrouille fait partie du quotidien.

La Havane, cœur battant et musée à ciel ouvert

La capitale concentre une grande partie des sites emblématiques du pays. Entre les ruelles pavées de La Habana Vieja, le front de mer du Malecón, les grandes artères du Vedado et les villas de Miramar, chaque quartier compose un visage différent de Cuba.

La Habana Vieja, un centre historique classé à l’UNESCO

Le centre ancien de la capitale, La Habana Vieja, est le plus grand ensemble colonial d’Amérique latine inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Fondée en 1519 autour d’une baie stratégique pour les galions espagnols, la ville a très tôt été fortifiée après le sac de 1555 par le corsaire français Jacques de Sores. Aujourd’hui, le visiteur se promène dans un maillage de rues piétonnes où bâtiments restaurés, façades décrépites et balcons fleuris cohabitent dans une atmosphère unique.

Le quartier s’organise autour de cinq grandes places coloniales, chacune ayant eu un rôle spécifique : militaire, commercial, social ou religieux.

Place principaleFonction historique dominanteParticularités touristiques majeures
Plaza de ArmasMilitaire puis administrativeForteresse, musée de la ville, librairie d’occasion
Plaza de la CatedralReligieuseCathédrale baroque, palais aristocratiques
Plaza ViejaSociale et marchandeArchitecture colorée, cafés, microbrasserie, Camara Oscura
Plaza de San FranciscoCommerciale et portuaireBasilique, bourse ancienne, terminal de croisières
Plaza del CristoUrbaine, de quartierAmbiance locale, paladares fréquentés par les Havanais

Autour de ces places, les façades racontent des siècles d’histoire : palais baroques transformés en musées, anciennes demeures aristocratiques devenues bars ou paladares, églises reconverties en salles de concert. La restauration, lancée dans les années 1980 sous l’égide de l’Office de l’Historien de la ville, coexiste avec la décrépitude, offrant un contraste permanent qui fait aussi le charme du quartier.

Plaza de la Catedral et les mythes d’Hemingway

La Plaza de la Catedral est probablement la plus photogénique. À l’origine marécage asséché au XVIIIᵉ siècle, elle s’est peu à peu encadrée des demeures de grandes familles commerçantes. La Catedral de San Cristóbal, avec sa façade baroque et ses deux clochers asymétriques, domine l’espace. À l’intérieur, le style devient plus sobre et néoclassique. Un temps, des reliques attribuées à Christophe Colomb y ont été conservées avant d’être transférées en Espagne.

Exemple :

Les palais qui entourent une place sont ouverts à la visite, tant pour leur valeur architecturale que pour leur nouvelle fonction. Par exemple, un ancien palais peut abriter aujourd’hui un musée, une galerie d’art ou un centre culturel, permettant aux visiteurs d’apprécier à la fois son histoire et son utilisation contemporaine.

Le Palacio de los Condes de Casa Bayona abrite le Musée d’Art Colonial, avec ses patios ombragés et ses meubles d’époque.

– La Casa del Conde de Lombillo rappelle qu’elle hébergea le premier bureau de poste de la ville.

– Le Palacio de los Marqueses de Aguas Claras est aujourd’hui occupé par le restaurant El Patio.

– La Casa de los Condes de Peñalver héberge le Centre d’art contemporain Wifredo Lam, tourné vers la création actuelle.

À quelques pas, sur la Calle Empedrado, se presse une petite foule devant La Bodeguita del Medio, bar culte associé au mojito et à Ernest Hemingway. Son nom est gravé partout sur les murs, même si la réalité historique de sa fidélité à l’endroit importe finalement moins que le mythe qu’il incarne. C’est à proximité que l’on trouve aussi la paladar Doña Eutemia, devenue une adresse phare pour goûter à une cuisine cubaine soignée dans un cadre intimiste.

Plaza Vieja, laboratoire urbain et place des cafés

La Plaza Vieja, d’abord appelée Plaza Nueva en 1559, est la première extension planifiée de la ville coloniale. Longtemps marché principal, défigurée au XXᵉ siècle par un parking souterrain, elle a retrouvé son allure d’origine après la démolition de cette structure dans les années 1990.

Les édifices qui la ceinturent racontent la superposition des styles :

La Casa del Conde Jaruco, bâtie au XVIIIᵉ siècle, expose ses vitraux colorés typiques (les mediopuntos).

– Le Palacio Cueto, aux ornements art nouveau, est en cours de transformation en hôtel de luxe.

– La Camara Oscura, installée dans une tour, projette une vue panoramique de la ville en temps réel grâce à un dispositif optique rare dans le monde.

Astuce :

La place El Escorial est un lieu idéal pour s’installer en terrasse. On y trouve le Café El Escorial, réputé pour son café serré souvent accompagné de musique de rue, ainsi que la microbrasserie Factoria (La Casa de la Cerveza), très prisée des amateurs de bière artisanale. À l’heure dorée, la lumière met en valeur les façades ocres et pastel des bâtiments, offrant de magnifiques reflets dans les verres et créant un cadre parfait pour les photographes.

Plaza de Armas, berceau de la ville et mémoire coloniale

La Plaza de Armas est le plus ancien carré urbain de La Havane. C’est ici que furent célébrées la première messe et le premier conseil municipal. D’abord dédiée aux manœuvres militaires, elle est devenue un lieu de promenade favori des élites au XVIIIᵉ siècle.

Les monuments qui l’entourent constituent un condensé d’histoire cubaine :

Le Templete, petit temple néoclassique, marque l’emplacement symbolique de la fondation de la ville. Devant, un fromager (ceiba) fait l’objet d’un rituel : tourner trois fois autour en formulant un vœu.

Le Palacio de los Capitanes Generales, ancienne résidence des gouverneurs coloniaux puis siège de la présidence, est désormais le Musée de la ville. Sur sa façade, la rue pavée de bois avait été conçue pour que les sabots et les roues n’importunent pas le sommeil des autorités.

– Le Castillo de la Real Fuerza, forteresse en pierre construite au XVIᵉ siècle, abrite un musée dédié à la navigation et aux épaves. Sa girouette en bronze, La Giraldilla, est devenue l’un des symboles de La Havane.

– Le Palacio del Segundo Cabo et l’actuel hôtel Santa Isabel complètent cet ensemble monumental.

Attention :

Autrefois située sur la place, la vente d’ouvrages d’occasion se tient désormais dans les ruines d’un ancien bâtiment judiciaire, à quelques mètres de là. Ce marché reste un lieu de rendez-vous privilégié pour les passionnés de littérature et de vieux journaux révolutionnaires.

Plaza de San Francisco, porte d’entrée maritime

Face à l’ancienne zone portuaire, la Plaza de San Francisco de Asís a longtemps été le cœur commercial de la ville. Les navires venaient y chercher de l’eau douce et y décharger leurs marchandises. Totalement restaurée, elle offre aujourd’hui un visage plus policé, dominé par la Basilique San Francisco de Asís et son clocher qui surplombe les toits.

La fontaine des Lions, copie en marbre d’un motif de l’Alhambra, trône au centre, tandis que la Lonja del Comercio, ancienne bourse, témoigne de la prospérité passée. Aux abords, la statue du Caballero de París, personnage marginal devenu figure populaire, est désormais caressée à longueur de journée : toucher sa barbe serait porte-bonheur.

Malecón, Vedado, Miramar : La Havane au-delà des murailles

Quitter le centre historique, c’est remonter le Malecón, la digue-route qui borde la ville sur plus de sept kilomètres. Au coucher du soleil, les murets s’emplissent de couples, de pêcheurs, de jeunes qui écoutent de la musique sur leur téléphone, malgré les vapeurs des vieilles voitures qui filent sur la chaussée.

Plus au sud, le quartier du Vedado concentre grandes avenues, immeubles modernistes, bars et lieux culturels. L’Hotel Nacional de Cuba, symbole d’une époque où les stars et les gangsters américains venaient y jouer et y danser, côtoie aujourd’hui des cabarets mythiques comme le Tropicana, toujours réputé pour ses spectacles en plein air. C’est dans cette zone que se tiennent aussi des concerts, des festivals de danse ou des événements comme la rencontre internationale de salsa Ritmo Cuba.

Miramar et Playa, plus résidentiels, accueillent ambassades, villas avec jardins et équipements modernes comme la clinique internationale Cira García. On y trouve également quelques grandes paladares installées dans d’anciennes demeures, qui montrent jusqu’où peut aller la créativité culinaire cubaine dès lors qu’on lui en laisse la liberté.

Viñales, vallée du tabac et paysages de carte postale

À environ 180 à 200 kilomètres à l’ouest de La Havane, le village de Viñales et sa vallée classée à l’UNESCO offrent un décor naturel saisissant. Des pains de sucre calcaires, les mogotes, émergent des champs de tabac, de café et de canne à sucre. La région, peuplée de moins de 30 000 habitants, vit encore largement au rythme d’une agriculture traditionnelle.

La vallée a été reconnue par l’UNESCO pour ses paysages culturels, où des méthodes ancestrales de culture et de séchage du tabac sont toujours employées. Les visiteurs peuvent s’y rendre de plusieurs façons, mais la plupart choisissent le bus touristique ou les taxis privés.

Moyens de transport : La Havane vers Viñales

Aperçu comparatif des options disponibles pour voyager entre la capitale cubaine et la célèbre vallée de Viñales.

Voiture de location

Flexibilité maximale pour explorer à votre rythme. Comptez environ 2h30 de trajet. Nécessite un permis international et une réservation à l’avance.

Taxi collectif (Colectivo)

Solution économique et typique. Partage du véhicule avec d’autres voyageurs. Départs depuis des points précis à La Havane.

Bus touristique (Viazul)

Service de bus climatisé et confortable. Réservation recommandée. Horaires fixes et trajet direct.

Excursion organisée

Visite guidée incluant souvent des arrêts dans des sites touristiques sur le chemin. Transport aller-retour et parfois repas inclus.

Taxi privé

Le plus confortable et le plus rapide, mais aussi le plus onéreux. Négociation du prix recommandée avant le départ.

Moyen de transportDurée approximativeCoût indicatif (aller simple)Avantages principauxInconvénients majeurs
Bus Viazul3 h 30 à 4 h 1016–23 USDConfortable, climatisé, directPeu de fréquences, billets à réserver, entreprise d’État
Taxi privé2 h 30 à 3 h~100–180 USD / voitureFlexible, porte-à-porte, arrêts possiblesCoût plus élevé, dépend de l’essence disponible
Taxi collectif (colectivo)~4 h 4025–30 USD / personnePartage des coûts, ambiance localeDéparts irréguliers, confort variable, détours fréquents
Camiones + colectivos locaux~7 h3–8 CUC environTrès économique, immersion totaleLong, inconfortable, peu lisible pour un premier voyage

Une fois sur place, la découverte se fait à pied, à cheval, en vélo ou via un bus touristique local qui dessert les principaux points d’intérêt pour un tarif modeste. Les sentiers traversent les champs jusqu’à des grottes comme la Cueva del Indio, où l’on embarque sur une petite barque, ou les Cuevas de Santo Tomás, plus vastes. Des fresques géantes, comme le Mural de la Prehistoria, recouvrent certains flancs de mogotes, témoignant d’une longue tradition d’art muraliste, qu’on aime ou non le style.

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Les fermiers doivent livrer une part de leur récolte de tabac à l’État, le reste étant vendu directement aux visiteurs.

Les hébergements se font majoritairement en casas particulares, ces chambres chez l’habitant réglementées par le gouvernement, signalées par un petit logo bleu. Les repas y sont copieux, souvent meilleurs que dans bien des restaurants étatiques, avec des plats typiques comme le moros y cristianos (riz et haricots noirs), le porc rôti ou le poisson grillé.

Trinidad, joyau colonial et base idéale entre mer et montagnes

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, Trinidad donne l’impression d’être figée au XIXᵉ siècle. Ses ruelles pavées, ses maisons aux couleurs vives, ses balcons en bois et ses grilles en fer forgé composent un décor presque intact. L’ancienne richesse des plantations de canne à sucre du Valle de los Ingenios, voisin, se lit dans les palais reconvertis en musées.

Exemple :

La Plaza Mayor, entourée de bâtiments historiques, sert de point central. Elle permet d’accéder à des musées tels que le Palacio Cantero et le Museo Romántico, illustrant la vie des familles aisées à l’époque coloniale. Depuis le clocher, on bénéficie d’une vue panoramique sur les toits de la ville, la mer et les montagnes environnantes.

À la nuit tombée, la ville change de visage. Les marches proches de la Casa de la Música se transforment en piste de danse à ciel ouvert, entre salsa, son et timba. Club Ayala, discothèque installée dans une grotte à la périphérie, ajoute une touche surréaliste à l’expérience nocturne.

Bon à savoir :

La ville de Trinidad sert de point de départ idéal pour découvrir deux paysages emblématiques de Cuba : les reliefs montagneux à proximité et les plages de la région.

Au nord, le massif de Topes de Collantes et les parcs d’El Cubano ou Vegas Grande offrent des randonnées menant à des cascades comme Salto del Caburní ou El Nicho, où l’on se baigne dans des bassins naturels d’eau fraîche après avoir traversé la forêt.

Au sud, la Playa Ancón, à une quinzaine de kilomètres, déroule une plage de sable clair qui rivalise avec certaines stations balnéaires plus célèbres, mais avec une atmosphère plus calme et un littoral moins bétonné. On y vient en taxi, en bus ou même à vélo depuis Trinidad.

Cienfuegos et la Baie des Cochons, architecture et mémoire

Plus à l’ouest de Trinidad, Cienfuegos, la “Perle du Sud”, se distingue par son urbanisme aéré et ses influences françaises. Le Parque José Martí, avec son théâtre Tomás Terry à la façade richement ornée, la cathédrale et les bâtiments administratifs, forme un ensemble harmonieux. Sur le front de mer, le Palacio de Valle, édifice éclectique aux touches néo-mauresques, est désormais un lieu de restauration et de contemplation de la baie.

Non loin de là, la Ciénaga de Zapata et la Baie des Cochons (Playa Larga, Playa Girón) combinent intérêt historique et richesse naturelle. Les musées locaux reviennent sur le débarquement raté de 1961, épisode majeur de la Guerre froide, tandis que les côtes offrent des spots de snorkeling comme la Cueva de los Peces, un cénote d’eau douce relié à la mer, où les poissons tropicaux évoluent parmi les coraux.

Ciénaga de Zapata et Baie des Cochons

Santiago de Cuba, capitale de l’Oriente et des grandes fêtes

À l’autre extrémité de l’île, Santiago de Cuba incarne un autre visage du pays. Plus proche de la Jamaïque que de La Havane, la ville est réputée pour son héritage afro-cubain très marqué, ses traditions musicales et ses fêtes populaires. Le carnaval de Santiago, en juillet, est l’un des plus anciens et des plus spectaculaires de l’île, avec chars, congas et comparsas qui envahissent les rues pendant plusieurs jours.

Bon à savoir :

La ville possède un important héritage historique révolutionnaire et colonial, visible notamment à la forteresse d’El Morro qui garde la baie et sur les sites liés aux figures de la lutte armée. Elle sert également de point d’accès aux reliefs de la Sierra Maestra, où se trouve le Pico Turquino, le point culminant de Cuba.

Les grandes plages : Varadero et les cayos

Pour beaucoup de voyageurs, un séjour à Cuba ne serait pas complet sans quelques jours de farniente. L’île compte plus de 5 700 kilomètres de côtes, et une grande partie de son attrait touristique repose sur les plages de sable blanc et une mer translucide.

Varadero, la station balnéaire la plus célèbre

Situé sur une longue péninsule à environ deux heures de route de La Havane, Varadero est le nom qui revient le plus souvent quand on parle de plages cubaines. Sur environ 20 à 22 kilomètres, une succession d’hôtels, de complexes tout inclus et de quelques casas particulares s’aligne le long d’un rivage où la mer prend une teinte bleu “boisson énergisante” selon certains voyageurs.

La station offre de nombreuses excursions : sortie en catamaran vers Cayo Blanco, journée à La Havane, visite de Matanzas ou des grottes de Bellamar. Les amateurs de golf profitent d’un terrain en bord de mer. La vie nocturne est animée, avec clubs, bars et concerts parfois jusqu’au petit matin. Un bus touristique à arrêts multiples circule le long de la péninsule pour un prix modique, facilitant le déplacement entre hôtels, centre-ville et plages.

En hiver, le vent peut rendre la baignade plus mouvementée, mais les températures restent agréables pour les visiteurs en quête de soleil.

Les cayos, paradis isolés du Jardines del Rey

À l’inverse de Varadero, les cayos – ces petites îles reliées au continent par des chaussées sur la mer (pedraplén) – misent sur une ambiance de retraite balnéaire, presque coupée du monde. Ils appartiennent au vaste archipel Jardines del Rey, sur la côte nord.

Cayo Santa María

Cayo Santa María, petite île d’environ 16 kilomètres sur 2, est la plus proche de La Havane parmi les grands cayos touristiques. On y accède généralement via l’aéroport de Santa Clara, puis par une route de près de 48 kilomètres qui traverse la mer. Le trajet jusqu’aux hôtels dure environ deux heures et demie.

Les plages y sont réputées pour leur sable fin et leur tranquillité. L’essentiel de la vie se déroule dans les complexes tout inclus, certains très haut de gamme, prisés des couples en lune de miel. Hors des hôtels, un marché touristique, Pueblo La Estrella, concentre boutiques, bars et quelques animations. Les sorties se limitent souvent à des bus organisés vers Santa Clara, Cienfuegos ou Remedios.

Cayo Coco et Cayo Guillermo

Cayo Coco, quatrième plus grande île de Cuba, se distingue par sa végétation de mangroves, ses lagunes et la présence d’oiseaux comme les ibis blancs ou les flamants roses. Les plages, à sable très blanc et eau turquoise limpide, figurent parmi les plus photogéniques du pays. Un unique axe routier dessert les différents complexes hôteliers, et le sentiment d’isolement est encore plus fort qu’à Varadero.

Bon à savoir :

Cayo Guillermo est relié par la route à Cayo Coco et abrite la célèbre Playa Pilar, souvent classée parmi les plus belles plages de Cuba. Son sable poudreux et son lagon peu profond attirent les familles et les amateurs de paysages préservés. Une excursion à la journée est possible en prenant un bus touristique depuis Cayo Coco.

Cayo Largo del Sur

Plus au sud, Cayo Largo del Sur se distingue par son exposition directe à la mer des Caraïbes, ce qui lui vaut la réputation d’être l’un des meilleurs sites balnéaires du pays. Ses plages, comme Playa Sirena ou Playa Paraíso, sont souvent peu fréquentées, au prix cependant d’une plus grande difficulté d’accès et d’une dépendance quasi totale aux infrastructures touristiques locales.

Varadero ou les cayos : deux ambiances

Pour aider à choisir entre ces deux grandes options de plage, on peut résumer leurs atouts respectifs.

CritèreVaraderoCayos (Cayo Coco, Santa María, Guillermo, Largo)
Accessibilité depuis La Havane2–2,5 h par routeTrajet routier + souvent vol intérieur
Vie hors des hôtelsVille, bars, restos, marchésQuasi inexistante, activité centrée sur les resorts
AmbianceAnimée, familiale, festiveCalme, isolée, propice au repos
Beauté des plages et de l’eauTrès belle eau turquoises, sable blancCouleurs souvent jugées “encore plus irréelles”
Excursions culturellesFaciles vers La Havane, Matanzas, grottesPlus limitées, souvent sur une journée organisée
BudgetLarge gamme de prixMajoritairement tout inclus, budget plus élevé

Beaucoup de voyageurs combinent les deux expériences sur un même séjour, en terminant par quelques jours dans un cayo après un périple plus culturel.

Old Havana et la vie culturelle : musique, arts, festivals

Dans tout le pays, la culture cubaine se vit autant dans la rue que dans les institutions. À La Havane, les grands théâtres – Gran Teatro, Théâtre National – voisinent avec les Casas de la Música, les casas de cultura et des lieux hybrides comme la Fábrica de Arte Cubano, ancienne usine transformée en galerie, club et salle de concert.

Exemple :

La capitale cubaine abrite plusieurs sites patrimoniaux majeurs, notamment El Capitolio, un bâtiment néoclassique inspiré du Capitole de Washington ; le Museo de la Revolución, situé dans l’ancien palais présidentiel ; le cimetière Colón, réputé pour ses tombeaux monumentaux ; et la place de la Révolution, vaste esplanade dominée par une représentation stylisée de Che Guevara et un monument dédié à José Martí.

La programmation d’événements est dense tout au long de l’année. Des festivals comme le Havana Jazz Festival en janvier, la Biennale d’art contemporain, le festival du Nouveau cinéma latino-américain en décembre ou de grandes rencontres de danse et de musique attirent des publics internationaux. À Santiago, le Festival del Caribe et le carnaval de juillet transforment la ville en une longue procession de tambours et de chars. À Remedios, les Parrandas de fin décembre mêlent traditions religieuses et joutes pyrotechniques.

Paladares, casas particulares et gastronomie du quotidien

Comprendre les sites touristiques cubains, c’est aussi regarder où et comment on mange. Le pays souffre de pénuries alimentaires chroniques et d’une logistique complexe, mais un secteur s’est particulièrement développé depuis les réformes économiques lancées au début des années 2010 : celui des paladares, les restaurants privés.

Ce que sont les paladares et pourquoi ils comptent

Nés dans les années 1990, d’abord cantonnés à quelques tables dans un salon familial, les paladares ont pris leur essor après l’assouplissement des règles en 2010–2011. Ils ont alors gagné le droit d’occuper des locaux dédiés, d’augmenter le nombre de couverts et de recruter du personnel non familial. Tout en restant soumis à l’impôt, ils se distinguent nettement des restaurants d’État.

quelques dizaines

C’est le montant, en dollars, que dépasse rarement le salaire mensuel officiel à Cuba.

La contrepartie est un niveau de prix qui dépasse de loin ce que peuvent s’offrir la plupart des Cubains. Une addition pour deux avec plats, dessert, café et vin dans un bon paladar peut aisément approcher ou dépasser quelques dizaines de dollars, quand un repas dans un petit resto fréquenté par les locaux se chiffre à quelques dollars seulement.

Une poignée de paladares emblématiques

À La Havane, plusieurs paladares ont acquis une renommée qui dépasse les frontières : La Guarida, installée dans un immeuble délabré immortalisé par le film “Fresa y Chocolate”, a vu défiler dignitaires et célébrités ; San Cristóbal, fréquenté par des chefs d’État comme Barack Obama, mêle un décor chargé de bibelots à une cuisine d’inspiration créole ; Ivan Chef Justo ou Al Carbón, installés dans un bâtiment du XVIIIᵉ siècle, revisitent les classiques locaux.

D’autres comme 304 O’Reilly, El Del Frente, Mas Habana, El Cocinero ou Vistamar ont su trouver un équilibre entre plats cubains et touches internationales, avec cocktails créatifs et ambiances branchées. Non loin des places d’Old Havana, El Chanchullero de Tapas (près de Plaza del Cristo) ou Doña Eutemia (derrière la Cathédrale) sont devenus pour beaucoup des “incontournables”.

Au fil des années, de nombreuses adresses se sont rajoutées, dans tous les quartiers : Los Nardos face au Capitole pour des portions généreuses à tarif raisonnable, El Biky, La Fontana, La Cocina de Lilliam, La Esperanza, Mediterraneo, Otramanera, Rio Mar, Santy Pescador… Les noms se multiplient mais la logique reste la même : proposer mieux que les établissements étatiques, dans les limites imposées par l’approvisionnement.

Ce que l’on mange vraiment à Cuba

La cuisine cubaine puise à plusieurs sources – espagnole, africaine, taïno, chinoise – mais elle n’est traditionnellement pas épicée. La base de nombreux repas se résume à une portion de viande ou de poisson accompagnée de riz blanc et de haricots noirs, souvent arrosés d’un mélange simple d’huile, de sel et de vinaigre. Les accompagnements incluent bananes plantains frites, manioc (yuca), patate douce ou salade de concombres et tomates quand ceux-ci sont disponibles.

Exemple :

Parmi les plats emblématiques, on retrouve la *ropa vieja* (bœuf effiloché mijoté), l’*arroz con pollo* (poulet et riz), le porc rôti ou le *picadillo* (hachis de bœuf cuisiné avec légumes et parfois raisins secs). Dans les zones côtières, poissons et fruits de mer occupent une place importante, notamment le vivaneau, le mahi-mahi ou la langouste.

Les pizzas de rue, très populaires, sont préparées sur des bases épaisses avec une sauce tomate sucrée et souvent du gouda, garnies parfois d’ananas ou de chorizo. Vendues entre un et quelques dollars, elles constituent un en-cas accessible.

Côté douceurs, le flan, le tres leches, les petits chaussons à la goyave (pastelitos, cangrejitos) ou le riz au lait sont parmi les plus courants. Tout se termine presque toujours par un cafecito, un expresso serré et sucré, parfois servi dans des gobelets minuscules à partager.

En boisson, le pays met en avant son rhumHavana Club, Santiago de Cuba, ou des marques plus récentes comme Black Tears – dans des cocktails désormais universels comme le mojito ou le daiquiri. La Bodeguita del Medio et El Floridita, respectivement associés à ces deux classiques, se revendiquent comme leurs berceaux, avec photos d’Ernest Hemingway à l’appui.

Où dormir : hôtels d’État ou casas particulares ?

Sur l’ensemble du territoire, l’hébergement oscille entre grands hôtels publics, complexes tout inclus et casas particulares. Ces dernières, louées par des familles, sont devenues le mode d’hébergement favori de nombreux voyageurs indépendants. Elles assurent un rapport qualité-prix plus intéressant, permettent un contact direct avec les habitants et proposent souvent des repas copieux en option.

20-30

C’est le prix en dollars par nuit pour une chambre double avec salle de bain privée dans les villes cubaines hors des zones les plus touristiques.

Les hôtels d’État, eux, offrent une expérience plus standardisée, mais pâtissent parfois de problèmes d’entretien, de service poussif ou de coupures d’eau et d’électricité malgré la présence de générateurs dans les grandes structures. Dans certaines régions balnéaires, notamment les cayos, ils restent néanmoins la seule option réaliste.

Conseils pratiques pour profiter au mieux des sites cubains

Parcourir les sites touristiques incontournables de Cuba impose quelques précautions supplémentaires par rapport à d’autres destinations des Caraïbes. L’infrastructure ferroviaire est lente et peu fiable, le réseau de bus locaux inconfortable, et les routes, bien que relativement dégagées faute de voitures, souvent dégradées et peu éclairées. Les bus touristiques comme Viazul ou les transferts privés organisés par les agences et les propriétaires de casas représentent souvent le meilleur compromis entre coût, sécurité et confort.

Attention :

Les visiteurs doivent anticiper leurs besoins médicaux et d’hygiène en apportant leurs médicaments, produits de toilette, crème solaire et un répulsif anti-moustiques, car des maladies comme la Dengue, Zika ou le chikungunya sont présentes sur l’île. Il est également conseillé de prévoir une gourde filtrante ou des pastilles purificatrices, l’eau en bouteille pouvant être rare dans certains endroits.

Dans les villes, les petites escroqueries et le harcèlement commercial existent, notamment sous la forme de “guides spontanés” ou de vendeurs de cigars “hors circuits” qui prétendent proposer des affaires imbattables. Rester poli mais ferme, éviter les transactions au marché noir et privilégier les changeurs officiels permet de réduire ces risques.

Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’impact des coupures de courant sur la visite des sites. Certains musées ou monuments peuvent fermer plus tôt, les restaurants fonctionner à flux tendu, et les systèmes de paiement électronique tomber en panne. Voyager à Cuba, c’est accepter cette part d’imprévu, qui fait autant partie du pays que ses places coloniales ou ses plages.

Construire son itinéraire autour des sites incontournables

Avec tant de lieux à voir, un premier voyage à Cuba nécessite quelques choix. Un circuit classique d’une quinzaine de jours combine généralement :

La Havane et ses places historiques, musées, paladares et soirées musicales.

– Viñales et sa vallée de tabac, ses grottes et ses plantations.

– Trinidad, entre patrimoine colonial, cascades de montagne et plage de Playa Ancón.

Cienfuegos et la Baie des Cochons pour l’architecture et l’histoire récente.

– Une fin de séjour les pieds dans le sable, à Varadero ou sur un cayo.

Les plus curieux prolongent ensuite vers Santiago de Cuba et l’extrême Oriente, ou vers Baracoa, plus isolée, pour découvrir un visage encore différent du pays.

Au fil de ce parcours, l’essentiel est sans doute d’alterner les incontournables, parfois très fréquentés, avec des parenthèses plus calmes – un village, une casa particular en campagne, une petite plage moins connue – qui permettent d’apercevoir un peu du quotidien des Cubains loin des circuits organisés.

C’est dans cet équilibre entre places grandioses, vallées classées, plages de rêve, maisons d’hôtes et paladares imaginatifs que se joue la vraie richesse des sites touristiques incontournables à Cuba. Un pays dont chaque façade écaillée, chaque bol de riz et haricots, chaque note de trompette sur une place apporte un fragment d’histoire et de présent, bien au-delà de la seule carte postale.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à 1 M€ bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cuba, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Cuba pour son coût de vie nettement inférieur à la France, son régime spécifique pour les revenus étrangers, et la possibilité d’organiser une présence physique maîtrisée tout en conservant des actifs en Europe. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un statut de résidence de long séjour via investissement ou revenus stables, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire hors de France, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours/an à Cuba, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, comptable) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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