Les soins de santé pour les expatriés à Cuba : ce qu’il faut vraiment savoir avant de s’installer

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Vivre à Cuba attire de plus en plus d’expatriés, séduits par le climat, la culture et le coût de la vie. Mais côté santé, le pays ne ressemble ni à l’Europe ni à l’Amérique du Nord. Le système est entièrement étatisé, les médecins sont nombreux et bien formés, mais la pénurie de médicaments, le manque d’équipement moderne et la dualité entre soins pour les Cubains et pour les étrangers changent complètement la donne pour un expatrié.

Bon à savoir :

Avant votre départ, il est essentiel de comprendre le fonctionnement du système de santé local, vos obligations légales en matière de couverture, les lieux où vous faire soigner et les solutions pour assurer votre protection financière. Ces informations s’appuient sur les données disponibles et les recommandations des autorités sanitaires et consulaires.

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Un système de santé performant sur le papier, fragilisé sur le terrain

Le système de santé cubain est souvent cité en exemple pour son approche préventive et ses indicateurs globaux. Il est entièrement public, financé par l’État, et garantit aux citoyens l’accès gratuit aux consultations, hospitalisations, interventions chirurgicales et traitements hospitaliers. L’accès aux soins est inscrit comme un droit dans la Constitution.

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Cuba compte environ 9 médecins pour 1000 habitants, l’un des meilleurs ratios au monde.

Mais ces succès cachent une réalité matérielle autrement plus rude. Les établissements publics cubains souffrent d’infrastructures vieillissantes, d’équipements obsolètes et surtout de pénuries chroniques de médicaments et de matériel. Dans certains hôpitaux, les patients doivent apporter draps, savon, voire nourriture. Les salaires très bas des médecins entraînent aussi des tensions internes et une fuite de personnel.

Pour un expatrié, cela signifie que la compétence médicale existe, mais qu’elle n’est pas toujours soutenue par les moyens techniques nécessaires, en particulier en dehors de La Havane et des zones touristiques.

Un système dual : un réseau public pour les Cubains, des cliniques internationales pour les étrangers

Contrairement aux citoyens cubains, les expatriés n’ont pas accès gratuitement au système public. En pratique, ils sont orientés vers un circuit parallèle de soins destiné aux étrangers, aux diplomates et aux touristes. Cette dualité structure toute l’expérience médicale d’un résident étranger.

Comment sont organisés les soins pour les expatriés

Le pays a développé, au fil des années, un réseau d’établissements spécifiquement tournés vers la patientèle internationale :

des hôpitaux et cliniques dits « internationaux » ou « touristiques », gérés par l’État mais fonctionnant sur un modèle payant pour les étrangers ;

un réseau Servimed d’une quarantaine de cliniques pour les soins primaires et certaines spécialités ;

– des pharmacies réservées aux voyageurs internationaux, souvent mieux approvisionnées mais nettement plus chères.

Attention :

Ces structures offrent généralement des locaux en meilleur état, plus de matériel, et du personnel bilingue (espagnol-anglais). Elles prennent en charge les urgences, les consultations courantes, les examens (imagerie, laboratoire) et la chirurgie programmée.

Principaux établissements pour expatriés

La plupart des expatriés installés à La Havane ou de passage sont dirigés vers la Clínica Central Cira García, véritable vitrine du tourisme médical cubain. D’autres centres complètent l’offre, notamment pour des spécialisations pointues.

Pour avoir une vue d’ensemble, le tableau suivant synthétise quelques établissements clés cités dans les sources :

ÉtablissementVille / QuartierRôle principal pour les étrangersSpécialités mises en avant
Clínica Central Cira GarcíaLa Havane, MiramarRéférence pour résidents étrangers, diplomates, tourisme médicalMédecine interne, chirurgie, stomatologie, imagerie, soins de suite
CIMEQ (Centro de Investigaciones Médico Quirúrgicas)La Havane, SiboneyHôpital de haut niveau pour officiels et VIP, accessible à certains étrangersMédecine interne, oncologie, chirurgie, cardiologie
Hospital Hermanos AmeijeirasLa Havane, Centro HabanaGrand hôpital de référence, ouverture aux patients internationauxOncologie, neurochirurgie, greffes, cardiologie
Clínica Internacional Camilo CienfuegosLa Havane, VedadoClinique internationale, notamment en ophtalmologieOphtalmologie, médecine générale, chirurgie
Clínica Internacional de VaraderoVaraderoCentre principal pour touristes de la station balnéaireMédecine générale, urgences, hospitalisation courte
Clínica Internacional Cayo Santa MaríaCayo Santa MaríaRéférence pour les hôtels de l’îlotMédecine générale, garde 24h/24, ambulance
International Health Center La PraderaLa HavaneSéjours de réadaptation et programmes de santéRééducation, médecine préventive, cures spécialisées
International Center for Neurological Restoration (CIREN)La HavanePôle de référence en pathologies neurologiquesMaladies de Parkinson, SEP, rééducation neurologique

Dans les provinces, d’autres cliniques internationales (Cienfuegos, Santiago de Cuba, Holguín, Cayo Coco, Santa Lucía, Baracoa, etc.) assurent une prise en charge des touristes et résidents étrangers, avec des capacités plus limitées qu’à La Havane.

Une obligation légale : l’assurance santé pour tous les étrangers

Pour un expatrié, la première règle à connaître ne concerne pas un médicament ou un hôpital, mais… une police d’assurance. Depuis 2010, la loi cubaine impose à tout visiteur étranger, qu’il soit touriste ou résident temporaire, de disposer d’une assurance médicale valable pour toute la durée de son séjour.

Contrôle à l’entrée et conséquences

Les autorités d’immigration peuvent demander la preuve d’une couverture santé au moment du contrôle des passeports, dans n’importe quel aéroport ou port. En l’absence de justificatif jugé acceptable, le voyageur peut être tenu de souscrire sur place une assurance auprès d’un assureur cubain, sous peine de se voir refuser l’entrée.

Cette contrainte ne disparaît pas une fois installé. Pour prolonger un visa, renouveler un séjour ou engager une démarche de résidence temporaire, la Direction de l’immigration exige à nouveau un justificatif d’assurance valide couvrant la période demandée.

Astuce :

À Cuba, un étranger ne peut pas quitter le pays s’il a des factures médicales impayées. Les hôpitaux signalent systématiquement les soldes dus aux autorités, qui bloquent la sortie du territoire jusqu’à l’apurement complet des dettes.

Assurance locale Asistur et limites de couverture

Pour les personnes arrivant sans couverture reconnue par Cuba, la solution imposée est Asistur S.A., organisme cubain spécialisé dans l’assistance aux étrangers. Cette société, qui représente plus de 200 compagnies étrangères, vend des formules standardisées assorties de plafonds de remboursement relativement modestes.

Un récapitulatif simplifié des principales formules Asistur permet de situer les ordres de grandeur :

Plan Asistur (exemples)Public cibléPrime quotidienne indicativePlafond frais médicauxPlafond évacuation / rapatriement
ÉconomiqueVisiteurs à petit budget~2,5 USD / jourLimité, niveau de baseLimité
SuperVoyageurs standard~3 USD / jourEnviron 25 000 USDEnviron 15 000 USD
SpécialObligatoire pour citoyens US~4 USD / jour25 000 USD15 000 USD

S’y ajoutent parfois d’autres garanties (responsabilité civile, bagages, retard de vol) avec des plafonds modestes. Au‑delà de 70 ans, un supplément journalier est exigé, et certaines garanties (notamment décès) sont restreintes.

Pour un expatrié, ces montants sont clairement insuffisants face au coût potentiel d’une évacuation sanitaire (qui peut dépasser 50 000 USD) ou d’un long séjour en soins intensifs. Les plans Asistur satisfont la contrainte légale mais ne remplacent pas une assurance internationale solide.

Intérêt d’une assurance internationale dédiée aux expatriés

Les organismes conseillant les résidents étrangers recommandent de souscrire, avant le départ, une assurance santé internationale valable à Cuba, auprès d’acteurs habitués à travailler avec les autorités locales, comme Allianz Care, AXA, IMG, Cigna Global, GeoBlue, William Russell, ou encore des intermédiaires spécialisés (Pacific Prime, VisitorsCoverage).

Points clés du contrat

Les éléments essentiels à vérifier attentivement avant toute signature d’un contrat.

Objet et parties

Vérifier la clarté de l’objet du contrat et l’exactitude des identités et coordonnées des parties signataires.

Obligations et délais

Examiner les engagements de chaque partie, les échéances et les délais de réalisation stipulés.

Prix et modalités de paiement

Contrôler le montant, la devise, les éventuels frais et le calendrier des paiements.

Garanties et responsabilités

Analyser les garanties offertes, les limites de responsabilité et les clauses d’indemnisation.

Durée et résiliation

Vérifier la durée du contrat, les conditions de renouvellement et les motifs et procédures de rupture.

Litiges et droit applicable

Identifier la juridiction compétente en cas de conflit et le droit national qui s’applique au contrat.

la mention explicite de Cuba comme pays couvert ;

– un plafond d’au moins 25 000 USD pour les frais médicaux, avec idéalement 50 000 à 100 000 USD ;

– un plafond d’évacuation sanitaire d’au moins 100 000 USD ;

– la prise en charge de l’hospitalisation, de la chirurgie, des soins dentaires d’urgence et de la réanimation ;

– la possibilité de rapatriation du corps en cas de décès ;

– le traitement des cas liés aux épidémies (dont COVID‑19) ;

– les limites d’âge, très importantes pour les plus de 65 ans.

Il faut également regarder de près les exclusions fréquentes : suivi de maladies chroniques, grossesse et accouchement hors urgence, psychiatrie, affections préexistantes non déclarées, actes de chirurgie esthétique, blessures liées à l’alcool ou à des sports extrêmes (plongée, escalade, sports motorisés…) quand ceux‑ci ne sont pas couverts par une option spécifique.

Coût réel des soins pour expatriés : entre tarifs attractifs et factures lourdes

Cuba a longtemps été perçue comme une destination de tourisme médical bon marché. Certaines interventions étaient facturées, par exemple, environ un tiers du tarif observé aux États‑Unis pour la chirurgie esthétique ou certaines opérations orthopédiques. Des milliers de patients étrangers, notamment d’Amérique latine et d’Europe, venaient s’y faire soigner.

Mais pour un expatrié vivant sur place, ce qui importe est moins la comparaison théorique avec un hôpital nord‑américain que la réalité des factures locales à régler en monnaie forte.

Les indications de prix recueillies permettent de se faire une idée des ordres de grandeur :

Type de prestation dans une clinique internationaleFourchette de prix indicative
Consultation médicale de base20 à 60 USD (ou équivalent en euros / CAD)
Nuit d’hospitalisation standard80 à 150 USD
Chirurgie type appendicectomieEnviron 12 000–13 000 USD
Chirurgie biliaire (vésicule)Environ 25 000 USD
Évacuation sanitaire aérienne vers un pays voisin ou les États‑UnisPlus de 50 000 USD

Ces montants montrent à quel point disposer d’une couverture d’assurance solide n’est pas un luxe mais une nécessité. Même un séjour hospitalier “modeste” de quelques jours peut représenter plusieurs milliers de dollars, à régler avant la sortie.

À noter aussi que de nombreux établissements demandent un paiement immédiat, souvent en espèces ou via cartes de crédit étrangères non américaines, avant même de réaliser certains examens ou d’admettre un patient.

Médicaments : un vrai talon d’Achille pour les expatriés

La pénurie de médicaments est sans doute l’un des aspects les plus sensibles du système de santé cubain, et elle touche autant les Cubains que les expatriés. Antalgiques simples, antibiotiques, traitements chroniques (insuline, antihypertenseurs, antidépresseurs) peuvent manquer pendant des semaines, parfois des mois.

Les causes sont multiples : contraintes économiques, embargo américain qui complique l’accès à certains produits et équipements, faibles capacités de production locale, difficultés logistiques. Même si Cuba a développé une industrie biotechnologique pour certains médicaments innovants, l’offre reste insuffisante pour les besoins de base.

Pour gérer cette situation en tant qu’expatrié, quelques points sont essentiels :

Bon à savoir :

Pour un voyage à Cuba, il est conseillé d’apporter une réserve suffisante de tous les traitements au long cours, idéalement pour plusieurs mois. Conservez les médicaments dans leurs boîtes d’origine avec leur notice. Munissez-vous de copies des ordonnances et d’une lettre de votre médecin (en espagnol ou en anglais si possible) expliquant l’indication des traitements. Vérifiez auprès de l’ambassade de Cuba que les molécules transportées ne posent pas de problème douanier. Enfin, gardez les médicaments dans un bagage séparé pour pouvoir bénéficier, le cas échéant, de l’exonération de droits de douane jusqu’à 10 kg de produits médicaux.

Le pays dispose d’environ 2 100 pharmacies pour la population locale, reconnaissables à une croix verte et appelées « farmacias ». Mais pour les étrangers, le recours le plus fiable demeure le réseau d’une quarantaine de pharmacies internationales, souvent implantées dans des hôtels ou proches des cliniques touristiques. Celles‑ci sont mieux fournies, mais pratiquent des tarifs élevés et ne vendent qu’en monnaie forte.

Risques sanitaires à Cuba : moustiques, eau, climat et pénuries

S’installer dans un pays tropical implique d’accepter un autre profil de risques sanitaires. Cuba n’échappe pas à la règle, même si la situation y est meilleure que dans d’autres pays de la région pour certaines maladies comme le paludisme, absent de l’île.

Les principaux dangers identifiés sont les suivants.

Maladies vectorielles : dengue, Zika, chikungunya, Oropouche

Les autorités cubaines ont déclaré une épidémie d’arboviroses du fait de la hausse des cas de dengue, Zika, chikungunya et Oropouche. Ces maladies sont transmises par des moustiques urbains (Aedes aegypti, notamment), très présents dans les zones d’habitation.

Le Zika est particulièrement problématique pour les femmes enceintes ou en projet de grossesse, en raison du risque de malformations congénitales et de syndrome de Guillain‑Barré. Le chikungunya et la dengue peuvent provoquer de fortes fièvres, des douleurs articulaires durables et, dans certains cas, des formes graves hémorragiques ou neurologiques.

Bon à savoir :

Aucun vaccin contre le Zika n’est disponible et ceux contre la dengue sont réservés à des cas très spécifiques. La protection repose donc essentiellement sur les mesures anti-piqûres : utiliser des répulsifs, porter des vêtements couvrants, dormir sous moustiquaire, privilégier les lieux climatisés et éliminer les eaux stagnantes. Notez que les autorités cubaines peuvent effectuer des fumigations massives d’insecticide dans les quartiers, signe d’une surveillance active, bien que cela puisse être incommodant.

Maladies hydriques et alimentaires

L’eau du robinet n’est pas considérée comme potable. La recommandation est claire : utiliser uniquement de l’eau en bouteille, bouillie ou filtrée, y compris pour se brosser les dents dans les zones où le réseau est peu fiable. La difficulté, pour les expatriés, tient au fait que l’eau embouteillée fait elle aussi l’objet de pénuries régulières.

Les risques classiques de “tourista” (diarrhée du voyageur), hépatite A, typhoïde ou choléra existent, même si ces dernières restent moins fréquentes. Il est conseillé de :

Bon à savoir :

Avant le départ, il est recommandé de se faire vacciner contre l’hépatite A et la fièvre typhoïde. Sur place, pour éviter les maladies d’origine alimentaire, il convient d’éviter les aliments crus d’origine incertaine, les glaçons et les produits laitiers non pasteurisés. Privilégiez les plats bien cuits et servis chauds.

Autres risques : hépatites, rage, pollution, accidents

L’hépatite A est très courante, surtout l’été, et l’hépatite B justifie la vaccination pour les personnes susceptibles d’avoir des contacts sexuels non protégés, des actes médicaux invasifs ou un séjour long.

La rage est présente chez certains animaux domestiques et chez les chauves‑souris. Pour un expatrié vivant en zone rurale, en contact avec des animaux ou pratiquant des activités de plein air, un schéma vaccinal pré‑exposition est recommandé.

L’air est parfois très pollué dans les grandes villes, ce qui peut aggraver des pathologies respiratoires chroniques (asthme, BPCO). Les coupures de courant fréquentes affectent la conservation au froid de certains médicaments et le fonctionnement des équipements médicaux.

Enfin, les accidents de la route représentent une cause majeure de décès. Les routes sont souvent dégradées, mal éclairées, les véhicules anciens, et la signalisation parfois défaillante. Les transports publics peuvent être vétustes, avec des normes de sécurité loin des standards occidentaux.

Vaccinations recommandées avant une expatriation

Aucune vaccination particulière n’est exigée pour entrer à Cuba, sauf si vous arrivez d’un pays où la fièvre jaune est endémique, auquel cas un certificat de vaccination est demandé. En revanche, plusieurs vaccins sont fortement conseillés pour un séjour prolongé.

Le socle à jour devrait inclure :

les vaccins de base : diphtérie‑tétanos‑polio, coqueluche (rappel DTP‑coqueluche), rougeole‑oreillons‑rubéole, varicelle si non immunisé, grippe saisonnière ;

hépatite A pour tous les voyageurs ;

typhoïde pour des séjours de longue durée ou en conditions d’hygiène incertaines.

Exemple :

Selon la durée et le profil du séjour, il est prudent d’ajouter certaines prestations ou garanties à une assurance voyage. Par exemple, pour un long séjour ou une personne ayant des besoins médicaux spécifiques, il peut être nécessaire d’inclure une couverture médicale étendue, une assurance annulation plus complète ou une garantie pour les activités à risque.

hépatite B (séjours longs, exposition possible au sang ou aux relations sexuelles non protégées) ;

rage (travail ou vie en milieu rural, contact avec animaux, enfants très jeunes) ;

éventuellement choléra pour les professionnels de l’humanitaire ou les personnes très exposées.

La consultation d’un médecin de médecine des voyages 4 à 6 semaines avant le départ permet d’ajuster ce calendrier et de discuter de vaccins plus récents, comme certains vaccins contre le chikungunya disponibles dans certains pays.

Urgences et accès aux soins : ce qui change pour un expatrié

En cas de problème grave, le réflexe dans de nombreux pays est de composer un numéro d’urgence et de s’en remettre au système de secours. À Cuba, la réalité est plus nuancée.

Numéros d’urgence et délai d’intervention

Les numéros généralement indiqués sont : les numéros de téléphone, les numéros de comptes bancaires, et les numéros d’identification personnels.

104 pour l’ambulance / secours médicaux ;

105 pour les pompiers ;

106 pour la police.

Bon à savoir :

Les services d’urgence sont plus réactifs dans les grandes villes et zones touristiques que dans les régions rurales. Les ambulances sont souvent basiques et parfois peu équipées. Dans de nombreux cas, pour un incident en ville, les consulats recommandent de prendre un taxi pour se rendre à l’hôpital plutôt que d’attendre une ambulance, dont l’arrivée peut être longue.

Une fois sur place, les étrangers sont en principe orientés vers les établissements permettant une prise en charge internationale (Cira García à La Havane, cliniques internationales de Varadero, Cayo Santa María, Cayo Coco, Santiago, etc.).

Standards de soins et limites

À La Havane, certains hôpitaux comme Hermanos Ameijeiras ou CIMEQ peuvent offrir des prestations relativement proches des standards occidentaux pour des actes spécifiques, notamment en cancérologie, cardiologie ou neurochirurgie. Mais plus on s’éloigne de la capitale, plus les limitations de matériel, d’accessoires et de médicaments se font sentir.

Bon à savoir :

Il n’existe pas d’hôpital accrédité par la Joint Commission International (JCI) dans le pays. Les services de psychiatrie pour les étrangers sont rares et d’accès difficile, bien que certaines structures spécialisées existent, comme le service de psychiatrie de l’hôpital Enrique Cabrera.

Les soins d’urgence sont parfois dispensés gratuitement à des étrangers dans certains hôpitaux publics, mais cela ne doit pas faire oublier que tout séjour prolongé ou examen coûteux entraînera une facture, potentiellement lourde, à régler.

Payer ses soins : l’empire du cash et les contraintes financières

Le système cubain reste très largement fondé sur l’utilisation de l’argent liquide. Pour un expatrié, le financement des soins implique plusieurs contraintes pratiques.

Moyens de paiement acceptés

Beaucoup de cliniques internationales acceptent les cartes Visa et Mastercard étrangères non américaines, mais leur fonctionnement reste aléatoire et dépend du réseau bancaire du pays émetteur. Dans de nombreux hôpitaux, les cartes étrangères sont refusées ou ne passent pas, obligeant à payer en espèces.

Attention :

Les cartes bancaires des banques américaines ne fonctionnent pas à Cuba, même pour les soins. Les programmes d’assurance publique américains Medicare et Medicaid ne sont pas utilisables hors des États-Unis. Les citoyens américains doivent donc compter exclusivement sur des contrats d’assurance privés spécifiques pour couvrir leurs dépenses médicales sur l’île.

Dans ce contexte, les recommandations convergent : arriver avec une réserve suffisante de devises (euros, dollars canadiens, autres monnaies convertibles), conservée séparément pour les urgences médicales, et conserver l’ensemble des reçus pendant plusieurs années, notamment pour les citoyens soumis à des obligations déclaratives envers leur pays d’origine.

Impossibilité de partir avec une dette

La règle selon laquelle un étranger ne peut quitter Cuba en laissant des factures médicales impayées est appliquée de manière stricte. Les hôpitaux signalent les dettes, et les autorités migratoires peuvent empêcher la sortie du territoire jusqu’au règlement complet.

Exemple :

Pour un expatrié, cela implique de déclarer ses revenus mondiaux au fisc français, de s’inscrire au registre des Français établis hors de France, et de se conformer à la fois à la législation fiscale et sociale du pays d’accueil et de la France.

de surveiller attentivement les coûts au fil de l’hospitalisation ;

de discuter avec l’assureur en temps réel, lorsque c’est possible, pour organiser une prise en charge directe ;

de refuser ou de repousser des actes non urgents tant que leur financement n’est pas clarifié.

Santé mentale, dentaire et soins spécialisés : un accès plus compliqué

Certaines dimensions de la santé sont plus difficiles à gérer en contexte d’expatriation, notamment la santé mentale et les soins dentaires. À Cuba, ces deux champs sont particulièrement fragilisés par le manque de ressources.

Bon à savoir :

Les services de psychiatrie spécialisés pour les étrangers sont peu nombreux à Cuba. Bien que certaines structures existent officiellement, comme l’hôpital Enrique Cabrera ou l’hôpital psychiatrique de La Havane, l’accès à des thérapies de longue durée, à des médicaments récents ou à un suivi dans une langue étrangère reste difficile.

Côté dentaire, la situation est très variable. Le pays forme de nombreux dentistes, mais les cabinets publics souffrent de graves difficultés d’approvisionnement. Pour les expatriés, la plupart des soins dentaires passent par des structures comme la Clínica Cira García, qui propose un large éventail : bilans, détartrages, soins conservateurs, endodontie, implants, prothèses, chirurgie maxillo‑faciale, orthodontie, blanchiment. Les prix sont nettement inférieurs à ceux pratiqués en Amérique du Nord ou en Europe occidentale, mais doivent être réglés en monnaie forte.

Conseils pratiques pour un projet d’expatriation à Cuba

S’installer durablement à Cuba suppose d’anticiper autant que possible sur le volet santé. Quelques axes de préparation ressortent des données rassemblées.

Sur le plan médical, il est utile :

Astuce :

Avant un départ, il est crucial de réaliser un bilan médical complet, incluant la mise à jour des vaccinations et la stabilisation des pathologies chroniques. Il faut également se procurer un dossier médical synthétique, idéalement traduit, listant les antécédents, allergies, traitements en cours et groupes sanguins. Enfin, constituez une trousse à pharmacie personnelle avec les traitements courants, des pansements, un antiseptique, des médicaments contre la douleur, la fièvre, la diarrhée et les allergies, ainsi qu’un répulsif anti‑moustiques et de la crème solaire.

Sur le plan assurantiel et administratif, il est crucial :

de choisir une assurance internationale explicitement valable à Cuba, avec des plafonds élevés pour l’hospitalisation et l’évacuation ;

– de conserver sur soi, de façon accessible, une copie de la police d’assurance et les numéros d’urgence de l’assisteur ;

– de vérifier, à chaque demande de visa ou de prolongation de séjour, que la police est encore en cours de validité pour la nouvelle période.

Sur le plan logistique, la préparation implique :

Attention :

Il est crucial de constituer une réserve financière spécifique pour les dépenses médicales et d’identifier, avant le départ ou dès l’arrivée, les coordonnées de la clinique internationale la plus proche, des numéros d’urgence locaux et des services consulaires de votre pays.

Enfin, sur le plan du quotidien, il faut accepter l’idée que certaines commodités liées à la santé, considérées comme acquises dans d’autres pays, ne le sont pas à Cuba : disponibilité de l’eau en bouteille, stabilité de l’électricité (important pour les médicaments à conserver au froid), accès à une connexion Internet fiable pour communiquer avec des médecins à distance, etc.

Conclusion : un pays de médecins, mais pas un pays simple pour se soigner en tant qu’expatrié

Cuba est paradoxale du point de vue sanitaire. Le pays aligne des chiffres spectaculaires en matière de médecins par habitant, de vaccination et de mortalité infantile, dispose de centres de pointe pour certaines spécialités et a bâti une solide réputation de destination de tourisme médical.

Pour autant, les conditions matérielles, les pénuries de médicaments et la dualité du système rendent le quotidien d’un expatrié fragile sans préparation rigoureuse. L’obligation d’assurance, les paiements en monnaie forte, le risque d’évacuation sanitaire coûteuse, l’impossibilité de quitter le territoire avec des dettes médicales transforment chaque incident de santé en enjeu financier majeur.

Bon à savoir :

Pour bénéficier d’une prise en charge médicale correcte à Cuba, il est essentiel d’arriver avec une assurance santé solide, un stock personnel de médicaments bien préparé et ses documents médicaux traduits/clairs. Il faut également connaître précisément les structures de soins à fréquenter, comme les cliniques internationales. La compétence des médecins cubains, dans ce cadre, peut offrir un niveau de sécurité acceptable.

Ignorer ces réalités, en revanche, c’est prendre le risque de découvrir à ses dépens que, dans un pays qui se targue d’avoir “des médecins partout”, certains soins restent difficiles d’accès et très coûteux pour ceux qui n’ont pas les bons papiers… et la bonne préparation.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cuba, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Cuba pour son régime favorable aux revenus étrangers, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie nettement inférieur à la France (La Havane bien moins chère que Paris) et l’opportunité de diversifier géographiquement hors UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de résidence à Cuba avec location ou achat d’une résidence principale, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire dans une juridiction sûre, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire). Ce type d’accompagnement permet des économies fiscales significatives et une meilleure diversification internationale, tout en maîtrisant les risques (contrôle fiscal français, risque pays, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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