S’installer à Cuba fait rêver de nombreux expatriés : climat tropical, patrimoine colonial unique, culture musicale omniprésente et coût de la vie présenté comme “bas” vu d’Europe ou d’Amérique du Nord. Mais derrière cette image, la réalité budgétaire est beaucoup plus complexe. Inflation élevée, système monétaire déroutant, écarts énormes entre salaires locaux et revenus étrangers, pénuries… Pour un expatrié, Cuba peut être à la fois très abordable et étonnamment coûteux selon son mode de vie et la devise dans laquelle il est payé.
Cet article détaille, poste par poste, le coût de la vie à Cuba pour les expatriés en se basant sur des données factuelles. Il permet d’estimer un budget réaliste et de comprendre les mécanismes économiques qui influencent les prix au quotidien.
Comprendre le contexte économique avant de parler budget
Avant même de chiffrer un loyer ou un panier de courses, il est essentiel de saisir le cadre économique dans lequel évolue un expatrié à Cuba. Sans cela, les montants bruts n’ont que peu de sens.
Une économie en crise structurelle
Cuba traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Le pays connaît :
– Une contraction du PIB à plusieurs reprises sur les six dernières années, avec une baisse de 10,9 % en 2020 et une reprise à peine perceptible l’année suivante.
– Un déficit budgétaire très élevé, monté jusqu’à 17,7 % du PIB en 2020.
– Une inflation officielle supérieure à 70 % en 2021, et des hausses de prix beaucoup plus marquées encore sur les marchés informels.
Les pénuries d’aliments, de médicaments et de biens de consommation sont devenues courantes. Les coupures d’électricité récurrentes, parfois sur près de la moitié de l’île, affectent aussi bien les ménages que les entreprises. Dans ce contexte, le coût de la vie ne se résume pas à l’étiquette affichée sur un produit : il intègre aussi la rareté, l’accès à la devise et l’existence d’un vaste marché informel.
Salaires locaux très bas, mais dépenses “internationalisées”
L’un des paradoxes majeurs de Cuba est le décalage extrême entre revenus locaux et prix payés par les expatriés.
Plusieurs indicateurs permettent de mesurer ce fossé, tels que les taux d’accès à Internet, la qualité de la connexion (largeur de bande), l’équipement en terminaux (ordinateurs, smartphones), ou encore les compétences numériques de base. Ces mesures révèlent les disparités d’accès et d’usage des technologies entre individus, territoires ou groupes sociaux.
| Indicateur | Montant approximatif |
|---|---|
| Salaire mensuel net moyen | 299 USD |
| Salaire médian à La Havane | 488 USD |
| Salaire moyen en CUP (approx.) | 5 000–6 000 CUP |
| Salaire minimum | 2 100 CUP (~87 USD) |
| Revenus mensuels de nombreux citoyens (fonction publique) | ~20–30 USD |
Les estimations globales du coût de la vie montrent que les dépenses mensuelles typiques pour un expatrié sont environ 4,1 fois supérieures au salaire moyen. Dans les faits, un salaire local moyen ne couvrirait qu’à peine 0,2 mois de dépenses au niveau de vie “expat”.
C’est la raison pour laquelle vivre à Cuba reste relativement abordable pour quelqu’un payés en euros ou en dollars, mais relève du défi quotidien pour les Cubains.
Un système monétaire déroutant pour les nouveaux arrivants
Officiellement, Cuba a unifié sa monnaie en 2021 : seule la monnaie nationale, le peso cubain (CUP), a cours légal. L’ancien peso convertible (CUC), indexé sur le dollar, a été retiré de la circulation. Mais dans la pratique, la question de la devise reste centrale pour un expatrié.
Plusieurs taux de change coexistent :
– Un taux officiel autour de 120 CUP pour 1 USD (données 2025).
– Des taux bancaires ou “officiels” parfois affichés à 110–125 CUP pour 1 USD.
– Un taux de change informel (marché noir) qui a déjà atteint 250 CUP pour 1 USD, voire davantage selon les périodes.
– Des équivalents en euros encore plus élevés sur le marché informel (par exemple 450 CUP pour 1 EUR dans certaines estimations).
À Cuba, il existe des comptes en MLC (Moneda Libremente Convertible), une sorte de « dollar digital » utilisé dans les magasins vendant des produits importés. Ces cartes, indispensables pour effectuer une partie des achats de biens de qualité, doivent être alimentées en devises étrangères comme des dollars américains (USD) ou des euros (EUR).
La conséquence pour un expatrié est double :
– Celui qui touche un revenu en devise forte (et l’apporte en espèces) bénéficie de taux informels bien plus favorables que le cours officiel et améliore fortement son pouvoir d’achat.
– Celui qui dépend d’un revenu en CUP vit dans un environnement où de nombreux prix, notamment dans le privé, sont implicitement indexés sur le dollar.
L’impossibilité pratique de compter sur les cartes bancaires américaines
Autre spécificité lourde de conséquences : en raison de l’embargo, il est pratiquement impossible d’utiliser des cartes bancaires émises aux États-Unis ou de retirer des dollars à un distributeur. Les transferts vers Cuba sont également compliqués.
Un expatrié doit donc prévoir d’entrer sur le territoire avec suffisamment de liquidités en USD ou en EUR pour couvrir une longue période, la monnaie locale étant ensuite obtenue via des bureaux de change ou, de fait, via le marché informel. Il est également impossible de sortir de Cuba avec des CUP, ce qui impose de bien gérer ses conversions.
Combien coûte la vie quotidienne à Cuba pour un expatrié ?
Dans ce contexte monétaire complexe, on peut néanmoins dresser un panorama chiffré du coût de la vie pour un expatrié, à partir des données disponibles.
Budget mensuel global : personne seule et famille
Plusieurs sources chiffrent les dépenses mensuelles d’un expatrié type, en distinguant parfois les coûts avec ou sans loyer.
Les ordres de grandeur sont les suivants :
| Profil | Dépenses mensuelles totales | Hors loyer |
|---|---|---|
| Personne seule (Cuba, moyenne) | ~1 217 USD | ~602 USD |
| Famille de 4 personnes | ~2 607 USD | ~1 819 USD |
| Personne seule à La Havane | ~918 USD (incluant loyer) | ~628 USD (hors loyer) |
| Famille de 4 à La Havane | — | ~2 254 USD (hors loyer) |
Ces montants placent Cuba au 60e rang mondial sur 197 pays pour le coût de la vie, soit un niveau très proche de la moyenne mondiale (1,07 fois plus cher que la moyenne). Vu depuis New York, La Havane apparaît environ 61 % moins chère si l’on exclut le logement, et les loyers y sont en moyenne 89 % plus bas.
Pour un expatrié payé en devise forte, le coût de la vie reste globalement abordable, à condition de maîtriser les postes de dépenses les plus importants : le logement, l’alimentation hors du circuit rationné et l’accès à Internet.
Se loger à Cuba : loyers, achats et options pour expatriés
Le logement est l’un des postes centraux dans le budget d’un expatrié, surtout à La Havane où se concentrent opportunités professionnelles, universités et vie culturelle.
Niveaux de loyers selon le type de logement
Les chiffres varient selon les sources et les modes de calcul, mais convergent sur un point : il existe un large éventail de prix, de la chambre en casa particular à l’appartement de luxe.
On peut résumer les ordres de grandeur suivants pour La Havane et pour l’île dans son ensemble :
| Type de logement | Localisation | Loyer mensuel moyen (USD) |
|---|---|---|
| Studio / 1 chambre – centre-ville (Cuba, moy.) | Centre d’une grande ville | ~637 |
| Studio / 1 chambre – quartier moins central | Hors centre | ~466 |
| 3 chambres – centre-ville (Cuba, moy.) | Centre | ~956 |
| 3 chambres – hors centre (Cuba, moy.) | Hors centre | ~769 |
| 1 chambre à La Havane – centre | La Havane centre | ~251 |
| 1 chambre à La Havane – hors centre | La Havane périphérie | ~323 |
| 3 chambres à La Havane – centre | La Havane centre | ~1 022 |
| 3 chambres à La Havane – hors centre | La Havane périphérie | ~556 |
| Colocation à La Havane | Quartiers variés | 200–400 par personne |
| Casa particular (nuitée) | Zones touristiques | 20–60 par nuit |
| Logement “luxe” / haut de gamme | Quartiers prisés | 1 500–3 000 par mois |
À cela s’ajoutent d’autres données en CUC/CUP qui confirment l’ampleur de la fourchette : un studio meublé de 45 m² dans un quartier “normal” peut se louer autour de 350 CUC par mois, tandis qu’un appartement plus vaste en zone chère atteint ou dépasse 1 400 CUC. Les dépôts de garantie sont généralement équivalents à un ou deux mois de loyer, restitués en fin de bail si le logement n’a pas été dégradé.
Pour les courts et moyens séjours, les casas particulares (chambres ou appartements chez l’habitant) sont une option économique, flexible et authentique. Cependant, leurs prix augmentent dans les quartiers très touristiques et en haute saison.
Acheter un bien immobilier : réalité et limites pour les étrangers
Côté achat, les prix moyens au mètre carré restent modérés par rapport à de nombreuses capitales :
| Achat immobilier | Prix moyen (USD) |
|---|---|
| Appartement centre-ville (Cuba) | ~365 / m² |
| Maison en banlieue (Cuba) | ~408 / m² |
| Appartement centre-ville La Havane | ~398 / m² |
| Maison en périphérie de La Havane | ~509 / m² |
Les taux d’intérêt hypothécaires se situent autour de 5,7 % au niveau national, et près de 9 % pour un crédit sur 20 ans à La Havane.
La loi cubaine restreint la propriété immobilière aux citoyens et résidents permanents, limitant les étrangers à l’achat dans des zones spécifiques et faisant du marché locatif l’option principale pour les expatriés.
Un marché fortement segmenté selon la clientèle
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le marché du logement est lui aussi dual :
– Un marché “local”, avec loyers en CUP ou en montants modérés pour les Cubains.
– Un marché “expat / touriste”, indexé de fait sur le dollar ou l’euro, avec des loyers beaucoup plus élevés.
Un appartement dans un quartier central comme Vedado ou Habana Vieja peut ainsi se louer quelques centaines de dollars par mois à un expatrié, alors que le salaire moyen local tourne autour de 300 dollars. À l’inverse, des quartiers plus populaires comme Santo Suárez ou La Víbora permettent encore de trouver des logements nettement moins chers, au prix d’un trajet quotidien plus long vers le centre.
Charges, Internet et téléphone : des coûts modestes… sauf pour le Web
Pour un expatrié venant d’Europe ou d’Amérique du Nord, la facture d’électricité ou d’eau ne constitue généralement pas un choc. Internet, en revanche, pèse lourd dans le budget et reste d’une qualité limitée.
Coût des services de base
Les données disponibles montrent que les charges restent modestes en valeur absolue :
| Poste | Montant moyen (USD / mois) |
|---|---|
| Charges de base (eau, électricité, déchets, chauffage, clim) – 915 ft² | ~34–37 |
| Charges pour une personne (Cuba, moy.) | ~30 |
| Utilities pour un studio de 45 m² | ~317 CUC (valeur locale) |
| Utilities pour un 85 m² (2 personnes) | ~614 CUC (valeur locale) |
En pourcentage d’un salaire cubain moyen, ces montants représentent pourtant plus de 10 % du revenu. Pour un expatrié aux revenus externes, ils restent très supportables.
Accès à Internet : cher, lent et contrôlé
L’accès au réseau est l’un des dossiers les plus sensibles pour un expatrié, en particulier pour les télétravailleurs.
Plusieurs éléments clés :
Panorama des services et des contraintes du réseau cubain, dominé par l’opérateur étatique ETECSA.
L’opérateur unique ETECSA détient le monopole des télécommunications sur l’île.
Les débits moyens annoncés restent faibles, autour de 4 Mbps sur mobile et moins de 3 Mbps sur fibre dans certaines mesures.
De nombreuses coupures et dérangements de ligne sont régulièrement rapportés par les utilisateurs.
Une partie des sites étrangers, notamment des services financiers (PayPal, Wise, Revolut) et certains médias, sont inaccessibles ou bloqués.
Côté tarifs, les chiffres sont spectaculaires au regard du salaire local :
| Type d’accès | Prix approximatif |
|---|---|
| Internet illimité (câble/ADSL) – national | ~152,86 USD / mois |
| Internet 60+ Mbps à La Havane | ~75 USD / mois |
| Forfait Internet 8 Mbps | 25 CUC / mois |
| Forfait mobile avec appels + 10 Go de data | ~40 USD / mois |
| Carte prépayée NAUTA – 1 h (Wi-Fi public) | 25 CUP |
| Carte NAUTA – 5 h | 125 CUP |
Un abonnement fixe illimité peut ainsi représenter l’équivalent de plus de trois salaires moyens cubains. D’où le constat que l’Internet “domestique” est tout simplement hors de portée pour la majorité de la population.
Pour les expatriés, plusieurs solutions coexistent :
Différentes options pour se connecter à Internet lors d’un séjour à Cuba, des solutions les plus courantes aux plus complètes.
Utiliser les cartes NAUTA pour accéder aux points Wi-Fi publics disponibles dans les parcs, hôtels et zones désignées.
Acheter une carte SIM prépayée (CubacelTur) ou une eSIM avec des forfaits data adaptés aux visiteurs.
Souscrire un abonnement Internet fixe (à domicile) ou mobile haut de gamme, une option plus coûteuse mais offrant un meilleur débit.
Compte tenu de la censure partielle du réseau et du blocage de certaines plateformes, l’usage d’un VPN est fortement recommandé. Il faut cependant penser à l’installer avant d’arriver, de nombreux sites de téléchargement étant bloqués sur place.
Téléphone mobile
Le coût des communications mobiles reste, lui, relativement élevé mais supportable pour un expatrié :
– Un forfait mensuel avec appels et plus de 10 Go de données tourne autour de 35–40 USD.
– Une minute de communication locale prépayée coûte à peu près 0,28 USD.
– L’opérateur Cubacel demeure la référence pour la majorité des utilisateurs.
Se nourrir à Cuba : entre rations, marché informel et restaurants privés
L’alimentation est un autre angle clé pour appréhender le coût de la vie. Pour un expatrié, la réalité dépendra fortement de son recours aux restaurants, à la cuisine maison et au marché privé.
Coût du panier de courses
Les estimations pour une personne seule font état d’un budget mensuel “confortable” pour l’alimentation entre 150 et 300 USD à La Havane. Un panier plus basique autour de 50–100 USD est possible en achetant uniquement dans les magasins d’État, mais l’offre y est souvent limitée et irrégulière, ce qui oblige à recourir aux marchés privés où les prix sont multipliés par deux ou trois.
Quelques prix typiques, côté supermarché ou circuits officiels, illustrent l’échelle :
| Produit (quantité) | Prix moyen (USD) |
|---|---|
| Lait (1 litre) | ~3,5 |
| Pain blanc (500 g) | ~1,1–1,3 |
| Riz (1 kg) | ~1,9–2,0 |
| Œufs (12) | ~1,9–3,9 |
| Poulet (1 kg) | ~5,5–9,0 selon source |
| Bœuf (1 kg, rond) | ~9–10,7 |
| Pommes (1 kg) | ~4,9–9,0 |
| Bananes (1 kg) | ~1,1–1,3 |
| Tomates (1 kg) | ~2,2–2,6 |
| Pommes de terre (1 kg) | ~2,1–5,6 |
| Eau en bouteille (1,5 L) | ~1,0–1,2 |
| Bière (0,5 L, magasin) | ~1,5–2,1 |
| Bouteille de vin moyen | ~8–10 |
Pour un expatrié, ces tarifs restent raisonnables par rapport à l’Europe occidentale. Pour un Cubain payé en CUP, ils impliquent en revanche d’importants arbitrages, d’où l’utilisation massive du carnet de rationnement (Libreta de Abastecimiento) et du marché informel.
Le marché informel : disponibilité contre surcoût
Dans la pratique, une grande partie des aliments (viande, produits laitiers, fruits, légumes) circulent sur un marché non officiel où les prix, en CUP, grimpent nettement. Des relevés mentionnent par exemple :
Le prix en pesos cubains pour 5 livres de porc, soit 750 CUP par livre, est l’un des indicateurs des prix élevés sur le marché.
Certains témoignages estiment qu’il faut au minimum 30 000 CUP par mois pour nourrir une famille sans dépendre exclusivement du système rationné, soit plusieurs fois le salaire minimum.
Pour un expatrié, ces prix ramenés en dollars (en passant par le marché noir) restent relativement abordables. Mais l’expérience d’achat est très différente de celle d’un supermarché classique : approvisionnement incertain, négociation, paiement en liquide, déplacements multiples pour trouver tous les produits.
Manger à l’extérieur : du snack bon marché aux restaurants haut de gamme
Manger au restaurant reste, pour un expatrié, l’un des plus gros avantages de Cuba en termes de rapport qualité-prix. Les écarts sont cependant importants selon le type d’établissement et le quartier.
À La Havane, les données disponibles indiquent :
| Type de repas | Prix moyen (USD) |
|---|---|
| Repas dans un petit restaurant bon marché | ~3,8–7,0 |
| Menu de midi en centre d’affaires | ~4,4–10,2 |
| Menu fast-food type McMeal | ~5,0–7,5 |
| Dîner 3 plats pour 2 (restaurant moyen) | ~27,5–34,4 |
| Dîner pour 2 en trattoria italienne | ~42 (en CUC) |
| Bière locale (0,5 L) au restaurant | ~2,0–2,5 |
| Cappuccino en café | ~1,0–2,2 |
| Cocktail en club | ~6,0 |
On peut donc manger correctement pour quelques dollars dans des établissements simples, mais les restaurants “branchés” ou orientés vers les touristes appliquent facilement des tarifs comparables à certaines villes européennes.
Pour un expatrié qui cuisine peu, un budget repas complet hors domicile peut rapidement dépasser 300 USD par mois, surtout s’il fréquente régulièrement les paladares réputées de Vedado ou Habana Vieja.
Transports : peu chers, mais pas toujours confortables
Les transports figurent parmi les postes les plus abordables pour un expatrié, tout en étant parfois l’un des plus chaotiques sur le plan pratique.
Transports publics et taxis
Les tickets de bus urbain restent extrêmement bon marché au regard des standards internationaux :
– Un ticket de transport local peut descendre à 0,10–0,20 USD dans certaines sources.
– Un abonnement mensuel pour les transports publics se situe autour de 20–32 USD selon les jeux de données (avec une estimation à 41 CUC dans d’autres relevés).
À La Havane, un ticket simple se rapproche davantage de 1,2–1,3 USD selon les relevés en dollars. Ces écarts s’expliquent notamment par les différences de taux de change et de type de transport (bus “officiel”, taxi collectif, etc.).
Pour les taxis, les indications sont les suivantes :
| Service | Prix approximatif (USD) |
|---|---|
| Prise en charge taxi | ~2,1–2,6 |
| Course 1 mile / 1 km | ~0,8–1,0 |
| 8 km de trajet à La Havane | ~6,6–10,4 |
| Attente 1 h | ~15–20 |
| Course vers l’aéroport | ~11,8 (sans négociation) |
Les taxis partagés (taxis collectifs) restent la solution la plus économique pour circuler dans la capitale, avec des trajets facturés parfois moins d’un dollar.
Carburant et achat de véhicule
Le carburant se situe autour de 1,2–1,8 USD le litre (ou environ 4,7–4,8 USD le gallon). Là encore, ce n’est pas choquant pour un expatrié, mais cela pèse lourd pour les locaux.
En revanche, l’achat d’une voiture neuve atteint des sommets : un modèle de type Volkswagen Golf ou Toyota Corolla dépasse 60 000–70 000 USD. Ces prix exorbitants sont l’une des raisons pour lesquelles la majorité des expatriés renoncent à acheter un véhicule sur place et préfèrent utiliser taxis, bus interurbains (type Viazul) et, parfois, la location ponctuelle.
Santé : système public gratuit, mais budget privé pour les expatriés
Le système de santé cubain est souvent cité en exemple pour son caractère universel et préventif. Les résidents locaux bénéficient d’un accès gratuit aux soins de base. Pour les expatriés, la réalité est différente et implique des dépenses spécifiques.
Système dual : public pour les Cubains, payant pour les étrangers
Les étrangers, même résidents, sont orientés vers un réseau de cliniques dites “internationales” ou “touristiques”, comme la Clinique Cira García à La Havane ou des établissements de la chaîne Servimed dans les stations balnéaires. Ces structures, mieux approvisionnées, facturent leurs services en devises.
Quelques grilles de prix donnent une idée des fourchettes de coûts possibles pour ce type de service ou produit, servant de référence générale sans constituer une offre ferme.
| Service médical pour étrangers | Fourchette de prix (USD) |
|---|---|
| Consultation générale | 30–60 |
| Consultation spécialisée | 100–150 |
| Analyses ou examens simples | 50–100 |
| Examens complexes (imagerie, etc.) | 200–400 |
| Hospitalisation (par nuit) | 150–500 (parfois ~500) |
| Chirurgie mineure | 800–1 500 |
| Chirurgie majeure | 2 000–6 000 |
| Évacuation médicale internationale | 15 000–50 000 |
Pour des soins courants, Cuba reste moins cher que de nombreux pays occidentaux. Mais compte tenu du niveau de service, des pénuries de médicaments et de matériel, beaucoup d’expatriés préfèrent souscrire une assurance capable de couvrir aussi une évacuation vers un autre pays (Mexique, Canada, Europe…).
Assurance santé obligatoire et budget mensuel
Depuis 2010, tous les visiteurs étrangers et expatriés doivent disposer d’une assurance santé valable à Cuba. Une attestation peut être exigée à l’entrée et lors d’une demande de prolongation de visa ou de résidence.
Fourchette mensuelle en USD des primes pour une assurance internationale adaptée, avec des plafonds de prise en charge recommandés d’au moins 25 000 USD.
Pour un expatrié, il faut donc prévoir dans son budget global : les coûts de logement, les assurances, les frais de scolarité pour les enfants, les coûts de transport, la vie quotidienne et les loisirs.
– Une police d’assurance (internationale ou locale) : 70–200 USD par mois pour des produits standard, davantage pour une couverture premium.
– Un petit budget de pharmacie privée : de 10 à 50 USD par prescription, sachant que plusieurs médicaments peuvent être indisponibles et nécessiter un achat à l’étranger.
Loisirs, vêtements, école : des coûts très contrastés
Au-delà des postes essentiels, il est utile d’évaluer ce que coûtent les loisirs, l’habillement ou encore la scolarisation des enfants pour mesurer le “vrai” niveau de vie.
Sorties, culture et sport
La bonne surprise pour un expatrié, c’est la relative accessibilité de la culture de base :
Aperçu des prix moyens pour différentes activités de divertissement à destination des visiteurs.
Un billet de cinéma à La Havane coûte environ 1 USD.
Un billet pour un film « international » au niveau national est autour de 1–4 USD.
L’entrée dans un musée ou site historique se situe le plus souvent entre 2 et 10 USD pour un visiteur étranger.
Les concerts et lieux de musique live facturent l’entrée de 5 à 20 USD.
Les clubs nocturnes plus « select » ou fréquentés par les touristes peuvent cependant atteindre 10–50 USD la soirée (entrée + quelques consommations).
Côté sport :
| Activité | Prix moyen (USD / mois ou séance) |
|---|---|
| Abonnement salle de sport – national | ~31–40 |
| Abonnement salle de sport – La Havane | ~37,7 |
| Location court de tennis (1 h, week-end) | ~6–12 |
| Cours sportif privé | ~15–40 par séance |
Ces tarifs, modestes pour un expatrié, restent très élevés en regard des revenus cubains.
Habillement et électronique
Les vêtements de marque, importés, sont clairement positionnés sur un niveau de prix international, voire supérieur, alors même que la qualité ou le choix peuvent être restreints.
| Article | Prix moyen (USD / CUC) |
|---|---|
| Jean de marque (type Levi’s 501) | ~35–43 |
| Robe d’été (type chaîne Zara/H&M) | ~22–40 |
| Chaussures de sport (Nike / Adidas) | ~73–76 |
| Chaussures de ville en cuir (homme) | ~56–80 |
| TV 40 pouces | ~403 CUC |
| Micro-ondes milieu de gamme | ~170 CUC |
| iPad Wi‑Fi 128 Go | ~250 CUC |
Les produits électroniques sont nettement plus chers qu’en Amérique du Nord ou en Europe, en raison des restrictions à l’importation et des marges appliquées par les intermédiaires. Il est souvent conseillé de venir avec ses appareils plutôt que de les acheter sur place.
Éducation des enfants
Si l’enseignement public est gratuit pour les résidents cubains, les expatriés qui souhaitent maintenir un cursus international pour leurs enfants doivent se tourner vers des écoles privées.
C’est la population en millions d’habitants de La Havane, la capitale de Cuba.
| Type d’établissement | Coût |
|---|---|
| Crèche / maternelle privée (par mois) | ~108–112 USD |
| École primaire internationale (par an) | ~8 400–12 400 USD |
Sur une base mensuelle, la scolarisation internationale peut donc facilement dépasser 700–1 000 USD par enfant en répartissant les frais sur l’année, ce qui en fait l’un des postes les plus lourds pour une famille expatriée.
Vivre à Cuba avec un revenu étranger : abordable, mais exigeant en logistique
Au terme de ce panorama, une conclusion s’impose : pour un expatrié qui perçoit un revenu stable en devises (USD, EUR, CAD…), le coût de la vie à Cuba peut être relativement bas, mais au prix d’une forte complexité pratique.
Un budget type pour expatrié à La Havane
Si l’on synthétise les différents postes pour une personne seule vivant dans un quartier central de La Havane avec un niveau de confort “moyen supérieur”, on obtient un budget mensuel approximatif :
| Poste | Estimation mensuelle (USD) |
|---|---|
| Loyer 1 chambre (centre) | 400–700 (casas / petits apparts) |
| Charges (énergie, eau…) | 30–50 |
| Internet / téléphone | 70–120 (selon options) |
| Alimentation (courses + quelques restos) | 200–350 |
| Transports | 10–30 |
| Loisirs / sorties | 50–150 |
| Santé (assurance au prorata + pharmacie) | 100–250 |
| Divers (vêtements, imprévus…) | 50–100 |
On arrive ainsi aisément à une fourchette de 900 à 1 700 USD par mois pour une personne, selon le standing de logement et le niveau de confort souhaité. Pour une famille avec deux enfants scolarisés en école internationale, le budget global peut dépasser 3 000–4 000 USD mensuels lorsque la scolarité est prise en compte.
Des prix “bas” qui cachent des coûts d’opportunité
Si l’on compare ces montants à ceux d’autres capitales, Cuba reste nettement moins cher que des métropoles comme New York, Londres ou Zurich. Mais le coût de la vie ne se mesure pas uniquement en dollars :
La situation implique des difficultés pratiques majeures : perte de temps due à la pénurie de produits, nécessité d’organiser des solutions d’alimentation électrique de secours pour le télétravail, accès compromis aux services bancaires en ligne sans VPN, et obligation de se déplacer à l’étranger pour des soins médicaux complexes ou l’achat de médicaments.
Pour un expatrié, ces contraintes doivent être intégrées au “coût réel” de la vie sur l’île.
Une réalité très différente pour les Cubains
Enfin, il est impossible de parler du coût de la vie à Cuba sans souligner le contraste radical entre la situation des expatriés en devise forte et celle de la majorité des Cubains :
Plus de 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon certains observatoires.
Pour un expatrié, ce contraste se traduit aussi par une responsabilité morale : celle de comprendre pourquoi les prix “raisonnables” pour lui sont souvent hors de portée pour ses voisins.
Conclusion : Cuba, destination “bon marché” ou pays coûteux ?
En apparence, les tableaux comparatifs classent Cuba parmi les pays à coût de la vie modéré : les loyers des appartements de base sont faibles, les repas simples sont abordables, les transports bon marché et certains services (cinéma, culture, sports de base) très accessibles.
Mais dès que l’on regarde dans le détail, on découvre :
Le coût de la vie est significativement élevé dans plusieurs secteurs clés : l’Internet est cher, lent et contrôlé ; les produits importés et électroniques dépassent les prix occidentaux ; le système de santé pour étrangers nécessite une assurance coûteuse ; et le prix de l’alimentation augmente fortement en dehors des circuits d’État subventionnés. Seule la scolarité internationale présente des tarifs comparables à ceux d’autres grandes capitales.
Pour un expatrié payé correctement en devise, il est possible de vivre confortablement à Cuba avec 1 200 à 1 800 USD par mois pour une personne seule, plus pour une famille. Le pays reste donc financièrement attractif, mais il exige une grande capacité d’adaptation au système monétaire, aux pénuries et aux contraintes du quotidien.
L’“avantage prix” ne suffit pas : c’est la capacité à naviguer dans une économie hybride, entre État et marché, entre CUP, MLC et dollars, qui déterminera vraiment la qualité de vie d’un expatrié à Cuba.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Cuba, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Cuba pour son coût de vie nettement inférieur à la France, la possibilité d’y vivre confortablement en devises fortes, et un environnement permettant de dissocier lieu de résidence et localisation du patrimoine (maintien des placements en Europe tout en résidant à Cuba). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du statut de résident à Cuba, organisation de la protection sociale (assurances privées, maintien de certains droits en France), transfert de résidence bancaire et plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, immobilier), et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration internationale si nécessaire), tout en gérant les risques de double imposition et de contrôles fiscaux français.
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