Fiscalité des expatriés : comprendre l’impôt sur le revenu et la taxe foncière en Uruguay

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Uruguay attire de plus en plus d’expatriés, séduits par la stabilité politique, l’État de droit et un système fiscal fondé sur le principe de territorialité. Mais derrière cette réputation de « Suisse de l’Amérique » se cache une mécanique fiscale précise qu’il faut maîtriser, surtout quand on cumule revenus internationaux et investissement immobilier.

Bon à savoir :

Cet article fournit un panorama complet de l’impôt sur le revenu et de la fiscalité immobilière en Uruguay, spécifiquement destiné aux expatriés. Les informations présentées sont exclusivement basées sur les faits issus d’un rapport de recherche officiel.

Sommaire de l'article masquer

Territorialité, DGI et cadre général : ce qu’il faut savoir avant de s’expatrier

Le socle du système fiscal uruguayen, c’est la territorialité. En pratique, l’Uruguay taxe en priorité ce qui est généré sur son territoire : activités exercées dans le pays, biens situés localement, droits utilisés économiquement dans le pays. Les revenus de source étrangère sont largement exclus, sauf exceptions ciblées (principalement certains revenus passifs comme intérêts et dividendes pour les résidents).

31 décembre

La fin de l’année fiscale en Uruguay, qui coïncide avec l’année civile du 1er janvier au 31 décembre.

Autre point clé pour les expatriés : l’Uruguay n’applique pas de contrôle de change. Les capitaux, notamment le produit de la vente d’un bien immobilier, peuvent être rapatriés librement, y compris en dollars américains, ce qui rassure de nombreux investisseurs étrangers.

Devenir résident fiscal en Uruguay : durée de séjour, intérêts vitaux et investissement

Avant de parler impôt, il faut savoir si l’on est considéré comme résident fiscal ou non. Le statut ne dépend pas d’un visa mais de critères objectifs que la DGI examine chaque année.

Trois grands axes permettent de qualifier la résidence fiscale :

Présence physique : la règle des 183 jours

Un individu devient en principe résident fiscal s’il passe plus de 183 jours en Uruguay au cours d’une même année civile. Les jours d’arrivée et de départ sont pris en compte, tandis que les jours de simple transit vers un autre pays ne le sont pas. Les courtes absences (par exemple moins de 30 jours) restent comptabilisées, sauf si l’on peut prouver une résidence fiscale dans un autre pays via un certificat émis par l’administration étrangère.

Centre des intérêts vitaux ou économiques

On peut aussi être considéré résident fiscal même sans dépasser 183 jours, si l’Uruguay est le centre de ses intérêts vitaux ou économiques.

C’est le cas notamment lorsque :

le conjoint et les enfants mineurs résident habituellement dans le pays,

la principale source de revenus ou l’essentiel du patrimoine se trouve en Uruguay,

les activités économiques sont principalement exercées dans le pays.

Lorsque l’un des membres de la famille est réputé résident, le conjoint et les personnes à charge sont, par présomption, également considérés comme résidents fiscaux, sauf preuve contraire.

Résidence par investissement : l’atout immobilier pour les expatriés

La troisième voie, très utilisée par les expatriés investisseurs, repose sur des seuils d’investissement. Le législateur a prévu plusieurs scénarios, dont deux intéressent particulièrement ceux qui combinent séjour et acquisition de biens immobiliers.

Exemple :

D’une part, l’investissement immobilier peut servir de base à la résidence fiscale. Les textes prévoient par exemple que la possession d’un bien immobilier sur un territoire peut constituer un critère pour y établir sa résidence fiscale, soumettant ainsi le contribuable à l’impôt dans ce pays.

un investissement dans un bien immobilier d’une valeur d’au moins environ 400 000 USD (équivalent de 3,5 millions d’unités indexées, UI) accompagné d’une présence minimum de 60 jours par an,

– ou, pour certains régimes plus récents, des seuils plus élevés (environ 2 millions USD) pour accéder à des avantages fiscaux étendus sur les revenus de source étrangère.

D’autre part, un investissement dans une entreprise locale peut aussi ouvrir la voie à la résidence fiscale, par exemple :

participation dans une société pour un montant dépassant environ 1,7 million USD et créant au moins 15 emplois à temps plein,

– ou participation dans une entreprise dont le projet est déclaré d’intérêt national, au-delà d’un certain volume d’investissement.

Ces différentes options sont encadrées par le décret 148/007 et les textes consolidés de 2023, et s’additionnent à la règle des 183 jours.

IRPF et IRNR : comment l’Uruguay taxe les revenus des expatriés

La distinction clé pour un expatrié est la suivante : avoir une vision claire des enjeux professionnels et personnels qui l’entourent.

résident fiscal : soumis à l’IRPF sur les revenus de source uruguayenne, plus certains revenus passifs de source étrangère,

non-résident : soumis à l’IRNR uniquement sur les revenus de source uruguayenne.

L’IRPF des résidents : deux blocs de revenus, deux logiques

L’IRPF (Impuesto a las Rentas de las Personas Físicas) est un impôt personnel instauré en 2007, avec une structure duale :

revenus du travail (salaires, honoraires, prestations personnelles) : barème progressif,

revenus du capital (intérêts, dividendes, loyers, plus-values, royalties, etc.) : taux forfaitaires, le plus souvent 12 %.

Pour les expatriés devenus résidents, il est crucial de distinguer ces deux catégories.

Barème 2025 sur les revenus du travail

Pour l’année fiscale 2025, les paliers de l’IRPF sur les revenus de travail se déclinent en pesos uruguayens comme suit :

Tranche annuelle de revenu du travail (UYU)Taux d’IRPF
Jusqu’à 552 3840 %
552 385 à 789 12010 %
789 121 à 1 183 68015 %
1 183 681 à 2 367 36024 %
2 367 361 à 3 945 60025 %
3 945 601 à 5 918 40027 %
5 918 401 à 9 074 88031 %
Au-delà de 9 074 88036 %

Les salariés voient en général cet impôt prélevé à la source par l’employeur. Les déductions restent limitées : cotisations sociales, montants forfaitaires liés aux enfants à charge, certaines dépenses de logement (loyers ou intérêts d’emprunt pour la résidence principale) dans des conditions encadrées.

Bon à savoir :

L’imposition du foyer fiscal suit des barèmes spécifiques qui varient selon que chaque conjoint dépasse ou non un seuil de revenu équivalent à 12 fois le salaire minimum annuel.

Revenus du capital pour les résidents

Les revenus de capital sont globalement moins lourdement taxés mais entrent dans une logique distincte de celle des salaires. De manière simplifiée :

Type de revenu de capital (source uruguayenne)Taux IRPF indicatif
Intérêts, loyers, plus-values mobilières12 %
Dividendes/profits distribués par une société imposée à l’IS (IRAE)7 %
Dividendes de sociétés cotées en bourse0 %
Intérêts sur titres publics uruguayens0 %
Revenus de droits d’auteur7 %

Certaines formules particulières s’appliquent aux produits structurés ou parts de fiducies, avec des taux allant d’environ 0,5 % à 12 % selon la devise et la durée.

Les résidents et les revenus de source étrangère : ce qui est taxé et ce qui reste hors champ

Dans le système uruguayen, la règle de base reste la non-imposition des revenus étrangers pour les résidents, mais elle connaît des dérogations importantes concernant les revenus passifs (intérêts et dividendes provenant de l’étranger). Les plus-values sur actifs étrangers sont, en principe, exemptes.

Pour les nouveaux résidents fiscaux, le législateur a créé des régimes attractifs : l’exonération temporaire (tax holiday) ou, en alternative, un taux réduit permanent sur certains revenus passifs étrangers.

Nous y revenons plus loin en détail, car c’est l’un des points les plus stratégiques pour un expatrié.

L’IRNR des non-résidents : une imposition à la source sur les revenus uruguayens

Les expatriés qui ne remplissent pas les critères de résidence fiscale sont imposés à l’IRNR (Impuesto a la Renta de No Residentes) uniquement sur leurs revenus de source uruguayenne.

Astuce :

De manière générale, il est recommandé d’adopter une approche méthodique et réfléchie pour aborder toute tâche ou projet. Cela implique de bien comprendre les objectifs, d’organiser les étapes nécessaires et de s’adapter aux circonstances tout en maintenant une vision claire du résultat final.

les revenus de travail de source uruguayenne peuvent être soumis à un taux forfaitaire de 25 %,

les autres revenus (intérêts, dividendes, loyers, honoraires techniques, etc.) sont taxés selon une grille de 7 % à 12 % dans la plupart des cas,

– lorsque le bénéficiaire est établi dans une juridiction à faible ou nulle imposition, le taux peut monter à 25 %.

L’IRNR fonctionne principalement par retenue à la source : l’entité uruguayenne qui paie le revenu (employeur, société, locataire institutionnel, etc.) est tenue d’opérer le prélèvement et de le reverser à la DGI.

Pour les services techniques fournis depuis l’étranger à une société uruguayenne, le taux nominal est souvent 12 % (ou 25 % si le prestataire se trouve dans un paradis fiscal). Toutefois, si ces services représentent une fraction très limitée du chiffre d’affaires de la société locale, le revenu imposable peut être réduit à 5 % de la rémunération, ce qui ramène le taux effectif à 0,6 % ou 1,25 %.

Le « tax holiday » pour nouveaux résidents : un outil central pour les expatriés

L’Uruguay a mis en place un régime de faveur destiné à attirer des personnes fortunées ou disposant d’importants revenus de capital à l’international. Ce mécanisme, souvent qualifié de « tax holiday », vise spécifiquement les revenus passifs étrangers (intérêts et dividendes).

Deux options principales pour les nouveaux résidents

Les personnes qui deviennent résidentes fiscales à partir de 2020 disposent d’un choix :

1. Exonération de 11 ans sur les revenus passifs étrangers L’année d’arrivée plus les 10 années suivantes, les dividendes et intérêts de source étrangère peuvent être totalement exonérés de l’IRPF. À l’issue de cette période, ils seront taxés au taux standard de 12 %.

Attention :

Les nouveaux résidents peuvent renoncer à l’exonération temporaire et opter pour une imposition immédiate de leurs dividendes et intérêts étrangers à un taux réduit de 7 %, applicable indéfiniment, au lieu du taux standard de 12 %.

Ce choix est en principe irrévocable, et son intérêt dépendra de la durée de résidence envisagée, du profil de revenus et du pays d’origine (présence ou non de crédit d’impôt à l’étranger).

Extension et durcissement à venir pour accéder au tax holiday

Les réformes les plus récentes, liées au budget national 2025–2029, prévoient des conditions plus strictes pour les nouveaux résidents à partir de 2026. Pour bénéficier du tax holiday étendu sur les revenus de capital étrangers (dividendes, intérêts, plus-values), il faudra notamment :

183

Nombre de jours de présence physique minimum par an pour justifier de la résidence fiscale en Uruguay.

Le régime se déclinerait alors en plusieurs phases :

11 années (année d’arrivée + 10 ans) d’exonération sur certains revenus de capital étrangers,

– puis 5 années supplémentaires à taux réduit (par exemple 6 % au lieu de 12 %),

– avant de basculer dans le régime général de 12 %, ou éventuellement dans un régime forfaitaire annuel pour les profils les plus élevés.

Pour les expatriés déjà installés ou qui acquièrent leur résidence avant la fin de la période transitoire, les conditions d’accès restent en général plus souples (par exemple investissement immobilier d’environ 400 000 USD et présence de 60 jours par an pour étendre la durée d’exonération).

Impôt sur le revenu et location immobilière : IRPF ou IRNR selon le statut

Dès qu’un expatrié achète un bien immobilier en Uruguay pour le louer, la distinction résident/non-résident détermine le régime applicable.

Non-résident bailleur : loyer imposé à l’IRNR

Pour un non-résident qui perçoit des loyers issus d’un appartement à Montevideo ou d’une maison à Punta del Este, ces revenus sont indiscutablement de source uruguayenne et donc soumis à l’IRNR.

Les principales caractéristiques sont les suivantes :

le loyer net peut être taxé à un taux forfaitaire d’environ 12 %,

– certains textes mentionnent un prélèvement autour de 10,5 % sur le loyer brut, considéré comme imposition définitive,

– les dépenses directement liées au bien (taxes immobilières, frais d’administration, commission d’agence, entretien, etc.) sont déductibles pour déterminer l’assiette dans les régimes au net.

Bon à savoir :

Un propriétaire non-résident confie généralement la gestion de son bien à un tiers (agence ou administrateur). Ce gestionnaire perçoit les loyers et s’occupe des obligations fiscales, notamment la retenue de l’Impôt sur le Revenu des Non-Résidents (IRNR) et son versement à la Direction Générale des Impôts (DGI).

Résident bailleur : loyers intégrés à l’IRPF

Pour un résident fiscal, les loyers entrent dans la catégorie des revenus de capital et sont en principe taxés à 12 %. Ils ne sont pas agrégés au revenu du travail dans le barème progressif, mais déclarés comme revenus distincts à taux fixe.

Une nuance importante concerne la résidence principale : la location de la résidence principale du contribuable bénéficie en règle générale d’exonérations partielles ou totales, ce qui réduit le poids fiscal dans ce cas spécifique.

Les charges déductibles sont proches de celles des non-résidents : impôts fonciers, frais de gestion, commission de l’administrateur, certaines taxes liées au bien, etc.

Taxe foncière en Uruguay : structure et réalité pour les expatriés propriétaires

Pour un expatrié qui achète un bien, le « coût de détention » annuel est essentiel. En Uruguay, la fiscalité immobilière se compose de plusieurs couches de taxes, à cheval entre niveau national et municipal, avec un niveau global qui reste généralement modéré par rapport à d’autres pays.

Les composantes principales de la fiscalité annuelle sur les immeubles

Quatre grandes catégories de prélèvements reviennent systématiquement dans les calculs :

Contribución Inmobiliaria : la taxe foncière municipale par excellence, basée sur la valeur cadastrale,

Impuesto de Enseñanza Primaria : taxe nationale pour le financement de l’enseignement primaire,

Impuesto al Patrimonio : impôt sur la fortune portant sur les actifs situés en Uruguay, dont l’immobilier,

Tributos Adicionales Municipales : redevances locales pour services (éclairage, voirie, assainissement, etc.).

L’ensemble de ces taxes représente généralement entre 0,4 % et 2,5 % de la valeur cadastrale du bien par an. En pratique, pour un appartement ou une maison de taille moyenne, la facture annuelle totale se situe souvent entre 10 000 et 40 000 UYU.

Valeur cadastrale : un point clé pour les baisses de charge

Toutes ces taxes sont calculées à partir de la valeur cadastrale (valeur fiscale), et non de la valeur de marché. Cette valeur est fixée et régulièrement révisée par les municipalités, mais reste fréquemment inférieure au prix de vente réel, ce qui réduit l’assiette taxable.

Bon à savoir :

Chaque département uruguayen publie son propre indice de révision, ce qui peut entraîner des écarts substantiels entre les zones, par exemple entre Montevideo, Maldonado (incluant Punta del Este) et les départements plus ruraux.

Contribución Inmobiliaria : une taxe municipale progressive ou forfaitaire

Le taux et le mode de calcul dépendent du département.

À Montevideo, la capitale, on applique un barème progressif sur la valeur cadastrale. Pour 2025, les tranches publiées sont par exemple :

Tranche de valeur cadastrale (Montevideo, UYU)Taux Contribución Inmobiliaria
1 à 957 6750,18 %
957 676 à 2 394 1880,75 %
2 394 189 à 4 788 3691,00 %
4 788 370 à 8 250 6061,20 %
8 250 607 à 16 501 2151,65 %
Au-delà de 16 501 2161,80 %

Dans le département de Maldonado (où se trouve Punta del Este), les taux sont souvent plus simples, situés approximativement entre 0,25 % et 0,50 % de la valeur cadastrale. Dans des départements plus petits (Rivera, Tacuarembó, Cerro Largo), les taux sont en général compris entre 0,25 % et 0,30 %, parfois presque proportionnels sans véritable progressivité.

Pour les propriétés rurales, une taxation foncière nationale spécifique autour de 0,7 % s’ajoute ou se substitue aux schémas urbains.

Exemples concrets de calcul

Quelques scénarios illustrent la charge réelle :

Type de bienValeur cadastrale (UYU)Contribución Inmobiliaria (approx.)Enseñanza Primaria (approx.)Total annuel (approx.)Taux effectif sur la valeur cadastrale
Appartement à Montevideo2 500 00013 506 UYU5 000 UYU (0,20 %)18 506 UYU≈ 0,74 %
Maison à Maldonado6 000 00027 000 UYU (0,45 %)12 000 UYU (0,20 %)39 000 UYU≈ 0,65 %
Parcelle rurale1 500 00010 500 UYU (0,7 %)0 UYU (souvent exempt)10 500 UYU0,7 %

Ces montants n’intègrent pas l’éventuelle imposition au patrimoine ni les tributos municipaux additionnels, mais donnent une idée de l’ordre de grandeur pour un expatrié propriétaire.

Impuesto de Enseñanza Primaria : la taxe nationale « éducation »

Cette taxe nationale s’applique à la quasi-totalité des biens urbains et suburbains (les terrains ruraux sont en général exclus) et finance l’enseignement primaire public. Les caractéristiques principales sont :

Impôt sur les biens immobiliers en Uruguay

Principales caractéristiques et coûts de la contribution immobilière (Contribución Inmobiliaria) pour les propriétaires.

Base d’imposition

L’impôt est calculé sur la valeur cadastrale du bien, telle qu’établie par les autorités.

Taux d’imposition

Le taux appliqué varie en pratique entre 0,15 % et 0,30 % de la valeur cadastrale.

Exonération pour biens modestes

Exonération possible pour les biens dont la valeur cadastrale est inférieure à environ 271 000 UYU.

Coût annuel typique

Pour un logement standard, le coût annuel se situe généralement entre 40 et 100 USD.

La structure est souvent progressive : les biens plus chers supportent un taux proche de 0,30 %, alors que les petits biens se situent à 0,15 %, voire sont exonérés.

Taxe sur le patrimoine : quand la valeur du bien fait basculer dans l’impôt sur la fortune

L’Uruguay applique un impôt sur le patrimoine (Impuesto al Patrimonio) sur les actifs situés dans le pays (immobilier, liquidités, participation dans des sociétés locales, etc.). Les actifs étrangers, eux, restent hors champ.

Pour les personnes physiques, l’impôt ne frappe que la partie de la valeur nette au-delà d’un seuil. Les données les plus récentes indiquent par exemple :

Catégorie de contribuableSeuil d’exonération (approx.)
Individu6 381 000 UYU (environ 146 000 USD)
Foyer fiscal2 × 6 381 000 UYU (environ 293 000 USD)

Les taux sont progressifs, dans une fourchette qui, selon les sources, va globalement de 0,1–0,2 % à environ 0,8–1,5 %. Les non-résidents sont imposés à des taux généralement plus élevés, souvent jusqu’à 1,5 %.

Particularité importante pour les propriétaires occupant leur logement principal : seule la moitié de la valeur cadastrale de la résidence principale est prise en compte pour calculer l’assiette de l’impôt sur le patrimoine, ce qui écarte du champ un nombre important de ménages, y compris parmi les expatriés installés.

Les dettes contractées auprès de banques locales pour financer un actif uruguayen peuvent être déduites de la base imposable.

Modalités de paiement : échéancier, remises et pénalités

Les taxes immobilières sont généralement payables une fois par an, mais la plupart des départements offrent des paiements échelonnés :

Modalités de paiement des impôts fonciers en Uruguay

Les échéances pour le règlement de la Contribution Immobilière (Impôt Foncier) varient selon les départements. Voici un récapitulatif des principales options de paiement.

Montevideo

Possibilité de régler en un seul versement ou en trois échéances quadrimestrielles.

Maldonado

Trois échéances traditionnelles (février, mai, septembre), pouvant parfois s’étendre jusqu’à cinq versements selon l’année.

Autres départements

Adoptent le plus souvent un schéma de paiement en trois versements.

Les paiements peuvent être effectués :

via les portails en ligne des intendances (municipalités),

dans les réseaux de paiement type RedPagos et Abitab,

auprès des grandes banques,

au guichet des administrations municipales.

Une remise significative est prévue pour paiement anticipé : par exemple, jusqu’à 10 % de réduction à Maldonado en cas de règlement intégral en janvier ; dans d’autres départements, on voit fréquemment des remises de 5 à 8 %. Les retards déclenchent des intérêts de retard (de l’ordre de 10 % l’an dans certains départements) et peuvent entraîner la résiliation de plans de paiement.

Allégements et exemptions : seniors, biens modestes, ruraux

Les exonérations et réductions relèvent souvent de la compétence de chaque département. Parmi les cas types :

réduction partielle pour les propriétaires de plus de 65 ans, sous condition de revenus,

– exonérations ou taux très réduits pour les biens de faible valeur cadastrale,

– allégements pour les exploitations rurales utilisées à des fins agricoles productives,

– ajustements spécifiques pour les propriétés adaptées au handicap.

Ces dispositifs exigent généralement une demande formelle et la fourniture de justificatifs.

Fiscalité immobilière à l’achat et à la revente : transfert, plus-values et frais

Au-delà des taxes annuelles, un expatrié doit intégrer les coûts et impôts liés aux transactions immobilières.

ITP : la taxe de transfert patrimonial

Lorsqu’un bien change de propriétaire, un impôt sur les transmissions patrimoniales (Impuesto a las Transmisiones Patrimoniales, ITP) est dû. Le taux légal est de 4 % de la valeur cadastrale, réparti en pratique entre acheteur et vendeur (2 % chacun).

Certains textes mentionnent aussi une version à 2 % uniquement à la charge de l’acheteur dans des contextes spécifiques, mais dans le schéma le plus courant, chaque partie assume 2 % de la valeur fiscale, laquelle est souvent 30–40 % du prix de marché. Le poids réel de l’ITP reste donc modéré par rapport à un impôt calculé sur le prix de vente effectif.

Notaire, enregistrement et commissions : le coût global d’une acquisition

L’escribano public (notaire) joue un rôle central dans toute transaction immobilière uruguayenne : vérification du titre, contrôle des taxes, rédaction de l’acte, enregistrement. Ses honoraires tournent autour de 3 % du prix de vente, auxquels s’ajoute la TVA (22 %), soit un coût total approximatif de 3,66 %, même si certains négocient des taux plus bas (jusqu’à 1,5 % + TVA).

S’ajoutent :

des droits de timbre pour l’enregistrement (environ 0,55 % du prix),

des frais de registre (600 à 800 USD),

des certificats légaux (600 à 1 300 USD),

la recherche de titres (200 à 400 USD),

la commission d’agence immobilière (souvent 3 % + TVA, généralement payée par le vendeur, mais la pratique peut varier).

Au total, côté acheteur, il faut compter entre 5 % et 8,5 % du prix de vente en coûts de transaction, en plus de l’ITP.

Plus-values immobilières : IRNR pour les non-résidents, IRPF pour les résidents

En cas de revente du bien, l’Uruguay taxe la plus-value sur les actifs situés dans le pays, qu’il s’agisse de résidents ou de non-résidents.

Bon à savoir :

Les non-résidents sont soumis à l’Impôt sur le Revenu des Non-Résidents (IRNR) sur la plus-value immobilière. Le taux forfaitaire est de 12%, appliqué sur la plus-value nette. Celle-ci est calculée en déduisant du prix de vente le coût d’acquisition réévalué selon l’indice des prix à la consommation pour tenir compte de l’inflation. Attention, si le vendeur est domicilié dans un pays à faible fiscalité, le taux d’imposition peut s’élever jusqu’à 25%, voire davantage en cas d’utilisation de structures juridiques opaques.

Résidents : les plus-values sur biens situés en Uruguay relèvent du bloc « revenus de capital » de l’IRPF et sont généralement taxées à 12 %. Une particularité concerne la vente de la résidence principale, qui peut être soumise au barème progressif de l’IRPF au lieu du taux fixe, ce qui peut être plus ou moins avantageux selon la situation.

Les pertes de cession immobilière ne peuvent en général être imputées que sur d’autres gains en capital, et uniquement sur une période de report limitée (par exemple, deux ans).

Impôt sur le patrimoine et détention via société : impact pour les expatriés

Certains expatriés envisagent de détenir leur bien via une société locale ou étrangère. Cela modifie le traitement au titre de l’impôt sur le patrimoine, et potentiellement celui des plus-values.

1.5

Taux d’imposition sur le patrimoine net en Uruguay pour les sociétés locales, pouvant atteindre 2,8% pour les banques.

Détenir un bien via une société peut apporter des avantages en matière de transmission ou de structuration internationale, mais peut renchérir la charge d’impôt sur le patrimoine par rapport à une détention directe, surtout pour un seul bien. L’arbitrage doit donc être analysé avec un conseil fiscal local.

Absence d’impôt sur les successions et dons : un atout pour la planification patrimoniale

Pour les expatriés sensibles aux droits de succession, l’Uruguay présente un avantage de taille : il n’existe pas d’impôt général sur les successions, les donations ou les héritages, qu’il s’agisse d’actifs immobiliers ou financiers.

Astuce :

En France, les transmissions d’un bien immobilier suite à un décès peuvent être soumises à un Impôt de Transmission Patrimoniale (ITP) à taux réduit, par exemple 3% de la valeur cadastrale, à la charge des héritiers. Ce régime diffère des barèmes progressifs sur la valeur totale de l’héritage appliqués dans certains autres pays. Concernant les dons, ils sont fiscalement assimilés à des ventes pour le calcul d’une éventuelle plus-value chez le donateur (différence entre la valeur de marché et le coût d’acquisition). Cependant, un don en lui-même ne déclenche pas d’impôt spécifique sur la donation.

Pour un expatrié venant d’un pays à forte fiscalité successorale, structurer son patrimoine autour d’un bien immobilier en Uruguay peut donc constituer un axe de planification successorale particulièrement attractif, sous réserve des règles de son pays d’origine (réserves héréditaires, exit tax éventuelle, etc.).

Impôt sur le revenu, conventions fiscales et double imposition

L’Uruguay a signé des conventions de non double imposition avec un nombre important de pays (Argentine, Brésil, Belgique, Espagne, Suisse, Portugal, Allemagne, Italie, Luxembourg, Mexique, Corée du Sud, Singapour, Émirats arabes unis, Royaume-Uni, entre autres).

Ces conventions précisent en général :

les critères de résidence en cas de double résidence,

le pays prioritaire pour taxer certains revenus (dividendes, intérêts, plus-values, pensions, etc.),

– les plafonds de retenue à la source sur certains flux,

– le mécanisme de crédit d’impôt dans le pays de résidence.

Bon à savoir :

Aucune convention fiscale globale ne lie les États-Unis et l’Uruguay, mais un accord de sécurité sociale et un accord d’échange d’informations existent. Les expatriés américains résidents en Uruguay doivent déclarer leurs revenus mondiaux aux États-Unis. Ils peuvent utiliser des mécanismes comme l’exclusion des revenus gagnés à l’étranger, les crédits d’impôt étrangers, et doivent respecter les obligations déclaratives liées aux comptes étrangers (FBAR, FATCA).

Du côté uruguayen, le principe de territorialité réduit de facto les risques de double imposition : sauf cas particuliers (revenus passifs étrangers pour les résidents, surtout après les réformes de 2026), l’Uruguay ne vient pas taxer ce qui est déjà taxé à l’étranger. Lorsque certains revenus étrangers deviennent imposables en Uruguay (dividendes et intérêts, plus-values de certains actifs étrangers), la loi prévoit un crédit d’impôt unilatéral plafonné en général au taux uruguayen (par exemple 12 %).

Procédures, certificats et obligations déclaratives pour les expatriés

Pour un expatrié établi, l’aspect administratif est presque aussi important que les taux. Quelques repères s’imposent.

Bon à savoir :

Pour les résidents fiscaux, la déclaration IRPF se fait via le formulaire DGI 1102, avec une date limite généralement fin avril. Les non-résidents soumis à l’IRNR sont souvent prélevés à la source, mais une déclaration directe peut être requise avant mai en cas d’établissement stable. Un certificat de résidence fiscale, valable pour un exercice et délivré électroniquement depuis 2016, peut être obtenu sur demande (formulaire 5202) auprès de la DGI.

Pour les expatriés opérant dans les zones franches (free trade zones) comme Zonamerica ou World Trade Center Free Zone, des régimes particuliers existent. Les sociétés y bénéficient d’exemptions massives d’impôts nationaux (IS, TVA, impôt sur le patrimoine). Les salariés étrangers de ces zones peuvent, sous certaines conditions, choisir d’être imposés à l’IRNR plutôt qu’à l’IRPF et d’être exclus du système de sécurité sociale uruguayen, ce qui modifie fortement la structure de prélèvements sur salaire.

Conclusion : un cadre fiscal attractif, à condition de le maîtriser

Pour un expatrié, la fiscalité de l’Uruguay combine plusieurs attraits :

imposition principalement territoriale, avec une large exonération des revenus étrangers,

– régimes de faveur pour les nouveaux résidents dotés de revenus de capital internationaux,

– fiscalité immobilière globalement modérée, grâce à des valeurs cadastrales inférieures aux valeurs de marché et à des taux raisonnables,

– absence d’impôt sur les successions et sur les dons, ce qui ouvre des perspectives de planification patrimoniale.

Attention :

Le système combine des barèmes progressifs sur le travail, des taux spécifiques pour chaque revenu de capital, un IRNR variable, et plusieurs taxes immobilières et sur le patrimoine. De nouvelles règles à partir de 2026, comme l’imposition étendue de revenus de capital étrangers et un tax holiday plus strict, augmenteront cette complexité.

Pour tout expatrié envisageant l’achat d’un bien et une installation durable, la clé consiste à articuler trois dimensions :

Bon à savoir :

Pour une expatriation fiscale réussie au Portugal, trois aspects sont essentiels : déterminer son statut de résident fiscal en choisissant la voie la plus adaptée (séjour de 183 jours, investissement immobilier ou activités économiques), structurer ses revenus mondiaux en tenant compte des revenus de capitaux étrangers et des conventions fiscales applicables, et optimiser la fiscalité immobilière en maîtrisant la valeur cadastrale, le choix du lieu d’investissement et l’utilisation des exemptions ou remises de paiement.

L’Uruguay restera probablement l’une des juridictions les plus attractives d’Amérique latine pour les expatriés et investisseurs, mais c’est un pays où, plus que jamais, une bonne compréhension des règles fiscales – ou l’accompagnement par un professionnel local – fait la différence entre simple expatriation et vraie optimisation de son installation.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Uruguay, Portugal, Maurice, Grèce), la stratégie retenue consiste à cibler l’Uruguay, pays stable, dollarisé en partie, avec une fiscalité intéressante pour les nouveaux résidents (régime de tax holiday sur certains revenus étrangers, absence d’impôt sur la fortune et environnement juridique protecteur), combinant coût de vie inférieur à la France (Montevideo ~30–40 % moins cher que Paris) et bonne qualité de vie. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence légale via investissement ou revenus, organisation de la couverture santé locale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, agents immobiliers) et intégration patrimoniale internationale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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