Guide pratique pour obtenir le passeport du pays Uruguay

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Obtenir le passeport du pays Uruguay n’est pas seulement une formalité administrative : c’est l’aboutissement d’un parcours juridique bien balisé qui commence avec la nationalité, passe par la résidence, puis la citoyenneté. Le pays, souvent surnommé la « Suisse de l’Amérique du Sud » pour sa stabilité politique et économique, attire de plus en plus d’étrangers en quête d’un second passeport fiable, d’un environnement sûr et d’un régime fiscal favorable.

Bon à savoir :

L’accès au passeport uruguayen nécessite d’abord d’acquérir la nationalité, via la résidence, le mariage, la descendance ou l’investissement. Après avoir constitué un dossier complet, la demande de passeport peut être déposée directement en Uruguay ou auprès d’un consulat du pays.

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Comprendre la nationalité et la citoyenneté en Uruguay

Avant de parler passeport, il faut comprendre la structure juridique qui le rend possible. L’Uruguay distinge de manière très stricte nationalité et citoyenneté, et même au sein de la citoyenneté, deux catégories coexistent.

La Constitution et la loi 16.021 forment l’ossature du droit de la nationalité. Deux principes s’appliquent : le jus soli (droit du sol) et un jus sanguinis limité (droit du sang). En pratique, cela se traduit par deux grands statuts : les « citoyens naturels » et les « citoyens légaux ».

Citoyen naturel, citoyen légal : une distinction clé

La Constitution (notamment ses articles 73, 74, 75 et 81) et la loi 16.021 définissent ce cadre :

Citoyens naturels :

– Toute personne née sur le territoire uruguayen, quels que soient la nationalité ou le statut des parents.

– Les enfants de citoyens naturels, même nés à l’étranger.

– Les petits‑enfants de citoyens naturels nés à l’étranger, sous conditions de résidence et d’enregistrement.

Citoyens légaux :

Les étrangers qui acquièrent la citoyenneté par naturalisation après un certain temps de résidence et la démonstration de leur intégration.

Attention :

La loi 16.021 stipule que la naissance en Uruguay confère la nationalité. Les enfants et petits-enfants de ces nationaux nés à l’étranger peuvent également l’acquérir, à condition de s’installer effectivement dans le pays. Cette installation (« avecinamiento ») est définie de manière large : séjour de plus de trois mois, bail ou achat immobilier, création d’une activité, emploi, ou inscription dans un établissement d’enseignement.

Un point important : l’Uruguay ne retire pas la nationalité en cas de naturalisation dans un autre pays, mais il peut y avoir perte de la citoyenneté légale (celle des naturalisés) si la personne se fait ensuite naturaliser ailleurs.

Nationalité vs citoyenneté : conséquences sur le passeport

Le débat juridique local repose sur la distinction entre la nationalité comme lien « inné et permanent » (vision défendue historiquement par le juriste Justino Jiménez de Aréchaga) et la citoyenneté comme statut juridique variable, lié au domicile effectif. Concrètement, cela a eu une incidence très directe sur le passeport :

Bon à savoir :

Historiquement, les citoyens naturalisés voyaient leur pays de naissance indiqué comme nationalité sur leur passeport, causant des complications aux frontières. Une réforme d’avril 2025 a uniformisé la nationalité sous le code URY pour tous et supprimé le lieu de naissance. Cependant, partiellement révoquée en août 2025 suite à des refus de certains pays, cette réforme a réintroduit le lieu de naissance sur les documents, tandis que la mention URY unique reste débattue.

Des projets de loi (« Consolidación de la Libertad de Circulación de los Ciudadanos Legales Uruguayos », « Derecho a la Ciudadanía en Igualdad » et une proposition d’« interprétation et modernisation » de la nationalité) visent à mettre fin à cette dualité en affirmant clairement que tout citoyen uruguayen est aussi un national et en harmonisant les documents d’identité.

Les grandes voies pour devenir citoyen uruguayen

Le passeport du pays Uruguay n’est délivré qu’aux citoyens. Pour un étranger, la question centrale n’est donc pas « comment avoir le passeport ? », mais par quelle porte entrer dans la citoyenneté. Plusieurs voies existent, plus ou moins rapides ou complexes.

1. Par la naissance sur le sol uruguayen

Toute personne née en Uruguay est, de plein droit, citoyen naturel. Pour les enfants de parents étrangers, une formalité est indispensable : l’enregistrement au Registre civique national (Registro Cívico Nacional).

Les parents doivent :

– déclarer la naissance dans un délai de 10 à 20 jours (délai prolongé dans les zones rurales),

– présenter l’acte de naissance et leur propre documentation,

– l’enregistrement est gratuit et peut prendre jusqu’à un mois.

Une fois enregistré, l’enfant dispose d’un acte de naissance uruguayen et peut, plus tard, demander un document d’identité (cédula de identidad) puis un passeport.

Fait notable : des parents étrangers d’un enfant né en Uruguay peuvent, à terme, bénéficier eux-mêmes d’un raccourci vers la citoyenneté, après trois années de résidence dans le pays.

2. Par la descendance (enfant ou petit‑enfant de citoyen naturel)

L’Uruguay applique un jus sanguinis étendu jusqu’au deuxième degré de consanguinité. En clair, si vous êtes enfant ou petit‑enfant d’un citoyen naturel uruguayen, vous pouvez, sous conditions, être considéré comme citoyen naturel à votre tour, même si vous êtes né à l’étranger.

Les conditions de base :

Lien de filiation prouvé :

– Pour les enfants : acte de naissance de l’enfant + acte de naissance uruguayen du parent.

– Pour les petits‑enfants : acte de naissance de l’enfant, du parent, et acte de naissance uruguayen du grand‑parent.

Enregistrement de la naissance au registre uruguayen (livre des étrangers ou via un consulat).

Volonté de s’installer en Uruguay, démontrée par des actes concrets (résidence de plus de trois mois, contrat de location, achat de bien, emploi, etc.).

Une fois cet enregistrement réalisé, l’intéressé est reconnu comme citoyen naturel, ce qui ouvre la porte à la délivrance d’une cédula, puis d’un passeport.

3. Par le mariage avec un citoyen uruguayen

Le mariage ne donne pas automatiquement un passeport, mais il réduit considérablement le temps de résidence requis pour la naturalisation :

Bon à savoir :

Un conjoint étranger d’un citoyen uruguayen peut demander la nationalité après trois ans de résidence en Uruguay. Le mariage doit être valide et en cours au moment de la demande. La procédure est souple : il faut constituer un dossier (incluant le certificat de mariage apostillé et traduit, les pièces d’identité, et des preuves de résidence et d’intégration) et le déposer au Registre civique ou à la Corte Electoral.

4. Par la résidence et la naturalisation (voie principale pour les étrangers)

Pour un étranger sans lien familial uruguayen, la voie classique est la résidence permanente suivie de la citoyenneté légale par naturalisation.

Les conditions de base :

– Être âgé d’au moins 18 ans.

– Obtenir d’abord une résidence légale en Uruguay (voir plus loin).

– Résider ensuite pendant :

3 ans si l’on a une famille « constituée » en Uruguay (marié, union stable, enfants),

5 ans si l’on est célibataire.

– Pendant ces années, séjourner au moins six mois par an dans le pays. Un départ supérieur à 6 mois peut remettre le compteur à zéro, sauf exceptions appréciées au cas par cas.

– Prouver une bonne moralité (absence de casier judiciaire sérieux) et une adhésion aux valeurs démocratiques.

– Justifier d’une intégration sociale et économique : emploi, entreprise, adhésion à des associations, scolarisation des enfants, etc.

– Avoir un niveau de français inexistant mais un espagnol de base suffisant pour se débrouiller dans l’entretien.

La demande de citoyenneté se dépose auprès de la Corte Electoral et comprend généralement :

Documents requis pour la résidence en Uruguay

Liste des pièces justificatives essentielles à fournir pour une demande de résidence permanente en Uruguay.

Documents d’identité et de statut

Carte de résident ou certificat de résidence, acte de naissance apostillé et traduit, et deux photos d’identité.

Preuves de séjour et de résidence

Certificat de mouvements migratoires / preuve de durée de séjour, et preuves de résidence (contrat de location, acte de propriété).

Justificatifs financiers et professionnels

Justificatifs de ressources (relevés bancaires, contrats de travail, documents d’entreprise).

Certificats de santé et de casier judiciaire

Certificat médical attestant l’absence de maladies graves et extrait de casier judiciaire des pays de résidence antérieurs.

Témoins requis

La présence obligatoire de deux témoins uruguayens pour attester de la demande.

Ces deux témoins doivent :

– être citoyens uruguayens,

– avoir plus de 25 ans,

– être inscrits au Registre civique (Credencial Cívica),

– connaître le demandeur depuis plusieurs années (durée alignée sur les 3 ou 5 ans de résidence),

– ne pas être des membres de la famille, ni employeur/employé, ni avocat ou notaire, ni policiers, militaires ou agents électoraux.

La procédure comporte un entretien d’environ une heure et demie avec des fonctionnaires de la Corte Electoral, puis des entretiens séparés avec chaque témoin. Une fois la citoyenneté approuvée, le demandeur reçoit une Carta de Ciudadanía, indispensable pour ensuite demander son passeport.

En pratique, après la fin de la période de résidence, il faut compter six à douze mois pour que la demande de citoyenneté soit traitée, ce qui porte le délai total à environ 4 à 6 ans entre la première entrée dans le pays et l’obtention du passeport.

Résidence en Uruguay : la porte d’entrée pour les étrangers

Pour la plupart des candidats, obtenir le passeport du pays Uruguay commence donc par décrocher un statut de résident.

Formes de résidence : travail, études, famille, moyens propres, investissement

Plusieurs options existent pour obtenir une résidence (temporaire ou permanente) :

1500

Revenu mensuel minimum requis pour une personne seule dans le cadre du visa de rentier en Uruguay.

Pour la résidence classique, il faut :

Astuce :

Pour constituer un dossier de demande de résidence en Uruguay, il est impératif de réunir les documents suivants : un passeport valable au moins six mois, un extrait de casier judiciaire du pays d’origine et de tout pays de résidence des cinq dernières années, des certificats d’état civil (naissance, mariage, décès le cas échéant) récents (souvent datant de moins de 30 jours), un certificat médical pouvant inclure un carnet de vaccination et des résultats de laboratoire (avec, pour les femmes, des examens de dépistage comme un frottis ou une mammographie selon l’âge), des preuves de revenus (contrats, attestations bancaires) certifiées par un notaire uruguayen, et enfin un justificatif d’adresse en Uruguay (bail, acte de propriété ou attestation de domicile).

Tous les documents étrangers doivent être apostillés ou légalisés selon la Convention de La Haye, puis traduits en espagnol par un traducteur public uruguayen (sauf documents émis au Brésil où l’espagnol/portugais est admis). Pour les pays non membres de la Convention, la chaîne de légalisation implique le ministère des Affaires étrangères du pays d’origine, le consulat uruguayen et finalement le ministère uruguayen des Affaires étrangères.

Les demandes de résidence peuvent être déposées :

– en ligne ou en personne auprès de la Dirección Nacional de Migración,

– ou via le dispositif « Fast Track » coordonné par Uruguay XXI, le ministère de l’Intérieur et le ministère des Affaires étrangères pour certains investisseurs (contact : fast-track@uruguayxxi.gub.uy).

Les délais varient : les projets peuvent prendre plus ou moins de temps selon leur complexité et les ressources disponibles.

– permis de séjour temporaire : environ deux semaines,

– carte de résidence permanente : 4 à 8 mois, parfois jusqu’à 12 à 18 mois selon la complexité du dossier et la ville (processus souvent plus rapide dans de petites villes comme Colonia).

De la citoyenneté au passeport : conditions et procédures

Une fois citoyen (naturel ou légal), l’accès au passeport devient un processus administratif relativement standard, même si les exigences de sécurité ont nettement augmenté.

Validité, renouvellement et types de passeports

Le passeport du pays Uruguay est aujourd’hui un passeport biométrique conforme aux normes de l’OACI et du programme d’exemption de visa américain. Quelques caractéristiques pratiques :

Validité standard : 10 ans.

Première délivrance pour un nouveau citoyen légal : validité initiale de 3 ans, puis 10 ans lors du renouvellement.

Renouvellement possible jusqu’à 12 mois avant la date d’expiration.

– En cas de perte, vol ou absence de pages libres, un renouvellement ou un remplacement est aussi possible.

– En situation d’urgence, des passeports d’urgence ou documents de voyage à usage unique peuvent être délivrés, avec une validité courte (par exemple un an ou le temps d’un retour au pays), et sont souvent confisqués à l’entrée sur le territoire.

Le passeport est délivré par la Dirección Nacional de Identificación Civil (DNIC), sous tutelle du ministère de l’Intérieur. À l’étranger, ce sont les ambassades et consulats qui servent de relais.

Conditions générales pour une première demande adulte

Pour un citoyen résidant en Uruguay, la procédure commence par une prise de rendez‑vous et un paiement :

– réservation d’un créneau via le site gouvernemental ou dans des réseaux de paiement (RedPagos, Abitab) ou directement dans un bureau de la DNIC,

– paiement des frais en monnaie locale (le montant exact en pesos varie, mais la référence internationale est d’environ 72 USD pour une première délivrance).

Les documents de base pour un adulte (catégorie « personne née en Uruguay ») :

Exemple :

Pour faire une demande de passeport uruguayen, plusieurs documents sont nécessaires : la cédula de identidad (carte d’identité) même si elle est expirée, un acte de naissance récent, l’ancien passeport si la personne en possédait déjà un, un certificat de casier judiciaire (Certificado de Antecedentes o Registro Judicial) délivré par l’autorité compétente, ainsi que le formulaire de demande dûment rempli.

Le certificat de casier judiciaire s’obtient souvent en même temps que l’audition à la DNIC lorsque l’on est en Uruguay. Pour les résidents à l’étranger, chaque consulat précise son propre schéma :

– Aux États‑Unis, un FBI Background Check apostillé par le Département d’État est exigé pour les plus de 18 ans. Le document doit être récent (validité généralement limitée à 6 mois), traduit en espagnol par un traducteur uruguayen ou par le consulat (avec des frais de traduction autour de 54 USD par page dans certains postes).

– En Suède, on demande le document « Belastningsregistret – begär utdrag » assorti d’une apostille par un notaire public.

– En Norvège, il s’agit du « Police certificate of conduct », apostillé par le Ministère des Affaires étrangères ou les gouverneurs régionaux.

– Au Danemark, on parle de « Certificate of criminal record », apostillé par le Ministère des Affaires étrangères.

Tous ces certificats doivent avoir été délivrés moins de 180 jours (et parfois moins de 90 selon les postes) avant la demande. Aucune demande de passeport ne peut être traitée si un casier judiciaire défavorable apparaît.

Catégories particulières

Pour les autres catégories de citoyens, des pièces supplémentaires sont requises :

Nés à l’étranger d’un parent uruguayen (loi 16.021) :

– acte de naissance uruguayen de la personne, enregistré dans les registres uruguayens ou par un consulat,

– acte de naissance uruguayen du parent,

– documents d’identité usuels, certificat de casier judiciaire, etc.

Nés à l’étranger d’un grand‑parent uruguayen (loi 19.362) :

– acte de naissance enregistré en Uruguay,

– acte de naissance du grand‑parent uruguayen,

– acte de naissance du parent, établissant la lignée,

– reste du dossier standard.

Attention :

Pour les citoyens uruguayens par naturalisation, la demande de passeport nécessite plusieurs documents spécifiques : la Carta de Ciudadanía de la Corte Electoral, une pièce d’identité (cédula ou ancien passeport), la Credencial Cívique si la citoyenneté a été obtenue il y a plus de trois ans, un acte de naissance enregistré localement si absent du dossier, une déclaration sous serment de non-acquisition d’une troisième nationalité (parfois signée au consulat), et un certificat de casier judiciaire récent et apostillé.

Demande de passeport pour les mineurs

Le régime des mineurs est particulièrement protecteur. Pour un enfant de moins de 18 ans :

– cédula de identité en bon état,

– acte de naissance uruguayen de moins de 30 jours,

– présence obligatoire des deux parents avec leurs pièces d’identité,

– présence de l’enfant,

– éventuel ancien passeport.

Si un parent ne peut pas être présent, une autorisation spéciale (souvent appelée « Permiso de Menor » ou autorisation parentale) est exigée :

– si le parent est en Uruguay, autorisation délivrée par le département de documentation de voyage du ministère des Affaires étrangères,

– s’il est à l’étranger, par le consulat uruguayen le plus proche.

Cas particuliers :

– parent décédé : certificat de décès (uruguayen récent ou étranger apostillé),

– parent récalcitrant : nécessité d’une décision de justice,

– parents absents mais tiers de confiance : procuration valable,

– mineur marié : les parents ne sont pas requis, mais un acte de mariage récent doit être présenté,

– enfant sous tutelle de l’État : autorisation de l’institution compétente (INAU).

En plus du passeport, pour quitter l’Uruguay, un mineur qui a séjourné plus de 365 jours avec un seul parent, sans les deux, aura besoin d’un Permiso de Menor spécifique délivré par la Direction nationale de l’immigration. Tous les documents étrangers utilisés pour ce permis doivent également être apostillés et traduits.

Procédure pratique : rendez‑vous, biométrie, délais

La procédure est assez uniforme, que l’on dépose sur place ou via un consulat :

Bon à savoir :

Avant d’obtenir un rendez-vous, de nombreux consulats exigent l’envoi par e-mail de scans (PDF ou JPG) de tous les documents requis pour une vérification de conformité.

– 2. Prise de rendez‑vous :

– En Uruguay : via le site officiel, RedPagos, Abitab ou directement dans un bureau de la DNIC (à Montevideo : Bartolomé Mitre 1434, coin 25 de Mayo, en semaine de 8 h à 16 h).

– À l’étranger : par e‑mail ou téléphone aux consulats (par exemple cdestocolmo@mrree.gub.uy, uruturquia@mrree.gub.uy, cdmiami@mrree.gub.uy, cgwashington@mrree.gub.uy, etc.).

3. Comparution personnelle : Le jour du rendez‑vous, le demandeur doit se présenter en personne, avec tous les originaux des documents. La présence est obligatoire, car il faut recueillir les données biométriques :

prise d’empreintes digitales,

photographie,

signature électronique.

– 4. Paiement des frais :

– en Uruguay : en monnaie locale auprès des réseaux habilités,

– dans certains consulats (Miami, Stockholm, Sydney…), en monnaie locale ou par mandat/carte, selon les règles locales. À Miami, par exemple, le renouvellement coûte environ 36 USD, la première demande autour de 72 USD.

5. Traitement et délivrance : Le délai annoncé est généralement de 4 à 6 semaines entre le dépôt et la réception du passeport au consulat ou au bureau émetteur. Le demandeur reçoit une notification (souvent par e‑mail) lorsque le document est disponible.

– 6. Retrait ou envoi postal :

retrait en personne sur présentation du reçu,

– ou envoi postal, dans certains pays, via une enveloppe prépayée avec numéro de suivi (par exemple USPS aux États‑Unis, service privé en Arabie saoudite).

En cas de perte ou de vol, un rapport de police est obligatoire. À défaut, un rapport peut être établi directement au consulat ou dans le système de sécurité publique uruguayen lors de la demande.

Exigences techniques : photos, casier judiciaire, aptitude juridique

Même si ces points paraissent secondaires, de nombreux dossiers sont rejetés à cause d’une photo non conforme ou d’un certificat de casier judiciaire expiré.

Photos d’identité : les critères à respecter

Les photos doivent respecter les standards de l’OACI :

– format 2 x 2 pouces (environ 51 x 51 mm),

– tête centrée, occupant 60 à 70 % de la hauteur de la photo (du menton au sommet du crâne : 1 à 1 3/8 pouces),

– visage net, bien éclairé, sans ombre, regard dirigé vers l’objectif, expression neutre (bouche fermée),

– fond blanc uni, sans motif ni ombre,

– photo en couleur, impression de bonne qualité, résolution minimale d’environ 600 dpi,

– pas de retouche numérique altérant les traits,

– lunettes en principe retirées ; si elles restent, pas de reflet ni verre teinté, monture ne couvrant pas les yeux,

– couvre‑chef interdit sauf motif religieux, à condition de ne pas projeter d’ombre sur le visage.

Pour les enfants en bas âge :

Astuce :

Pour une photo réussie, l’enfant doit être seul sur l’image, sans que les mains des parents ne soient visibles. Dans la mesure du possible, ses yeux doivent être ouverts. Si l’enfant est photographié allongé, le fond (drap, couverture) doit rester blanc. Pensez également à retirer tétines et bonnets.

Beaucoup de candidats préfèrent recourir à des prestataires spécialisés, certains promettant la conformité aux normes uruguayennes depuis des décennies, en proposant des planches de photos et des versions numériques.

Casier judiciaire : un filtre incontournable

Depuis 2022, les exigences en matière de casier judiciaire se sont durcies, notamment pour les plus de 18 ans à l’étranger. Quelques points à retenir :

Attention :

Pour la demande de passeport, le certificat de casier judiciaire doit obligatoirement provenir de l’autorité compétente du pays de résidence, être apostillé (ou légalisé pour les pays non-signataires de la Convention de La Haye), et avoir une durée de validité limitée (souvent 6 mois). S’il est dans une langue autre que l’espagnol, une traduction officielle est requise. La présence d’un casier significatif empêche généralement l’obtention du passeport.

Cas particuliers : incapacité, mineurs, tutelle

Les autorités prévoient aussi des procédures pour les situations d’incapacité :

– si la personne présente une incapacité évidente mais n’a pas été judiciairement déclarée inapte, un certificat du Registre national des actes personnels (section interdictions) est requis,

– en cas d’inaptitude juridiquement reconnue et de mise sous tutelle, une autorisation judiciaire est indispensable.

Pour les mineurs sous tutelle d’organismes d’État (comme l’INAU), des autorisations spécifiques doivent accompagner la demande.

Pourquoi viser le passeport du pays Uruguay ?

Au‑delà des aspects techniques, il est utile de rappeler ce que représente ce document sur le plan pratique et stratégique.

Accès sans visa et mobilité

Selon les sources, le passeport uruguayen ouvre aujourd’hui l’accès sans visa ou avec visa à l’arrivée à plus d’une centaine de pays. Les chiffres varient entre 117 et environ 150–157 pays selon les classements (Henley Passport Index, Global Citizen Solutions, etc.), mais tous s’accordent pour en faire un document de voyage solide.

Dans l’espace régional :

– les citoyens uruguayens peuvent voyager dans le bloc Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay), ainsi qu’au Chili et en Bolivie, avec simplement leur carte d’identité nationale, sans passeport.

Bon à savoir :

Grâce à sa stabilité politique, son bon classement en développement humain (58e en 2023) et en paix (50e au Global Peace Index), l’Uruguay est considéré comme un profil à bas risque par de nombreux services d’immigration. Ce statut facilite souvent l’obtention de visas lorsque ceux-ci sont nécessaires.

Double (ou multiple) nationalité

L’Uruguay accepte la double, voire la multiple nationalité :

– les citoyens naturels n’ont pas à déclarer leurs autres nationalités,

– les citoyens légaux, eux, peuvent perdre leur citoyenneté uruguayenne s’ils se font naturaliser une nouvelle fois ailleurs, en fonction de l’interprétation de l’article 81 de la Constitution,

– pour certains pays, comme les États‑Unis, la loi oblige les binationaux à utiliser leur passeport national (américain) pour entrer et sortir du territoire ; les binationaux Uruguay/États‑Unis sont donc invités à voyager avec les deux passeports.

Bon à savoir :

Le passeport uruguayen est compatible avec la multi-nationalité. Il est conçu pour être un complément à votre citoyenneté d’origine, et non un substitut.

Contexte économique, fiscal et qualité de vie

Pour de nombreux candidats, l’attrait de l’Uruguay ne tient pas uniquement au document de voyage :

– système de santé national intégré (SNIS),

– bonne qualité de vie, classement favorable dans les indices internationaux,

– marché immobilier en croissance (près de 180 milliards de dollars prévus en 2024, avec progression attendue),

régime fiscal attractif pour les nouveaux résidents :

– jusqu’à 11 ans d’exonération sur les revenus de source étrangère,

– au‑delà, taxation limitée à 12 % (pouvant descendre à 7 %) sur certains revenus spécifiques (intérêts, dividendes),

– absence d’imposition sur de nombreux revenus étrangers tels que certains loyers ou plus‑values.

Ce contexte explique pourquoi la demande de naturalisation a nettement augmenté ces dernières années, même si le pays n’offre pas de « passeport doré » contre investissement direct.

Synthèse des principales étapes vers le passeport du pays Uruguay

Pour finir, il est utile de rassembler en un coup d’œil les scénarios les plus courants pour un étranger souhaitant obtenir le passeport du pays Uruguay.

Tableau 1 – Voies typiques vers la citoyenneté (puis le passeport)

Profil du demandeurVoie principaleDurée de résidence requiseParticularités clés
Enfant né en Uruguay de parents étrangersCitoyenneté naturelle par naissanceAucuneEnregistrement rapide au Registre civique national
Enfant/petit‑enfant d’Uruguayen né à l’étrangerCitoyenneté naturelle par descendanceInstallation en Uruguay (avec preuves)Enregistrement de la naissance, preuve du lien familial
Conjoint étranger de citoyen uruguayenCitoyenneté légale par naturalisation3 ansMariage toujours valide, vie commune en Uruguay
Étranger sans liens familiaux, famille constituée en UruguayCitoyenneté légale par naturalisation3 ansRésidence 6 mois/an minimum, preuve d’intégration et ressources
Étranger sans liens familiaux, célibataireCitoyenneté légale par naturalisation5 ansIdem ci‑dessus, période plus longue
Investisseur ou rentierRésidence via visa d’investisseur ou de rentier, puis naturalisation3 ou 5 ans selon situation familialeInvestissements minimaux et revenus stables exigés

Tableau 2 – Conditions essentielles pour la demande de citoyenneté

ConditionExigence indicative
Âge minimum18 ans
Résidence effective3 ans (mariés/famille), 5 ans (célibataires)
Présence annuelleEn principe ≥ 6 mois par an
Intégration socialeEmploi, entreprise, scolarisation, participation associative
Capacité financièreRevenus réguliers ≥ 1 500 USD/mois (indication pour les visas)
Casier judiciaireAbsence d’antécédents graves ; certificats apostillés requis
LangueEspagnol basique suffisant pour l’entretien
Témoins2 citoyens uruguayens > 25 ans, non parents ni employeurs, inscrits au registre civique

Tableau 3 – Démarche standard pour un premier passeport adulte

ÉtapeContenu principal
1. Vérification des piècesCédula, acte de naissance, casier judiciaire, preuve de citoyenneté, formulaires
2. Prise de rendez‑vousEn ligne ou en personne (DNIC en Uruguay, consulat à l’étranger)
3. Paiement des fraisEn monnaie locale ou équivalent (≈ 72 USD première délivrance)
4. ComparutionPrésentation des originaux, prise des empreintes, photo, signature
5. TraitementTransmission et production du passeport (en général 4 à 6 semaines)
6. Retrait/envoiRetrait en personne ou réception par courrier suivi selon les pratiques locales

Conclusion : un passeport exigeant, mais accessible

Le passeport du pays Uruguay n’est pas un document que l’on obtient à la légère ni en échange d’un simple investissement immobilier. L’Uruguay a choisi un modèle qui favorise les projets de vie réels : résidence durable, intégration dans la société, participation au tissu économique et social.

Pour les personnes prêtes à s’engager dans ce parcours — qu’il s’agisse de familles souhaitant s’installer dans un pays stable, d’investisseurs à la recherche d’un environnement juridique prévisible, ou de descendants d’Uruguayens désireux de renouer avec leurs racines — le passeport uruguayen constitue l’aboutissement logique d’une installation assumée.

En résumé, obtenir ce passeport suppose de :

Astuce :

Pour maximiser vos chances d’obtenir la citoyenneté, il est crucial de : comprendre votre statut éligible (citoyen naturel ou légal), choisir la voie d’accès appropriée (naissance, descendance, mariage ou naturalisation après résidence), respecter scrupuleusement les formalités documentaires (apostilles, traductions, casier judiciaire, photos), anticiper les délais, souvent de plusieurs années pour les naturalisations, et accepter un contrôle rigoureux, notamment sur vos antécédents pénaux.

En contrepartie, ce document ouvre les portes d’un pays sûr, démocratique, doté d’un système de santé solide, d’un régime fiscal compétitif et d’une qualité de vie qui en fait, pour beaucoup, une base séduisante en Amérique du Sud et un excellent complément dans une stratégie de mobilité internationale.

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Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et profiter d’un cadre de vie stable en Amérique du Sud, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Uruguay, Paraguay, Portugal, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Uruguay pour sa fiscalité modérée sur les revenus étrangers (régime de tax holiday temporaire), l’absence d’impôt sur la fortune, un système bancaire réputé solide, un État de droit stable et un coût de vie inférieur à la France (Montevideo ~30–40 % moins cher que Paris). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑UY), obtention de la résidence légale via investissement immobilier, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, conseillers bilingues) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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