S’adapter au climat du Groenland quand on s’y installe

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Groenland, ce n’est pas seulement changer de pays : c’est entrer dans un autre monde climatique. Entre la banquise qui couvre la majeure partie du territoire, des hivers rigoureux plongés dans la nuit polaire et des étés baignés de soleil quasi permanent, le corps comme l’esprit sont mis à l’épreuve. Mais ce n’est pas un environnement inhospitalier pour autant. Des générations d’Inuits y vivent, s’y épanouissent et ont développé un ensemble de savoir-faire qui permettent de faire du climat un allié plutôt qu’un ennemi.

Bon à savoir :

Pour vivre durablement au Groenland, il est essentiel de comprendre le climat arctique en détail, de s’équiper comme les locaux, d’anticiper les effets sur la santé physique et mentale, et d’ajuster son quotidien en conséquence. Ce guide pratique s’appuie sur des connaissances locales et des données scientifiques pour vous y aider.

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Comprendre le climat arctique du Groenland

Le Groenland est la plus grande île du monde et environ 80 à 85 % de sa surface est recouverte par une calotte glaciaire continue. La vie humaine se concentre donc dans la zone côtière libre de glace, qui ne représente qu’environ 410 000 km². Pourtant, même dans cette frange habitable, le climat reste intégralement arctique.

Un climat unique, très contrasté selon les régions

L’île s’étire sur plus de 2 600 kilomètres du sud au nord, soit plus de 24 degrés de latitude. Le sud se situe à la hauteur d’Oslo, tandis que le nord bascule dans les zones de soleil de minuit et de nuit polaire pendant plusieurs mois.

Quelques repères utiles :

ZoneCaractéristiques climatiques clés
Sud du GroenlandÉtés relativement doux, fjords parfois > 20 °C, beaucoup de précipitations (jusqu’à 3,5 m/an)
Côte sud-ouest (Nuuk, Sisimiut)Hivers relativement « doux » pour l’Arctique, étés frais et changeants, neige fréquente en hiver
Intérieur des fjords (Kangerlussuaq)Hivers très froids, air sec, faible enneigement au sol, étés plus chauds et stables
Nord et nord-ouest (Disko Bay, Thulé)Hivers très rigoureux, mer prise par la glace, brouillard d’été fréquent en mer, longues périodes de soleil de minuit / nuit polaire

La température du mois le plus chaud dépasse rarement 10 °C sur une grande partie de l’île. Pourtant, dans les fjords du sud ou près de Kangerlussuaq, on peut ponctuellement dépasser 20 °C en juillet lors de situations de foehn (vents chauds et secs descendant de l’inlandsis). À l’inverse, sur la calotte glaciaire au nord, le thermomètre peut plonger sous les -70 °C en hiver.

Une météo qui change vite, et un air exceptionnellement sec

Ce qui surprend beaucoup d’expatriés, ce n’est pas uniquement le froid, c’est la variabilité. Dans une même journée, on peut enchaîner grand soleil, brouillard dense, vent tempétueux et chutes de neige. En hiver, les températures en ville tournent souvent entre -5 °C et -25 °C, mais le ressenti dépend beaucoup du vent et de l’humidité.

Bon à savoir :

L’air très sec au Groenland atténue la sensation de froid pénétrant comparé aux climats humides, mais assèche la peau et les muqueuses, augmentant les risques d’irritations. Le vent accentue le refroidissement éolien, rendant la température indiquée peu représentative de la sensation réelle.

Lumière extrême : soleil de minuit et nuit polaire

Le Groenland vit au rythme de cycles lumineux extrêmes. Dans le sud, la durée du jour ressemble globalement à celle du Danemark, avec toutefois des journées très longues en été. Plus on monte vers le nord, plus le contraste devient radical.

PhénomèneCe que vous vivrez selon la latitude
Soleil de minuitAu nord-ouest, jusqu’à 127 jours de soleil permanent ; ligne du soleil de minuit qui passe près de Maniitsoq
Nuit polaireJusqu’à 110 jours sans lever de soleil dans le nord ; limite de la nuit polaire juste au nord de Sisimiut
Jour le plus court (zones habitées du sud-ouest)Environ 3 à 4 heures de lumière en décembre
Été dans le sud-ouestLongues journées, crépuscule tardif, voire quasi-journée continue de lumière en juin

Cette alternance lumière / obscurité est l’un des facteurs climatiques les plus difficiles à gérer pour un expatrié. Elle influence le sommeil, l’humeur, l’énergie et l’organisation sociale, bien autant que la température elle-même.

Une région qui se réchauffe très vite

Comme l’ensemble de l’Arctique, le Groenland se réchauffe à un rythme bien supérieur à la moyenne mondiale : au moins deux fois plus vite, certains travaux parlant même d’un facteur quatre. Cela a des conséquences visibles :

Attention :

Le réchauffement provoque une fonte accélérée de la calotte glaciaire et une instabilité de la glace de mer. Il modifie également les régimes de neige, de pluie et de vent, avec des conséquences directes sur la faune (migration, comportement) et donc sur les activités de subsistance comme la chasse et la pêche.

Pour les expatriés, cela signifie deux choses : d’abord, ne pas se fier aux clichés figés (l’« hiver éternel »). Ensuite, rester à l’écoute des conseils locaux, car même les habitants constatent que leur environnement devient moins prévisible.

S’habiller comme un local : la science des couches

Survivre – et surtout bien vivre – dans le froid groenlandais repose avant tout sur l’art de s’habiller. Ici, la mode passe derrière l’efficacité. Les Groenlandais l’ont compris depuis longtemps avec leurs parkas en peau de phoque, leurs bottes fourrées et leurs couches épaisses superposées.

Le principe central : la superposition de couches

Plutôt qu’un gros manteau unique, le système gagnant repose sur trois niveaux :

CoucheRôleMatières conseilléesÀ éviter
Couche de baseGarder la peau sèche en évacuant la transpirationLaine mérinos, synthétique techniqueCoton
Couche intermédiaireIsoler et retenir la chaleurLaine, polaire, doudoune légèreCoton épais qui garde l’humidité
Couche externeProtéger du vent, de la pluie, de la neigeVeste et pantalon coupe-vent & imperméablesVestes non coupe-vent, tissus qui s’imbibent

Ce système permet d’ajuster rapidement sa tenue au moindre changement de météo ou d’activité. C’est indispensable dans un pays où l’on peut passer d’une marche tranquille en ville à un déplacement en motoneige, puis à une réunion en intérieur chauffé.

Couche de base : rester au sec, même en hiver

La couche de base colle à la peau. Sa mission est d’évacuer l’humidité pour que vous ne restiez pas trempé de sueur en cas d’effort, ce qui provoquerait un refroidissement brutal dès que vous vous arrêtez.

Au Groenland, un ensemble haut + bas en laine mérinos est quasi un uniforme en hiver, y compris pour beaucoup de résidents. Le mérinos reste chaud même légèrement humide, ne retient pas les odeurs et peut faire office de pyjama. Les sous-vêtements techniques synthétiques (polyester, polyamide) fonctionnent aussi très bien.

En revanche, le coton est l’ennemi. Un t-shirt en coton qui mouille reste humide, se refroidit et vous fait grelotter.

Couche intermédiaire : jouer avec l’isolation

La couche intermédiaire sert à moduler la quantité de chaleur conservée. En été, une simple polaire légère ou un sweat technique peut suffire. En hiver, on combine souvent plusieurs éléments : par exemple un pull en laine + une doudoune fine.

Astuce :

Pour les jambes, privilégiez un pantalon en matière synthétique à séchage rapide, adapté à une utilisation toute l’année. Durant la saison hivernale, pour des sorties prolongées, il est conseillé d’ajouter une seconde couche avec un pantalon chaud, tel qu’un modèle en polaire ou doublé, par-dessus le premier.

Le mot d’ordre : souplesse. Mieux vaut pouvoir enlever un pull trop chaud que de rester coincé dans une tenue unique et transpirer, ce qui augmente le risque de refroidissement ensuite.

Couche externe : faire barrage au vent et à la neige

En Arctique, la couche externe n’a pas pour but d’apporter la chaleur principale, mais de bloquer les éléments : vent, neige, pluie, embruns.

En été, une bonne veste de randonnée imperméable et coupe-vent, assortie d’un pantalon de pluie, suffit la plupart du temps. Mais n’oubliez pas que même en été, une bourrasque froide sur un bateau ou un fjord peut vous glacer si vous êtes mal protégé.

En hiver, on passe à un niveau supérieur : parka chaude isolée (synthétique ou duvet), pantalon de ski ou d’hiver épais, tous deux étanches au vent et à la neige. L’objectif est de créer une bulle d’air chaud autour du corps, que vos couches inférieures vont chauffer.

Beaucoup d’expatriés réutilisent leur équipement de ski. C’est en général adapté, à condition d’être vraiment coupe-vent, suffisamment ample pour superposer les couches, et d’avoir des serrages (capuche, poignets, bas de veste) pour empêcher l’air froid de s’infiltrer.

Bon à savoir :

Pour les activités typiques comme la motoneige, le traîneau à chiens ou les sorties en bateau l’hiver, les opérateurs locaux fournissent souvent des combinaisons spécialisées. Pour le quotidien, il est essentiel de prévoir votre propre système d’habillement en couches (système de couches) pour vous protéger efficacement du froid.

Protéger tête, cou, mains et pieds : le détail qui change tout

Dans ce climat, négliger les extrémités est l’erreur classique. Or c’est par là que l’on perd brutalement du confort… et de la chaleur.

Tête et cou

Une grande part de la déperdition de chaleur passe par la tête et le cou. Les Groenlandais le savent et le montrent par leurs bonnets épais en laine et leurs capuches souvent bordées de fourrure (traditionnellement de phoque ou de renard arctique), qui coupent le vent autour du visage.

En pratique, pour un expatrié :

– en été : un bonnet léger en laine pour les frais matins/soirées, et un chapeau ou une casquette pour le soleil de minuit ;

– en hiver : un bonnet épais couvrant bien les oreilles, complété par une cagoule ou un buff remonté sur le bas du visage.

Un tour de cou en mérinos est extrêmement polyvalent : il protège du soleil, du froid et du vent, et se transforme en demi-cagoule si nécessaire.

Mains

Les mains gèlent vite, surtout avec le vent. En été, une paire de gants légers coupe-vent suffit souvent, mais ne partez jamais sans rien : une balade au bord d’un fjord peut rapidement devenir pénible si le vent se lève.

Astuce :

En hiver, les mitaines fermées (moufles) sont plus efficaces que les gants à doigts séparés, car elles gardent les doigts ensemble, ce qui permet de mieux conserver la chaleur. L’idéal est de superposer une première paire fine sous les moufles pour une isolation optimale.

une paire de sous-gants fins en laine ou synthétique ;

une paire de moufles épaisses, coupe-vent et imperméables.

Pour ceux qui manipulent souvent un appareil photo ou un téléphone, des gants avec extrémités tactiles ou gants spécifiques de photographie sont utiles. Des chaufferettes chimiques de poche peuvent sauver une sortie de plusieurs heures par très grand froid.

Pieds

Des pieds froids, et c’est tout le corps qui souffre. La règle d’or est double : des chaussettes en laine, et des chaussures assez larges pour laisser de l’air et ne pas comprimer.

SaisonChaussures conseilléesRemarques
ÉtéChaussures de randonnée montantes, imperméables, avec bon maintien de chevilleEssentielles sur les sentiers rocheux et humides, et pour marcher dans la boue ou la neige résiduelle
Hiver (actif)Chaussures de randonnée isolées, éventuellement avec semelles intérieures isolantesAdaptées si vous bougez beaucoup (ski, raquettes, marche)
Hiver (statique / sorties lentes)Bottes d’hiver très isolées, type « après-ski » arctique ou bottes traditionnellesIndispensables pour traîneau à chiens, motoneige, longues observations en extérieur

Les chaussettes doivent être majoritairement en laine (mérinos ou autre). Trois à quatre paires épaisses sont un minimum pour un usage quotidien, mieux encore si vous avez de quoi changer en cours de journée en cas de transpiration.

Tenue de ville, tenue de travail : le réalisme groenlandais

Même dans les milieux professionnels, la priorité reste la fonctionnalité. Les bureaux, écoles et magasins sont bien chauffés, mais les déplacements extérieurs imposent une tenue adaptée. Il est courant de voir des collègues arriver en grosses bottes et parkas, puis enfiler des chaussures d’intérieur au bureau.

Cela implique de penser vos tenues en « modules » : un cœur relativement léger (chemise, pull) pour l’intérieur, et une enveloppe très protectrice pour l’extérieur. Dans la plupart des environnements professionnels, personne ne vous reprochera une parka technique ou un pantalon chaud, au contraire.

Vivre avec la lumière (ou son absence) : adapter son rythme et sa santé mentale

Affronter le froid est une chose ; habiter la nuit polaire pendant des semaines en est une autre. De nombreux nouveaux arrivants sous-estiment l’impact de la lumière sur leur bien-être.

La face cachée de l’hiver : la dépression saisonnière

Dans les pays de haute latitude, une proportion significative de la population est touchée par le trouble affectif saisonnier, une forme de dépression qui apparaît en automne ou début d’hiver et s’estompe au printemps. Ce phénomène a été décrit en détail par le psychiatre Norman Rosenthal, qui lui a donné son nom anglais (Seasonal Affective Disorder).

Les symptômes typiques incluent :

tristesse persistante, fatigue ;

perte d’intérêt pour les activités habituelles ;

besoin accru de sommeil, difficulté à se lever ;

appétit augmenté, notamment pour les aliments riches en glucides ;

tendance à s’isoler socialement.

Les résidents du Groenland sont exposés à ces facteurs de risque : latitude extrême, longues nuits, luminosité naturelle très faible en hiver. L’isolement géographique et les conditions météo qui limitent les déplacements peuvent accentuer le problème.

Stratégies concrètes pour apprivoiser la nuit polaire

Les communautés groenlandaises ont développé des stratégies de résilience qui combinent traditions, organisation sociale et, de plus en plus, connaissances médicales modernes.

Leviers d’action efficaces

Plusieurs leviers ont fait leurs preuves pour atteindre vos objectifs de manière concrète et mesurable.

Automatisation des processus

Implémenter des solutions pour automatiser les tâches répétitives et gagner en efficacité opérationnelle.

Formation et développement des compétences

Investir dans la montée en compétences des équipes pour renforcer la performance et l’adaptabilité.

Optimisation de la communication

Améliorer les canaux et les méthodes de communication pour une collaboration plus fluide et transparente.

Analyse des données et reporting

Utiliser les données pour prendre des décisions éclairées et suivre les indicateurs de performance clés.

1. La lumière artificielle ciblée L’utilisation de lampes de luminothérapie – boîtiers lumineux très puissants, utilisés 20 à 45 minutes le matin – peut aider à recalibrer l’horloge biologique. Les recommandations habituelles tournent autour de 10 000 lux, sous supervision médicale, surtout si vous avez des antécédents de troubles de l’humeur.

2. La routine quotidienne Maintenir des horaires de lever et de coucher réguliers, même quand il fait nuit « tout le temps », aide à stabiliser l’organisme. Les habitants insistent sur l’importance d’un rythme structuré : repas à heure fixe, activités planifiées, temps dédié aux sorties, temps social.

3. Les activités sociales et communautaires Dans une société où l’interdépendance est un pilier de survie, les rassemblements – cafés chez l’habitant (kaffemik), réunions au centre communautaire, fêtes locales – jouent un rôle clé dans la lutte contre l’isolement et la morosité hivernale.

4. L’exposition à la lumière du jour, même limitée Profiter de la moindre fenêtre de lumière naturelle, sortir marcher une demi-heure dès que possible, s’asseoir près d’une fenêtre au travail : ces micro-expositions ont un impact réel sur l’humeur.

Exemple :

Par temps glacial (-15°C), les communautés arctiques maintiennent une activité physique régulière en l’intégrant à leur vie quotidienne, sans recherche de performance. Leurs pratiques incluent les déplacements à pied, le ski, le hockey sur glace, l’utilisation de la motoneige et les promenades avec les chiens de traîneau.

Quand demander de l’aide

Même avec ces stratégies, un certain nombre de personnes développent des symptômes suffisamment forts pour justifier un soutien professionnel. Le système de santé groenlandais, centré autour de l’hôpital de Nuuk et de cinq hôpitaux régionaux, peut proposer :

une évaluation médicale pour exclure d’autres causes (problèmes thyroïdiens, carence en vitamine D, etc.) ;

un accompagnement psychologique (thérapies cognitivo-comportementales adaptées aux troubles saisonniers) ;

– éventuellement un traitement médicamenteux quand indiqué.

Pour un expatrié, il est vivement conseillé :

de disposer d’une assurance santé incluant le Groenland et, idéalement, l’évacuation médicale ;

– de se renseigner dès l’installation sur les contacts d’urgence (112 pour les urgences ; numéro de l’hôpital local ou de votre médecin) ;

– de ne pas attendre que la situation soit « catastrophique » pour consulter si l’hiver devient difficile à supporter.

Les maisons et la ville : s’abriter intelligemment du climat

Le climat se vit aussi à travers l’architecture et l’infrastructure. Au Groenland, le bâti et l’organisation des villes sont eux-mêmes des réponses concrètes au froid, au vent, à la neige et au sol gelé.

Des habitations pensées pour conserver la chaleur

Les maisons groenlandaises sont généralement compactes, bien isolées et dotées de peu de grandes baies vitrées. L’objectif est simple : réduire les pertes de chaleur.

On retrouve souvent : souvent

des murs épais, avec isolation moderne (polyuréthane et autres matériaux performants) ;

– des fenêtres relativement petites, parfois triple vitrage ;

– des toitures et façades capables de supporter neige et vent violents ;

– dans certains cas, des constructions légèrement surélevées pour limiter les échanges thermiques avec le sol gelé.

Bon à savoir :

Les couleurs vives des maisons ont une double utilité. Historiquement, elles permettaient d’identifier rapidement la fonction des bâtiments. Pratiquement, elles améliorent la visibilité en cas de fortes chutes de neige ou de brouillard.

Permafrost, routes et déplacements

Au nord de Kangerlussuaq, le pergélisol (permafrost) est quasi continu : le sol reste gelé en profondeur toute l’année, avec seulement une fine couche qui dégèle l’été. Cela complique la construction et l’entretien des routes, qui peuvent se déformer avec le dégel progressif dû au réchauffement climatique.

Pour l’expatrié, cela signifie : la nécessité de s’adapter à une nouvelle culture, de gérer des différences linguistiques et de naviguer dans un environnement professionnel souvent très différent de celui du pays d’origine.

très peu de routes entre les villes : on se déplace en avion, bateau, parfois hélicoptère ou motoneige ;

une voirie locale limitée (environ 383 km pour tout le pays), avec limitations de vitesse strictes en ville (en général 40 km/h) ;

– des saisons de déplacement qui changent : la glace de mer se forme plus tard, fond plus tôt, rendant certains trajets hivernaux traditionnels plus incertains.

L’impact concret sur le quotidien d’un expatrié

Avant même d’arriver, il faut idéalement avoir sécurisé un logement, surtout à Nuuk où la pénurie est importante et les listes d’attente pour le parc public peuvent s’étendre sur une décennie. Beaucoup d’employeurs – hôpitaux, administration, grandes entreprises – proposent des logements de fonction ou des appartements temporaires.

Astuce :

Quelques éléments pratiques à garder à l’esprit :

les coûts de chauffage peuvent être élevés, surtout l’hiver : une bonne isolation et une gestion attentive des températures intérieures sont indispensables ;

– il faut anticiper les éventuelles coupures ou lenteurs de services dans les petites localités (internet, livraison de marchandises, etc.) en raison des conditions météo ;

les déplacements interurbains peuvent être retardés de plusieurs heures, voire jours, à cause des tempêtes de neige ou du brouillard. Prévoir de la marge dans toute planification (voyages, rendez-vous médicaux, etc.) est une forme d’adaptation climatique.

Se nourrir et faire ses courses dans un environnement extrême

Dans un pays où moins de 1 % des terres peuvent être cultivées, le climat façonne directement ce que vous trouverez dans votre assiette – et à quel prix.

Un système alimentaire hybride : chasse, pêche et importations

La base alimentaire traditionnelle repose sur les ressources locales : poissons, fruits de mer, mammifères marins, gibier (renne, bœuf musqué, oiseaux), complétés par quelques baies et plantes sauvages. Dans de nombreuses communautés, surtout isolées, la chasse et la pêche restent essentielles pour la sécurité alimentaire.

En parallèle, les supermarchés importent la grande majorité des produits frais et transformés, principalement depuis le Danemark et d’autres pays européens. Cela implique :

des prix élevés, particulièrement pour les fruits et légumes frais, surtout dans les petites localités ;

– une disponibilité fluctuante selon les arrivages par bateau et avion ;

– une présence parfois limitée de produits spécialisés (certains médicaments, produits diététiques spécifiques, etc.).

Bon à savoir :

Les chaînes locales, telles que Pilersuisoq, ont pour mission d’assurer l’approvisionnement en produits de base (alimentation, articles d’hygiène, équipement de chasse et pêche) dans les villages isolés. Elles maintiennent des prix relativement stables malgré les coûts logistiques élevés.

Faire ses courses : ce que change le climat

Le climat intervient à plusieurs niveaux :

les livraisons peuvent être retardées par les tempêtes, bloquant parfois certains produits pendant quelques jours ;

– la conservation des aliments s’appuie autant sur des frigos modernes que sur des techniques traditionnelles (séchage, fermentation) ;

– l’accès aux magasins dépend des conditions de neige et de glace : dans certains lieux, l’hiver facilite paradoxalement les trajets en motoneige ou traîneau sur des surfaces gelées, alors que l’été impose des détours par bateau.

Pour un expatrié, cela se traduit par une nouvelle discipline : acheter un peu « en avance », garder des réserves raisonnables de produits de base (sans tomber dans le stock démesuré), et adapter ses attentes en matière de choix, surtout si l’on quitte Nuuk pour une petite localité.

Manger local pour mieux s’intégrer… et mieux s’adapter

Le climat a façonné des pratiques culinaires très liées au corps et à la survie : aliments gras pour lutter contre le froid, consommation de chair et de peau de mammifères marins pour l’apport en vitamine D et oméga-3, partage des prises de chasse au sein de la communauté.

Bon à savoir :

Même en conservant une alimentation proche de celle de votre pays d’origine, goûter aux spécialités locales (comme les confits de poisson, la viande de renne ou de bœuf musqué, et les produits à base de baleine là où c’est autorisé) est bénéfique. Cela soutient l’économie et les traditions locales, tout en vous permettant de profiter d’une alimentation adaptée au climat.

Pour les régimes particuliers (végétariens, végans, allergies), la capitale Nuuk offre des options variées grâce à une offre importée plus large. Dans les villes moyennes, on trouve des alternatives, mais plus limitées. Dans les petites localités, il faut s’attendre à un choix très restreint et prévoir à l’avance, notamment pour les randonnées ou séjours prolongés hors des grands centres.

Santé physique : du risque de gelures à l’accès aux soins

Le climat arctique apporte son lot de risques spécifiques : hypothermie, gelures, cécité des neiges, accidents liés à la glace ou aux tempêtes. L’isolement relatif de certaines zones complique en outre l’accès aux soins spécialisés.

Système de santé : bien couvert, mais géographiquement dispersé

Le Groenland dispose d’un système de santé public financé par l’impôt. Tous les résidents dûment enregistrés ont droit à des soins gratuits, y compris les médicaments de prescription courante. La structure s’organise autour :

de l’hôpital national à Nuuk (Dronning Ingrids Hospital), bien équipé (chirurgie, maternité, soins intensifs, imagerie lourde) ;

– de cinq hôpitaux régionaux (Ilulissat, Aasiaat, Sisimiut, Qaqortoq, Tasiilaq) ;

– de centres de santé en ville et de petits postes de soins dans les villages.

Attention :

Les soins de base sont disponibles partout au Groenland, mais les soins spécialisés ou les urgences graves nécessitent un transfert vers Nuuk ou le Danemark. Ces transferts s’effectuent par avion sanitaire ou hélicoptère, mais peuvent être retardés par les conditions météorologiques.

Pour un expatrié, il est crucial d’arriver avec : une bonne compréhension de la culture locale, un réseau de contacts et les documents administratifs nécessaires.

une assurance santé internationale couvrant explicitement le Groenland, y compris l’évacuation médicale ;

– les ordonnances de tout traitement chronique, et des stocks de médicaments suffisants (avec 10 jours de marge au cas où des vols seraient reportés) ;

– une connaissance claire des numéros d’urgence (112) et du mode d’accès aux soins dans sa ville de résidence.

Prévenir les blessures et maladies liées au climat

Quelques règles simples réduisent considérablement les risques :

Attention :

Ne jamais sous-estimer le vent, dont le refroidissement peut faire ressentir -25 °C par -10 °C. Protéger systématiquement les yeux sur la neige pour éviter la cécité des neiges. Vérifier l’état de la glace avant tout déplacement, sa stabilité étant imprévisible. Éviter de randonner seul, informer de son itinéraire et emporter une trousse de secours.

L’hypothermie et les gelures surviennent plus vite qu’on ne l’imagine, surtout en cas de vêtements inadéquats ou d’imprévu (chute dans l’eau, blessure immobilisant en extérieur). D’où l’importance d’emporter toujours un minimum d’équipement de secours, même pour une sortie « courte ».

S’ancrer dans une culture façonnée par le climat

Le climat arctique ne se contente pas de dicter des vêtements et des horaires, il imprègne toute la culture groenlandaise : organisation sociale, cuisine, art, humour, langage.

Savoir traditionnel inuit : une ressource précieuse

Les Inuits constituent la grande majorité de la population du Groenland. Leur savoir écologique traditionnel, transmis de génération en génération, reste central pour naviguer dans un environnement aussi extrême : lecture des nuages, des vents, de la glace, observation des animaux pour prévoir le temps, choix des itinéraires sûrs.

Pour un expatrié, prendre ce savoir au sérieux est une forme de respect… et une question de sécurité. Demander conseil à un collègue ou voisin groenlandais avant une sortie en mer, une excursion sur la glace ou un déplacement hors des sentiers battus est souvent plus pertinent qu’un long exposé théorique.

Le langage lui-même reflète cette expertise : le groenlandais dispose d’un vocabulaire très riche pour décrire les types de glace et de neige, révélant à quel point ces nuances sont vitales.

Le groenlandais

Communauté et partage : une réponse collective au climat

Dans un environnement où la chasse et la pêche sont encore des ressources majeures, le partage de la nourriture est une norme sociale. La distribution d’une prise importante (renne, phoque, baleine dans les contextes autorisés) renforce les liens et assure à chacun un minimum de sécurité alimentaire face aux aléas climatiques.

L’interdépendance s’étend au-delà de la nourriture : entraide pour dégager la neige, réparer un bateau, surveiller les enfants pendant une tempête, organiser une évacuation médicale. Cela ne signifie pas qu’il faut attendre d’être pris en charge sans rien demander ; au contraire, l’usage veut que l’on formule clairement ses demandes d’aide, l’offre spontanée pouvant être perçue comme intrusive ou paternaliste.

Astuce :

Pour faciliter son intégration en tant qu’expatrié, il est conseillé de s’impliquer dans la vie locale. Cela peut inclure d’accepter une invitation à un kaffemik, de proposer ses compétences dans une association, de se joindre aux activités du centre communautaire, ou simplement de se montrer présent et fiable dans ces interactions.

Humour, silence et communication

Le climat impose parfois des moments de tension, de difficultés logistiques ou de petits accidents. L’humour groenlandais, souvent porté sur le slapstick (rire d’une chute sans gravité, d’un incident cocasse), permet de désamorcer ces situations. Il est préférable de savoir rire de soi, tout en comprenant que la douleur réelle ou le danger sérieux ne sont jamais tournés en dérision.

La communication est généralement calme, mesurée, avec un usage du silence beaucoup plus ample que dans la plupart des cultures occidentales. Un temps de silence dans une conversation n’est pas un malaise : c’est un espace de réflexion, une forme de respect. Pour un nouvel arrivant, c’est un apprentissage – ne pas remplir chaque blanc par des paroles, ne pas interpréter la réserve initiale comme du rejet.

Se préparer avant le départ : transformer le choc climatique en simple transition

Bien s’adapter au climat du Groenland commence en amont, avant même de poser le pied sur l’île.

Faire l’inventaire de son équipement

Plutôt que d’acheter sur place, où les prix sont élevés et le choix parfois limité, il est judicieux d’arriver avec la majorité de son matériel de base :

sous-vêtements techniques en quantité suffisante ;

veste et pantalon coupe-vent et imperméables ;

– chaussures adaptées à la saison d’arrivée (et à la marche sur neige/boue) ;

– accessoires indispensables (bonnet, gants, buff, lunettes de soleil ou masque de ski) ;

– sac à dos confortable pour les trajets quotidiens et petites sorties.

Certaines pièces plus spécialisées (combinaisons grand froid, bottes extrêmes, vêtements traditionnels) peuvent être achetées ou louées sur place, mais l’essentiel du « système de couches » doit être pensé dès la préparation.

Anticiper l’impact de la lumière sur son rythme

Selon la période de votre installation, les défis seront différents :

Bon à savoir :

L’arrivée en plein hiver implique des nuits longues, un froid intense et un risque de choc psychologique plus marqué, mais permet une découverte immédiate de l’univers arctique (aurores boréales, neige, vie intérieure très active). À l’inverse, une arrivée au printemps ou en été offre un climat plus doux et une lumière abondante, facilitant une adaptation progressive aux températures, mais peut entraîner des difficultés à dormir à cause du soleil de minuit.

Dans les deux cas, prévoir dès le départ :

un masque de nuit pour la période de lumière quasi permanente ;

une lampe de luminothérapie pour l’automne / hiver si vous savez être sensible à la baisse de lumière ;

une stratégie de sommeil claire (heure de coucher fixe, hygiène de sommeil rigoureuse).

Se renseigner sur sa ville d’accueil

Enfin, il faut garder en tête que « le climat groenlandais » n’existe pas au singulier pour un résident : il y a des climats groenlandais, selon que vous vivrez à Nuuk, Ilulissat, Sisimiut, Qaqortoq, Tasiilaq ou dans un petit village. Les variations de vent, de neige, de brouillard, de températures et de lumière peuvent être marquées même entre deux localités distantes de quelques centaines de kilomètres.

Bon à savoir :

Pour bien vous préparer à votre installation, il est essentiel de vous documenter sur la région précise, de consulter les données du service météorologique danois et d’échanger avec des résidents ou expatriés déjà sur place. Cette approche vous permet d’appréhender un contexte réel et concret, et non une vision abstraite de l’Arctique.

S’adapter au climat du Groenland, ce n’est pas devenir insensible au froid ou à la nuit : c’est apprendre à composer avec eux, à trouver son équilibre dans un environnement exigeant mais profondément cohérent. En observant les pratiques des Groenlandais, en s’équipant intelligemment, en prenant soin de sa santé physique et mentale et en acceptant que la météo dicte parfois le programme du jour, l’expatrié peut transformer un climat extrême en cadre de vie riche, puissant et étonnamment chaleureux.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Groenland pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Portugal, Islande, pays nordiques), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland pour sa pression fiscale généralement plus faible sur les revenus privés, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur aux grandes capitales européennes et un environnement stable sous souveraineté danoise. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence, coordination avec les systèmes sociaux danois, transfert de résidences bancaires, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local bilingue et intégration patrimoniale. Ce type d’accompagnement permet des économies fiscales significatives tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition, forte adaptation climatique et culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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