Apprendre le kalaallisut au Groenland : méthodes et ressources pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Groenland, ce n’est pas seulement apprivoiser la glace, la nuit polaire ou les prix du supermarché. C’est surtout entrer dans un pays où la langue, le kalaallisut, structure la vie quotidienne, la culture inuit et même les débats politiques. Pour un expatrié, apprendre la langue locale est bien plus qu’un « plus » sur un CV : c’est une condition d’intégration réelle.

Bon à savoir :

Cet article fournit un panorama concret des méthodes et ressources disponibles pour apprendre le kalaallisut au Groenland. Il s’appuie sur les données linguistiques et pédagogiques actuelles pour vous aider à bâtir un plan de travail réaliste, à choisir les bons outils et à comprendre les implications pratiques de l’apprentissage de cette langue exigeante et fascinante.

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Comprendre le paysage linguistique du Groenland

Avant même d’ouvrir un manuel, il est utile de savoir dans quel environnement linguistique vous mettez les pieds. Le Groenland est officiellement monolingue… mais socialement très multilingue.

Kalaallisut, cœur de la vie quotidienne

Le kalaallisut, souvent appelé « groenlandais » dans le langage courant, est la seule langue officielle du pays. Elle appartient à la famille eskimo-aléoute, proche des langues inuit du Canada comme l’inuktitut. On estime à environ 56 000–57 000 le nombre de locuteurs, ce qui signifie que pratiquement toute la population groenlandaise l’utilise.

La langue joue un rôle identitaire central. Elle a été affirmée comme langue unique officielle en 2009, après une longue période où le danois dominait l’administration, l’école et les études supérieures. Aujourd’hui, les institutions, les médias (radio nationale Kalaallit Nunaata Radioa, journaux comme Sermitsiaq), la politique et la vie communautaire reposent prioritairement sur le kalaallisut.

Attention :

Pour un expatrié, il est crucial de comprendre que bien que le danois et l’anglais soient parlés, le kalaallisut est la langue des échanges spontanés entre Groenlandais. Ne pas le maîtriser limite l’accès à de nombreux cercles sociaux, particulièrement en dehors de Nuuk et des grandes villes.

Dialectes : un pays, plusieurs façons de parler

Sous le terme « groenlandais », on trouve en fait trois grands ensembles dialectaux :

Kalaallisut (ou groenlandais de l’Ouest) : variété standard, langue de l’administration et des médias, parlée dans la majorité des villes de la côte ouest (Nuuk, Sisimiut, Ilulissat, Qaqortoq, etc.).

Tunumiisut (ou groenlandais de l’Est) : parlé autour d’Ammassalik et Ittoqqortoormiit, avec des formes et un lexique sensiblement différents.

Inuktun (ou dialecte de Thulé) : parlé dans l’extrême nord, proche des variétés inuit canadiennes.

Les trois ne sont pas des « accents » interchangeables : les différences lexicales sont marquées. Un exemple souvent cité est le mot « humains » : inuit en kalaallisut standard, inughuit en inuktun, iivit en tunumiisut. Pour un expatrié, la priorité reste le kalaallisut standard, mais connaître l’existence de ces dialectes éclaire les variations que vous entendrez en voyageant.

Rôle du danois et de l’anglais

Le danois est la deuxième langue du pays, très présente dans l’enseignement secondaire et supérieur, l’administration, certains services de santé, l’économie et les relations avec le Danemark. Beaucoup de Groenlandais sont bilingues kalaallisut–danois, mais une part importante de la population maîtrise peu le danois, surtout dans les petites localités.

Exemple :

Au Groenland, l’anglais gagne du terrain dans des secteurs comme le tourisme, les échanges internationaux, le pétrole, les mines, la pêche industrielle et les ONG. Il est souvent possible de ‘survivre’ en anglais dans les hôtels, agences, aéroports, certains restaurants et environnements très internationalisés. Cependant, dès que l’on sort de ces bulles, le kalaallisut redevient indispensable pour communiquer directement et sans intermédiaire avec la population locale.

Pour un expatrié, la combinaison réaliste est la suivante :

Court terme : anglais et/ou danois pour les démarches administratives et le travail, plus un socle de phrases de survie en kalaallisut.

Moyen terme : apprentissage systématique du kalaallisut pour la vie sociale, la compréhension des médias locaux et l’accès aux codes culturels.

Une langue « difficile »… mais très régulière

Le kalaallisut est réputé être l’une des langues les plus complexes pour un locuteur francophone ou anglophone. Cette réputation est méritée sur certains points, mais trompeuse sur d’autres. Comprendre sa logique permet de transformer la « montagne » en itinéraire balisé.

Une langue polysynthétique : quand une phrase tient dans un mot

Le trait le plus déroutant pour un expatrié est sa nature polysynthétique. Concrètement, là où le français va aligner plusieurs mots (« il commence à faire beau »), le kalaallisut colle des morceaux (suffixes) à un radical pour former un seul mot.

Un exemple souvent cité est qaqqaqaqaaq : à partir de qaqqaq (« montagne »), la langue ajoute divers éléments de sens pour arriver à quelque chose comme « il y a vraiment beaucoup de montagnes ». De même, Illu (« maison »), illuliu (« construire une maison »), illuliuinnarpoqil/elle ne fait que construire des maisons ») illustrent cette capacité à empiler les suffixes.

On estime qu’il existe entre 400 et 500 suffixes dérivationnels (qui créent de nouveaux sens) et près de 318 suffixes flexionnels (qui marquent personnes, modes, cas, etc.). En moyenne, un mot courant contient trois à cinq morphèmes. Cela donne l’impression d’une langue « interminable », mais la construction est hautement régulière. Une fois qu’on a appris comment découper et analyser ces mots, on cesse de les percevoir comme des blocs opaques.

Ergativité et grammaire : pas de temps, mais des relations

Grammaticalement, le kalaallisut fonctionne sur un alignement ergatif–absolutif. Sans entrer dans les détails techniques, cela signifie que :

Bon à savoir :

Dans une langue à alignement ergatif-absolutif, le sujet d’un verbe intransitif et l’objet d’un verbe transitif sont traités de manière identique et sont au cas absolutif (souvent non marqué). En revanche, le sujet d’un verbe transitif porte un marquage spécifique et distinct, appelé cas ergatif.

Pour un expatrié qui commence, ce n’est pas la première chose à maîtriser, mais cela explique pourquoi les grammaires ne ressemblent pas aux manuels de langues indo-européennes.

Autres particularités importantes :

– Les noms se déclinent en 8 cas (absolutif, ergatif, instrumental, allatif, ablativ, locatif, prolativ, équatif) et portent parfois des marques de possession.

– Les verbes marquent la personne et le nombre du sujet et de l’objet sur un seul mot (flexion « bipersonnelle »), et se conjuguent en 8 modes (indicatif, interrogatif, impératif, optatif, conditionnel, causatif, contemporain, participial).

– La langue ne dispose pas de temps grammaticaux comme le passé ou le futur ; le temps est exprimé par des adverbes (ullumi « aujourd’hui », aqagu « demain »…) ou par des suffixes dérivationnels comme -sima- ou -nikuu- (valeurs de parfait).

– Un système de « quatrième personne » permet de gérer les références croisées dans les phrases complexes (switch-reference).

La structure de phrase (ordre sujet–objet–verbe) est assez stable, mais l’essentiel de la grammaire se trouve à l’intérieur du mot. C’est précisément ce que les bons cours de kalaallisut vous apprennent à « démonter ».

Pour l’apprenant du kalaallisut

Prononciation : trois voyelles, beaucoup de consonnes surprenantes

Sur le plan phonétique, le kalaallisut repose sur un système vocalique réduit – trois voyelles /a/, /i/, /u/ – mais un inventaire consonantique riche, avec des sons inhabituels pour un francophone.

Quelques éléments clés :

Trois voyelles de base (/i/, /u/, /a/) qui peuvent être brèves ou longues (écrites en double : aa, ii, uu).

– Une seule diphtongue /ai/, uniquement en fin de mot.

– Des consonnes articulées à plusieurs endroits : labiales, alvéolaires, palatales, vélaires et uvulaires.

Parmi les sons caractéristiques :

/q/ : occlusive uvulaire, un « k » très en arrière dans la gorge, comme en arabe classique.

– /ɬ/ : fricative latérale sourde, similaire au « ll » gallois, apparaissant notamment dans Illillu (« de rien »).

– /χ/ : fricative uvulaire, que l’on peut rapprocher du « ch » allemand de Bach.

– Des affrications, par exemple /t/ prononcé ts devant /i/.

La table suivante résume quelques correspondances de prononciation utiles pour débuter.

GraphiePrononciation approximativeExemple
q[q] (k au fond de la gorge)Qujanaq (« merci »)
ll[ɬ] (souffle latéral)Illillu (« de rien »)
ng[ŋ] (comme « ng » anglais)Paasinngilanga (« je ne comprends pas »)
aa[aː] (a long)Aap (oui, avec a long)
uu[uː] (ou long)Takussuu (variante prolongée de « à plus »)

Bonne nouvelle pour l’expatrié : la prononciation est très régulière une fois le système maîtrisé, l’orthographe moderne (réformée en 1973) étant pensée pour coller à la langue parlée dans le kalaallisut central.

Pourquoi un expatrié devrait vraiment apprendre le kalaallisut

Face à une langue aussi éloignée du français, il est tentant de se réfugier dans l’anglais ou le danois. Pourtant, le retour sur investissement du kalaallisut est considérable.

Intégration sociale et vie quotidienne

Dans les petites villes et les villages, la vie tourne autour d’une communauté soudée. Les conversations au supermarché, au port, à la poste ou pendant un kaffemik (réunion conviviale autour du café et de gâteaux) se déroulent en kalaallisut. Savoir dire plus que Qujanaq (« merci ») change complètement votre statut : on ne vous voit plus seulement comme « l’expat de passage », mais comme quelqu’un qui fait l’effort d’entrer dans le cercle.

Astuce :

Les Groenlandais apprécient fortement que les étrangers tentent de parler leur langue. Même quelques phrases basiques peuvent ouvrir des portes, susciter des sourires et débloquer des situations. À l’inverse, rester cantonné au danois ou à l’anglais peut être perçu, à la longue, comme un manque d’intérêt pour le pays d’accueil.

Accès à l’emploi et à la vie professionnelle

Dans un contexte où le gouvernement réfléchit régulièrement à des exigences linguistiques pour les employés du secteur public, la maîtrise du kalaallisut devient un atout stratégique. Certaines propositions politiques ont même envisagé que les nouveaux fonctionnaires non groenlandophones suivent des cours obligatoires de langue, avec examen à la clé.

De nombreux postes dans l’administration, l’éducation, le social, la santé, les médias ou la culture exigent déjà la connaissance du kalaallisut, ou au minimum la considèrent comme un avantage déterminant face à d’autres candidats. Pour un expatrié qui envisage une carrière durable au Groenland – au-delà de missions temporaires d’experts étrangers – l’apprentissage de la langue locale est un investissement quasi incontournable.

Comprendre la culture inuit de l’intérieur

Le kalaallisut n’est pas qu’un outil de communication, c’est aussi le véhicule de la mémoire, des mythes, de l’humour, des jeux de mots et même de la vision du monde inuit. La polysynthèse permet par exemple de créer des mots très longs, chargés de nuances descriptives, intraduisibles en un seul mot en français.

Bon à savoir :

Apprendre la langue permet de comprendre les systèmes de pensée, comme un ancien système de comptage basé sur le corps (ex. : *inuk naallugu* pour « 20 »). Elle donne aussi accès aux nuances expressives (atténuation, ironie, affection via des suffixes) et ouvre la porte à la littérature, aux chansons et à la poésie contemporaines.

Un geste de décolonisation au quotidien

Enfin, dans un pays marqué par une histoire de domination linguistique du danois, choisir d’apprendre le kalaallisut, c’est soutenir concrètement la revitalisation et la centralité d’une langue autochtone. De nombreux chercheurs et militantes groenlandaises plaident pour que l’enseignement supérieur, l’administration et les services publics se fassent davantage en kalaallisut. Un expatrié qui apprend cette langue s’inscrit, de fait, dans ce mouvement de reconnaissance.

Poser les bases : salutations, chiffres, temps qui passe

Même si votre objectif est de suivre plus tard un cours intensif, il est logique de commencer par un « kit de survie » que vous pourrez utiliser dès votre arrivée.

Saluer, remercier, s’excuser

Quelques formules fréquentes, avec leur prononciation approximative en français :

FonctionKalaallisutPrononciation approximativeCommentaire
Bonjour / SalutAluu / Kutaa« alou » / « kouta »Kutaa sert aussi de « bonjour, entre ! »
BienvenueTikilluarit« tikilouarit »À utiliser chez vous, en magasin, etc.
OuiAap« aaap »On allonge le a ; un simple haussement de sourcils peut aussi signifier « oui ».
NonNaamik« naa-mek »Un froncement du nez marque souvent la négation.
MerciQujanaq / Qujan« kourianaq » / « kouyan »Le q est bien au fond de la gorge.
De rienIllillusouffle latéral sur llBon exercice pour le son [ɬ].
Au revoirBaj / Baaj« baï »Forme influencée par le danois.
À plus / À bientôtTakuss’« da-gousse »Abrégé de Takussaagut.
Je suis désoléUtoqqatserpunga« outoqqat-serpounga »À apprendre progressivement.
Je ne comprends pasPaasinngilanga« paa-singui-langa »Phrase clé dans les débuts.

Ces expressions, même mal prononcées au début, créent un climat favorable. N’hésitez pas à les répéter dans les commerces, les transports, au travail. La plupart de vos interlocuteurs basculeront volontiers en anglais ou en danois pour continuer la discussion, mais le simple fait d’avoir ouvert en kalaallisut fait une vraie différence.

Parler du temps, des jours, des saisons

Savoir se repérer dans le temps est très utile en contexte de travail ou de rendez-vous. Quelques mots fréquents :

ConceptKalaallisutUsage
Hierippassaq« ippassaq pilluarit ? » – « tu as passé une bonne journée hier ? »
Avant-hierippassaaniPlus rare pour débuter mais courant.
Aujourd’huiullumiTrès fréquent dans la conversation.
DemainaqaguUtile pour les rendez-vous et plannings.
Après-demainaqaguaguÀ connaître à l’écrit ou pour les annonces.
Matinullaaq« Kumoorn » (bonjour le matin) reste courant comme salutation.
JourulloqSert aussi dans des composés.
Soir / Nuitunnuaq« Kunaat » pour « bonne nuit ».
AnnéeukioqSe combine dans des expressions d’âge.
ÉtéaasaqSaison clés pour le tourisme.
HiverukioqMême mot que « année », le contexte désambiguïse.

Ces mots peuvent être intégrés dans de petites phrases simples que vous apprendrez avec les cours structurés.

Chiffres : survivre au supermarché et aux factures

Le système numérique groenlandais est historiquement basé sur 20 (inuk naallugu – « un être humain au complet »). Aujourd’hui, pour les usages pratiques, des formes standard sont largement répandues. Connaître au moins de 1 à 12 permet de faire vos achats sans recourir au danois.

NombreKalaallisut (compter)Commentaire
0nuulu / noor’luMoins indispensable au quotidien.
1ataaseq
2marluk
3pingasut
4sisamat
5tallimat
6arfineq / arfinillitarfineq pour le comptage, arfinillit pour les objets.
7arfineq marluk« six et deux » dans la logique vigésimale.
8arfineq pingasut
9qulingiluat (Nord) / qulaaluat (Sud)Variation dialectale.
10qulit
11aqqaneq
12aqqaneq marluk11 + 2

Pour les prix, vous verrez aussi le mot koroonit (couronnes danoises) et oorit (centimes). Apprendre à dire « combien ça coûte ? » et reconnaître les nombres de base simplifie immédiatement la vie quotidienne.

Choisir sa stratégie : apprendre seul, en réseau ou avec des cours structurés

Une fois ces bases posées, l’important pour un expatrié est de définir une stratégie d’apprentissage réaliste en fonction du temps disponible, de la durée du séjour et des objectifs professionnels.

Le modèle intensif-progressif : « Learn Greenlandic with Per Langgård »

L’une des ressources les plus sérieuses pour un apprentissage structuré du kalaallisut est le programme en ligne « Learn Greenlandic with Per Langgård ». Il s’agit d’un ensemble de cours conçu sur une base scientifique, accessible gratuitement pour le contenu en lui-même, avec éventuellement des frais pour rejoindre des réseaux d’étude structurés.

Les grandes lignes :

– Le matériel couvre environ 500 heures de progression graduelle.

– Le programme est pensé pour l’auto-apprentissage, mais insiste sur l’importance de ne pas apprendre en vase clos.

– Il est fortement recommandé de travailler avec un partenaire d’étude ou d’intégrer un réseau d’apprentissage.

La méthode suggère de réserver chaque semaine :

2 à 3 heures pour l’étude individuelle (grammaire, exercices, mémorisation),

2 à 3 heures pour le travail en groupe ou en binôme (conversation, correction mutuelle, entraînement oral).

Au bout d’environ 300 heures de travail, soit grosso modo un an à ce rythme, l’auteur estime qu’un apprenant peut :

– disposer d’un petit lexique fonctionnel,

– avoir une intuition des règles de formation des mots,

– commencer à reconnaître des fragments de langue dans son environnement (panneaux, annonces, conversations).

Bon à savoir :

À partir d’un certain niveau de maîtrise, l’acquisition du vocabulaire et des structures grammaticales peut s’accélérer de façon exponentielle. L’apprenant devient capable d’identifier des éléments inconnus, comme un suffixe ou un radical, d’en déduire le sens par lui-même et de les intégrer à son répertoire linguistique de manière autonome.

Pour aller plus loin, le programme propose :

– des tutoriels dirigés par des tuteurs (eux-mêmes anciens étudiants avancés),

– des groupes constitués à partir de 8 étudiants inscrits,

– un tutorat débutant de 14 semaines avec réunion hebdomadaire,

– un tutorat intermédiaire de 24 semaines avec réunion toutes les deux semaines.

L’adhésion à ces réseaux d’étude (accès aux visioconférences, enregistrements, accompagnement) est payante : 1 200 DKK pour la participation aux réseaux et 500 DKK supplémentaires pour un examen individuel et un diplôme officiel. Pour un expatrié qui veut pouvoir attester de son niveau de kalaallisut auprès d’un employeur, cette certification peut être précieuse.

Cours structurés et accompagnement : LearnGreenlandic, LinguaShop et autres

Une autre organisation, LearnGreenlandic, offre des cours de kalaallisut et de danois à plusieurs niveaux, avec des enseignements en anglais, danois et/ou groenlandais. Particularité appréciable pour un expatrié :

– possibilité de cours en ligne et en présentiel à Nuuk,

– cours standardisés par niveaux (Course Level 1, Level 2, Level 3),

– possibilité de modules sur mesure pour des groupes spécifiques (entreprises, équipes de projet, etc.).

Les témoignages d’apprenants soulignent :

– une base solide en grammaire,

– l’usage de supports modernes (Quizlet, documents partagés),

– la prise en compte de dialectes spécifiques (par exemple la variété de Qaanaaq).

Produits LinguaShop

Découvrez les ensembles clé en main proposés par LinguaShop pour faciliter votre apprentissage des langues.

Kits de Démarrage

Des packs complets incluant les bases essentielles pour débuter rapidement dans une nouvelle langue.

Coffrets Thématiques

Des ensembles spécialisés par thème (voyage, affaires, etc.) pour un apprentissage ciblé.

Abonnements Numériques

Accès à des ressources en ligne, cours interactifs et outils d’apprentissage régulièrement mis à jour.

Produits Physiques

Livres, CDs et autres supports matériels pour un apprentissage hors-ligne et traditionnel.

– un pack complet de groenlandais (cours + audio) pour environ 38,90 USD,

– des fichiers audio MP3 pour débutants (18,80 USD),

– un cahier d’exercices de plus de 50 pages (16,60 USD pour la version PDF),

– un dictionnaire PDF de mots usuels (6,60 USD),

– un jeu de vocabulaire en ligne (8,20 USD),

– des leçons de grammaire avec PDF (15,80 USD).

L’entreprise affirme que l’on peut atteindre un niveau de conversation basique et lire des textes simples en 2 à 4 semaines avec un travail régulier. Pour un expatrié déjà en poste, ces ressources peuvent servir de complément motivant, même si elles ne remplacent pas un travail approfondi sur la morphologie polysynthétique.

Applications mobiles : uTalk, Master Any Language et consorts

Pour débuter ou entretenir du vocabulaire, plusieurs applications mobiles existent en version groenlandais (souvent référencé comme « Greenlandic » ou « Kalaallisut »).

uTalk Classic – Learn Greenlandic (EuroTalk Ltd) :

– application payante (environ 7,99 USD ou 99,00 kr),

– mise en avant de l’apprentissage des mots et phrases essentiels,

– contenus enregistrés par des locuteurs natifs,

– jeux interactifs, système adaptatif au niveau de l’utilisateur,

– possibilité d’enregistrer sa propre prononciation,

– utilisation hors ligne (pratique en régions reculées sans réseau stable),

– couvre des thèmes de base : premiers mots, nourriture et boissons, couleurs, nombres, parties du corps, heure, shopping, phrases générales, pays.

Astuce :

L’application n’enseigne pas la grammaire profonde du kalaallisut, mais constitue un bon outil pour répéter activement du vocabulaire dans les transports ou pendant des pauses au travail.

Master Any Language – Kalaallisut

– application gratuite développée par Enterprise Matchmakers, LLC,

– centrée sur un apprentissage en autonomie avec jeux, tests et exercices de mémorisation,

– interface en anglais, taille modeste (19,1 MB),

– convient bien pour un travail léger mais régulier sur les mots et expressions.

Ces applications ont une utilité claire pour l’expatrié :

– consolider les bases lexicales,

– se familiariser avec la prononciation (en complément des ressources plus détaillées),

– combler de courts créneaux de temps (files d’attente, trajets…).

Elles ne remplacent toutefois ni un cours structuré (type Learn Greenlandic avec Per Langgård ou LearnGreenlandic), ni l’interaction réelle avec des locuteurs natifs.

Cours en ligne complémentaires : grammaire et culture

On trouve également des cours en ligne, souvent anglophones, comme :

– un cours intitulé « Learn Greenlandic, part of the Eskimo family of languages and Inuit Culture »,

– payant (14,99 USD),

– centré sur les bases (présentation, salutations, couleurs, nourriture, chiffres),

– met l’accent sur le lien entre langue et culture inuit, économie (pêche, mines, tourisme, agriculture) et conditions de vie extrêmes ;

– des ressources comme « An Introduction to West Greenlandic » (grammaire détaillée du kalaallisut de l’Ouest),

– divisée en parties : construction des mots, construction des phrases, terminaisons/pronoms,

– insiste sur la décomposition systématique des mots plutôt que sur la mémorisation globale.

Ces cours conviennent particulièrement aux expatriés qui aiment comprendre la structure d’une langue avant de parler, ou qui ont une formation linguistique.

Construire un plan de travail réaliste au Groenland

Disposer de ressources ne suffit pas : il faut se fixer un plan de progression compatible avec votre réalité professionnelle et personnelle.

L’horizon de deux ans pour une vraie aisance

Si l’on s’appuie sur les estimations du programme de Per Langgård :

– 1. Première année (~300 heures)

– objectif : construire un socle lexical et une intuition de la morphologie ;

– résultats typiques : comprendre des morceaux de phrases, lire quelques panneaux, commencer à suivre des échanges simples, se présenter, poser des questions basiques.

Bon à savoir :

L’objectif de cette année (~300 heures) est d’atteindre une communication signifiante dans divers contextes (travail, voisinage, services). À l’issue, vous pourrez discuter de sujets quotidiens, suivre les informations locales, participer à des réunions simples et intervenir dans votre domaine professionnel avec un soutien occasionnel.

Pour un expatrié en poste, cette échelle de temps est raisonnable. Elle suppose toutefois une discipline hebdomadaire : 4 à 6 heures hebdomadaires (individuel + groupe) pendant deux ans. À mettre en regard des bénéfices : intégration sociale, opportunités professionnelles, autonomie linguistique.

Articuler auto-apprentissage, cours et immersion

Un plan efficace peut s’organiser en trois volets :

– 1. Base grammaticale et morphologique

suivre un cours structuré (Learn Greenlandic, LearnGreenlandic, grammaire de Stian…) ;

– travailler chaque semaine : lecture de la leçon, exercices écrits, décomposition de mots longs rencontrés dans la vie quotidienne.

Astuce :

Pour améliorer efficacement votre vocabulaire et votre prononciation, utilisez une application dédiée comme uTalk ou Master Any Language pour répéter les mots et expressions les plus fréquents. Complétez cet apprentissage en pratiquant la prononciation à partir de listes thématiques ciblées, telles que les salutations, les chiffres, les expressions liées au temps, la nourriture, les lieux et les formules de politesse.

– 3. Interaction réelle

– participer à un réseau d’étude (tutoriel en ligne, groupe de conversation, collègues motivés) ;

– exploiter chaque situation quotidienne : dire Aluu au supermarché, Qujanaq à la caisse, essayer une phrase en kalaallisut avant de repasser, si nécessaire, en anglais.

Cette combinaison permet de profiter à la fois de la régularité de la langue (que l’on découvre par la grammaire) et de la réalité vivante (que l’on rencontre dans la rue, au travail, à la chasse ou en excursion).

Astuces pratiques pour expatriés : apprendre dans la vraie vie groenlandaise

La qualité de l’immersion offerte par le Groenland est paradoxale : vous êtes entouré de kalaallisut, mais la tentation de rester dans une bulle anglophone/danophone est forte. Quelques principes peuvent aider.

Créer des « rituels linguistiques »

Plutôt que de compter sur une volonté abstraite, il est efficace de créer des rituels :

– toujours saluer en kalaallisut, même au bureau ;

– choisir un jour par semaine où vous essayez de passer commande en groenlandais au café ou à la cantine (Kaffemik, qujanaq, etc.) ;

– écouter chaque matin un bulletin de la radio nationale en kalaallisut, même sans tout comprendre ;

– noter chaque jour un mot rencontré dans la rue (affiche, panneau, emballage) et le décortiquer le soir avec votre cours ou un locuteur.

transforment la ville, le village, le fjord en salle de classe à ciel ouvert.

Ces micro-habitudes

S’appuyer sur la gentillesse des locuteurs natifs

La majorité des Groenlandais savent très bien que leur langue est difficile pour un étranger. Ils sont habitués aux approximations, aux confusions de sons, aux constructions bancales. L’important est de montrer que vous assumez vos erreurs.

Quelques attitudes utiles :

prévenir votre interlocuteur : Kalaallisut oqalusinnanngilanga (« je ne parle pas bien le groenlandais »), puis essayer quand même ;

demander confirmation : Ilaa ? (« n’est-ce pas ? ») pour vérifier que vous avez compris ;

– accepter que l’on repasse parfois au danois ou à l’anglais, sans pour autant renoncer à replacer des fragments de kalaallisut ensuite.

Attention :

L’objectif n’est pas de « prouver » quelque chose, mais de tisser une habitude : les personnes de votre entourage s’habitueront à vous répondre lentement, à reformuler, à corriger gentiment.

Gérer la difficulté : se concentrer sur la régularité

Devant la longueur de certains mots – on cite un mot groenlandais de 153 lettres – il est tentant de se décourager. Or, les grammairiens insistent : le kalaallisut est une langue hautement régulière. Plutôt que de se perdre dans l’anecdote du « mot le plus long du monde », il est plus productif de :

– apprendre à couper un mot en morphèmes : radical + suffixes,

– repérer les suffixes qui reviennent sans cesse (ex. pour « dire », « penser », « pouvoir », « vouloir »),

– comprendre que les « phrases-mots » ne sont pas des monstres, mais des LEGO grammaticaux transparents une fois les pièces connues.

Les ressources comme An Introduction to West Greenlandic ou les cours de Per Langgård mettent précisément l’accent sur cette approche analytique.

Conclusion : apprendre le kalaallisut, un pari gagnant pour les expatriés

Apprendre le kalaallisut au Groenland n’a rien d’anecdotique. C’est un investissement exigeant – deux ans d’effort régulier pour atteindre une vraie aisance – mais dont les bénéfices sont considérables :

Avantages de l’apprentissage de l’inuktitut

Découvrez les principaux bénéfices, tant personnels que collectifs, liés à la maîtrise de la langue inuktitut.

Intégration sociale

Passez du statut d’étranger de passage à celui de membre à part entière de la communauté.

Opportunités professionnelles

Devenez compétitif sur des postes où la langue locale est un critère clé.

Accès à la culture

Les mythes, chansons, humour et débats publics deviennent accessibles sans filtre.

Contribution symbolique

Participez à la valorisation d’une langue inuit au cœur d’un processus de décolonisation linguistique.

Les outils existent : cours scientifiques en ligne, tutoriels, applications, manuels, jeux de vocabulaire. Le environnement, lui, est incroyablement riche : une société où 80 à 90 % des habitants ont le kalaallisut comme langue première, des médias dynamiques, des communautés petites mais chaleureuses.

Reste la décision personnelle, et surtout la régularité. Pour un expatrié prêt à s’engager, le Groenland offre quelque chose de rare : la possibilité de devenir l’un des très rares non-Groenlandais capables de parler une langue inuit vivante au quotidien. Dans un monde où de nombreuses langues autochtones sont menacées, c’est une expérience à la fois professionnelle, humaine et éthique d’une valeur exceptionnelle.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers le Groenland pour optimiser sa charge imposable, sécuriser une partie de son patrimoine hors UE et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Groenland, Islande, Norvège, Canada), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland pour sa fiscalité personnelle modérée, l’absence d’ISF, un marché immobilier encore accessible et un environnement politique stable sous souveraineté danoise. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du permis de résidence, organisation de la couverture santé, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques…), et intégration patrimoniale. L’accompagnement permet de réaliser des économies fiscales significatives tout en gérant les risques (double imposition via conventions, contrôles fiscaux, adaptation à un environnement arctique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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