Voyager ou s’installer au Groenland, c’est accepter un certain degré d’isolement géographique. L’île la plus vaste du monde compte moins de 60 000 habitants, éparpillés sur un territoire glacé immense, entre banquise, fjords et montagnes. Pourtant, malgré les distances, il est tout à fait possible de garder un lien régulier avec sa famille et ses amis, que l’on soit de passage à Ilulissat pour admirer le fjord glacé, en mission à Nuuk ou en expédition dans l’arrière‑pays.
Pour rester en contact depuis le Groenland, il est crucial de comprendre l’infrastructure locale, de choisir les bons outils selon votre emplacement et d’adapter vos habitudes numériques à une connexion coûteuse et limitée. Les solutions vont des appels WhatsApp et des réseaux sociaux au téléphone satellite, voire aux cartes postales.
Comprendre le paysage numérique au Groenland
Même si le Groenland reste un territoire isolé, l’infrastructure télécom est loin d’être rudimentaire. Elle a bénéficié d’investissements importants ces dernières décennies, qui permettent aujourd’hui à la plupart des habitants d’être connectés.
Le pays s’appuie sur un acteur central : Tusass (anciennement TELE Greenland ou Tele-Post Greenland). Cette société publique, détenue à 100 % par le gouvernement groenlandais, gère à la fois le réseau mobile, l’accès à internet, le câble sous‑marin international et même le service postal. Son siège est à Nuuk.
La colonne vertébrale de l’internet groenlandais est un câble en fibre optique sous‑marin, Greenland Connect, qui relie Qaqortoq à l’Islande et Nuuk au Canada. Une extension, Greenland Connect North, longe la côte ouest entre Nuuk et Aasiaat, avec des points d’atterrissage à Maniitsoq et Sisimiut. Dans les secteurs qui ne peuvent pas être reliés au câble – comme Tasiilaq, Qaanaaq ou Ittoqqortoormiit – la connexion passe par satellite, ce qui se traduit par un débit plus faible et une latence plus importante.
Le réseau mobile 4G est désormais disponible dans toutes les localités habitées du Groenland, bien que sa qualité puisse varier. Un réseau 5G est en cours de déploiement avec Ericsson. En dehors des zones habitées (en mer, en montagne, sur la calotte glaciaire), il n’y a aucune couverture mobile, nécessitant l’usage de solutions satellites.
Pour se faire une idée du niveau de connectivité, les chiffres parlent d’eux‑mêmes : en 2019, on comptait plus de 66 000 abonnements mobiles pour une population d’environ 56 000 personnes. En 2024, le nombre de connexions mobiles actives dépassait encore le nombre d’habitants (plus de 120 % de taux de pénétration). En revanche, l’accès internet reste plus contrasté : autour de 80 % de la population est connectée, mais la capacité et la vitesse diffèrent fortement entre les villes câblées en fibre et les zones dépendantes du satellite.
Villes, villages et arrière‑pays : trois réalités de connexion
Pour organiser sa communication avec ses proches, il faut distinguer trois types de situations.
Dans les grandes villes groenlandaises comme Nuuk, Sisimiut, Ilulissat, Qaqortoq ou Aasiaat, la couverture 4G est stable et le haut débit fixe est accessible. Les lieux publics proposent souvent du Wi‑Fi, permettant une utilisation d’internet similaire à celle du Danemark ou de la France. Cependant, les forfaits restent sensiblement plus chers que dans le reste de l’Europe du Nord.
Dans les villages plus petits, la 4G et parfois la 3G assurent une bonne continuité de service, mais le débit peut être limité, surtout le soir lorsque tout le monde se connecte. Le Wi‑Fi public est plus rare : il faut compter sur la connexion de son hébergement ou sur sa propre carte SIM.
Enfin, dès que l’on part en bateau, à ski ou en randonnée loin des habitations, le réseau mobile disparaît totalement. Les zones de parcs nationaux, les plateaux de glace ou certaines côtes restent hors de portée des relais terrestres. Dans ces conditions, seule la communication satellite (téléphone ou messenger dédié) permet de rester joignable – et c’est souvent une question de sécurité autant que de lien social.
Utiliser une carte SIM locale Tusass pour appeler et envoyer des messages
La solution la plus directe pour rester joignable au Groenland consiste à acheter une carte SIM locale de Tusass. Cela permet d’éviter le choc parfois salé de l’itinérance internationale avec son opérateur d’origine, tout en bénéficiant des mêmes tarifs partout dans le pays.
On trouve des cartes SIM prépayées dans les boutiques Tusass, dans certains kiosques, épiceries, centres commerciaux et dans les aéroports de Nuuk, Kangerlussuaq ou Ilulissat. L’achat à l’aéroport est généralement le plus pratique pour un voyageur qui veut être connecté dès son arrivée. Un passeport est généralement demandé pour l’enregistrement.
Le prix d’une SIM prépayée au Danemark se situe généralement entre 50 et 200 couronnes danoises (DKK).
Voici un aperçu typique des offres prépayées données dans les sources :
| Offre Tusass prépayée | Volume de données | Validité | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| SIM prépayée de base | – | – | 50–200 DKK (carte seule) |
| Forfait data 5 Go | 5 Go | 30 jours | 299 DKK |
| Forfait data 20 Go | 20 Go | 30 jours | 499 DKK |
| Forfait data 50 Go | 50 Go | 30 jours | 699 DKK |
| Forfait data illimité* | Illimité* | 30 jours | 499 DKK |
Le forfait illimité inclut l’accès aux hotspots Wi‑Fi Tusass, ce qui permet de soulager la 4G lorsque l’on se trouve à proximité d’un point d’accès.
Ces offres donnent la possibilité de passer des appels locaux, d’envoyer des SMS et d’utiliser la data pour les applications de messagerie (WhatsApp, Messenger, etc.). Il est important de surveiller sa consommation car, au‑delà du volume compris, le hors‑forfait peut grimper très vite.
Pour les voyageurs qui préfèrent avoir une garantie de service sans se soucier des recharges, il existe aussi des cartes SIM internationales vendues sur Amazon (par exemple OneSimCard), qui couvrent le Groenland. Elles restent cependant moins intéressantes financièrement que l’achat direct chez Tusass.
eSIM : rester connecté sans passer par une boutique
Pour qui dispose d’un smartphone récent compatible eSIM, la solution la plus simple pour rester joignable dès la descente de l’avion consiste à souscrire une eSIM avant le départ. L’eSIM est une carte SIM virtuelle intégrée au téléphone, que l’on active en scannant un QR code.
L’eSIM permet d’éviter la manipulation de cartes SIM physiques et de s’affranchir des horaires d’ouverture des boutiques locales. Son activation, souvent réalisable en ligne en quelques minutes, est suivie par l’activation de l’itinérance des données pour le profil eSIM dès l’arrivée sur place.
Plusieurs acteurs internationaux proposent des forfaits data pour le Groenland :
| Fournisseur eSIM | Exemple d’offre | Volume / durée | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Airalo | « Nuuk Mobile » | 1 Go / 7 jours | 9 USD (≈ 6 USD avec réduction) |
| Holafly | eSIM Groenland | 6 Go / 15 jours | 44 USD |
| MyBestSim.com | Offres variées | 1–50 Go / 1–180 jours | dès 9 USD |
| Roamight | eSIM voyage | variable | non précisé |
| Earth eSIM | eSIM data | valable 90 jours pour installation | prix variable |
| Tusass Hello | eSIM officielle | data prépayée | paiement par CB internationale |
La plupart de ces eSIM sont « data only » : elles ne fournissent pas de numéro groenlandais pour les appels ou SMS classiques. Pour parler avec ses proches, on passe donc par la voix sur IP via des applications comme WhatsApp, FaceTime, Telegram, Viber ou Skype. Pour la plupart des voyageurs, c’est largement suffisant.
Points essentiels à vérifier avant de souscrire une offre eSIM pour votre voyage.
Assurez-vous que votre smartphone récent (iPhone, Samsung, Google, Huawei, Oppo, Xiaomi) est compatible avec la technologie eSIM.
Vérifiez que votre appareil n’est pas bloqué par un opérateur (désimlocké) pour pouvoir activer une eSIM.
Confirmez la possibilité d’utiliser le partage de connexion (tethering) avec l’offre eSIM choisie.
Vérifiez que l’eSIM utilise bien le réseau Tusass pour assurer une couverture optimale à votre destination.
Tusass lui‑même propose une solution eSIM appelée Tusass Hello, pensée pour les visiteurs étrangers. On peut l’acheter et l’activer en ligne avec une carte bancaire internationale, et bénéficier d’une couverture sur l’ensemble du territoire là où le réseau mobile existe. L’offre est prépayée et sans engagement.
Roaming : rester sur son numéro d’origine, mais à quel prix ?
Une autre stratégie pour rester en contact avec ses proches consiste à garder sa carte SIM habituelle et à utiliser le roaming. C’est l’option la plus confortable pour les proches : ils continuent de vous appeler sur votre numéro habituel, sans se poser de questions. Mais c’est aussi celle qui peut générer les factures les plus salées.
Les tarifs d’itinérance dépendent des accords entre votre opérateur et Tusass. Ces opérateurs proposent des « passes » journaliers ou mensuels pour l’usage international, auxquels le Groenland peut être rattaché. Ces forfaits incluent typiquement des options quotidiennes où l’on paye une somme fixe pour utiliser son forfait domestique à l’étranger.
Opérateurs mobiles internationaux (ex. : AT&T, Verizon, T‑Mobile, Sprint)
Quelques offres spécifiques valent la peine d’être signalées :
| Opérateur d’origine | Offre / particularité | Avantage au Groenland |
|---|---|---|
| 3 (Tre) Danemark | 3LikeHome Pro (business) | Data, appels, SMS utilisables au Groenland sans surcoût pour les abonnés pro |
| O2 Royaume‑Uni | Travel Inclusive Zone | Minutes, SMS et data illimités au Groenland pour les offres concernées |
| Google Fi | Plans Flex et Unlimited Premium | Couverture internationale incluant le Groenland, sous conditions d’usage principal aux États‑Unis |
Avant le départ, un appel au service client de son opérateur est indispensable pour connaître les tarifs appliqués au Groenland, la présence éventuelle de forfaits spéciaux, les plafonds de data et la possibilité d’activer un blocage de consommation.
Même si un pass existe, il est prudent de rester sobre dans ses usages : éviter le streaming vidéo en 4G, privilégier le Wi‑Fi pour les échanges lourds et surveiller régulièrement son compteur de data. Certains opérateurs appliquent des tarifs qui peuvent atteindre plusieurs dollars par mégaoctet en dehors de ces forfaits, ce qui peut faire exploser la facture en quelques minutes de navigation.
Wi‑Fi : cafés, hôtels et bibliothèques comme relais avec le monde
Au‑delà des cartes SIM et des eSIM, le bon vieux Wi‑Fi reste un allié précieux pour rester en contact avec ses proches depuis Groenland, particulièrement si l’on voyage avec un budget serré.
Dans les grandes villes, de nombreux établissements proposent un accès gratuit ou inclus :
– à Nuuk, des cafés comme Kaffivik ou certains établissements du centre offrent un Wi‑Fi accessible aux clients ;
– à Ilulissat, on peut trouver des cafés comme Café Iluliaq qui proposent un accès ;
– les bibliothèques publiques, comme la bibliothèque de Nuuk, équipent leurs locaux d’un réseau sans fil ;
– de nombreux hôtels et auberges, par exemple Inuk Hostels à Nuuk, incluent le Wi‑Fi dans le prix de la chambre.
Le tableau ci‑dessous donne un aperçu des lieux typiques où l’on peut trouver du Wi‑Fi :
| Type de lieu | Exemples de villes / établissements | Particularités |
|---|---|---|
| Cafés et restaurants | Kaffivik (Nuuk), Café Iluliaq (Ilulissat) | Souvent réservé aux clients, débit variable |
| Hôtels, auberges, hostels | Inuk Hostels (Nuuk), hôtels à Tasiilaq | Wi‑Fi inclus ou payant, qualité inégale |
| Bibliothèques, centres culturels | Bibliothèque de Nuuk, centres communautaires | Accès parfois gratuit, horaires limités |
| Offices de tourisme | « Skæven » (Tasiilaq) | Point de connexion apprécié des voyageurs |
Il faut toutefois garder en tête que la bande passante disponible pour ces hotspots dépend des capacités locales. Dans les zones dépendantes du satellite, le débit peut être nettement inférieur à ce que l’on connaît en Europe. Le Wi‑Fi ne remplace donc pas complètement une connexion mobile, mais il permet d’envoyer des nouvelles, des photos compressées et de passer quelques appels vidéo dans de bonnes conditions.
Des applications comme Wiman peuvent aider à repérer des hotspots gratuits à Nuuk ou Nanortalik et même à télécharger des cartes hors ligne des réseaux Wi‑Fi. Cela reste un complément : dans la majorité des villages, il n’existe pas de réseau public gratuit accessible à tous, en dehors des structures touristiques ou institutionnelles.
Choisir les bonnes applications pour économiser sa data
Au Groenland, la data mobile reste chère. Ceux qui voyagent avec un forfait limité ou une eSIM à petit volume ont donc intérêt à optimiser chaque mégaoctet, surtout s’ils tiennent à partager photos et appels vidéo avec leurs proches.
Tous les services de messagerie ne sont pas égaux en matière de consommation de données. Certaines applications ont été conçues pour fonctionner avec très peu de bande passante, ou offrent des modes « économie de données ».
Applis de messagerie : du plus léger au plus gourmand
Les données recueillies sur la consommation moyenne en data pour une minute d’appel vocal montrent des écarts significatifs :
| Application | Data pour 1 minute d’appel vocal (environ) |
|---|---|
| Zangi (mode normal) | 216 Ko |
| Zangi (mode faible data) | 134 Ko (≈ 7 minutes pour 1 Mo) |
| WhatsApp (standard) | 310 Ko |
| WhatsApp (mode faible data) | 204 Ko |
| Facebook Messenger | 333 Ko |
| Nimbuzz | 366 Ko |
| LINE | 374 Ko |
| Viber | ≈ 14 Mo par heure (soit ≈ 233 Ko/min) |
Zangi Safe Messenger se distingue comme l’une des solutions les plus sobres. Son mode « Low Data » permet de tenir environ 7 minutes d’appel avec seulement 1 Mo de data, tout en restant fonctionnel même sur des connexions 2G ou très instables. L’application ajuste automatiquement la qualité audio à la bande passante disponible et s’appuie sur un protocole maison annoncé comme plus efficace que les standards habituels.
WhatsApp propose un mode « utilisation réduite des données » pour diminuer la consommation lors des appels et désactiver le téléchargement automatique des médias en 4G. Cette fonction, activable dans les paramètres, permet de réduire significativement l’usage des données mobiles tout en conservant les fonctionnalités principales. À noter : de nombreux opérateurs dans le monde incluent WhatsApp dans leurs forfaits, mais cette pratique n’est pas garantie au Groenland.
Les versions « Lite » de certaines apps peuvent également être utiles pour limiter l’usage de données et de mémoire sur le téléphone : Messenger Lite, Facebook Lite, Instagram Lite, ou encore des clients allégés de Telegram. Elles sacrifient quelques fonctionnalités au profit de la rapidité et de la sobriété.
Astuces pour réduire sa consommation
Avec un forfait Tusass limité ou une eSIM de quelques gigas, le moindre réflexe compte. Quelques bonnes pratiques s’imposent :
Pour économiser votre forfait 4G/5G, plusieurs astuces sont efficaces : désactivez le téléchargement automatique des médias sur les applications de messagerie pour ne les récupérer qu’en Wi‑Fi ; privilégiez les messages texte et les notes vocales courtes plutôt que l’envoi de longues vidéos ; réduisez la résolution des photos avant envoi ou utilisez des services de compression automatique ; effectuez vos appels vidéo uniquement en Wi‑Fi (hôtel, café) et réservez la 4G aux appels audio et messages ; enfin, utilisez un navigateur économe en données, comme Opera Mini, qui compresse les pages web via ses serveurs.
Enfin, pour la navigation, il est très judicieux de télécharger des cartes hors ligne (Google Maps ou Maps.me) avant de quitter une zone à bon débit. On peut ainsi se repérer sans consommer de data, ce qui libère du volume pour les échanges avec ses proches.
Quand plus rien ne passe : téléphone satellite et messageries d’urgence
Dans les fjords isolés, sur la banquise ou dans certains secteurs de l’est du Groenland, même la 4G la plus robuste ne capte plus. Pourtant, c’est souvent là que l’on a le plus besoin de garder un lien, à la fois pour rassurer ses proches et pour la sécurité en cas de problème.
Les téléphones satellites comblent ce vide. Ils se connectent directement à des constellations en orbite (Iridium, Inmarsat, Globalstar, Thuraya) et offrent une couverture globale ou quasi globale, y compris aux pôles pour les réseaux adaptés. Ils permettent de passer des appels, d’envoyer des SMS, voire parfois des données (emails simples, météo…) partout où le ciel est dégagé.
Pour un séjour court, la location est généralement plus avantageuse en raison du coût élevé des appareils. Cependant, pour les professionnels (montagne, mer) ou les explorateurs réguliers, l’investissement dans un achat peut se justifier.
Voici un aperçu de quelques modèles emblématiques et de leurs caractéristiques :
| Modèle | Réseau | Couverture | Autonomie (parole / veille) | Prix indicatif |
|---|---|---|---|---|
| Iridium GO! | Iridium | Globale (y compris pôles) | 5,5 h / 15,5 h | ≈ 855 USD |
| Iridium 9555 | Iridium | Globale (hors zones sous embargo US) | 4 h / 30 h | ≈ 1 100–1 150 USD |
| Iridium Extreme 9575 | Iridium | Globale, très robuste | 3–4 h / 30 h | ≈ 1 350–1 450 USD |
| Inmarsat IsatPhone 2 | Inmarsat | ≈ 90 % du globe (hors pôles) | 8 h / 160 h | 509–899 USD (voire offres avec forfait) |
| Globalstar GSP‑1700 | Globalstar | Régionale (Amériques, Europe, Japon) | 4 h / 36 h | ≈ 499 USD |
Pour le Groenland, les appareils exploitant le réseau Iridium sont particulièrement pertinents, car leur couverture englobe les zones polaires. Ils permettent de rester en contact même dans les régions les plus septentrionales, comme Qaanaaq ou Pituffik (Thule), ou dans l’immense parc national du nord‑est.
Le coût mensuel d’un abonnement satellite varie de 30 à 150 dollars selon l’opérateur et la formule choisie.
En complément, des communicateurs satellites comme le Garmin inReach Messenger ou le ZOLEO permettent d’envoyer des SMS, emails et signaux SOS via le réseau Iridium, avec des batteries pouvant tenir plusieurs jours voire semaines. Ils sont légers et pensés pour accompagner les randonneurs ou alpinistes qui veulent donner des nouvelles régulières sous forme de textos courts et de localisation GPS, à un coût souvent plus raisonnable qu’un téléphone satellite complet.
Utiliser le courrier et les colis pour un lien plus tangible
Rester en contact ne se limite pas à l’écran de son smartphone. Au Groenland, le courrier papier garde une place particulière, ne serait‑ce que par la singularité des timbres et des cachets postaux liés à cette île arctique.
Le service postal local, également géré par Tusass, gère les lettres et colis entrants et sortants. Il propose deux grandes catégories d’envoi : les colis Priorité (A), acheminés par le premier avion ou le premier bateau disponible, et les colis Économie (B), expédiés par le premier navire, plus lent mais souvent moins cher.
Pour envoyer lettres et petits paquets à l’international, plusieurs transporteurs majeurs sont disponibles : USPS, DHL Express, FedEx et UPS. Des plateformes comme ParcelABC, Nex ou Parcelbound permettent d’optimiser les coûts et les itinéraires. Depuis les États-Unis, l’USPS propose notamment plusieurs services avec des délais et des tarifs variés.
Voici, à titre indicatif, quelques tarifs de départ pour des envois internationaux vers le Groenland (ou en provenance de celui‑ci), relevés dans les sources :
| Service USPS international | Caractéristiques principales | Prix de départ indicatif |
|---|---|---|
| Priority Mail Express International | Envoi rapide, suivi, délais 3–5 jours | ≈ 59,50 USD |
| Priority Mail International | Suivi, délais 6–10 jours | ≈ 30,90 USD |
| First‑Class Package International | Petits paquets jusqu’à 4 lb | ≈ 17,85 USD |
| First‑Class Mail International (lettre) | Lettres 1 oz vers Groenland, timbre Global Forever | 1,65 USD |
| Airmail M‑Bags | Envois massifs de documents (jusqu’à 66 lb) | ≈ 59,18 USD |
Côté Groenland, Tusass applique des tarifs actualisés régulièrement pour les lettres et paquets au départ de l’île, avec une notification le même jour dans les boîtes postales locales lorsque le colis arrive au bureau postal avant 15 h en semaine.
Le recours à des services comme NanaGram illustre une autre façon de garder le contact : ils permettent d’envoyer à des proches des tirages papier de photos numériques, reçues par la poste. Une option touchante pour les membres de la famille moins à l’aise avec les outils numériques, qui recevront régulièrement des images de votre vie au Groenland.
Rester en lien par les réseaux sociaux
Au Groenland, les réseaux sociaux jouent un rôle majeur, presque plus central que dans beaucoup de pays plus peuplés. Avec une population de l’ordre de 56 000 habitants, les communautés virtuelles deviennent des places publiques numériques où tout le monde se croise.
Les chiffres d’usage sont impressionnants : Facebook est, de très loin, la plateforme dominante, utilisée par plus de 80 % de la population. En 2024, on comptait environ 39 000 utilisateurs Facebook, soit près de 70 % de la population totale et plus de 80 % des internautes. En 2025, ce chiffre a même atteint plus de 81 % de la population à certaines périodes. TikTok, Instagram et Facebook Messenger suivent, avec des taux de pénétration remarquables.
Quelques ordres de grandeur illustrent l’ampleur du phénomène :
| Plateforme (2024–2025) | Utilisateurs approximatifs | Part de la population totale |
|---|---|---|
| 39 000–46 000 | 69–81 % | |
| Facebook Messenger | ≈ 35 000 | ≈ 62 % |
| ≈ 21 000 | ≈ 37 % | |
| TikTok (adultes) | 36 000–37 500 | plus de 80 % des adultes |
| 24 000–28 000 | 42–50 % | |
| X (Twitter) | 6 000–7 700 | 11–14 % |
| ≈ 12 000 | ≈ 22 % |
Pour rester en contact avec ses proches depuis Groenland, ces plateformes constituent évidemment un canal privilégié : messages privés, appels vidéo via Messenger, stories Instagram, vidéos TikTok, etc. Un seul post sur Facebook peut parfois atteindre, de fait, une large partie de la société groenlandaise, vu le nombre limité d’habitants.
Dans une société hyper-connectée et soudée, l’information circule très vite, y compris les rumeurs et fausses nouvelles. Les études montrent des risques accrus de désinformation, notamment lors de périodes d’attention internationale comme les élections. Il est donc crucial de vérifier ses sources avant de partager des informations publiques.
Gérer les décalages horaires pour rester joignable
Le Groenland se situe dans plusieurs fuseaux horaires, mais l’essentiel des régions habitées de la côte ouest – incluant Nuuk, Sisimiut, Ilulissat et la plupart des zones touristiques – fonctionne sur UTC‑2 toute l’année, à la suite d’une réforme adoptée en 2023. Ittoqqortoormiit est décalée d’une heure (UTC‑1 en temps standard, UTC+0 en été), tandis que la base américaine de Pituffik (Thule) suit UTC‑4 puis UTC‑3 en été. La station météorologique de Danmarkshavn, elle, reste calée sur UTC+0 en permanence.
Le Groenland a harmonisé son fuseau horaire. Il conserve désormais un décalage fixe de 3 heures avec l’Europe centrale (CET) et de 3 heures avec la côte est nord-américaine (ET). Cela simplifie la planification des appels avec des proches à Copenhague, Paris, Montréal ou New York, car l’écart est plus stable tout au long de l’année.
Pour éviter les malentendus et coups de fil au milieu de la nuit, il est utile de :
Pour maintenir le lien avec des proches vivant dans différents fuseaux horaires, il est conseillé de définir un créneau horaire régulier pour les appels vidéo, adapté à chacun (par exemple, en soirée au Groenland et en fin d’après-midi en Europe). L’utilisation d’outils de gestion des fuseaux horaires, comme World Time Buddy ou le calendrier Google, permet de visualiser rapidement les plages horaires communes. Pour les contacts situés dans des fuseaux très éloignés, privilégiez la communication asynchrone (messages vocaux, emails, vidéos enregistrées), afin que chacun puisse répondre à son rythme et selon sa disponibilité.
Cette organisation est particulièrement importante pour les personnes en mission longue durée, qui doivent maintenir un lien durable avec leur famille, ou pour les couples à distance.
Conseils pratiques pour un séjour connecté mais maîtrisé
Rester en contact avec ses proches depuis Groenland, ce n’est pas seulement choisir les bons outils : c’est aussi anticiper un minimum avant le départ et adapter ses réflexes numériques une fois sur place.
Avant de partir, il est judicieux de :
Avant de partir, il est crucial de vérifier la compatibilité de son téléphone avec les réseaux locaux (fréquences GSM 900/1800, 3G, 4G) et de s’assurer qu’il est désimlocké. Pour éviter les mauvaises surprises, renseignez-vous précisément sur les tarifs d’itinérance (roaming) de votre opérateur et envisagez de désactiver les données mobiles à l’arrivée. Préparez-vous à la connexion limitée en téléchargeant à l’avance des cartes hors ligne (Google Maps, Maps.me) et les interfaces hors ligne d’applications de traduction. Installez et testez les applications de messagerie utilisées par vos proches (WhatsApp, Messenger, Signal, Zangi, etc.) pour les appels et messages. Enfin, pour une connexion immédiate, pensez à acheter une eSIM (comme Airalo ou Tusass Hello) avant votre départ.
Sur place, quelques habitudes permettent de conserver un lien constant sans se ruiner :
Pour éviter les mauvaises surprises, réservez la 4G aux messages et aux appels audio courts, et privilégiez le Wi‑Fi des hôtels et cafés pour les vidéos ou l’envoi de photos en masse. Limitez également la synchronisation automatique des sauvegardes dans le cloud (photos, vidéos), qui peut consommer plusieurs gigas à votre insu. Surveillez régulièrement votre consommation sur l’interface de votre opérateur. Enfin, si vous partez dans une zone sans couverture, prévenez vos proches à l’avance et fixez une date de retour à partir de laquelle vous les recontacterez, éventuellement en utilisant un téléphone satellite.
Enfin, pour ceux qui restent plusieurs mois, il peut être sain de considérer l’isolement relatif du Groenland comme une opportunité : celle de sélectionner plus consciemment les moments de connexion, de privilégier des échanges de qualité plutôt qu’un flux constant de notifications, et de profiter pleinement de l’expérience arctique sans rester rivé à son écran.
En résumé
Entre la 4G de Tusass, les eSIM pour voyageurs, les hotspots Wi‑Fi des cafés de Nuuk, les applications de messagerie économes en données, les réseaux sociaux omniprésents et les téléphones satellites pour l’arrière‑pays, tout concourt à rendre possible un lien continu avec le reste du monde depuis Groenland. Le contexte impose simplement un peu plus de préparation, de sobriété et de pragmatisme que dans d’autres destinations.
Pour partager votre voyage au Groenland, privilégiez une carte SIM locale ou une eSIM adaptée, surveillez votre consommation de données et tenez compte du décalage horaire. Pour les zones très isolées, un téléphone satellite peut être nécessaire. L’objectif est de maintenir un équilibre entre rester connecté avec vos proches et pleinement profiter de l’expérience sur place.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour réduire sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour un accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation logistique, structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Groenland, Portugal, Grèce, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland pour son environnement fiscal très modéré, sa faible pression patrimoniale et son coût de vie nettement inférieur à celui des grandes capitales européennes, tout en restant dans un cadre sécurisé juridiquement (rattachement au Danemark). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions FR‑DK), obtention du permis de résidence avec location longue durée, organisation de la couverture santé internationale, transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours, centre d’intérêts économiques), et intégration dans un réseau local bilingue (avocat, comptable, conseillers patrimoniaux) pour optimiser revenus, retraite et transmission, tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôles français.
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