Au premier abord, on n’imagine pas forcément le Groenland comme une destination de fête. Ici, pas de “strip” façon Las Vegas, ni de clubs infinis comme à Ibiza. Pourtant, la vie nocturne y est en plein essor, portée par la croissance économique, une scène musicale étonnamment riche et surtout par un rapport au temps complètement bouleversé par la nuit polaire et le soleil de minuit. Sortir le soir au Groenland, c’est autant entrer dans des bars et des clubs que partir en bateau sous les aurores boréales, partager un kaffemik chez l’habitant ou danser dans un centre culturel au son des groupes locaux.
Comprendre la nuit groenlandaise
La première chose à intégrer avant d’imaginer ses soirées au Groenland, c’est que la notion même de “nuit” y est très relative. Au nord du cercle polaire, le soleil ne se couche plus en été pendant plusieurs semaines, et l’hiver apporte au contraire une obscurité presque continue, seulement trouée par quelques heures de crépuscule bleu.
La vie sociale s’adapte aux extrêmes de lumière. En été, avec le soleil de minuit, les activités en plein air (quais, randonnée, bateau) se prolongent très tard. En hiver, les longues nuits sont consacrées aux aurores boréales, aux cafés, aux concerts dans les centres culturels et aux rassemblements traditionnels comme le kaffemik.
Autre élément à ne pas sous-estimer : au Groenland, on sort tard. À Nuuk comme dans les autres villes, la norme est d’arriver dans les bars et boîtes de nuit entre minuit et 2 h du matin. Les débuts de soirée restent souvent calmes, le temps de dîner, voir des amis ou participer à un événement culturel avant de rejoindre les pubs. Il faut donc adapter son rythme, surtout si l’on vient d’une culture où l’on commence la soirée à 20 h.
Un budget à prévoir : l’alcool et le coût d’une soirée
Le Groenland applique des taxes très élevées sur l’alcool. Résultat : boire un verre coûte cher. Une simple pinte de bière tourne autour de 50 DKK, soit un tarif nettement supérieur à la plupart des pays européens. Cela n’empêche pas les habitants de profiter des bars, mais modifie clairement les habitudes : on boit souvent chez soi avant de sortir, et on consomme plus lentement une fois dans les pubs et clubs.
Le tableau fournit des repères de prix de base dans certains établissements très fréquentés de Nuuk, avec des conversions en roupies indiennes issues d’estimations de blogs de voyage.
| Lieu | Ville | Type d’endroit | Coût estimé pour 2 personnes* |
|---|---|---|---|
| Godthaab / Nuuk Bryghus | Nuuk | Brewpub / restaurant | env. 3100 INR |
| Manhattan Nightclub | Nuuk | Boîte de nuit | env. 2000 INR |
| Daddy’s | Nuuk | Pub | env. 2000 INR |
| Bière en pinte (moyenne) | — | Bar / pub | env. 50 DKK |
Montants donnés uniquement comme indication de niveau de prix.
La combinaison forte fiscalité + isolement logistique renchérit aussi certains produits importés, ce qui rejaillit sur les menus des bars et restaurants. En revanche, la production locale de bière artisanale est en plein boom : des brasseries comme Nuuk Bryghus ou Godthaab Bryghus fabriquent leurs propres bières, que le Groenland a commencé à exporter vers l’Europe. On trouve ainsi dans les bars des références locales comme Baja, Pullarkat ou une Sugar Kelp Ale aromatisée aux algues du pays.
Nuuk, capitale de la nuit groenlandaise
Avec plus du tiers de la population du pays concentrée sur son territoire, Nuuk concentre logiquement l’essentiel de la vie nocturne structurée : bars, brasseries artisanales, clubs, centres culturels, cinémas, festivals. La bonne nouvelle pour le visiteur : presque tout se fait à pied, les établissements étant regroupés dans un centre-ville compact.
Bars, pubs et lounges : l’ADN des soirées à Nuuk
À Nuuk, la soirée commence souvent dans un bar ou un pub, parfois au sein d’un hôtel, avant de glisser vers un club. Les établissements phares ont chacun leur personnalité.
Le Skyline Bar, tout en haut du Hans Egede Hotel, est le symbole du Nuuk “chic”. Situé à l’étage supérieur de l’hôtel le plus exclusif de la capitale, il offre une vue panoramique sur le fjord et les montagnes, dans un décor chaleureux et soigné. On y vient pour siroter des cocktails soignés, goûter à une carte de whiskys ou de rhums, ou simplement profiter d’un piano live en fin de journée. Les week-ends, la musique et la piste de danse prolongent l’ambiance jusqu’à tard dans la nuit. Dress code : smart casual, ce qui signifie qu’on ne vient pas directement en tenue de randonnée.
À l’opposé de ce registre feutré, Kristinemut — surnommé “Mutten”, littéralement “l’endroit où l’on se retrouve” en groenlandais — incarne le pub historique et populaire. C’est le plus ancien bar de la ville, avec une atmosphère de saloon de western, un petit dancefloor et des soirées thématiques bien rodées : bingo tous les mardis, karaoké le jeudi, concerts jusqu’à minuit le week-end, et de la musique live six jours sur sept. Lieu intergénérationnel par excellence, on y croise aussi bien des habitués que des visiteurs curieux de sentir battre le cœur local.
À Nuuk, le bar Kristinemut fait partie d’un trio d’établissements voisins appelé les ‘Three Mut’s’. Ce groupe comprend aussi le MaxiMutten, un pub traditionnel et calme avec une musique de fond, et le MiniMutten, décoré sur le thème du Far West avec des murs en bois, des selles de cheval et des concerts réguliers. Enchaîner ces trois bars en une soirée est une excellente façon de s’immerger dans la sociabilité groenlandaise.
Autre pilier de la nuit à Nuuk : Daddy’s, pub rustique au charme un peu hors du temps, avec tables de billard, fléchettes, musique forte et une belle sélection de bières et de cocktails. C’est l’endroit typique pour le “after-work” qui se transforme en nuit blanche, d’autant qu’il est physiquement relié à deux autres piliers de la scène nocturne : le restaurant-bar Killut et la boîte Garagen. On peut ainsi passer d’un repas de spécialités groenlandaises à un verre entre amis, puis terminer sur la piste de danse sans poser le pied dehors.
Killut, lui, joue la carte du cocon. Ambiance hygge assumée, lumière douce, canapés confortables, étagères de livres locaux et jeux de société à disposition. En début de soirée, c’est un restaurant où l’on vient goûter au renne, au bœuf musqué, au phoque ou au poisson préparés selon les traditions. Plus tard, la lumière se tamise, les jeux se rangent, les lumières de discothèque s’allument et une playlist mêlant tubes internationaux et chansons groenlandaises prend le relais. On peut y commander une bouteille avec glace et sodas, à partager en groupe, comme dans les clubs européens.
Pour une ambiance plus “foodie”, Esme Lounge, héritier de l’ancienne Café Esmeralda, propose un concept de tapas de qualité, mélangeant petites assiettes inspirées de la gastronomie internationale et produits locaux. Les cocktails y sont travaillés, les associations parfois surprenantes, ce qui en fait une adresse privilégiée pour se faire plaisir avant de rejoindre les clubs.
Enfin, au cœur du Nuuk Center, premier centre commercial du pays, Café Pascucci joue le rôle de café-bar urbain : on y dîne, on y boit des bières artisanales ou un verre de vin dans une atmosphère détendue, idéale pour une soirée plus calme ou un début de nuit qui se prolongera ensuite dans d’autres adresses.
Brasseries et bières artisanales : le houblon au pays de la glace
La scène brassicole groenlandaise est nettement plus dynamique qu’on pourrait l’imaginer. À Nuuk, Nuuk Bryghus / Godthaab Bryghus est reconnu comme le plus ancien et le plus grand brewpub du pays. Installée au début des années 2000, la brasserie joue un rôle central dans la diffusion de la bière artisanale groenlandaise.
Sur place, l’ambiance est moderne et familiale, accompagnée d’une musique d’ambiance discrète. L’établissement propose des bières maison telles que Baja ou Pullarkat, ainsi que des créations éphémères brassées en petites quantités, notamment l’été. La cuisine surprenante met à la carte des viandes rares dans le contexte européen, comme le caribou ou le crocodile, aux côtés de produits du terroir arctique.
L’un des meilleurs moyens de découvrir ce lieu est de réserver une visite-dégustation en fin d’après-midi, généralement de 17 h à 19 h. Le parcours inclut une explication détaillée du processus de brassage et du rôle des minéraux contenus dans l’eau groenlandaise, puis la dégustation de cinq bières différentes. Parmi elles, la Sugar Kelp Ale, bière aromatisée aux algues locales, symbolise bien la capacité des brasseurs à s’approprier les ressources du territoire. La soirée se prolonge généralement autour d’un dîner d’inspiration danoise, parfois complété par un plat traditionnel servi chez Killut.
Les bières produites à Nuuk Bryghus sont par ailleurs distribuées dans la chaîne de magasins HECA, ce qui permet de prolonger la découverte en dehors du brewpub.
Clubs et boîtes de nuit à Nuuk
Pour ceux qui veulent vraiment danser, Nuuk propose plusieurs adresses qui n’ont rien à envier, en énergie, à certaines capitales européennes — à condition d’accepter que les soirées commencent très tard.
Garagen, littéralement “le Garage”, est l’un des clubs les plus récents de la capitale. Consacré à la danse, il ouvre de minuit à 4 h du matin, avec un pic d’affluence autour de 1 h 30, en particulier le vendredi. La configuration joue la carte du confort : bar, banquettes, espace pour bouger. La connexion physique à Daddy’s et Killut en fait le prolongement naturel de la soirée pour ceux qui ne veulent pas rentrer.
Situé Imaneq 30, ce club dispose d’une grande piste de danse, de deux bars à cocktails et de barmen aguerris. Les DJs y mixent les derniers tubes internationaux et locaux, avec une programmation très dense en été. Les portes ferment à 3 h du matin ; il est recommandé d’arriver avant 1 h pour profiter pleinement de l’ambiance.
Ces clubs s’inscrivent dans un paysage où presque tous les ingrédients d’une nuit “classique” sont réunis : bonne sono, cocktails soignés, dress codes plus ou moins stricts selon les lieux. La différence vient surtout de ce qui entoure la nuit : la neige, la perspective d’apercevoir des aurores boréales à la sortie, la possibilité de retrouver, le lendemain, les mêmes musiciens sur la scène d’un centre culturel.
Katuaq : centre culturel et scène du soir
Impossible d’évoquer les soirées à Nuuk sans parler de Katuaq, le grand centre culturel de la ville. Inauguré à la fin des années 1990, le bâtiment est lui-même un manifeste : sa façade ondulante s’inspire des rubans lumineux des aurores boréales. À l’intérieur, deux grandes salles modulables accueillent concerts, pièces de théâtre, projections de films, conférences ou festivals, tandis qu’un café, Café Tuaq, sert de point de ralliement.
En journée, Katuaq est un lieu de passage où l’on vient travailler en Wi-Fi, boire un café, voir une exposition ou participer à un atelier. Le soir, la programmation se fait plus dense : concerts de groupes locaux ou nordiques, soirées de cinéma, événements liés à des festivals comme Nuuk Nordisk Kulturfestival ou Nuuk International Film Festival, rencontres organisées par NAPA (Institut nordique au Groenland) ou d’autres acteurs culturels.
Café Tuaq, dans ce cadre, joue un double rôle : cantine culturelle à l’heure du déjeuner, il se transforme certains soirs en café-concert où l’on déguste des plats locaux en écoutant des musiciens se produire en petite formation. Pour un visiteur, c’est une porte d’entrée idéale vers la scène artistique groenlandaise, plus intime qu’un grand festival, mais tout aussi authentique.
Sortir le soir au-delà de Nuuk : bars, hôtels et petites villes
Même si Nuuk concentre l’offre la plus dense, la vie nocturne ne se limite pas à la capitale. Partout où il y a une “grande” communauté, on trouve au moins un bar, une discothèque ou une scène de musique live. La configuration est différente — parfois un seul pub pour toute la ville — mais l’envie de se retrouver y est la même.
Ilulissat : hôtels, glace et lumière
Ilulissat, dont le nom signifie “icebergs” en groenlandais, est l’un des principaux pôles touristiques du pays, grâce à son fjord glaciaire classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sa vie nocturne tourne largement autour des hôtels et des activités en plein air.
Hotel Icefiord, installé face à la mer, propose un restaurant de cuisine nordique locale et des chambres avec vue sur les icebergs. Certaines catégories disposent même de puits de lumière permettant, en hiver, d’observer les aurores boréales depuis son lit. Le soir, après une excursion sur la glace, on y boit un verre en regardant dériver les blocs de glace depuis le bar du restaurant.
Plusieurs hôtels de la ville offrent des espaces conviviaux pour se retrouver le soir, que ce soit pour dîner, prendre un verre ou échanger autour des photos de la journée.
Un lieu de rencontre pour un dîner, un verre ou une discussion en fin de journée.
Propose un cadre convivial pour partager un moment et évoquer les découvertes de la journée.
Un espace de sociabilité pour se restaurer, boire un verre ou échanger autour des photos.
Avec son restaurant en rooftop et sa véranda, il est idéal pour un dîner, un verre ou une discussion.
En parallèle, la véritable “vie nocturne” d’Ilulissat se joue souvent dehors : croisières de minuit au milieu des icebergs en été, sorties en bateau au crépuscule en hiver pour tenter d’apercevoir les aurores boréales, balades en raquettes ou en motoneige jusqu’à des cabanes chauffées où l’on boit un café en guettant le ciel, longues randonnées en traîneau à chiens par nuit claire… Ici, sortir le soir signifie surtout aller chercher la lumière — qu’elle soit solaire ou aurorale — dans l’obscurité arctique.
Sisimiut : une scène modeste mais vivante
Deuxième ville du pays, Sisimiut n’a pas la densité de bars de Nuuk, mais elle cultive sa propre manière de vivre la nuit, combinant quelques établissements autour du port, une vie culturelle active et surtout un ancrage très fort dans les activités de pleine nature.
Côté bars, Pub Raaja est l’adresse emblématique : un pub simple où l’on vient boire une bière, manger quelque chose sur le pouce et écouter parfois de la musique live le week-end. Club Starlight, petite discothèque locale, prend le relais pour ceux qui veulent danser. Le bar de l’Hotel Sisimiut propose quant à lui une option plus cosy, souvent appréciée des visiteurs et des habitants qui cherchent une ambiance plus calme.
Mais la vie sociale de Sisimiut, le soir, passe aussi beaucoup par d’autres lieux. Le centre culturel Taseralik accueille projections de films, expositions et spectacles, et organise notamment une soirée “Open Mic” chaque troisième vendredi du mois : une scène ouverte où musiciens, poètes, humoristes viennent se produire. La communauté expat ou de passage se retrouve aussi régulièrement au Community Center, qui héberge des soirées de réseautage, des événements associatifs ou des rencontres thématiques.
Le tableau suivant résume les options typiques d’une soirée à Sisimiut :
| Type d’endroit | Lieux emblématiques | Ambiance principale |
|---|---|---|
| Pub / bar | Pub Raaja, bar de l’Hotel Sisimiut | Bières, discussions, parfois musique live |
| Discothèque | Club Starlight | Danse et musique tard dans la nuit |
| Culture / spectacles | Taseralik Cultural Centre | Cinéma, concerts, soirées “Open Mic” |
| Alternatives nocturnes | Randonnée, port, points de vue | Soleil de minuit ou aurores boréales |
Enfin, à Sisimiut plus qu’ailleurs, sortir le soir veut souvent dire “être dehors” : observer le soleil de minuit en été, marcher jusqu’à un point de vue pour voir les aurores en hiver, ou profiter d’un bain chaud en plein air à l’Arctic Spa de l’Hotel Sisimiut avant de rentrer se coucher.
Autres villes et villages : bars d’hôtel et convivialité
Dans de nombreuses localités, la principale option pour boire un verre le soir est le bar d’un hôtel. C’est le cas par exemple à Kulusuk, petit village de la côte est, où l’Hotel Kulusuk dispose d’un restaurant-bar qui sert de point de rendez-vous pour les voyageurs et les habitants. À Qeqertarsuaq, sur l’île de Disko, le restaurant de l’Hotel Disko Island, avec sa vue sur le port et les montagnes de Lyngmark, attire autant pour son panorama que pour son ambiance en fin de journée. À Qasigiannguit, l’Hotel Diskobay joue un rôle similaire.
Dans ces lieux isolés, la frontière entre “bar de l’hôtel” et “bar du village” est ténue : les locaux viennent y boire une bière, regarder un match, discuter avec les visiteurs. Les échanges sont souvent plus directs qu’en ville, et un simple verre peut se transformer en leçon de culture locale, ponctuée d’histoires de chasse ou de récits de tempêtes.
Description d’un bar isolé
La nuit comme spectacle naturel : aurores, soleil de minuit et croisières
Au Groenland, une grande partie de la vie nocturne ne se joue pas dans les lieux fermés, mais dehors, face au ciel. Selon la saison et la latitude, c’est le soleil de minuit ou les aurores boréales qui dictent le programme.
Le soleil de minuit : nuits blanches de lumière
Au nord du cercle polaire, le soleil ne se couche pas pendant plusieurs semaines en été. À Ilulissat, par exemple, il reste au-dessus de l’horizon pendant environ 40 jours, de la fin mai à la fin juillet. Dans les régions plus septentrionales, ce phénomène peut durer jusqu’à cinq mois.
Dans les régions polaires, la luminosité permanente du soleil de minuit bouleverse les horaires traditionnels, transformant la nuit en un simple prolongement de la journée. Cela permet des activités insolites à des heures habituellement nocturnes, comme des randonnées tardives, des sorties en kayak au soleil rasant ou des croisières de minuit parmi les icebergs d’Ilulissat. Les opérateurs touristiques adaptent leur offre avec des excursions spécifiquement programmées pour profiter de cette lumière dorée qui ne disparaît jamais complètement, permettant par exemple de photographier les icebergs à toute heure.
Dans les villes plus au sud, comme Nuuk ou Qaqortoq, on ne connaît pas le soleil de minuit strict, mais les nuits restent extrêmement claires, avec près de 20 heures de lumière à certaines périodes. Là aussi, les habitants profitent de cette clarté pour prolonger les activités extérieures bien au-delà de ce qui passerait pour “raisonnable” plus au sud.
Les aurores boréales : nuits vertes et violettes
À l’autre extrémité de l’année, de septembre à avril, le Groenland devient l’un des meilleurs observatoires au monde pour les aurores boréales. La majeure partie du territoire se trouve dans la ceinture aurorale, et l’absence quasi totale de pollution lumineuse hors des villes offre un ciel d’une pureté rarissime.
La durée typique d’un spectacle d’aurores boréales, bien qu’il puisse parfois durer plus de deux heures.
Cette magie a donné naissance à une multitude de sorties nocturnes, en particulier à Nuuk, Kangerlussuaq et Ilulissat : excursions en voiture vers des sites sombres hors de la ville avec chocolat chaud à la clé, croisières de nuit dans le fjord de Nuuk à bord de bateaux fermés et chauffés, expéditions en raquettes ou en motoneige vers des cabanes reculées, itinéraires de traîneau à chiens en pleine nuit polaire… Certains tours sont même organisés depuis des campements reculés (glaciers, fjords isolés, fermes), où l’absence totale de lumière artificielle permet de voir non seulement les aurores, mais aussi la Voie lactée et des pluies d’étoiles filantes.
Les opérateurs les plus sérieux laissent une grande flexibilité : en cas de mauvaise météo ou d’absence d’aurores, il est souvent possible de reprogrammer la sortie gratuitement une autre nuit, afin de maximiser les chances d’assister au spectacle.
Soirées “hors bars” : traîneau, motoneige, raquettes et cabanes
Pour de nombreux visiteurs, la soirée mémorable au Groenland n’a pas lieu dans un club, mais sur la neige, loin des lumières de la ville.
À Ilulissat, par exemple, plusieurs tours de nuit combinent motoneige et chasse aux aurores : départ en début de soirée depuis l’Hotel Arctic, montée vers la chaîne d’Akinnaq, traversée de lacs gelés jusqu’à une cabane comme Nalluarsuk. Une fois à l’abri, on boit un café ou un thé chaud en guettant les premières lueurs vertes dans le ciel.
Les randonnées en raquettes nocturnes suivent un principe spécifique : une marche d’environ une heure à un rythme lent jusqu’à une cabane chauffée, suivie d’une période d’observation des aurores boréales depuis l’intérieur ou la terrasse, puis du retour. L’absence totale de bruit mécanique durant cette expérience amplifie la sensation d’être littéralement englouti par la nuit arctique.
Le traîneau à chiens occupe une place à part. Hérité de milliers d’années de pratiques inuites, c’est au nord du cercle polaire, et notamment dans les régions comme Ilulissat, que cette tradition est encore pleinement vivante. Des itinéraires de quelques heures à plusieurs jours sont proposés, certains spécifiquement pensés pour les soirées ou les nuits complètes, avec bivouac en cabane de chasseurs ou tentes sur la glace. Le silence, seulement troublé par le glissement des patins et le souffle des chiens, offre une expérience radicalement différente des boîtes de nuit, mais tout aussi intense.
Les soirées chez l’habitant : l’art du kaffemik
Au-delà des bars et des excursions organisées, une grande partie de la sociabilité groenlandaise du soir se joue dans les maisons. Le kaffemik en est l’expression la plus emblématique.
Le terme ‘kaffemik’ signifie littéralement ‘via le café’ et désigne un grand rassemblement en maison ouverte pour célébrer divers événements (anniversaire, mariage, funérailles, etc.). Organisé typiquement de 13h à 19h, il permet à de nombreuses personnes (parfois plus de 50) de se succéder pour partager ce moment, perpétuant une tradition qui facilitait autrefois les visites dans les villages.
L’ambiance est familiale, informelle, chaleureuse. On enlève ses chaussures à l’entrée, on n’est pas tenu à une tenue formelle, même si la personne célébrée peut porter le costume national : qaqortumaartoq pour les hommes (anorak blanc à capuche, pantalon sombre, bottes kamiks), arnatoortoq pour les femmes (blouse, anorak, pantalon et cuissardes en peau de phoque finement brodées).
Sur la table, une accumulation impressionnante de gâteaux, de pâtisseries, de café, mais aussi de plats chauds et de spécialités locales : viande de phoque, peau et graisse de baleine (mattak), viande de renne, de bœuf musqué, de morse ou d’ours polaire, poissons séchés, oiseaux fermentés (kiviak), le tout souvent préparé selon des techniques traditionnelles (cuisson dans l’eau de mer, sur des pierres, etc.). Il n’est pas rare que du vin soit également servi.
Le fonctionnement du kaffemik obéit à un code d’hospitalité très précis : on s’assoit quand une place se libère, on laisse sa chaise à l’arrivée de nouveaux convives, on débarrasse son assiette et on peut, par politesse, laver sa propre tasse. Les invités non formellement conviés peuvent être acceptés sans problème ; l’ouverture et le partage priment. Avec quelques agences locales, certaines visites incluent désormais la participation à un kaffemik, offrant aux voyageurs une vision beaucoup plus intime de la vie sociale groenlandaise.
Festivals, concerts et grandes soirées collectives
Le Groenland, malgré sa faible population, possède une scène culturelle et musicale étonnamment riche. Nombre de festivités ont un prolongement nocturne, qu’il s’agisse de concerts jusqu’au bout de la nuit, de projections en plein air ou de fêtes autour du feu.
Parmi les événements majeurs, on peut citer :
Célébrée le 21 juin, jour du solstice d’été, la Fête nationale est marquée par des défilés en vêtements traditionnels, des concerts, des discours, des stands d’artisanat et des dégustations de plats locaux. Dans les villes comme Nuuk, Ilulissat, Sisimiut ou Aasiaat, les festivités se prolongent souvent en soirée grâce à la lumière du soleil de minuit.
– Les festivals de musique comme Arctic Sounds à Sisimiut (centré sur la musique acoustique et les échanges entre artistes de l’Arctique), Nipiaa Rock Festival à Aasiaat, ou encore Akisuanerit Festival à Nuuk, qui font vibrer les nuits avec des programmes mêlant rock, folk, rap, pop et musiques traditionnelles. Les concerts se tiennent dans des salles, des chapiteaux ou en plein air, et se poursuivent fréquemment après minuit.
– Les festivals culturels tels que Nuuk Nordisk Kulturfestival, biennale multidisciplinaire qui transforme Nuuk en laboratoire de création : arts contemporains, théâtre, danse, cinéma, street art… La ville devient alors un immense plateau artistique où les soirées alternent entre performances expérimentales, DJ sets, projections et rencontres.
Les événements sportifs en conditions extrêmes, comme l’Ilulissat Icefjord Midnight Marathon (course sous le soleil de minuit sur les bords du fjord glaciaire) ou le Polar Circle Marathon près de Kangerlussuaq (parcours dans la toundra et sur le glacier), donnent lieu à des veillées, des concerts ou des rassemblements festifs autour des arrivées, souvent jusqu’à tard dans la nuit.
– Les fêtes familiales et religieuses, notamment Noël, célébré selon un mélange de traditions danoises et inuites : repas copieux à base de renne, de bœuf musqué, de poisson ; chorales ; marchés de Noël d’artisanat ; décorations lumineuses dans la nuit polaire. Le 24 décembre, la messe du soir et les chants collectifs font partie intégrante de la vie nocturne.
Musiques et danses : du kalattuut au rap
Les soirées groenlandaises, qu’elles aient lieu dans un bar, un centre culturel ou au coin du feu, sont très souvent musicales. La tradition la plus ancienne est celle du chant et de la danse au tambour. Le qilaat, tambour à cadre muni d’une peau animale, est frappé non pas sur la membrane mais sur le cadre avec un bâton, souvent taillé dans un bois de renne. Longtemps utilisé comme instrument de règlement des conflits — des “duels” de chansons où le public tranchait à force de rires — il accompagne aujourd’hui des spectacles de danse et de chant remis à l’honneur et reconnus comme patrimoine culturel immatériel par l’UNESCO.
La musique groenlandaise a été enrichie par des apports extérieurs. Les baleiniers européens ont introduit la polka et les danses de couple, donnant naissance au « kalattuut », une polka locale rapide intégrant des éléments de danse au tambour. De leur côté, les missionnaires moraves ont fortement influencé la tradition chorale, notamment à travers le chant polyphonique, les hymnes et les célébrations de Noël.
Le XXᵉ siècle a vu l’arrivée du jazz, de la country (importée par les soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale), puis du rock, de la pop et du rap. Des groupes comme Sumé, dans les années 1970, ont joué un rôle déterminant en créant un rock 100 % groenlandais, chanté en langue locale et portant un message politique lié à la quête d’autonomie. D’autres formations, de Zikaza à Chilly Friday, de Nanook à Nuuk Posse, ont ensuite nourri une scène musicale extrêmement diverse, où coexistent folk intimiste, post-rock, rap social, pop grand public et expérimentations jazzy.
La vie nocturne et culturelle du Groenland, notamment à Nuuk, offre une immersion directe dans sa créativité musicale. Elle rassemble un mélange éclectique d’artistes : des chanteuses issues de télé-crochets danois, des rappeurs locaux aux textes engagés, des groupes de rock de la Disko Bay, des chorales d’église et des ensembles de jazz aux influences nordiques. Une simple sortie peut ainsi se transformer en découverte authentique de cette scène artistique diverse.
Conseils pratiques pour vos soirées au Groenland
Pour profiter pleinement de la vie nocturne groenlandaise, quelques précautions pratiques s’imposent.
D’abord, penser à la météo : même en ville, les nuits peuvent être glaciales, et l’écart entre la chaleur d’un bar et le froid du trottoir est rude. Il est indispensable de sortir avec une bonne veste isolante, bonnet, gants et chaussures adaptées, surtout si l’on prévoit de marcher entre différents lieux ou de prolonger la soirée en observant le ciel. Pour les sorties aurores, raquettes, motoneige ou traîneau à chiens, des couches thermiques, un manteau coupe-vent, des bottes isolantes et parfois une lampe frontale sont de mise.
Dans les bars et clubs, l’animation ne commence généralement pas avant minuit et culmine entre minuit et 2 heures du matin. Arriver à 22 heures et repartir à 23 heures signifie souvent manquer le cœur de la soirée. Il est donc conseillé de planifier une activité pour la première partie de la nuit, comme un dîner tardif, un concert, une séance de cinéma ou une promenade au bord du fjord, avant de se rendre dans les établissements.
Enfin, garder en tête le cadre légal : l’âge minimum pour consommer de l’alcool est de 18 ans, et les pubs attachés à des restaurants n’acceptent pas les mineurs. L’alcool étant cher et parfois au cœur de débats de santé publique, certaines communautés ont adopté des règles locales très strictes, voire des interdictions : se renseigner au préalable sur la situation de la ville ou du village que l’on visite est toujours une bonne idée.
Une vie nocturne à l’image du territoire
La vie nocturne au Groenland n’a rien de standardisé. Elle reflète la singularité d’un territoire où la lumière et l’obscurité dictent les rythmes, où la sociabilité passe autant par un pub enfumé que par un café partagé dans une maison colorée des années 1960, où un concert de rock peut précéder une nuit passée à suivre une piste de chiens sur un fjord gelé.
Les soirées au Groenland redéfinissent le concept de nuit, alternant entre le soleil de minuit et les aurores boréales. Elles peuvent inclure la dégustation d’une bière locale (Sugar Kelp Ale) à Nuuk, des chants de Noël dans une église en bois, la danse traditionnelle *kalattuut*, des rencontres dans un bar à Qeqertarsuaq, ou l’observation des aurores à Ilulissat. Chaque expérience contribue à une culture arctique vivante qui a intégré ces nuits uniques comme un élément central de sa vie sociale.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier structuré de plus d’un million d’euros en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations attractives (Islande, Norvège, Canada, Groenland), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland, territoire autonome danois, pour son environnement fiscal avantageux pour les non-résidents, sa faible pression patrimoniale, le coût de la vie hors des grandes capitales nordiques et un cadre stable lié au Danemark. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention d’un permis de séjour avec achat de résidence principale, coordination avec les régimes de santé (CNAS/CPAM et système local), transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs bilingues) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration). Ce dispositif permet de réduire significativement la fiscalité, d’accéder à de nouvelles opportunités d’investissement arctique, tout en maîtrisant les risques (contrôles français, conventions fiscales, choc climatique et culturel).
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