Les quartiers les plus prisés par les expatriés au Groenland

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Groenland n’a rien d’un déménagement classique. Entre climat arctique, villes minuscules et isolement géographique, le choix du quartier devient vite stratégique pour tout expatrié. Dans un pays sans réseau routier entre les villes, où l’on se déplace en avion, bateau ou parfois en traîneau à chiens, la notion même de « quartier » prend un sens particulier : il s’agit autant d’un environnement de vie que d’un micro-réseau social sur lequel on va fortement dépendre.

Bon à savoir :

La majorité des expatriés au Groenland, qu’ils soient salariés détachés, travailleurs qualifiés, chercheurs ou aventuriers, se concentrent dans quelques pôles urbains clés. Les villes principales sont Nuuk, Sisimiut et Ilulissat. D’autres villes comme Qaqortoq, Kangerlussuaq et Tasiilaq accueillent également une population expatriée, mais dans une moindre mesure.

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Comprendre le contexte groenlandais avant de choisir son quartier

Avant même de zoomer sur les rues et les immeubles, il faut intégrer deux réalités : l’extrême dispersion de la population et l’importance de la capitale.

Le Groenland est la plus grande île du monde, recouverte à plus de 80 % par la calotte glaciaire. À peine 56 000 habitants se répartissent sur 17 à 18 villes et plus d’une cinquantaine de petits villages côtiers. Nuuk, avec environ 18 000 habitants, concentre à elle seule près d’un tiers de la population, 67 % des entreprises du pays et plus de la moitié de l’activité industrielle.

Exemple :

Contrairement aux enclaves internationales typiques des grandes métropoles, ces quartiers se définissent par une combinaison de facteurs : un bon accès aux services, des opportunités professionnelles, une offre de logements disponibles et une vie sociale déjà structurée. Ils représentent ainsi des zones intégrées offrant un équilibre pratique et social, plutôt que des espaces fermés ou communautaires.

Le coût de la vie est partout élevé, particulièrement pour l’alimentation et l’énergie, en raison d’une dépendance massive aux importations. Les loyers sont très tendus, surtout à Nuuk et dans les centres touristiques comme Ilulissat, ce qui explique que beaucoup d’expatriés acceptent des logements fournis par l’employeur, parfois en colocation.

Nuuk : la destination numéro un des expatriés

Nuuk est de loin le principal pôle d’attraction pour les étrangers. Capitale politique, économique et culturelle, elle concentre le gouvernement (Naalakkersuisut), le principal hôpital (Reine Ingrid), l’université (Ilisimatusarfik), la plupart des institutions nationales, ainsi qu’un petit réseau de cafés, restaurants et services qui n’existe pratiquement pas ailleurs à cette échelle.

Un cadre urbain hybride entre vieux port et grands ensembles

Nuuk s’est construite par strates. Le « Vieux Nuuk » abrite les maisons en bois colorées héritées de l’époque coloniale danoise, une église luthérienne du XIXe siècle et plusieurs bâtiments historiques. À l’opposé, les nouveaux quartiers se présentent comme des barres d’immeubles modernes préfabriquées, qui tranchent avec ce tissu ancien mais permettent d’absorber l’afflux de population.

Parmi ces zones récentes, Qinngorput est emblématique : un quartier résidentiel neuf, pensé comme une extension de la ville, qui attire à la fois familles groenlandaises et salariés étrangers grâce à des appartements contemporains et une meilleure isolation, très précieuse en hiver.

Pourquoi les expatriés convergent vers Nuuk

Plusieurs facteurs expliquent cette centralité :

Nuuk, la capitale du Groenland

Nuuk est la capitale et la plus grande ville du Groenland, concentrant les principales activités urbaines, administratives et culturelles du territoire.

Vie urbaine et commodités

C’est le seul endroit du pays offrant vraiment un « mode de vie urbain » : centre commercial, grands supermarchés, vie nocturne, cafés avec Wi-Fi et équipements sportifs.

Services publics développés

Concentre les principaux services : hôpital national, administrations centrales, écoles, université, musée national, musée d’art et centre culturel Katuaq.

Marché du travail diversifié

Offre des emplois dans divers secteurs : administration, santé, éducation, recherche, services, télécommunications, énergie et construction.

Pour un expatrié, ces atouts compensent en partie le coût très élevé de la vie : Nuuk figure dans les 15 % de villes les plus chères au monde, et reste plus onéreuse que des métropoles comme Hong Kong, Londres, Copenhague ou Bruxelles, particulièrement pour le logement.

Les quartiers les plus recherchés à Nuuk

Tout ne se vaut pas pour un nouvel arrivant. Deux grands types de secteurs se détachent.

Old Nuuk : charme historique et vie culturelle

Située près du port et des bâtiments historiques, la vieille ville séduit les expatriés attirés par l’ambiance « carte postale » : petites maisons colorées, proximité du musée national, de l’église, de la promenade vers le fjord. Ceux qui travaillent dans la culture, la recherche ou certaines ONG y trouvent un cadre de vie agréable, à deux pas de la mer et des sentiers côtiers.

Attention :

Le parc de logements est limité et souvent ancien, avec une isolation rarement conforme aux standards modernes. Les loyers des maisons bien rénovées, déjà rares, atteignent des niveaux très élevés dès leur mise sur le marché.

Qinngorput et les extensions récentes : confort moderne et familles

Qinngorput et d’autres extensions récentes sont devenus les terres d’accueil naturelles des expatriés qui s’installent avec leur famille, ou des cadres venant pour plusieurs années. Appartements bien isolés, ascenseurs, parkings, vues dégagées sur le fjord : tout est pensé pour un confort au long cours dans un climat rigoureux.

La demande est telle que les listes d’attente pour le logement public peuvent atteindre dix à douze ans à Nuuk. Les principaux employeurs – gouvernement, municipalité de Sermersooq, grandes sociétés comme Royal Greenland ou les opérateurs de services – réservent donc souvent des logements de fonction dans ces secteurs pour attirer spécialistes et travailleurs étrangers.

Vivre à Nuuk : budget et arbitrages

Les expatriés sont souvent surpris par le budget mensuel nécessaire, même en bénéficiant d’un bon salaire. Le revenu net moyen tourne autour de 5 000 dollars par mois, ce qui semble confortable, mais l’essentiel part dans le logement, l’alimentation et l’énergie.

On peut résumer l’ordre de grandeur à partir des données de coût de la vie à Nuuk.

Exemple comparatif de coûts à Nuuk

Poste de dépensePersonne seule (mois)Famille de 4 (mois)Commentaire
Loyer + charges (estimation)~1 150 $~1 940 $Forte variation selon quartier et ancienneté du logement
Électricité, chauffage, eau (85 m²)~130 $~200 $Chauffage indispensable sur de longs mois d’hiver
Internet haut débit129–157 $129–157 $Connexion plus chère et plus lente qu’en Europe continentale
Téléphone mobile (10 Go+)63–77 $120–150 $Selon nombre de lignes familiales
Courses alimentaires~430 $~2 040 $Dépend du recours aux produits importés vs chasse/pêche locale
Transports locaux~85 $~230 $Bus, taxi, carburant
Restauration / sorties~150 $200–300 $Restaurants et cafés sensiblement plus chers qu’en Europe

Pour un propriétaire groenlandais cité dans un témoignage, l’ensemble des dépenses « indispensables » (logement, alimentation, énergie) avoisine 1 900 $ par mois. Les « plaisirs » (sorties, bateau, abonnements) représentent 300 $ supplémentaires. Ce type de profil est révélateur : pour garder une bonne qualité de vie, il faut soit un revenu élevé, soit accepter un mode de vie très simple – ce que beaucoup d’expatriés ne découvrent qu’une fois sur place.

Profils d’expatriés par quartier à Nuuk

Même si les statistiques officielles ne détaillent pas le lieu de résidence des étrangers, les logiques de localisation sont assez claires :

Astuce :

À Nuuk, le choix du quartier est fortement lié au profil professionnel et familial. Les cadres et fonctionnaires internationaux privilégient les immeubles modernes de Qinngorput ou d’autres secteurs récents, proches de l’université et des bureaux. Les chercheurs, artistes et employés du secteur culturel se retrouvent plus souvent dans ou près d’Old Nuuk, attirés par la proximité des musées, du centre culturel Katuaq et d’un environnement historique. Les jeunes travailleurs célibataires ou couples sans enfants optent fréquemment pour la colocation ou des studios dans des immeubles plus anciens, où les loyers sont plus abordables. Enfin, les familles mixtes (un parent groenlandais, un parent étranger) se répartissent dans divers quartiers, mais privilégient les zones bien desservies par les écoles et le réseau de bus, comme les nouveaux ensembles résidentiels.

Sisimiut : le pôle industriel et « aventure » au nord du cercle polaire

Deuxième ville du pays, Sisimiut compte environ 6 000 habitants et se situe juste au nord du cercle polaire. C’est un autre point de chute privilégié des expatriés, notamment pour ceux qui travaillent dans l’industrie de la pêche, la logistique, la construction ou le tourisme d’aventure.

Un centre dynamique au bord de l’Amerloq Fjord

Sisimiut est bâtie au bord du fjord Amerloq, dans un décor montagneux qui en fait un véritable terrain de jeu pour les activités de plein air : randonnée, ski, motoneige, kayak, et bien sûr traîneau à chiens – la ville marque la limite méridionale où les chiens de traîneau sont autorisés sur la côte ouest.

La ville s’est imposée comme un hub industriel, avec un chantier naval, plusieurs usines de transformation du poisson, et un rôle important dans la chaîne logistique du pays. Ce dynamisme attire jeunes Groenlandais en formation professionnelle, mais aussi techniciens et ingénieurs étrangers.

Types de quartiers et profils d’expatriés

L’urbanisme de Sisimiut reste à taille très humaine : petits immeubles bas, maisons traditionnelles, quelques ensembles plus récents, un réseau de rues qui s’organise autour du port, de la zone commerciale et des équipements publics.

Les expatriés se regroupent généralement dans trois types de secteurs :

Proximité du port et des installations industrielles, idéale pour les employés des usines et du chantier naval.

– Environs des établissements éducatifs et du musée de Sisimiut, où l’on trouve des logements de taille moyenne occupés par des enseignants, chercheurs ou travailleurs sociaux.

Lotissements plus récents, légèrement en retrait, prisés des familles pour leur tranquillité relative, l’accès aux écoles et la présence d’espaces verts.

L’ambiance est décrite comme propre, sûre, très orientée vers la communauté. La présence de nombreux jeunes, souvent venus d’autres régions pour étudier ou travailler, contribue à une atmosphère plus animée que dans de petites localités.

Un marché immobilier plus accessible que Nuuk

Les prix de l’immobilier restent significativement plus bas qu’à Nuuk : une maison se négocie autour de 1,5 million de couronnes danoises en moyenne, contre environ 2 millions à Nuuk. Cela se traduit aussi, en général, par des loyers un peu moins élevés, même si la pénurie de logements demeure une réalité à l’échelle nationale.

Bon à savoir :

Pour un expatrié recruté par une entreprise industrielle ou une institution éducative, la pratique la plus fréquente est le logement fourni par l’employeur, en particulier durant les premières années.

Un mode de vie très tourné vers la nature

Les quartiers prisés n’ont pas seulement à voir avec la proximité des services : nombre d’expatriés choisissent de vivre à Sisimiut précisément pour l’accès direct aux sentiers de randonnée (comme le fameux Arctic Circle Trail, qui se termine ici après 160 km depuis Kangerlussuaq), aux pistes de ski de fond, aux zones de traîneau à chiens ou aux collines propices aux aurores boréales.

Le quartier « idéal » pour ce profil est celui qui permet de sortir de chez soi et, en quelques minutes à pied, de se retrouver sur un chemin de montagne ou au bord de l’eau – un luxe que la géographie de Sisimiut rend facilement possible depuis la plupart des secteurs habités.

Ilulissat : le quartier touristique par excellence, devenu pôle d’expatriés

Si Nuuk attire avant tout par ses opportunités professionnelles variées, Ilulissat, troisième ville du pays, doit sa popularité à son environnement naturel exceptionnel. L’Ilulissat Icefjord, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et le gigantesque glacier Sermeq Kujalleq, l’un des plus productifs de l’hémisphère nord, en font la capitale groenlandaise du tourisme.

Une ville structurée par le fjord, le port et les chiens de traîneau

Avec un peu plus de 4 500 habitants, Ilulissat est à la fois un centre administratif de la municipalité d’Avannaata et un haut lieu touristique. La trame urbaine s’est développée autour du vieux centre – proche du port, de l’hôpital et des zones commerciales – puis s’est étendue vers le sud et l’est, en direction de la colline qui domine le fjord.

Une caractéristique très visible de la ville tient aux vastes zones réservées aux chiens de traîneau, qui traversent parfois les quartiers et s’ouvrent sur les pistes pour traîneaux et motoneiges. Pour un nouvel arrivant, cela signifie que certains secteurs sont très animés… par les aboiements.

Où s’installent les expatriés à Ilulissat ?

L’économie locale repose largement sur le tourisme : hôtels, restaurants, agences d’excursion, guides, centres de recherche en glaciologie et environnement, services liés aux bateaux de croisière. C’est donc dans les secteurs proches de ces activités que se concentrent naturellement les étrangers.

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Trois zones sont particulièrement recherchées pour l’immobilier.

– Le centre-ville, à proximité de la rue principale (Kussangajannguaq), où se trouvent commerces, services publics, cafés et une partie des hébergements touristiques. Les expatriés qui travaillent dans les administrations municipales, à l’hôpital ou dans les commerces privilégient ce secteur pour pouvoir se déplacer à pied.

– Les abords de la colline surplombant le fjord, où de nouveaux logements ont été construits et où l’on projette des équipements comme un centre d’interprétation du fjord. Vivre ici, c’est souvent profiter d’une vue directe sur les icebergs – un argument de poids pour les expatriés travaillant dans la recherche ou le tourisme haut de gamme.

– Le quartier de l’aéroport et des grands hôtels (Hotel Arctic, par exemple), légèrement excentré, où l’on trouve à la fois des infrastructures touristiques et des logements destinés au personnel saisonnier et aux cadres de l’hôtellerie.

3000000

Le prix moyen d’une maison à Ilulissat, l’une des plus élevées du Groenland, avoisine les 3 millions de couronnes danoises.

Logement, colocation et saisonnalité

Sur les quelque 1 736 logements recensés à Ilulissat, environ 40 % sont la propriété du gouvernement groenlandais, 40 % sont des maisons individuelles, 20 % des maisons jumelées et 40 % des appartements en immeubles collectifs. La taille moyenne des ménages est de 2,6 personnes.

Pour les expatriés, surtout ceux qui restent quelques mois ou quelques années, les options les plus fréquentes sont :

un logement de fonction fourni par un hôtel, une société touristique ou une institution;

une colocation dans un appartement en ville, parfois trouvée via des plateformes de location saisonnière ou des groupes Facebook;

– des locations de courte durée, initialement conçues pour les touristes, mais parfois négociables sur une période plus longue hors haute saison.

80

C’est le nombre approximatif de locations de vacances répertoriées à Ilulissat, principalement situées dans les secteurs les plus prisés.

Pourquoi les expatriés choisissent-ils Ilulissat malgré les coûts ?

Le moteur principal, c’est le paysage. Il n’est pas exagéré de dire qu’Ilulissat offre, au quotidien, certains des panoramas les plus spectaculaires de la planète : icebergs dérivant dans la lumière du soleil de minuit en été, fjord gelé sous les aurores boréales en hiver, rencontres fréquentes avec les baleines, excursions à pied sur des sentiers balisés jusqu’aux anciens sites inuit de Sermermiut.

Pour les étrangers engagés dans la recherche climatique, la glaciologie, le journalisme, la photographie ou le tourisme d’aventure, habiter là où se joue concrètement la fonte de la calotte glaciaire a une valeur symbolique forte. Les quartiers qui permettent d’accéder plus facilement à ces sites, à pied ou en bateau, sont naturellement les plus prisés.

Qaqortoq : la petite ville du sud qui séduit par son atmosphère

Moins connue que Nuuk ou Ilulissat, Qaqortoq est pourtant souvent décrite comme la ville la plus « charmante » du Groenland. Ses maisons colorées qui se reflètent dans le port, son relief vallonné, ses œuvres d’art taillées dans la roche à ciel ouvert (le projet Stone & Man) en font un cadre de vie très apprécié.

Un centre compact, entre port, art et histoire

Qaqortoq est construite autour d’un centre resserré, où l’on trouve la place principale, quelques commerces, le musée local – qui mélange vestiges inuit et traces de la présence nordique – et le front de mer. La taille modeste de la ville facilite tout : la plupart des lieux de travail et de services sont accessibles à pied depuis les quartiers résidentiels proches du centre.

Bon à savoir :

Les expatriés travaillent principalement dans la pêche, l’éducation, la santé et le tourisme (gestion de petits hôtels, d’auberges ou activités de guide). Certains sont également employés par des entreprises locales, comme la tannerie Great Greenland, spécialisée dans le traitement des peaux de phoque.

Quels secteurs attirent les étrangers à Qaqortoq ?

Avec une échelle aussi réduite, on ne peut pas vraiment parler de « grands quartiers » comme à Nuuk, mais plutôt de micro-secteurs.

Les expatriés ont tendance à se concentrer : les grandes villes, où les opportunités professionnelles sont plus nombreuses, les régions avec une forte communauté expatriée, ou des destinations réputées pour leur qualité de vie.

Exemple :

Dans un port de pêche typique, l’habitat se répartit selon trois zones principales. Premièrement, sur les pentes qui surplombent le port, où les maisons bénéficient d’une vue sur la baie. Deuxièmement, dans les rues entourant la place centrale, un secteur privilégié pour sa proximité avec les services, l’école et le musée. Enfin, dans quelques ensembles de logements collectifs plus récents, qui offrent un meilleur confort grâce à une isolation et des installations modernes.

L’attrait principal tient à l’ambiance : moins de pression, plus de relations de proximité, un rythme de vie lent, une forte connexion avec la nature et les traditions de chasse et de pêche qui continuent de structurer la vie quotidienne. Dans une étude menée en 2018 en Afrique du Sud… pardon, en Sud Groenland (Qaqortoq, Nanortalik, Narsarsuaq, Qassiarsuk), la nature ressort d’ailleurs comme le facteur le plus important de bien-être pour les habitants.

Pour les expatriés qui souhaitent s’impliquer dans la communauté, apprendre un peu de groenlandais, et adopter un mode de vie plus proche de la population locale, ces secteurs centraux de Qaqortoq offrent une bonne porte d’entrée.

Kangerlussuaq et Tasiilaq : hubs spécialisés, expatriés de niche

En dehors des grandes villes, deux petites localités retiennent l’attention des étrangers par leur fonction spécifique : Kangerlussuaq et Tasiilaq.

Kangerlussuaq : le village-aéroport

Kangerlussuaq n’est pas une ville à proprement parler, mais plutôt une plateforme aérienne entourée d’un petit noyau habité. C’est l’un des rares aéroports capables d’accueillir de gros porteurs depuis Copenhague, ce qui en fait un pivot logistique essentiel, tant pour les Groenlandais que pour les visiteurs.

Les expatriés qui s’y installent travaillent essentiellement dans :

Secteurs d’activité

Principaux domaines économiques et services offerts dans la région.

Aviation et services aéroportuaires

Services spécialisés pour le transport aérien et la gestion des infrastructures aéroportuaires.

Logistique et fret

Gestion et organisation du transport de marchandises, notamment dans des conditions climatiques spécifiques.

Tourisme d’aventure

Porte d’entrée vers la calotte glaciaire, point de départ du Arctic Circle Trail et organisation d’excursions sur la glace.

Le parc immobilier est limité, avec un prix moyen de maison similaire à celui de Sisimiut (environ 1,5 million de DKK). Les zones habitées proches de l’aéroport et des installations touristiques regroupent quasiment tous les résidents étrangers, souvent logés par leur employeur.

Tasiilaq : l’appel de l’Est sauvage

Tasiilaq, sur la côte est, offre un tout autre visage : paysages de montagnes abruptes, glaciers plongeant dans les fjords, isolement beaucoup plus marqué, et une économie encore très liée à la chasse, à la pêche et à un tourisme plus confidentiel.

Les expatriés qui choisissent Tasiilaq travaillent souvent dans :

le tourisme d’aventure (randonnée, ski, expéditions polaires);

– l’éducation et la santé dans un contexte de relative pénurie de personnel;

des projets de recherche environnementale.

Le marché immobilier est réduit, les maisons se vendant autour de 1 million de DKK en moyenne. Là encore, les zones de résidence se confondent avec le village lui-même : on habite pratiquement partout à quelques minutes de marche de la mer et des collines. Pour ceux qui cherchent un environnement de travail vraiment dépaysant, les rues de Tasiilaq – bordées de maisons colorées serrées entre fjord et montagnes – constituent un « quartier » à part entière.

Comment les expatriés trouvent-ils un logement dans ces quartiers ?

Au Groenland, la question n’est pas tant « quel quartier choisir ? » que « comment décrocher un logement tout court ? ». Le manque chronique de logements dans les grandes villes, combiné aux coûts de construction élevés dans un environnement arctique, fait que les expatriés doivent souvent s’en remettre à leurs employeurs.

Les grands acteurs du logement

Plusieurs types de structures interviennent sur le marché :

Le parc locatif est géré par des sociétés publiques comme INI A/S ou Iserit, des entreprises privées spécialisées telles qu’Illuut (Agerskov Consulting) ou des promoteurs comme inu:it bolig, les employeurs (gouvernement, communes, Royal Greenland) qui disposent de logements de fonction, ainsi qu’un segment encore limité de propriétaires privés et de petites agences immobilières.

Acteurs du marché locatif à Ilulissat

Dans certaines villes, des projets de construction durable émergent. À Ilulissat, par exemple, inu:it bolig développe un ensemble d’environ 72 logements répondant à un label environnemental nordique, avec une attention particulière au bois, à l’isolation et à la qualité de l’air intérieur. Ces initiatives restent toutefois minoritaires par rapport à l’ampleur du déficit.

Le canal informel : réseaux, bouche-à-oreille, réseaux sociaux

La recherche de logement passe souvent par : la définition de ses besoins, la consultation des annonces, les visites des biens, et les démarches administratives.

Trouver un logement au Groenland

Plusieurs canaux sont à privilégier pour dénicher un logement lors d’une installation au Groenland, de la location de chambre à l’appartement.

Réseau local

Faites appel à vos contacts sur place : collègues, amis ou autres expatriés pour obtenir des conseils et des pistes.

Annonces locales

Consultez les annonces dans les journaux municipaux et sur les panneaux d’affichage publics.

Réseaux sociaux

Rejoignez des groupes Facebook dédiés au logement dans votre ville (ex. : groupes pour Nuuk sur la location de chambres ou petits appartements).

Sites immobiliers

Explorez les sites immobiliers spécialisés, à la fois groenlandais et danois.

Pour un expatrié fraîchement arrivé, ne connaissant ni la langue ni les usages, ces canaux sont difficiles à mobiliser sans l’appui de l’employeur. C’est l’une des raisons pour lesquelles la très grande majorité des étrangers se retrouvent dans les mêmes quartiers que leurs collègues, souvent dans des résidences de taille moyenne construites pour répondre à la demande de main‑d’œuvre.

Au-delà des villes : les petits villages, un choix extrême

Les listes de « quartiers prisés » s’arrêtent rapidement lorsqu’on quitte les grandes villes. Les 50‑plus « settlements » qui parsèment la côte, avec quelques dizaines à quelques centaines d’habitants, ne disposent ni de quartiers clairement différenciés, ni d’un parc de logements structuré.

Exemple :

Certains expatriés choisissent de vivre dans des endroits extrêmement isolés, souvent pour des postes spécifiques comme enseignant dans une petite école, infirmier de campagne, travailleur de la pêche, saisonnier en usine ou chercheur de terrain. Leur « localisation » peut se réduire à une poignée de maisons, voire une seule rue, comme dans un village coincé entre une falaise et la mer.

Les avantages sont évidents pour ceux qui recherchent l’isolement, l’immersion dans la culture inuit, la chasse et la pêche comme activités quotidiennes. Mais les contraintes sont extrêmes : dépendance presque totale aux importations, services de santé limités, météo pouvant couper le village du reste du pays pendant des jours, voire des semaines.

La plupart des expatriés préféreront donc rester dans les quartiers des grandes villes, où l’on peut au moins accéder à un supermarché, à un médecin, à une connexion internet acceptable – même chère – et à un minimum de vie sociale.

Ce qui rend un quartier « prisé » au Groenland pour un expatrié

En l’absence de quartiers internationaux clairement identifiés, ce sont quelques critères transversaux qui font la différence.

Proximité des services essentiels

Dans un environnement où rien n’est jamais garanti – ni l’arrivée du prochain bateau de marchandises, ni la possibilité de prendre un avion en cas d’urgence médicale – vivre près de l’hôpital, de l’école, du supermarché ou du port reste un facteur déterminant.

C’est ce qui rend les centres de Nuuk, Sisimiut et Ilulissat si centraux : la proximité physique des infrastructures essentielles limite un peu l’incertitude qui domine à l’échelle du pays.

Accès à la nature et aux activités de plein air

Les études sur le bien‑être au Groenland montrent l’importance fondamentale de la nature pour la qualité de vie : chasse, pêche, excursions sur la glace, randonnée, observation des animaux. Les quartiers prisés sont donc ceux qui permettent un accès rapide aux sentiers, aux zones de traîneau, aux fjords.

Bon à savoir :

Dans le choix d’un logement, un quartier résidentiel en périphérie, s’il est adossé à un élément naturel attractif (montagne, fjord) et dispose d’un bon accès aux services de base, peut être plus recherché et valorisé qu’une localisation très centrale mais enclavée.

Vie communautaire et intégration culturelle

La structure sociale groenlandaise repose beaucoup sur les liens de parenté, les communautés restreintes, les pratiques collectives (partage de nourriture de chasse, cafés communautaires – kaffemik, fêtes). Pour un expatrié, choisir un quartier ne se limite donc pas à regarder un plan : il faut aussi se demander où et comment on pourra créer des liens.

Bon à savoir :

Pour favoriser l’intégration, privilégiez les quartiers où cohabitent des familles groenlandaises, des travailleurs danois et d’autres nationalités, autour de services comme une école ou un centre culturel. Évitez les zones de logements exclusivement réservés aux fonctionnaires, où la population est temporaire et repart après un ou deux contrats.

Coût et type de logement

Enfin, le critère budgétaire reste décisif. Dans un pays où le prix au mètre carré peut rapidement dépasser celui de grandes capitales européennes, la capacité à obtenir un logement subventionné ou pris en charge par l’employeur conditionne largement le « choix » du quartier.

On peut synthétiser les grandes tendances de prix entre quelques villes clés.

Comparaison indicative des prix moyens de maisons

VillePrix moyen d’une maison (DKK)Profil principal d’expatriés
Nuuk~2 000 000Administration, santé, éducation, services, recherche
Sisimiut~1 500 000Industrie de la pêche, logistique, formation
Ilulissat~3 000 000Tourisme, recherche glaciaire, services aux croisières
Kangerlussuaq~1 500 000Aviation, logistique, tourisme d’aventure
Tasiilaq~1 000 000Tourisme d’aventure, santé, éducation

Ces chiffres n’expriment pas uniquement la taille ou l’importance de la ville, mais aussi la pression foncière particulière, notamment liée au tourisme dans le cas d’Ilulissat.

Conseils pratiques pour choisir son quartier en tant qu’expatrié

À partir de ces éléments, plusieurs lignes directrices se dégagent pour un futur arrivant.

Clarifier son projet de vie avant le projet immobilier

Le Groenland n’est pas un pays où l’on « improvise » son installation. Avant de tomber amoureux d’une photo de maison face à un fjord, il faut clarifier :

– s’agit-il d’un contrat de quelques mois, de quelques années, ou d’un projet d’installation durable ?

– quel est le niveau d’isolement acceptable, surtout en hiver (nuits polaires, tempêtes, trafic aérien interrompu) ?

– quel est le degré de proximité recherché avec la culture locale (participation à la chasse, apprentissage du groenlandais ou du danois, cf. importance de la communauté) ?

Le choix entre un appartement moderne à Qinngorput, une maison plus ancienne dans le Vieux Nuuk ou un logement de fonction à Sisimiut ou Ilulissat découle directement de ces réponses.

Discuter tôt et précisément avec son employeur

Dans la quasi-totalité des cas, le premier interlocuteur pour le logement est l’employeur. Il est crucial de savoir :

Attention :

Pour évaluer une offre de logement, il est crucial de vérifier : le quartier de localisation, le type de logement (temporaire ‘vacant housing’ ou permanent), les charges incluses (chauffage, électricité, eau, internet), et les distances réelles jusqu’au lieu de travail, aux écoles et aux commerces.

Un contrat attractif peut perdre beaucoup de son intérêt si l’on se retrouve dans un logement ancien, mal isolé, loin des services et sans perspective de relogement dans un quartier plus approprié.

Utiliser les réseaux d’expatriés… même s’ils sont dispersés

Il n’existe pas de grands clubs d’expatriés formalisés au Groenland, mais on trouve des communautés éparses sur des forums, des sites dédiés aux femmes expatriées, ou des plateformes d’accompagnement. Ces réseaux permettent d’obtenir des informations très concrètes sur tel ou tel immeuble, sur l’ambiance d’un secteur, sur la présence d’autres familles avec enfants, etc.

Exemple :

Apprendre, par exemple, qu’un quartier spécifique de Nuuk concentre la plupart des enseignants de l’université, ou qu’un secteur d’Ilulissat héberge la moitié du personnel hôtelier, peut aider à anticiper le type de voisinage et la vie sociale associée à ces zones.

Intégrer la variable climat dans le choix du quartier

Enfin, au Groenland plus qu’ailleurs, le climat joue un rôle structurant. Habiter en hauteur, avec vue sur le fjord, c’est magnifique, mais cela peut aussi signifier davantage de vent et des déplacements à pied plus éprouvants en hiver. Vivre dans un quartier très proche du port à Ilulissat peut être pratique, mais exposé au bruit des bateaux et aux déplacements liés au tourisme de masse en haute saison.

Il est utile de demander à des locaux comment un quartier se vit en janvier, quand la nuit polaire s’installe, que la neige s’accumule et que le thermomètre plonge bien au‑dessous de zéro. Dans un pays où l’adaptation au climat est un art de vivre, cette perspective saisonnière est probablement le meilleur indicateur de la qualité réelle d’un quartier.

En conclusion : des quartiers rares, mais des choix décisifs

Au Groenland, les quartiers les plus prisés par les expatriés se concentrent dans un nombre restreint de villes : Nuuk pour la vie urbaine et les services, Sisimiut pour le dynamisme industriel et l’aventure, Ilulissat pour la proximité directe avec un paysage glaciaire unique, Qaqortoq pour son ambiance méridionale et artistique, Kangerlussuaq et Tasiilaq pour des projets plus spécialisés.

Bon à savoir :

Dans les villes nordiques, les expatriés privilégient les secteurs offrant un bon accès aux services, des logements relativement modernes, une vie communautaire et une proximité avec la nature. Cependant, il est essentiel de se préparer minutieusement et de maintenir un dialogue constant avec les employeurs et les résidents locaux pour faire face aux défis tels que la pénurie de logements, le coût élevé de la vie, et l’isolement dû au climat et à la géographie.

Ceux qui acceptent ces contraintes découvrent cependant un autre rapport au quartier : non pas un simple code postal, mais un milieu de vie très concret, fait de voisins sur lesquels on compte, de sentiers que l’on emprunte chaque jour vers la mer ou la montagne, et d’une culture inuit où la communauté reste le meilleur filet de sécurité dans cet immense archipel de glace.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Groenland, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Groenland pour sa pression fiscale globalement plus modérée que la France, son environnement politique stable dans le cadre du Royaume du Danemark et ses opportunités d’investissement de niche (tourisme polaire, énergies, services locaux), combinant coût de vie plus contenu que dans de grandes capitales nordiques et cadre naturel exceptionnel. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de séjour, organisation de la protection sociale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue et intégration patrimoniale globale (analyse et éventuelle restructuration).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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