S’installer en Belgique, c’est mettre le pied dans un pays petit par la taille mais énorme par la complexité… et par la qualité de vie. Entre un marché de l’emploi dynamique, une sécurité sociale généreuse, un système de santé de premier ordre et une vraie culture de l’accueil, le pays attire déjà plus de 1,6 million d’étrangers, soit environ 13 % de la population. Mais cette attractivité a un revers : procédures administratives pointues, fiscalité lourde, système institutionnel déroutant et trois langues officielles à apprivoiser.
Ce guide pratique fournit toutes les informations essentielles pour préparer son installation en Belgique : démarches administratives (visas et titre de séjour), fiscalité, recherche de logement, système de santé, scolarisation, coût de la vie, ouverture d’un compte bancaire et aspects linguistiques. Il permet d’anticiper les démarches et d’éviter les mauvaises surprises.
Comprendre la Belgique avant de poser ses valises
La Belgique est à la fois membre de l’Union européenne et de l’espace Schengen, et se trouve au carrefour de la France, des Pays-Bas, de l’Allemagne et du Luxembourg. Sa capitale, Bruxelles, abrite les principales institutions de l’UE et de l’OTAN, ce qui explique la présence de communautés internationales très nombreuses, notamment dans les quartiers européens.
La Belgique compte environ 11,5 millions d’habitants, une population qui évolue dans un cadre institutionnel unique en Europe.
Flandre, Wallonie, Bruxelles : trois réalités en un seul pays
Pour un expatrié, comprendre la géographie institutionnelle est crucial, car beaucoup de règles (logement, aides sociales, fiscalité régionale, allocations familiales) sont décidées au niveau des Régions et Communautés.
| Région / Communauté | Langue principale | Particularités pour un expatrié |
|---|---|---|
| Flandre | Néerlandais | Marché de l’emploi dynamique, coût du logement souvent plus bas qu’à Bruxelles, forte exigence linguistique en néerlandais. |
| Wallonie | Français | Logement globalement plus abordable, aides au logement spécifiques, moins de pression linguistique pour le français. |
| Région de Bruxelles-Capitale | Français & néerlandais (bilingue) | Très forte présence d’expatriés, majorité de francophones mais beaucoup d’anglais, loyers plus élevés, services largement disponibles en plusieurs langues. |
| Communauté germanophone (est de la Wallonie) | Allemand | Petite région, mais droits identiques (école, sécurité sociale), ambiance plus rurale. |
Bruxelles est officiellement bilingue (français/néerlandais), mais dans la pratique, presque tous les habitants parlent le français et une large part maîtrise l’anglais, en particulier dans les milieux européens et internationaux.
Visas, permis de séjour et première installation
Avant même de chercher un logement ou une école, il faut clarifier votre statut d’entrée : êtes-vous citoyen de l’UE/EEE/Suisse, bénéficiez-vous d’une exemption de visa de court séjour ou êtes-vous « ressortissant de pays tiers » (hors UE/EEE/Suisse) ?
Court séjour ou installation durable ?
La règle de base repose sur la durée prévue de votre séjour et votre nationalité :
– Ressortissants UE/EEE/Suisse/Monaco Pas de visa pour entrer ni pour travailler, mais obligation de s’enregistrer à la commune si vous restez plus de 90 jours.
– Ressortissants de pays à exemption de visa Schengen (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Australie, Japon, etc.) Séjours sans visa possibles jusqu’à 90 jours sur 180 pour le tourisme, certains voyages d’affaires ou visites familiales. Au-delà, un visa de long séjour s’impose.
– Ressortissants de pays soumis à visa (par exemple Inde, Chine) Visa requis même pour un court séjour.
Pour toute installation dépassant 90 jours (travail, études, regroupement familial, retraite), les ressortissants hors UE/EEE doivent obligatoirement demander un visa de long séjour de type D avant d’arriver.
Les principaux types de visa et titres de séjour
Même si les terminologies peuvent évoluer, l’architecture générale est relativement stable.
Présentation des principaux titres de séjour et autorisations de travail pour les ressortissants hors UE/EEE souhaitant séjourner en Belgique.
Court séjour (jusqu’à 90 jours sur 180) pour le tourisme, les affaires, les visites familiales, les courts séjours d’études ou les raisons médicales.
Long séjour (plus de 90 jours) pour le travail salarié, les études supérieures, le regroupement familial, le séjour de retraité ou un séjour au pair.
Permis combiné (séjour + travail) pour les séjours de plus de 90 jours. La demande est généralement introduite par l’employeur.
Obligatoire pour exercer une activité indépendante en tant que ressortissant hors UE/EEE.
Destinée aux travailleurs hautement qualifiés non européens, sous conditions de diplôme et de salaire.
Il n’existe pas à proprement parler de visa spécifique pour « digital nomad », même si certaines formes de télétravail peuvent être tolérées dans le cadre d’un court séjour.
Documents, délais et coûts à prévoir
Les demandes se déposent en principe auprès de l’ambassade ou du consulat de Belgique dans votre pays de résidence. À défaut, une ambassade désignée dans un pays voisin prend le relais. Le processus implique :
– choix du bon type de visa,
– remplissage du formulaire,
– prise de rendez-vous,
– dépôt des pièces et, souvent, entretien.
Les exigences classiques incluent :
– passeport valide,
– photos d’identité,
– preuve d’assurance médicale avec couverture minimale de 30 000 €,
– justificatif d’hébergement (réservation, bail, attestation d’accueil),
– preuves de moyens financiers suffisants (montants de référence : 95 €/jour si hôtel, 45 €/jour en hébergement économique ; pour les étudiants : au moins 803 €/mois, relevés indexés à 835 €/mois pour certaines années académiques),
– documents spécifiques selon motif (contrat de travail, lettre d’admission universitaire, acte de mariage, etc.).
Les frais de visa sont non remboursables et varient :
| Type de visa | Montant indicatif |
|---|---|
| Visa Schengen (type C, adulte) | 90 € |
| Visa Schengen (enfant 6–12 ans) | 45 € |
| Visa Schengen (moins de 6 ans) | Gratuit |
| Visa long séjour (type D) | 180 € environ |
Le taux de refus des visas pour la Belgique avoisinait 25 % récemment, ce qui montre l’importance d’un dossier complet et cohérent.
Les délais de traitement sont généralement de 15 à 30 jours pour les courts séjours, mais peuvent être plus longs pour les visas de long séjour. Seules les représentations diplomatiques belges sont habilitées à accepter ou refuser une demande de visa.
Enregistrement à la commune : étape incontournable
Une fois arrivé, l’étape suivante consiste à vous enregistrer auprès de la commune (ou gemeente) de votre lieu de résidence. C’est là que se joue concrètement votre statut administratif.
Les délais varient selon le type de séjour :
– Visa C (court séjour) : déclaration d’arrivée à la commune dans les 3 jours si vous logez chez un particulier.
– Citoyen UE/EEE logé chez un particulier : signalement dans les 10 jours et délivrance d’une attestation (Annexe 3ter).
– Visa D (long séjour) : enregistrement obligatoire dans les 8 jours ouvrables pour demander une carte de séjour électronique.
La commune demande en général : l’implication des citoyens dans les décisions locales, la transparence des finances publiques, le respect des normes environnementales, et la promotion des activités culturelles et sportives.
– passeport ou carte d’identité,
– visa ou preuve d’entrée,
– bail ou attestation de logement,
– contrat de travail ou inscription universitaire,
– attestation d’assurance maladie,
– éventuellement preuve de ressources.
Une visite de police à domicile est fréquente pour vérifier la réalité de votre résidence. En fonction de votre statut, vous recevrez une carte de séjour spécifique (carte A, B, K, L, etc.), avec des droits et une durée de validité variables.
Fiscalité : ce que tout expatrié doit absolument savoir
La Belgique a la réputation – justifiée – d’être l’un des pays d’Europe où les impôts sur le revenu sont les plus élevés. Mais elle offre en contrepartie un système social dense (santé, chômage, pensions, allocations familiales, etc.) dont, sous conditions, les étrangers bénéficient aussi.
Quand devient-on résident fiscal belge ?
En principe, vous êtes considéré comme résident fiscal si :
– votre foyer principal (domicile de la famille) se trouve en Belgique, ou
– votre centre d’intérêts économiques y est situé, ou
– vous passez au moins 183 jours sur le territoire au cours de l’année.
L’inscription au Registre national entraîne une présomption de résidence fiscale, que vous pouvez contester dans des cas très particuliers. Une fois résident, vous êtes imposé sur l’ensemble de vos revenus mondiaux. Les non-résidents ne sont imposés que sur leurs revenus de source belge.
Les autorités fiscales présument en général qu’un titulaire de permis de travail ou de séjour est résident, sauf preuve contraire.
Impôt sur le revenu : un barème progressif
L’impôt des personnes physiques suit un barème progressif, identique pour résidents et non-résidents, auquel s’ajoutent des surtaxes communales.
Les grandes lignes :
Le système d’imposition belge applique des taux fédéraux progressifs, allant de 25 % à 50 %, en fonction des tranches de revenu. Le revenu imposable est déterminé après déduction des cotisations sociales et de certains frais professionnels. Un quotient exempté d’impôt (un montant non imposable) est appliqué, avec des majorations possibles pour enfants à charge. Pour les couples mariés ou cohabitants légaux, une déclaration commune est généralement requise, bien que les revenus professionnels soient taxés de manière séparée.
Les communes prélèvent un centime additionnel communal sur l’impôt fédéral dû, avec des taux pouvant aller jusqu’à 9 % (en moyenne autour de 7 %). Les non-résidents acquittent une surtaxe fédérale de 7 %, même principe mais sans variation communale.
Déclarations, échéances et sanctions
L’année fiscale coïncide avec l’année civile. Vous déclarez vos revenus de l’année N en N+1. Les grandes échéances, à titre indicatif :
| Type de déclaration | Canal | Délai habituel |
|---|---|---|
| Résidents – formulaire papier | Poste | Fin juin |
| Résidents – en ligne (Tax-on-web) | MyMinfin | Mi-juillet |
| Cas complexes (indépendants, revenus étrangers) | En ligne | Jusqu’en octobre (mi-octobre environ) |
| Non-résidents – papier | Poste | Vers le 10 novembre |
| Non-résidents – en ligne | Plateforme | Vers le 25 novembre |
Le portail Tax-on-web (MyMinfin) propose des déclarations préremplies que vous pouvez corriger. En cas de non-réception du formulaire début juin, il faut le réclamer, sous peine de sanctions.
Les retards ou omissions entraînent des amendes (50 à 1 250 €) et surtout des majorations de l’impôt (de 10 % à 200 %), plus des intérêts de retard (4 %).
Régime fiscal spécial pour expatriés
Pour certains travailleurs étrangers qualifiés (cadres, spécialistes, chercheurs), un régime spécial pour impatriés est entré en vigueur début 2022. Il s’adresse à des profils recrutés à l’étranger ou détachés en Belgique par un groupe international, sous conditions :
– ne pas avoir été soumis à l’impôt belge durant les 60 mois précédents,
– résidence antérieure située à plus de 150 km de la frontière belge,
– revenu annuel brut minimum de 75 000 € (sauf pour les chercheurs).
Pourcentage maximum du salaire brut qu’un employeur peut rembourser sous forme d’indemnités nettes exonérées dans le cadre de ce régime.
Attention : les bénéficiaires restent soumis aux règles classiques de résidence fiscale belge, ils ne sont pas automatiquement considérés comme non-résidents.
Autres impôts à connaître
La fiscalité belge est éclatée entre niveau fédéral et régional :
Le taux normal de la TVA en Belgique, avec des taux réduits à 12 % et 6 % pour certains biens et services.
Pour les expatriés qui gardent des biens ou revenus à l’étranger, la Belgique impose des obligations de déclaration (biens immobiliers hors du pays, structures juridiques étrangères soumises à la « Cayman Tax », comptes-titres, options sur actions, etc.). Les salariés des institutions européennes bénéficient d’une exonération sur leurs traitements, mais doivent malgré tout déposer une déclaration belge.
Cas particulier des Américains et accords internationaux
Les citoyens américains et détenteurs de green card restent soumis à l’impôt fédéral américain sur leurs revenus mondiaux, même en vivant en Belgique. Ils doivent continuer à déposer une déclaration (Form 1040), assortie éventuellement de :
– Form 2555 (exclusion des revenus étrangers),
– Form 1116 (crédit d’impôt étranger),
– Form 8938 (déclaration d’actifs financiers),
– FBAR (Form 114) pour les comptes étrangers dépassant un certain seuil.
Un traité fiscal bilatéral entre les États-Unis et la Belgique évite les doubles impositions, en combinant mécanismes d’exclusion et crédits d’impôt. Un accord de totalisation permet aussi d’éviter de payer des cotisations de sécurité sociale dans les deux pays lorsque certaines conditions sont remplies (détachement de moins de 5 ans, notamment).
L’un des grands atouts de la Belgique pour un expatrié reste la robustesse de son État social. Le pays consacre plus de 10 % de son PIB aux dépenses de santé et dispose d’un système de sécurité sociale complet qui couvre maladie, chômage, invalidité, accidents du travail, maladies professionnelles, pensions et allocations familiales.
Toute personne qui travaille en Belgique cotise à la sécurité sociale :
– Salariés :
– cotisation du travailleur : 13,07 % du salaire brut mensuel,
– cotisation patronale : environ 25–27 % de ce même salaire.
– Indépendants :
– cotisations d’environ 21 % du revenu net, avec des plafonds annuels et un système d’acomptes provisoires ajustés a posteriori.
– Cotisation spéciale de sécurité sociale :
– contribution supplémentaire, dont le montant annuel maximal tourne autour de 731 €, modulé selon les revenus du ménage.
Ces cotisations sont déductibles fiscalement dans le calcul de l’impôt sur le revenu.
Les droits exacts dépendent du statut (salarié, indépendant, fonctionnaire) et parfois des conventions internationales entre la Belgique et le pays d’origine.
Un système de santé très performant
La Belgique combine hôpitaux publics et privés au sein d’un système unique, financé par les cotisations sociales, l’impôt et des tickets modérateurs payés par les patients. Tous les résidents doivent adhérer à une mutuelle (mutualité / ziekenfonds) ou au fonds public CAAMI/HZIV.
L’inscription à un service ou une plateforme nécessite généralement de suivre une séquence d’étapes définies. Par exemple, cela peut inclure la création d’un compte, la vérification de l’adresse email, le remplissage d’un profil, et la confirmation finale. Chaque étape doit être validée pour passer à la suivante, garantissant ainsi la complétude et l’exactitude des informations fournies par l’utilisateur.
1. Enregistrement à la commune et obtention d’un numéro de registre national. 2. Enregistrement à la sécurité sociale (l’employeur s’en charge pour les salariés ; les indépendants doivent passer par une caisse sociale). 3. Affiliation à une mutuelle ou à la CAAMI/HZIV avec votre numéro national. 4. Réception d’une carte (eID ou ISI+) utilisée pour les remboursements.
Le système fonctionne principalement par remboursement : vous payez la consultation, puis la mutuelle vous reverse une partie (souvent 50 à 75 %). Des plafonds annuels de reste à charge, fonction du revenu, protègent les ménages contre des dépenses excessives.
Quelques repères de coûts avant remboursement
– Consultation de médecin généraliste : environ 26,50 à 50 €.
– Spécialiste : de l’ordre de 32 à 100 €.
– Dentiste : 30 à 80 €.
– Urgences : 100 à 200 €.
– Nuit d’hôpital en chambre privée : 300 à 600 €.
La plupart des résidents choisissent une assurance hospitalisation complémentaire (privée) pour couvrir ce qui n’est pas pris en charge par le régime obligatoire : chambre individuelle, dépassements d’honoraires, certains soins dentaires ou optiques, etc.
Le système social belge s’étend bien au‑delà de la santé. Pour un expatrié qui cotise, les droits sont en grande partie alignés sur ceux des Belges, sous réserve des conventions internationales et des conditions d’affiliation.
Sans entrer dans tous les détails techniques, quelques exemples illustrent la générosité (et la technicité) du système.
– Chômage : un salarié ayant travaillé un certain nombre de jours sur une période de référence peut obtenir une allocation, généralement calculée en pourcentage du dernier salaire (environ 65 % puis 60 % les premiers mois, avec plafonds).
– Congé de maternité : environ 15 semaines pour les salariées, avec indemnisation élevée (82 % du salaire puis 75 %, sous plafond).
– Allocations familiales : versées jusqu’aux 18 ans (voire plus si études), avec montants de base variables selon la région et compléments sociaux pour les revenus modestes. À Bruxelles, par exemple, l’allocation de base pour un enfant né après 2020 tourne autour de 153 €/mois.
– Aides au logement : primes de déménagement et de loyer en Wallonie, allocations de loyer et de relogement à Bruxelles, primes locatives ou de rénovation en Flandre, sous conditions de revenus.
Des services publics locaux, comme les CPAS/OCMW (Centres publics d’action sociale), complètent ces dispositifs : toute personne vivant en Belgique a droit à une aide sociale de base pour mener une vie digne, même si des limites strictes s’appliquent aux personnes en séjour irrégulier ou aux demandeurs d’asile.
Logement : marché locatif, contrats et protections
Trouver un logement en Belgique est généralement plus facile – et moins cher – que dans des métropoles comme Paris, Londres ou Amsterdam, surtout si vous êtes prêt à élargir votre recherche au‑delà de l’hyper-centre de Bruxelles.
Marché locatif : niveaux de loyers et tendances
Le parc locatif belge est confortable, généralement bien chauffé mais rarement climatisé. La plupart des locations sont non meublées (parfois jusqu’aux luminaires et à la cuisine équipée) et les baux de longue durée sont la norme.
Quelques ordres de grandeur :
| Type de logement | Loyer mensuel moyen en centre-ville | Loyer hors centre (approx.) |
|---|---|---|
| Studio / 1 chambre – grandes villes | 800–1 100 € selon la ville | 700–900 € |
| 3 chambres – centre | 1 250–1 550 € | 1 050–1 300 € |
À Bruxelles, les loyers sont parmi les plus élevés du pays :
– Studio : 500–800 € (nu), plus en meublé.
– 1 chambre : 700–1 100 €.
– 2–3 chambres : 1 000–1 800 €, voire davantage pour les maisons ou quartiers prisés.
– Appartements meublés/serviced : majoration sensible (souvent 800–1 200 € pour un studio, 900–1 500 € pour une chambre, 2 000 € et plus pour trois chambres).
À l’inverse, des villes comme Liège, Namur, Mons ou Charleroi affichent des loyers nettement plus bas, tout en restant correctement desservies.
Les plateformes Immoweb, Zimmo et Immovlan, ainsi que de nombreux groupes Facebook ou agences spécialisées en relocation, constituent les principaux canaux pour la recherche d’un bien.
Baux 3–6–9 ans, garanties et droits des locataires
La Belgique encadre strictement les rapports locatifs, avec des règles qui varient légèrement selon les Régions.
Les types de contrat les plus fréquents :
Le bail standard de résidence principale est de 9 ans. Le locataire peut le résilier à tout moment avec un préavis de 3 mois, mais des indemnités s’appliquent en cas de départ anticipé pendant les trois premières années (3, 2 puis 1 mois de loyer). Des augmentations indexées sur les prix sont possibles. Un bail de courte durée (jusqu’à 3 ans) est moins flexible et comporte des pénalités spécifiques ; s’il est reconduit au-delà de 3 ans, il se transforme automatiquement en bail de 9 ans. Les baux très courts (moins de 6 mois), destinés aux séjours temporaires, offrent généralement peu de possibilité de sortie anticipée sans conséquences financières importantes.
Les garanties locatives (caution) sont très encadrées :
| Région | Plafond légal courant | Particularités |
|---|---|---|
| Flandre | Jusqu’à 3 mois de loyer | Souvent versée sur un compte bloqué au nom du locataire. |
| Bruxelles | En principe max. 2 mois de loyer pour les baux récents | Possibilité d’aides publiques (fonds du logement) pour la garantie. |
| Wallonie | Tendance comparable à Bruxelles | Systèmes locaux de prêts pour constituer la garantie. |
La caution doit être placée sur un compte bloqué distinct, générant un léger intérêt, et ne peut être débloquée qu’avec l’accord des deux parties ou une décision de justice.
Un état des lieux détaillé est réalisé à l’entrée (et à la sortie), souvent par un expert indépendant dont les honoraires sont partagés. Il sert de base à la restitution de la garantie en fin de bail.
Le locataire doit par ailleurs :
– souscrire une assurance incendie (8–10 €/mois environ),
– assurer l’entretien courant (chaudière, petits travaux, etc.),
– payer les charges et consommations (eau, gaz, électricité, déchets, internet).
Les locataires bénéficient de protections importantes : interdiction d’expulsion arbitraire, nécessité d’un motif sérieux pour la résiliation par le bailleur, droit à un préavis, médiation par des associations de locataires ou, en dernier recours, par le juge de paix.
Coût de la vie : budget réaliste pour un expatrié
Selon plusieurs comparateurs internationaux, la Belgique figure parmi les pays les plus chers d’Europe, sans pour autant atteindre les niveaux de la Suisse ou du Luxembourg. Les estimations convergent autour des montants suivants (logement inclus) :
| Profil de ménage | Budget mensuel estimé (avec loyer) |
|---|---|
| Personne seule | 1 750–2 000 € environ |
| Couple | 2 500–3 200 € |
| Famille de 4 personnes | 4 300–4 600 € |
Ces moyennes varient fortement selon la ville, le niveau de vie souhaité, le type de logement et d’école (locale ou internationale).
Logement, utilités, internet
Le loyer reste le premier poste de dépense. Les charges viennent ensuite :
– électricité + gaz + eau + déchets pour 85 m² : 150–300 €/mois (souvent autour de 200 €),
– internet fixe : environ 50 €/mois,
– forfait mobile généreux en données : autour de 20 €/mois.
La Belgique est parmi les pays de l’UE où l’énergie est relativement chère, ce qui pèse sur le budget des ménages.
Alimentation, sorties et transports
Pour la nourriture, on peut tabler sur : les plats traditionnels, les produits locaux et les spécialités de la région.
– 250–400 €/mois pour un célibataire,
– 800–1 200 €/mois pour une famille de quatre, selon les habitudes (bio, produits importés, restaurants, etc.).
Ce nombre correspond aux différents points de référence tarifaires mentionnés dans l’article.
– repas simple au restaurant bon marché : 15–20 €,
– repas complet à deux dans un restaurant moyen : 60–80 €,
– bière pression : environ 4–5 €,
– cappuccino : 3,50–4 €.
Les grandes chaînes de supermarchés sont Carrefour, Delhaize, Colruyt, Aldi, Lidl, avec des niveaux de prix variés.
Côté transport :
– ticket simple bus/métro/tram : environ 2,50 €,
– abonnement mensuel : 50–60 € selon la ville,
– carburant : autour de 1,6–1,7 €/litre d’essence.
Les réseaux de transports publics (train national SNCB, réseaux STIB/MIVB à Bruxelles, De Lijn en Flandre, TEC en Wallonie) couvrent bien le territoire, en particulier les zones urbaines.
Travailler en Belgique : salaires, culture d’entreprise et langue
Le marché de l’emploi belge est très internationalisé, notamment à Bruxelles et dans certains secteurs : institutions européennes, ONG, conseil, finance, IT, biotechnologies, logistique, ingénierie, santé…
Le salaire moyen brut mensuel tourne autour de 3 800 €, pour un net de l’ordre de 2 500 € (variable selon la situation familiale et la commune). Le salaire minimum légal se situe au-dessus de 1 600 € brut par mois, mais beaucoup de secteurs appliquent des minima plus élevés via conventions collectives.
La semaine de travail standard est de 38 heures, avec cinq semaines de congés payés par an. Les parents bénéficient de dispositifs de congé parental généreux.
La maîtrise de la langue joue un rôle essentiel :
– En Flandre, le néerlandais est quasi indispensable dans la plupart des emplois locaux.
– À Bruxelles, l’anglais et le français dominent dans les milieux internationaux, mais le néerlandais reste un atout majeur.
– En Wallonie, le français règne, même si l’anglais est souvent exigé dans les secteurs pointus.
Nombre de Belges sont multilingues, mais les statistiques montrent un écart : en Flandre, une large majorité parle aussi le français et l’anglais ; en Wallonie, peu de personnes maîtrisent vraiment le néerlandais. À Bruxelles, près de 95 % des habitants parlent français, une majorité comprend le néerlandais et une part importante parle couramment l’anglais.
Ouvrir un compte bancaire : indispensable pour s’intégrer
La Belgique dispose d’un système bancaire moderne, très digitalisé, avec de nombreuses banques locales et étrangères. Avoir un compte belge facilite fortement la vie quotidienne : paiement du loyer et des charges par domiciliation, versement du salaire, abonnements, etc.
Pourquoi un compte local est quasi incontournable
Même si, en théorie, un IBAN d’un autre pays de la zone SEPA doit être accepté, certaines pratiques de discrimination d’IBAN persistent : refus de prélèvement sur un IBAN étranger, employeurs peu enclins à verser les salaires hors Belgique, etc.
Un compte local permet : d’accéder à votre ordinateur sans avoir besoin d’une connexion Internet, de gérer les paramètres de votre ordinateur, et de stocker des données localement sans les synchroniser avec un compte en ligne.
Ouvrir un compte en Belgique permet d’éviter les frais de change et de retrait à l’étranger, de configurer des domiciliations pour ses factures (énergie, internet, impôts), de faciliter l’obtention d’un crédit immobilier local et de construire un historique bancaire dans le pays.
Types de comptes et grandes banques
Les principaux types de comptes :
– Compte courant de base : souvent gratuit ou à faible coût, avec carte de débit Bancontact.
– Compte premium / pack : frais mensuels, mais incluant cartes supplémentaires, assurances, voire carte de crédit.
– Compte d’épargne : rémunération modeste, parfois avec conditions de blocage.
– Compte professionnel : obligatoire pour les indépendants.
Les grandes banques « classiques » :
– BNP Paribas Fortis,
– ING Belgique,
– KBC/CBC (dont KBC Brussels),
– Belfius.
Plusieurs banques digitales (N26, Hello Bank, Revolut, Bunq…) proposent des solutions internationales adaptées aux expatriés. Cependant, il est important de vérifier si elles émettent un IBAN belge, car ce n’est pas le cas de toutes.
L’ouverture de compte nécessite en général :
– une pièce d’identité (passeport ou carte nationale),
– un justificatif d’adresse (bail, facture),
– parfois un titre de séjour ou un justificatif de revenu.
De plus en plus d’établissements permettent une ouverture en ligne, parfois même depuis l’étranger, avec vérification vidéo et utilisation d’outils d’identité numérique comme itsme. Toutefois, certains dossiers complexes ou profils non résidents exigent encore un passage en agence.
Système éducatif et scolarisation des enfants
Pour les familles expatriées, la question de l’école est centrale. La Belgique peut se targuer d’un système éducatif globalement performant, avec un niveau académique supérieur à la moyenne de l’OCDE en sciences, mathématiques et lecture.
Structure générale de l’enseignement
L’enseignement est organisé par les trois Communautés (francophone, flamande et germanophone). L’école est obligatoire de 6 à 18 ans, mais la quasi-totalité des enfants fréquente aussi la maternelle dès 2,5 ans, gratuite et très développée.
Panorama des différentes étapes du système éducatif belge, de la maternelle au secondaire.
Non obligatoire mais très fréquentée, elle constitue la première étape de socialisation et d’apprentissage.
Gratuit dans l’enseignement public. La réussite délivre le certificat d’études de base (CEB) nécessaire pour l’accès au secondaire.
Comprend plusieurs filières (générale, technique, artistique, professionnelle). Le diplôme de fin d’études donne accès à l’enseignement supérieur.
L’inscription doit intervenir dans les 60 jours suivant l’enregistrement à la commune. Il n’existe pas de système de sectorisation stricte, mais certaines écoles sont très demandées et fonctionnent sur liste d’attente.
Écoles locales ou internationales ?
Le choix dépend de votre projet d’installation et de la langue de vos enfants.
Les écoles publiques ou subventionnées sont gratuites, hors frais des manuels et activités. L’enseignement y est dispensé en néerlandais, en français ou en allemand selon la région linguistique, favorisant une forte intégration locale et une immersion. Un dispositif d’accompagnement (cours d’accueil, soutien linguistique) est prévu pour les enfants non francophones ou non néerlandophones.
– Écoles internationales :
– très présentes à Bruxelles et dans quelques grandes villes (Anvers, Mons, Gand, Tervuren…),
– programmes britannique, américain, baccalauréat international (IB), baccalauréat européen, etc.,
– frais de scolarité souvent élevés (de 6 000 € à plus de 35 000 € par an),
– adaptées aux familles très mobiles ou aux enfants ne maîtrisant pas les langues nationales,
– parfois financées pour les enfants de fonctionnaires européens ou d’organisations internationales.
Pour une installation longue, l’école locale offre une intégration culturelle et linguistique forte. Pour un séjour plus court ou très international, les écoles internationales restent un choix privilégié, souvent subventionné par certains employeurs.
Langues : un enjeu central d’intégration
Avec trois langues officielles et une place importante accordée à l’anglais, la Belgique est un terrain de jeu idéal pour les polyglottes… mais aussi un vrai défi pour un nouvel arrivant.
Quelle langue apprendre en priorité ?
La réponse dépend surtout de votre lieu de résidence et de vos objectifs professionnels :
Un aperçu des langues nécessaires pour la vie quotidienne, l’emploi et l’administration dans les différentes régions du pays.
Le français est indispensable pour la vie quotidienne. L’anglais domine dans les institutions européennes et certaines entreprises. La connaissance du néerlandais est un gros plus pour l’emploi et l’intégration administrative.
Le néerlandais est nécessaire dans la quasi-totalité des contextes publics et privés. Beaucoup de Flamands parlent anglais, mais l’apprentissage du néerlandais reste essentiel pour les démarches administratives et le travail local.
Le français est presque exclusif dans l’espace public et l’administration. L’anglais se retrouve surtout dans les entreprises internationales.
L’allemand est la langue principale. Une bonne compréhension du français est utile dans les services.
Pour la résidence de longue durée et la citoyenneté, la législation prévoit généralement un niveau minimal (A2 ou plus) dans une langue nationale (français, néerlandais ou allemand), assorti de preuves d’« intégration » (emploi, formation, participation à des cours d’intégration).
Où et comment apprendre ?
Les options sont nombreuses, surtout dans les grandes villes :
Différentes voies pour étudier une nouvelle langue, adaptées à divers besoins et budgets.
Alliance Française, Berlitz, Goethe-Institut ou écoles locales (Amira, CLL). Cours intensifs ou du soir, souvent très efficaces mais parfois coûteux.
Cours de français ou néerlandais à coût modéré (80–200 €/cycle). Réductions pour demandeurs d’emploi, étudiants et personnes en situation précaire.
Cours de langue gratuits liés à l’insertion professionnelle, proposés par les organismes publics de l’emploi (Actiris, VDAB, Forem).
Duolingo, Babbel, italki, Preply. Un bon complément, mais rarement suffisant seul pour atteindre un niveau fonctionnel.
L’immersion reste la meilleure méthode : discuter avec les voisins, fréquenter des clubs locaux, regarder la télévision en version originale, lire la presse, pratiquer au travail… même si votre interlocuteur passe spontanément à l’anglais, persévérez dans la langue que vous apprenez.
Conclusion : une installation exigeante, mais un pays qui « vaut le coup »
S’installer en Belgique en tant qu’expatrié demande de composer avec des procédures complexes, une fiscalité pesante, plusieurs couches institutionnelles et un environnement multilingue. Pour autant, les bénéfices sont importants :
– haut niveau de vie, sécurité et faible criminalité,
– système de santé et protection sociale parmi les plus complets au monde,
– éducation de qualité, large choix d’écoles et d’universités réputées,
– centralité géographique en Europe, transports efficaces,
– scène culturelle et gastronomique riche, de la bande dessinée aux bières en passant par le chocolat et les festivals.
Pour réduire le stress des premiers mois en Suisse, préparez soigneusement votre arrivée en veillant aux démarches administratives essentielles : obtenez le visa adéquat, effectuez votre enregistrement à la commune, choisissez votre régime fiscal, affiliez-vous à une caisse-maladie, recherchez un logement et, si nécessaire, organisez la scolarité de vos enfants.
La Belgique est un pays où l’on peut, avec un peu de patience administrative et quelques efforts linguistiques, construire une vie stable, confortable et intensément européenne. Pour beaucoup d’expatriés, le défi logistique des débuts finit par s’effacer derrière la convivialité des cafés de quartier, la facilité de voyager et la sensation, assez unique, d’être au cœur de plusieurs cultures à la fois.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Belgique, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Belgique pour son régime globalement favorable aux revenus mobiliers (dividendes, intérêts), l’absence d’impôt sur la fortune et un cadre juridique stable au cœur de l’UE, tout en restant dans un environnement francophone (Bruxelles, Wallonie). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence en Belgique, inscription communale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, immobilier) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), permettant d’obtenir des économies fiscales significatives tout en maîtrisant les risques (contrôles français, double imposition via convention FR‑BE, adaptation culturelle).
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