Où en est le marché immobilier à Trinité et Tobago aujourd’hui ?

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché immobilier de Trinité et Tobago est en pleine recomposition. Porté par une économie parmi les plus industrialisées du monde caribéen anglophone, mais étroitement dépendante des hydrocarbures, il avance à deux vitesses : d’un côté, une demande soutenue pour le résidentiel, notamment dans les segments abordables et les lotissements sécurisés ; de l’autre, un commercial encore fragilisé par le télétravail et la réduction des implantations d’expatriés. Dans ce paysage contrasté, les investisseurs – locaux comme étrangers – trouvent un marché moins spéculatif que dans d’autres îles touristiques, mais plus technique, très connecté à la performance du secteur énergétique et au cadre réglementaire.

Un marché corrélé à l’énergie, dans une économie en transition

L’économie de Trinité et Tobago repose encore massivement sur le gaz naturel et le pétrole, qui représentent environ 40 % du PIB et 80 % des exportations. Cette dépendance explique en grande partie les cycles immobiliers des quinze dernières années : flambée des prix lors des périodes de hauteurs pétrolières, stagnation lors des replis, puis reprise graduelle à mesure que les perspectives énergétiques se stabilisent.

Le pays reste pourtant dans une position macroéconomique plutôt solide. Le PIB avoisine 22,1 milliards de dollars US, l’inflation tourne autour de 4,8 % et la monnaie nationale, le dollar de Trinité et Tobago (TTD), est relativement stable, arrimée au dollar américain à environ 6,8 TTD pour 1 USD. La notation S&P de niveau BBB- avec perspective stable et un classement en économie à revenu élevé par la Banque mondiale complètent ce tableau d’un environnement globalement rassurant pour l’investissement à moyen terme.

Bon à savoir :

Les autorités visent à réduire la dépendance énergétique en développant la finance, la manufacture, le tourisme (notamment à Tobago) et les technologies. Cette stratégie s’accompagne de grands projets d’infrastructure, de plans de revitalisation urbaine (Port of Spain, San Fernando, Scarborough) et d’une digitalisation accélérée des services publics. Pour le secteur immobilier, cela se traduit par l’émergence de nouvelles zones de développement et une demande croissante pour des espaces modernes, bien connectés et flexibles.

Des cycles de prix bien marqués

L’évolution des prix illustre clairement le lien entre immobilier et énergie. Sur dix ans, l’indice nominal des prix résidentiels a progressé d’environ 55 %, mais cette moyenne masque des phases très distinctes.

PériodeContexte dominantAppréciation annuelle moyenne
2010 – 2014Prix de l’énergie élevés5 % à 7 %
2015 – 2019Repli du secteur énergétique0 % à 2 %
2020 – 2022Pandémie, bascule vers le périurbain1 % à 3 %
2023 – présentStabilisation, regain d’intérêt étranger2 % à 4 %

Avant 2014, le haut de gamme résidentiel connaissait un véritable boom : les loyers se négociaient volontiers en dollars US et certaines ventes dépassaient les 6 millions de TTD. Le retournement du marché énergétique à partir de 2015 a fait chuter la demande expatriée, particulièrement dans les quartiers luxueux et les bureaux de catégorie A ; dans ces segments, les loyers ont reculé jusqu’à un tiers et les taux de vacance ont grimpé.

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L’augmentation des ventes de résidences de « staycation » à Tobago, Blanchisseuse ou Mayaro entre 2019 et 2021, reflétant une forte demande pour la qualité de vie et les espaces privatifs.

Depuis 2023, le marché s’est stabilisé, soutenu par des perspectives plus favorables dans l’énergie (nouveaux champs gaziers, projets solaires) et une demande locale robuste pour se loger. Le crédit immobilier progresse dans les statistiques de la banque centrale, sur fond de taux d’intérêt relativement stables. Les valeurs augmentent désormais à un rythme modéré, mais constant.

Une géographie immobilière à deux logiques : Trinité business, Tobago loisir

Le marché de Trinité et Tobago est en réalité la superposition de deux univers. L’île de Trinité concentre la population, les sièges d’entreprise, les infrastructures industrielles et la plupart des emplois ; Tobago se positionne davantage sur le tourisme, les résidences secondaires et les projets éco-touristiques.

Sur Trinité, Port of Spain constitue le cœur décisionnel et financier, entouré de banlieues résidentielles plus ou moins haut de gamme (Maraval, Cascade, Westmoorings, Diego Martin, Valsayn…). Plus au sud, San Fernando forme un autre pôle urbain, tandis que Chaguanas, au centre de l’île, connaît une croissance rapide, mêlant zones résidentielles, ensembles commerciaux et parcs industriels. L’aéroport international de Piarco, à Tunapuna/Piarco, structure l’est de Trinité avec des projets logistiques et des communautés sécurisées comme Trincity.

Exemple :

À Tobago, le marché immobilier est structuré autour de la capitale administrative, Scarborough, et d’une série de sites balnéaires et naturels comme Buccoo, Mount Irvine, Crown Point, Englishman’s Bay et Bacolet. L’offre se concentre principalement sur les villas avec vue mer, les petits resorts, les résidences de vacances et les terrains destinés à des projets de développement touristique, mettant en avant une logique différente de celle de Trinidad.

Des prix plus abordables que dans les îles voisines

Un atout clé de Trinité et Tobago réside dans des niveaux de prix sensiblement inférieurs à ceux de destinations très touristiques comme la Barbade ou les îles Caïmans, alors même que le pays offre des fondamentaux économiques solides et se situe hors de la principale ceinture cyclonique. Pour les investisseurs, cela se traduit par des tickets d’entrée plus accessibles pour des biens comparables, notamment dans le résidentiel moyen et le complexe touristique à Tobago.

Les prix et les loyers : un marché attractif mais tendu pour les ménages

Si les valeurs restent raisonnables dans une perspective caribéenne, le marché demeure exigeant pour le pouvoir d’achat local. Les indicateurs d’accessibilité montrent un effort financier poussé pour les ménages qui souhaitent devenir propriétaires.

Des ratios d’accessibilité sous tension

Le revenu net moyen mensuel gravite autour de 5 800 à 6 900 TTD. Dans le même temps, le ratio prix/revenu dépasse 12, tandis que le poids théorique d’une mensualité de prêt rapportée au revenu dépasse les 100 %. Ce décalage traduit les difficultés de la classe moyenne à se loger dans les zones recherchées, même si l’État a mis en place des régimes hypothécaires subventionnés pour les primo-accédants.

Niveaux de loyers et prix au mètre carré

Les données récentes permettent de dégager des fourchettes assez nettes pour les locations et les achats d’appartements.

IndicateurCentre-ville (TTD)Hors centre (TTD)
Loyer mensuel moyen 1 chambre≈ 3 800≈ 2 650 – 2 800
Fourchette typique 1 chambre2 800 – 5 0002 300 – 3 500
Loyer mensuel moyen 3 chambres≈ 7 150 – 10 500≈ 5 200 – 5 900
Fourchette typique 3 chambres4 000 – 12 0003 500 – 8 000
Prix moyen achat au pied carré (appartement)≈ 1 800≈ 1 050 à 1 300
Fourchette observée prix au pied carré1 000 – 5 000700 – 1 500

On voit ainsi qu’un appartement d’environ 1 000 pieds carrés en centre urbain, au prix moyen, peut avoisiner 1,8 million de TTD, soit un montant équivalent au plafond de nombreux dispositifs de soutien à la propriété. En dehors des centres, l’achat reste plus abordable, mais les coûts de transport et l’accès aux services viennent contrebalancer cet avantage.

Des rendements locatifs globalement séduisants

Pour les investisseurs, la combinaison des niveaux de loyer et des prix d’achat se traduit par des rendements bruts compétitifs, en particulier hors des hypercentres et dans le segment des locations saisonnières.

Type de rendement / localisationNiveau indicatif
Rendement brut résidentiel centre-ville≈ 4,1 % – 4,4 %
Rendement brut résidentiel hors centre≈ 5,3 % – 5,5 %
Rendement moyen tous segments (capitale)≈ 6,2 %
Rendement brut location longue durée (2 ch.)≈ 5,0 %
Rendement brut location courte durée (2 ch.)≈ 12,2 %

Les locations de courte durée, notamment à Tobago et dans certaines zones balnéaires de Trinité, affichent des rendements bruts autour de 12 %, soit plus du double des baux classiques à l’année. Ces chiffres doivent toutefois être mis en regard d’un taux d’occupation médian modeste, autour de 40 à 44 %, et d’une réglementation encore peu structurée sur ce segment.

Le marché du court séjour : potentiel, mais encore en rodage

Les plateformes de location saisonnière répertorient environ 1 268 annonces actives sur l’ensemble du pays, pour un revenu annuel moyen de l’ordre de 16 000 USD et un tarif journalier moyen autour de 106 USD. Les hôtes constatent en moyenne 150 nuits réservées par an, soit un taux d’occupation à peine supérieur à 40 %, ce qui place Trinité et Tobago dans le bas de l’échelle caribéenne en matière d’occupation, même si les recettes progressent légèrement d’une année sur l’autre.

Astuce :

Certains segments immobiliers à Tobago, comme les villas de haut standing situées autour de Crown Point, Buccoo ou Scarborough, offrent des rendements intéressants. En haute saison, leur loyer peut varier entre 200 et 800 USD par nuit. Pour les biens bien situés et bien gérés, les rendements annuels sont estimés entre 6 % et 10 %. Ces fondamentaux pourraient être renforcés par le développement d’infrastructures touristiques, comme l’extension de l’aéroport de Tobago et de nouveaux projets hôteliers internationaux.

Quel budget pour quel type de bien ? La cartographie des gammes de prix

La structure des prix à Trinité offre une hiérarchie relativement lisible par tranches, qui permet de repérer les segments les plus dynamiques, notamment entre 1,25 et 2 millions de TTD où se concentre une majorité de transactions.

Moins de 1 million de TTD : terrains et petites unités

Sous le seuil d’un million de TTD, l’essentiel de l’offre concerne les terrains, avec quelques petites unités résidentielles en périphérie ou dans des copropriétés anciennes.

On trouve ainsi, pour des budgets inférieurs à 500 000 TTD, des parcelles agricoles ou semi-résidentielles dans des zones rurales ou périphériques comme le centre de l’île, Rio Claro ou Toco. Ces terrains, peu onéreux, se prêtent à des projets d’investissement à long terme ou à l’autoconstruction.

Entre 500 000 et 750 000 TTD, des lots résidentiels « prêts à bâtir » apparaissent dans des lotissements à l’est et au centre de Trinité, souvent entre 5 000 et 10 000 pieds carrés, parfois dans des ensembles clôturés. Juste en dessous de 1 million de TTD, on commence à accéder à des terrains dans l’ouest de Trinité, voire à des parcelles en bord de mer sur la Côte nord, ainsi qu’à de petits appartements (600 à 700 pieds carrés) dans des complexes plus anciens, très prisés des primo-accédants bénéficiant de taux hypothécaires subventionnés.

De 1,25 à 2 millions de TTD : le cœur du marché résidentiel

C’est dans cette tranche que le marché est le plus actif, notamment chez les jeunes ménages et les acheteurs préqualifiés par les banques. Les options y sont variées : appartements neufs et townhouses dans l’est et le centre de Trinité, maisons « clés en main » dans des communautés sécurisées, mais aussi petites unités dans l’ouest de l’île, plus onéreuses mais proches de Port of Spain.

1750000

Jusqu’à 1,75 million de TTD, on peut acquérir des appartements récents, des maisons de taille moyenne ou des biens à rénover à Trinité-et-Tobago.

Autour de 3 millions de TTD : espaces généreux et premiers investissements mixtes

Entre 2,25 et 2,75 millions de TTD, les choix s’élargissent vers de grandes maisons (souvent plus de 2 500 pieds carrés) dans l’est, le centre et Santa Cruz, des townhouses dans des quartiers familiaux de l’ouest (Westmoorings, Diego Martin, Maraval) ou encore de petits immeubles de rapport dans certains secteurs de Port of Spain.

Attention :

Aux alentours de 3 millions de dollars TT, le marché offre plusieurs possibilités : des maisons anciennes bien situées avec plus de terrain dans l’ouest, des townhouses spacieux (souvent 2500 pi² et plus), des appartements deux chambres avec vue mer dans des ensembles comme Harbour View, ou des résidences modernes prêtes pour la location touristique, parfois avec piscine, dans des zones adaptées.

De 4 à 6 millions de TTD et plus : le segment prestige

Entre 3,75 et 4,5 millions de TTD, le marché propose des maisons plus récentes avec piscine dans des quartiers aisés comme Haleland Park ou Maraval, des appartements de trois chambres dans One Woodbrook Place avec vue sur la ville ou vers l’ouest, ainsi que de petits bâtiments de bureaux anciens dans le centre de Port of Spain.

Au-dessus de 4,5 millions de TTD, on entre dans le domaine des propriétés d’exception : grandes maisons de plus de 4 000 pieds carrés dans des secteurs exclusifs, belles résidences de vacances « Down d’Islands » ou sur des plages comme Mayaro, dotées de jetées privées, piscines et équipements haut de gamme. Au-delà de 6 millions de TTD, ce sont des villas ultra-contemporaines avec personnel, groupes électrogènes, vastes réserves d’eau, piscines et pré-équipement domotique, ainsi que des appartements de grande superficie en hauteur avec vues panoramiques sur le golfe de Paria.

Profil de la demande : sécurité, confort, technologie

Les recherches en ligne comme les demandes auprès des agences montrent une évolution nette des attentes depuis la pandémie. Les acheteurs comme les locataires privilégient désormais plusieurs éléments devenus presque incontournables dans le milieu et le haut de gamme.

Bon à savoir :

La sécurité est une priorité absolue, avec une forte demande pour les communautés clôturées, les résidences avec contrôle d’accès et les immeubles équipés de systèmes de vidéosurveillance. Cette tendance mondiale est particulièrement marquée dans les grandes villes. Les nouveaux projets intègrent souvent des postes de gardiennage 24h/24, des portails sécurisés, des caméras connectées et parfois des serrures intelligentes pilotables par smartphone.

Le confort d’usage, notamment pour le télétravail, s’impose également. Les logements avec une pièce pouvant servir de bureau, un espace extérieur – jardin, terrasse ou balcon – et parfois un petit gymnase privé ou en copropriété sont particulièrement recherchés. Les promoteurs l’ont bien compris et conçoivent des appartements et des maisons avec des plans plus flexibles, adaptés à cette multi-fonctionnalité.

Équipements Connectés & Gestion Technique

Les technologies de pointe intégrées au logement, de la domotique standard aux systèmes avancés d’optimisation énergétique.

Équipements Domotique Standard

Gestion de l’éclairage, climatisation pilotable à distance, capteurs de fuite d’eau et contrôles d’accès numériques, devenus quasi-standard dans le segment supérieur.

Systèmes de Gestion Technique (BMS)

Systèmes avancés pour optimiser la consommation énergétique et assurer un suivi centralisé des équipements, adoption encore limitée aux grands ensembles et immeubles de bureaux.

Parallèlement, la durabilité gagne du terrain : panneaux solaires, systèmes de récupération d’eau de pluie, appareils à haute efficacité énergétique, choix de matériaux plus écologiques. Cette orientation répond à une double logique de réduction des charges d’exploitation et de valorisation à long terme, dans un contexte où l’immobilier est responsable d’une part significative des émissions de carbone.

Un cadre légal et fiscal favorable mais exigeant pour les étrangers

Pour les investisseurs non résidents, Trinité et Tobago présente un environnement juridique d’inspiration britannique, globalement sécurisant, mais assorti de contraintes réglementaires spécifiques, en particulier à Tobago.

Régime de propriété et licences d’investissement étranger

La propriété foncière prend généralement la forme du freehold (pleine propriété perpétuelle) ou du leasehold (baux de 30 à 99 ans, fréquents pour certains immeubles commerciaux). Les étrangers peuvent acheter des biens, mais dans les limites fixées par le Foreign Investment Act.

Sur l’île de Trinité, un individu non résidant est autorisé à acquérir, sans licence, jusqu’à un acre (environ 4 000 m²) pour un usage résidentiel et jusqu’à cinq acres (environ 20 000 m²) pour un usage commercial, à condition de ne pas posséder plus d’une parcelle résidentielle. Au-delà de ces seuils, une licence d’investissement étranger devient obligatoire.

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La baisse estimée des prix de l’immobilier résidentiel à Tobago suite à l’introduction en 2007 d’un permis obligatoire pour tout achat de terrain par un étranger.

La procédure de licence, gérée par le ministère des Finances (et parfois par l’Assemblée de Tobago pour les projets locaux), s’étale généralement sur 3 à 6 mois, voire plus d’un an pour les dossiers complexes. Elle suppose la fourniture de pièces d’identité, d’autorisations d’urbanisme, de justificatifs de financement et, pour les projets commerciaux, d’un business plan détaillé. Le coût n’est pas anodin : environ 10 % de la valeur de marché du bien, plus des frais de dossier avoisinant 1 000 TTD.

Coûts de transaction et fiscalité

Au-delà de la licence, l’acquisition immobilière entraîne un ensemble de frais qu’il est essentiel d’anticiper, particulièrement pour un acheteur étranger réglant comptant. Entre droits de timbre, honoraires d’avocat, évaluation du bien et licence, l’addition peut représenter 15 % ou plus du prix d’achat.

Les droits de timbre suivent un barème progressif de l’ordre de 5 à 7 % pour les valeurs les plus élevées, avec un régime d’exonération en faveur des primo-accédants locaux jusqu’à 2 millions de TTD. Les honoraires juridiques se situent habituellement entre 1,5 % et 3 % du prix, tandis que les frais de valorisation représentent environ 0,25 % de la valeur, auxquels s’ajoute la TVA.

Bon à savoir :

Le régime fiscal est attractif à l’échelle internationale. Il n’existe pas d’impôt sur les plus-values pour les biens détenus plus de douze mois, mais une revente dans l’année peut être taxée à 25%. Aucun droit de succession spécifique n’est applicable. Les revenus locatifs nets sont soumis à l’impôt sur le revenu (taux standard de 25%, 30% au-delà de 1 million TTD annuels) pour les particuliers, ou à l’impôt sur les sociétés. Les locations résidentielles sont exonérées de TVA, contrairement aux locaux commerciaux taxés à 12,5%.

Un impôt foncier, calculé sur la valeur locative théorique annuelle des biens, est en cours de mise en œuvre. Le taux pour le résidentiel a été fixé à 2 % de la base imposable, après une décote de 10 % sur la valeur locative déterminée par l’administration fiscale. Les discussions politiques autour de cet impôt ont été intenses, au point de conduire à des aménagements (réduction du taux prévu initialement, délais pour les avis d’imposition, mécanismes de report pour les propriétaires indigents ou âgés).

Bon à savoir :

À partir de 2026, les propriétaires bailleurs devront s’inscrire auprès de l’administration fiscale, moyennant un paiement unique de 2 500 TTD. Ils seront ensuite soumis à une surtaxe annuelle sur les loyers bruts : 2,5 % jusqu’à 20 000 TTD et 3,5 % au-delà. Cette mesure vise à formaliser les revenus locatifs et pourrait, à terme, faciliter leur prise en compte par les banques lors des demandes de crédit.

Financement et contrôles de change

Le financement local des achats par des non-résidents reste limité. Les principales banques (Republic Bank, First Citizens Bank, Scotiabank) peuvent proposer des prêts hypothécaires aux investisseurs étrangers, mais avec des exigences élevées : apport de 50 à 60 %, taux d’intérêt souvent compris entre 7 % et 9 %, maturité maximale de 15 ans et nécessité d’obtenir au préalable la licence d’investissement étranger. Pour ces raisons, beaucoup d’acheteurs internationaux privilégient soit l’achat au comptant, soit un refinancement dans leur pays d’origine.

Le pays applique par ailleurs des contrôles de change : la sortie de capitaux au titre de la revente de biens immobiliers nécessite une autorisation de la banque centrale et une documentation détaillée sur l’origine des fonds et la transaction. L’ouverture d’un compte bancaire local suppose une présence physique, un passeport, un justificatif d’adresse, une lettre de référence bancaire et des preuves de l’origine des fonds, avec un délai de traitement de deux à quatre semaines.

Un secteur mieux organisé, entre professionnalisation et révolution numérique

Le marché immobilier de Trinité et Tobago s’est fortement professionnalisé au cours des dernières décennies. La création de l’Association of Real Estate Agents (AREA) en 1990, puis sa reconnaissance légale par une loi de 2012, ont structuré la profession, aujourd’hui forte de plus de 900 agents et agences. AREA promeut un exercice fondé sur l’éthique, milite pour la mise en place d’un registre national des agents, d’une licence obligatoire et d’une formation continue annuelle.

Bon à savoir :

La Real Estate Agents Act de 2020, non encore proclamée, instaure un cadre réglementaire avec enregistrement des agents, adhésion à un organisme et formation continue. L’association AREA propose un cours en partenariat avec UWI–Roytec et plaide pour la digitalisation du secteur, incluant un service national d’annonces, des procédures de transfert dématérialisées et un usage accru des technologies pour la promotion et la gestion.

Les acteurs locaux ont d’ailleurs largement adopté les outils numériques. Les annonces passent aujourd’hui autant par des portails spécialisés que par les réseaux sociaux, les visites virtuelles et la photographie par drone. Les agents exploitent les bases de données d’annonces passées et les échos des plateformes internationales pour affiner leurs estimations. Des solutions de « proptech » comme l’intelligence artificielle pour faire correspondre profils d’acheteurs et biens, ou des chatbots pour répondre aux demandes en continu, commencent à être utilisées.

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L’immobilier représente près de 40 % des émissions de carbone mondiales.

Risques et perspectives : un marché pour investisseurs patients

Comme tout marché émergent ou en transition, l’immobilier à Trinité et Tobago comporte un faisceau de risques qu’il convient d’aborder de manière structurée. Le premier réside dans la dépendance persistante à l’énergie : une baisse prolongée des prix du gaz ou du pétrole se répercute sur l’emploi qualifié, les budgets publics et la confiance, avec un impact direct sur la demande locative haut de gamme et sur certains segments de bureaux.

Attention :

Pour les étrangers, le cadre réglementaire à Tobago est complexe et ralentit les projets. L’obtention d’une licence peut dépasser un an, coûter 10% de la valeur du bien, et celle-ci n’est pas transférable. Des problèmes de titre de propriété, de conformité ou de limites cadastrales sont fréquents, nécessitant des vérifications préalables approfondies par des avocats et géomètres expérimentés.

S’ajoutent des risques plus classiques en climat tropical : qualité variable de certaines constructions, exposition à l’humidité, aux termites, aux moisissures, nécessité d’une bonne assurance multirisque. Sur le plan macroéconomique, l’érosion des réserves de change au cours de la dernière décennie et les défis budgétaires posent aussi des questions sur la capacité de l’État à financer durablement ses grands projets d’équipement.

Bon à savoir :

Malgré certaines limites, le marché présente des avantages compétitifs : des rendements locatifs attractifs (notamment en périphérie et en courte durée), des prix d’entrée inférieurs à d’autres îles caribéennes, une stabilité politique et économique, une localisation hors des trajectoires d’ouragans majeurs, et une excellente connectivité aérienne directe avec l’Amérique du Nord et l’Europe, ce qui en fait une destination prisée pour les longs séjours, le télétravail ou la retraite.

Les plans gouvernementaux de modernisation des infrastructures – highways, développement portuaire, aéroport de Tobago, réaménagements urbains – devraient, s’ils sont menés à bien, revaloriser nombre de secteurs jusqu’ici périphériques. La création annoncée d’un fonds coté de type REIT public constituerait un pas supplémentaire vers la financiarisation et la transparence du marché.

Pour les investisseurs comme pour les ménages locaux, les prochaines années s’annoncent donc comme une phase de consolidation plutôt que de spéculation. Sur un horizon 2025–2028, les projections de croissance immobilière de 2 à 4 % par an, au-dessus d’une inflation maîtrisée, dessinent un scénario de progression lente mais réaliste des valeurs. Dans ce contexte, Trinité et Tobago apparaît moins comme un eldorado de plus-values rapides que comme un marché à rendement, qui récompense la préparation, la patience et la capacité à s’entourer d’acteurs locaux compétents.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, au patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Trinité-et-Tobago pour obtenir du rendement locatif en dollars américains et une exposition à un marché touristique en croissance. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs zones (Port of Spain, Crown Point, environs touristiques proches des plages), la stratégie retenue a consisté à cibler une maison individuelle ou un petit immeuble divisible en locations courte durée, dans un secteur dynamique (proche du front de mer ou des pôles d’affaires), combinant un rendement locatif brut cible de 8–10 % – plus le rendement est élevé, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + rafraîchissement) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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